Sarah : Dis-moi, qu’en penses-tu ? Tu me conseilles la bleue ou la rouge ? J’ai une réunion importante avec mon boss aujourd’hui.
Nuit meurtrière à Gaza : Israël a frappé un camp de déplacés à Rafah qui a fait au moins 45 morts selon les dernières informations.
Hajar : Quoi ? !
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme s’est dit horrifié lundi par les nouvelles pertes de vies civiles. Les victimes étaient des personnes déplacées vivant dans des tentes qui ont été la proie des flammes ; beaucoup étaient des femmes et des enfants.
Sarah : Oui, je me disais bien. Bleu, rouge… trop tendancieux en cette période électorale.
Tu peux juste zapper pour voir la météo ?
Les images provenant du camp sont horribles et n’indiquent aucun changement apparent dans les méthodes et les moyens de guerre utilisés par Israël, qui ont déjà causé la mort de tant de civils.
Hajar : Aucun changement apparent en effet…
Nous étions tranquillement assis lorsque, tout à coup, nous avons entendu une explosion.
Sarah : Ah oui ? Toujours aussi pluvieux ? Je n’en peux plus de ce temps de déprime.
C’était si soudain. Les bombes sont tombées sans avertissement, raconte une survivante de l’attaque.
Hajar : Ça tombe sans avertissement…
Nous avons vu des tentes en feu et avons ensuite dû récupérer des parties de corps et des enfants morts, explique la jeune fille.
Sarah : Mais c’est bien là, le problème. Hier, la pluie n’était pas prévue et soudainement, le déluge !
Des images insoutenables circulent sur les réseaux. On y voit des bébés décapités.
Hajar : Mon Dieu !
« Les autorités sanitaires se sont déclarées dépassées par la quantité et le type de blessures, et ont déclaré que les médecins ne pourront pas soigner tout le monde. »
Sarah : C’est exactement ce que j’ai dit quand j’ai vu cette pluie s’abattre aussi soudainement sans crier gare…
Il faut savoir qu’un seul hôpital demeure opérationnel à Rafah en raison de la destruction par Israël du système de santé à travers toute la bande de Gaza.
Hajar : Que faire alors… ?
Depuis le début de la guerre, MSF a été le témoin d’attaques systématiques contre les structures médicales et civiles.
Sarah : Prendre son mal en patience. Que veux-tu faire d’autre ? Comme dit le dicton : « après la pluie le beau temps. » C’est le cas de le dire !
Et la veste ? Tu n’as pas répondu. Tu me conseilles laquelle ?
« Les autorités sanitaires ont demandé en toute urgence l’aide de la Croix-Rouge International… »
Hajar : La Croix-Rouge… oui…
Sarah : Finalement, tu préfères la rouge ? Ok, va pour la rouge. Bon je te laisse. Souhaite-moi bonne chance. A moi les nouveaux projets !
Alors que le climat politique général ne semble pas propice aux bonnes nouvelles, les marchés financiers, quant à eux, sont excités et semblent déterminés à atteindre de nouveaux sommets. Ils n’ont pas cessé de monter. Depuis le 9 mars, ils ont décidé de souffler après une longue période très haussière. Ils corrigent. Alors que certains y voient un point d’entrée pour faire leurs emplettes, d’autres se posent des questions et peinent à donner des raisons à ces tendances haussières dans une réalité économique plutôt amère. L’or, considéré jusqu’à présent comme le refuge de tout investisseur, est en parfait accord avec la tendance boursière.
Sommes-nous à l’aube d’un éclatement ? La bulle spéculative s’est-elle réellement dégonflée depuis 2019 ? Pourquoi les marchés sont-ils sur une lancée frénétique ? Qu’est-ce qui échappe à notre compréhension ? Une économie boursière en déconnexion totale avec la réalité et le contexte géopolitique.
En effet, contrairement aux marchés financiers, le climat politique semble présenter des tâches sombres partout dans le monde :
Le Moyen-Orient est toujours en guerre : Israël continue ses frappes incessantes sur la Palestine. Le bilan des civils tués compte plus de 31 000 Palestiniens tués (et 1 200 Israéliens) et plus de 73 000 blessés (et 5 341 Israéliens).
Une Union européenne aux tensions bien marquées : Macron annonce la possibilité d’envoyer des troupes occidentales en Ukraine, une annonce immédiatement contredite par son homologue allemand, Olaf Scholz.
Un OTAN recadré par les États-Unis : Biden recadre les propos de Macron et confirme que les États-Unis n’enverront pas de troupes en Ukraine.
La Russie répond aux propos occidentaux : La Russie poursuivra toujours ses ambitions. La guerre ne semble pas encore trouver sa fin : « Quant à ces pays qui disent qu’ils n’ont pas de ligne rouge concernant la Russie, ils doivent comprendre que la Russie n’aura aucune ligne rouge les concernant ».
Les États-Unis sont bien occupés par les élections et s’apparentent à des règlements de comptes personnels ;
Des médias qui continuent de mentir ;
Des manifestations et des révoltes…
La résilience des marchés financiers
Une pluie de mauvaises nouvelles et pourtant la bourse s’envole. Les marchés font abstraction de ce qui les entoure. Ils sont résilients et déterminés à monter. Bulles spéculatives ?
Le Cac40 (8164 points) et le SP500 (5117 points) ont atteint des plus hauts jamais atteints précédemment. Le Dow Jones a dépassé les 38 700. Sa hausse de 445 % lors de la bulle de 1921 s’est suivie d’un krach de 90 %. De même après la bulle de 2007 (hausse de 486 %), le Dow Jones a subi un krach de 54 %. Aujourd’hui, il a augmenté de 497 %. Quand et à quel krach pouvons-nous nous attendre ?
Quant au Bitcoin (72 000), il a aussi pris la direction de la lune. L’or avait pour habitude d’être un actif de refuge et le voilà qui suit les mêmes tendances que le bitcoin ou la bourse. Comme les taux d’intérêt sont supérieurs à l’inflation, les rendements sur les épargnes sont censés être plus attractifs que l’or. En effet, mettre de l’argent en épargne devrait être plus intéressant que l’investir en or puisque l’or ne génère pas de taux d’intérêt. Or, l’or ne cesse lui aussi d’augmenter et a atteint des sommets jamais atteints. Si l’or monte alors que tout « semble aller bien », c’est que tout ne va pas bien.
Qu’est-ce qui pourrait donc déclencher l’effondrement de ces marchés ? La dette publique !
La dette, un monstre dans le placard
D’autant que la dette publique continue, quant à elle, de monter et le politique ne semble pas s’en soucier. On la laisse mijoter telle une cocotte-minute.
Le graphique ci-dessous nous donne une indication sur la dette de chaque pays en 2022. La Belgique dépasse les 104 % du PIB de notre pays. Ce qui signifie que l’État belge doit trouver une façon de recouvrer sa dette. (En France, la dette est de 117 % et 116 % en Espagne). Deux solutions existent pour cela :
• Soit on augmente l’impression monétaire. Étant donné l’inflation trop élevée, cette option n’est pas (plus) envisageable (voir l’article précédent qui explique le lien entre l’inflation et l’impression monétaire). La BCE ayant déjà trop abusé de l’impression de la masse monétaire, cette solution est exclue. • Soit la Belgique augmente les impôts et c’est cette solution qui sera retenue.
Lorsque les États augmenteront les impôts, les gens consommeront moins. Ils investiront moins dans les marchés financiers et voudront épargner. Les bulles spéculatives exploseront. Les investisseurs se détourneront des marchés à risque pour se diriger vers les marchés de refuge tels que l’or. Si les taux d’intérêt restent élevés, on préférera mettre son argent dans les épargnes ou obligations.
Ainsi, face à des marchés insensibles, les investisseurs doivent rester vigilants et garder le recul nécessaire pour se poser les bonnes questions. Est-ce le moment d’investir ? Les marchés sont-ils sains ? Comment reconnaître un bon point d’entrée ? Autant de questions que de réponses incertaines. Et pourquoi ne pas laisser la tempête passer avant d’investir ? Un vieil adage conseille d’acheter sous le bruit du canon et de vendre sous le doux son du violon. C’est quand tout semble être bon qu’il faut se méfier…
Voyons le bon côté des choses, les périodes de crise sont les meilleurs moments d’investissement. La patience est de mise et tout vient à point à qui sait attendre.
Alors qu’hier soir la commune d’Anderlecht a voté une motion « floue » en faveur du port de signes convictionnels pour les employées communales, les femmes musulmanes se battent depuis de nombreuses années pour revendiquer leur droit de porter les vêtements qu’elles désirent. Sous couvert de la neutralité, les derniers récalcitrants résistent farouchement et ne veulent pas voir ces femmes apporter leur contribution à la société dans laquelle elles vivent et évoluent au quotidien.
La levée de bouclier est importante tant elle bouleverse le quotidien et les habitudes de ceux qui ne peuvent accepter que des femmes musulmanes aspirent à occuper les mêmes places et postes que leurs collègues, ceux-là mêmes qu’elles ont côtoyé sur les bancs de l’université ou des écoles supérieures.
Aujourd’hui, la société est prête à se passer de ces femmes compétentes, surqualifiées pour certaines, car leur différence dérange, elle rappelle qu’elles ont décidé pleinement et librement de faire un choix vestimentaire en conformité avec leur spiritualité. Un choix intime et personnel mais qui intéresse et passionne les débats.
Un longcombat
Pourtant, elles sont nombreuses aujourd’hui à ne plus vouloir se taire face à toutes ces discriminations dont elles sont victimes. Ce foulard, objet galvanisateur de toutes les haines, elles l’ont choisi fièrement et elles sont prêtes à se battre pour revendiquer leur droit d’être ce qu’elles sont à l’image du combat mené par Marie Popelin, première femme à accéder à des études universitaires à l’Université Libre de Bruxelles. Grâce à son courage et sa persévérance, elle aura permis à toutes les futures générations de femmes de côtoyer ces havres du savoir sans que cela ne pose question. Les résistances étaient là aussi nombreuses mais elles ont fini par céder sous le poids de la ténacité.
Le chemin à parcourir est encore long, mais les résistances finiront tôt au tard par céder, le courage de ces femmes pèsera dans la balance et les futures générations de femmes musulmanes arborant un foulard pourront pleinement savourer la victoire d’un combat mené par leurs aînées.
Cet article rend hommage à Ali Mérad, intellectuel algérien qui a profondément marqué les études islamiques en France. De son engagement précoce dans le mouvement réformateur à ses contributions éducatives et son plaidoyer pour une vision éthique de l’Islam, plongeons dans la vie d’une figure qui a laissé un legs intellectuel inestimable.
Dans les années 1952, l’Algérie était sous domination coloniale française, imposant des inégalités systémiques aux Algériens musulmans qui constituaient la majorité de la population. Soumis à un statut juridique inférieur et exclus de la participation politique et économique, ils étaient confrontés à une discrimination généralisée. Cette marginalisation a été le moteur des revendications nationalistes, conduisant à la guerre d’indépendance en 1954.
Qui était Ali Mérad ?
Le contexte de l’Algérie en 1952 est crucial pour comprendre la vie et l’héritage d’Ali Mérad. Ali Mérad, né en 1930, a émergé comme un intellectuel engagé, symbolisant la résilience d’une génération luttant pour l’égalité et l’indépendance.
Ali Mérad, pionnier des études islamiques en France, c’est avant tout un héritage intellectuel incontournable.
Penseur émérite né en 1930 à Laghouat, en Algérie, et dont l’influence a perduré bien au-delà de sa disparition. Son parcours est fascinant: de son éducation entre école coranique et école communale à ses contributions académiques notables. Retraçons le cheminement d’un homme dont les idées ont transcendé les frontières, influençant les études islamiques en France.
Jeunesse musulmane
Ali Mérad, en partenariat avec Ahmed Taleb-Ibrahimi, a fondé en 1952 le « Jeune Musulman », un périodique visant à propager les idées du mouvement réformateur parmi les jeunes algériens francophones. Ali Merad écrit sous un pseudonyme pour différentes éventuelles raisons :
Sécurité : en tant qu’islamologue, les sujets traités restent sensibles lorsqu’ils sont liés à la religion et à la politique.
Confidentielle : certains chercheurs ou intellectuels choisissent d’écrire sous des pseudonymes afin de garder leur identité confidentielle, surtout lorsque leurs recherches peuvent être controversées ou en contradiction avec les normes dominantes.
Liberté académique : utiliser un pseudonyme peut permettre à Ali Merad de publier librement ses travaux sans se soucier de représailles ou de pressions politiques ou sociales qui pourraient limiter sa liberté académique.
Neutralité : en choisissant un pseudonyme, il peut se détacher de toute affiliation politique ou idéologique préexistante, offrant une perspective plus neutre et objective lorsqu’il écrit sur des sujets sensibles.
Cependant, il est important de préciser qu’il n’existe pas suffisamment d’informations disponibles à son sujet. Ces réponses restent hypothétiques et ne se basent sur aucune source spécifique concernant Ali Merad.
Sa vie académique a été marquée par des réalisations telles que l’agrégation d’arabe à Paris et des contributions significatives aux Conférences Internationales de Genève et son poste de professeur émérite à l’Université de Paris III.
Engagé dans le dialogue islamo-chrétien, Mérad a refusé un rôle dans le projet de séparation du Sahara, alignant ses convictions sur le mouvement indépendantiste. Son refus des dirigismes religieux s’est également manifesté dans son plaidoyer pour une éducation musulmane conséquente en France.
La vie de Mérad a été ponctuée d’articles remarqués, notamment sur le réformisme musulman en Algérie. Impliqué dans la reconnaissance du culte musulman en France, il a dénoncé les carences de la Mosquée de Paris et proposé des réformes pour l’Institut musulman.
Aujourd’hui, l’héritage intellectuel d’Ali Mérad résonne dans un contexte où le dialogue interreligieux et l’éducation sont cruciaux. Son appel à une approche éthique de l’Islam trouve une résonance particulière. Alors que la France continue de naviguer dans les défis liés à la diversité religieuse, le legs d’Ali Mérad demeure un guide précieux pour comprendre et prévenir les radicalisations. Un rappel puissant que l’éducation éclairée est la clé d’un avenir harmonieux.
Au détour d’un sentier de montagne, en Savoie, niché dans un vallon préservé, le Lac du Lou s’offre à nos yeux, cerclé d’une chaîne de montagnes. Un cadre magnifique où la nature nous éblouit par sa simplicité et sa générosité. Un point de vue panoramique où la contemplation s’éveille et fait de ce moment un temps suspendu, un temps de réflexion, un temps de méditation…
« Approche, petit homme ! Approche et écoute !
Sache, petit homme que tu ne peux discerner les choses au moyen de la raison que lorsque tu te conformes aux exigences de celle-ci. Fais appel donc, à ta raison et sois attentif !
Certes, la détermination est relative à chaque créature, on n’obtient pas toujours ce à quoi on aspire et on ne trouve pas toujours ce que l’on recherche. Mais, sache, petit homme, qu’il est de ton devoir de faire l’effort et de te diriger vers ta destinée…
Tu as été créé et chargé de responsabilités. Des devoirs t’incombent. Il y a pour chaque être un entrepôt : prends garde de ne rien accomplir et ainsi de le laisser vide.
Tes pas qui te mènent au terme de ta vie sont comptés car ton séjour en ce monde est court.
Sache, petit homme, qu’il te faut être vigilant car les jours se réduisent à des heures et les heures se réduisent à un souffle !
Sache, petit homme que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, il y a des batailles que tu devras livrer sans relâche : les moments de difficultés, les pertes de sens, les défis et les remises en question font partie du jeu. Ils représentent le point de départ d’un courage insoupçonné, de relever la tête et de trouver les ressources en soi pour s’élever, grandir à l’image de mes cimes.
De la même manière que je suis formé par la dislocation de 2 plaques terrestres, frottées l’une contre l’autre, tes propres montagnes surgissent à la rencontre aussi, de 2 besoins : l’une veut atteindre les sommets et l’autre refuse le changement.
Sache, petit homme, que la souffrance est une réalité de la vie ! Tu as besoin de passer par cette douleur pour te révéler. Sache, petit homme, que dans les profondeurs de mes entrailles se cachent des trésors, des pierres précieuses. Du carbone naît la plus belle d’entre elles : le diamant. Son processus de fabrication ne pourrait se produire sous une extrême pression terrestre de roche en fusion.
L’urbanisation, l’ère de la modernité te pousse à te cloisonner, à t’enfermer, la technologie pousse à l’abandon du corps. Tu n’es pas un être de sommeil, petit homme ! Car même si ton esprit est vif, ton corps te rappelle ta fragilité, ta vulnérabilité, ta condition humaine.
Regarde mes flancs et regarde mes sommets, ils sont ma force et mon honneur, petit homme ! Au cœur de mon monde coule une eau pure et limpide, qui va abreuver tes semblables et les troupeaux dont ils ont la charge. La vie est en moi et elle m’expose à de lourdes responsabilités : la distribution de mes dons à toutes sortes de créatures, des minéraux aux animaux, en passant par les végétaux.
Pour chaque chose, je lui accorde son droit ! Je fais parvenir à mon propre entrepôt ce qui me réjouira le jour où je le retrouverai.
Heureux celui qui aura saisi la valeur de ces devoirs et les aura appliqués !
Sache, petit homme que la force est en toi ! Alors avance pas à pas ! Ainsi, tu auras conquis tes montagnes !
Va, petit homme, à la quête de tes sommets ! »
Najoua
Le lac du Lou, à saint-Martin-de-Belleville, en Savoie ( France)
Avec ses vallées verdoyantes et ses paysages bucoliques à souhait, la Slovénie est une véritable perle dans un écrin de verdure. Niché en pleine montagne, c’est vers le lac de Bohinj, dans le parc national du Triglav, que le vent me mène.
Sur fond de hautes montagnes, ce lac aux reflets d’émeraude offre calme et sérénité. Au détour d’un petit chemin dans la forêt le long de la berge, je découvre une crique insoupçonnée qui incite au prélassement. En l’instant d’un après-midi, le temps est suspendu. Tantôt les nuages recouvrent les montagnes d’un voile brumeux qui confère au lac un air féérique, tantôt le soleil révèle un magnifique dégradé de vert qui colore cette eau cristalline. Je ne me lasse pas de la beauté du paysage digne d’une carte postale.
Les nuages gris s’amoncelant sonnent le glas de ce moment privilégié et m’enjoignent à laisser la nature reprendre sa place.
De retour à la « maison », je prépare le repas avec le mont Triglav en toile de fond. Installée sur ma petite chaise pliable, j’admire les étoiles tout en sirotant une infusion de menthe fraiche, réel privilège pour la « camping cariste » en herbe que je suis. Après une nuit paisible, la montagne apporte son lot de surprises dès l’aurore et déverse des trombes d’eau. Le vent se lève, le ciel se déchaine et l’orage gronde. Par prudence, il est préférable de lever le camp, ce temps orageux sera de la partie pour quelques jours d’après notre voisin suédois, adepte de la van life. Nous mettons alors les voiles vers le sud.
La nationale nous menant à la frontière croate me ravit. Ces paysages pittoresques, ces jolies maisons aux balcons fleuris, les clochers d’églises pointant à l’horizon au milieu des villages et ces chemins ondulant à travers les champs me donnent l’impression de traverser un tableau pittoresque du 18e siècle. Sur le chemin au loin, deux enfants se baignent dans la Krka. Les paysages défilent. Je ne vois pas le temps passé. Nous voilà déjà en Croatie.
Changement de cadre. Le paysage karstique qui s’étend de part et d’autre de la route me plonge dans un décor lunaire. La côte croate est fragmentée en centaines d’îles dont quelques dizaines seulement sont habitées On oublie souvent que le pays, ancienne Yougoslavie, ne formait qu’un avec la Slovénie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, la Macédoine et le Monténégro. Véritable puissance qui n’avait rien à envier aux plus grands tant au niveau géographique, culturel qu’économique.
La vue est splendide. L’Adriatique invite au farniente et à la baignade. Mais nous gardons le cap vers notre destination finale : la Bosnie-Herzégovine.
Prendre des risques, sortir de sa zone de confort, se dépasser, aller au-delà de ses limites. Tous ces mots contribuent à donner une définition précise de l’expression « se lancer un défi ! ». C’est l’idée de parier avec nous-même que nous sommes capables de faire quelque chose d’inédit et de particulièrement difficile. Il suffit de plonger dans les réseaux sociaux pour voir tout un florilège de « challenges » : des plus loufoques aux plus sérieux, en passant par ceux qui changent des vies.
Nous allons nous intéresser à un challenge particulier, à une période particulière.
« HadjByCycle » de Nabil Ennasri [1]
Paris – La Mecque : près de 6 000 km en 2 mois, 50 étapes en 65 jours, moyenne de 120 km par étape, plus de 12 pays traversés. Tout cela à vélo !
Vraisemblablement, Nabil Ennasri n’est pas le premier dans le monde à relever ce défi de voyager à vélo vers la Mecque. D’autres musulmans de divers pays l’ont fait.
Tiré du compte Twitter de Nabil Ennasri.
Préparé depuis plusieurs années, Nabil Ennasri accompli une étape importante et chère à son cœur. En effet, l’écrivain est particulièrement engagé à la sauvegarde de notre planète et surtout à réveiller l’esprit de la communauté musulmane à ce sujet. D’ailleurs, l’écologie est un concept qui a toute sa place dans la pratique religieuse de l’islam, les textes scripturaires (Coran et la tradition prophétique) nous ont transmis cette valeur oubliée.
Les grands objectifs qui sont visés par Nabil Ennasri sont les suivants :
Mobiliser la conscience musulmane sur cet enjeu crucial de sauvegarder l’habitabilité de notre terre.
Renouer avec la tradition des anciens dont le voyage pour le Hadj se faisait à pied ou à dos de monture.
Rendre hommage à son père, et à travers lui, à tous les premiers immigrés.
Sur ce dernier point, l’auteur nous explique que la génération des primo-arrivants est en train de nous quitter, marquant ainsi la fin d’un cycle dans notre histoire. Héritiers de cette grande famille immigrante, nous devons écrire notre histoire et se lancer dans « un nouveau cycle » de réforme intérieure et collective.
Parti le 22 avril 2023 de Paris, Nabil Ennasri est enfin arrivé à destination le 17 juin à la ville sainte de Médine. Défi réussi !
Cependant, au-delà de ce succès, il me semble intéressant de comprendre l’intérêt et les avantages de se challenger [2].
Le défi, un moteur de vie
Se lancer des défis, c’est apprendre à mieux se connaître, à croire en ses capacités, à développer sa force mentale, c’est aussi se créer des souvenirs, des expériences de vie qui font grandir et ouvrent des voies. Le tout est d’oser sortir de sa zone de confort, et « d’aller voir derrière le mur » en quelque sorte.
Il est clair que nous ne sommes pas tous de grands aventuriers, et marcher sur les pas de personnages inspirants qui ont défié les lois physiques de la terre, nécessite des capacités et une préparation longue et intense. Ceci dit, il existe des défis plus ou moins grands qui nous apportent des bénéfices personnels : apprendre une nouvelle langue, prendre la parole en public, changer ses pratiques en mobilité, s’éloigner des réseaux sociaux… Bref, secouer ses habitudes et oser des choses nouvelles qui vont nous mettre au défi de nous surpasser. L’idée est de nous stimuler, de permettre d’évoluer, de se mobiliser (intellectuellement, physiquement, émotionnellement). Être en état d’éveil !
« Lorsqu’on se place dans une situation de vulnérabilité, lorsqu’on tente de dépasser nos limites, on se retrouve seul face à son défi, mais surtout face à soi-même. L’atteinte du défi devient alors secondaire, mais les sacrifices que l’on est prêt à faire pour l’atteindre sont primordiaux. On est alors dans un état d’éveil extrême, prêt à affronter n’importe quelle situation. On se surprend alors à se découvrir des qualités insoupçonnées, des ressources intérieures dont on ignorait l’existence. » [3]
L’exploit de Nabil Ennasri va plus loin que le simple fait de se défier soi-même. En effet, l’immobilisme et la fatalité gangrènent nos esprits et nos cœurs. On entend souvent autour de nous, « quoi qu’on fasse ça ne change rien à la situation ». Mais est-ce que l’islam ne prône pas l’idée de mouvement, d’éveil d’état d’esprit ? Sommes-nous fossilisés sur nos acquis, nos habitudes ? N’y a-t-il pas, au contraire, matière à réfléchir pour changer notre manière de vivre, notre manière de concevoir la vie, de « planter sa propre graine » ?
Renoncer à agir, se décourager face aux difficultés, s’avouer vaincu sont des attitudes relativement courantes aujourd’hui. Dans le Coran, Dieu nous demande d’agir constamment, de se fixer des objectifs, de persévérer dans l’action, de s’armer de patience :
« Et qu’en vérité, l’homme n’obtient que le fruit de ses efforts. »
Coran 53, verset 39.
Najoua
[1] Français, auteur du livre « Les 7 défis capitaux », essayiste, politologue, acteur engagé dans le tissu associatif musulman. Réseaux sociaux : #HadjByCycle #ParisLaMecqueEnVelo
[2] Terme anglais qui signifie : défier
[3] Tiré de l’article « Pourquoi avons-nous besoin de défis ? » de Cynthia Brunet, dans le magazine Noovo.ca, publié 22 mai 2019.
La parole est propre à chaque individu, et bien qu’elle passe souvent inaperçue, elle est essentielle à la communication entre les êtres humains. Elle possède de nombreux pouvoirs : elle peut séduire, manipuler, enchanter, renforcer, encourager, guérir mais aussi blesser ou humilier…
Et l’Histoire recèle des pépites de grands orateurs qui ont marqué les esprits et les cœurs. L’exemple de Winston Churchill, premier ministre, s’exprimant pour la première fois devant la Chambre britannique : « Je n’ai rien d’autre à vous offrir que du sang et de la peine, des larmes et de la sueur », ou Martin Luther King qui galvanise son combat pour les droits civiques : « Je fais un rêve. Je fais un rêve où mes quatre enfants pourront un jour vivre dans un pays où ils ne seront pas jugés sur leur couleur de peau, mais sur leur personnalité ».
Qu’est ce qui fait que des discours d’orateurs nous marquent, au point que parfois ils changent notre vision de saisir le monde ? Quel est donc, ce point commun entre tous ces personnages inspirants ?
Le talent de bien parler, de persuader, de convaincre, l’art de s’exprimer : c’est ce qu’on appelle l’éloquence !
Le « pouvoir » du langage
Selon Aristote, grand philosophe grec de l’Antiquité, l’homme est un animal doué de langage. Au sens large, le langage humain peut être défini comme un ensemble de systèmes qui associent des mots selon des règles grammaticales précises, en tenant compte de la faculté de raisonner, de nommer les choses et de communiquer avec les autres. Cependant, des linguistes comme Ferdinand de Saussure [1] donnent plus de précisions dans la définition en faisant une distinction entre les mots langage, langue et parole. D’une part, le langage est une capacité universelle dont disposent à l’état latent tous les êtres humains. D’autre part, la langue est un outil, un système de communication conventionnel partagé par un groupe de personnes (même culture ou aire géographique), acquise par chaque être humain après un apprentissage qui commence dès la naissance. Et enfin, la parole est la mise en œuvre par un individu de la langue qu’il a acquise ; elle prend en compte l’accent, l’intonation, le rythme, ainsi que son lexique, son style et les expressions qu’il utilise.
L’art de l’éloquence
Le langage est un bon indicateur du niveau de développement d’une civilisation : plus il est riche, plus la société est développée ; mais plus il est pauvre, plus il signe le déclin d’une société. Si on analyse brièvement l’exemple de la langue française, on remarque qu’elle est une passerelle entre plusieurs civilisations. En effet, elle fut enrichie par les traductions et l’intermédiation de la langue arabe qui lui a permis d’assimiler l’héritage grec, oriental et asiatique. La langue française a pu enfin redonner place à sa dimension humaniste pour s’enrichir au contact de peuples qu’elle a rencontré. À travers d’autres langues, les valeurs se contaminent mutuellement. C’est cela l’essence de la langue : elle véhicule des valeurs et fait des ponts entre les cultures :
« (…)La diversité et la langue de partage passent par des repères communs, des croisements reconnus et des intérêts communs. La diversité dans le partage est un dialogue (…) »[2]
De plus, pour Quintilien [3] l’éloquence est l’art de bien parler, de bien construire ses discours, mais aussi de maîtriser la voix et ses modulations, son expressivité, ainsi que celle de son visage et de son corps. Adrien Rivierre, spécialiste de la prise de la parole en public écrit :
« (…)Les gestes confèrent à la parole une résonance plus forte et durable dans l’esprit de l’audience. Ils permettent de lui donner vie, de maintenir l’attention de l’audience et de faciliter la compréhension des messages transmis. » [4]
Finalement, l’éloquence est la capacité à traiter une information et à la transmettre à un public de manière claire et facile à digérer. Plus l’auditoire sera en mesure de comprendre, plus on paraît éloquent et plus les arguments semblent solides.
Le poids des mots, la force des idées
C’est sous cette maxime que la plateforme PUBLIQ, lance en 2021 son premier concours national d’éloquence. En Belgique, il n’existait aucun concours d’art oratoire dédié aux jeunes et à portée nationale, contrairement à la France.
« (…)Cette absence pouvait être expliquée par le fait que notre pays est divisé en plusieurs communautés linguistiques, ce qui rendait une compétition d’art oratoire ouverte à tous, compliquée. Au lieu de voir ce constat comme un problème, nous le considérons comme une opportunité. Une opportunité de motiver chaque jeune Belge autour d’un objectif commun. Une opportunité de faire concourir côte à côte francophones et néerlandophones. Une opportunité de faire briller ensemble deux de nos langues nationales, et de rapprocher les jeunes de tout le pays dans des temps où l’unité est plus que primordiale. » [5]
Ainsi, cette pratique combine 2 compétences : l’éloquence (facilité à bien s’exprimer) et la rhétorique (ensemble des techniques qui mènent à la persuasion). Si l’éloquence se définit comme l’art de bien parler, et la rhétorique comme un ensemble de procédés permettant cette maîtrise de la parole ; il y a toutefois une grande différence entre eux. En effet, l’éloquence est surtout un talent ou un don naturel, la rhétorique est un fruit de l’étude ou un art ; l’une trace la méthode, l’autre la suit ; l’une enseigne les moyens, l’autre les emploie. Elles diffèrent l’une de l’autre comme la théorie diffère de la pratique [6].
La parole et ce qu’elle renferme de beau confèrent à la langue une dimension artistique. Elle est un outil de transmission et de partage de valeurs. C’est pourquoi Publiq s’est associé au Parlement Bruxellois pour y accueillir le projet ; un lieu symbolique de débats et de démocratie. Tous les sujets de discussions proposés traitent du vivre-ensemble et de la citoyenneté : rapprocher les jeunes et la politique. Aucun style oratoire n’est privilégié et ceci afin d’encourager toute forme d’expression que cela soit en français ou en néerlandais. Le concours est gratuit, complètement organisé par des jeunes et s’adresse à tous les jeunes belges.
Publiq écrit sur son site :
« Rassembler les jeunes derrière la prise de parole, c’est le challenge qu’on a entrepris de relever ! »
Najoua
[1] Fondateur des sciences du langage au début du 20 ième siècle. Site maxicours.com ; « les pouvoirs de la parole ».
[2] La diversité culturelle est un dialogue, de l’auteur Driss Khrouz, dans la revue internationale et stratégique, 2008/3 numéro 7, p.69-70, Iris Editions.
[3] Orateur et pédagogue latin du 1ier siècle apr.-C. auteur d’un grand manuel de rhétorique « l’institution oratoire ».
[4] Tiré de son livre « Prendre la parole pour marquer les esprits » aux éditions Marabout, 2018.
[5] Tiré de l’ebook de la plateforme publiqcontest.com
[6] Pour en savoir plus : Site bvil.sorbonne-universite.fr ; cours élémentaire de rhétorique et d’éloquence (5ième Edition 2017)
Dans les numéros précédents, nous nous sommes attachés à expliquer le fonctionnement de l’Etat belge, ainsi que l’organisation des élections dans notre pays. Ce nouvel article, et le suivant, visent à éclaircir le positionnement et les combats des différentes formations politiques qui coexistent chez nous. Dans ce troisième et avant-dernier article, nous détaillerons les idées et luttes de quatre familles politiques qui se positionnent à l’extrême-gauche, le centre-gauche et le centre.
Et pour commencer, qu’est-ce que la droite, la gauche en politique ?
Nous tentons ci-dessous une explication simplifiée. Toutefois, il faut garder à l’esprit que les discours de droite et de gauche tendent ces dernières années à se fondre les uns dans les autres, au gré des ambitions et des intérêts électoraux des partis, au point où il devient parfois difficile de faire une nette différence entre un programme de gauche et un autre de droite.
Pour schématiser, nous dirons que la droite encourage la liberté d’entreprendre, et l’initiative personnelle. Elle soutient le libéralisme économique et défend les entreprises et les indépendants. La droite ne porte pas de jugement moral sur l’enrichissement des individus et la propriété privée. Elle estime aussi qu’il faut juger chacun selon son mérite. Pour la droite, l’Etat ne devrait pas interférer dans l’économie. La droite met en avant d’autres valeurs comme l’identité nationale, le conservatisme et la tradition. L’ordre, l’autorité, la sécurité, sont autant de principes fondamentaux des partis de droite.
À gauche, les valeurs maîtresses sont le progrès, l’égalité, la solidarité, la tolérance. La gauche estime qu’il faut considérer chacun selon ses besoins et non selon son mérite contrairement à la droite. On défend l’égalité sociale et économique des citoyens. On estime que l’état doit veiller à fournir aux individus les mêmes chances au départ. La gauche affiche un progressisme nettement plus marqué au niveau des mœurs.
Certaines valeurs sont communes aux deux tendances, comme les valeurs de liberté, de justice et de travail, même si leurs sens peuvent varier selon l’un ou l’autre.
crédit: Miriam Hamjan
Les partis politiques se positionnent sur un éventail qui va de la gauche radicale jusqu’à l’extrême-droite, en passant par le centre.
1- Les anticapitalistes, ou communistes
PTB/PCB/PSL/GAUCHE ANTIGAPITALISTE
Idéologie : communisme, égalitarisme Place sur l’éventail politique : à l’extrême-gauche
Quelles sont leurs idées ?
· Mouvement politique né dans l’entre-deux-guerres
· L’état doit s’occuper de répartir les richesses produites, par le biais de la taxation de la spéculation, et l’imposition des grandes fortunes
· L’intérêt de la collectivité avant l’intérêt de l’individu
· Abolition de la société des classes
· Rétablir les entreprises publiques et les services publics (contraire de la privatisation)
· Éviter les délocalisations
· Priorité à la défense des travailleurs salariés
· Augmentation du revenu minimum, des pensions
· Favorables aux droits des immigrés
· Le capitalisme est en partie responsable du réchauffement climatique
· La prévention par les mesures sociales est la clé face aux problèmes de sécurité. Opposés aux discours sécuritaires
· Questions de société : favorables aux droits des homosexuels, au droit à l’euthanasie et à l’avortement
· Positionnement par rapport à l’Europe : souhaitent plus de pouvoir pour les populations. Les décisions européennes sont trop influencées par le lobbying économique et financier des grandes entreprises. Veulent des règles européennes pour préserver les droits sociaux des citoyens
2- Les socialistes :
PSVooruit
Idéologie : social-démocratie Place sur l’éventail politique : centre-gauche
Quelles sont leurs idées ?
· Issus historiquement des associations ouvrières, les partis socialistes sont attachés aux valeurs d’égalité et de justice sociale. A gauche sur l’éventail politique, l’intérêt collectif prime sur l’intérêt individuel
· Défendre avant tout les classes défavorisées
· L’état doit réguler l’économie et les marchés financiers, afin que la croissance économique profite aussi aux plus défavorisés
· Progressistes sur les questions de société et des mœurs
· Favorables au multiculturalisme et aux droits des immigrés. Positionnement plus nuancé du côté des socialistes flamands
· Favorables à l’Europe mais jugent celle-ci trop libérale et orientée vers les marchés
· Préoccupés par les questions environnementales, mais les mesures prises ne doivent pas pénaliser les plus pauvres
· La sécurité doit passer par la prévention et la répression
3- Les écologistes:
Ecolo / Groen
Idéologie : écologie politique Place sur l’éventail politique : centre-gauche
Quelles sont leurs idées ?
· C’est un mouvement politique plutôt jeune (années 1970)
· Les enjeux environnementaux sont déterminants et doivent être inclus dans les choix politiques
· Protéger le climat et l’environnement, préserver les ressources, veiller au développement durable
· L’économie doit être régulée au niveau mondial, elle doit respecter les écosystèmes et la qualité de vie. Elle ne doit pas vouloir créer de la richesse à n’importe quel prix
· Soutiennent une couverture sociale forte
· Politique d’immigration ouverte
· Progressistes sur les questions de société (euthanasie, avortement, égalité hommes/ femmes)
· Prudents sur les questions éthiques liées au génie génétique
· La sécurité doit passer par la prévention et la répression
· L’Europe a toute sa place dans la lutte pour l’environnement, car c’est en prenant des mesures au niveau européen que l’impact sera efficace
4- Les chrétiens-démocrates
CD & VLes Engagés /
Les Engagés / CD & V
Idéologie : démocratie-chrétienne Place sur l’éventail politique : centre
Quelles sont leurs idées ?
· Ce mouvement politique est ancien en Belgique (né en 1867).
· Défendent des valeurs humanistes qui trouvent leur ancrage dans la tradition chrétienne
· Veulent défendre les intérêts de toutes les classes de la société (salariés, patrons, indépendants,…)
· L’économie doit prospérer dans une perspective humaniste, se mettre au service de l’humain
· Les indépendants, patrons et PME doivent être soutenus car ils dynamisent l’économie
· baisse des charges sur les entreprises
· Plaident pour des politiques sociales de solidarité afin de soutenir les populations les plus défavorisées
· Amélioration de la vie des familles
· Plutôt conservateurs sur les questions de société et de mœurs. Attachés à la famille dans sa conception traditionnelle
· Préservation d’un réseau libre d’enseignement
· Position tolérante au sujet de l’immigration pour le parti francophone Les Engagés, plus stricte pour le parti flamand CD & V
· La sécurité passe par plus de présence policière et de prévention. Les peines doivent être appliquées avec plus d’intransigeance
· Les partis orange sont pro- européens. L’Europe doit mieux prendre en compte l’aspect social et environnemental. Elle doit viser à réduire l’endettement notamment par la rigueur budgétaire.
Nous avons passé en revue une bonne moitié des familles politiques belges. Rendez-vous au prochain article, pour continuer notre exploration vers la droite de l’éventail politique.
Hayat Belhaj
Source : les couleurs politiques en Belgique. Culture et santé
Ce soir, comme chaque soir depuis le début du ramadan, je parcours la nouvelle plateforme musulmans.be dont l’objectif est de diffuser l’actualité concernant la communauté musulmane de Belgique.
Dans l’un des articles, « Le ramadan des musulmans belges », le journaliste va à la rencontre de citoyens musulmans et met en évidence le sens que chacun d’entre eux attribue au mois béni.
Ni une ni deux, me voilà pensive et méditative à mon tour… « Et pour moi, qu’est-ce qu’il signifie ce mois béni de la Révélation ? »
Mois d’abstinence… s’abstenir des futilités mondaines.
Mois de méditation… méditer le Coran afin de renforcer ma relation avec Dieu.
Mois de l’introspection où le corps abandonne les excès pour élever son esprit vers son Créateur.
Le contraste avec la réalité est parfois saisissant : excès de nourriture, gaspillage de repas et d’aliments, surconsommation de séries télévisées ‘spécial ramadan’, soirées ramadanesques en famille ou entre amis dont le but n’est pas toujours la méditation…
Je continue à parcourir ce site de qualité qui me fait penser à celui d’Oumma– un regard musulman sur l’actualité – : professionnel, efficace, diversifié.
Je tombe sur l’article « Après Londres, Bruxelles pourrait s’illuminer pour le ramadan. » À l’approche du mois de ramadan, les rues de Londres se sont parées de guirlandes lumineuses arborant étoiles et croissants de lune. Pascal Smet, secrétaire d’État bruxellois à l’Urbanisme, a émis l’idée… lumineuse (!?) de faire la même chose à Bruxelles.
Je souris… Euh… par où commencer ?
Je me ferai d’abord le porte-parole des détracteurs les plus sages… :
« En ces temps de crise financière et vu le coût exorbitant de l’énergie, ne peut-on pas revenir à la raison ? »
« On voit que les élections approchent… »
… puis celui des détracteurs les plus zemmouriens :
« Comment ça, des guirlandes étoilées pendant le ramadan ?! Et pour la fête du mouton, ce sera des guirlandes moutonnées ? »
« On n’est pas en Musulmanie ici ! »
Après cet intermède, revenons à ce qui m’interpelle… Certains musulmans se réjouiront de cette suggestion, y voyant une certaine reconnaissance de leur pratique religieuse allant jusqu’à une considération de leur individualité.
D’autres objecteront qu’ils n’ont rien demandé et qu’ils n’ont pas besoin de cette pseudo-considération folklorique par charité laïque.
En effet, la considération d’un individu ne passe pas par des guirlandes, aussi lumineuses soient-elles, mais par le respect de ses droits garantis par la Constitution de son pays.
Elles sont encore nombreuses les jeunes filles qui se voient refuser l’accès dans certaines Hautes Écoles parce qu’elles portent le voile. Elles sont encore nombreuses les jeunes femmes diplômées (ou non) qui se voient refuser l’accès au monde du travail parce qu’elles portent le voile. Et pourtant, l’article 19 de la Constitution leur garantit la liberté des cultes et celle de leur exercice public.
Sans parler de l’interdiction de l’abattage rituel pour les juifs et les musulmans en Flandre et en Wallonie qui est garanti par le même article de loi.
Tant que ces questions ne seront pas résolues, remballons nos guirlandes lumineuses ou mieux encore… envoyons-les aux Anglais qui, eux, ont une tout autre approche de la considération des individus…
Il est temps d’éteindre ma guirlande lumineuse, celle qui décore ma table de nuit durant le ramadan, et de plonger dans les bras de Morphée…
L.M.
Musulmans.be, un site dont les thématiques vous pousseront à la réflexion, à la méditation et surtout vous feront penser autrement !