Du coaching à toutes les sauces…

Coach de vie, coach personnel, coach de couple, coach professionnel… et j’en passe ! On retrouve du coaching en tout genre sur le marché. Ce métier en plein essor est devenu un véritable phénomène de mode ! Mais en soi, qu’est-ce que le coaching et quelle est son origine ? Est-ce un accompagnement sérieux ou une arnaque de charlatans ? Est-il compatible avec l’islam ?

Socrate étant à l’origine du coaching, l’objectif était d’aider l’individu, par le biais de questionnement, à trouver le chemin de la connaissance de soi et sa propre vérité. Mais ce phénomène a fait sa grande apparition à partir des années 50 aux États-Unis. Le but étant d’accompagner de grands sportifs ou célébrités du show business à développer leur gestion mentale ainsi que leurs performances. Dans les années 80, il évolue et s’étend aux entreprises afin de former les managers et cadres à prendre la parole devant des assemblées ou la presse. Petit à petit, ces coachs proposent leurs services aux particuliers afin de les aider à gagner une estime de soi par du relooking, du développement personnel etc. 

L’engouement pour le coaching répond à la société actuelle qui pousse les gens à la perfection dans tous les domaines : la beauté, la richesse, la réussite professionnelle… L’exposition des richesses et de la réussite à outrance sur les réseaux sociaux causent aussi des troubles chez les individus. Ainsi, de plus en plus de personnes frustrées ressentent le sentiment de ne pas être à la hauteur ou dans les normes. De ce fait, aujourd’hui, de plus en plus de gens ont recours à ce genre de thérapie afin de remédier à leurs troubles intérieurs ou de tenter d’atteindre des objectifs bien définis. Évidemment, viser l’excellence par le biais de ses compétences n’est en aucun cas négatif. Par contre, l’acharnement et l’autodestruction de soi afin d’atteindre son but est néfaste pour l’individu. 

S’engager dans ce genre d’accompagnement doit être bien réfléchi afin de ne pas tomber dans certaines dérives qui, elles, causeraient plus de mal que de bien…

Du coach au charlatan, il peut y avoir qu’un trait…

De plus en plus de gens font appel au coaching afin d’améliorer leurs apparences, leurs relations amoureuses ou cultiver la confiance en soi. 

On nous vend l’expertise des coachs de partout et que ceux-ci, détiennent la clé de la réussite. D’ailleurs, le coaching fait partie des mots les plus recherchés sur Google. 

Seulement aujourd’hui, ce phénomène cartonne tellement que de plus en plus d’individus s’auto-proclament coachs spécialisés sans véritable formation et vont souvent vendre leurs conseils farfelus à des prix exorbitants. Actuellement, n’importe qui peut exercer ce métier avec tous les risques que cela peut engendrer sur la santé mentale du coaché !

Par exemple, des personnes ayant un passé lourd et des blessures psychiques profondes devraient plutôt se tourner vers un psychologue ou un psychiatre car elles sont souvent les proies de certains de ces pseudos-coachs qui en réalité profitent de leur vulnérabilité afin de leur extorquer un maximum d’argent. Ces charlatans ont très vite du pouvoir sur les personnes fragilisées et créent en eux une addiction. Ainsi, ceux-ci se retrouvent dans une situation encore plus alarmante et dans une sphère infernale.   

D’après la Miviludes, qui a pour mission de lutter contre les dérives sectaires, des milliers d’organismes de formation de développement personnel sont aujourd’hui suspectés de dérives sectaires. Son président, Serge Blisko, confie à France Inter qu’environ 20% des signalements reçus concernent les coachs, d’où l’importance d’être extrêmement vigilant !

Selon le prédicateur Rachid El Jay, il ne faut pas faire la chasse aux sorcières mais il invite les gens à être vigilant quant aux coachs qui rajoutent une petite pincée de religiosité à leurs ateliers car certaines méthodes utilisées en développement personnel sont en total contradiction avec les valeurs islamiques. D’autres font payer leur séminaire « à la lumière de l’islam» à des prix non justifiés ce qui n’est absolument pas éthique!

Néanmoins, le coaching peut être envisagé si cela s’avère vraiment une nécessité. Mais il est impératif de scruter le CV de son coach avant de le solliciter afin de ne pas avoir de mauvaises surprises. En effet, celui-ci doit être en possession de diplômes reconnus car actuellement les formations données sur le marché ne sont pas reconnues et les certifications restent douteuses. Il doit respecter les codes de déontologie, établir un contrat explicite et surtout être en phase avec vos valeurs. Si vous rencontrez un coach répondant à ces différents critères, alors tentez l’expérience si cela peut vous être bénéfique mais sachez qu’ils sont peu nombreux…

Compatibilité avec les valeurs islamiques ?

Dans la société musulmane, être malade psychologiquement est tabou et synonyme de faiblesse de foi ou d’insufflations sataniques… et non, considéré comme une maladie. Alors que cette pathologie est reconnue et peut survenir suite à un choc émotionnel ou autres. 

Néanmoins, pour s’en sortir le musulman doit accepter sa maladie et ne ressentir aucune gêne.  Il met en place des outils ou se tourne vers des médecins afin de ne pas sombrer dans le désespoir et de passer de cette phase obscure vers la lumière.

Dans ce cas de figure, certains vont préférer se tourner vers des coachs de vie ou de développement personnel afin de remédier à leurs faiblesses et tenter de retrouver un épanouissement intérieur. Mais beaucoup ne sont pas informés des subtilités sournoises de ces idéologies qui finalement vont plus les perturber que leur apporter du bien-être. D’où l’importance de bien s’informer avant de s’engager dans ce genre de thérapie. 

Attention, tous les coachings ne sont pas à bannir mais il est impératif que cela soit compatible avec les valeurs islamiques. Le problème du développement personnel est que le fondement principal réside dans le bonheur intérieur, et que l’on se suffit à soi-même. Aussi, développer la confiance en soi et non en Allah ce qui tend à fabriquer de l’orgueil, de la suffisance, un ego démesuré et créer ainsi une forme de narcissisme surdimensionnée.

Le professeur Sofiane Meziani, décrit l’homme comme un esclave obsessionnel, en quête du bonheur absolu ! Ce qui prime aujourd’hui n’est pas la sagesse, mais la réussite matérielle et la recherche du plaisir mondain. 

A cette étape, la dictature du bonheur devient une priorité ce qui est en contradiction avec l’enseignement islamique. Les bienfaits et les belles choses matérielles sont octroyés par Allah et ne sont absolument pas illicites. Seulement, ils ne doivent pas être une finalité en soi et prendre une place majeure dans le cœur du croyant car cela nous détourne de notre objectif premier qui est la rencontre avec Allah. 

Par conséquent, les méthodes utilisées au sein du DP sont plus que douteuses et amènent à pervertir le croyant en éloignant son cœur de son objectif terrestre et tentent ainsi de concilier la culture du plaisir et trouver une justification islamique à cette soif de dounia

En réalité, le coran et les traditions prophétiques regorgent de recommandations et de leçons qui aident à traiter les maladies de l’âme, du cœur et du corps. Le croyant conscient de son but sur terre sait pertinemment que les épreuves font partie de la vie. Dans le malheur, il se rattache aux promesses qu’Allah fait aux endurants à maintes reprises dans le Coran. L’espoir en la récompense et la justice divine apaisent les maux. 

Croire en Allah et au destin apprend au croyant de lâcher prise. La prière et le jeûne nous apprennent l’humilité, la méditation et le dépassement de soi… 

Allah dit : 

« En vérité, dans le Prophète d’Allah vous avez un excellent modèle pour celui qui garde espoir en Allah et au jour Dernier, et qui se souvient beaucoup d’Allah. » S 33, V22

« Et tu es certes d’une moralité éminente. » S68, V4 

En réalité, nous avons tous les outils à notre disposition pour purifier notre âme malade : le mode d’emploi est le coran et notre premier coach par excellence est le messager d’Allah qui nous a fourni toutes les clés pour notre réussite ici-bas mais surtout pour l’au-delà. Nous devons appliquer son exemple à tous les aspects de notre vie. 

Il y a sans doute du positif dans certaines méthodes de coaching dès lors que ce soit fait en conformité avec nos valeurs éthiques et notre foi et que le but recherché soit un bien-être de l’âme, d’autrui ou du collectif et non une méthode qui cultive l’ego, l’individualisme et l’orgueil des individus. 

                                                                                                                                                                       I.Senh

References : 

https://www.youtube.com/watch?v=MyccqECoGto : Rachid El Jay 

https://www.youtube.com/watch?v=-wGwhT8KBOM : Sofiane Meziani 

https://www.youtube.com/watch?v=T4SzdXPH6Xg : Vincent Souleymane

https://www.sensetvie.be/les-derives-du-coaching

https://www.radiofrance.fr/franceinter/la-miviludes-recoit-de-plus-en-plus-de-signalements-5871777

L’Islam, une grande puissance économique

Le dernier prophète ﷺ a dit : « Vous verrez les Musulmans à travers leur bonté, leur affection et leur attachement réciproque, constitués comme un seul corps, quand l’un des membres souffre, il transmet sa fièvre et son insomnie à tout son corps. » [1] Abstraction faite de son sens philosophique, si nous considérions ce conseil précieux comme une hypothèse économique ? Une hypothèse pas plus farfelue que celles posées dans la très grande majorité des théories économiques renommées : « Tous les consommateurs sont rationnels et prennent des décisions en cherchant à maximiser leur propre bien-être sous contrainte budgétaire. » La première hypothèse (celle que nous posons) est orientée vers un altruisme presque mystique et la seconde, celle reprise dans beaucoup de postulats économiques est, quant à elle, orientée vers un égoïsme humain presque naturel. Il parait donc beaucoup plus compliqué à l’homme d’appliquer ce 1er conseil puisqu’il est naturellement tenté d’appliquer la seconde hypothèse. Or, cet article propose une réflexion autour de la naïve question de savoir s’il aurait été possible de faire jaillir une grande puissance économique si les chefs d’état avaient appliqué ce conseil ?

Et oui, avec des si, Paris pourrait être mise dans une bouteille mais l’Histoire des civilisations nous apprend beaucoup de choses et nous permet même de mettre en évidence certaines erreurs. Et c’est bien à la lumière de ces erreurs que les réflexes et les décisions de l’Homme s’adaptent. N’est-ce pas là le propre même de l’intelligence humaine ? S’adapter sur base de son vécu, ses expériences et s’améliorer en ne reproduisant plus les mêmes mésaventures.

Je vous propose de voyager avec moi, le temps de quelques lignes, à travers l’Histoire et de parcourir ensemble certains choix qui ont eu un gros coût dans l’histoire de la civilisation musulmane :

  1. De la naissance à l’indépendance de l’Arabie Saoudite

Vous souvenez-vous de cette époque où l’Islam était un empire, jadis, nommé le grand empire Ottoman ?

Avant 1500, tout allait bien pour cet empire qui partage la même religion et les mêmes valeurs que la future Arabie Saoudite.

« En 1517, la ville sainte de la Mecque étant désormais placée sous contrôle ottoman, Selim se proclame calife et serviteur des villes saintes de l’Islam. »[1]

Mais « l’intérieur de la péninsule connaît une évolution séparée qui mène à l’émergence de la famille Al Saoud . »[2]

C’est précisément la naissance de l’Arabie Saoudite qui nous intéresse, ce visage aujourd’hui emblématique de l’Islam, l’incontournable des musulmans.

En 1700, l’Arabie saoudite était divisée et contrôlée par différentes tribus et familles. La population était constituée majoritairement de nomades et le pays était désertique. Le pétrole n’était pas encore découvert et le pays était très peu intéressant d’un point de vue économique.

En 1744, une alliance nait entre l’émir de Daria, Mohammed Ibn Saoud et l’imam Mohamed Ibn Abdelwahhab (qui donna le nom au wahabisme). Le premier donne son fils à la fille du second. Cette alliance est donc le symbole du mariage entre l’autorité religieuse, le wahabisme et l’autorité politique représentée par Ibn Saoud qui donna son nom à l’Arabie Saoudite qui continue de s’agrandir et de rassembler des territoires.

En 1818, l’Empire ottoman, qui craint cette alliance pour ses territoires, envoie l’Egypte et parvient à stopper la dynastie Ibn Saoud. Mais…le petit fils s’est enfui et s’est caché. Il donnera une descendance qui se vengera et fera renaitre son pouvoir pour conquérir tout l’Etat en 1902.

Nous ne résisterons pas à l’envie d’imaginer quelle serait cette puissance islamique si l’Arabie saoudite et l’empire Ottoman ne faisait qu’un corps.

Il y aurait eu sans doute moins de pertes humaines, moins de perte financière et moins de perte énergétique. 

Au lieu de cela, l’Arabie Saoudite s’est tournée vers les Britanniques pour chercher, contre l’Empire ottoman, une protection militaire, des armes, de l’argent. Et en échange, l’Angleterre peut exploiter les terres de l’Arabie Saoudite à la recherche de pétrole.

L’Arabie tira profit de ce pacte tant et si bien que celui-ci provoqua la chute de l’Empire Ottoman.

En 1920, l’Angleterre, désespérée de ne rien trouver, retire ses troupes de l’Arabie et en 1932, l’Arabie Saoudite proclame son indépendance.

Le destin fut autre pour cet empire qui aurait pu être inégalé dans l’histoire.

La trahison du Maroc 

Poursuivons avec un autre fait de l’histoire :

Celui où le roi du Maroc, Hassan II, a donné un enregistrement à Israël pour casser la stratégie de guerre de certains pays arabo-musulmans unis pour protéger la Palestine contre toute invasion israélienne. Cette fameuse guerre des 6 jours fut soldée par une victoire triomphante d’Israël et un échec total des pays musulmans. La Palestine en sortit encore plus vulnérable et elle en paie les frais encore aujourd’hui.

« Pendant la guerre, qui a pris fin le 10 juin (1967), Israël a saisi la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï à l’Egypte, la Cisjordanie et Jérusalem Est à la Jordanie, et le plateau du Golan à la Syrie. Le roi Hassan II avait secrètement enregistré la réunion de 1965 parce qu’il ne faisait pas confiance à ses invités de la Ligue arabe, a annoncé Yedioth. »[3]

Non seulement, le Maroc n’avait pas répondu à l’appel des pays arabes pour protéger la Palestine, mais de surcroit, il trahit ses frères en enregistrant secrètement cette invitation et en révélant que les pays arabes ne pourraient pas gagner cette guerre car ils n’en avaient pas les moyens financiers et militaires. 

Que serait aujourd’hui la Palestine sans cette trahison ? Un fantasme ?

Le Maroc et l’Algérie 

Sous le règne de Mohamed V, les relations entre ces deux pays, non seulement frères mais aussi voisins sont très bonnes à tel point que le Maroc aide l’Algérie dans son indépendance en fournissant des aides militaires, financières et matérielles. 

Les tensions commencent à apparaitre, sous Hassan II, après l’indépendance d’Algérie qui conteste les tracés frontaliers qui séparent les deux pays.

En 1975, Hassan II organise la Marche verte qui se solde par l’annexion du territoire du Sahara occidental. La guerre du Sahara occidental se déroule entre 1975 et 1991. 

Le 24 août 2021, l’Algérie annonce une nouvelle rupture de ses relations diplomatiques avec le Maroc. Parmi les raisons évoquées, l’Algérie cite le soutien de l’ambassadeur du Maroc à l’ONU au MAK, les déclarations du ministre israélien des Affaires étrangères lors de sa visite au Maroc, le scandale d’espionnage Pegasus et la question du Sahara occidental. Le Maroc répond de façon laconique à cette rupture. Son ministre des Affaires étrangères annonce avoir pris note de la décision unilatérale de l’Algérie, et la qualifie de « complètement injustifiée », mais « attendue – au regard de la logique d’escalade constatée ces dernières semaines. » [4]

Ainsi, l’histoire nous montre que trop de fois, les chefs d’états font passer leurs intérêts individuels au-dessus de leurs principes et leurs valeurs collectifs. S’ils mettaient autant de moyens à des fins philosophiques pour défendre un état au nom des valeurs qui les unissent, l’Islam serait encore aujourd’hui une grande puissance.

Le destin de chaque état est écrit tel que la raison ne peut le comprendre, l’œil ne peut le voir et l’oreille ne peut l’entendre. Bien des évènements dépassent l’entendement humain et pourtant, ils arrivent à se dérouler.

Tant que l’ambition est orientée vers l’égoïsme, l’échec sera au rendez-vous.

Lorsqu’elle sera guidée par des intentions altruistes, la civilisation humaine au sens large sera élevée vers la réussite quelles qu’en soient ses croyances.

Et s’il est plus naturel de chercher à maximiser son bien-être individuel, le souci de l’autre et sa bienveillance permettraient d’avoir un résultat général bien plus grand tant économique (au niveau micro et macro) que spirituel…Mais voilà, pour arriver à ce degré de magnanimité, l’être humain doit avant tout combattre son ego… le travail de toute une vie.

Nelm


[1] https://www.histoire-pour-tous.fr/civilisations/5624-l-empire-ottoman-xive-siecle-1923.html#:~:text=Le%20fondateur%20de%20l’Empire,en%20font%20leur%20propre%20capitale.

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Arabie_saoudite


[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Relations_entre_l%27Alg%C3%A9rie_et_le_Maroc

[1] [Sahih al-Bukhari 6011]

De l’infiniment grand à l’infiniment… chaud

Il est essentiel de comprendre que la vision du monde dépend de la manière dont nous envisageons et expliquons le monde et la place qu’on y occupe. C’est ainsi qu’elle affecte, non seulement notre manière de penser, mais nos actions, nos comportements et détermine la qualité de notre vie.

L’échelle astronomique de l’Univers

Depuis toujours l’être humain sait qu’il tient une place spéciale dans l’univers. Il a levé les yeux vers le ciel et puis, il s’est mis à explorer pour se rendre compte qu’il habite une « banlieue » lointaine d’une galaxie « anodine », perdu dans un Univers si vaste qu’il ne peut même pas le concevoir dans son ensemble.

La création est extraordinairement vaste et complexe. Elle nous émerveille et nous fascine. La Terre est située au sein du Système Solaire, structuré autour d’une étoile : le soleil. Cet ensemble de planètes se nomme la Voie Lactée. Les distances vertigineuses et les tailles démesurées qui nous séparent de l’Univers, nous plongent dans un voyage mystérieux et impalpable de l’infiniment grand. La Terre n’est plus qu’un vulgaire grain de sable. L’Univers n’est pas seulement immense, il est aussi bien organisé :

« L’Univers est composé de nombreux objets célestes comme des étoiles, des planètes, des astéroïdes, des comètes entourés de zones vides, pauvres en galaxies. On dit que l’Univers est une structure « lacunaire », c’est-à-dire majoritairement constituée de vide. Les connaissances actuelles ne permettent pas de connaître le nombre de galaxies présentes dans l’Univers avec une grande précision. » [1]

Un Univers si vaste qui défie les limites du cerveau humain. Ainsi, si nous voulons connaître notre place dans le cosmos, il nous suffit de lever les yeux et de regarder au loin. Un voyage qui pousse à l’humilité… et surtout un voyage qui remet au centre de notre existence la sauvegarde de notre « Maison » la Terre. Car il faut bien comprendre qu’il n’existe pas une deuxième planète Terre dans ce vaste espace où nous pourrions déménager quand la première ne sera plus viable. Raison de plus pour la préserver : c’est l’objectif de la COP 27.

« Aujourd’hui, nous comprenons mieux l’origine des dérèglements climatiques et environnementaux, grâce aux travaux que les scientifiques ont menés au cours des dernières décennies. De même, nous comprenons mieux quelles actions doivent être mises en œuvre afin de limiter ces dérèglements » [2]

Quelques chiffres et dates

  • + 1 °C depuis la période préindustrielle selon le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). L’effet de serre naturel permet une température à la surface de la Terre quasi-constante. Mais depuis le début de la période industrielle, le réchauffement causé par l’activité humaine [3] augmentera avant la fin du siècle. Conséquences [4] : montée des températures (entre + 1,5 et 4,5°), fonte des glaces (élévation du niveau des océans : + 20 cm au sein des terres et + 1m sur les côtes), augmentation des précipitations et sécheresses accrues (imperméabilité des sols), acidification des océans (perte de biodiversité, bouleversement de la chaine alimentaire)
  • 28 juillet 2022 est appelé « jour du dépassement ». En 210 jours, nous avons consommé l’ensemble des ressources que la planète peut regénérer en une année, toujours selon le GIEC
  • La population mondiale dépasse ce mardi 15 novembre les 8 milliards d’êtres humains sur terre selon les Nations unies [5]

Alors, au vu de cette 27ième Conférence des Nations Unies sur le climat, qui s’est ouverte dimanche 6 novembre à Charm El-Cheikh, en Egypte, laisse un goût de « déjà-vu ». En effet, dans un contexte de géopolitique (bouleversé par la guerre en Ukraine) et l’intensité des phénomènes climatiques extrêmes, le représentant des Nations unies sur le climat, Simon Stiell a appelé les « dirigeants du monde à relever le plus grand défi de l’humanité en mettent en œuvre l’Accord de Paris sur le climat de 2015. Le monde a le devoir de transformer les paroles en actes. » [6]

30 ans de sommet sur le climat, 30 ans d’absence de résultats effectifs. Beaucoup déplorent un retard excessif entre la signature et la mise en place des traités, alors que la situation est devenue alarmante.

Najoua

  1. Geneviève Salmon, 21 juillet 2022, Linternaute.fr 
  2. Tiré du site alumnifortheplanet.org-les enjeux climatiques et environnementaux. 
  3. L’anthropocène désigne l’ère géologique actuelle qui se caractérise par des signes visibles de l’influence de l’être humain sur son environnement, notamment sur le climat et la biosphère. Théorisé par Paul Josef Crutzen, l’anthropocène signifie étymologiquement « l’Âge de l’Homme ». Cette ère aurait débuté lors de la Révolution industrielle de 1850 pour se propager encore aujourd’hui. En à peine plus de 2 siècles, le développement des civilisations modernes a durablement transformé notre système terrestre : essor de l’activité industrielle polluante, agriculture et pêche intensives, déforestations, transport, augmentation exponentielle de la consommation des énergies fossiles. 
  4. Vidéos du blog ADEME (l’Agence de la transition écologique) sur YouTube. 
  5. Article du site rtbf.be. Publié par Belga, édité par Africa GORDILLO. Population mondiale : 8 milliards franchis. 

Article du site 7×7 « bilan de la COP 27, le rendez-vous ultime du climat ; journaliste Magali Hamon 

Qatar: le mondial des paradoxes

Alors qu’approche à grands pas, la très critiquée mais néanmoins très attendue coupe du Monde de football 2022 (20 novembre), les esprits, échauffés un temps, semblent vouloir s’apaiser. Les appels tardifs au boycott n’ont finalement eu qu’un écho modéré et n’ont pas arrêté la gigantesque machine du sport business. Alors pourquoi ce mondial suscite-t-il un tel intérêt politique ? Alors que les Jeux Olympiques à Pékin ou la dernière coupe du monde en Russie n’ont pas soulevé autant de critiques ? Pourrait-on imaginer que la religion, la culture joueraient un quelconque rôle dans cet acharnement? 

Le mondial de football démarre dans près d’une semaine mais le choix de l’émirat pour accueillir cette compétition sportive suscite autant de questions que de polémiques. En cause, les milliers de travailleurs décédés sur les chantiers des stades. Mais pas uniquement, la crise énergétique que nous traversons révèle toute l’absurdité d’organiser une compétition sportive au milieu d’un désert dans des infrastructures totalement climatisées… 

Les droits de l’homme, un prétexte ? 

Au Qatar même, on ne le nie pas, les travailleurs migrants subissent des abus. Ces centaines de milliers d’Indiens, de Népalais, ou d’Ougandais sont la force de travail du Mondial 2022. Certains gagnent correctement leur vie, tandis que beaucoup d’autres subissent des conditions de travail indignes et scandaleuses. Le Qatar pour eux signifie l’eldorado, la cité de tous les possibles mais surtout une échappatoire à une vie de pauvreté dans leur pays d’origine. Ils ont quitté famille et patrie pour rejoindre l’un des pays les plus riches de la planète. Si les questions climatiques et des droits de l’homme sont totalement légitimes, on ne peut que s’interroger sur le timing de cette prise de conscience, bien trop tardive. Le Qatar ayant été désigné en 2010, la polémique démarre, elle, en 2022. Certains politiques ont affirmé qu’ils boycotteront la compétition, en ne se rendant pas sur place ou en ne regardant pas les matchs. Le Brésil, la Russie avaient, eux aussi, suscité des interrogations sans pour autant remettre en question les critères d’attribution. Si les pays européens se sentent si concernés par la dignité, pourquoi ne pas appeler à un véritable boycott, en refusant d’envoyer leur équipe nationale participer à cette compétition ? La manne financière générée et en jeu permet finalement de mettre tout le monde d’accord…

Une lumière dans un océan d’obscurité

Néanmoins, dans cet océan de critiques, encore une fois légitimes, si l’on devait retenir un élément positif de ce mondial de toutes les absurdités, c’est cette initiative des autorités qatariennes de paver les murs de nombreux édifices emblématiques de la capitale de hadiths du Messager d’Allah. Doha aspire à ce que la noblesse du comportement du Messager, sa sagesse et sa grandeur d’âme profitent de ce formidable coup de projecteur pour, qui sait, toucher un monde qui les méconnaît ou les ignore. 

H.B.

Des vies froissées

L’automne s’installe doucement, la saison pluvieuse arrive à petits pas, les sorties se font plus rare. Le mois de novembre donne place aux soirées-ciné. Blottie dans mon fauteuil et enveloppée d’un plaid molletonné, je décide de regarder un film sur Netflix pour, pourquoi pas, écrire mon prochain article.

« Alors, que choisir ? Dahmer ? » Série qui fait exploser l’audimat depuis sa sortie en octobre… ça en dit long sur l’état de notre société quand on sait que ce Dahmer est un psychopathe sanguinaire, tueur en série…

« Quoi d’autre ?  Certainement pas une super production hollywoodienne ! » Je préfère de loin le cinéma international. Mon choix est fait, je me tourne vers la Turquie.

Il fait nuit noire, tout le monde dort, les écouteurs bien positionnés, j’appuie sur enter et plonge dans les rues pittoresques d’Istanbul pendant 97 minutes. 

Mehmet, qui a grandi dans la rue, est aujourd’hui un jeune homme qui dirige une déchetterie dans un quartier délabré de la capitale. Equipé d’un chariot et avec l’aide de ses « employés » de fortune, il récolte des déchets de toutes sortes dans les poubelles de la ville qu’il revend afin de pouvoir survivre. Très sensible au sort des enfants des rues, on découvre un Mehmet au grand cœur partageant la souffrance de ces gamins livrés à eux-mêmes. Bienveillant et très apprécié par ces jeunes, il n’hésite pas à se montrer généreux avec eux.

Un jour, Mehmet découvre, caché dans son chariot, un petit garçon, Ali, abandonné par sa mère. Très vite, il se prend d’affection pour lui et fera tout pour l’aider à la retrouver.

Le pitch énoncé, on peut être amené à penser que l’auteur signe, au pire un mélodrame larmoyant, au mieux, un film social dénonçant les coulisses d’une Istanbul peu florissante où tentent de survivre des enfants et ados tristement abandonnés à leur sort. 

Et pourtant, la thématique des enfants des rues ne constitue que l’ossature sur laquelle se greffera le thème principal du film : la blessure de l’abandon.

Un récit qui révèle avec une justesse cruelle la déchirure, la douleur poignante, intense et omniprésente liée à l’abandon. L’auteur met en scène de façon éclatante et brillante cette pauvreté obscure dans laquelle baignent ces enfants et adolescents abandonnés. 

Nul besoin de comprendre le turc pour apprécier la bande originale émouvante et mélancolique.  La qualité de la réalisation et le choix des prises de vue détrônent de loin les blockbusters made in USA. Sans parler de la performance des acteurs qui est juste brillante. Quant au protagoniste principal, il n’interprète pas la palette d’émotions qui traverse le film… il les incarne.

Que dire de la fin ? Inattendue, saisissante, bouleversante. Bref, grandiose! 

Clap de fin.

« Comment les enfants abandonnés peuvent-ils se (re)construire ?, 

Comment peuvent-ils guérir, ou du moins, panser la blessure de l’abandon ?,

Comment penser à l’avenir quand le passé les hante ?,… »

Un film qui résonnera en vous tout comme il résonne encore en moi longtemps après le clap de fin…

L.M.

Des vies froissées, un film de Can Ulkay, sorti le 12 mars 2021 sur Netflix.

Hayy Ibn Yaqdhan ou le philosophe sans maître

Connaissez-vous l’histoire de Robinson Crusoë? Ce héros d’aventures du 18ème siècle, qui s’échoue sur une île déserte après un naufrage? Il doit alors organiser sa survie et son quotidien. Nous sommes très nombreux, jeunes et moins jeunes à connaître ce roman riche en péripéties mais aussi riche d’une certaine réflexion psychologique et philosophique. Mais qui parmi nous sait que le personnage de Daniel Defoe s’inspire très généreusement d’une oeuvre grandiose, un bijou de la civilisation musulmane, et qui connut un succès retentissant en Europe? Cette oeuvre c’est Hayy Ibn Yaqdhan, le conte philosophique d’Ibn Tufayl.

Le chef d’oeuvre arabe-andalou qui éblouit l’Europe des Lumières

Abu Bakr Muhammad Ibn Tufayl est un médecin, mathématicien, astronome, philosophe, théologien, d’inspiration soufie. Il vit au 12ème siècle en Andalousie et est connu pour avoir été le mentor d’Ibn Roshd*. Il sera le médecin du calife andalou Abou Ya’qoub Yussuf à Cordoue.

Il se dira lui-même influencé par la pensée d’Aristote et de Platon, mais aussi d’Ibn Baja* (qui introduisit la philosophie en Espagne musulmane au 8ème siècle) par Ibn Sina* et Al Ghazali entre autres.

Son héros s’appelle Hayy Ibn Yaqdhân, traduisez « Vivant fils d’Éveillé ». C’est un nourrisson, qui apparaît sur une île vierge et déserte de l’Inde. Sa naissance est mystérieuse. Est-il arrivé dans un coffre poussé par les flots? Est-il apparu par génération spontanée? Le conte laisse planer le doute…

Toujours est-il que le jeune Hayy grandit et se développe, adopté et allaité par une gazelle (ou une  chèvre selon les traductions).

Au décès de sa mère la gazelle, l’enfant est confronté pour la première fois à l’idée de la mort, et il entre dans une longue observation au terme de laquelle il conclut à l’existence de l’âme, transcendant l’enveloppe charnelle.

Il doit maintenant se débrouiller seul pour survivre et continue d’évoluer, observant l’univers autour de lui, scrutant le monde animal, végétal et céleste. De réflexion en déductions, de contemplation en intuitions, le personnage va comprendre les lois qui régissent le monde.

Son intelligence est pure, il ne subit aucune influence éducative, aucun conditionnement sociétal. Cet état de virginité du cœur et de l’esprit le met dans une posture d’ouverture à la compréhension de la Vérité.

Sa contemplation de l’univers et son raisonnement vont le mener à la compréhension de vérités physiques. Puis, sa méditation et son intelligence du coeur vont le conduire vers des vérités métaphysiques, dont l’existence de l’Être Suprême.

Une allégorie qui fait cheminer le coeur et l’esprit

La question qui est au centre du livre est la suivante: la raison est-elle suffisante à l’homme pour accéder à la vérité? Peut-il faire l’impasse sur la révélation? Pour les penseurs occidentaux qui ont largement commenté l’oeuvre d’Ibn Tufayl, la réponse semble limpide. L’homme se suffirait de la logique et du raisonnement pour accéder à la vérité. Cette opinion transparaît d’ailleurs dans le titre des traductions francophones de l’oeuvre, à savoir « Le philosophe sans maître » ou encore « Le philosophe autodidacte ».

Rien n’est moins sûr cependant pour tout lecteur qui refuse d’occulter le rôle de la Fitra, cette lumière divine présente dans le coeur de tout homme, à l’état de flamme, vacillante ou flamboyante, mais cependant présente…

Ce livre est riche d’enseignements scientifiques: botanique, biologie, astronomie, de nombreuses références dévoilent l’éclectisme et l’érudition de l’auteur.

A lire, à dévorer, à méditer, pour élever le débat et s’élever soi-même…

*Ibn Roshd = Averroes *Ibn Baja = Avempace *Ibn Sina = Avicenne

Hayat Belhaj

Comment sera le monde en 2050?

En général, nous avons tous, au moins une fois dans notre vie, réfléchi à ce que sera notre avenir, à ce que nous ferons dans un an ou à ce que nous serons dans une décennie. Mais de là à savoir ce qu’il adviendra de notre monde dans 40 ans, j’avoue que je n’y ai jamais réfléchi. De ce fait, j’ai décidé de prendre ce temps, de me poser et d’entamer quelques recherches.

Je me penche dans un premier temps vers le transhumanisme, je m’aperçois que les idées développées par quelques-uns sont déjà d’actualité. Ce mouvement prônant une nouvelle religion sans Dieu, me donne froid dans le dos, jusqu’à des palpitations cardiaques…

Une des phrases du physicien Freeman Dyson me marque particulièrement : « L’humanité me semble être un magique commencement mais n’aura pas le dernier mot. Nous n’acceptons pas les aspects indésirables de notre condition humaine, nous reconnaissons l’absurdité qu’il y a à se contenter d’accepter humblement les limites dites « naturelles » de nos vies, nous prévoyons que la vie s’étendra au-delà des confins de la terre pour habiter le cosmos.

Pendant que certains projets se travaillent et se concrétisent en amont, on détourne l’homme, on l’occupe à des faits saugrenus. 

Les super bactéries sont reines

C’est tout de même une drôle d’époque que nous venons de traverser. Une période dans laquelle l’homme a été lobotomisé en le poussant encore et encore à l’individualisme :  la distanciation physique, dénoncer son voisin s’il a de la visite, éviter une trop forte densité d’occupants au même endroit, ne sortir qu’avec le sacro-saint masque !  

Tout se dit, se contredit, s’affirme, s’infirme.

Stratégie : diviser pour mieux régner

L’individualisme aura ainsi une place prépondérante dans les années qui arrivent, les êtres humains ne seront plus que des coquilles vides, chacun dans sa bulle, c’est indéniablement l’appauvrissement dans tous les sens du terme. Toutes les croyances religieuses seront impactées, plus qu’une poignée de personnes restera croyante. S’en prendre aux religions, c’est toucher à l’identité de chaque être humain, c’est le couper très souvent de ses racines (je vous renvoie au livre Les identités meurtrières d’Amin Maalouf). 

Sans réellement nous en apercevoir, nous sommes pris dans l’étau d’une nouvelle langue. Une langue qui, par confiscation des mots ou altération et inversion de leur sens, impose insidieusement une pensée prédigérée et exclusive, à la manière de la novlangue de George Orwell dans 1984.

Nous approchons d’une façon spectaculaire de la fin d’une civilisation ET non la fin de l’humanité !

Dérèglement climatique

Certaines régions deviendront inhabitables et nous connaitrons un flux migratoire humain et animal important et déconcertant. Françoise Vimeux, climatologue, évoque « une autre manière de vivre ». « Cela serait un changement brutal, mais ce ne serait pas la fin du monde. La vie a déjà survécu à des catastrophes, l’humanité survivra aussi. » Jour après jour, le changement climatique devient violent et  entraîne à travers toute la planète de gigantesques ravages : inondations, grêle, tornades et températures d’une magnitude inédite. Simple scénario de films catastrophes ? Pas forcément !

Une nouvelle approche pluridisciplinaire

Face à cette évolution et au présage des prochains scénarios, la collapsologie fait son apparition. Il s’agit d’une approche pluridisciplinaire qui s’intéresse à l’effondrement possible de notre civilisation.

Une des méthodes m’a interpellée face à ce défi majeur qui est de savoir comment vivre sur une planète surpeuplée ? Une des étapes primordiales serait de recréer à tout prix les liens tout comme le prophète Mohamed sws a fait dans le but d’apaiser la société, en instaurant une fois entré à Médine un nouvel état, celui d’un vivre-ensemble et permettant ainsi une coexistence pacifique entre les différentes composantes d’une société qui était alors complexe.

2050 sera un nouveau visage de l’humanité avec toute sa complexité comme à chaque période de transitions, l’homme est en perpétuelle évolution, reste à ce qu’il ait un cadre et des limites, un futur qui donne plus de sens en tout cas !

Un scenario, finalement et pas si effrayant que ça  !

La chose sur laquelle je n’ai aucun doute c’est qu’en 2050, si je suis vivante, j’aurais atteint l’âge d’un siècle moins trente ans !

Elakrouchi Hana

Traque aux arnaques des influenceurs sur les réseaux

Drop shipping, cryptomonnaie, paris sportifs, fausses promotions, contrefaçons… Bienvenue dans le monde du e-commerce avec ses avantages mais aussi ses failles ! Beaucoup d’influenceurs, issus pour la majorité de la télé-réalité, sont mêlés à des business permettant aux boutiques en ligne de prospérer très rapidement grâce à leur popularité sur les réseaux.

Depuis quelques semaines, le rappeur Booba tire la sonnette d’alarme contre des pratiques frauduleuses de certains de ces influenceurs qu’il surnomme « influvoleurs » et appelle ainsi la justice à réagir contre ce phénomène en vogue. 

En effet, une querelle est née sur les réseaux sociaux entre le rappeur Booba et Magali Berdah, créatrice et patronne de l’agence « Shauna Events » qui gère les contrats publicitaires de la plupart de ces influenceurs ciblés par Booba. 

Après avoir lancé l’hashtag #influvoleurs, Booba ouvre une boîte mail où il recueille les témoignages des personnes victimes de ces arnaques. Une plainte a aussi été déposée à l’encontre de Magali Berdah qu’il surnomme « la reine de la futilité », pour pratique frauduleuses et escroquerie en bande organisée. 

Quant à Magali, elle a indiqué mener une action en justice contre Booba pour « harcèlement en ligne ». Interrogé par le journal Libération, Booba a dénoncé plusieurs exemples d’escroquerie:  « Il y a des enjeux financiers, des gros sous ! Les influenceurs font de l’argent tellement vite qu’ils n’ont plus aucune notion de la réalité… » « Cette histoire ce n’est pas un clash, c’est une demande de justice pour toutes les victimes… »

Comprendre ce qu’est le drop shipping et l’impact des influenceurs sur les consommateurs…

D’après définitions-marketing.com, le drop shipping est une forme de e-commerce par laquelle le site vendeur ne possède pas de stocks et fait livrer son client directement par son fournisseur sans que le client ne le sache au préalable. 

Depuis peu, ce système de vente a explosé sur les réseaux sociaux grâce à la collaboration des marques avec des influenceurs qui vantent les mérites d’un produit auprès de leur communauté sur Instagram, Snapchat, Tik Tok…

Le but des influenceurs est d’acquérir davantage de followers afin de générer plus d’argent. En effet, plus tu as de followers, plus le produit à promouvoir sera vu et plus l’influenceur pourra négocier son cachet. 

Le but des influenceurs est d’acquérir davantage de followers afin de générer plus d’argent. Crédit: George Milton

Quant à la marque qui met en avant ces produits, c’est une réelle opportunité pour elle car celle-ci sera propulsée sur le devant de la scène et cela lui permettra de générer plus de profits. 

Néanmoins, il faut savoir que la plupart de ces produits bas de gamme sont vendus parfois vingt fois plus cher que leur véritable valeur et sont souvent achetés par de jeunes fans naïfs, qui sont tellement fascinés par ces influenceurs, qu’ils seraient prêts à mettre n’importe quel prix pour ressembler à leurs idoles si parfaites. Ceux-ci profitent de la crédulité des plus jeunes pour s’en mettre plein les poches. D’ailleurs, une des stratégies marketing qu’adoptent certains influenceurs, est de créer une proximité avec leurs fans en partageant leur quotidien, leurs réussites, parfois leurs peines,… Ils créent un climat de confiance entre eux et cette communauté si proche et si abstraite à la fois. Ils les tutoient, les remercient du soutien qu’ils leur apportent au quotidien, les nomment mes amours, mes chéris… Ils les font voyager via leurs stories, à travers le monde, la gastronomie, la mode, leur vie familiale, tout en y glissant subtilement des publicités de produits miracles testés et approuvés. Suivi de cela, un code promo négocié spécialement pour leurs abonnés chéris ! 

Pour la star des réseaux sociaux, Nabilla Benattia qui cumule près de 7,6 millions de followers, certaines marques paient jusqu’à 6000 euros pour une courte vidéo publicitaire. Ce qui lui rapporterait un salaire mensuel proche des 400 000 euros juste pour des placements de produits.   

Aujourd’hui, beaucoup de jeunes rêvent d’avoir le même train de vie que ces pseudos-influenceurs qui sont devenus une véritable source d’inspiration. Les réseaux sociaux ont un impact considérable sur la jeunesse qui sont en décrochage scolaire notamment à cause de ce monde d’illusions exposé en permanence. En effet, certains se disent mais pourquoi faire des études pour ensuite travailler dur alors que je peux me faire de l’argent facilement ? Être influenceur ne nécessite aucun talent particulier finalement ? On fait quelques placements de produits au bord d’une piscine tout en sirotant un bon cocktail et on vit un rêve éveillé… Malheureusement, les jeunes se retrouvent piégés par cette fausse réalité. 

Il y a notamment l’image du corps parfait qui est véhiculé sans cesse et qui forcément incite les jeunes à avoir recours à la chirurgie esthétique. 

Résultat ? Abandon précoce de la scolarité, recours à la prostitution, injection de Botox illicite dont les conséquences sont désastreuses… 

Paris sportifs, les jeunes, cibles principales des influenceurs 

On retrouve les paris sportifs sur toutes les plateformes d’internet. Leur présence accrue sur les réseaux sociaux montre que la cible numéro 1 sont les jeunes. Selon les données de l’ANJ, neuf parieurs sur dix sont des hommes et un sur trois a entre 18 et 24 ans.

Les sites des paris sportifs ont bien évidemment recours à des personnalités ayant une certaine réputation sur les réseaux pour inciter les jeunes à parier gratuitement dans un premier temps, mais ceci mène vite à une dépendance. 

Beaucoup d’influenceurs s’affichent en grosse Berline, montre Rolex au poignet. Ils annoncent des rendements garantis et des gains considérables, des feux d’artifice dans leur vie… Certains influenceurs sans scrupule, sont même prêts à véhiculer des mensonges sur des pronostics gagnants en échange de rémunération. Évidemment, tout ce bing bling n’est que tentation pour les plus jeunes qui rêvent de cette vie fabuleuse ! 

Il faut bien prendre en compte les choses néfastes que peuvent amener ces paris sportifs car malheureusement beaucoup tombent dans une addiction et se retrouvent surendettés. Quant aux mineurs, les parents se retrouvent à devoir rembourser des dettes colossales. Ce fléau va jusqu’à détruire des vies, des familles entières…

Selon le psychiatre Guillaume Hecquet, interrogé par Huffingtonpost.fr : “Généralement, l’addict vient pendant une crise, au moment de ce qu’on appelle, la révélation du jeu, après une période plus ou moins longue de clandestinité. Souvent, les proches viennent de découvrir ses dettes.” 

“Le jeu d’argent est l’une des addictions les plus suicidogènes. Le nombre de tentatives de suicide est 15 fois supérieur à celui de la population normale.”

Dans une vidéo, le youtubeur Riles tire la sonnette d’alarme auprès des jeunes et dénonce l’immense responsabilité des influenceurs et de certaines personnalités publiques qui en font la pub. 

Il ne s’agit pas dans cet article de faire l’amalgame et de pointer du doigt tous les commerces en ligne. Mais dans un monde où les réseaux sociaux ont pris une place importante dans nos vies, où il est difficile de distinguer le vrai du faux, il est essentiel de rappeler aux jeunes mais aussi aux adultes de prendre de la distance avec les contenus véhiculés quotidiennement sur nos écrans ainsi que l’image que les influenceurs nous transmettent via leurs réseaux… 

Il serait plus sage de réfléchir à deux fois avant d’effectuer une transaction en ligne pour un produit dont les mérites sont vendus par des « influenceurs » …

Plus d’infos sur : 

https://www.rtbf.be/article/paris-sportifs-tout-est-bon-pour-attirer-les-jeunes-meme-tiktok-11039828

https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/complement-d-enquete/complement-d-enquete-clash-fric-et-politique-le-vrai-business-des-influenceurs_5323603.html

I.Senh

Peut-on encore vivre sereinement en France en tant que musulman ?

« Liberté, égalité, fraternité », ces mots définissent les trois valeurs fondamentales de la société française aujourd’hui, et la vie démocratique de manière générale. La liberté ou le droit de vivre librement, libre de toute oppression ou restrictions infondées de la part des autorités, est une valeur fondamentale des sociétés démocratiques. Il en va de même pour l’égalité. Il ne s’agit pas uniquement de traiter d’égal à égal les personnes et de les respecter, mais aussi d’être égal devant la loi. La fraternité (« frère » est la racine du mot) est l’idée d’une solidarité ou d’un partenariat où nous construisons ensemble la société sûre, libre et juste dans laquelle nous désirons vivre. Mais ces valeurs semblent parfois ne pas être appliquées quand il s’agit des musulmans… Analyse. 

Si cette devise a trouvé son origine en France, les valeurs prônées n’étaient pas nouvelles. L’idée est en fait très ancienne. De plus, les valeurs de liberté, égalité, fraternité forment un système de croyances qui a finalement conduit aux traités relatifs à la protection des droits humains que nous connaissons aujourd’hui, tels que la Déclaration universelle des droits de l’Homme, adoptée par les Nations unies en 1948. 

Le prix d’une lutte populaire[3]

Ces valeurs sont nées d’une lutte, lorsque le peuple a cherché à se libérer du joug de la monarchie oppressive pendant la Révolution française. Si le sens littéraire de la devise parle pour lui-même, elle a été vue comme une sorte de « fourre-tout » qui intègre les droits fondamentaux et les libertés des citoyens français (et principalement ceux des hommes, la femme étant reléguée au second plan et n’avait aucune légitimité dans ses droits civiques). Il s’agissait d’un coup dur pour le pouvoir de la monarchie et du clergé.

Ainsi tous les êtres humains sont égaux devant Dieu, et aucun ne devrait se voir priver de droits dont jouissent les autres. Ceci dit, l’Histoire nous révèlent les excès, les dérives et les abus de ces deux mondes (monarchie et clergé). La fraternité laisse aussi suggérer l’importance du sentiment d’appartenir à une lutte commune chez les Français, unis par leurs croyances et leur nationalité.

La devise française aujourd’hui : valeurs obsolètes ?

« Liberté, égalité, fraternité » est toujours la devise de la République française. Mais, aujourd’hui, quel sens à cette devise pour les hommes ? Elle signifie encore de nos jours la même lutte contre les inégalités, les divisions et abus de pouvoir qu’à l’époque de la révolution. Les mots sont les mêmes mais la signification change. On observe notamment que la fraternité a pris un nouveau sens : il ne s’agit pas uniquement d’un attachement au pays, mais aussi à des relations de la vie de tous les jours.

Et comme la France est devenue beaucoup plus mixte depuis l’époque où cette devise a vu le jour, l’égalité est la valeur qui a sans doute subi le changement de sens le plus important.

Et ce parce que les inégalités persistent dans de trop nombreux domaines : inégalités économiques, géographiques, raciales, religieuses. Ce changement de sens suit le cours de l’histoire de la France. Le colonialisme, les deux guerres mondiales, la montée des organisations extrémistes, souvent ancrées dans une forme d’identité religieuse ou culturelle, ont contribué au changement d’interprétation de la devise et de son application. 

Et donc quel avenir pour elle ? 

Il est difficile de savoir. Ceci étant dit, la culture française est bien plus complexe qu’à l’époque. Cela a conduit à une certaine révision de l’interprétation de la devise. Les changements culturels et démographiques influencent aussi la façon dont la devise est comprise. Il est vrai qu’elle reste très importante aux yeux des Français et représente une source de fierté car elle englobe les valeurs d’une France moderne et diverse. Mais les personnes lui prêtent des sens différents. Beaucoup pensent que les valeurs d’égalité, liberté et fraternité s’appliquent dans leur véritable forme à tous les individus.

Aujourd’hui, en France, nous remarquons un climat politique et social alarmant. En effet, le journal indépendant Le Mediaécrit : « s’allier avec l’extrême-droite ou reprendre ses idées ne constituent plus un interdit. (…) Plusieurs lois liberticides organisent une société autoritaire de surveillance et de contrôle (…) ces lois stigmatisent une partie de la population en raison de sa religion[5], d’autres en ciblent en raison de leur activité militante. »[6]

Ce jeu de déstabilisation que certains politiciens et médias aiment à jouer, est le résultat de ce déferlement de « haine » sur une communauté, dont le but ultime est de vivre selon les principes et les valeurs divines auxquels la République française fait écho. 

« Une année 2021 très difficile pour les musulmans en France. C’est le constat de l’European Islamofobia Report qui réunit plusieurs instituts et experts analysant l’évolution de l’islamophobie au sein de 31 pays. »[7]

Dans le dernier rapport publié par les 37 militants et experts de cette organisation, la France est pointée du doigt pour, entre autres, sa loi anti-séparatisme notamment pour « son caractère liberticide et répressif ». Le rapport cite surtout l’augmentation des actes islamophobes dans le pays en 2021.

L’incertitude économique pourrait bien perdurer et cela pourrait renforcer l’importance donnée à l’identité individuelle (montée des groupes extrémistes) si le peuple ne se lève pas contre les injustices, cela contribuera sans doute à créer un fossé entre le sens donné à cette devise pendant la révolution et le sens qu’on lui donnera à l’avenir…

Najoua

[2] Devise de la France, formulé par Maximilien de Robespierre lors d’un discours, au 18 ieme siècle, et inscrite dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en 1789.

[3] Image akg-images. Révolution française 1792-97.

[4] Site defenseurdesdroits.fr

[5] Pour en savoir plus, un article du magazine Musulmans en France sur le site musulmansenfrance.fr sur la loi « séparatisme ».

[6] Lemediatv.fr- article « le 12 juin, marchons contre l’extrême-droite et pour nos libertés », 8 juin 2021.

[7] Article tiré du site algeria-watch.org, publié sous le titre « Peut-on encore vivre sereinement en France en tant que musulman ? » écrit par la journaliste Soraya Amiri le 22 septembre 2022.  

L’Exécutif des Musulmans de Belgique, privé de reconnaissance mais laquelle? 

Il y a quelques semaines, le vice-premier ministre et ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) a procédé au retrait de la reconnaissance de l’Exécutif des Musulmans de Belgique. Une reconnaissance officielle donc, de l’État. Mais sur le terrain, les musulmans eux-mêmes ne semblent jamais avoir totalement reconnu cet organisme censé les représenter. Retour sur les origines de cet organe contesté.

Alors que les premiers immigrés (en provenance principalement du Maroc) ont foulé le sol belge dès 1956, ce n’est que près de 20 ans plus tard, en 1974 que le culte islamique est officiellement reconnu en Belgique, devenant ainsi le  premier pays européen l’inscrire dans la loi. Au départ, l’État belge fait du Centre islamique son principal interlocuteur en raison notamment des considérations diplomatiques mais très vite se pose la question de la représentativité des musulmans belges. A la fin des années 80, le Commissariat royal à la politique des immigrés lance alors l’idée d’une procédure électorale. 

Une première élection refusée

Organisées sous la houlette du Centre islamique, ces premières élections, pour constituer un Conseil supérieur des musulmans, n’aboutiront pas. Le gouvernement refuse de reconnaître le Centre comme interlocuteur. « En avril 1990, 30 000 musulmans étaient inscrits sur les listes électorales tenues par les mosquées et le Conseil devait être installé en mai 1990. Plusieurs démarches furent effectuées par le gouvernement et par le Commissariat royal pour tenter d’arrêter ce processus. Faisant valoir qu’ils n’avaient nullement mandaté le Centre islamique et culturel, ils annoncèrent que la Belgique ne se considérerait pas liée par les résultats du scrutin. Le nouvel imam-directeur du CIC, Sameer Ar Radhi, estimait quant à lui que l’élection relevait uniquement du domaine religieux, et ne concernait en aucune manière le gouvernement, puisque la Constitution belge interdit à l’État d’intervenir dans les affaires religieuses » explique Caroline Sagesser, islamologue, dans un article publié pour le Cairn.info.

L’Exécutif : un manque de reconnaissance dès le départ

Le gouvernement reprend alors la main et constitue un Conseil supérieur des sages mais les mosquées refusent de lui accorder leur confiance. « Le problème fut sorti de l’impasse par la constitution en 1998 d’une Assemblée de 68 membres, dont trois quart étaient élus et un quart coopté, et qui fut chargée de désigner en son sein un Exécutif des Musulmans. La composition de cet Exécutif était conçue pour refléter les différentes nationalités d’origine présentes dans le pays » analyse Caroline Sagesser. Son rôle devait être transitoire: préparer la création d’une instance représentative et consensuelle. Elle émet principalement des avis concernant les différentes questions relatives à la communauté islamique : l’enseignement de la religion islamique, représentation dans les prisons et les hôpitaux… Mais la principale critique formulée à l’égard de cet exécutif concerne ses membres et l’absence d’autorité religieuse : ni savants (docteurs de la loi, théologiens), ni imams ne sont élus au sein de l’organisme. « Cette critique à l’égard du manque de compétence religieuse de l’organe représentatif restera vive au sein du tissu associatif musulman jusqu’à aujourd’hui. Elle demeure l’une des raisons de la méfiance exprimée par les mosquées à l’égard de l’actuel Exécutif des Musulmans » pointe l’islamologue. 

L’Exécutif des Musulmans est né

L’assemblée des 68 membres propose alors au ministre de la Justice une liste de candidats composée de 17 élus : 7 Marocains, 4 Turcs, 3 personnes appartenant à une autre nationalité et 3 convertis. Un seul membre est refusé suite à un avis défavorable de la Sûreté de l’État. Un contrôle de sécurité avait été opéré pour éviter que l’organisme soit infiltré par des radicaux, la crainte concernait d’éventuels liens avec le GIA. L’Assemblée refusa de présenter un autre candidat et la composition de l’Exécutif fut donc limitée à 16 personnes. Le nouvel Exécutif prend officiellement ses fonctions le 1er juin 1999. « Le traitement de l’islam est doublement spécifique. D’une part, c’est le seul culte dont l’organe représentatif découle d’une élection au suffrage universel des fidèles. D’autre part, la procédure appliquée à partir de la fin des années 1990 fut largement influencée par des motifs sécuritaires, ce qui conduisit à avoir vis-à-vis de l’islam des exigences qu’aucun autre culte ne s’était vu imposer. La définition stricte des conditions de participation à l’élection et d’éligibilité à l’organe chef de culte islamique (y compris une condition de connaissance linguistique et une condition de diplôme) pouvait déjà être considérée comme une marque d’ingérence de la part des pouvoirs publics. L’une des conditions d’éligibilité consistait en la signature d’une déclaration d’allégeance à la Constitution belge. Par ailleurs, la procédure de screening des candidats à l’Exécutif constituait elle aussi une forme d’ingérence dans l’organisation du culte islamique. »

De nombreuses dissensions

Très vite, l’Exécutif fut confronté à des tensions tant externes qu’internes. En janvier 2001, l’Assemblée émit un vote de défiance à l’égard de l’Exécutif dont elle réclama et obtint la démission. Une nouvelle équipe prit le relais mais là encore des tensions apparurent. C’est sous le mandat de Laurette Onkelinckx, alors ministre de la Justice en 2005, qu’eurent lieu de nouvelles élections. Par la suite, l’exécutif sera secoué par plusieurs crises, et les démissions seront nombreuses à la suite de votes de défiance de l’assemblée. In fine, l’organisme n’a jamais totalement reçu le soutien ni des politiques, ni des musulmans qu’il est censé représenté. Un organe critiqué, dont le rôle reste flou pour de nombreux fidèles. Si le ministre de la Justice a officiellement retiré sa reconnaissance à l’Exécutif en ce début d’année,  les musulmans l’ont-ils un jour reconnu ?

H.B.