Insouciance quand tu nous tiens…

Lundi 27 mai 2024

Sarah : Dis-moi, qu’en penses-tu ? Tu me conseilles la bleue ou la rouge ? J’ai une réunion importante avec mon boss aujourd’hui.

 Nuit meurtrière à Gaza : Israël a frappé un camp de déplacés à Rafah qui a fait au moins 45 morts selon les dernières informations. 

Hajar : Quoi ? !

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme s’est dit horrifié lundi par les nouvelles pertes de vies civiles. Les victimes étaient des personnes déplacées vivant dans des tentes qui ont été la proie des flammes ; beaucoup étaient des femmes et des enfants.  

Sarah : Oui, je me disais bien. Bleu, rouge… trop tendancieux en cette période électorale. 

Tu peux juste zapper pour voir la météo ?

Les images provenant du camp sont horribles et n’indiquent aucun changement apparent dans les méthodes et les moyens de guerre utilisés par Israël, qui ont déjà causé la mort de tant de civils. 

Hajar : Aucun changement apparent en effet…

Nous étions tranquillement assis lorsque, tout à coup, nous avons entendu une explosion. 

Sarah : Ah oui ? Toujours aussi pluvieux ? Je n’en peux plus de ce temps de déprime.

C’était si soudain. Les bombes sont tombées sans avertissement, raconte une survivante de l’attaque.

Hajar : Ça tombe sans avertissement…

Nous avons vu des tentes en feu et avons ensuite dû récupérer des parties de corps et des enfants morts, explique la jeune fille. 

Sarah : Mais c’est bien là, le problème. Hier, la pluie n’était pas prévue et soudainement, le déluge !

Des images insoutenables circulent sur les réseaux. On y voit des bébés décapités. 

Hajar : Mon Dieu !

« Les autorités sanitaires se sont déclarées dépassées par la quantité et le type de blessures, et ont déclaré que les médecins ne pourront pas soigner tout le monde. »

Sarah : C’est exactement ce que j’ai dit quand j’ai vu cette pluie s’abattre aussi soudainement sans crier gare…

Il faut savoir qu’un seul hôpital demeure opérationnel à Rafah en raison de la destruction par Israël du système de santé à travers toute la bande de Gaza. 

Hajar : Que faire alors… ?

Depuis le début de la guerre, MSF a été le témoin d’attaques systématiques contre les structures médicales et civiles.

Sarah : Prendre son mal en patience. Que veux-tu faire d’autre ? Comme dit le dicton : « après la pluie le beau temps. » C’est le cas de le dire ! 

Et la veste ? Tu n’as pas répondu. Tu me conseilles laquelle ?

« Les autorités sanitaires ont demandé en toute urgence l’aide de la Croix-Rouge International… »

Hajar : La Croix-Rouge… oui…

Sarah : Finalement, tu préfères la rouge ? Ok, va pour la rouge. Bon je te laisse. Souhaite-moi bonne chance. A moi les nouveaux projets !

Hajar : ………………………………………………

Insouciance quand tu nous tiens…

                                     L.M.

Une parole inégalée

Le Coran Sublime est un miracle d’éloquence et de précision.  Par le style et par le contenu, il reste à jamais inégalable. Les locuteurs arabophones ont le privilège de pouvoir apprécier toute sa richesse et sa subtilité. Et si traduire, c’est toujours trahir, il reste aux non-arabophones d’autres moyens de goûter à la saveur du message coranique. 

Le récit coranique est ponctué de paraboles. Une parabole est un procédé de narration qui utilise un élément concret ( par exemple un objet) pour symboliser une notion abstraite. 

Nous en trouvons un bel exemple au verset 103 de la sourate Al ‘Imrân : 

Et cramponnez-vous tous ensemble au « Habl » (câble) d’Allah et ne soyez pas divisés; et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous: lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères. 

Allah ‘azza wa jal exhorte ici les croyants à s’accrocher fermement et tous ensemble à quelque chose qui les sauvera de la perdition. Cette chose, que Le Créateur appelle « habl » ou «  corde »  est, selon la majorité des savants,  le Coran lui-même. Selon d’autres savants, il s’agirait de la religion toute entière, voire de la Ummah, la communauté.  

Ce qui fait la solidité d’une corde, c’est qu’elle est composée de plusieurs fils tressés ensemble. En effet, il est facile de rompre un fil  ou un lacet unique. Toutefois si vous prenez plusieurs fils tressés ensemble pour essayer de les rompre vous aurez beaucoup  plus de mal.  

La corde est utilisée pour rassembler des éléments qui autrement se disperseraient. Également, la corde permet de hisser vers le haut la personne qui se sent glisser le long d’une paroi. La corde possède aussi une force de traction qui permet de déplacer des objets lourds et d’aller loin avec. Enfin, il est étonnant de constater qu’un gros cordage peut suffire à  amarrer un bateau, c’est-à-dire le maintenir à quai et l’empêcher de dériver.  

La comparaison du Livre d’Allah avec la corde nous apparaît ainsi au grand jour. La vie d’ici-bas s’apparente parfois à un pont surmontant un gouffre de tous les dangers qui ne demande qu’à engloutir le voyageur imprudent. Si nous nous agrippons ensemble au Coran, et veillons à en respecter les enseignements tout en incarnant ses valeurs, nous serons fermes sur nos pas et unis. Nous serons moins vulnérables aux dangers et plus efficaces dans nos réalisations. Pouvoir compter sur le groupe et avoir un allié dans chaque membre de la communauté serait un formidable moteur vers la réalisation de nos projets et ambitions pour cette vie et pour l’autre. Surtout, une union autour de la parole divine assainirait la société des maux et des vices qui pullulent dans un groupe qui a abandonné le Coran. 

Les membres des tribus médinoises dont il est question dans le verset, les Aws et les Khazraj, se sont découverts frères après des décennies d’hostilités.  En se cramponnant fermement au message d’Allah transmis par notre bien aimé Prophète, ce « habl »,  ils ont tissé la fraternité qui serait ensuite le socle solide d’une nouvelle communauté saine et vertueuse.  

Hayat Belhaj  

Cultiver les champs de la vie : un engagement d’amour et de sagesse

« Celui qui désire cultiver le champ de la vie future, Nous augmenterons pour lui sa récolte. Celui qui désire uniquement cultiver le champ de la présente vie, Nous ne lui accorderons que quelques miettes ; mais il n’aura pas de part dans l’au-delà. » Sourate 42, verset 20

Dans la vaste étendue de la vie, un verset résonne comme un doux rappel, une mélodie céleste qui nous guide à travers les méandres de notre existence. Allah nous enseigne que nous ne pouvons pas simplement être des spectateurs passifs dans ce grand théâtre de la vie, mais plutôt des jardiniers dévoués, prêts à cultiver les terres fertiles qui nous ont été confiées, dignes d’un Khalifa.

Imagine un instant l’agriculteur qui possède des hectares de terre, un potentiel immense entre ses mains, puisqu’il pourrait bénéficier de tonnes de fruits et/ou de légumes, mais qui choisit de ne rien en faire. Une image saisissante, n’est-ce pas ? Allah, dans Sa bonté infinie, t’a doté de capacités similaires.

Cultiver ce champ, c’est bien plus qu’une simple tâche agricole. C’est un engagement profond à préparer la terre, à surveiller attentivement les progrès et à récolter les fruits avec gratitude. C’est aussi respecter les lois universelles de la vie, afin que notre culture puisse s’épanouir de la meilleure des façons.

Avancer dans la vie demande parfois de changer notre façon de faire les choses. Nous sommes souvent pressés, impatients, et parfois aveugles aux signes que le Créateur place sur notre chemin. Nous pouvons même confondre Sa volonté avec nos propres désirs. « Nous ne lui accorderons que quelques miettes ; mais il n’aura pas de part dans l’au-delà. » Ce passage évoque deux notions essentielles dans nos préceptes islamiques : celle de l’effort et de la récompense.

Si tu choisis de rester stagnant, de ne pas t’engager dans la vie, de ne pas cultiver tes talents et tes qualités, tu peux obtenir que quelques gratifications superficielles de ce monde. Mais sur le plan spirituel, sur le chemin vers l’au-delà et vers la récompense éternelle, tu resteras en arrière, privé de la véritable abondance et de la plénitude que Dieu réserve à ceux qui s’efforcent de Le connaître et de Le servir.

C’est une mise en garde contre la complaisance et l’immobilisme. C’est un appel à l’action, à la recherche constante de l’amélioration de soi et de la connexion avec Allah, afin de mériter pleinement les bénédictions de cette vie et de l’au-delà.

Mais souviens-toi, que lorsque nous nous engageons pleinement dans cette démarche, lorsque nous mettons nos efforts avec amour et dévotion, le Tout-Puissant promet d’augmenter encore davantage ta récolte. Alors, je t’invite à te mettre en action, à étudier ton champ avec attention, à être stratégique dans tes choix. Ne reste pas là à observer les autres, lorsque tu as le pouvoir de produire tout autant, voire plus. Que ton action soit guidée par la bienveillance, l’amour et le désir sincère d’aider ceux qui en ont besoin. Et n’aie aucun doute, Allah multipliera ta productivité au-delà de tes espérances.

Dans cette douce symphonie de la vie, puisses-tu trouver la force, la paix et la sagesse nécessaires pour cultiver avec amour les champs qui te sont confiés.

Avec tout mon amour,

Hana Elakrouchi

La Belgique, 4ème pire pays dépensiers dans la zone Euro

Selon les données fournies par Eurostat, la Belgique est le 4ième pays européen (après l’Italie, la Finlande, et la France)  qui a la plus grande dépense publique. La Belgique se positionne clairement comme un très mauvais élève. 

En 2023, les dépenses publiques ont augmenté de 5.2% par rapport à 2019 : elles passent de 51.9% du PIB en 2019 à 54.6% du PIB en 2023.

Tableau des dépenses publiques en 2023

Que sont les dépenses publiques et qu’est ce qui coûte donc aussi cher à la Belgique ?

En 2022, la protection sociale constitue 38% de la dépense publique, suivie par les dépenses liées à la santé (15%) et les services généraux et affaires économiques (12% chacun).

[1]

Cette augmentation de dépenses publiques devrait-elle inquiéter ?

Elle devrait inquiéter si les recettes publiques ne subissent pas, au minimum, une augmentation identique à celle des dépenses publiques.

Que sont donc les recettes publiques ?

Les recettes belges sont de deux sortes :

Les recettes fiscales et les recettes non-fiscales

  • Les recettes fiscales sont les sources de revenus de l’Etat issues des impositions directes et indirectes telles que la taxe de (mise en ) circulation, l’eurovignette, taxe sur les jeux et paris, précompte (im)mobilier, douanes, accises, Tva et droits d’enregistrements…
  • Les recettes non fiscales sont issues, en grande majorité, d’amendes.

Or, les recettes publiques ont augmenté de 49.9% du PIB en 2019 à 50.1% en 2023 du PIB.

Cette augmentation de +0,4 % du PIB s’explique par le raffermissement des cotisations sociales (+0,3 % du PIB), à la suite de l’indexation des salaires, et des intérêts perçus (+0,2 % du PIB).

Tableau des recettes publiques belges en 2023 dans la zone Euro :

[2]

Est-ce que cette augmentation des recettes suffit pour couvrir l’augmentation des dépenses publiques ?

L’augmentation des recettes publiques de 0.4% ne suffit pas par rapport à celle des dépenses publiques (5.2%). Cette croissance de recettes ne suffit pas car celle des dépenses est bien plus grande.

La différence (négative) est dite déficitaire et on parle dans ce cas de déficit public.

Dans le cas où l’inverse aurait été vrai c’est-à-dire si les recettes publiques belges avaient été supérieures aux dépenses publiques belges, la différence aurait été qualifiée d’excédent budgétaire. 

Tableau du déficit ou excèdent publiques en 2023

[3]

Cette augmentation du déficit publique belge est liée aux mesures politiques, du coût du vieillissement et de l’alourdissement des charges d’intérêts.

Lorsqu’on mentionne les coûts de vieillissement, on fait surtout référence aux coûts liés à la pension.

Lorsqu’on mentionne les charges d’intérêts, on vise, par-là, les taux d’intérêts qui s’appliquent sur la dette que l’Etat a contractée (auprès de la BCE (surtout en période de Covid)).

Quelle est la conséquence ?

L’augmentation de la dette publique est une conséquence presque inévitable à ce déficit ce qui positionne la dette publique belge en 5ième position dans la zone euro. Ceci impliquera fatalement un assainissement des finances publiques.

[4]

Quel impact sur vous, sur moi et le citoyen ?

Vous l’avez deviné, l’impact est que c’est surtout vous et moi qui paierons les notes liées aux décisions de nos politiques budgétaires.

Vous vous dites certainement que vous n’avez aucun pouvoir sur ces prises de décisions.

Et bien vous vous trompez car c’est bien votre vote qui sera décompté le 9 juin lorsque vous voterez pour le parti que vous aurez choisi.

Ne renoncez pas à votre parole et exprimez vos attentes en allant voter.

Si vous ne le faites pas, ce sont les autres qui décideront pour vous et personne ne fera de cadeau à notre portefeuille.

Nelm


[1] https://economie.fgov.be/fr/themes/entreprises/tableau-de-bord-de-la/resultats-de-la-competitivite/finances-publiques#:~:text=Dette%20publique%20%2D%20proc%C3%A9dure%20de%20d%C3%A9ficit%20excessif%20(en%20%25%20du%20PIB)&text=Les%20pr%C3%A9visions%20d’automne%20de,estimation%20pr%C3%A9c%C3%A9dente%20en%20mai%202023.

[2] https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/tec00021/default/bar?lang=fr&category=t_gov.t_gov_gfs10.t_gov_a

[3]https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/tec00127/default/bar?lang=fr&category=t_gov.t_gov_gfs10.t_gov_dd

[4] https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/sdg_17_40/default/bar?lang=fr&category=t_gov.t_gov_gfs10.t_gov_dd

09 juin, un rendez-vous à ne pas manquer !

Le 09 juin prochain, nous, citoyens belges, sommes convoqués afin de partager « notre voix » pour les élections fédérales, régionales et européennes. Oui, c’est clairement de cela qu’il s’agit : faire entendre notre voix. Pourtant, au sein de notre communauté, les élections sont parfois boudées, dénigrées, et parfois même combattues.

Pilier de notre démocratie, le droit de vote a été arraché au terme d’un combat difficile notamment pour les femmes qui n’ont pu officiellement voter en Belgique qu’à partir de 1949, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Obligatoire chez nous, le droit de vote apparaît de plus en plus comme une contrainte. L’abstention reste un problème électoral tout comme le choix de ne pas voter (vote blanc).

Pourtant, en tant que minorité, l’acte de voter revêt une importance cruciale, façonnant le paysage politique qui détermine les orientations futures de nos sociétés.

Renforcer notre voix

Chaque bulletin de vote compte. En exerçant notre droit de vote, nous, citoyens, influençons directement le choix des dirigeants, des politiques et des lois qui auront un impact direct sur nos vies quotidiennes. Voter c’est donner le pouvoir à ceux qui nous représenteront. Il ne s’agit donc pas d’un acte négligeable, bien au contraire, cela revêt une importance capitale. Il faut pouvoir conscientiser les jeunes et moins jeunes afin de poser un choix réfléchi et en accord avec nos principes et valeurs.

Influencer le changement

Les élections offrent une plateforme pour exprimer le mécontentement ou la volonté de changement. En votant, les citoyens apportent leur soutien aux candidats et aux partis politiques qui représentent le mieux leurs idées et leurs valeurs. En 2030, les prédictions indiquent que la population musulmane sera majoritaire à Bruxelles… Or les lois et les politiques contre le droit des musulmans sont de plus en plus nombreuses : le retour de la question du halal n’est que le dernier épisode en date. Nous ne pouvons pas d’un côté nous poser en « éternelles victimes du système » et de l’autre ne pas nous mobiliser lors de rendez-vous cruciaux comme celui du 09 juin !

Un seul mot d’ordre : se mobiliser !

Il faut se mobiliser, cela passe par l’étude des programmes politiques, et choisir les partis qui sont en accord avec nos valeurs et principes. Il ne s’agit pas d’élire des hommes et des femmes mais de choisir des idées ! Or, nous votons pour des connaissances ; des personnalités connues mais nous oublions que ces personnes ne sont que la vitrine d’idées défendues par un parti politique et ce sont ces idées-là qui doivent nous intéresser. En conclusion, l’importance d’aller voter ne peut être sous-estimée. C’est un devoir civique, un moyen de façonner activement l’avenir de notre société et de protéger nos droits. Dans un monde où les défis et les enjeux sont nombreux, face à la libéralisation des discours extrémistes, le vote demeure l’un des outils les plus puissants dont disposent les citoyens pour créer un avenir meilleur et plus juste pour tous.

H.B.

Souvenirs olfactifs…

J’entame une petite promenade, en belle compagnie, en cette agréable fin d’après-midi d’avril. Les arbres fleuris de cette charmante avenue me laissent admirative et les oiseaux chantants bercent mes pas. Le ciel bleu et l’air doux caressant mon visage me donnent le sourire.

Au tournant, une odeur agréable me surprend. Je continue le chemin me demandant à quoi cette senteur me renvoie. Rien ne me vient à l’esprit, l’odeur ayant subitement disparu. Je m’arrête alors et fais demi-tour pour activer ma mémoire olfactive. J’inspire profondément… et la magie opère. Ma mémoire se dévoile… Par bribes, au début : senteur boisée, enfance, air doux, appel à la prière. Je ferme les yeux et inspire à nouveau : elle se met alors à nu…

Main dans la main, je déambule avec ma mère dans les ruelles de la médina. Les échoppes des vendeurs de babouches m’intriguent : comment font-ils pour les maintenir à la verticale sur toute la hauteur de leur petite boutique, me demandais-je à chaque fois que je passais par là. La médina de Tétouan est un dédale de placettes, souks, ruelles d’antan qui sont les témoins d’une histoire riche où s’entrecroisèrent Arabo-Andalous, Berbères et Juifs. 

Ma mère s’arrête chez le degâg pour passer commande. Elle sort de son sac à main un papier et le déplie délicatement. Le degâg rectifie le schéma et y apporte une petite touche colorée sous l’œil approbateur de ma mère. Cette pièce faite sur mesure se trouve encore dans les trésors maternels : une mdama sertie de perles blanches pour la majorité et quelques-unes de couleur verte, le tout sur une ossature d’argent en plaqué or forgé.

Bien des années plus tard, au cours d’histoire, en découvrant les différentes corporations de métiers au Moyen-Âge, j’ai enfin pu mettre un nom sur le degâg de la médina : l’orfèvre. Celui de ma mère avait la particularité d’être orfèvre-bijoutier.

Bâlek, sma3, bâlek… Ma mère me tire alors vers elle brusquement. Il était moins une. Je n’avais pas vu le muletier qui tentait de se frayer un chemin dans ce dédale animé. C’était bien la dernière chose que je m’attendais à voir. Ma mère m’apprend alors que vu l’étroitesse des ruelles, celles-ci ne pouvaient être desservies que par des mulets pour fournir en marchandises les commerçants. 

En attendant que l’animal daigne avancer, j’observe autour de moi des scènes étonnantes et parfois cocasses du haut de mes 10 ans : deux garçonnets traquent un chat à jets de pierres, un jeune homme fait la cour à une demoiselle se cachant au détour d’un oranger odorant, un apprenti tisserand tire de longs fils à la porte d’une échoppe. « Il prépare chghol el m3alem pour confectionner les caftans », me raconte ma mère sans saisir la totalité de son explication.

Nous continuons à flâner et soudainement cette senteur boisée et chaude envahit le derb. Ma mère devance ma question. « On est à proximité d’un farrân, c’est l’odeur du bois », me confie-t-elle. Je passe la tête furtivement par la petite porte en bois et je vois moul farrân alimenter de brindilles la géhenne qui avalait les plateaux de pâtons ronds. Allaho akbar, Allaho akbar… « C’est l’heure de la prière de dhor. Les magasins vont fermer, il est temps de rentrer », m’annonce ma mère. 

Ma fille, qui écoutait attentivement mon récit, me ramène à la réalité. Je n’avais plus guère le choix que de troquer le labyrinthe de la médina de Tétouan pour le parc de l’Atomium. 

En descendant l’avenue, je ferme les yeux et inspire une dernière fois cette odeur de brindilles craignant de la perdre à nouveau. Mais ce n’était en réalité pas nécessaire. Cette senteur boisée avait déjà trouvé place dans ma mémoire olfactive depuis bien des années et ce, à mon insu. Elle n’est pas près de s’évaporer de sitôt…

L.M.

La solidarité, l’ADN de l’être humain

Humanité, neutralité, impartialité, autonomie sont les 4 principes fondamentaux de l’action humanitaire. Ces valeurs internationales répondent aux souffrances humaines partout où elles se manifestent, en prêtant une attention particulière aux populations les plus vulnérables. Ainsi, l’aide humanitaire ne favorise aucun camp lors de conflits armés. Elle doit être octroyée sur la seule base des besoins, sans aucune discrimination culturelle, religieuse ou ethnique. De plus, leurs finalités doivent être détachées des objectifs économiques, militaires ou autres. En effet, aucune influence politique, stratégique n’entache leurs actions. Ce besoin d’agir face à une multiplication de crises humanitaires, sanitaires fait partie de notre conscience en tant qu’être humain. Alors, l’action humanitaire est-elle la solution à tous les problèmes du monde ? L’humanitaire, nouvel acteur politique de son temps ?

Objectif : la dignité humaine

Guerres, exodes, catastrophes climatiques, famines sont observées depuis plusieurs années. Le monde actuel vit une transition dans le sens large du terme : énergétique, écologique, numérique, financière, démographique ( vagues de réfugiés économiques, climatiques, politiques). Et l’humanitaire vit dans cette complexité géopolitique à laquelle il faut répondre aux besoins, en s’adaptant aux contraintes des pays d’intervention. À travers le monde, les communautés religieuses et associatives s’empressent d’aider les plus démunis et ceux qui sont en détresse financière : une forme d’altruisme qui élève notre humanité. La multiplication des associations et des ONG est une preuve évidente du besoin d’aide dans le monde car il reste tant à accomplir. L’Homme est donc, source d’action et de soutien aux pauvres et aux faibles. Quelques fois, les actions de solidarité sont fortement limitées sur le plan géopolitique (les astreintes naturelles et climatiques, les embargos, les contraintes volontaires de l’acheminement de l’aide par des barrages militaires et par une politique « génocidaire »). En effet, cette dimension politique freine l’action humanitaire ; ce qui rend complexe leurs champs d’action. Sur le terrain, les acteurs humanitaires sont en première ligne ; c’est pourquoi ils aspirent et militent pour une forme d’immunité politique afin de ne plus être impactés par les conflits et contraintes gouvernementales. Leur démarche est une forme de politique, mais humanitaire car ils n’ont aucunement une approche d’appartenir à un parti. « Les acteurs humanitaires ont bien une responsabilité sociale et politique, celle d’alerter sur des situations de crise et de confronter les autorités politiques à leurs responsabilités vis-à-vis des populations les plus vulnérables. » Mais pour cela, il faut des partenaires convaincus et responsables. De plus, ce sont les États qui sont juridiquement garants de la sauvegarde de toutes les ressources caritatives (humaines, logistiques) sur le terrain d’intervention.

Gaza, séisme humanitaire

Veiller à acheminer jusqu’aux populations affectées par les crises, les aides nécessaires et prioritaires, souvent dans un environnement politique et sécuritaire complexe, est une tradition universelle à tout organisme. Cependant, en Palestine, le ton change et la situation reflète l’impuissance d’intervention sur le terrain. Pourtant les besoins là-bas dépassent l’entendement. En effet, les contraintes logistiques d’aide sur place prennent une tournure inhumaine concernant la bande de Gaza. Plus d’un mois après la décision de la Cour Internationale de Justice (CIJ), Israël ne permet pas l’entrée d’une aide suffisante dans la ville et ne s’est pas conformé aux ordonnances de mesures minimales, à savoir l’aide humanitaire vitale et les services élémentaires d’assistance aux populations sensibles. « L’ampleur et la gravité de la catastrophe humanitaire causée par les bombardements incessants, les destructions et le siège étouffant mis en place par Israël, exposent plus de 2 millions de Palestiniens de Gaza à des préjudices irréparables. » Les images de cette catastrophe humanitaire nous parviennent des réseaux numériques. Des scènes de chaos où les convois terrestres ont été attaqués par les forces israéliennes et pillés par des civils palestiniens désespérés. C’est pourquoi, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) décide d’envoyer l’aide par voie aérienne. Initialement utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale pour ravitailler les troupes isolées sur le terrain, les parachutages sont devenus un outil apprêté pour l’acheminement de l’aide. Ils ont été servis pour la première fois par les Nations Unies (ONU) en 1977. Cependant, ils sont considérés comme le « dernier recours » lorsque les options efficaces échouent.
Entrer à Gaza, c’est entrer dans une zone de guerre dans laquelle les bombardements et les tirs sont incessants. Les humanitaires exposent leurs vies pour mener à bien leur mission afin de livrer l’aide vitale à la population, et sont impactés par les atrocités des offensives. Leur posture est un défi de détermination et de courage.

L’humanitaire est interpellé dans sa conscience, dans son éthique et dans ces valeurs (citées en début d’article) face à Gaza. D’abord, par une situation qui continue de se nécroser humainement sur le terrain et surtout par l’échec cuisant de l’international (ONG, ONU, CIJ, PAM, OXFAM, AMNESTY INTERNATIONAL, UNICEF, …). « Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître et c’est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres. »

Najoua

Histoire de la Reconquista

La Reconquista désigne la reconquête par les chrétiens de l’Espagne occupée par les musulmans depuis le 8ème siècle. Contrairement aux idées reçues, la Reconquista est une période très longue qui commence pratiquement tout de suite après la prise du pouvoir par les conquérants musulmans.  

En 711, le lieutenant berbère Tarik Ibn Ziyad franchit le détroit de Gibraltar avec ses troupes et inflige une cuisante défaite au dernier roi wisigoth, Rodrigue. Les musulmans ne tardent pas à conquérir toute la péninsule, à l’exception des régions montagneuses du nord.  

Au nord, précisément, subsistent quelques territoires aux mains des chrétiens, rejoints par de nombreux citoyens ayant fui vers le nord lors des invasions.  Ces gens maintiennent farouchement leur culture et leur identité,  et cultivent un espoir de reconquête des territoires perdus. Ils entrent en résistance et ne tardent en réalité pas à prendre les armes. 

Le premier épisode connu de Reconquista se déroule en 722  à Cavadonga  dans les Asturies.  Mais, divisée, l’Espagne chrétienne n’est alors pas en position de force face aux Musulmans, qui s’enracinent sur le territoire, et connaissent une fabuleuse période de rayonnement culturel et intellectuel, avec pour centre névralgique la cité de Cordoue. Progressivement, la situation tend à s’inverser et le califat se morcelle en différents petits royaumes appelés les Taïfas.  

Au 11ème  siècle, le royaume de Castille gagne en puissance et son roi, Alphonse XI reprend Tolède aux Musulmans.  Les Almoravides, une dynastie berbère d’Afrique du Nord, viennent en renfort et prennent la tête du royaume musulman. Ils seront remplacés plus tard par les Almohades. Le 13 ème siècle voit tomber aux mains des chrétiens les villes de Cordoue, de Valence et de Séville. À la fin du XIIIème siècle, les musulmans n’occupent plus que le royaume de Grenade. 

La Reconquista se termine vers 1492 avec la prise de Grenade. La lutte des chrétiens pour reprendre les territoires aura donc duré près de sept siècles. Sept siècles durant lesquels les musulmans auront connu le rayonnement et la grandeur, puis la décadence et le déclin.  Beaucoup de musulmans qui admirent les vestiges architecturaux de cette grandeur en visitant l’Andalousie, se trouvent assaillis par des sentiments d’admiration et de nostalgie. 

Impression de paradis perdu et  mélancolie à l’évocation des splendides réalisations des musulmans de cette époque faste. 

Il convient cependant de ne pas s’attarder sur ces émotions douloureuses, voire stériles…. 

تِلْكَ أُمَّةٌۭ قَدْ خَلَتْ ۖ لَهَا مَا كَسَبَتْ وَلَكُم مَّا كَسَبْتُمْ ۖ وَلَا تُسْـَٔلُونَ عَمَّا كَانُوا۟ يَعْمَلُونَ 

«Voilà une génération bel et bien révolue. A elle ce qu’elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis. On ne vous demandera pas compte de ce qu’ils faisaient» 

C’est par ces paroles que le Coran nous invite à faire la part des choses. Le passé doit servir à tirer des enseignements et non à s’engluer dans le regret ou à s’y agripper.  

L’attitude positive et constructive consiste plutôt à se mettre en mouvement et à réaliser chacun à son échelle, aujourd’hui et maintenant, les actes et les projets qui élèvent les individus du statut de consommateur passif à celui d’acteur productif de la société.  

Hayat Belhaj  

« La mort est une longue espérance »

Dans son dernier roman historique captivant, « Les Révoltés de Cordoue », Ildefonso Falcones nous transporte magistralement dans l’Espagne tourmentée du XVIe siècle, offrant une fresque vivante de la lutte pour la coexistence entre deux mondes en conflit. À travers une narration riche en rebondissements et en personnages, l’auteur plonge les lecteurs au cœur des tourments de l’histoire, tout en proposant une réflexion profonde sur la tolérance et la fraternité.

Le récit se déroule dans l’Espagne post-Reconquista, une époque marquée par les horreurs de l’Inquisition et les ravages de la guerre. Sous le règne implacable de Philippe II, les musulmans sont persécutés, brûlés au bûcher, réduits à l’esclavage, et les femmes sont arrachées à leurs foyers pour être placées dans des harems. La terreur règne, et chaque acte de foi devient un acte de rébellion, sévèrement puni par le bras de l’Inquisition.

Au milieu de ce chaos surgit Hernando Ruiz, un homme aux identités multiples, fils d’une musulmane violée par un prêtre chrétien. Sa vie est un kaléidoscope de souffrances et de défis, mais aussi d’amour et d’espoir. Alors que la fatwa venue d’Oran circule en Espagne permettant aux musulmans de dissimuler leur pratique religieuse, Hernando lutte alors pour cacher sa foi et survivre dans un monde où les deux religions se livrent une imposture sans merci.

Pourtant, au-delà des ténèbres de l’Inquisition, l’amour est bien présent et devient inébranlablement une source d’espoir, adoucissant les actes de barbarie décrits dans le roman. Dans « Les Révoltés de Cordoue » d’Ildefonso Falcones, l’amour se présente sous deux facettes distinctes, chacune portant en elle une puissance transformative.

D’un côté, il y a l’amour mondain entre Hernando Ruiz et Isabelle, une chrétienne pure souche. Leur passion interdite transcende les barrières religieuses et sociales, défiant les conventions de leur époque. C’est un amour passionnel, puissant, qui les pousse à défier l’ordre établi pour être ensemble, malgré les dangers qui les guettent.

D’un autre côté, il y a l’amour pour Dieu avec Fatima, sa première épouse, celui qui, dans l’union, transcende les limites du temps et de l’espace. Hernando découvre la puissance de l’amour divin, une force intérieure qui le pousse à persévérer et à embrasser pleinement sa destinée. Un lien sacré qui devient le fondement sur lequel il construit sa vie.

En parallèle à cette réflexion sur l’amour et la foi, il est intéressant de noter les résonances contemporaines que ce roman historique suscite. La France, par exemple, se trouve confrontée à ses propres défis identitaires et religieux. L’utilisation du terme « Reconquête », lancé en 2021 comme nom de parti politique, soulève des questions sur les intentions et les objectifs du parti, ainsi que sur la manière dont il envisage l’avenir de la société française et ses relations avec les communautés minoritaires.

Bien que le contexte historique de la Reconquista et les défis contemporains de la société française soient différents, l’utilisation de ce terme comme nom de parti politique soulève des préoccupations légitimes quant à la manière dont il peut être perçu et interprété, en particulier à la lumière de l’histoire européenne et des tensions actuelles autour des questions d’identité, de religion et d’immigration.

En conclusion, la lecture de « Les Révoltés de Cordoue » nous ramène inévitablement à la gratitude envers le Tout-Puissant pour la liberté de pouvoir adorer selon notre croyance, sans contrainte ni crainte de persécution. Nous sommes reconnaissants de vivre aux côtés de nos époux et de nos enfants, sans craindre que nos foyers soient détruits et nos familles arrachées par les forces de l’inquisition. La possibilité d’avoir un exemplaire du Coran dans nos maisons sans avoir à le cacher est une bénédiction que nous devrions réellement apprécier. Autant de bienfaits méritent encore plus de louanges à Allah !

Hana

L’économie mondiale est heureuse

Alors que le climat politique général ne semble pas propice aux bonnes nouvelles, les marchés financiers, quant à eux, sont excités et semblent déterminés à atteindre de nouveaux sommets. Ils n’ont pas cessé de monter. Depuis le 9 mars, ils ont décidé de souffler après une longue période très haussière. Ils corrigent. Alors que certains y voient un point d’entrée pour faire leurs emplettes, d’autres se posent des questions et peinent à donner des raisons à ces tendances haussières dans une réalité économique plutôt amère. L’or, considéré jusqu’à présent comme le refuge de tout investisseur, est en parfait accord avec la tendance boursière.

Sommes-nous à l’aube d’un éclatement ? La bulle spéculative s’est-elle réellement dégonflée depuis 2019 ? Pourquoi les marchés sont-ils sur une lancée frénétique ? Qu’est-ce qui échappe à notre compréhension ? Une économie boursière en déconnexion totale avec la réalité et le contexte géopolitique.

En effet, contrairement aux marchés financiers, le climat politique semble présenter des tâches sombres partout dans le monde :

  1. Le Moyen-Orient est toujours en guerre : Israël continue ses frappes incessantes sur la Palestine. Le bilan des civils tués compte plus de 31 000 Palestiniens tués (et 1 200 Israéliens) et plus de 73 000 blessés (et 5 341 Israéliens).
  2. Une Union européenne aux tensions bien marquées : Macron annonce la possibilité d’envoyer des troupes occidentales en Ukraine, une annonce immédiatement contredite par son homologue allemand, Olaf Scholz.
  3. Un OTAN recadré par les États-Unis : Biden recadre les propos de Macron et confirme que les États-Unis n’enverront pas de troupes en Ukraine.
  4. La Russie répond aux propos occidentaux : La Russie poursuivra toujours ses ambitions. La guerre ne semble pas encore trouver sa fin : « Quant à ces pays qui disent qu’ils n’ont pas de ligne rouge concernant la Russie, ils doivent comprendre que la Russie n’aura aucune ligne rouge les concernant ».
  5. Les États-Unis sont bien occupés par les élections et s’apparentent à des règlements de comptes personnels ;
  6. Des médias qui continuent de mentir ;
  7. Des manifestations et des révoltes…

La résilience des marchés financiers

Une pluie de mauvaises nouvelles et pourtant la bourse s’envole. Les marchés font abstraction de ce qui les entoure. Ils sont résilients et déterminés à monter. Bulles spéculatives ?

Le Cac40 (8164 points) et le SP500 (5117 points) ont atteint des plus hauts jamais atteints précédemment. Le Dow Jones a dépassé les 38 700. Sa hausse de 445 % lors de la bulle de 1921 s’est suivie d’un krach de 90 %. De même après la bulle de 2007 (hausse de 486 %), le Dow Jones a subi un krach de 54 %. Aujourd’hui, il a augmenté de 497 %. Quand et à quel krach pouvons-nous nous attendre ?

Quant au Bitcoin (72 000), il a aussi pris la direction de la lune. L’or avait pour habitude d’être un actif de refuge et le voilà qui suit les mêmes tendances que le bitcoin ou la bourse. Comme les taux d’intérêt sont supérieurs à l’inflation, les rendements sur les épargnes sont censés être plus attractifs que l’or. En effet, mettre de l’argent en épargne devrait être plus intéressant que l’investir en or puisque l’or ne génère pas de taux d’intérêt. Or, l’or ne cesse lui aussi d’augmenter et a atteint des sommets jamais atteints. Si l’or monte alors que tout « semble aller bien », c’est que tout ne va pas bien.

Qu’est-ce qui pourrait donc déclencher l’effondrement de ces marchés ? La dette publique !

La dette, un monstre dans le placard

D’autant que la dette publique continue, quant à elle, de monter et le politique ne semble pas s’en soucier. On la laisse mijoter telle une cocotte-minute.

Le graphique ci-dessous nous donne une indication sur la dette de chaque pays en 2022. La Belgique dépasse les 104 % du PIB de notre pays. Ce qui signifie que l’État belge doit trouver une façon de recouvrer sa dette. (En France, la dette est de 117 % et 116 % en Espagne). Deux solutions existent pour cela :

• Soit on augmente l’impression monétaire. Étant donné l’inflation trop élevée, cette option n’est pas (plus) envisageable (voir l’article précédent qui explique le lien entre l’inflation et l’impression monétaire). La BCE ayant déjà trop abusé de l’impression de la masse monétaire, cette solution est exclue. • Soit la Belgique augmente les impôts et c’est cette solution qui sera retenue.

Lorsque les États augmenteront les impôts, les gens consommeront moins. Ils investiront moins dans les marchés financiers et voudront épargner. Les bulles spéculatives exploseront. Les investisseurs se détourneront des marchés à risque pour se diriger vers les marchés de refuge tels que l’or. Si les taux d’intérêt restent élevés, on préférera mettre son argent dans les épargnes ou obligations.

Ainsi, face à des marchés insensibles, les investisseurs doivent rester vigilants et garder le recul nécessaire pour se poser les bonnes questions. Est-ce le moment d’investir ? Les marchés sont-ils sains ? Comment reconnaître un bon point d’entrée ? Autant de questions que de réponses incertaines. Et pourquoi ne pas laisser la tempête passer avant d’investir ? Un vieil adage conseille d’acheter sous le bruit du canon et de vendre sous le doux son du violon. C’est quand tout semble être bon qu’il faut se méfier…

Voyons le bon côté des choses, les périodes de crise sont les meilleurs moments d’investissement. La patience est de mise et tout vient à point à qui sait attendre.

Nelm