Vers un effondrement des grandes puissances mondiales : le nouvel ordre mondial 

Selon l’OCDE, la Chine, l’atelier du monde, serait la première puissance mondiale suivie de l’Inde qui verra sa population se multiplier par 8 en 2060 par rapport à celle de 2011. Les Etats-Unis seraient en 3ème position. Quant à la zone euro, la part de son PIB mondial passerait de 17% en 2011 à 9% en 2060, soit une baisse de 47% ! Cette perte de vitesse des pays européens serait due à une augmentation de dépenses publiques et dettes publiques et à une population vieillissante. Quelle sera la cause de cette chute ?  La question est d’autant plus pertinente que nous savons que toute grande puissance dans le passé a connu sa fin : les puissances romaine, grecque, française, perse, arabe, britannique, andalouse et d’autres… toutes ont vu leur déclin. Qui osera défier l’oncle Sam et le renversera de son trône?

Lors de notre dernier article, nous avions conclu en nous posant quelques questions sur l’ordre mondial des grandes puissances et son évolution.

Nous avions dressé un état des lieux et nous avions constaté que le système du monde est de plus en plus fragile et que sa sécurité est fortement menacée.

Ces dernières années ont été traversées par plus d’évènements marquant l’histoire avec un grand H que celles des dernières décennies tant est si bien que nous assistons à des prémices de changements du leadership mondial.

Alors que les pays occidentaux, plus particulièrement les Etats-Unis et l’Europe, dominaient le monde, aujourd’hui, ces derniers sont littéralement méprisés par des pays qui auparavant étaient regardés de haut. Serait-ce la fin d’une série où les Américains étaient les acteurs principaux se faisant passer pour des héros ? Pas très braves, plutôt narcissiques, et souvent vaniteux… ces acteurs « héroïques » sont à la fois les producteurs et scénaristes d’épisodes de guerres où l’on comprend très vite que les méchants sont en réalité des victimes parmi tant d’autres…

Souvenons-nous de l’exécution de Saddam Hussein jugé par les USA et l’Europe comme « terroriste et complice d’Al Qaida ». Cette accusation fortement remise en cause et condamnée est née juste après qu’il ait demandé d’être payé pour le pétrole irakien par une autre monnaie que le dollar et qu’il ait invité d’autres chefs d’Etat détenteur de pétrole à faire de même. La puissance américaine s’est sentie menacée et ce n’était ni la première ni la dernière fois.[1]

Des exemples d’« interventions militaires » sous de faux prétextes des Occidentaux ne manquent pas dans l’histoire des films d’horreur américains où l’avidité et la cupidité sont les moteurs clés de leurs crimes et où les plus grandes pertes sont davantage humaines : Haïti, guerre du Vietnam, d’Iran, du Brésil, d’Irak, du Venezuela, la tentative d’assassinat du président Turc Erdogan…

Aujourd’hui, les Occidentaux ont en face un adversaire qui ne faiblit pas devant les menaces américaines et européennes. La Russie connait son adversaire et semble savoir quand et où donner les meilleurs coups pour défendre des valeurs chères à sa patrie et des principes qu’elle a toujours défendus et qu’elle a inscrits noir sur blanc dans des traités pensant que les Occidentaux ont une parole d’honneur.

Déterminée, la Russie balade ses rivaux et s’amuse à leur retourner leurs propres sanctions leur rappelant froidement (au sens propre comme au sens figuré) qu’ils n’ont pas à s’immiscer dans ses affaires « familiales ».

Elle dénigre les Occidentaux en créant des alliances avec d’autres rivaux tels que la Chine et elle met à terre leurs marchés financiers dans sa globalité. La Russie semble avoir contribué à la récession économique européenne et américaine.

Mais c’est alors que nous assistons à d’autres phénomènes curieux venant d’autres horizons…

Un nouveau vent souffle d’ailleurs…

  • La Chine constate l’affaiblissement des Etats-Unis qui semble être à l’image de son dirigeant actuel. Comme la Russie pour l’Ukraine, elle n’a jamais caché ses ambitions de « récupérer Taiwan » très défendue par les USA. Osera-t-elle franchir le pas comme la Russie et risquer de mettre à mal son essor économique croissant qu’elle a connu ces dernières décennies ? (Bien que ces derniers temps, la crise ne l’a pas épargnée non plus)[2] ;
  • L’Arabie Saoudite devient de plus en plus forte[3] et décline sans compromis les demandes des Etats-Unis de plafonner les prix du pétrole.[4] Elle a contribué au rachat de la dette américaine bénéficiant de taux d’intérêts intéressants. Aujourd’hui, comme le pétrole se fait de plus en plus rare et reste toujours un besoin pour l’énergie mondiale, l’économie saoudienne est en plein essor. Ainsi l’OPEC, dans son ensemble, refuse les nombreuses doléances des Etats-Unis.
  • La Turquie entretient de « bons » rapports avec la Russie, au détriment des Occidentaux et des Américains…[5]
  • Israël a voté contre les sanctions contre la Russie[6]

Devant une Amérique qui auparavant était vue comme un leader mondial, aujourd’hui les chefs d’états n’ont pas peur de montrer leurs oppositions.

Alors que l’Europe fut, jadis, au sommet avec les USA notamment grâce aux trente glorieuses (1945-1975), aujourd’hui, elles sont vues comme les grandes pleureuses.

Si toutes les puissances ont vu une fin, pourquoi l’Occident en serait-il épargné ? Si nous ne pouvons pas encore constater la fin de leur hégémonie, nous pouvons franchement parler d’un affaiblissement important de ces puissances. Par qui, par quoi seraient-elles remplacées ? Quelles seront les ambitions de ces futures puissances ?

Qui seront les grands gagnants et les grands perdants des dernières crises ? Avons-nous de bons candidats pressentis au poste tant convoité ?  

Selon l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), en 2060, la Chine, l’atelier du monde, serait la première puissance mondiale suivi de l’Inde. Les Etats-Unis seraient en 3ième position.[7]

Quels seraient les facteurs contribuant à la montée de ces futures puissances ?

  • Pour la Chine, le facteur favorisant sa montée serait l’avancée en innovation technologique qu’elle fait et ses exports de productions vers le monde entier. Il fut une période où le monde riait des produits chinois. Personne ne se doutait que la Chine était en train de bâtir un empire.

Il faut néanmoins souligner que sa démographie constituée de personnes âgées pourrait poser un frein au maintien de sa croissance économique. L’OCDE ne prévoit aucune évolution de PIB chinois entre 2030 et 2060.

  • A l’inverse, l’Inde aurait comme atout majeur une main d’œuvre croissante, un taux de natalité toujours élevé et donc une propension importante de population active dans le marché de l’emploi. Grâce à ces paramètres, l’Inde aura un PIB multiplié par 8 entre 2011 et 2060 et pèsera 18% de la part mondiale en 2060 (contre 7% en 2011).

Comme le montre l’OCDE, en 2060, presque 50% (46%) du PIB mondial serait détenu par l’Inde et la Chine.

  • Pour les mêmes raisons démographiques, les pays en voie de développement d’Afrique ainsi que l’Arabie Saoudite voleront une part importante du PIB mondial à l’Europe et aux USA qui verront leurs dépenses publiques et dettes augmenter.

L’Amérique reste à la pointe des technologies et des recherches. Nul doute qu’elle peut encore reprendre à tout moment le contrôle de ces tendances. Ne l’a-t-elle pas déjà prouvé dans le passé, à maintes reprises, en éliminant tout obstacle sur son passage ? Si l’OCDE ne fait que spéculer (sous certaines conditions) sur un hypothétique ordre mondial en 2030 et en 2060, le commun des mortels est forcé de constater des faits qui contribuent à un changement dans ce sens.

L’Histoire est cyclique : des puissances s’éteignent pour que d’autres naissent…

Nelm


[1]https://www.lorientlejour.com/article/324042/Saddam_Hussein_est_une_menace__-_pour_les_E-U%252C_estime_Bush_-.html

[2] https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/08/19/entre-la-chine-et-taiwan-un-potentiel-conflit-difficile-a-predire_6138462_4355770.html

[3] https://www.eiu.com/n/saudi-arabia-set-to-be-the-worlds-fastest-growing-major-economy/

[4] https://www.foxbusiness.com/economy/opec-refuses-increase-oil-output-us-release-reserves

[5] https://www.lesechos.fr/idees-debats/livres/turquie-et-russie-des-ennemis-tres-amis-1732645

[6] https://www.lefigaro.fr/flash-actu/ukraine-israel-ne-permettra-pas-le-contournement-des-sanctions-contre-la-russie-20220314

[7] https://www.oecd-ilibrary.org/fr/economics/data/perspectives-economiques-de-l-ocde-statistiques-et-projections/perspectives-macro-economiques-a-long-terme-scenario-de-reference-no-109-edition-2021_e303b14b-fr?parentId=http%3A%2F%2Finstance.metastore.ingenta.com%2Fcontent%2Fcollection%2Feo-data-fr

Chute de l’euro, vers un effondrement de la zone euro?

Ce mois-ci a été marqué par la fragilisation de l’euro face au dollar. L’euro est à parité avec le dollar ! Notre devise a perdu 14% de sa valeur en un an par rapport au dollar et arrive à un niveau historique jamais atteint depuis 20 ans (décembre 2002). Si l’euro cède à cette parité, les marchés européens y seront très sensibles et nous assisterons à un phénomène de panique sur les marchés boursiers. A quoi est due cette chute ? Que révèle-t-elle ? Quelles en sont les conséquences ? Peut-elle se poursuivre ? Et jusqu’où ? 

Penchons-nous tout d’abord sur quelques causes de cette baisse. Il y en a plusieurs parmi lesquelles : la crise covid qui a fragilisé tous les pays sans exception, une inflation très élevée, ensuite, la guerre ukrénio-russe, enfin la fuite des capitaux : on sait que les entreprises, les ménages, les investisseurs vont diriger leur argent vers la monnaie qui leur rapporte plus. Une personne qui possède un compte qui donne la possibilité de convertir son argent vers différents taux de change va sélectionner la monnaie qui rémunérera le plus et donc celle qui est la plus forte. Le dollar s’est souvent révélé être la monnaie de refuge et c’est encore plus vrai dans le contexte actuel.

Alors que la Fed (Réserve fédérale américaine) a réagi contre l’inflation du dollar en augmentant les taux d’intérêt dès mars dernier, la BCE (Banque centrale européenne), quant à elle, a mis du temps et n’a commencé à le faire qu’en juillet, une première pour l’Europe depuis 2011. Fortement critiquée, Christine Lagarde, la présidente de la BCE n’a pas rapidement réagi en augmentant les taux d’intérêt car elle était confrontée à un dilemme délicat : si elle n’augmente pas les taux d’intérêt, l’inflation continue d’augmenter en Europe;  ce scénario nous ramène fatalement à une baisse économique européenne. Si elle augmente les taux d’intérêt, l’euro va, certes, augmenter et gagner de la valeur par rapport au dollar. Les ménages et entreprises préfèreront épargner leur argent. Donc, la consommation, les investissements et les marchés boursiers européens diminueront.  Dans les deux scénarios, on a un ralentissement de l’économie.

Mais alors pourquoi Christine Lagarde a mis du temps à augmenter les taux d’intérêt et à continuer à laisser l’euro baisser ?

Parce que lorsque l’euro baisse, l’Europe devient plus compétitive pour ses biens exportés ce qui est bon pour le PIB européen. Par exemple, la Belgique vendrait plus de médicaments aux Etats-Unis qui peuvent acheter plus avec un dollar plus fort. Donc, l’Europe devient plus compétitive mais cette compétitivité n’est non seulement pas immédiate mais les fruits de cette stratégie mettront quelques années à se voir sur la croissance européenne. Ils ne compensent pas les inconvénients liés aux importations européennes qui subissent l’effet inverse puisqu’un euro vaut moins qu’avant et donc l’Europe peut moins importer qu’avant. Nous avons vu lors de la crise Covid à quel point l’Europe était dépendante des importations mondiales (dont les produits chinois[1], les matériaux d’automobiles, les produits technologiques…).

Est-ce pour autant la seule raison qui dissuade Christine Lagarde d’élever les taux d’intérêt ?

Et non ce n’est pas la seule raison. Le plus gros danger dans l’augmentation des taux d’intérêt est en réalité de voir la dette de chaque pays augmenter. Quel est le rapport ? Imaginez que vous avez un emprunt avec votre banque (pour votre maison ou votre entreprise par exemple). Si votre banquier vous annonce qu’il va rehausser le taux de votre emprunt, vous ne serez pas content car vous payerez une charge plus grosse liée à votre emprunt. Votre capital diminuera : vous consommerez, dépenserez, investirez moins. En somme, vous serez moins riche ! C’est exactement dans cette situation que serait chaque pays européen dans le cas d’une augmentation des taux d’intérêt par la BCE. La Belgique verra sa dette augmenter, les Belges consommeront moins, épargneront moins, investiront moins et l’économie et le PIB[2] belge iront mal. Ce même raisonnement peut-être appliquer à un niveau plus haut : la zone euro.

Bien que les dangers de l’augmentation des taux d’intérêt soient clairs à l’échelle individuelle (ménage et entreprise), à l’échelle économique (pays) et à l’échelle macroéconomique (zone euro), la présidente de la BCE ne fait que gagner du temps en grapillant des semaines et des jours avant de passer aux hausses en pesant le pour et le contre de sa décision. Quoiqu’il en soit, elle ne peut pas laisser l’euro chuter en dessous de 1 dollar sans réagir et laisser la devise européenne mourir.

Quelles sont les conséquences de cette chute ?

  • La première conséquence d’un euro faible est l’« inflation importée » : les importations coutent plus chères qu’avant ce qui accentue l’inflation déjà existante mettant à mal toute l’économie et on rentre dans une spirale inflationniste ;
  • Un ralentissement de toutes les croissances européennes et une diminution de tous les PIB des pays de la zone euro : nous avons vu dans les deux scénarios précédents que l’Europe devait passer par une récession économique[3]. La différence est que dans le premier cas, on retarderait cette récession. Un reset économique semble donc être un passage inéluctable pour la zone euro.
  • La perte de confiance des ménages et chefs d’entreprise[4] en cette monnaie.  Les consommateurs voient leur pouvoir d’achat diminuer. Ce phénomène se manifeste aussi par une augmentation généralisée des protestations et manifestations en Europe.[5] L’euro n’a pas perdu de valeur que face au dollar mais aussi face aux autres monnaies : le franc suisse, le yen et même face au rouble malgré toutes les vaines tentatives de l’Union européenne de casser l’économie russe. D’ailleurs, certaines grandes figures comme Ray Dalio n’ont pas hésité à parier quelques milliards de dollars contre la chute de l’euro[6].
  • La dette des pays européens augmente (si les taux d’intérêt montent). Cette dette croissante fragilise encore plus la zone euro et compromet les pactes du traité de Maastricht et donc l’Union européenne.
  • La dernière et non la moindre des conséquences est la remise en question de la zone euro. On a longtemps parlé du Brexit et il s’est concrétisé. L’Angleterre est sortie de la zone euro. Aujourd’hui, les économistes et politiciens parlent de plus en plus de la sortie de la France (Frexit), de l’Italie[7] et même de l’Allemagne [8] de la zone euro. Cette crise, contrairement à celle de 2008 où les pays « bons élèves » comme la France et l’Allemagne ont pu sauver la Grèce et la maintenir en zone euro, a mis en évidence que même les meilleurs pays de la zone euro tels que l’Allemagne ne sont plus capables d’assumer les mauvaises politiques des autres pays ou de sauver les pays en graves difficultés comme l’Italie actuellement.

Grace à la zone euro, l’Europe pouvait rivaliser contre les autres puissances mondiales telles que les Etats-Unis et la Chine. Sommes-nous en train d’assister à une dislocation de la zone euro ?  Si elle n’existe plus, assisterions-nous à un nouveau remaniement de l’ordre mondial ? La Chine est-elle en train de profiter de la situation pour monter au-devant de la scène ?

Ce qui est certain, c’est que si la zone euro veut continuer à exister à long terme, en tant que grande puissance mondiale, elle a intérêt à être compétitive en matière d’exportations et à dépendre beaucoup moins des importations mondiales.  Elle doit donc se recentrer sur sa production en interne et stimuler l’innovation et la recherche en développement.  S’il n’y a pas de dislocation de la zone euro, à court terme, il est clair que ces questions soulèvent le débat sur le plan politique et économique.

Nelm


[1] https://www.bfmtv.com/economie/covid-19-comment-les-exportations-chinoises-ont-encore-accru-leur-part-du-marche-mondial_AN-202010190159.html

[2] Produit Intérieur Brut= production économique d’un pays.

[3] Une récession économique est un ralentissement de la croissance économique sur deux trimestres consécutifs.

[4] https://www.lemonde.fr/economie/article/2009/02/26/zone-euro-la-confiance-au-plus-bas_1160611_3234.html

[5] https://fr.euronews.com/2021/11/20/covid-19-les-manifestations-se-multiplient-a-travers-l-europe

[6] https://www.cnbc.com/2022/06/17/dalio-is-right-to-short-europe-strategist-says-the-pain-will-go-on.html

[7] https://euroweeklynews.com/2021/02/06/italy-or-france-next-to-leave-the-eu-warns-frexit-campaigner/

[8] https://fr.businessam.be/stiglitz-sortie-de-lallemagne-zone-euro/

L’inflation: l’ennemi à abattre

Le taux d’inflation dans la zone euro a battu un nouveau record en mai, à 8,1 % sur un an, a annoncé Eurostat mardi. Ces chiffres sont les plus élevés enregistrés par l’office européen de statistiques depuis le début de la publication de l’indicateur en janvier 1997.  La guerre en Ukraine entraîne avec elle une flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation qui se répercute directement sur le portefeuille des ménages. Décryptage.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, commençons par donner une définition de ce qu’est l’inflation :« L’inflation est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix accompagnée par une baisse des taux. Il s’agit d’un phénomène persistant qui fait entre autres monter l’ensemble des prix, et auquel se superposent des variations sectorielles des prix. » Ces derniers mois, l’inflation s’est constatée au niveau mondial par une hausse généralisée des prix. Les prix des matières premières augmentent mais aussi celui du pétrole. Les marchés boursiers sont baissiers et ont subi une perte de plus de 20% tant au niveau européen qu’américain.

Quel est le contexte ?

La crise Covid a été marquée par une impression massive de la monnaie par les banques centrales mondiales. Cette augmentation de la masse monétaire avait pour but de relancer l’économie mondiale qui était au ralenti voire à l’arrêt suite aux mesures strictes de confinement.  Prenons l’exemple d’un restaurant qui a dû fermer suite aux nombreux lock down.

Leurs charges fixes (loyers, coûts d’électricité, abonnements…) courraient toujours malgré que leurs revenus étaient (presque) nuls. Pour aider ces entreprises, les états ont décidé de leur octroyer des aides financières mensuelles pour éviter que ces sociétés ne ferment.

Les états empruntaient cet « argent » auprès des banques centrales dont l’une des missions est la création de masse monétaire. Ces emprunts se faisaient avec des taux d’intérêts négatifs. Ce qui veut dire qu’au terme de la date fixée du remboursement de l’emprunt, l’état remettra moins que ce qu’il a emprunté.

Mais dès l’amélioration de la situation, les gens ont commencé de nouveau à « dépenser » leur argent en consommant. Pour rester toujours dans notre exemple de restauration, la demande des consommateurs a augmenté, les restaurateurs devaient augmenter leur offre afin de répondre à cette hausse de demande, certains devaient donc engager plus de personnel ce qui a eu une répercussion sur le taux de chômage. En parallèle, les sociétés avaient plus de moyens pour investir (soit dans l’immobilier, soit dans les actions ou dans les obligations)…

En effet, la demande devenant de plus en plus forte, le taux de chômage diminue car les entreprises ont besoin d’engager pour faire face à cette demande croissante, les gens consomment, les investissements augmentent et on rentre dans une spirale telle que l’offre n’arrive pas à combler la demande.

Ainsi, on assiste à une relance économique et les marchés boursiers vont très bien ou même trop bien puisque on voit apparaître des bulles spéculatives.

À ce phénomène s’ajoute la guerre russo-ukrainienne qui a eu pour conséquence d’aggraver la situation et d’augmenter encore plus les prix des matières premières telles que le blé, l’huile ou le pétrole. Le pouvoir d’achat diminue ce qui accentue l’inflation.

Pour freiner cette croissance économique qui accentue le phénomène d’inflation, les théories plaident en faveur de mesures désinflationnistes.

L’économie mondiale est en danger et les banques centrales doivent désormais intervenir et casser cette spirale infernale en augmentant les taux d’intérêt pour désinciter à l’investissement, casser les bulles spéculatives et diminuer la consommation directe des individus.

En fait, elles doivent « réparer » ce qu’elles ont créé. Ceci explique pourquoi Jérôme Pawel, président de la Fed (la réserve fédérale américaine) revoit régulièrement les taux d’intérêt : l’objectif ultime est la désinflation.

Quel est le risque ?

Si l’inflation n’est pas cassée, on risque d’assister à une récession économique, à une baisse de l’euro ce qui est mauvais pour les exportations européennes, à des augmentations de plus en plus folles des matières premières, à des faillites de sociétés, à des faillites des états (car la charge sur leur emprunt devient trop importante et sont déclarés incapables de pouvoir rembourser leur emprunt), à une augmentation trop élevée et trop rapide du chômage, à des grèves de la faim et des manifestations de plus en plus nombreuses.

Les retraites, le salarié et les épargnants subissent totalement l’inflation

Qui sont les plus impactés ?

Les retraités, le salarié (fonctionnaire), la personne qui épargne (soit dans des livrets ou des obligations) sont les personnes qui ont une rente « fixe » et n’ont quasi aucune marge de négociation sur leur revenu. Ils subissent totalement l’inflation.

A contrario, l’indépendant peut revoir ses prix et les faire augmenter. En fait, pour lui, l’inflation est une réelle occasion de renégocier son salaire (s’il travaille en société) ou une occasion pour faire monter ses prix de vente de biens ou services.

Que faut-il donc faire ?

  • Être prudent dans ses investissements sur les marchés boursiers ;
  • Éviter d’acheter des obligations qui sont des dettes des états ;
  • Éliminer ses consommations inutiles ;
  • Rester sur le dollar tant que la BCE n’a pas pris de mesures désinflationnistes ;
  • Rester sur l’or et les matières précieuses ;
  • Éviter de laisser de gros montants (> 100 000€) sur son compte car c’est l’inflation qui se servira en premier.

Nelm

Être riche sans travailler

« Le patrimoine des 1 % les plus riches de la planète devrait dépasser celui des 99% restants (…).» Pire, « 62 personnes possèdent autant que la moitié de la population mondiale » (soit 3,5 milliards de personnes). Le fossé entre riches et pauvres s’est encore plus accentué avec la crise covid : les pauvres sont encore plus pauvres et les riches sont encore plus riches. De plus en plus de personnes ne se reconnaissent plus dans ce modèle financier et décident de s’en affranchir mais peut devenir libre financièrement et surtout comment acquérir cette liberté financière?

Une personne est libre financièrement à partir du moment où elle peut continuer à avoir le même train de vie et à ne pas vivre dans le besoin, et ce même après sa retraite. Le fait de ne pas avoir trop de doutes par rapport à son avenir permet de prendre des décisions qui collent à ses choix personnels.

Dans cet article, nous allons principalement nous intéresser aux facteurs à développer pour atteindre la liberté financière :

Avant toute chose, toute personne doit se connaître et connaître son ADN financier. Elle doit adopter un esprit critique tout en continuant de s’éduquer et de ne pas laisser son cerveau se reposer. Elle doit lutter contre la procrastination, se fixer un objectif long terme et se munir des meilleures armes pour s’affranchir de ses contraintes financières. Ceci n’exclut pas la prise de risques mesurés.

1.     L’éducation conventionnelle ET non conventionnelle

Le fossé entre riches et pauvres s’est encore plus accentué avec la crise covid : les pauvres sont encore plus pauvres et les riches sont encore plus riches.

Et la Belgique n’a pas été épargnée : « Le pourcentage des personnes disposant d’un patrimoine global de plus d’un million de dollars (étude du Crédit Suisse) est très faible, soit 3% de la population adulte belge. »

« La Belgique comptait l’an dernier 133.600 millionnaires en dollars, contre 132.700 en 2019. Soit une très légère croissance de 0,7% alors que le PIB du pays s’est, quant à lui, effondré de plus de 6% l’an dernier suite à la pandémie ».

Pourquoi les inégalités explosent aujourd’hui ?

Le célèbre économiste français Thomas Piketty justifie ces inégalités en évoquant deux raisons principales.

« La première raison est la mondialisation de la Chine sur le marché mondial du travail et de nombreux travailleurs peu qualifiés qui ont tiré les salaires vers le bas dans les pays riches. Les grandes victimes sont généralement les personnes les moins bien formées. Les riches ont su tirer profit de cette situation en plaçant leur argent sur les places financières les plus rentables.

La deuxième raison d’inégalité réside dans le fait que le système éducatif de qualité est réservé aux enfants des personnes les plus riches.

Par exemple, le revenu moyen des parents d’étudiants à Harvard correspond actuellement au revenu moyen des 2% des Américains les plus aisés.»

Néanmoins, il convient de souligner qu’aujourd’hui, internet nous offre de grandes opportunités éducationnelles et de qualité. Le plus grand défi est de savoir reconnaitre les bonnes formations des mauvaises.

Le cursus des formations non conventionnelles permet de tirer un meilleur profit d’internet, de gérer mieux son temps, de s’adapter aux nouvelles technologies et d’éviter le déclassement.

2.     Déterminer son ADN financier :

L’affranchissement de ses contraintes financières passe avant tout par une introspection et une remise en question de ses acquis, de ses modèles de pensées et de l’héritage reçu. Il s’agira alors de garder les éléments pertinents et de se défaire de ceux qui ne le sont pas. Ils constituent des connaissances limitantes.

De nombreux parents ont encouragé et encouragent leurs enfants à faire de longues études, à obtenir un diplôme qui permettrait d’avoir une garantie de confort de vie et même permettrait d’accéder à la richesse…

Mais très peu de ces étudiants deviennent riches grâce à leurs études et à leur(s) diplôme(s). Les études ne sont pas une fin mais un moyen.

A contrario, celui qui n’a pas fait d’études ou qui considère ses études comme étant accessoires, va essayer de s’en sortir autrement. Il n’aura pas peur de prendre des risques et de créer son entreprenariat car pour lui, il n’a « rien » à perdre. Que se serait-il passé si Steve Jobs n’avait pas pris de risques ? Que serait devenue Tesla sans l’ambition démesurée d’Elon Musk ?

Les études ne sont donc pas un gage de réussite financière : elles peuvent y contribuer.

3.     L’esprit critique, un outil indispensable

En outre, une étude a récemment démontré que les étudiants d’université avaient un sens de la critique très limité.

Dès lors, pouvons-nous nous demander s’il existe une corrélation entre l’esprit critique que l’école n’enseigne pas assez et la liberté financière ? L’un des hommes les plus riches au monde, Warren Buffet, dit sur le fait de penser par soi-même :

« Vous devez séparer votre opinion de celle de la foule. Les comportements grégaires conduisent les cerveaux à la paralysie. Les études complexes et les écoles de commerce récompensent la complexité au détriment de la simplicité. Dans les faits, la simplicité est presque toujours plus efficace. »

La remise en question de son éducation passe avant tout par la remise en question de sa propre personne et de son ego.

En effet, l’humilité et la modestie sont les clés de l’esprit critique car ce sont elles qui nous permettront de déconstruire pour mieux reconstruire.

4.     La procrastination destructrice de l’ascension

Une étude a démontré que certaines qualités et traits de caractère permettent de lutter contre la procrastination tels que :

  • L’ouverture aux autres, la curiosité, l’imagination, et … les aptitudes intellectuelles et scolaires ;
  • La compassion et la coopération aux autres ;
  • L’extraversion au sens de l’ouverture à autrui et de curiosité, la faim de toujours apprendre ;
  • La rigueur: ce dernier trait fait appel au sens de l’engagement, au respect du planning et des délais, à la mise en place d’une structure, à l’atteinte de ses objectifs fixés préalablement avec motivation.

5.     L’objectif ultime et généreux :

Pour devenir libre financièrement, il faut avoir une vision claire et puissante inscrit dans du long terme.

L’objectif final doit être décortiqué en plusieurs sous-objectifs de façon à ne pas se décourager dans l’accomplissement des tâches.

Une étude réalisée sur les millionnaires a prouvé que 50 % des millionnaires avaient recours à des budgets et planifiaient leur avenir.

L’atteinte de l’objectif est grandement facilitée s’il est combiné au don. Il doit être centré sur le partage et la générosité et avoir une empreinte altruiste.

Selon une étude, en 2019, la générosité en France représente 8,5 milliards d’euros dont 3,5 milliards pour les entreprises. Les dons des entreprises représentent donc 41 % de la générosité en France.

Sortez donc de votre sentier battu, écrivez votre histoire d’une plume persévérante et motivée et fixez-vous votre objectif humblement, une histoire où seul vous êtes le héros du livre, où vous êtes l’inspirant et l’inspiré. Fixez-vous un objectif et n’hésitez pas à prendre des risques. Ecrivez vos erreurs, celles qui vous permettront de vous relever, de grandir et d’avancer de plus bel.

Accomplissez votre destinée avec motivation et persévérance et soyez la cause de votre réussite. Donnez-vous les moyens pour atteindre votre fin.

Nelm

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