Farha, un hommage à toute une nation

C’est l’histoire singulière d’une adolescente qui aspire à un autre avenir que celui qu’on lui destine. Nous sommes en 1948 dans un petit village de Palestine où Farha, jeune fille de 14 ans, rêve d’aller dans la grande ville pour étudier et devenir une femme instruite. Mais tout ne se passera pas comme prévu. Ce film pittoresque tourne au drame et nous fait basculer dans un événement historique du 20ième siècle.

En effet, Farha découvre la Nakba, la « grande catastrophe » en arabe. Pour la protéger de l’invasion des forces israéliennes, son père décide de la cacher et de l’enfermer dans un garde-manger. « Je reviendrai te chercher dès que possible ! » lui promit son père, le fusil en main.

Film dramatique d’1H30 qui nous fait revivre cette tragédie à travers les yeux de la jeune fille. N’ayant qu’un tout petit hublot qui lui permet de voir ce qu’il se passe à l’extérieur, Farha découvre l’horreur de cette guerre. La réalisatrice a réussi à nous emmener dans l’intimité de cette chambre et à vivre les émotions que vont traverser la jeune adolescente : les bruits assourdissants des tirs et des détonations, les cris d’effroi, la douleur dans les voix, la peur suffocante et inquiétante jusqu’aux mouches volant autour de sa nourriture, les bruissements des feuilles dans les arbres…Ainsi, la guerre fera partie de son parcours.

Toutes les émotions nous traversent : de la joie à l’espoir, de la peur à la douleur, de la vie à la survie !

Farha est un film touchant, émouvant, une histoire captivante. Nous vivons les mêmes évènements, les émotions sont partagées et le prénom de Farha, « la joie » en arabe résonne en nous tout au long du film. 

« Farha est l’histoire d’amitié, d’aspirations, de rite de passage, d’exil, de la survie et de la libération face à la perte, le tout vu à travers les yeux d’une jeune fille. »

Nommé aux Oscars de 2023 dans la catégorie film étranger, ce long métrage n’est pas au goût de tout le monde et notamment des autorités israéliennes, qui font pression sur la plateforme Netflix pour le soustraire de sa programmation. Cette rare représentation à l’écran de la violence israélienne contre les Palestiniens a été condamnée par les autorités israéliennes.

D’autant plus que Farha est inspirée de la vie d’une véritable jeune fille, Radiyeh, qui vivait en Palestine en 1948 et a été enfermée dans une chambre par son père pour la protéger de l’invasion d’Israël à l’époque…74 ans plus tard, c’est son histoire qui est sur le grand écran !

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​Najoua

La Belgique, ce casse-tête chinois

Si la Belgique est souvent appelée « le pays du surréalisme » ce n’est pas seulement pour son peintre René Magritte, considéré comme le maître du surréalisme en peinture. En réalité, le surréalisme de la Belgique évoque la complexité de son système politique et de ses institutions (due à son histoire), ainsi que les nombreux compromis qui sont nécessaires pour dégager des accords qui contentent le plus grand nombre. Alors, compliquée la Belgique ? Incontestablement ! Mais nous allons tenter en quelques articles de brosser un portrait simplifié de son fonctionnement et de sa structure. Ainsi que des couleurs et des tendances politiques qui font son identité, reflet des aspirations et préoccupations de ses citoyens. 

Quel type d’état est la Belgique ? 

La Belgique est une monarchie constitutionnelle parlementaire. En effet, le chef de l’État belge est un roi. Mais c’est un chef symbolique dont le pouvoir est limité par la constitution. Il est indépendant des partis politiques. Il est le garant de l’unité nationale et territoriale, il représente et défend les intérêts du pays à l’étranger. De part sa neutralité, il est aussi un médiateur lors de crises politiques internes.  

La monarchie est aussi parlementaire. Cela veut dire que le roi ne peut entreprendre quoi que ce soit sans l’accord du gouvernement.  

Structure de l’État belge

La Belgique est structurée comme suit : 

  • Un état fédéral
  • 3 régions (basées sur le territoire) : la Wallonie, la Flandre, Bruxelles-Capitale 
  • 3 communautés (fondées sur la langue) : flamande, francophone, germanophone 
  • 10 provinces
  • 581 communes 

Au fur et à mesure des réformes (les dernières en 2012 et en 2014), l’état fédéral a transféré de plus en plus de compétences vers les 3 régions et les 3 communautés, qu’on appelle aussi les entités fédérées. Ces entités fédérées ont ainsi gagné plus d’autonomie.  

Le pouvoir et les décisions sont donc partagés entre l’état fédéral et les entités fédérées (régions et communautés). Voilà pourquoi la Belgique ne compte pas moins de 6 gouvernements, un fédéral et un pour chaque région et communauté, la Flandre ayant un seul gouvernement à la fois pour sa communauté et sa région.  

Qui fait quoi ?  

  • Le gouvernement fédéral prend des décisions pour l’ensemble du pays. Son chef est le premier ministre. Il travaille avec maximum 15 ministres ainsi que des secrétaires d’état. Ceux-ci sont à la tête de ministères, plus connus désormais sous le nom de SPF (service public fédéral). Ses domaines d’actions sont : la défense, la justice, les finances, les affaires étrangères, la sécurité sociale, la santé publique (en partie), etc. 
  • Les entités fédérées (régions et communautés) ont des compétences propres et variées qu’elles exercent en autonomie pour la Flandre, pour la Wallonie ou pour Bruxelles-Capitale.  

A leur tête, on retrouve des ministres-présidents et des chefs de gouvernement.  

Les régions vont gérer des domaines comme l’emploi, l’agriculture, l’économie, l’énergie, etc. 

Les communautés sont responsables de sujets tels que la langue, la culture, l’enseignement (en partie), etc.

N.B : le fédéral, les régions et les communautés ne possèdent aucune hiérarchie entre eux. Ils sont tous trois sur un même pied d’égalité mais exercent leurs fonctions dans des domaines différents. 

N.B : le fédéral, les régions et les communautés possèdent chacun leur gouvernement mais aussi leur parlement.  

  • Les provinces, elles, sont sous contrôle des autorités supérieures (communautés ou régions). Leurs chefs sont les gouverneurs de province. Ils se réunissent en collège.  

Ils gèrent tout ce qui est d’intérêt provincial, c’est-à-dire ni fédéral, ni régional ou communautaire, ni communal. Par exemple, une partie de l’enseignement, l’environnement, le transport, le logement, les travaux publics. 

  • Les communes quant à elles, ont des compétences larges, qui concernent les besoins collectifs de leurs habitants, comme les naissances, les décès, les mariages, l’ordre public, la propreté communale, les CPAS. Elles sont aussi sous contrôle des autorités supérieures. Leurs chefs sont les bourgmestres.  

Pour être complet, il faut noter que les compétences sont parfois éclatées entre le fédéral, les communautés et les régions. C’est le cas de la santé par exemple, ce qui a donné lieu à une gestion difficile de la crise covid, avec pas moins de 9 ministres de la santé. 

La Belgique, un état de droit 

En tant que démocratie, la Belgique a organisé la séparation des 3 grands pouvoirs afin qu’aucun d’eux ne puisse concentrer tous les pouvoirs. Et qu’aucune influence malsaine ne puisse avoir lieu. Ainsi, un ministre ne peut donner d’ordre à un juge. Nous avons donc : 

Le pouvoir législatif : il fait les lois. Il se compose du parlement (sénat + chambre des représentants) 

Le pouvoir exécutif : il fait appliquer les lois. Il se compose du gouvernement fédéral et du roi. 

Le pouvoir judiciaire : il sanctionne les violations de la loi. Il appartient aux tribunaux.  

Alors vous avez trouvé ça compliqué ? Et vous avez raison. Vous pouvez maintenant vous récompenser d’un bon morceau de chocolat comme nous en avons de si délicieux !

Rendez-vous au prochain article pour parcourir ensemble les fondements du système électoral en Belgique.  

Nous nous intéresserons également aux différentes couleurs politiques présentes chez nous, ce qu’elles portent comme valeurs et idéologies.  

Enfin, nous ferons connaissance avec les partis politiques qui font la pluie et le beau temps de notre plat pays. 

Portez-vous bien! 

Hayat Belhaj  

Les Lions de l’Atlas… une histoire de cœur

Bientôt 5 ans que je n’ai pas foulé la terre de mes ancêtres… Non pas que rien ne m’y rattache mais mon gout prononcé pour la découverte de nouveaux horizons m’a fait voyager ces dernières années, vers des contrées inconnues et moins fréquentées.

Les rues bondées que je prenais plaisir à sillonner avec mon amie Najia et les plages surpeuplées où je me suis prélassée ont été le théâtre de mes vacances d’été au Nord du Maroc pendant ma jeunesse.

Aujourd’hui, j’aspire à autre chose : me ressourcer… loin des rues bondées et des plages surpeuplées.

Voilà pourquoi, le besoin d’y retourner ne s’est pas fait sentir depuis plusieurs années… Mais d’ailleurs, ne dit-on pas loin des yeux, loin du cœur ? Et pourtant…

Maroc-Belgique, dimanche 27/11/22

– Maman, moi je suis pour la Belgique et toi, tu es pour qui ?

– On ne choisit pas entre sa mère et son père, voyons

Le match commence… Après la 1ère mi-temps, ma fille me repose la question et ma réponse demeure identique. Cependant, dans mon cœur, aucun doute ne subsiste.

Tout me rattache à la Belgique : naissance, langue, éducation,études, références culturelles, travail… et pourtant, le cœur a ses raisons que la raison ne connait point !

L’engouement autour des performances de l’équipe marocaine a éveillé en moi un patriotisme insoupçonné. A la grande consternation de ma fille qui, en réponse à sa question initiale « tu es pour qui ? », a vu sa mère passer du politiquement correct « On ne choisit pas entre sa mère et son père… » à « Traitresse !» lorsque celle-ci s’indigna du tir au but de Saïss à la 73ème minute !

Maroc-Portugal, samedi 10/12/22

J’étais invitée à passer l’après-midi en bonne compagnie mais j’ai décliné l’invitation à la dernière minute. Match oblige ! Je ne fus pas déçue. Un moment fort en émotions. L’histoire s’écrit : premier pays africain, première nation arabe à concourir pour la demi-finale. Scènes de liesse en Belgique, France, Allemagne, Italie, Espagne, Canada, Palestine, Tunisie, Libye, Mauritanie, Ghana, Qatar… La liste est trop longue.

Au-delà des performances footballistiques que les joueurs ont pu démontrer depuis plusieurs matches, on assiste à une espèce de symbiose, de cohésion, de renforcement des liens qui unissent les Marocains où qu’ils soient dans le monde. Mais pas seulement. L’équipe marocaine a aboli les frontières. Désormais, le drapeau rouge à l’étoile verte réunit les peuples arabes, africains et musulmans à travers le monde. Et même au-delà… D’Elon Musk avec son «🇲🇦🇲🇦 Congrats Morocco !! 🇲🇦🇲🇦» au tweet de Shakira « This time for Africa ! », les réseaux sociaux s’enflamment.

Au-delà du patriotisme, ce n’est pas tant la victoire qui est impressionnante mais leur parcours riche en enseignements. Ils ne se battent pas avec leur corps seulement mais avec leur cœur surtout. Ils y puisent force et  détermination. L’endurance, le mental d’acier, la résistance dont ils font preuve sont prodigieux.

En quelques matches, les Lions de l’Atlas ont redéfini « la croyance en ses rêves ». Se dépasser, se surpasser, croire en l’inatteignable, ne pas se laisser impressionner par « les plus grands » … preuve une fois de plus, que l’être humain est le seul à se mettre des barrières. Une telle conviction ne peut être qu’empreinte de foi… Et le tout, surtout, surtout… avec humilité et simplicité. Ils ont déjà tout gagné.

Après chaque victoire des Lions, on assiste à un cérémonial qui peut paraitre étrange aux yeux des non-initiés que sont les Occidentaux : le baiser du front maternel. Nous avons tous vu Regragui, Ziyech, Hakimi ou encore Boufal courir vers les tribunes pour embrasser leur mère et plus spécifiquement leur tête.

La bénédiction des parents, personnifiée par le baiser du front maternel (et paternel), est un symbole puissant, souverain dans la culture arabo-musulmane, pour le rang élevé attribué aux parents par Dieu.

Les Marocains, croyants, ont besoin de Dieu pour y arriver. La prosternation de remerciement à Dieu sur le terrain, la puissance des invocations du Maghreb au Machrek, le baiser du front maternel… Ne sont-ce pas là des signes pour les croyants ?

Le souffle est suspendu. Ce soir se joue la demi-finale.

Look who we are, we are the dreamers
We make it happen ’cause we believe it
Look who we are, we are the dreamers
We make it happen ’cause we can see it

Regarde qui nous sommes, nous sommes les rêveurs

Nous y parvenons parce que nous y croyons

Regarde qui nous sommes, nous sommes les rêveurs

Nous faisons en sorte que cela se produise parce que nous pouvons le voir

La chanson officielle de la Fifa Coupe du Monde 2022.

Les paroles semblent taillées sur mesure pour les Lions de l’Atlas… Encore un signe ? Cette chanson a battu les records de vue de toutes les chansons de la Coupe du Monde. Elle a été écrite et produite par RedOne : producteur, auteur et compositeur… marocain! Encore un signe ?

Dans tous les cas, la victoire est déjà marocaine…

L.M.

Un moment suspendu…

La méditation est un moment de pause que chacun de nous doit faire dans sa journée. Elle commence par une simple réflexion, puis elle vous permet de déambuler dans des endroits les plus improbables, c’est un moment magique !Se faire confiance et se laisser guider, une manière de s’abandonner aux images, aux mots, aux couleurs qui nous viennent à l’esprit.

Comment franchir les portes de la méditation ?

Par la solitude ! Il est très difficile d’être en état de méditation en étant dans un environnement perturbant. L’âme a besoin de paix pour se laisser emporter tranquillement au fil des pensées. La nécessité de s’isoler est donc une démarche primordiale !

Ma méditation s’est portée sur un verset de la sourate 101 « Le fracas », verset 4 : « C’est comme le jour où les gens seront comme des papillons éparpillés ». Kal farachi lmabthouth, en arabe!

J’étais dans un jardin en compagnie de belles âmes, nous sommes en automne, le refrain de la poésie de Maurice Carême m’accompagne dans ce doux moment…ce fameux refrain que nous avons, pour la plupart, étudié sur les bancs de l’école, cette période d’innocence…

Il ne faisait pas froid, seule la brise nous invitait à ce vent de liberté, ce vent ayant parcouru des lieux inimaginables tel le parcours d’un nomade. Mon regard est alors attiré par ce papillon, seul, alors j’ai souhaité être sa compagne de route. Sa danse était si élégante que je me suis mise à valser avec lui !

Quelques jours après, je me mets à ma tâche, je m’isole et je prends mon coran que je lis…je m’arrête sur ce verset de la sourate « Le fracas » : « C’est comme le jour où les gens seront comme des papillons éparpillés. »

Un sentiment de mal-être s’empare de moi !

Ce papillon qui m’a fait oublier l’instant présent me revient à l’esprit. Il était si fragile, si beau !

Je me mets à rechercher ses caractéristiques afin de comprendre pourquoi Allah en parle dans un verset ! Pourtant, Allah nous parle du jour le plus dur, du jour le plus terrible, le jour de l’angoisse, le jour où, vous le verrez, toute nourrice oubliera ce qu’elle allaitait !

Je monte dans la camionnette de Jamy avec son équipe, vous vous en souvenez ? Nous pénétrons une réserve naturelle dans laquelle se trouve un élevage de papillons. Je découvre des milliers d’espèces. Je découvre les différents stades dans sa physionomie, ses mets composés de jus de fruits et de nectar de fleurs. Quand il est dans son cocon, il est drapé de soie. Je suis émerveillée par ces découvertes.

Seigneur! Tu n’as pas crée cela en vain!

Cet insecte est décidemment merveilleux, dans certaines cultures, le croiser est signe de bon augure !

Mes yeux se reposent sur le titre « Le fracas ». Une autre appellation du jour le plus terrible que l’humanité vivra! Kal farachi mabthouth ! Comme des papillons éparpillés.

Celui que j’observais me semblait valser mais à y réfléchir, non, c’est juste que sa trajectoire n’est pas précise.

Là, je médite sur ma vie… je ne connais pas le repos mental.

Rattraper ce temps perdu avant que mon délai ne soit consumé, je vis dans cette crainte que la mort ne me surprenne dans mon état d’ignorance !

Je suis à l’image de ce papillon qui papillonne, mes pensées vont dans tous les sens, entrainées à 1000 lieux de mon point de départ, me poser 1001 questions pour que la seconde d’après elles se multiplient…

« KAL FARACHI LMABTHOUTH ! »

J’ai mal, ma poitrine se serre, je repose mon regard sur le coran comme pour rechercher cette bouffée d’oxygène pour me sortir de cette asphyxie.

« Waman ya3mal mithqala daratine khayran yarah ! » Quiconque fait le poids d’un atome de bien le verra

L’Amour d’Al Wadoud s’empare de moi, je finis par conclure que l’image du papillon, dans ce verset, était une manière de mettre en exergue Sa douceur, reconnaissant la fragilité de chacun de nous, reconnaissant la beauté de chacun de nous !

Elakrouchi Hana

Du coaching à toutes les sauces…

Coach de vie, coach personnel, coach de couple, coach professionnel… et j’en passe ! On retrouve du coaching en tout genre sur le marché. Ce métier en plein essor est devenu un véritable phénomène de mode ! Mais en soi, qu’est-ce que le coaching et quelle est son origine ? Est-ce un accompagnement sérieux ou une arnaque de charlatans ? Est-il compatible avec l’islam ?

Socrate étant à l’origine du coaching, l’objectif était d’aider l’individu, par le biais de questionnement, à trouver le chemin de la connaissance de soi et sa propre vérité. Mais ce phénomène a fait sa grande apparition à partir des années 50 aux États-Unis. Le but étant d’accompagner de grands sportifs ou célébrités du show business à développer leur gestion mentale ainsi que leurs performances. Dans les années 80, il évolue et s’étend aux entreprises afin de former les managers et cadres à prendre la parole devant des assemblées ou la presse. Petit à petit, ces coachs proposent leurs services aux particuliers afin de les aider à gagner une estime de soi par du relooking, du développement personnel etc. 

L’engouement pour le coaching répond à la société actuelle qui pousse les gens à la perfection dans tous les domaines : la beauté, la richesse, la réussite professionnelle… L’exposition des richesses et de la réussite à outrance sur les réseaux sociaux causent aussi des troubles chez les individus. Ainsi, de plus en plus de personnes frustrées ressentent le sentiment de ne pas être à la hauteur ou dans les normes. De ce fait, aujourd’hui, de plus en plus de gens ont recours à ce genre de thérapie afin de remédier à leurs troubles intérieurs ou de tenter d’atteindre des objectifs bien définis. Évidemment, viser l’excellence par le biais de ses compétences n’est en aucun cas négatif. Par contre, l’acharnement et l’autodestruction de soi afin d’atteindre son but est néfaste pour l’individu. 

S’engager dans ce genre d’accompagnement doit être bien réfléchi afin de ne pas tomber dans certaines dérives qui, elles, causeraient plus de mal que de bien…

Du coach au charlatan, il peut y avoir qu’un trait…

De plus en plus de gens font appel au coaching afin d’améliorer leurs apparences, leurs relations amoureuses ou cultiver la confiance en soi. 

On nous vend l’expertise des coachs de partout et que ceux-ci, détiennent la clé de la réussite. D’ailleurs, le coaching fait partie des mots les plus recherchés sur Google. 

Seulement aujourd’hui, ce phénomène cartonne tellement que de plus en plus d’individus s’auto-proclament coachs spécialisés sans véritable formation et vont souvent vendre leurs conseils farfelus à des prix exorbitants. Actuellement, n’importe qui peut exercer ce métier avec tous les risques que cela peut engendrer sur la santé mentale du coaché !

Par exemple, des personnes ayant un passé lourd et des blessures psychiques profondes devraient plutôt se tourner vers un psychologue ou un psychiatre car elles sont souvent les proies de certains de ces pseudos-coachs qui en réalité profitent de leur vulnérabilité afin de leur extorquer un maximum d’argent. Ces charlatans ont très vite du pouvoir sur les personnes fragilisées et créent en eux une addiction. Ainsi, ceux-ci se retrouvent dans une situation encore plus alarmante et dans une sphère infernale.   

D’après la Miviludes, qui a pour mission de lutter contre les dérives sectaires, des milliers d’organismes de formation de développement personnel sont aujourd’hui suspectés de dérives sectaires. Son président, Serge Blisko, confie à France Inter qu’environ 20% des signalements reçus concernent les coachs, d’où l’importance d’être extrêmement vigilant !

Selon le prédicateur Rachid El Jay, il ne faut pas faire la chasse aux sorcières mais il invite les gens à être vigilant quant aux coachs qui rajoutent une petite pincée de religiosité à leurs ateliers car certaines méthodes utilisées en développement personnel sont en total contradiction avec les valeurs islamiques. D’autres font payer leur séminaire « à la lumière de l’islam» à des prix non justifiés ce qui n’est absolument pas éthique!

Néanmoins, le coaching peut être envisagé si cela s’avère vraiment une nécessité. Mais il est impératif de scruter le CV de son coach avant de le solliciter afin de ne pas avoir de mauvaises surprises. En effet, celui-ci doit être en possession de diplômes reconnus car actuellement les formations données sur le marché ne sont pas reconnues et les certifications restent douteuses. Il doit respecter les codes de déontologie, établir un contrat explicite et surtout être en phase avec vos valeurs. Si vous rencontrez un coach répondant à ces différents critères, alors tentez l’expérience si cela peut vous être bénéfique mais sachez qu’ils sont peu nombreux…

Compatibilité avec les valeurs islamiques ?

Dans la société musulmane, être malade psychologiquement est tabou et synonyme de faiblesse de foi ou d’insufflations sataniques… et non, considéré comme une maladie. Alors que cette pathologie est reconnue et peut survenir suite à un choc émotionnel ou autres. 

Néanmoins, pour s’en sortir le musulman doit accepter sa maladie et ne ressentir aucune gêne.  Il met en place des outils ou se tourne vers des médecins afin de ne pas sombrer dans le désespoir et de passer de cette phase obscure vers la lumière.

Dans ce cas de figure, certains vont préférer se tourner vers des coachs de vie ou de développement personnel afin de remédier à leurs faiblesses et tenter de retrouver un épanouissement intérieur. Mais beaucoup ne sont pas informés des subtilités sournoises de ces idéologies qui finalement vont plus les perturber que leur apporter du bien-être. D’où l’importance de bien s’informer avant de s’engager dans ce genre de thérapie. 

Attention, tous les coachings ne sont pas à bannir mais il est impératif que cela soit compatible avec les valeurs islamiques. Le problème du développement personnel est que le fondement principal réside dans le bonheur intérieur, et que l’on se suffit à soi-même. Aussi, développer la confiance en soi et non en Allah ce qui tend à fabriquer de l’orgueil, de la suffisance, un ego démesuré et créer ainsi une forme de narcissisme surdimensionnée.

Le professeur Sofiane Meziani, décrit l’homme comme un esclave obsessionnel, en quête du bonheur absolu ! Ce qui prime aujourd’hui n’est pas la sagesse, mais la réussite matérielle et la recherche du plaisir mondain. 

A cette étape, la dictature du bonheur devient une priorité ce qui est en contradiction avec l’enseignement islamique. Les bienfaits et les belles choses matérielles sont octroyés par Allah et ne sont absolument pas illicites. Seulement, ils ne doivent pas être une finalité en soi et prendre une place majeure dans le cœur du croyant car cela nous détourne de notre objectif premier qui est la rencontre avec Allah. 

Par conséquent, les méthodes utilisées au sein du DP sont plus que douteuses et amènent à pervertir le croyant en éloignant son cœur de son objectif terrestre et tentent ainsi de concilier la culture du plaisir et trouver une justification islamique à cette soif de dounia

En réalité, le coran et les traditions prophétiques regorgent de recommandations et de leçons qui aident à traiter les maladies de l’âme, du cœur et du corps. Le croyant conscient de son but sur terre sait pertinemment que les épreuves font partie de la vie. Dans le malheur, il se rattache aux promesses qu’Allah fait aux endurants à maintes reprises dans le Coran. L’espoir en la récompense et la justice divine apaisent les maux. 

Croire en Allah et au destin apprend au croyant de lâcher prise. La prière et le jeûne nous apprennent l’humilité, la méditation et le dépassement de soi… 

Allah dit : 

« En vérité, dans le Prophète d’Allah vous avez un excellent modèle pour celui qui garde espoir en Allah et au jour Dernier, et qui se souvient beaucoup d’Allah. » S 33, V22

« Et tu es certes d’une moralité éminente. » S68, V4 

En réalité, nous avons tous les outils à notre disposition pour purifier notre âme malade : le mode d’emploi est le coran et notre premier coach par excellence est le messager d’Allah qui nous a fourni toutes les clés pour notre réussite ici-bas mais surtout pour l’au-delà. Nous devons appliquer son exemple à tous les aspects de notre vie. 

Il y a sans doute du positif dans certaines méthodes de coaching dès lors que ce soit fait en conformité avec nos valeurs éthiques et notre foi et que le but recherché soit un bien-être de l’âme, d’autrui ou du collectif et non une méthode qui cultive l’ego, l’individualisme et l’orgueil des individus. 

                                                                                                                                                                       I.Senh

References : 

https://www.youtube.com/watch?v=MyccqECoGto : Rachid El Jay 

https://www.youtube.com/watch?v=-wGwhT8KBOM : Sofiane Meziani 

https://www.youtube.com/watch?v=T4SzdXPH6Xg : Vincent Souleymane

https://www.sensetvie.be/les-derives-du-coaching

https://www.radiofrance.fr/franceinter/la-miviludes-recoit-de-plus-en-plus-de-signalements-5871777

L’Islam, une grande puissance économique

Le dernier prophète ﷺ a dit : « Vous verrez les Musulmans à travers leur bonté, leur affection et leur attachement réciproque, constitués comme un seul corps, quand l’un des membres souffre, il transmet sa fièvre et son insomnie à tout son corps. » [1] Abstraction faite de son sens philosophique, si nous considérions ce conseil précieux comme une hypothèse économique ? Une hypothèse pas plus farfelue que celles posées dans la très grande majorité des théories économiques renommées : « Tous les consommateurs sont rationnels et prennent des décisions en cherchant à maximiser leur propre bien-être sous contrainte budgétaire. » La première hypothèse (celle que nous posons) est orientée vers un altruisme presque mystique et la seconde, celle reprise dans beaucoup de postulats économiques est, quant à elle, orientée vers un égoïsme humain presque naturel. Il parait donc beaucoup plus compliqué à l’homme d’appliquer ce 1er conseil puisqu’il est naturellement tenté d’appliquer la seconde hypothèse. Or, cet article propose une réflexion autour de la naïve question de savoir s’il aurait été possible de faire jaillir une grande puissance économique si les chefs d’état avaient appliqué ce conseil ?

Et oui, avec des si, Paris pourrait être mise dans une bouteille mais l’Histoire des civilisations nous apprend beaucoup de choses et nous permet même de mettre en évidence certaines erreurs. Et c’est bien à la lumière de ces erreurs que les réflexes et les décisions de l’Homme s’adaptent. N’est-ce pas là le propre même de l’intelligence humaine ? S’adapter sur base de son vécu, ses expériences et s’améliorer en ne reproduisant plus les mêmes mésaventures.

Je vous propose de voyager avec moi, le temps de quelques lignes, à travers l’Histoire et de parcourir ensemble certains choix qui ont eu un gros coût dans l’histoire de la civilisation musulmane :

  1. De la naissance à l’indépendance de l’Arabie Saoudite

Vous souvenez-vous de cette époque où l’Islam était un empire, jadis, nommé le grand empire Ottoman ?

Avant 1500, tout allait bien pour cet empire qui partage la même religion et les mêmes valeurs que la future Arabie Saoudite.

« En 1517, la ville sainte de la Mecque étant désormais placée sous contrôle ottoman, Selim se proclame calife et serviteur des villes saintes de l’Islam. »[1]

Mais « l’intérieur de la péninsule connaît une évolution séparée qui mène à l’émergence de la famille Al Saoud . »[2]

C’est précisément la naissance de l’Arabie Saoudite qui nous intéresse, ce visage aujourd’hui emblématique de l’Islam, l’incontournable des musulmans.

En 1700, l’Arabie saoudite était divisée et contrôlée par différentes tribus et familles. La population était constituée majoritairement de nomades et le pays était désertique. Le pétrole n’était pas encore découvert et le pays était très peu intéressant d’un point de vue économique.

En 1744, une alliance nait entre l’émir de Daria, Mohammed Ibn Saoud et l’imam Mohamed Ibn Abdelwahhab (qui donna le nom au wahabisme). Le premier donne son fils à la fille du second. Cette alliance est donc le symbole du mariage entre l’autorité religieuse, le wahabisme et l’autorité politique représentée par Ibn Saoud qui donna son nom à l’Arabie Saoudite qui continue de s’agrandir et de rassembler des territoires.

En 1818, l’Empire ottoman, qui craint cette alliance pour ses territoires, envoie l’Egypte et parvient à stopper la dynastie Ibn Saoud. Mais…le petit fils s’est enfui et s’est caché. Il donnera une descendance qui se vengera et fera renaitre son pouvoir pour conquérir tout l’Etat en 1902.

Nous ne résisterons pas à l’envie d’imaginer quelle serait cette puissance islamique si l’Arabie saoudite et l’empire Ottoman ne faisait qu’un corps.

Il y aurait eu sans doute moins de pertes humaines, moins de perte financière et moins de perte énergétique. 

Au lieu de cela, l’Arabie Saoudite s’est tournée vers les Britanniques pour chercher, contre l’Empire ottoman, une protection militaire, des armes, de l’argent. Et en échange, l’Angleterre peut exploiter les terres de l’Arabie Saoudite à la recherche de pétrole.

L’Arabie tira profit de ce pacte tant et si bien que celui-ci provoqua la chute de l’Empire Ottoman.

En 1920, l’Angleterre, désespérée de ne rien trouver, retire ses troupes de l’Arabie et en 1932, l’Arabie Saoudite proclame son indépendance.

Le destin fut autre pour cet empire qui aurait pu être inégalé dans l’histoire.

La trahison du Maroc 

Poursuivons avec un autre fait de l’histoire :

Celui où le roi du Maroc, Hassan II, a donné un enregistrement à Israël pour casser la stratégie de guerre de certains pays arabo-musulmans unis pour protéger la Palestine contre toute invasion israélienne. Cette fameuse guerre des 6 jours fut soldée par une victoire triomphante d’Israël et un échec total des pays musulmans. La Palestine en sortit encore plus vulnérable et elle en paie les frais encore aujourd’hui.

« Pendant la guerre, qui a pris fin le 10 juin (1967), Israël a saisi la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï à l’Egypte, la Cisjordanie et Jérusalem Est à la Jordanie, et le plateau du Golan à la Syrie. Le roi Hassan II avait secrètement enregistré la réunion de 1965 parce qu’il ne faisait pas confiance à ses invités de la Ligue arabe, a annoncé Yedioth. »[3]

Non seulement, le Maroc n’avait pas répondu à l’appel des pays arabes pour protéger la Palestine, mais de surcroit, il trahit ses frères en enregistrant secrètement cette invitation et en révélant que les pays arabes ne pourraient pas gagner cette guerre car ils n’en avaient pas les moyens financiers et militaires. 

Que serait aujourd’hui la Palestine sans cette trahison ? Un fantasme ?

Le Maroc et l’Algérie 

Sous le règne de Mohamed V, les relations entre ces deux pays, non seulement frères mais aussi voisins sont très bonnes à tel point que le Maroc aide l’Algérie dans son indépendance en fournissant des aides militaires, financières et matérielles. 

Les tensions commencent à apparaitre, sous Hassan II, après l’indépendance d’Algérie qui conteste les tracés frontaliers qui séparent les deux pays.

En 1975, Hassan II organise la Marche verte qui se solde par l’annexion du territoire du Sahara occidental. La guerre du Sahara occidental se déroule entre 1975 et 1991. 

Le 24 août 2021, l’Algérie annonce une nouvelle rupture de ses relations diplomatiques avec le Maroc. Parmi les raisons évoquées, l’Algérie cite le soutien de l’ambassadeur du Maroc à l’ONU au MAK, les déclarations du ministre israélien des Affaires étrangères lors de sa visite au Maroc, le scandale d’espionnage Pegasus et la question du Sahara occidental. Le Maroc répond de façon laconique à cette rupture. Son ministre des Affaires étrangères annonce avoir pris note de la décision unilatérale de l’Algérie, et la qualifie de « complètement injustifiée », mais « attendue – au regard de la logique d’escalade constatée ces dernières semaines. » [4]

Ainsi, l’histoire nous montre que trop de fois, les chefs d’états font passer leurs intérêts individuels au-dessus de leurs principes et leurs valeurs collectifs. S’ils mettaient autant de moyens à des fins philosophiques pour défendre un état au nom des valeurs qui les unissent, l’Islam serait encore aujourd’hui une grande puissance.

Le destin de chaque état est écrit tel que la raison ne peut le comprendre, l’œil ne peut le voir et l’oreille ne peut l’entendre. Bien des évènements dépassent l’entendement humain et pourtant, ils arrivent à se dérouler.

Tant que l’ambition est orientée vers l’égoïsme, l’échec sera au rendez-vous.

Lorsqu’elle sera guidée par des intentions altruistes, la civilisation humaine au sens large sera élevée vers la réussite quelles qu’en soient ses croyances.

Et s’il est plus naturel de chercher à maximiser son bien-être individuel, le souci de l’autre et sa bienveillance permettraient d’avoir un résultat général bien plus grand tant économique (au niveau micro et macro) que spirituel…Mais voilà, pour arriver à ce degré de magnanimité, l’être humain doit avant tout combattre son ego… le travail de toute une vie.

Nelm


[1] https://www.histoire-pour-tous.fr/civilisations/5624-l-empire-ottoman-xive-siecle-1923.html#:~:text=Le%20fondateur%20de%20l’Empire,en%20font%20leur%20propre%20capitale.

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Arabie_saoudite


[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Relations_entre_l%27Alg%C3%A9rie_et_le_Maroc

[1] [Sahih al-Bukhari 6011]

De l’infiniment grand à l’infiniment… chaud

Il est essentiel de comprendre que la vision du monde dépend de la manière dont nous envisageons et expliquons le monde et la place qu’on y occupe. C’est ainsi qu’elle affecte, non seulement notre manière de penser, mais nos actions, nos comportements et détermine la qualité de notre vie.

L’échelle astronomique de l’Univers

Depuis toujours l’être humain sait qu’il tient une place spéciale dans l’univers. Il a levé les yeux vers le ciel et puis, il s’est mis à explorer pour se rendre compte qu’il habite une « banlieue » lointaine d’une galaxie « anodine », perdu dans un Univers si vaste qu’il ne peut même pas le concevoir dans son ensemble.

La création est extraordinairement vaste et complexe. Elle nous émerveille et nous fascine. La Terre est située au sein du Système Solaire, structuré autour d’une étoile : le soleil. Cet ensemble de planètes se nomme la Voie Lactée. Les distances vertigineuses et les tailles démesurées qui nous séparent de l’Univers, nous plongent dans un voyage mystérieux et impalpable de l’infiniment grand. La Terre n’est plus qu’un vulgaire grain de sable. L’Univers n’est pas seulement immense, il est aussi bien organisé :

« L’Univers est composé de nombreux objets célestes comme des étoiles, des planètes, des astéroïdes, des comètes entourés de zones vides, pauvres en galaxies. On dit que l’Univers est une structure « lacunaire », c’est-à-dire majoritairement constituée de vide. Les connaissances actuelles ne permettent pas de connaître le nombre de galaxies présentes dans l’Univers avec une grande précision. » [1]

Un Univers si vaste qui défie les limites du cerveau humain. Ainsi, si nous voulons connaître notre place dans le cosmos, il nous suffit de lever les yeux et de regarder au loin. Un voyage qui pousse à l’humilité… et surtout un voyage qui remet au centre de notre existence la sauvegarde de notre « Maison » la Terre. Car il faut bien comprendre qu’il n’existe pas une deuxième planète Terre dans ce vaste espace où nous pourrions déménager quand la première ne sera plus viable. Raison de plus pour la préserver : c’est l’objectif de la COP 27.

« Aujourd’hui, nous comprenons mieux l’origine des dérèglements climatiques et environnementaux, grâce aux travaux que les scientifiques ont menés au cours des dernières décennies. De même, nous comprenons mieux quelles actions doivent être mises en œuvre afin de limiter ces dérèglements » [2]

Quelques chiffres et dates

  • + 1 °C depuis la période préindustrielle selon le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). L’effet de serre naturel permet une température à la surface de la Terre quasi-constante. Mais depuis le début de la période industrielle, le réchauffement causé par l’activité humaine [3] augmentera avant la fin du siècle. Conséquences [4] : montée des températures (entre + 1,5 et 4,5°), fonte des glaces (élévation du niveau des océans : + 20 cm au sein des terres et + 1m sur les côtes), augmentation des précipitations et sécheresses accrues (imperméabilité des sols), acidification des océans (perte de biodiversité, bouleversement de la chaine alimentaire)
  • 28 juillet 2022 est appelé « jour du dépassement ». En 210 jours, nous avons consommé l’ensemble des ressources que la planète peut regénérer en une année, toujours selon le GIEC
  • La population mondiale dépasse ce mardi 15 novembre les 8 milliards d’êtres humains sur terre selon les Nations unies [5]

Alors, au vu de cette 27ième Conférence des Nations Unies sur le climat, qui s’est ouverte dimanche 6 novembre à Charm El-Cheikh, en Egypte, laisse un goût de « déjà-vu ». En effet, dans un contexte de géopolitique (bouleversé par la guerre en Ukraine) et l’intensité des phénomènes climatiques extrêmes, le représentant des Nations unies sur le climat, Simon Stiell a appelé les « dirigeants du monde à relever le plus grand défi de l’humanité en mettent en œuvre l’Accord de Paris sur le climat de 2015. Le monde a le devoir de transformer les paroles en actes. » [6]

30 ans de sommet sur le climat, 30 ans d’absence de résultats effectifs. Beaucoup déplorent un retard excessif entre la signature et la mise en place des traités, alors que la situation est devenue alarmante.

Najoua

  1. Geneviève Salmon, 21 juillet 2022, Linternaute.fr 
  2. Tiré du site alumnifortheplanet.org-les enjeux climatiques et environnementaux. 
  3. L’anthropocène désigne l’ère géologique actuelle qui se caractérise par des signes visibles de l’influence de l’être humain sur son environnement, notamment sur le climat et la biosphère. Théorisé par Paul Josef Crutzen, l’anthropocène signifie étymologiquement « l’Âge de l’Homme ». Cette ère aurait débuté lors de la Révolution industrielle de 1850 pour se propager encore aujourd’hui. En à peine plus de 2 siècles, le développement des civilisations modernes a durablement transformé notre système terrestre : essor de l’activité industrielle polluante, agriculture et pêche intensives, déforestations, transport, augmentation exponentielle de la consommation des énergies fossiles. 
  4. Vidéos du blog ADEME (l’Agence de la transition écologique) sur YouTube. 
  5. Article du site rtbf.be. Publié par Belga, édité par Africa GORDILLO. Population mondiale : 8 milliards franchis. 

Article du site 7×7 « bilan de la COP 27, le rendez-vous ultime du climat ; journaliste Magali Hamon 

Qatar: le mondial des paradoxes

Alors qu’approche à grands pas, la très critiquée mais néanmoins très attendue coupe du Monde de football 2022 (20 novembre), les esprits, échauffés un temps, semblent vouloir s’apaiser. Les appels tardifs au boycott n’ont finalement eu qu’un écho modéré et n’ont pas arrêté la gigantesque machine du sport business. Alors pourquoi ce mondial suscite-t-il un tel intérêt politique ? Alors que les Jeux Olympiques à Pékin ou la dernière coupe du monde en Russie n’ont pas soulevé autant de critiques ? Pourrait-on imaginer que la religion, la culture joueraient un quelconque rôle dans cet acharnement? 

Le mondial de football démarre dans près d’une semaine mais le choix de l’émirat pour accueillir cette compétition sportive suscite autant de questions que de polémiques. En cause, les milliers de travailleurs décédés sur les chantiers des stades. Mais pas uniquement, la crise énergétique que nous traversons révèle toute l’absurdité d’organiser une compétition sportive au milieu d’un désert dans des infrastructures totalement climatisées… 

Les droits de l’homme, un prétexte ? 

Au Qatar même, on ne le nie pas, les travailleurs migrants subissent des abus. Ces centaines de milliers d’Indiens, de Népalais, ou d’Ougandais sont la force de travail du Mondial 2022. Certains gagnent correctement leur vie, tandis que beaucoup d’autres subissent des conditions de travail indignes et scandaleuses. Le Qatar pour eux signifie l’eldorado, la cité de tous les possibles mais surtout une échappatoire à une vie de pauvreté dans leur pays d’origine. Ils ont quitté famille et patrie pour rejoindre l’un des pays les plus riches de la planète. Si les questions climatiques et des droits de l’homme sont totalement légitimes, on ne peut que s’interroger sur le timing de cette prise de conscience, bien trop tardive. Le Qatar ayant été désigné en 2010, la polémique démarre, elle, en 2022. Certains politiques ont affirmé qu’ils boycotteront la compétition, en ne se rendant pas sur place ou en ne regardant pas les matchs. Le Brésil, la Russie avaient, eux aussi, suscité des interrogations sans pour autant remettre en question les critères d’attribution. Si les pays européens se sentent si concernés par la dignité, pourquoi ne pas appeler à un véritable boycott, en refusant d’envoyer leur équipe nationale participer à cette compétition ? La manne financière générée et en jeu permet finalement de mettre tout le monde d’accord…

Une lumière dans un océan d’obscurité

Néanmoins, dans cet océan de critiques, encore une fois légitimes, si l’on devait retenir un élément positif de ce mondial de toutes les absurdités, c’est cette initiative des autorités qatariennes de paver les murs de nombreux édifices emblématiques de la capitale de hadiths du Messager d’Allah. Doha aspire à ce que la noblesse du comportement du Messager, sa sagesse et sa grandeur d’âme profitent de ce formidable coup de projecteur pour, qui sait, toucher un monde qui les méconnaît ou les ignore. 

H.B.

Des vies froissées

L’automne s’installe doucement, la saison pluvieuse arrive à petits pas, les sorties se font plus rare. Le mois de novembre donne place aux soirées-ciné. Blottie dans mon fauteuil et enveloppée d’un plaid molletonné, je décide de regarder un film sur Netflix pour, pourquoi pas, écrire mon prochain article.

« Alors, que choisir ? Dahmer ? » Série qui fait exploser l’audimat depuis sa sortie en octobre… ça en dit long sur l’état de notre société quand on sait que ce Dahmer est un psychopathe sanguinaire, tueur en série…

« Quoi d’autre ?  Certainement pas une super production hollywoodienne ! » Je préfère de loin le cinéma international. Mon choix est fait, je me tourne vers la Turquie.

Il fait nuit noire, tout le monde dort, les écouteurs bien positionnés, j’appuie sur enter et plonge dans les rues pittoresques d’Istanbul pendant 97 minutes. 

Mehmet, qui a grandi dans la rue, est aujourd’hui un jeune homme qui dirige une déchetterie dans un quartier délabré de la capitale. Equipé d’un chariot et avec l’aide de ses « employés » de fortune, il récolte des déchets de toutes sortes dans les poubelles de la ville qu’il revend afin de pouvoir survivre. Très sensible au sort des enfants des rues, on découvre un Mehmet au grand cœur partageant la souffrance de ces gamins livrés à eux-mêmes. Bienveillant et très apprécié par ces jeunes, il n’hésite pas à se montrer généreux avec eux.

Un jour, Mehmet découvre, caché dans son chariot, un petit garçon, Ali, abandonné par sa mère. Très vite, il se prend d’affection pour lui et fera tout pour l’aider à la retrouver.

Le pitch énoncé, on peut être amené à penser que l’auteur signe, au pire un mélodrame larmoyant, au mieux, un film social dénonçant les coulisses d’une Istanbul peu florissante où tentent de survivre des enfants et ados tristement abandonnés à leur sort. 

Et pourtant, la thématique des enfants des rues ne constitue que l’ossature sur laquelle se greffera le thème principal du film : la blessure de l’abandon.

Un récit qui révèle avec une justesse cruelle la déchirure, la douleur poignante, intense et omniprésente liée à l’abandon. L’auteur met en scène de façon éclatante et brillante cette pauvreté obscure dans laquelle baignent ces enfants et adolescents abandonnés. 

Nul besoin de comprendre le turc pour apprécier la bande originale émouvante et mélancolique.  La qualité de la réalisation et le choix des prises de vue détrônent de loin les blockbusters made in USA. Sans parler de la performance des acteurs qui est juste brillante. Quant au protagoniste principal, il n’interprète pas la palette d’émotions qui traverse le film… il les incarne.

Que dire de la fin ? Inattendue, saisissante, bouleversante. Bref, grandiose! 

Clap de fin.

« Comment les enfants abandonnés peuvent-ils se (re)construire ?, 

Comment peuvent-ils guérir, ou du moins, panser la blessure de l’abandon ?,

Comment penser à l’avenir quand le passé les hante ?,… »

Un film qui résonnera en vous tout comme il résonne encore en moi longtemps après le clap de fin…

L.M.

Des vies froissées, un film de Can Ulkay, sorti le 12 mars 2021 sur Netflix.

Hayy Ibn Yaqdhan ou le philosophe sans maître

Connaissez-vous l’histoire de Robinson Crusoë? Ce héros d’aventures du 18ème siècle, qui s’échoue sur une île déserte après un naufrage? Il doit alors organiser sa survie et son quotidien. Nous sommes très nombreux, jeunes et moins jeunes à connaître ce roman riche en péripéties mais aussi riche d’une certaine réflexion psychologique et philosophique. Mais qui parmi nous sait que le personnage de Daniel Defoe s’inspire très généreusement d’une oeuvre grandiose, un bijou de la civilisation musulmane, et qui connut un succès retentissant en Europe? Cette oeuvre c’est Hayy Ibn Yaqdhan, le conte philosophique d’Ibn Tufayl.

Le chef d’oeuvre arabe-andalou qui éblouit l’Europe des Lumières

Abu Bakr Muhammad Ibn Tufayl est un médecin, mathématicien, astronome, philosophe, théologien, d’inspiration soufie. Il vit au 12ème siècle en Andalousie et est connu pour avoir été le mentor d’Ibn Roshd*. Il sera le médecin du calife andalou Abou Ya’qoub Yussuf à Cordoue.

Il se dira lui-même influencé par la pensée d’Aristote et de Platon, mais aussi d’Ibn Baja* (qui introduisit la philosophie en Espagne musulmane au 8ème siècle) par Ibn Sina* et Al Ghazali entre autres.

Son héros s’appelle Hayy Ibn Yaqdhân, traduisez « Vivant fils d’Éveillé ». C’est un nourrisson, qui apparaît sur une île vierge et déserte de l’Inde. Sa naissance est mystérieuse. Est-il arrivé dans un coffre poussé par les flots? Est-il apparu par génération spontanée? Le conte laisse planer le doute…

Toujours est-il que le jeune Hayy grandit et se développe, adopté et allaité par une gazelle (ou une  chèvre selon les traductions).

Au décès de sa mère la gazelle, l’enfant est confronté pour la première fois à l’idée de la mort, et il entre dans une longue observation au terme de laquelle il conclut à l’existence de l’âme, transcendant l’enveloppe charnelle.

Il doit maintenant se débrouiller seul pour survivre et continue d’évoluer, observant l’univers autour de lui, scrutant le monde animal, végétal et céleste. De réflexion en déductions, de contemplation en intuitions, le personnage va comprendre les lois qui régissent le monde.

Son intelligence est pure, il ne subit aucune influence éducative, aucun conditionnement sociétal. Cet état de virginité du cœur et de l’esprit le met dans une posture d’ouverture à la compréhension de la Vérité.

Sa contemplation de l’univers et son raisonnement vont le mener à la compréhension de vérités physiques. Puis, sa méditation et son intelligence du coeur vont le conduire vers des vérités métaphysiques, dont l’existence de l’Être Suprême.

Une allégorie qui fait cheminer le coeur et l’esprit

La question qui est au centre du livre est la suivante: la raison est-elle suffisante à l’homme pour accéder à la vérité? Peut-il faire l’impasse sur la révélation? Pour les penseurs occidentaux qui ont largement commenté l’oeuvre d’Ibn Tufayl, la réponse semble limpide. L’homme se suffirait de la logique et du raisonnement pour accéder à la vérité. Cette opinion transparaît d’ailleurs dans le titre des traductions francophones de l’oeuvre, à savoir « Le philosophe sans maître » ou encore « Le philosophe autodidacte ».

Rien n’est moins sûr cependant pour tout lecteur qui refuse d’occulter le rôle de la Fitra, cette lumière divine présente dans le coeur de tout homme, à l’état de flamme, vacillante ou flamboyante, mais cependant présente…

Ce livre est riche d’enseignements scientifiques: botanique, biologie, astronomie, de nombreuses références dévoilent l’éclectisme et l’érudition de l’auteur.

A lire, à dévorer, à méditer, pour élever le débat et s’élever soi-même…

*Ibn Roshd = Averroes *Ibn Baja = Avempace *Ibn Sina = Avicenne

Hayat Belhaj