Il s’en va…

Tel un ami, il est arrivé apportant avec lui paix, sérénité, spiritualité… Nombreux sont ceux qui ont retrouvé le chemin des mosquées, les familles se sont unies, les prières se sont élevées dans des moments de partage et de communion rares.   

A quelques heures de son départ, une pointe de tristesse nous envahit… Nous ne savons si nous aurons le privilège de le retrouver. Le cœur est triste mais, s’il s’en va, il nous laisse des cadeaux qu’il a semé, à nous de les trouver. Il est donc temps de jeter un regard en arrière et d’en retirer tous les enseignements pour poursuivre le chemin même s’il n’est plus à nos côtés. 

Il n’est pas rare d’éprouver un sentiment d’inachevé, de « trop peu », mais tel un tremplin, le mois de ramadan est venu nous montrer le chemin de la réforme, les prémices du véritable changement qui, lui, peut prendre toute une vie… 

Une amie me confiait il y a quelques jours : « je pense que l’on connaît tous à un moment notre propre laylatu al qadr », notre nuit du destin. Ce qu’elle essayait de me faire comprendre c’est que s’il existe une date « officielle » de la nuit du destin, ce moment d’intense connexion avec Allah peut arriver à tout moment durant le mois de ramadan et même en dehors de celui-ci, à nous de créer ce moment unique. Il ne suffit que d’un instant de sincérité pour changer sa destinée… 

Trouver la paix avec soi, les autres et avec Allah exige une autodiscipline et une maîtrise de soi : se détacher du monde pour se rattacher à Lui, tel est donc l’enseignement principal qu’est venu nous enseigner ce mois béni. Le ramadan est donc à la fois un retour à soi et un renoncement à soi. Al Ghazali disait : « En se dépouillant de ce qui l’attache à la vie terrestre, le jeûneur découvre qu’il est peu de choses par rapport à l’infini de Dieu, dont il est la créature.

Sacrifice d’autant plus exigeant qu’il ne repose que sur la foi… Ce soir en rompant notre jeûne, gardons à l’esprit que ce n’est pas la fin, mais seulement le début d’autre chose, d’encore plus fort in cha Allah ! 

H.B.

Ramadan made in America

L’islam est un. L’islam est universel. Depuis le 23 mars 2023, les musulmans du monde entier célèbrent le mois du jeûne, le ramadan, au rythme cosmique du jour et de la nuit. Un mois unique où la spiritualité est à son paroxysme pour certains, et pour d’autres le point de départ d’un changement radical dans une voie plus saine et plus « excellente » du comportement. Une meilleure version de soi, en quelque sorte.

Ce qui est particulier durant ce mois, c’est ces valeurs morales qui sont mises en avant et surtout ce concept de partage. En effet, dans certains pays non-musulmans, la population musulmane vit ce mois à la vue de tous et surtout au vue des autres communautés. 

Nous voilà aux Etats-Unis, à New York et plus précisément, à Times Square[1].

Un peu d’histoire sur Times Square

Avant l’épopée des temps modernes, Times Square était connu sous le nom de Longacre Square. C’était un faubourg où logeait principalement des écuries et des manufactures de calèches. Puis, vers 1904, le quartier va subir un tournant dès la construction d’un gratte-ciel dont les nombreux locaux seront alloués au prestigieux journal The New York Times. Sous l’influence du propriétaire du journal, ce lieu change de nom est devient Times Square lors du nouvel an de 1907.

C’est vers les années 80 que le paysage change radicalement et devient ce que nous connaissons aujourd’hui

Il subit encore un autre changement pendant les années folles (1919-1929) où la guerre aura fait resurgir une folle envie de vivre dans le divertissement. Ainsi, des établissements de théâtres, de cabarets et de music-hall florissent : Times Square devient un quartier culturel. De plus, avec la grande dépression [3], ce lieu deviendra un endroit de rassemblement populaire. En 1945, des milliers d’Américains y célèbrent la fin de la guerre. Durant les années 50, l’économie d’après-guerre redonne au lieu son dynamisme par l’ouverture de commerces et la population est au rendez-vous.

Devenu quartier malfamé à partir des années 60, la criminalité et les établissements peu recommandables y prennent racine. C’est vers les années 80 que le paysage change radicalement et devient ce que nous connaissons aujourd’hui. Les commerces pour adultes sont fermés et le tourisme familial est priorisé. Le quartier est animé par d’abondantes publicités lumineuses et immenses, qui recouvrent les façades des immeubles ; et de nombreux visiteurs y viennent, attirés par la démesure qu’il offre. 

“Crossroads of the world”, carrefour du monde

« L’islam est la religion qui connaît la croissance la plus rapide en Amérique. D’ici 2050, la population américaine musulmane devrait plus que doubler, passant de 3,5 millions aujourd’hui à 8,1 millions. Cette augmentation ferait des musulmans le deuxième groupe religieux des États-Unis. Les musulmans latinos forment la population convertie qui connaît la croissance la plus rapide aux États-Unis. Sur les quelque 3,45 millions d’Américains musulmans de tous âges vivant aux États-Unis en 2017, 58 % étaient nés dans un autre pays, selon le Pew Research Center. » [1]

Times Square a été mis à disposition des musulmans pour y rompre leur jeûne et y prier. Le quartier où se situe Times Square est surnommé « Crossroads of the world », carrefour du monde. Quartier cosmopolite où les différentes cultures y font figure. C’est dans ce célèbre lieu qu’une association musulmane a célébré le premier jour de jeûne du mois de ramadan, en y accueillant plus de 1000 musulmans pour le rompre ( iftar). Mais, au-delà de l’aspect logistique de l’évènement, l’association[2] avait pour objectif d’expliquer l’islam aux non-musulmans et de partager avec eux un moment de spiritualité. 

Carrefour du monde ! Certes, le mot est juste ! Ainsi ce lieu mythique est devenu la belle vitrine de l’islam.

A l’heure où en Europe, l’islam est synonyme de terrorisme, violence, radicalisation, et d’autres termes encore, les musulmans américains (et dans d’autres pays comme le Canada) nous montrent à quel point l’islam est universel et que nous avons, nous musulmans d’Europe, le devoir de transmettre le message de paix et de justice aux autres communautés. 

C’est un grand défi ! Un défi qui nécessite les bonnes armes de communication et surtout une volonté commune de parvenir à franchir les obstacles des préjugés et les ondes de haine qui nous envahissent. Un défi à mener intelligemment !

Najoua

[1] Times Square est un quartier de la ville de New York, situé dans l’arrondissement de Manhattan, qui tire son nom de l’ancien siège du New York Times. Situé entre la 42e rue et Broadway. ( wikipedia.org)

[2] Pour en savoir plus : nyc-shop.fr « la folle histoire du Carrefour du monde, Times Square ».[1]

(3) La Grande Dépression (en anglais : Great Dépression) ou « crise économique des années 1930 », dite encore « crise de 29 », est une longue phase de crise économique et de récession qui frappe l’économie mondiale à partir du krach boursier américain de 1929 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Précédée par la puissante expansion des années 1920, c’est la plus importante dépression économique du XXe siècle. Elle a été accompagnée d’une forte déflation et d’une explosion du chômage et a poussé les autorités à une profonde réforme des marchés financiers.(wikipedia.org)

[4] Tiré de l’article rédigée par Amirah Ismail, 19 avril 2022 dans le site internet : www.share.america.gov/fr/les-americains-musulmans-celebrent-le-ramadan.

[5] Wayoflifesq presents Taraweeh in Times Square.[

[6] Coran: Sourate 2, Verset 185.

Musulmans.be

Ce soir, comme chaque soir depuis le début du ramadan, je parcours la nouvelle plateforme musulmans.be dont l’objectif est de diffuser l’actualité concernant la communauté musulmane de Belgique. 

Dans l’un des articles, « Le ramadan des musulmans belges », le journaliste va à la rencontre de citoyens musulmans et met en évidence le sens que chacun d’entre eux attribue au mois béni. 

Ni une ni deux, me voilà pensive et méditative à mon tour… « Et pour moi, qu’est-ce qu’il signifie ce mois béni de la Révélation ? »

Mois d’abstinence… s’abstenir des futilités mondaines.

Mois de méditation… méditer le Coran afin de renforcer ma relation avec Dieu.

Mois de l’introspection où le corps abandonne les excès pour élever son esprit vers son Créateur.

Le contraste avec la réalité est parfois saisissant : excès de nourriture, gaspillage de repas et d’aliments, surconsommation de séries télévisées ‘spécial ramadan’, soirées ramadanesques en famille ou entre amis dont le but n’est pas toujours la méditation…

Je continue à parcourir ce site de qualité qui me fait penser à celui d’Oumma – un regard musulman sur l’actualité – : professionnel, efficace, diversifié.

Je tombe sur l’article « Après Londres, Bruxelles pourrait s’illuminer pour le ramadan. » À l’approche du mois de ramadan, les rues de Londres se sont parées de guirlandes lumineuses arborant étoiles et croissants de lune. Pascal Smet, secrétaire d’État bruxellois à l’Urbanisme, a émis l’idée… lumineuse (!?) de faire la même chose à Bruxelles.

Je souris… Euh… par où commencer ? 

Je me ferai d’abord le porte-parole des détracteurs les plus sages… :

  • « En ces temps de crise financière et vu le coût exorbitant de l’énergie, ne peut-on pas revenir à la raison ? »
  • « On voit que les élections approchent… »

… puis celui des détracteurs les plus zemmouriens :

  • « Comment ça, des guirlandes étoilées pendant le ramadan ?! Et pour la fête du mouton, ce sera des guirlandes moutonnées ? »
  • « On n’est pas en Musulmanie ici ! »

Après cet intermède, revenons à ce qui m’interpelle… Certains musulmans se réjouiront de cette suggestion, y voyant une certaine reconnaissance de leur pratique religieuse allant jusqu’à une considération de leur individualité.

D’autres objecteront qu’ils n’ont rien demandé et qu’ils n’ont pas besoin de cette pseudo-considération folklorique par charité laïque.

En effet, la considération d’un individu ne passe pas par des guirlandes, aussi lumineuses soient-elles, mais par le respect de ses droits garantis par la Constitution de son pays.

Elles sont encore nombreuses les jeunes filles qui se voient refuser l’accès dans certaines Hautes Écoles parce qu’elles portent le voile. Elles sont encore nombreuses les jeunes femmes diplômées (ou non) qui se voient refuser l’accès au monde du travail parce qu’elles portent le voile. Et pourtant, l’article 19 de la Constitution leur garantit la liberté des cultes et celle de leur exercice public

Sans parler de l’interdiction de l’abattage rituel pour les juifs et les musulmans en Flandre et en Wallonie qui est garanti par le même article de loi.

Tant que ces questions ne seront pas résolues, remballons nos guirlandes lumineuses ou mieux encore… envoyons-les aux Anglais qui, eux, ont une tout autre approche de la considération des individus…

Il est temps d’éteindre ma guirlande lumineuse, celle qui décore ma table de nuit durant le ramadan, et de plonger dans les bras de Morphée…

L.M.

Musulmans.be, un site dont les thématiques vous pousseront à la réflexion, à la méditation et surtout vous feront penser autrement !

Harpons chaque perle ornée de ce mois !

Il est comme un joyau perlé dont chaque modèle possède une infinité de merveilles.
Chaque joaillerie brille de mille feux, elle illumine le cœur et adoucit l’âme. 

Celui qui au départ, veut se vêtir de cette parure, s’aperçoit qu’elle comporte vingt-neuf et parfois jusqu’à trente chefs-d’œuvre[1]. Mais jamais une de plus.
Cependant, chaque jour, le bijou laisse glisser une partie de son trésor. A savoir que parmi les dernières perles, il y a celle qui a ses secrets que tout être est prêt à veiller pour espérer être touché par sa valeur. 

En réalité, la beauté atteint la grâce, en polissant les traces qui ont malheureusement accompagné la fragilité du cœur, et la pauvreté de l’âme.

Pour tenter de refléter la lumière, diriger doucement sa parure face aux Paroles Suprêmes, et se noyer dans cette explosion de bien-être, où l’apaisement et le discernement, sont les échos des battements du cœur. 
Certes, la sublimité unique jaillit et l’intensité remonte… Quelle grâce divine… Sans compter que la finalité est de tenter de conserver ces ornements[2].

Le mois de Ramadan est cette parure offerte sauf que celui qui la reçoit, ne se contente pas d’observer les perles partir une par une, mais plutôt de la saisir avec amour et douceur, de la chérir, d’en prendre comme témoin et se dire, Celui qui est Le Tout Miséricordieux, est Le Seul Véritable Maître[3] qui m’informera si j’ai pu préserver la perle ou malheureusement, si je l’ai délaissée. 

Puisse dans nos mains retrouver la brillance de chacune de ses perles et qu’elles soient la lumière de notre au-delà. 
Puisse Allah accepter notre jeûne, nos veillées, nos prières et nous pardonner.


ℒamiaaℳ


[1] Le calendrier hégirien ou calendrier islamique1 est un calendrier lunaire synodique non solaire, fondé sur une année de 12 mois lunaires de 29 à 30 jours chacun. Une année hégirienne compte 354 ou 355 jours. Elle est donc plus courte que l’année solaire d’environ 11 jours.

[2] Dans le sens qu’on poursuit ces actes d’adoration tout au long de l’année jusqu’à l’arrivée du mois de Ramadan prochain.

[3] Le Maître des mondes, est Allah Exalté Soit-Il. 
D’après Abu Hurayrah (رضي الله عنه – Qu’Allah soit satisfait de lui), le Prophète ﷺ a dit : Allah a dit : Le Maître des mondes, est Allah Exalté Soit-Il. 
D’après Abu Hurayrah (رضي الله عنه – Qu’Allah soit satisfait de lui), le Prophète ﷺ a dit : Allah a dit : Le jeûne est pour Moi et Je récompense pour cela. (L’ Homme) abandonne sa passion sexuelle, sa nourriture et sa boisson juste pour Moi. Le jeûne est tel un bouclier, et celui qui jeûne rencontre deux joies : une joie quand il rompt le jeûne, et une joie quand il rencontre son Seigneur. Et certes, l’haleine de celui qui jeûne est plus agréable pour Allah que l’odeur du musc. [Al-Boukhari]