Un Coran, mille jardins

Un après-midi d’avril, la pluie s’invite au cœur de cette journée ensoleillée.

A l’abri sous une tonnelle, mes yeux, témoins de l’émerveillement que Seul le Plus Généreux offre, s’attristent un instant de ce changement. L’harmonie du moment semble vaciller. Mais, à y regarder de plus près, l’arrivée de cette ondée plonge mon cœur dans une profonde méditation…

La vie spirituelle est souvent perçue comme un chemin étroit et uniforme, alors qu’elle est en réalité un paysage aux mille nuances. Si la Révélation est une source immuable, elle ne cherche pas à effacer nos singularités, mais à les développer. Tout comme une pluie unique fait germer des fleurs aux parfums divers selon la terre qu’elle touche, le Coran vient irriguer la diversité de nos cœurs.

Dans un monde qui nous pousse à la comparaison constante, il est temps de redécouvrir que la beauté de la foi réside dans l’authenticité de notre propre terrain. Comprendre que chaque croyant est un jardin spécifique, c’est accepter que notre personnalité n’est pas un obstacle, mais l’écrin même de notre lien avec le Divin. L’Islam ne nous demande pas d’annuler notre personnalité, mais de la sublimer. Un tempérament colérique irrigué par la foi peut devenir une force pour la justice, tandis qu’un tempérament doux devient un refuge pour les affligés.

Alors, voici quelques mots qui s’adressent aux cœurs des croyants…

« De même que la pluie réveille la terre morte, le Coran éveille les cœurs endormis.

Considérez votre cœur comme une terre et votre foi comme une graine. Le Coran est l’eau qui permet à cette graine de percer le sol. Mais ne vous étonnez pas si votre plante ne ressemble pas à celle de votre voisin : chaque terre a ses minéraux, chaque croyant a son vécu.

La Révélation est une, mais ses fleurs sont multiples. Votre personnalité n’est pas un obstacle à la foi, elle est le jardin où Allah veut faire pousser une vertu unique. 

La santé d’un cœur est un secret que seul Allah détient. Qui peut dire lequel est le plus vivant ou le mieux imprégné du Coran ?

Vouloir comparer les croyants est aussi vain que de vouloir comparer le blé et la grenade, la rose et l’olivier. Chaque plante a sa saison, son utilité et sa beauté. Si nous acceptons la diversité infinie de la nature, pourquoi ne pas accepter celle des cœurs ? En voulant copier la « plante » du voisin (son apparence, son rythme de pratique, son éloquence), on risque d’étouffer sa propre nature.

Chaque cœur est une espèce unique dans le jardin de la foi. Aucun ne peut porter à lui seul toute la structure de la religion. C’est en laissant le Coran irriguer nos différences que nous devenons complémentaires : là où l’un apporte la force, l’autre offre la douceur ; là où l’un donne l’ombre, l’autre donne le fruit.

Laissez la pluie du Coran raviver votre propre terre. N’essayez pas d’être le jardin d’un autre, soyez simplement le terrain où la Parole de Dieu fleurit en harmonie avec tous les autres… »

Aujourd’hui, nous vivons dans la société de l’image et de la performance. La foi elle-même est parfois mise en scène sur les réseaux sociaux, créant un standard de « perfection religieuse » qui peut complexer ceux qui cheminent dans l’ombre.

La société moderne tend parfois vers deux extrêmes : l’individualisme ou l’uniformisation. L’islam propose une troisième voie : la complémentarité.

Dans un jardin, si tout était blé, il n’y aurait pas d’ombre ; si tout était olivier, il n’y aurait pas de pain. Dans notre communauté, nous avons besoin du savant (le fruit), du travailleur social (l’ombre), de l’artiste (la fleur) et du parent patient (la racine). Vouloir que tout le monde soit « le blé » crée une société fragile. La force de l’Islam réside dans cette multitude de vertus qui, ensemble, forment une structure complète. 

La valeur d’un cœur est un secret divin. Cela nous appelle à deux réformes majeures dans notre rapport à la foi aujourd’hui : l’humilité et la patience spirituelle.

Dans une époque où l’on juge instantanément sur un acte ou une parole, le Coran nous enseigne que la croissance est souterraine. On ne voit pas la graine germer sous terre. Un croyant que l’on pense « endormi » est peut-être en train de préparer une floraison magnifique que seul Dieu perçoit. 

De plus, chaque plante a sa saison. Nous vivons dans l’immédiateté. Or, la foi demande du temps. Certains cœurs fleurissent vite, d’autres prennent des années pour donner leur premier fruit. Respecter son propre rythme, c’est accepter la volonté d’Allah sur notre propre terre.

Faire le lien avec la société d’aujourd’hui, c’est comprendre que notre foi n’est pas une compétition, mais une contribution. Le Coran n’est pas un manuel de standardisation, mais une source de vie. Et sa finalité n’est pas d’être « meilleur » que l’autre, mais d’être le plus authentique possible dans sa relation avec le Créateur.

En acceptant que notre voisine soit une rose et nous un olivier, nous cessons de voir sa réussite comme un échec personnel. Nous comprenons que nous buvons à la même source pour offrir au monde des bienfaits différents, mais tout aussi essentiels…

Alors que le tambourinement de l’ondée s’apaise sur la toile de ma tonnelle, mon regard ne cherche plus le soleil d’avant. Je contemple désormais chaque goutte comme une promesse. La pluie n’est plus une interruption, mais une conversation intime entre le Ciel et la terre.

Je referme les yeux, et sous le parfum de la terre mouillée, je laisse mon cœur s’épanouir, simplement, à sa manière.

Que le Coran continue de couler sur nos terres respectives…

Najoua

Ramadan approche…

Ces jours-ci, mon cœur est un peu plus fragile.

Ramadan approche… et avec lui, cette sensation étrange mêlée d’impatience et de mélancolie. Avant, l’arrivée de ce mois ne portait que de la lumière. Aujourd’hui, elle porte aussi des absences.

Depuis deux ans, à l’approche de Ramadan, quelqu’un que j’aimais a quitté ce monde. Deux années. Deux visages. Deux voix qui ne diront plus “Ramadan moubarak”. Et je me surprends à compter le temps différemment. Non plus en années… mais en présences perdues.

Qu’Allah leur fasse miséricorde. Qu’Il illumine leurs tombes comme ce mois illumine nos nuits.

Je me rends compte que Ramadan n’est plus seulement pour moi un mois de jeûne et de prière. Il est devenu un miroir. Un rappel intime. Un murmure discret qui me dit :
“Tu n’as aucune garantie d’être là l’année prochaine.”

Cela me bouleverse… mais cela me réforme aussi.

Parce que je me connais. Je remets à plus tard. Je me dis que j’aurai le temps de devenir meilleure. Le temps d’apprendre davantage. Le temps de purifier ce qui traîne dans mon cœur. Mais la mort de ceux que j’aime me montre que le temps n’est pas une promesse. C’est un dépôt.

Et si ce Ramadan était mon dernier ?
Est-ce que j’y entrerais de la même façon ?
Avec les mêmes distractions ?
Les mêmes retards dans mes prières ?
Les mêmes excuses ?

Leur départ adoucit mon cœur. Il casse quelque chose en moi… mais il construit aussi autre chose. Une urgence plus douce. Une foi plus consciente. Une envie plus sincère de revenir à Allah sans attendre.

Je ne veux plus vivre Ramadan par habitude.
Je veux le vivre comme une rencontre.
Comme une dernière chance d’être pardonnée.
Comme une porte ouverte que je ne veux pas manquer.

Quand je pense à eux, je ne ressens pas seulement la tristesse. Je ressens une responsabilité. Celle de transformer ma douleur en élévation. De faire de mes invocations un pont entre nous. De déposer leurs noms dans mes prosternations, avec amour et pudeur.

Ils ne jeûnent plus avec nous.
Mais peut-être que mes invocations peuvent encore les rejoindre.

Et moi… je suis encore là.
Respirante. Capable de me lever la nuit. Capable de demander pardon. Capable de changer.

Alors cette année, je veux entrer dans Ramadan avec plus de douceur envers moi-même… mais aussi plus d’exigence intérieure. Je veux surveiller mon cœur plus que mon assiette. Je veux jeûner de mes jugements, de mes négligences, de mon orgueil. Je veux apprendre à me taire davantage et à aimer plus profondément.

Peut-être que leur départ est un rappel d’amour d’Allah. Un rappel que la vie est courte, mais que la miséricorde est immense.

Si je suis encore en vie pour accueillir ce Ramadan, ce n’est pas un hasard. C’est une invitation.

Ô Allah, fais que je n’entre pas dans ce mois comme les années précédentes.
Fais que je sorte transformée.
Fais que les absents deviennent une lumière sur mon chemin vers Toi.
Et si un jour je pars à mon tour, fais que quelqu’un lève les mains pour moi… avec la même tendresse que j’ai aujourd’hui pour eux.

H.L.

Que la paix soit sur vous!

Le 8 mai 2025, la fumée blanche sortant de la basilique Saint-Pierre annonce une nouvelle importante : l’Église catholique a un nouveau pape. Son nom : Robert Francis Prévost. Ou plutôt Léon XIV depuis sa nomination par ses pairs. Face à la foule, ses premiers mots à la tribune de la loggia de la basilique marquent un début de pontificat probablement encourageant, à travers des paroles simples, chaleureuses et pleines de foi :

« Je vous donne un salut de paix !
À toutes les personnes, où qu’elles soient, à tous les peuples, à toute la Terre :
que la paix soit avec vous ! »

La paix. Un mot dont on a perdu le sens profond. En piétinant ses lettres de noblesse en ces temps de conflits, de violence et d’insécurité, l’Homme détruit l’élément indispensable à tout progrès de l’humanité.
Que veut dire Léon XIV à travers ces mots ? À l’échelle mondiale, on parle de paix lorsque les guerres sont résolues et conduisent à une meilleure qualité de vie. Mais qu’est-ce que la paix, pour nous ? Pourquoi est-il important de vivre en paix ? À quoi ressemblerait un monde sans paix ? Serait-il différent de celui que nous connaissons aujourd’hui ?

Qu’est-ce que la paix ?

Nous la définirons ainsi : vivre en sûreté, sans crainte et sans menace de violence ; être égaux devant la loi ; avoir un système judiciaire fiable et efficace, protégeant les droits des citoyens ; subvenir de manière juste et équitable aux besoins élémentaires nécessaires au bien-être, tels que la nourriture, l’eau potable, le logement, l’éducation, les soins de santé. En un mot : vivre dans des conditions de vie décentes, indépendamment de l’appartenance ethnique ou identitaire.

« (…) Nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre… »
Déclaration datant de 1945… Mais où en sommes-nous dans ce projet de « préserver » le monde d’une violence qui monte en puissance aux quatre coins de la planète ?
Dans la guerre, le schéma est toujours le même : un groupe agresseur et un groupe victime.

« Soulignant l’importance du dialogue et de la diplomatie, elle (la paix) prend en effet position contre ceux qui pensent qu’il faut répondre par la légitime défense et la force des armes aux actes de guerre ainsi qu’à l’injustice de la terreur exprimée contre les civils innocents, en repoussant ainsi la violence par d’autres violences, convaincus que la paix ne peut advenir qu’à travers une défense armée qui arrête l’adversaire en lui prouvant sa capacité. »

La culture de la paix au service du droit ?

Aujourd’hui plus que jamais, il nous faut décupler nos efforts afin de développer une culture de la paix, tous ensemble et à tous les niveaux. Et l’un des défis principaux serait de mieux dialoguer, de comprendre et de s’unir derrière des valeurs communes universelles : renforcer une culture de la paix par l’éducation, promouvoir un développement économique et social durable, respecter les droits de l’homme, assurer l’égalité entre les hommes et les femmes, favoriser la participation démocratique, développer la solidarité, soutenir une communication libre et fiable.

Un projet sur papier glacé, malheureusement caduque lorsqu’on assiste à des refus d’obtempérer, donc à un rejet des institutions assurant la protection des droits fondamentaux. Des institutions dont les pays membres ont pourtant signé les clauses de protection. Ainsi, garantir le Droit est le seul chemin pour assurer aux peuples une vie pacifique, au-delà de la violence qui hante souvent le quotidien de beaucoup de personnes.

La paix, quant à elle, n’est pas le fruit de négociations, car celles-ci n’aboutissent qu’à des trêves temporaires, pas à une paix véritable, au sens étymologique. Il y a paix quand il y a justice ! Mais une justice seulement si l’agresseur est défait de sa position d’oppresseur.
La paix n’est pas provisoire. Elle ne doit pas être fragile, au point que les peuples soient dans des « sables mouvants » où tout peut basculer vers l’horreur à cause d’une discrimination ethnique. L’entente impose un respect mutuel, durable et propice à la justice, à la vérité.

Que faut-il pour vivre en paix ?

Compte tenu de l’actualité, le discours de paix de Léon XIV donne à réfléchir aux conditions qui rendent possible une paix durable. Nous sommes capables de comprendre et de mettre en place des clés vers un apaisement réel. Voici deux points essentiels :

• Transmettre la sagesse
C’est un grand mot, n’est-ce pas ? Une utopie, diraient certains. En réalité, c’est en partageant les connaissances, les valeurs et les histoires à travers l’éducation, les médias sociaux, les musées, l’art, l’écriture, les échanges interculturels qu’il est possible d’ouvrir les esprits, de réduire les préjugés et de s’assurer que les blessures du passé ne se reproduisent pas à l’avenir. Le pôle éducatif reste le meilleur moyen de transmettre la sagesse et les valeurs nécessaires à la promotion d’une véritable paix. Les qualités individuelles, telles que le respect, la confiance, la foi, la compassion et la bienveillance sont les fondements de l’apaisement. La réussite de l’Homme passe par cette culture de la sagesse.

• Apprécier le vivre-ensemble
La diversité est une richesse. Elle permet de grandir dans une société en participant au développement d’un ensemble de valeurs et de compétences nécessaires pour vivre ensemble et respecter l’autre, malgré les différences, dans les domaines associatif, politique, économique, judiciaire… Les lieux de travail, les écoles et les quartiers permettent aux gens de construire des liens entre les communautés. Quand divers groupes partagent une forte identité commune, à savoir celle de citoyens d’un même pays, cela permet de répondre aux besoins de la société et participe à plus d’équité, plus de sécurité.

Le concept de culture de la paix porte donc un potentiel novateur, car il remet en cause l’ordre établi et contribue au changement. Mais pour acquérir de la force et ainsi être efficace, il a besoin de peuples qui se l’approprient, le fassent vivre et agissent pour son application concrète au sein de la société. La culture de la paix, c’est refuser la fatalité des maux, et plutôt générer de l’espoir aux bâtisseurs d’un autre monde, fait de justice et de paix. À l’image d’un homme, qui en son temps, a relevé de grands défis :
« Comment un homme (Mohammad ﷺ) seul a-t-il pu unir des tribus de guerre et des bédouins errants, et en faire la nation la plus puissante et la plus civilisée en moins de deux décennies ? »

Selon Thomas Carlyle, une partie de son héroïsme résidait dans son énergie créatrice (foi et sagesse) face aux complicités et aux difficultés de la vie de ce monde. De plus, il concevait la culture de la paix comme un outil bénéfique au service du peuple, à commencer par sa propre personne. En effet, la paix dite « intérieure » se cultive grâce à une implication constante envers soi, sans être égoïste. Au contraire, plus elle se développe, plus la relation avec l’autre peut devenir harmonieuse : un savoir-être, fondé sur une recherche de sérénité intérieure.

Quand la paix intérieure fait défaut, comment pouvons-nous être en paix avec les autres et agir en ce sens ?

Najoua

[1] www.lavie.fr « De Robert Francis Prevost à Léon XIV, la biographie du nouveau pape », écrit par Marie-Lucile Kubacki, publié le 14 mai 2025, dans la rubrique portrait.

[2] www.rtbf.be/article/la-revue-de-presse-le-raid-des-hooligans-brugeois-a-bruxelles-du-racisme-a-l-etat-pur-11542769 , article écrit par Milan Berckmans dans le magazine rtbf, le 6 mai 2025

[3] Charte des Nations Unies, 1945 « S’unir pour la paix » sur le site des Nations Unies.org

[4] www.unamur.be/fr/newsroom/y-t-il-encore-de-la-place-pour-la-paix-aujourdhui-une-question-philosophique-debattue Article de Gwenaelle Bertnchamps, publié le 15 janvier 2024 dans le magazine Université de Namur.

[5] Citation de Thomas Carlyle ( écrivain, historien, philosophe et auteur écossais du 19 -ème siècle, dans son essai littéraire « Des héros, du culte des héros et de l’héroïque dans l’Histoire » https://medium.com/@SaidAbdulLatif/thomas-carlyle-and-the-prophet-muhammad-%EF%B7%BA-48e585675e0a

« Les secrets de l’amour du Divin », une lecture qui bouleverse l’âme

Il y a des livres qui ne nous laissent pas indemnes.

Des ouvrages qui viennent frapper à la porte du cœur avec douceur, mais aussi avec une vérité si forte qu’on ne peut qu’être transformé.

Les secrets de l’amour du Divin de Helwa fait partie de ceux-là. Dès les premières pages, j’ai senti que cette lecture allait me remuer intérieurement.

Ce n’est pas un simple livre sur la foi ou la spiritualité : c’est un rappel  intime à revenir vers Allah profondeur.

Chaque chapitre est construit autour d’un thème fondamental de la vie spirituelle : l origine de L’amour, la place du cœur, l’aspect spirituels  du Coran,  les 5 piliers le tout dans la plus grande  proximité  du Créateur… 

Et pourtant, ce livre divise. Il est parfois rangé dans les coins discrets des librairies, comme s’il représentait une menace. Certains lui reprochent son approche trop tendre, trop mystique, trop « émotive ». Mais n’est-ce pas révélateur d’un malaise plus profond ? Pourquoi est-ce que l’idée de l’amour d’Allah dérange autant ? Pourquoi la douceur fait-elle peur ? Pourquoi la rigueur, la dureté, voire la crainte, réconfortent-elles parfois davantage certains cœurs ?

Repenser la mort : non comme une fin, mais comme un retour

S’il y a un chapitre qui m’a bouleversée, c’est celui sur le secret spirituel de la mort. Helwa y aborde la mort avec une sérénité désarmante. Loin de l’idée effrayante que l’on nous transmet parfois, elle la décrit comme un retour à l’Origine, un moment d’union avec Celui qui nous aime d’un amour parfait. Non pas une coupure, mais une réunification.

Elle nous rappelle que chaque douleur, chaque perte ici-bas, chaque « petite mort » intérieure, est une occasion de nous détacher de ce qui est illusoire pour nous recentrer sur l’essentiel : Allah. Mourir avant de mourir, disent les sages. 

Et dans cette perspective, la mort devient le début d’une rencontre, non une fin. Une promesse de retrouver Celui que notre âme a toujours cherché. Cette lecture transforme notre rapport à la peur. Elle nous apprend que la foi n’est pas faite pour nous enfermer dans l’angoisse ou la rigidité, mais pour nous libérer dans la confiance et l’amour.

L’amour d’Allah : une évidence oubliée ?

Ce livre repose sur une conviction claire : Allah aime Ses créatures. Un amour constant, inépuisable, sans condition. Mais cette vérité, pourtant centrale dans notre religion, semble parfois mise de côté. Pourquoi ? Pourquoi tant de méfiance vis-à-vis d’un discours qui parle de tendresse, de proximité, d’intimité spirituelle avec Dieu ?

Pourquoi l’amour dérange-t-il autant, alors qu’il est le fondement même de la foi ?

Ce constat m’interpelle. Est-ce que nous nous sommes habitués à une religion perçue comme rigide, austère, voire intimidante ? Est-ce que cela nous rassure davantage de penser à Allah en termes de loi et de punition, plutôt qu’en termes de compassion et de miséricorde ? Ce sont des questions qui méritent d’être posées avec honnêteté.

Et c’est précisément ce que fait ce livre : il pose des questions, bouscule certaines idées reçues, et nous ramène à une foi vivante, sincère, enracinée dans l’amour.

Ce livre n’est pas un ouvrage qu’on lit d’une traite. Il se goûte.il se savoure. Il se médite. Certains passages m’ont accompagnée pendant des jours, comme une lumière intérieure .

Je crois qu’il faut lire ce livre quand on sent que quelque chose en soi appelle à plus de profondeur, quand on a besoin de se recentrer, de se reconnecter à l’essentiel. 

Et surtout, quand on a besoin de voir la vie – et la mort – avec un regard spirituel empli de douceur

Les secrets de l’amour du Divin est bien plus qu’un livre. C’est une conversation d’âme au Divin. Une main tendue vers le cœur. 

Il m’a rappelé que l’amour d’Allah ne nous quitte jamais, même dans les silences, même dans la douleur, même dans l’ultime passage qu’est la mort.

 Et que cette mort, loin d’être une fin, est une promesse : celle de retrouver Celui que notre cœur a toujours aimé, même sans toujours le savoir.

Qu’Allah nous accorde une foi sereine, une vie apaisée, et une mort douce, paisible, et pleine de lumière. AMINE

Hana Elakrouchi

Ramadan : Un mois de spiritualité et de renouveau

Le mois de Ramadan s’est installé depuis quelques jours déjà, nous nous sommes habitués à lui, à la sensation de faim et de soif qui nous rappelle au quotidien pour qui nous nous privons de ces besoins primaires. Mais pour des millions de musulmans à travers le monde, il représente bien plus qu’une simple période de jeûne. Ramadan est un mois de renouveau spirituel, de purification de l’âme et de renforcement du lien avec le Créateur. Mais quelle est la vraie signification de ce mois béni et comment en tirer le meilleur parti ?

Une célébration de la révélation

Le Coran ne mentionne le Ramadan qu’une seule fois, dans la sourate Al-Baqara. Ce passage le présente avant tout comme le mois au cours duquel le Coran a été révélé. Cela signifie que Ramadan est avant tout une célébration de la parole divine, une occasion de renouer avec ce Livre qui guide nos vies.

Le Prophète Muhammad (saw) nous a enseigné que Ramadan est un mois de transformation. Chaque année, il nous donne l’opportunité de nous recentrer sur l’essentiel : notre relation avec Allah, notre comportement envers autrui et notre capacité à maîtriser nos désirs et passions.

Une discipline pour l’âme

Le jeûne, prescrit aux croyants, est bien plus qu’une abstention de nourriture et de boisson. Il s’agit d’un exercice spirituel destiné à renforcer la taqwa, c’est-à-dire la conscience d’Allah. En privant le corps, nous élevons l’âme et nous développons une autodiscipline essentielle dans notre cheminement spirituel.

Allah nous dit dans le Coran : « Le jeûne vous a été prescrit comme il l’a été à ceux qui vous ont précédés afin que vous atteigniez la piété. » (Sourate Al-Baqara, 2:185)

Autrement dit, le jeûne est un outil pour développer une relation plus profonde avec Allah, pour apprendre à contrôler nos pulsions et nous recentrer sur nos valeurs essentielles. L’un des plus beaux cadeaux de Ramadan est la puissance de l’invocation (du’a). Juste après les versets sur le jeûne, Allah dit : « Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi, alors Je suis tout proche. Je réponds à l’appel de celui qui M’invoque lorsqu’il M’invoque. » (Sourate Al-Baqara, 2:186)

Ce verset nous rappelle qu’Allah est toujours près de nous et qu’Il attend simplement que nous nous tournions vers Lui. Ramadan est donc une opportunité unique pour multiplier les du’as, demander pardon, solliciter des bienfaits et renforcer notre foi.

Mais comment profiter pleinement de ce mois béni ?

  1. Reconnectez-vous au Coran : Prenez du temps chaque jour pour lire et méditer sur ses enseignements.
  2. Soyez assidus dans la prière : Profitez de ramadan pour renforcer votre relation avec Allah à travers la prière et le dhikr.
  3. Multipliez les actions bienveillantes : Aidez les plus démunis, soyez bienveillant avec votre entourage et évitez les conflits.
  4. Faites des du’as sincères : Profitez des moments où les invocations sont exaucées, notamment avant la rupture du jeûne et durant la nuit.
  5. Maîtrisez vos paroles et vos actions : Ramadan est aussi un jeûne du regard, de la parole et du comportement.

Ramadan est un cadeau divin qui revient chaque année pour nous rappeler ce qui est essentiel. Il est une invitation à la spiritualité, à la discipline et à la gratitude. Que ce mois soit pour chacun d’entre nous une véritable révolution intérieure, un tremplin vers une foi plus profonde et un mode de vie plus en accord avec les enseignements du Coran.

Que ce Ramadan soit un mois de bénédictions, d’amour et de proximité avec Allah. Amine !

H.B.

Le jeûne du mois de ramadan

Le jeûne est de l’islam le quatrième pilier,
Tout musulman capable doit s’y conformer.
À la puberté, on commence à jeûner,
Le malade et le voyageur, eux, en sont exemptés.
Durant ce mois, les portes du Paradis sont grandes ouvertes,
Chaque jour, des actes de bien, on part à la quête.
Les portes de l’Enfer sont, elles, fermées,
Les diables, eux, sont enchaînés.
De manger et de boire, le croyant s’abstient,
Sa mauvaise langue, il retient.
Consciemment ou par mégarde,
De faire le mal, il se garde.
L’intimité entre époux attend le crépuscule,
Seuls y cède les incrédules.

Le jeûneur s’adonne à la lecture du Coran
Et s’éloigne des écrans.
Il médite sur la Création
Et multiplie les actes d’adoration.

Ô, vous les femmes, de derrière vos fourneaux, sortez !
De dikhr, de prières surérogatoires, veillez à vous ravitailler.
Des msemens, beignets et autres crêpes à mille trous, la spiritualité est plus nourrissante,
Pour l’esprit du croyant, elle est des plus rassasiantes.
Oui, nos troupes, il faut nourrir
Mais ne sombrons pas dans le délire.
Le gaspillage, le pire des fléaux,
Pourtant, on tombe toujours dans le panneau.
Se frottent les mains bouchers et boulangers,
Durant ce mois, ils se refont une santé.
On a les yeux plus gros que le ventre,
Pourquoi y succomber, diantre !
Au placard, les repas pantagruéliques
Et de se nourrir sainement, on s’applique.
Cuisiner, un acte d’adoration,
Seulement si on y met l’intention.
Ô hommes, privilégiez l’entraide,
Contre le ras-le-bol, elle est un remède.
On se répartie les tâches
Ainsi, les cœurs ne s’entachent.

Utilisons notre temps à bon escient,
Faisons preuve de discernement.
Les pas du prophète ﷺ , suivons,
À l’essentiel, revenons.
On se rapproche du Créateur,
Lui, notre Bienfaiteur.
Pour toutes Ses grâces, on Le remercie,
Comme il se doit, on Le glorifie.

Fatima B.

Ramadhan… Nous y voilà !

À l’orée de ce mois béni, nous entrons dans un combat intérieur où l’âme cherche à s’élever, le cœur à se purifier, et l’esprit à se recentrer sur l’essentiel. 

Chaque aube enseigne la patience, chaque crépuscule invite à la gratitude. Noble invité du temps, témoin du miracle descendu sur terre il y a 1459 ans, tu es plus qu’un mois : une lumière, une parenthèse sacrée où le monde s’apaise et où les âmes s’épurent. Pont entre la terre et le ciel, souffle divin, tu rappelles la grandeur du Créateur et la noblesse de Son message.

Et nous voilà, pèlerins de cette quête spirituelle, prêts à accueillir tes bienfaits, à dépasser nos faiblesses, à renaître plus forts et plus proches du Divin.

Que nos cœurs s’ouvrent à toi, que nos âmes se laissent façonner par ta lumière.
Ta visite annuelle est un souffle de miséricorde.

En toi réside une force silencieuse, un écho du divin qui anime nos cœurs et ravive notre foi. Tu es l’instant suspendu où le monde ralentit pour que l’âme s’élève, où l’intelligence s’agenouille devant la sagesse divine.

Ceux qu’Allah a choisi goûteront à ton essence en lisant le Livre sacré que tu as vu descendre, au cœur de la région du Hadjaz. Béni sois notre bien-aimé prophète, Muhammad ibn Abdallah ibn Abd al-Muttalib ibn Hashim (sws) qui a sacrifié sa vie pour nous préserver du mal.

Ces derniers jours, ton nom « Ramadhan » résonne dans ma communauté. Joie, admiration, nostalgie… Tu es une vague d’émotions, une ascension spirituelle, un défi d’amour, de générosité et de dépassement de soi. Tes heures filent, témoins de nos efforts et de nos remises en question. Entre l’aube et le crépuscule, tu offres à chacun un miroir où se reflète l’âme en quête de son Seigneur.

Ramadhan, que ton passage nous transforme et fasse de nous des êtres de lumière, prêts à accueillir l’infini amour du Très-Haut. Ton arrivée m’enveloppe d’une paix indicible, teintée d’une mélancolie douce et profonde.

C’est étrange… Aujourd’hui, mes pensées s’élèvent vers mes proches disparus et ces âmes chères qui ont quitté ce monde : notre bien-aimé prophète, ses compagnons, nos prédécesseurs qui ont combattu au nom de l’islam, mon père, mon frère, mes aïeux, mes sœurs et frères en Islam. Leur absence est une présence subtile, un écho dans le silence, une empreinte gravée au creux de mon cœur. Je me dis qu’ils ne sont pas partis… qu’ils ont simplement changé de demeure. Leurs paroles résonnent encore en moi, certains de leurs gestes se perpétuent à travers mes actes. Sans eux, sans leur amour et leur sagesse, je ne serais sans doute pas celle qui écrit ces mots aujourd’hui. Je me dis que j’ai une opportunité immense, bien au-delà de ce que mon esprit peut saisir, de pouvoir te rencontrer une année de plus, ya Ramadhan. Quelle bénédiction infinie, quelle chance inouïe ! Que dire de plus, sinon : « Al hamdouliLah ! »

Tu ravives en moi la certitude que rien ne se perd et que chaque graine semée dans le bien porte ses fruits au-delà du temps. Nos aînés ont transmis des flammèches de lumière qui continuent d’illuminer nos cœurs. Que ce soit une lettre du Coran ou une histoire enseignée, un conseil murmuré, un sourire offert, tout demeure inscrit, conservé précieusement par le Tout Miséricordieux.

Quelle douce espérance que de savoir qu’au jour du Jugement, ces âmes bien-aimées récolteront les fruits de ce qu’elles ont planté. Qu’Allah, dans Son infinie bonté, nous accorde Sa clémence et fasse de nos prières un baume pour notre éternité. Car si la séparation est une épreuve, la promesse de se retrouver au-delà des étoiles est une consolation ineffable.

Ramadhan, rappel que tout est passage sauf l’Amour du Très-Haut…
Toi qu’Allah a sublimé par Ses bienfaits, je t’accueille avec humilité et ferveur. Si Dieu me le permet, je vivrai chacune de tes heures comme une opportunité d’élévation.

Sois mon hôte, installe-toi dans ma demeure, éclaire mes nuits durant la récitation des paroles sacrées et mes jours de ta patience. Ensemble, faisons de chaque instant une aumône, de chaque silence une invocation, de chaque lecture du Coran un voyage vers l’infini.

Que mes lèvres s’abreuvent des versets du Très Haut, que mon cœur se nourrisse de Sa sagesse, que mes pas se dirigent vers ce qui L’agrée. Sois ce miroir où je contemple l’âme que je veux devenir, ce vent qui éparpille mes fautes et ce feu qui ravive ma foi.

Bienvenu à toi Ramadhan, bienvenu dans le cheminement de ma foi, noble invité du Très-Haut.

F.E.

Sache petit homme…

Au détour d’un sentier de montagne, en Savoie, niché dans un vallon préservé, le Lac du Lou s’offre à nos yeux, cerclé d’une chaîne de montagnes. Un cadre magnifique où la nature nous éblouit par sa simplicité et sa générosité. Un point de vue panoramique où la contemplation s’éveille et fait de ce moment un temps suspendu, un temps de réflexion, un temps de méditation…

            « Approche, petit homme ! Approche et écoute !

            Sache, petit homme que tu ne peux discerner les choses au moyen de la raison que lorsque tu te conformes aux exigences de celle-ci. Fais appel donc, à ta raison et sois attentif !

             Certes, la détermination est relative à chaque créature, on n’obtient pas toujours ce à quoi on aspire et on ne trouve pas toujours ce que l’on recherche. Mais, sache, petit homme, qu’il est de ton devoir de faire l’effort et de te diriger vers ta destinée…

Tu as été créé et chargé de responsabilités. Des devoirs t’incombent. Il y a pour chaque être un entrepôt : prends garde de ne rien accomplir et ainsi de le laisser vide. 

Tes pas qui te mènent au terme de ta vie sont comptés car ton séjour en ce monde est court. 

Sache, petit homme, qu’il te faut être vigilant car les jours se réduisent à des heures et les heures se réduisent à un souffle ! 

Sache, petit homme que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, il y a des batailles que tu devras livrer sans relâche : les moments de difficultés, les pertes de sens, les défis et les remises en question font partie du jeu. Ils représentent le point de départ d’un courage insoupçonné, de relever la tête et de trouver les ressources en soi pour s’élever, grandir à l’image de mes cimes. 

De la même manière que je suis formé par la dislocation de 2 plaques terrestres, frottées l’une contre l’autre, tes propres montagnes surgissent à la rencontre aussi, de 2 besoins : l’une veut atteindre les sommets et l’autre refuse le changement.

Sache, petit homme, que la souffrance est une réalité de la vie ! Tu as besoin de passer par cette douleur pour te révéler. Sache, petit homme, que dans les profondeurs de mes entrailles se cachent des trésors, des pierres précieuses. Du carbone naît la plus belle d’entre elles : le diamant. Son processus de fabrication ne pourrait se produire sous une extrême pression terrestre de roche en fusion.

L’urbanisation, l’ère de la modernité te pousse à te cloisonner, à t’enfermer, la technologie pousse à l’abandon du corps. Tu n’es pas un être de sommeil, petit homme ! Car même si ton esprit est vif, ton corps te rappelle ta fragilité, ta vulnérabilité, ta condition humaine.

Regarde mes flancs et regarde mes sommets, ils sont ma force et mon honneur, petit homme ! Au cœur de mon monde coule une eau pure et limpide, qui va abreuver tes semblables et les troupeaux dont ils ont la charge. La vie est en moi et elle m’expose à de lourdes responsabilités : la distribution de mes dons à toutes sortes de créatures, des minéraux aux animaux, en passant par les végétaux. 

Pour chaque chose, je lui accorde son droit ! Je fais parvenir à mon propre entrepôt ce qui me réjouira le jour où je le retrouverai. 

Heureux celui qui aura saisi la valeur de ces devoirs et les aura appliqués !

Sache, petit homme que la force est en toi ! Alors avance pas à pas ! Ainsi, tu auras conquis tes montagnes ! 

Va, petit homme, à la quête de tes sommets ! »

                                                                                                                      Najoua

Le lac du Lou, à saint-Martin-de-Belleville, en Savoie ( France)

Le destin n’est pas une question de chance, mais de choix…

« Et on dira à ceux qui étaient pieux : « Qu’a fait descendre votre Seigneur ? » Ils diront : « Un bienfait. » Ceux qui auront excellé dans ce bas monde ; mais la demeure de l’au-delà est encore meilleure. Combien agréable sera la demeure des pieux ! »

(Sourate AN-NAHL / LES ABEILLES verset 30)

LE SAVIEZ-VOUS : le miel est une véritable merveille de la nature, un aliment délicieux et bénéfique, qui grâce à ses propriétés antibactériennes et oxydantes devient un véritable remède pour divers maux.

La production de ce nectar doré requiert un immense effort de la part des abeilles. Ces petites travailleuses doivent parcourir des distances considérables pour butiner le nectar de milliers de fleurs puis le travail de transformation continu dans leurs ruches… Un travail titanesque ! Ne méditez-vous donc pas ? 

L’exemple de l’abeille doit être une source d’inspiration pour l’homme, qui doit également fournir le meilleur de ses efforts durant son existence.

Tout comme l’abeille, tu dois faire preuve de sacrifice, avoir de la volonté, éveillé ta curiosité et avoir un but, avoir un objectif, et le meilleur de ces objectifs est LA REFORME, devenir meilleur qu’hier !

Observer, méditer, réfléchir sur la création est l’un des meilleurs moyens de s’ouvrir à l’inspiration et la réflexion sur SOI MEME,

Une jeune femme souhaitant vivre une nouvelle expérience, se met à travailler dur pour construire un petit radeau rudimentaire pour lui permettre de flotter en sécurité sur un océan déchaîné.

Après plusieurs heures de travail acharné, elle parvient enfin à assembler les rames et à lancer son petit radeau sur les eaux tumultueuses.

Pendant les heures qui suivent, elle rame sans relâche, se remémorant ce verset parlant du fait de zélé dans tout ce que tu entreprends…

La force se déploie bravant ainsi les énormes vagues et la tempête qui menacent de la submerger à tout moment.

Heureusement, son courage et sa détermination ne faiblissent pas et, après plusieurs jours de navigation, elle parvient finalement à apercevoir les contours d’une île lointaine.

Épuisée mais heureuse, elle se dirige vers la rive en rame, où elle trouve enfin de l’eau potable et de la nourriture pour survivre.

Au fil des jours et des semaines suivantes, la naufragée utilise ses compétences nouvellement acquises pour construire une cabane et explorer son nouvel environnement.

Bien qu’elle soit seule dans cet endroit sauvage, elle ne se laisse pas décourager.

Au contraire, elle continue d’apprendre et se développe, devenant lentement mais sûrement la maîtresse de l’île.

Ainsi est le fervent croyant…

Malgré ta timidité, ton insociabilité, tu dois rêver de grandes choses.

Mais étant enfermé dans ta zone de confort, te contentant de ta routine quotidienne et refusant de prendre des risques,

Tu ne vivras ta vie qu’a moitié

Il est tellement plus agréable de passer son temps dans les boutiques, ou encore devant une série télévisée romantique,

Sache que ton passage sur terre n’est qu’éphémère, ta vie d’aujourd’hui n’est qu’une illusion, n’oublie pas que tu es à l’image de cette naufragée, soit tu te laisses mourir, tu te laisses éteindre, soit tu saisis ces épreuves qui viennent te bousculer, qui viennent te secouer et réalises que la vie est trop courte,

Ne procrastines plus, passe à l’action, vis ta vie à fond

Evinces ta peur, commence à explorer de nouveaux horizons, à rencontrer de nouvelles personnes et à apprendre de nouvelles choses.

Le monde est rempli de merveilles et de défis à relever.

Le chemin n’est certes pas facile.

Tu seras confronté aux jugements, aux critiques, au dénigrement, parce que pour certaines personnes, une femme est incapable de penser. Mais Dieu t’a donné une âme et une vie pour avancer,

Affrontes les défis et passe à l’action sans te décourager.

Assume de ce qui est de TA responsabilité, celles de la Gérance d’un Khalifa ! ,

Malgré la souffrance psychologique qui te sera infligée, tu as la clé de ton avenir, ta foi !

Avance même si tu as tendance à te dire que tu prenais moins de risque quand tu n’avais aucune ambition, garde le cap comme ce surfeur sur la vague 

Tu deviendras une personne confiante et déterminée parce que tu te seras affranchis de l’être humain et tu n’appartiendras qu’à Lui seul !

Tu m’as promis que si j’excellais je serais dans ta demeure ya Allah, alors même en rampant, je continuerais pour TOI. N’oublie surtout pas que sans l’aide de Dieu tu ne peux pas y arriver. Lui être reconnaissant chaque jour. 

La vie est courte, ce qui la rend toute aussi précieuse.

Hana

Mon jardin…

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

« Le moment n’est-il pas venu pour ceux qui ont cru, que leurs cœurs s’humilient à l’évocation d’Allah et devant ce qui est descendu de la vérité [le Coran] ? Et de ne point être pareils à ceux qui ont reçu le Livre avant eux. Ceux-ci trouvèrent le temps assez long et leurs cœurs s’endurcirent, et beaucoup d’entre eux sont pervers. » Surat Al Hadid verset 16.

Cette semaine, le soleil étant de la partie, je me suis consacrée à m’occuper de mon jardin.

Comme chaque fois, je me suis étonnée de constater à quel point cela demande du travail, du temps et des soins, de maintenir la pelouse verte qui embellira mon foyer et les jolies fleurs colorées qui réjouiront ma vue.

Les mauvaises herbes quant à elles, poussent sans aucun effort de ma part. J’ai beau lutter contre elles et les combattre avec tous les moyens mis à ma disposition, elles semblent avoir une énergie vitale à toute épreuve. Que je tourne le dos un moment, que je relâche la bataille un instant et elles envahissent tout.

Je possède un autre jardin que celui de ma maison. Ce jardin-là réside dans ma poitrine, je le nomme mon cœur. J’en suis la gardienne désignée, l’indéniable gestionnaire. Plus que cela, j’en suis la dépositaire, on me l’a prêté, et malheur à moi, demain à son sujet je serai interrogée.

Tu peux être croyant et pourtant sentir ta foi se flétrir dans ton cœur comme une fleur laissée sans soins.

Combien de fois j’ai senti que je n’avais plus ce feu intérieur qui me réchauffe et qui me pousse vers le bon comportement et les belles vertus ?

C’est parce que j’ai laissé ma foi se faner.

Négligente, je ne l’ai pas abreuvée par la lecture du Coran…

Fatiguée, je ne l’ai pas fertilisé par l’évocation abondante du nom d’Allah ‘azza wa jal…

Alors ma foi, comme la belle orchidée rare, s’est recroquevillée sur elle-même, elle s’est faite toute petite, toute desséchée.

Et devant son manque de vigueur, les mauvaises herbes de l’insouciance et du péché ont eu la place pour proliférer.

Que faire dans ces moments, quand je sens mon cœur se serrer, pauvre écrin vide ou presque, coquille désertée ?

Fragile et menacée par les vents, la fleur de ma foi baisse la tête. Dans les profondeurs de mon cœur cependant sa racine résiste et s’accroche. Consciente de sa vulnérabilité, vers son Créateur elle aspire et elle s’entête.

Ce verset-là ne s’adresse pas aux négateurs, il s’adresse à tous ceux comme moi qui aiment Allah, et espèrent en Lui. Et qui malgré cela se sentent parfois comme des imposteurs, de belles images à l’extérieur et un champ de ruines à l’intérieur.

Allah nous appelle une fois encore, à nous hisser ver Lui, à sauver notre peau.

Avec sa douceur inégalable, Il nous interpelle, n’est-il pas venu le moment pour toi ? En excellent pédagogue Il nous questionne, puis nous laisse devant cette question ouverte.

Fais ton choix Mon serviteur. Et sache que si seulement tu le veux, tu peux revenir vers Moi. Moi qui fais tomber la pluie sur vos jardins terrestres et sur les jardins de vos cœurs, et qui les fais vivre à nouveau, alors qu’ils étaient morts.

Hayat