Noir Jaune Blues, le Belge sous la loupe !

Début 2023 paraît une enquête qui donne le ton pour cette nouvelle année. Elle risque de confirmer un état d’esprit commun : pourvu que cette année soit moins pire que la précédente !

Eh bien, non ! La Fondation Ceci n’est pas une crise[1] a mandaté un bureau de recherche[2] afin de mettre en lumière les états d’âme de l’homme belge sur son pays, la Belgique. Faire l’état des lieux de sa société est intéressant, non pas pour chiffrer un ensemble de données, mais plutôt pour y apporter quelques solutions ou au moins quelques pistes de réflexions. Aussi, cela permet aux grandes institutions de notre pays d’avoir une autre approche bien plus réelle sur la vie « difficile » du Belge. Le constat est clair : le Belge a le blues[3] !

Le monde que nous avons créé est un produit de notre pensée, nous ne pouvons pas le changer sans changer notre façon de penser

Albert Einstein

Lors de l’enquête[5], le contexte sociétal était particulier. En effet, elle a été réalisée en 3 temps : février 2020, octobre 2020 et juillet 2022. Ce qui correspond à la période juste avant la pandémie du covid19, les confinements et l’incertitude de sortir de cette crise sanitaire, l’invasion russe en Ukraine avec ses dommages collatéraux (flambées des prix, inflation) et les évènements climatiques (sècheresses, …). Deux courants se distinguent : ceux qui veulent une retribalisation (52%) et ceux qui veulent une ouverture de la société. Cela signifie que 1 Belge sur 2 veut le repli sur soi et précisément sur sa propre ethnie: « Les institutions sont délégitimées, les valeurs-ciment s’effritent, l’individu est soumis à diverses dominations avec un sentiment d’une faible capacité à agir, ce vécu de victimes fait que la peur domine »[6] analyse Benoit Scheuer, fondateur du bureau de recherche Survay And Action.

Ce sont les inégalités sociales qui sont le moteur de cette peur envahissante. En effet, 63% des Belges estiment que les dirigeants politiques actuels n’ont plus les capacités ( ¼ des richesses du pays est détenu par 1% de la population : le riche donne le tempo à la politique) pour améliorer nos vies quotidiennes et que nous assistons à un effondrement du système. En d’autres mots, l’Etat est dans une optique d’intérêt personnel au lieu de l’intérêt commun de ses concitoyens belges. Une rupture s’amorce ! Cependant, le plus troublant des résultats est ce 66% des Belges qui veulent un pouvoir fort, un pouvoir autoritaire !

Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple vous pouvez faire ce que vous voulez.

Hannah Arendt

Notre démocratie est en danger et ce sont les inégalités sociales qui la menacent fortement. Nous vivons un moment de bascule dans l’Histoire de l’humanité. De nos jours certains pays continuent sous ce genre de régime autoritaire et nous savons tous que ce n’est pas la voix à suivre car l’Histoire regorge d’évènements qui ont entraîné le monde vers des dictatures sans nom. D’ailleurs, l’Histoire nous prouve que tout a commencé par une gouvernance autoritaire qui a engendré par la suite une dictature. Conséquence de ce sentiment d’abandon, le Belge moyen s’est trouvé une victime, un bouc émissaire : l’étranger. Bref, l’histoire se répète tristement…

« L’appel à la retribalisation est essentiellement motivé par le besoin de protection… il est indispensable de montrer que le projet « fonder des sociétés ouvertes » peut être une protection face aux nombreux périls et que les gouvernances autoritaires, contrairement à ce qu’elles promettent, ne protègent pas ! (…) D’abord, adopter une attitude d’écoute face à la population pour tenter d’endiguer la fascination pour la retribalisation (…) et développer la démocratie narrative et participative pour bâtir un récit collectif mobilisateur positif. Pour passer un cap, seule une projection dans le futur permet de rester mobilisé. Donc une perspective à moyen et long terme. Sans la description, la perspective et la capacité à se projeter dans un avenir désirable, inspirant, aucune mobilisation pour l’aspiration à fonder des sociétés ouvertes ne sera possible. « Cela peut être mieux demain » versus « tout s’effondre »[8]

Refaire une société saine relève du défi ! Cependant, nous pouvons choisir une autre voix : le rassemblement de l’horizontal (le peuple) et du vertical (le pouvoir) afin de construire un cercle vertueux de confiance entre ces 2 entités. En bref, penser la politique et les projets à partir « d’en bas » et créer du désir d’agir ensemble. 

« Changer de gouvernance. Innover. Développer la démocratie narrative et participative. Aborder les défis actuels ne sera possible que si l’on retrouve une qualité de débats avec une distance critique, pas des polémiques sur des détails. C’est la façon dont on va trouver des « solutions », des programmes d’actions et des mesures qui créeront des désirs d’adhésion à l’aspiration à la fondation de sociétés ouvertes. (…)  Il est indispensable de renforcer les Etats et les Services publics dans leurs rôles préventifs, protecteur et régulateur (…) Nécessité d’articuler les trois niveaux : les citoyens, les corps intermédiaires et l’Etat. Une mobilisation générale. »[9]

La devise de la Belgique n’est-elle pas « L’union fait la force » ! Encore faut-il une réelle volonté des politiques et des Belges de prendre cette porte de sortie…

« Un monde sans espoir est irrespirable ”

André Malraux

Najoua


[1] www.cecinestpasunecrise.org- les résultats de l’enquête sont exposer librement sur le site de la fondation.

[2] Equipe de chercheurs : Benoît SCHEUER, Sociologue Concepteur et responsable scientifique de cette recherche, Fondateur et Administrateur délégué de l’institut de recherche en sociologie Survey & Action (00 32) 475 34 57 30 b.scheuer@survey-action.be Vincent SCHELTIENS, Sociologue, historien Université d’Anvers vincent.scheltiens@uantwerpen.be Dominique TREMBLOY, Sociologue Chercheur Survey & Action

[3] Synonymes : le cafard, la nostalgie, la mélancolie.

[4] Physicien allemand du 20ième siècle

[5] 1059 personnes sondées

[6] Article Le Vif express-le 23 janvier 2023 : « l’enquête Noir jaune Blues, 5 ans après : plus d’un belge sur 2 aspire à une gouvernance autoritaire »

[7] Politologue allemande du 20 ième siècle.

[8] Benoit Scheuer, www.cecinestpasunecrise.org

[9] Benoit Scheuer, www.cecinestpasunecrise.org

[10] Ecrivain, homme politique français du 20 ième siècle

Je viens de finir un livre…

« Au fait, je viens de finir un livre ! »

« Ah oui ? Ça raconte quoi ? »

« Ben c’est l’histoire d’un figuier qui parle… »

Quoi de plus banal que ces échanges entre collègues ou copines, où l’on essaie de rendre en quelques mots l’aventure romantique, angoissante ou palpitante qui nous a accompagnée quelques soirées durant.

Mais certains livres ne se résument pas en trois phrases entre deux tâches du quotidien. Ce serait sacrilège. Il faut faire honneur à leur style subtil et imagé. Ces livres là ne sont pas pressés, ils invitent à calmer la frénésie du tourbillon de la vie, à ralentir sa respiration, à freiner le pas. Alors, quand vous acceptez d’être ce lecteur patient et prêt à découvrir ce qu’il veut vous offrir, vous pouvez tourner la première page, et avancer d’un pas timide, prêt à recevoir.

Étonnant et original, voilà deux mots qui peuvent qualifier «  L’île aux arbres disparus » d’Elif Shafak.  Ce récit qui prend parfois des allures de conte, nous fait voyager à travers les lieux et les époques. On observe l’impact du deuil et du cyber harcèlement sur une adolescente londonienne, puis on plonge dans les amours clandestines d’un jeune couple lors de la guerre civile qu’à connue l’île de Chypre dans les années 70.

Tour à tour, on regarde les humains vivre et se débattre, mourir aussi parfois, et on écoute un arbre centenaire raconter…

Parmi les nombreux thèmes qui se mêlent et s’entrecroisent comme les racines du figuier, il y a donc la guerre, le nationalisme, et l’intolérance de tous bords. 

C’est aussi un incroyable hommage à la nature, qui vous fera voir l’oiseau  persévérant, le papillon fragile, la forêt mystérieuse et bavarde, avec un regard inédit. On se sent tout petit, et on reprend avec humilité sa place d’humain, modeste maillon parmi les maillons de la chaîne universelle.

Le fil d’Ariane qui nous guide d’un bout à l’autre du livre, c’est la mémoire familiale, le poids des secrets et des non-dits sur les jeunes générations, et la valeur libératrice de la parole, quand elle circule sainement et avec bienveillance. 

Je viens de finir un livre, disais-je donc. C’est l’histoire d’un figuier qui parle et qui m’invite, moi enfant d’exilés, à m’enraciner  dans la terre qui m’a vue naître et à y prendre ma place. A considérer le monde riche et complexe qui m’entoure et à voir la valeur et l’apport de chaque être qui y contribue, si petit soit-il. Le vieux figuier me rappelle aussi que j’ai des racines et que toujours elles feront partie de moi. Car ce sont mes racines qui font que mes feuilles sont vertes et soyeuses…

Un beau livre, doux, mélancolique, d’une fraîcheur inattendue…

Hayat Belhaj 

Oumati, oumati

« 3 : 103 – Et cramponnez-vous tous ensemble au « Habl » (câble) de Dieu et ne soyez pas divisés; et rappelez-vous le bienfait de Dieu sur vous: lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères. Et alors que vous étiez au bord d’un abîme de Feu, c’est Lui qui vous en a sauvés. »

Parfois, nous vivons un sentiment de solitude même si nous sommes bien entourés.

Parfois, nous nous sentons délaissés et pas épaulés.

Parfois, certaines pensées se dessinent sur les visages et nous nous sentons jugés.

« La prière d’un homme en commun est multipliée par rapport à sa prière à la maison et dans son échoppe de vingt-sept degrés, et ce car s’il fait les ablutions et parfait les ablutions, puis sort vers la mosquée en ne désirant que la prière, il ne fait de pas sans qu’il ne soit élevé d’un degré et que ne lui soit ôté un péché….».

Nous comprenons qu’il s’agit de la prière du vendredi, c’est un grand jour pour chaque musulman, un jour qui mérite d’être honoré, ce jour nous éloigne de nos distractions du quotidien pour nous reconnecter ensemble à notre Créateur.

Allah (soubhanou wa ta’ala) dit dans le Coran, Sourate Al-jumu’a (le vendredi):

« Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la Salât du jour du Vendredi, accourez à l’invocation de Dieu et laissez tout négoce. Cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez ! » (verset 9). « Puis quand la Salât est achevée, dispersez-vous sur la terre, et recherchez [quelque effet] de la grâce de Dieu, et invoquez beaucoup Dieu afin que vous réussissiez. » (verset 10).

Elle se dirige vers la maison de Dieu d’un pas lent pour bénéficier de plus de mérites. Sur le chemin, elle croisera certainement un visage, lui sourire afin de lui redonner du soupir.

Elle va à la rencontre de sa communauté, même si le cœur n’y est pas.

Durant la prière, elle sera près d’une épaule sur laquelle elle pourra pleurer, pour serrer les rang, elle rapprochera ses chevilles pour ne faire qu’un. 

« Et cramponnez-vous tous ensemble au « Habl » (câble) de Dieu et ne soyez pas divisés… »

Elle craint de ne plus avoir de force de tenir cette corde, elle veut se défaire de ce mal-être mais elle a besoin qu’on la guide.

La prière est terminée, tel le déplacement des fourmis, rapides elles se dirigent vers la porte, chacune est obnubilée par ses chaussures, peu de regards sont échangés.

Elle observe ce monde comme le chaos éternel

Elle observe l’absence d’ordre

Elle est parmi elles mais se sent complètement étrangère 

Elles accourent, certes vers leurs occupations légitimes,

elle reste à l’arrière, pétrifiée, comme collée à l’asphalte, observant ce temps qui passe se rendant compte qu’il y a, en elle, quelque chose qui s’efface.

Sur le chemin qui la menait à la mosquée, elle recherchait ces personnes qu’elle croiserait ou qui emprunteraient le même trottoir et qui ne la laisseraient pas indifférente, scrutant cette rencontre qui bouleverse tel un Monté Christo emprisonné, cloisonné à la recherche d’un abbé Faria pour lui faire gouter un vent de liberté, 

Sa communauté était dans la forme  n’ont-elles pas compris que ce moment de marche est censé les unir ? 

N’était-il pas l’occasion de lire dans les yeux ce cri assourdissant et profond ?

N’était-il pas le moment de se cramponner ensemble a cette corde ?

De ce pas, ne devait-il pas se produire ce qui s’est déroulé avec nos compagnons Handala et Abou Bakr :

« Abou Bakr me rencontra et dit : « Comment vas-tu Handala ? ». 

Je dis : « Handala est devenu hypocrite ! ».

 Il dit : « Gloire à Allah ! Que dis-tu ? ». 

Je répondis : « Lorsque nous sommes chez le Messager d’Allah (ﷺ), il nous rappelle (nous raconte) le feu [de l’Enfer] et le Paradis, au point que nous avons l’impression de les voir. Mais dès que nous quittons le Messager d’Allah (ﷺ), nous nous préoccupons de nos épouses, nos enfants et de nos affaires [d’ici-bas], ainsi nous oublions beaucoup [la vie de l’au-delà] . » 

Abou Bakr dit : « Par Allah, nous ressentons la même chose ! ». Je partis donc avec Abou Bakr chez le Messager d’Allah (ﷺ) et lui dit : « Handala est devenu hypocrite, Ô Messager d’Allah ! ». ….

N’était-il pas l’occasion de se confier pour se renforcer et se réconforter ?

De s’accorder du temps mutuellement ?

De s’accorder un moment d’écoute dans la bienveillance et de la compassion ?

L’individualisme a triomphé, seul, au détriment de la collectivité…

La mosquée se vide de ses adorateurs, elle reste sur une fin d’histoire, comme inachevée, elles n’ont laissée derrière elles qu’un effluve de musc mélangé aux émanations corporelles. Elle décide d’attendre la prochaine prière. Dans un coin de la mosquée, elle ne dort que d’un œil, afin d’être prête à recevoir Ses mots.

Elle s’émeut dans le silence son cœur lui murmure des mots d’amour. IL les entend, qui pourrait assouvir ses désirs ? Ses promesses, comment pourrait-elle les oubliées ?

« Nous sommes plus près de l’Homme que sa veine jugulaire (Coran 50, 16) »

Elle escalade lentement ce mont de l’espoir luttant ainsi contre le désespoir ;

Omettant de le désactiver, le son du téléphone l’extrait de ce doux moment d’absence. Voilà un message d’un numéro complètement inconnu: « …et saches que tu as laissé une trace dans ma vie, il m’arrive très souvent de penser à toi et à ta gentillesse je ne pourrais jamais assez te remercier »

Ses yeux s’emplirent de larmes, elle remonte dans les anciennes conversations essayant de reconnaître l’auteure de ce message, il fut le fruit d’un mot de réconfort lors d’une rencontre d’il y a 12 ans…

« Quiconque craint Allah, Il lui donnera une issue favorable,  et lui accordera Ses dons par [des moyens] sur lesquels il ne comptait pas. »

Hana Elakrouchi

Tragédie à Liège, le rapport aux écrans de nos jeunes en question

Vendredi 6 janvier, le corps de Malak 13 ans, originaire d’Anderlecht, a été retrouvé sans vie le long d’un sentier à Ougrée dans la région de Liège. La jeune adolescente a rencontré son agresseur sur les réseaux sociaux. Suite à cette tragédie, beaucoup de parents se demandent s’il ne serait pas plus judicieux de surveiller davantage leurs enfants hyperconnectés… 

Manipulée et sous l’emprise d’un inconnu, Malak, dont le gsm avait été confisqué par sa mère pour la protéger, entre tout de même en contact avec son assassin en utilisant le téléphone de ses amies… 

Prise de conscience

La consommation excessive des réseaux est devenue une véritable addiction et ses conséquences, en particulier chez les plus jeunes, sont désastreuses : harcèlement, pédo-criminalité, hypersexualisation précoce, prostitution des mineurs, utilisation excessive de filtres, promotion de la chirurgie esthétique, arnaques des influenceurs et j’en passe…

Nous savons que l’utilisation à outrance de tous ces appareils a un impact considérable sur les plus vulnérables et peut engendrer des problèmes psychiques graves. Un autre regard, a publié plusieurs articles en lien avec ce sujet afin de tirer la sonnette d’alarme et de mettre en garde les parents. 

Quelles solutions ? 

Il est important de rappeler que la maman de Malak a tenté de protéger au mieux sa fille des griffes de ce prédateur mais malheureusement personne n’est à l’abri de ce genre de drame surtout quand les jeunes sont adolescents. La communication parents/enfants n’est pas toujours évidente… En effet, à cet âge, beaucoup de jeunes se retrouvent dans une période difficile de leur vie. Certains ressentent des complexes ou se sentent mal dans leur peau, d’autres ressentent un manque d’estime de soi et vont ainsi se renfermer dans leur bulle. Il y a ceux qui sont pris dans l’illusion de ce monde virtuel et qui ne comptent plus les heures passées sur leur smartphone et finissent ainsi par avoir accès à du contenu non adapté à leur jeune âge. 

Néanmoins, il est toujours possible de contrôler au minimum nos enfants en dictant des règles d’utilisation et en s’assurant que les sites visités soient adaptés à leur âge afin d’éviter toutes dérives. 

Cependant, les adultes devraient, dans un premier temps, se remettre en question et prendre conscience des heures passées sur leur téléphone. Nous sommes censés être un miroir pour nos enfants et ainsi leur montrer le bon exemple. Malheureusement, nous constatons aujourd’hui un manque de communication dans les familles car chacun est connecté à son écran!

« L’éducation consiste non pas seulement à guider et protéger les jeunes, mais leur apprendre à se protéger le plus précocement possible pour leur éviter un certain nombre de pièges de la vie. Les tentations des réseaux sociaux favorisent aujourd’hui ces pièges… »

 Serge Tisseron, psychiatre.

Il est impératif que les parents communiquent tous les jours avec leurs enfants durant le repas par exemple. Qu’ils leur accordent du temps en organisant diverses activités telles que des sorties, jeux de société en famille,… afin de diminuer l’accès aux réseaux. Le fait de valoriser son enfant en lui accordant du temps va créer un climat d’échange, de partage et de confiance. Cela pourrait faciliter la communication et permettrait de comprendre son enfant s’il adopte une attitude étrange ou un changement de comportement soudain. 

Une autre solution est de mener une enquête auprès de l’établissement scolaire ou des proches de son enfant s’il se montre soudainement réticent face à l’école. Il ne faut pas hésiter à contacter des professionnels si le dialogue s’avère difficile ou activer le contrôle parental sur Android et iOS si vous suspectez des échanges douteux entre votre enfant et un inconnu… Cela ne garantit pas une protection à 100% car nous ne sommes pas toujours présents auprès de nos enfants, mais il est préférable de prendre ses précautions afin d’amortir les risques. Bien évidemment, le croyant entreprend les causes et s’en remet complètement à son Créateur à qui il demande protection et guidance pour ses proches. 

Qu’Allah couvre notre petite Malak de Sa Grande Miséricorde et qu’Il accorde la plus belle des patiences à ses parents ainsi qu’à ses proches. Qu’il apaise leur douleur et leur souffrance et qu’elle soit une cause pour leur entrée au paradis le plus haut.

Nous implorons aussi Allah afin de protéger nos jeunes de tout mal et de les éloigner des turpitudes, des mauvaises compagnies et des influences néfastes. De les guider vers la droiture afin de Le satisfaire et d’être une tranquillité pour nos cœurs. De nous aider à surmonter la charge qu’Il nous a imposé quant à leur éducation. Que la paix et la bénédiction soient sur notre Prophète et Messager Muhammad sws. Et notre dernière invocation est : Louange à Allah, Seigneur des Mondes.

I.Senh

Au Nom de Dieu le Tout Rayonnant d’Amour, le Très Rayonnant d’Amour,

« Il dit : « Ô mon Seigneur, la prison m’est préférable à ce à quoi elles m’invitent. Et si Tu n’écartes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles et serai du nombre des ignorants » [des pécheurs]. »[1]

Lors de ma méditation, ma plume a été emportée par l’écriture d’une histoire vraie. L’histoire d’une famille qui va se déchirer, deux frères inséparables que le destin va éloigner l’un de l’autre. L’un d’eux s’est fait manipuler et est parti en Syrie… Un enchaînement de drames qu’ils vivront. Pourtant derrière des faits que nous ne comprenons pas, réside un secret que seul notre Créateur connaît…

Être libre ne signifie pas faire ce que l’on veut et vivre où l’on veut, mais c’est être ce que l’on est au-delà des limites qui nous sont imposées.

Il y a ces murs de briques, trop haut auxquels tu as été confronté,

Il y a ces murs qui nous séparent de ceux qu’on aime,

Il y a ces murs qui protègent, ceux qui isolent…

Il y a ces murs tel le Dawn Wall, qui permettent de voir autre chose une fois escaladés,

Il y a au-delà de ces murs, un monde que tu as créé et imaginé,

Tu as souhaité sauver ton frère monozygote qui avait choisi un autre type de liberté, allant se joindre aux troupes armées en Syrie,

Tu as pris cette lourde responsabilité de faire sécher les larmes de celle qui vous a donné la vie et finalement elle perdra les plus belles choses de ce monde,

Tu seras intercepté aux frontières, ne parvenant plus jamais à raisonner ton frère,

La justice t’enferme, alors que tu n’as commis aucun crime, ton casier judiciaire est vierge, pour un verdict de terroriste, mais quelle histoire triste !

La porte se referme… provoquant un bruit inoubliable, un bruit irrévocable, tu entends l’épaisseur du fer de ces clefs qui claquent entre elles.

Deux grands verrous te couperont désormais de tout contact car tu es une menace pour la sécurité, c’est l’enfermement! Ce qu’ils ne savent pas c’est que tu es tel un esprit qui incarne la sagesse et la largesse,

La réalité est que tu y resteras croupir et ce pour plusieurs années, tout se fragmente, tout s’écroule, tout te tourmente mais ton imagination demeurera ta clef,

Impossible de programmer ta vie jusqu’aux moindres détails, le destin finira par avoir le dernier mot, peu importe où que tu ailles.

Tu apprends que ton frère n’est plus… tu comprends que la seule image qu’il te reste de lui c’est ton reflet dans le miroir, visualiser ces yeux bleus, cette couleur qui symbolisait tant l’immortalité, ce bleu qui du simple regard apaise et calme profondément… comme le son de ces vagues qui viennent s’échouer délibérément…

Tu pleures comme un enfant éteint et tu lui adresses ces peu de paroles avec un goût amer histoire d’essayer de te soulager : « pars en silence, comme si rien ne s’était passé, que tout ce que nous avons vécu n’était finalement qu’un rêve

Tu pleures jusqu’à la somnolence ton frère parti pour un long exil. Tu pleures de douleur ce malheur qui te touche, ainsi l’histoire s’achève… Mais renaissance il y a…

Tu deviens Edmond Dantès, tu occupes tes journées et tes nuits par l’apprentissage du saint Coran, ton lien avec le Créateur tu le souhaites désormais différent, telle la lecture d’un roman qui te fait éclipser du moment présent. Ta voix se perfectionne, elle semble venir de si loin comme une note de piano.

Elle parvient à percer ces zones impénétrables, pour venir se déposer délicatement dans l’oreille de tes voisins prisonniers, cette voix semble sortir d’un tombeau si lointain du côté de l’Orient. Une voix qui vient emplir les cœurs de joie, jusqu’à redessiner aux lèvres des sourires et faire couler des larmes.

« N’est-ce point par l’évocation d’Allah que se tranquillisent les cœurs ? »[2]

C’est au-delà d’une voix humaine, elle parvient à fendre ces murs de béton, elle traverse le fracas de ces nombreuses vies et comme un tonnerre à faire trembler ses pairs.

Ton parfum de liberté te permet de voyager, tu passes des heures interminables à apprendre dans une bibliothèque imagée.

La liberté n’est pas celle d’être amené là où l’on veut, la liberté est celle qui t’a permis de voyager plus loin, là où seuls les cœurs peuvent s’y arrêter.

Et nous ? L’entendons-nous cette voix ?

« Nous l’avons fait descendre en arabe afin que vous raisonniez ! »[3]

Nous ne sommes pas enfermés et pourtant nous ne profitons pas de notre liberté,

Nous pouvons respirer à l’extérieur et pourtant l’intérieur nous fait horreur.

Que faisons-nous de notre temps libre ? Notre Créateur ne jure-t-il pas par le temps ?

Nos heures sont comptées et viendra le jour où elles seront scrutées où tout, dans les moindres détails sera détaillé et divulgué,

« …..Il disait la prison m’est préférable que ce à quoi elles m’invitent,… » 

Tu es tellement étrange que le gardien de prison te trouve si doux qu’il ne comprend pas ta présence en ces lieux, il s’agit presque d’une aberration.

Une injustice muette… tu resteras enfermé cinq années durant pour enfin recouvrer ta pleine liberté… Mais au fond tu vivais déjà l’évasion, comme un épicurien tu te retrouvais dans ces jardins de la sagesse tu y entrais empli de rêves, laissant derrière toi l’angoisse et le tourment…

Hana Elakrouchi


[1] Sourate Youssouf v33

[2] Coran

[3] Coran 

Maroc-Israël: une normalisation contestée par le peuple

Le 10 décembre 2020, Israël et le Maroc rétablissent leurs relations diplomatiques dans le cadre d’un accord trilatéral impliquant les États-Unis. Le royaume chérifien devient ainsi le quatrième pays arabe après les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan, à normaliser ses relations avec Israël. Si au sommet de l’État, cette décision est saluée, elle ne sera, par contre, jamais acceptée par le peuple marocain…

Cet attachement à la cause palestinienne n’est pas nouveau et est partagé par l’ensemble des pays arabes. Pour preuve, les manifestations en soutien au peuple palestinien sont celles qui rassemblent toujours un nombre considérable de personnes, parfois jusqu’à plusieurs millions à travers le monde.

Malgré une forte pression en faveur de la normalisation entre les pays arabes et Israël, des pays résistent, c’est le cas notamment de l’Algérie ou de la Tunisie qui refusent toujours d’établir des relations diplomatiques avec l’État hébreu. D’ailleurs, le drapeau palestinien accompagne très souvent leurs emblèmes nationaux lors de manifestations politiques ou d’évènements sportifs. Et le Maroc ne fait pas exception. Certains ont payé cher les critiques adressées au « makhzen[1]» jugé incapables de défendre les Palestiniens.

L’accord de normalisation entre Rabat et Tel Aviv a donc été perçu faussement comme la fin de la solidarité populaire à la cause palestinienne. Cette normalisation n’a jamais été acceptée par les Marocains dans leur ensemble, qui continuent à marquer leur attachement à défendre leurs « frères » victimes d’injustice. Pour preuve, la dernière Coupe du Monde au Qatar où de nombreux observateurs ont indiqué que la Palestine était la véritable gagnante de la compétition sans qu’aucun joueur palestinien n’ait foulé la pelouse qatarie. Et cela, grâce à la performance du Maroc qui n’a pas hésité à associer le drapeau noir, blanc, vert et son triangle rouge à sa victoire. Toutes ces manifestations d’amour envers la Palestine, ont montré qu’Israël ne sera jamais accepté par les Arabes tant qu’il demeurera une puissance occupante qui bafoue les droits humains les plus élémentaires.

La footballeur marocain Achraf Dari célèbre la qualification pour les demi-finales en brandissant un drapeau palestinien au stade al-Thumama de Doha. © EPA-EFE/Abedin Taherkenareh

Les avantages politiques obtenus par le gouvernement marocain en échange des droits des Palestiniens semblent dérisoires : la reconnaissance américaine de la revendication de Rabat sur le Sahara marocain. Cependant, la géopolitique mondiale semble plus que jamais remise en question : la supériorité des États-Unis et de l’Occident est de plus en plus contestée sur le continent africain. De nouveaux acteurs puissants, comme la Russie et la Chine, gagnent du terrain et fragilisent cet équilibre instauré depuis de (trop) nombreuses décennies

Israël, de son côté, souhaite bénéficier de l’immense zone marchande que représentent les pays arabes et espère en contrepartie en retirer toutes sortes d’avantages économiques mais tout en continuant à asservir les Palestiniens. Il est donc temps pour le Maroc et d’autres pays arabes de reconsidérer leur engagement en faveur de l’État hébreu au risque de payer cher les maigres consolations reçues en échange de cet énorme sacrifice consenti.

À l’occasion du deuxième anniversaire de l’accord de normalisation, des dizaines de milliers de Marocains ont manifesté à travers tout le pays (30 villes différentes) leur opposition à cette décision à travers un slogan : « le peuple veut abattre la normalisation ». Des protestations organisées par le Front marocain de Soutien à la Palestine et contre la Normalisation.

L’année 2022 a été particulièrement sanglante en Palestine. Elle est en passe de battre un nouveau triste record : l’année la plus meurtrière pour les Palestiniens de Cisjordanie depuis 2005…, selon l’envoyé des Nations-Unies pour le Moyen-Orient.

Ce mouvement populaire ainsi que tous ceux qui existent à travers le monde indique que la Palestine restera une lutte nationale au Maroc et dans d’autres pays arabes, et cela, malgré les décisions prises par des gouvernements prêts à sacrifier l’honneur et la justice sur l’autel de pauvres ambitions personnelles…

H.B.

[1] Le makhzen (مخزن) est un terme arabe désignant un entrepôt fortifié utilisé jadis pour le stockage des aliments, et qui a donné le mot magasin en français. Le makhzen désigne de façon spécifique et jusqu’à nos jours l’appareil étatique marocain.

Farha, un hommage à toute une nation

C’est l’histoire singulière d’une adolescente qui aspire à un autre avenir que celui qu’on lui destine. Nous sommes en 1948 dans un petit village de Palestine où Farha, jeune fille de 14 ans, rêve d’aller dans la grande ville pour étudier et devenir une femme instruite. Mais tout ne se passera pas comme prévu. Ce film pittoresque tourne au drame et nous fait basculer dans un événement historique du 20ième siècle.

En effet, Farha découvre la Nakba, la « grande catastrophe » en arabe. Pour la protéger de l’invasion des forces israéliennes, son père décide de la cacher et de l’enfermer dans un garde-manger. « Je reviendrai te chercher dès que possible ! » lui promit son père, le fusil en main.

Film dramatique d’1H30 qui nous fait revivre cette tragédie à travers les yeux de la jeune fille. N’ayant qu’un tout petit hublot qui lui permet de voir ce qu’il se passe à l’extérieur, Farha découvre l’horreur de cette guerre. La réalisatrice a réussi à nous emmener dans l’intimité de cette chambre et à vivre les émotions que vont traverser la jeune adolescente : les bruits assourdissants des tirs et des détonations, les cris d’effroi, la douleur dans les voix, la peur suffocante et inquiétante jusqu’aux mouches volant autour de sa nourriture, les bruissements des feuilles dans les arbres…Ainsi, la guerre fera partie de son parcours.

Toutes les émotions nous traversent : de la joie à l’espoir, de la peur à la douleur, de la vie à la survie !

Farha est un film touchant, émouvant, une histoire captivante. Nous vivons les mêmes évènements, les émotions sont partagées et le prénom de Farha, « la joie » en arabe résonne en nous tout au long du film. 

« Farha est l’histoire d’amitié, d’aspirations, de rite de passage, d’exil, de la survie et de la libération face à la perte, le tout vu à travers les yeux d’une jeune fille. »

Nommé aux Oscars de 2023 dans la catégorie film étranger, ce long métrage n’est pas au goût de tout le monde et notamment des autorités israéliennes, qui font pression sur la plateforme Netflix pour le soustraire de sa programmation. Cette rare représentation à l’écran de la violence israélienne contre les Palestiniens a été condamnée par les autorités israéliennes.

D’autant plus que Farha est inspirée de la vie d’une véritable jeune fille, Radiyeh, qui vivait en Palestine en 1948 et a été enfermée dans une chambre par son père pour la protéger de l’invasion d’Israël à l’époque…74 ans plus tard, c’est son histoire qui est sur le grand écran !

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​Najoua

La Belgique, ce casse-tête chinois

Si la Belgique est souvent appelée « le pays du surréalisme » ce n’est pas seulement pour son peintre René Magritte, considéré comme le maître du surréalisme en peinture. En réalité, le surréalisme de la Belgique évoque la complexité de son système politique et de ses institutions (due à son histoire), ainsi que les nombreux compromis qui sont nécessaires pour dégager des accords qui contentent le plus grand nombre. Alors, compliquée la Belgique ? Incontestablement ! Mais nous allons tenter en quelques articles de brosser un portrait simplifié de son fonctionnement et de sa structure. Ainsi que des couleurs et des tendances politiques qui font son identité, reflet des aspirations et préoccupations de ses citoyens. 

Quel type d’état est la Belgique ? 

La Belgique est une monarchie constitutionnelle parlementaire. En effet, le chef de l’État belge est un roi. Mais c’est un chef symbolique dont le pouvoir est limité par la constitution. Il est indépendant des partis politiques. Il est le garant de l’unité nationale et territoriale, il représente et défend les intérêts du pays à l’étranger. De part sa neutralité, il est aussi un médiateur lors de crises politiques internes.  

La monarchie est aussi parlementaire. Cela veut dire que le roi ne peut entreprendre quoi que ce soit sans l’accord du gouvernement.  

Structure de l’État belge

La Belgique est structurée comme suit : 

  • Un état fédéral
  • 3 régions (basées sur le territoire) : la Wallonie, la Flandre, Bruxelles-Capitale 
  • 3 communautés (fondées sur la langue) : flamande, francophone, germanophone 
  • 10 provinces
  • 581 communes 

Au fur et à mesure des réformes (les dernières en 2012 et en 2014), l’état fédéral a transféré de plus en plus de compétences vers les 3 régions et les 3 communautés, qu’on appelle aussi les entités fédérées. Ces entités fédérées ont ainsi gagné plus d’autonomie.  

Le pouvoir et les décisions sont donc partagés entre l’état fédéral et les entités fédérées (régions et communautés). Voilà pourquoi la Belgique ne compte pas moins de 6 gouvernements, un fédéral et un pour chaque région et communauté, la Flandre ayant un seul gouvernement à la fois pour sa communauté et sa région.  

Qui fait quoi ?  

  • Le gouvernement fédéral prend des décisions pour l’ensemble du pays. Son chef est le premier ministre. Il travaille avec maximum 15 ministres ainsi que des secrétaires d’état. Ceux-ci sont à la tête de ministères, plus connus désormais sous le nom de SPF (service public fédéral). Ses domaines d’actions sont : la défense, la justice, les finances, les affaires étrangères, la sécurité sociale, la santé publique (en partie), etc. 
  • Les entités fédérées (régions et communautés) ont des compétences propres et variées qu’elles exercent en autonomie pour la Flandre, pour la Wallonie ou pour Bruxelles-Capitale.  

A leur tête, on retrouve des ministres-présidents et des chefs de gouvernement.  

Les régions vont gérer des domaines comme l’emploi, l’agriculture, l’économie, l’énergie, etc. 

Les communautés sont responsables de sujets tels que la langue, la culture, l’enseignement (en partie), etc.

N.B : le fédéral, les régions et les communautés ne possèdent aucune hiérarchie entre eux. Ils sont tous trois sur un même pied d’égalité mais exercent leurs fonctions dans des domaines différents. 

N.B : le fédéral, les régions et les communautés possèdent chacun leur gouvernement mais aussi leur parlement.  

  • Les provinces, elles, sont sous contrôle des autorités supérieures (communautés ou régions). Leurs chefs sont les gouverneurs de province. Ils se réunissent en collège.  

Ils gèrent tout ce qui est d’intérêt provincial, c’est-à-dire ni fédéral, ni régional ou communautaire, ni communal. Par exemple, une partie de l’enseignement, l’environnement, le transport, le logement, les travaux publics. 

  • Les communes quant à elles, ont des compétences larges, qui concernent les besoins collectifs de leurs habitants, comme les naissances, les décès, les mariages, l’ordre public, la propreté communale, les CPAS. Elles sont aussi sous contrôle des autorités supérieures. Leurs chefs sont les bourgmestres.  

Pour être complet, il faut noter que les compétences sont parfois éclatées entre le fédéral, les communautés et les régions. C’est le cas de la santé par exemple, ce qui a donné lieu à une gestion difficile de la crise covid, avec pas moins de 9 ministres de la santé. 

La Belgique, un état de droit 

En tant que démocratie, la Belgique a organisé la séparation des 3 grands pouvoirs afin qu’aucun d’eux ne puisse concentrer tous les pouvoirs. Et qu’aucune influence malsaine ne puisse avoir lieu. Ainsi, un ministre ne peut donner d’ordre à un juge. Nous avons donc : 

Le pouvoir législatif : il fait les lois. Il se compose du parlement (sénat + chambre des représentants) 

Le pouvoir exécutif : il fait appliquer les lois. Il se compose du gouvernement fédéral et du roi. 

Le pouvoir judiciaire : il sanctionne les violations de la loi. Il appartient aux tribunaux.  

Alors vous avez trouvé ça compliqué ? Et vous avez raison. Vous pouvez maintenant vous récompenser d’un bon morceau de chocolat comme nous en avons de si délicieux !

Rendez-vous au prochain article pour parcourir ensemble les fondements du système électoral en Belgique.  

Nous nous intéresserons également aux différentes couleurs politiques présentes chez nous, ce qu’elles portent comme valeurs et idéologies.  

Enfin, nous ferons connaissance avec les partis politiques qui font la pluie et le beau temps de notre plat pays. 

Portez-vous bien! 

Hayat Belhaj  

Les Lions de l’Atlas… une histoire de cœur

Bientôt 5 ans que je n’ai pas foulé la terre de mes ancêtres… Non pas que rien ne m’y rattache mais mon gout prononcé pour la découverte de nouveaux horizons m’a fait voyager ces dernières années, vers des contrées inconnues et moins fréquentées.

Les rues bondées que je prenais plaisir à sillonner avec mon amie Najia et les plages surpeuplées où je me suis prélassée ont été le théâtre de mes vacances d’été au Nord du Maroc pendant ma jeunesse.

Aujourd’hui, j’aspire à autre chose : me ressourcer… loin des rues bondées et des plages surpeuplées.

Voilà pourquoi, le besoin d’y retourner ne s’est pas fait sentir depuis plusieurs années… Mais d’ailleurs, ne dit-on pas loin des yeux, loin du cœur ? Et pourtant…

Maroc-Belgique, dimanche 27/11/22

– Maman, moi je suis pour la Belgique et toi, tu es pour qui ?

– On ne choisit pas entre sa mère et son père, voyons

Le match commence… Après la 1ère mi-temps, ma fille me repose la question et ma réponse demeure identique. Cependant, dans mon cœur, aucun doute ne subsiste.

Tout me rattache à la Belgique : naissance, langue, éducation,études, références culturelles, travail… et pourtant, le cœur a ses raisons que la raison ne connait point !

L’engouement autour des performances de l’équipe marocaine a éveillé en moi un patriotisme insoupçonné. A la grande consternation de ma fille qui, en réponse à sa question initiale « tu es pour qui ? », a vu sa mère passer du politiquement correct « On ne choisit pas entre sa mère et son père… » à « Traitresse !» lorsque celle-ci s’indigna du tir au but de Saïss à la 73ème minute !

Maroc-Portugal, samedi 10/12/22

J’étais invitée à passer l’après-midi en bonne compagnie mais j’ai décliné l’invitation à la dernière minute. Match oblige ! Je ne fus pas déçue. Un moment fort en émotions. L’histoire s’écrit : premier pays africain, première nation arabe à concourir pour la demi-finale. Scènes de liesse en Belgique, France, Allemagne, Italie, Espagne, Canada, Palestine, Tunisie, Libye, Mauritanie, Ghana, Qatar… La liste est trop longue.

Au-delà des performances footballistiques que les joueurs ont pu démontrer depuis plusieurs matches, on assiste à une espèce de symbiose, de cohésion, de renforcement des liens qui unissent les Marocains où qu’ils soient dans le monde. Mais pas seulement. L’équipe marocaine a aboli les frontières. Désormais, le drapeau rouge à l’étoile verte réunit les peuples arabes, africains et musulmans à travers le monde. Et même au-delà… D’Elon Musk avec son «🇲🇦🇲🇦 Congrats Morocco !! 🇲🇦🇲🇦» au tweet de Shakira « This time for Africa ! », les réseaux sociaux s’enflamment.

Au-delà du patriotisme, ce n’est pas tant la victoire qui est impressionnante mais leur parcours riche en enseignements. Ils ne se battent pas avec leur corps seulement mais avec leur cœur surtout. Ils y puisent force et  détermination. L’endurance, le mental d’acier, la résistance dont ils font preuve sont prodigieux.

En quelques matches, les Lions de l’Atlas ont redéfini « la croyance en ses rêves ». Se dépasser, se surpasser, croire en l’inatteignable, ne pas se laisser impressionner par « les plus grands » … preuve une fois de plus, que l’être humain est le seul à se mettre des barrières. Une telle conviction ne peut être qu’empreinte de foi… Et le tout, surtout, surtout… avec humilité et simplicité. Ils ont déjà tout gagné.

Après chaque victoire des Lions, on assiste à un cérémonial qui peut paraitre étrange aux yeux des non-initiés que sont les Occidentaux : le baiser du front maternel. Nous avons tous vu Regragui, Ziyech, Hakimi ou encore Boufal courir vers les tribunes pour embrasser leur mère et plus spécifiquement leur tête.

La bénédiction des parents, personnifiée par le baiser du front maternel (et paternel), est un symbole puissant, souverain dans la culture arabo-musulmane, pour le rang élevé attribué aux parents par Dieu.

Les Marocains, croyants, ont besoin de Dieu pour y arriver. La prosternation de remerciement à Dieu sur le terrain, la puissance des invocations du Maghreb au Machrek, le baiser du front maternel… Ne sont-ce pas là des signes pour les croyants ?

Le souffle est suspendu. Ce soir se joue la demi-finale.

Look who we are, we are the dreamers
We make it happen ’cause we believe it
Look who we are, we are the dreamers
We make it happen ’cause we can see it

Regarde qui nous sommes, nous sommes les rêveurs

Nous y parvenons parce que nous y croyons

Regarde qui nous sommes, nous sommes les rêveurs

Nous faisons en sorte que cela se produise parce que nous pouvons le voir

La chanson officielle de la Fifa Coupe du Monde 2022.

Les paroles semblent taillées sur mesure pour les Lions de l’Atlas… Encore un signe ? Cette chanson a battu les records de vue de toutes les chansons de la Coupe du Monde. Elle a été écrite et produite par RedOne : producteur, auteur et compositeur… marocain! Encore un signe ?

Dans tous les cas, la victoire est déjà marocaine…

L.M.

Un moment suspendu…

La méditation est un moment de pause que chacun de nous doit faire dans sa journée. Elle commence par une simple réflexion, puis elle vous permet de déambuler dans des endroits les plus improbables, c’est un moment magique !Se faire confiance et se laisser guider, une manière de s’abandonner aux images, aux mots, aux couleurs qui nous viennent à l’esprit.

Comment franchir les portes de la méditation ?

Par la solitude ! Il est très difficile d’être en état de méditation en étant dans un environnement perturbant. L’âme a besoin de paix pour se laisser emporter tranquillement au fil des pensées. La nécessité de s’isoler est donc une démarche primordiale !

Ma méditation s’est portée sur un verset de la sourate 101 « Le fracas », verset 4 : « C’est comme le jour où les gens seront comme des papillons éparpillés ». Kal farachi lmabthouth, en arabe!

J’étais dans un jardin en compagnie de belles âmes, nous sommes en automne, le refrain de la poésie de Maurice Carême m’accompagne dans ce doux moment…ce fameux refrain que nous avons, pour la plupart, étudié sur les bancs de l’école, cette période d’innocence…

Il ne faisait pas froid, seule la brise nous invitait à ce vent de liberté, ce vent ayant parcouru des lieux inimaginables tel le parcours d’un nomade. Mon regard est alors attiré par ce papillon, seul, alors j’ai souhaité être sa compagne de route. Sa danse était si élégante que je me suis mise à valser avec lui !

Quelques jours après, je me mets à ma tâche, je m’isole et je prends mon coran que je lis…je m’arrête sur ce verset de la sourate « Le fracas » : « C’est comme le jour où les gens seront comme des papillons éparpillés. »

Un sentiment de mal-être s’empare de moi !

Ce papillon qui m’a fait oublier l’instant présent me revient à l’esprit. Il était si fragile, si beau !

Je me mets à rechercher ses caractéristiques afin de comprendre pourquoi Allah en parle dans un verset ! Pourtant, Allah nous parle du jour le plus dur, du jour le plus terrible, le jour de l’angoisse, le jour où, vous le verrez, toute nourrice oubliera ce qu’elle allaitait !

Je monte dans la camionnette de Jamy avec son équipe, vous vous en souvenez ? Nous pénétrons une réserve naturelle dans laquelle se trouve un élevage de papillons. Je découvre des milliers d’espèces. Je découvre les différents stades dans sa physionomie, ses mets composés de jus de fruits et de nectar de fleurs. Quand il est dans son cocon, il est drapé de soie. Je suis émerveillée par ces découvertes.

Seigneur! Tu n’as pas crée cela en vain!

Cet insecte est décidemment merveilleux, dans certaines cultures, le croiser est signe de bon augure !

Mes yeux se reposent sur le titre « Le fracas ». Une autre appellation du jour le plus terrible que l’humanité vivra! Kal farachi mabthouth ! Comme des papillons éparpillés.

Celui que j’observais me semblait valser mais à y réfléchir, non, c’est juste que sa trajectoire n’est pas précise.

Là, je médite sur ma vie… je ne connais pas le repos mental.

Rattraper ce temps perdu avant que mon délai ne soit consumé, je vis dans cette crainte que la mort ne me surprenne dans mon état d’ignorance !

Je suis à l’image de ce papillon qui papillonne, mes pensées vont dans tous les sens, entrainées à 1000 lieux de mon point de départ, me poser 1001 questions pour que la seconde d’après elles se multiplient…

« KAL FARACHI LMABTHOUTH ! »

J’ai mal, ma poitrine se serre, je repose mon regard sur le coran comme pour rechercher cette bouffée d’oxygène pour me sortir de cette asphyxie.

« Waman ya3mal mithqala daratine khayran yarah ! » Quiconque fait le poids d’un atome de bien le verra

L’Amour d’Al Wadoud s’empare de moi, je finis par conclure que l’image du papillon, dans ce verset, était une manière de mettre en exergue Sa douceur, reconnaissant la fragilité de chacun de nous, reconnaissant la beauté de chacun de nous !

Elakrouchi Hana