Les invocations d’Uways al Qarni

Uways Ibn Amir de son vrai nom est un illustre personnage, il a vécu au temps du prophète Muhammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui) mais n’a jamais eu la chance de le rencontrer. Pourtant, le messager de Dieu l’a mentionné et a conseillé à ses compagnons de ne pas hésiter à solliciter ses prières… Retour sur son histoire riche d’enseignements.

Lors de califat, Umar ibn al Khattab avait pris l’habitude de questionner chaque année les pèlerins en provenance du Yémen sur la présence parmi eux d’un certain Uways ibn Amir. Mais à chaque fois la réponse était négative. Toutefois, une année, la réponse tant attendue arriva : Uways Ibn Amir se trouvait parmi la délégation yéménite venue à la Mecque pour accomplir les rituels du hajj. Umar n’en crut pas ses oreilles, stupéfait et heureux, il demanda qu’on lui présente Uways. On lui indiqua alors un homme qui se tenait quelque peu à l’écart du groupe. Le prince des croyants se dirigea vers lui et le questionna : 

–       Es-tu Uways Ibn Amir ? 

–       Oui, répondit Uways.

Umar poursuivit son interrogatoire :

–       Es-tu bien issu de la tribu des Murad et des Qaran ? 

Uways acquiesça quelque peu intrigué par toutes ces questions.

–       As-tu souffert de la lèpre et tu en es guéri, ne te reste aujourd’hui de cette maladie qu’une tâche de la taille d’un dirham ? 

Uways répondit par l’affirmative mais toujours autant intrigué par l’homme qui se tenait devant lui. 

–       Umar Ibn Al Khattab poursuivit: 

–       Ta mère est-elle encore en vie ? Oui, répondit-il. 

Umar Ibn Al Khattab conscient de se trouver face à celui qu’il recherchait depuis plusieurs années, se décida enfin à révéler à son interlocuteur les raisons de ses nombreuses questions : «  Sache que je suis à ta recherche depuis de nombreuses années, et aujourd’hui Dieu m’a comblé en me permettant de te rencontrer. »

Un être dévoué envers sa mère

Si Umar Ibn Al Khattab désirait si ardemment rencontrer Uways Ibn Amir, surnommé Uways Al Qarni, c’est tout simplement parce que le messager de Dieu (paix et bénédictions de Dieu sur lui) leur avait parlé de lui. Il a dit : « Viendra à vous un homme du Yémen. Son nom est Uways Ibn Amir. Il est des tribus de Murad et Qaran. Il a souffert de la lèpre. De cette maladie, il ne lui reste qu’une tâche de la taille d’un dirham. Il a une mère envers laquelle il est dévoué et qu’il s’attache à satisfaire autant que possible. Sachez que si cet homme jurait par Allah, Allah mettrait tout en œuvre pour que son serment se réalise. Alors si un jour vous le rencontrez, faites en sorte qu’il demande le pardon d’Allah pour vous. Cela ne fait aucun doute qu’il sera exaucé. »

Réalisant sa chance et la grâce qu’Allah lui octroyait, Umar lui demanda alors d’invoquer Allah pour qu’Il lui pardonne. Uways consentit à accéder à la demande du calife tout en se sentant honoré que le prophète (pbsl) ait pu le mentionner alors qu’il n’avait pas eu le bonheur et le privilège de le rencontrer. Umar voulut écrire au gouverneur de Kufa, la ville où se dirigeait à présent Uways, afin qu’il prenne soin de cet illustre personnage mais celui-ci refusa. Il préférait vivre modestement. L’année suivante, Umar demanda des nouvelles d’Uways auprès d’un notable de Kufa en visite dans la ville sainte. Umar lui confia alors les paroles du messager de Dieu et lui conseilla de lui demander de prier pour lui s’il avait l’opportunité de le rencontrer. De retour chez lui, le notable se dirigea vers la modeste maison d’Uways et lui demanda de prier Dieu pour lui. Devant son insistance, Uways lui demanda s’il avait rencontré Umar Ibn Al Khattab. Le notable acquiesça et Uways consentit alors à sa demande. Comblé, le notable décida de raconter l’histoire d’Uways Ibn Amir. Rapidement, les gens se bousculèrent devant sa porte pour lui demander de prier pour eux. Mais Uways décida de quitter Kufa et partit pour une nouvelle contrée, préférant la solitude aux honneurs de la foule.

Son histoire s’arrête là mais nul doute qu’elle en a inspiré et continuera d’inspirer de nombreux musulmans à travers les générations… Une vie modeste et un être dévoué envers sa mère, une vie qui peut paraître des plus banales pourtant il a été évoqué par le meilleur des hommes : Mohammad, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui. Son histoire nous apprend finalement que nos œuvres qui peuvent nous paraîtres minimes sont peut-être les plus appréciées auprès de Celui qui voit tout… Puissions laisser une trace de notre passage sur cette terre à l’image de celle d’Uways Ibn Amir ! 

H.B.

Devenir des catalyseurs du changement positif

Et quand on récite le Coran, prêtez-lui l’oreille attentivement et observez le silence, afin que vous obteniez la miséricorde (de Dieu).

Sourate 7, verset 204

J’ai compris en m’interrogeant que dans ma relation à l’autre, il manquait la profondeur.

Dernièrement en lisant un livre sur l’écoute prophétique de Mikaeel Ahmed Smith, j’ai découvert un concept, fort intéressant.

La clé d’une relation saine est celle d’une communication authentique !

L’écoute bienveillante est telle une lumière, qui éclaire les fondements de nos liens. Elle demande patience et empathie.

Le but lors de nos communications est de mieux comprendre l’autre

Sans jugements ni préjugés, être là pleine de sincérité.

Si cette approche de la relation était utilisée, le monde serait transformé comme l’a transformé notre Messager Mohamed sws.

L’écoute bienveillante est bien plus qu’un simple acte d’entendre ce que les autres ont à dire. 

C’est une pratique profonde qui exige de la conscience, de l’empathie et de l’ouverture.

Lorsque nous écoutons bienveillamment, nous accordons aux autres l’espace nécessaire pour qu’ils s’expriment librement, sans crainte d’être jugés ou interrompus !

Dans notre monde moderne où la vitesse et la productivité sont valorisées,

L’écoute bienveillante est souvent négligée. Nous sommes distraits par nos propres pensées, préoccupations ou téléphones portables, ce qui limite notre capacité à être pleinement présents.

Cependant, si nous prenons le temps de véritablement écouter, nous pouvons changer la dynamique de nos relations,

En écoutant bienveillamment, nous offrons aux autres la possibilité de se sentir compris et soutenus.

Elle permet également une meilleure compréhension des besoins et des émotions. 

Être en mesure de capturer les subtilités de leur langage corporel, leur ton de voix et leurs expressions faciales, de lire entre les lignes et de percevoir les messages cachés derrière les mots.

En pratiquant celle-ci, nous sommes moins enclins à juger et à critiquer et nous pourrons vraiment transformer le monde autour de nous.

Imaginez si nous pouvions tous pratiquer l’écoute bienveillante dans nos interactions quotidiennes. Les conflits pourraient être résolus avec compassion et respect mutuel. Les mentalités pourraient évoluer, les préjugés pourraient être dissipés et l’acceptation de la diversité deviendrait la norme.

La transformation résultante serait incroyable, tant au niveau individuel qu’au niveau collectif.

Elle a le pouvoir de nous connecter les uns aux autres d’une manière profonde et significative.

Donnons à l’écoute bienveillante la place qu’elle mérite dans nos vies.

Cultivons cette capacité à écouter avec le cœur, à faire preuve d’empathie et à être présents pour les autres. Devenir capables de percevoir les subtilités du langage et de leur donner la signification qu’ils méritent. Il est essentiel de se rappeler que tout commence par nous-mêmes.

Pour pouvoir réellement comprendre nos besoins et nos désirs, il est important d’apprendre à s’écouter, en particulier lorsque nous sommes seuls, aimer le  silence car il nous parle.

L’écriture peut être un merveilleux outil pour entreprendre ce voyage intérieur, en nous permettant d’explorer nos pensées, nos émotions et nos aspirations. En nous écoutant attentivement, nous commençons à nous comprendre et à identifier ce qui est vraiment important pour nous.

Ce voyage intérieur nous ouvre ensuite à l’extérieur, nous permettant de développer des relations plus authentiques et significatives avec les autres et la création.

En établissant une connexion profonde avec nous-mêmes, nous sommes mieux équipés pour nous engager avec le monde qui nous entoure de manière plus intentionnelle et épanouissante.

L’écoute bienveillante est une compétence précieuse qui te donnera accès à l’écoute des signes qui nous entourent et de répondre aux signaux subtils qui nous guident sur notre chemin personnel.

En conclusion, cela nécessite une ouverture d’esprit et la capacité de considérer différentes perspectives. Parfois, les signes peuvent sembler ambigus ou difficiles à interpréter et c’est là que l’écoute bienveillante joue un rôle clé.

Tel était le prophète Mohamed SWS.

Hana Elakrouchi

Carnets de voyage: la Slovénie

Avec ses vallées verdoyantes et ses paysages bucoliques à souhait, la Slovénie est une véritable perle dans un écrin de verdure. Niché en pleine montagne, c’est vers le lac de Bohinj, dans le parc national du Triglav, que le vent me mène.  

Sur fond de hautes montagnes, ce lac aux reflets d’émeraude offre calme et sérénité. Au détour d’un petit chemin dans la forêt le long de la berge, je découvre une crique insoupçonnée qui incite au prélassement. En l’instant d’un après-midi, le temps est suspendu. Tantôt les nuages recouvrent les montagnes d’un voile brumeux qui confère au lac un air féérique, tantôt le soleil révèle un magnifique dégradé de vert qui colore cette eau cristalline. Je ne me lasse pas de la beauté du paysage digne d’une carte postale.

Les nuages gris s’amoncelant sonnent le glas de ce moment privilégié et m’enjoignent à laisser la nature reprendre sa place.

De retour à la « maison », je prépare le repas avec le mont Triglav en toile de fond. Installée sur ma petite chaise pliable, j’admire les étoiles tout en sirotant une infusion de menthe fraiche, réel privilège pour la « camping cariste » en herbe que je suis. Après une nuit paisible, la montagne apporte son lot de surprises dès l’aurore et déverse des trombes d’eau. Le vent se lève, le ciel se déchaine et l’orage gronde. Par prudence, il est préférable de lever le camp, ce temps orageux sera de la partie pour quelques jours d’après notre voisin suédois, adepte de la van life. Nous mettons alors les voiles vers le sud.

La nationale nous menant à la frontière croate me ravit. Ces paysages pittoresques, ces jolies maisons aux balcons fleuris, les clochers d’églises pointant à l’horizon au milieu des villages et ces chemins ondulant à travers les champs me donnent l’impression de traverser un tableau pittoresque du 18e siècle.  Sur le chemin au loin, deux enfants se baignent dans la Krka. Les paysages défilent. Je ne vois pas le temps passé. Nous voilà déjà en Croatie.

Changement de cadre. Le paysage karstique qui s’étend de part et d’autre de la route me plonge dans un décor lunaire. La côte croate est fragmentée en centaines d’îles dont quelques dizaines seulement sont habitées On oublie souvent que le pays, ancienne Yougoslavie, ne formait qu’un avec la Slovénie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, la Macédoine et le Monténégro. Véritable puissance qui n’avait rien à envier aux plus grands tant au niveau géographique, culturel qu’économique.

La vue est splendide. L’Adriatique invite au farniente et à la baignade. Mais nous gardons le cap vers notre destination finale : la Bosnie-Herzégovine.

A suivre… 

L.M.

Achoura et Moussa 

Le mois de muharram a débuté mercredi 19 juillet 2023. Le jour de Achoura, dixième jour de ce mois sacré, sera donc demain vendredi 28 juillet, un jour où il est conseillé de jeûner. Outre sa récompense importante, il s’agit aussi d’exprimer notre considération à un grand prophète : Moussa (alayhi salam). Explications

Ibn Abbas rapporte que lorsque le prophète (paix et bénédictions sur lui) arriva à Médine. Il questionna les tribus juives concernant la raison de leur jeûne le dixième jour du mois de Muharram. Les juifs l’informèrent qu’il s’agissait du jour où Allah donna la victoire à Moussa sur pharaon. Le prophète (paix et bénédictions sur lui) rappela alors aux musulmans qu’ils sont plus en droit de se réclamer de ce grand prophète. Il recommanda alors de jeûner ce jour. Il convient de débuter le jeûne le 9 car selon un hadith rapporté par Ibn Abbas : le prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Si je suis encore vivant l’année prochaine, je jeûnerai le 9 (c’est-à-dire avec le 10). » (Rapporté par Mouslim). Mais le Prophète mourut avant cela. On peut également jeûner le jour suivant. 

Pourquoi Moussa est important pour les musulmans ? 

Moussa (alayhi salam) est l’un des prophètes les plus honorés dans le Coran. Il porte le titre de Kalimu Allah, c’est-à-dire celui qui a parlé directement à Dieu. Il n’est pas seulement un prophète parmi les prophètes, mais il fait partie des cinq prophètes les plus importants : Noé, Ibrahim, Issa et Mohamed (que la paix soit sur eux tous). Le Coran évoque abondamment son histoire car elle est riche d’enseignements. Face à un peuple difficile, les Banu Israël, Moussa (alayhi salam) a montré ses nombreuses qualités : profondément bon, endurant, épris de justice, courageux. Il n’a jamais désespéré et a porté haut le message de notre Seigneur. Des leçons pour les musulmans car à bien des égards, notre comportement est similaire à celui du peuple de Moussa (alayhi salam). Nos passions ont remplacé le veau d’or, nos questionnements s’apparentent à un réquisitoire de notre Seigneur, nos désobéissances au refus de combattre nos maladies du cœur,… 

Jeûner le jour de Achoura est donc une manière de montrer notre reconnaissance à ce grand prophète mais il s’agit aussi de prendre conscience de nos nombreux manquements en tant que communauté de Mohammad (paix et bénédictions sur lui). Une prise de conscience afin de nous réformer et ne pas oublier que bien souvent nos actions ne sont pas si éloignées de ceux contre qui Allah nous met en garde… 

Qu’Allah accepte notre jeûne et nous pardonne nos manquements. 

De droite à gauche, les familles politiques décryptées (4/4)

Dans ce dernier article, qui vient clore la série d’articles sur la Belgique, son fonctionnement et ses institutions, nous allons continuer notre exploration de l’éventail politique, du centre vers la droite de celui-ci. 

infographie: Miriam Hamjan
  1. Les fédéralistes 

Idéologie : fédéralisme    Place sur l’éventail politique : centre  Partis : DéFI / ProDG

Quelles sont leurs idées ? 

  • Parti né dans les années 1960   pour assurer la défense des intérêts et des droits des francophones, dans la région de Bruxelles-Capitale et dans la périphérie bruxelloise mais également en Wallonie
  • Ils mettent en avant l’identité linguistique et la défense des droits d’une communauté linguistique ( les francophones) ou d’une Région.
  • Les libéraux 

Idéologie : libéralisme  Place sur l’éventail politique : droite  Partis : MR / Open VLD

Quelles sont leurs idées ?

-Les questions économiques sont leur priorité. Tous les thèmes de la société sont abordés sous l’angle de l’économie. 

-Pour eux, la production de richesses augmente le bien-être social et procure la liberté. 

– Ils souhaitent une diminution des cotisations sur le travail.

– Ils soutiennent les indépendants. 

– La sécurité sociale est importante mais devrait être complétée par des assurances privées. 

– En matière de sécurité, ils jugent la prévention peu efficace et prônent les mesures répressives et la présence policière. 

– La question de l’écologie passe par la fiscalité. Il faut taxer les biens les moins respectueux de l’environnement et inversement.

– Au sujet de l’immigration, l’Open Vld ( flamand) souhaite limiter l’accueil des étrangers aux travailleurs qui viendraient combler des secteurs en pénurie. Le MR quant à lui ( parti francophone) se montre plus souple sur l’assouplissement des procédures de régularisation, bien que plusieurs courants s’expriment au sein du parti.

– Les libéraux sont plutôt progressistes sur les questions éthiques. 

– La famille libérale est pro- européenne. 

  • Les autonomistes 

Idéologie : nationalisme  Place sur l’éventail politique : droite   Partis : N-VA / RWF / RASSEMBLEMENT WALLON

Quelles sont leurs idées ? 

Ils s’inscrivent dans le clivage linguistique qui traverse la Belgique depuis ses débuts. Ces partis ont pu demander plus d’autonomie pour la Flandre ou la Wallonie. Certains demandent aujourd’hui l’indépendance d’une des entités fédérées où le rattachement d’une région à un autre pays.

-Selon eux, la Belgique n’est pas un véritable État-nation et n’a plus de raison d’exister. 

– La solidarité entre régions et entre communautés freine le développement de la Région ou la Communauté qu’ils défendent. 

– Leur programme est très axé sur les enjeux linguistiques. Sur les autres questions sociétales, on peut les situer au centre où à droite

– La N-VA souhaite l’indépendance de la Flandre. Elle se situe à droite sur les questions d’économie et de fiscalité. Elle s’oppose à une forte immigration non-européenne. Du point de vue de la sécurité, elle opte pour une plus grande répression. 

– Le Rassemblement wallon prône l’indépendance de la Wallonie. 

– Le Rassemblement Wallonie-France revendique quant à lui le rattachement de la Wallonie voire de la région bruxelloise à la France.

– Ces 3 partis sont conservateurs sur les questions éthiques.

– Ils sont critiques envers l’Europe qui ne laisse selon eux pas assez de place à l’autodétermination des peuples.

– Ils sont très peu présents sur les questions environnementales.

  • Les nationaux- populistes

Idéologie : national-populisme  Place sur l’éventail politique : extrême-droite   Partis : Vlaams Belang / Parti populaire / Démocratie nationale / La Droite 

Quelles sont leurs idées ?

  • Les questions identitaires sont fondamentales pour les partis nationalistes. Leurs valeurs de base sont la famille, le travail et la patrie.
  • Leur analyse des problématiques de la société se fait systématiquement à travers des slogans réducteurs, axés sur le rejet des étrangers et la critique du pouvoir en place.
  • Ils sont pour la fermeture des frontières et s’opposent à la multi culturalité, qui menace selon eux l’identité nationale. 
  • La sécurité doit passer par des mesures répressives importantes. 
  • Ils souhaitent mettre en place la « priorité nationale » en matière de redistribution sociale. Pour bénéficier d’aide, il faut être Belge ( ou Flamand dans le cas du Vlaams Belang) ou Européen vivant en Belgique. 
  • Ces partis sont conservateurs sur les questions éthiques.
  • En économie, ils prônent le protectionnisme, c’est-à-dire un système qui vise à favoriser les travailleurs et les entreprises nationaux.
  • Ils s’opposent en général à l’Union européenne.

Nous voilà arrivés au terme de cette série d’articles visant à expliquer succinctement le fonctionnement complexe mais intéressant de notre pays.

Hayat Belhaj 

Source : cultures&santé , «  les couleurs politiques en Belgique »

Le destin n’est pas une question de chance, mais de choix…

« Et on dira à ceux qui étaient pieux : « Qu’a fait descendre votre Seigneur ? » Ils diront : « Un bienfait. » Ceux qui auront excellé dans ce bas monde ; mais la demeure de l’au-delà est encore meilleure. Combien agréable sera la demeure des pieux ! »

(Sourate AN-NAHL / LES ABEILLES verset 30)

LE SAVIEZ-VOUS : le miel est une véritable merveille de la nature, un aliment délicieux et bénéfique, qui grâce à ses propriétés antibactériennes et oxydantes devient un véritable remède pour divers maux.

La production de ce nectar doré requiert un immense effort de la part des abeilles. Ces petites travailleuses doivent parcourir des distances considérables pour butiner le nectar de milliers de fleurs puis le travail de transformation continu dans leurs ruches… Un travail titanesque ! Ne méditez-vous donc pas ? 

L’exemple de l’abeille doit être une source d’inspiration pour l’homme, qui doit également fournir le meilleur de ses efforts durant son existence.

Tout comme l’abeille, tu dois faire preuve de sacrifice, avoir de la volonté, éveillé ta curiosité et avoir un but, avoir un objectif, et le meilleur de ces objectifs est LA REFORME, devenir meilleur qu’hier !

Observer, méditer, réfléchir sur la création est l’un des meilleurs moyens de s’ouvrir à l’inspiration et la réflexion sur SOI MEME,

Une jeune femme souhaitant vivre une nouvelle expérience, se met à travailler dur pour construire un petit radeau rudimentaire pour lui permettre de flotter en sécurité sur un océan déchaîné.

Après plusieurs heures de travail acharné, elle parvient enfin à assembler les rames et à lancer son petit radeau sur les eaux tumultueuses.

Pendant les heures qui suivent, elle rame sans relâche, se remémorant ce verset parlant du fait de zélé dans tout ce que tu entreprends…

La force se déploie bravant ainsi les énormes vagues et la tempête qui menacent de la submerger à tout moment.

Heureusement, son courage et sa détermination ne faiblissent pas et, après plusieurs jours de navigation, elle parvient finalement à apercevoir les contours d’une île lointaine.

Épuisée mais heureuse, elle se dirige vers la rive en rame, où elle trouve enfin de l’eau potable et de la nourriture pour survivre.

Au fil des jours et des semaines suivantes, la naufragée utilise ses compétences nouvellement acquises pour construire une cabane et explorer son nouvel environnement.

Bien qu’elle soit seule dans cet endroit sauvage, elle ne se laisse pas décourager.

Au contraire, elle continue d’apprendre et se développe, devenant lentement mais sûrement la maîtresse de l’île.

Ainsi est le fervent croyant…

Malgré ta timidité, ton insociabilité, tu dois rêver de grandes choses.

Mais étant enfermé dans ta zone de confort, te contentant de ta routine quotidienne et refusant de prendre des risques,

Tu ne vivras ta vie qu’a moitié

Il est tellement plus agréable de passer son temps dans les boutiques, ou encore devant une série télévisée romantique,

Sache que ton passage sur terre n’est qu’éphémère, ta vie d’aujourd’hui n’est qu’une illusion, n’oublie pas que tu es à l’image de cette naufragée, soit tu te laisses mourir, tu te laisses éteindre, soit tu saisis ces épreuves qui viennent te bousculer, qui viennent te secouer et réalises que la vie est trop courte,

Ne procrastines plus, passe à l’action, vis ta vie à fond

Evinces ta peur, commence à explorer de nouveaux horizons, à rencontrer de nouvelles personnes et à apprendre de nouvelles choses.

Le monde est rempli de merveilles et de défis à relever.

Le chemin n’est certes pas facile.

Tu seras confronté aux jugements, aux critiques, au dénigrement, parce que pour certaines personnes, une femme est incapable de penser. Mais Dieu t’a donné une âme et une vie pour avancer,

Affrontes les défis et passe à l’action sans te décourager.

Assume de ce qui est de TA responsabilité, celles de la Gérance d’un Khalifa ! ,

Malgré la souffrance psychologique qui te sera infligée, tu as la clé de ton avenir, ta foi !

Avance même si tu as tendance à te dire que tu prenais moins de risque quand tu n’avais aucune ambition, garde le cap comme ce surfeur sur la vague 

Tu deviendras une personne confiante et déterminée parce que tu te seras affranchis de l’être humain et tu n’appartiendras qu’à Lui seul !

Tu m’as promis que si j’excellais je serais dans ta demeure ya Allah, alors même en rampant, je continuerais pour TOI. N’oublie surtout pas que sans l’aide de Dieu tu ne peux pas y arriver. Lui être reconnaissant chaque jour. 

La vie est courte, ce qui la rend toute aussi précieuse.

Hana

L’affaire Nahel, vers une autre crise politique ?

À Nanterre, en France, le mardi 27 juin 2023 vers 8h30, un jeune garçon de 17 ans, Nahel M. meurt au volant d’une voiture par arme à feu, tiré par un agent de l’ordre, au nom d’un refus d’obtempérer. Le dossier aurait pu s’arrêter là et être classé comme un fait divers sans suite par les autorités judiciaires françaises. Mais une vidéo « témoin » accablante circule dans les réseaux sociaux, donnant à cette affaire une autre tournure. 

En effet, les images montrent une version autre des dires du policier. Et c’est ainsi que, dans la soirée qui a précédé la mort du jeune Nahel, les grandes villes métropolitaines s’enflamment dans une escalade de violence exaspérée et intensifiée depuis la diffusion des images sur les réseaux sociaux. Des tensions ont éclaté entre les forces de police françaises et les jeunes de banlieue, qui ont donné lieu aux images fortes qui ont circulé sur toutes les plateformes médiatiques.

Depuis, les médias et les partis politiques se sont emparés de cette affaire pour en faire leur étendard privilégié. Alors, la question que l’on pourrait se poser : comment en est-on arrivé à ce genre de situation ? En quoi le dossier Nahel reflète-t-il une crise politique et sociale ?

Les signaux d’alerte précurseurs du drame

Les scènes d’agitation dans les villes françaises ne datent pas d’aujourd’hui. Le mouvement des gilets jaunes témoigne de ce climat de « désamour » entre la population et l’état. Autre exemple, les grandes manifestations du peuple contre la réforme des retraites où nous assistions à un soulèvement de masse de la population contre le gouvernement actuel. Les mots « autoritaire », « dictature » se levaient parmi les voix des syndicats populaires. Et enfin, un autre exemple, en 2005, suite au décès de deux jeunes garçons, un mouvement similaire entre les jeunes des quartiers populaires de toute la France et les forces de l’ordre a montré à quel point cette rupture était évidente entre ces deux groupes. Bien évidemment, les mass media et les partis politiques s’approprient cette affaire, afin de l’utiliser à des fins personnelles et stratégiques [1].

C’est pourquoi, il serait intéressant de dépasser ce climat émotionnel afin d’essayer de comprendre quelques facteurs déclencheurs de ce drame.

Premièrement, ces vives tensions ne sont pas le résultat d’une cassure involontaire, mais plutôt une accumulation de lois, de décrets ministériels portant notamment sur l’élargissement de l’usage des armes au sein de l’institution policière [2], s’ajoutant à cela un manque de formation des nouvelles recrues. La forte augmentation du nombre de tirs policiers et du nombre de morts a déjà été pointée à plusieurs reprises. [3] Bien évidemment, il n’est pas question de minimiser les tensions auxquelles sont confrontés les agents de l’ordre dans un contexte d’agressivité montante ; ni de tenter de justifier les violences qui embrasent plusieurs villes françaises.

Deuxièmement, le climat de « mépris » dans les discours politiques et la libération de la parole stigmatisante envers une partie de la population française dans les médias sont les accélérateurs de l’injustice qui crée injustice, colère et ressentiment. Vouloir dresser les gens les uns contre les autres en fonction de leur identité, leur apparence, leur croyance, leur origine est un poison, un piège diffusé par les extrémistes, les racistes, les xénophobes avec lesquels une partie du monde politique flirte aujourd’hui. La banalisation des discours d’extrême droite dans l’espace éditorial et médiatique pousse vers une idéologie meurtrière, car elle appelle à se mettre en guerre contre une partie du peuple qui serait originaire de la diversité [4].

Troisièmement, l’aveuglement ou le déni surréaliste de la part du pouvoir exécutif actuel sur les causes réelles de ces problèmes sociaux est une réalité maintes fois établie [5]. L’injustice, l’hypocrisie, l’usage de faux, l’inégalité, la défiance aux institutions de l’état, la pratique de la devise française de 2 poids 2 mesures de « liberté, égalité, fraternité » dévoilent un climat pervers. Pire encore, le monde pointe les failles de la France : frustration sociale, déni et arrogance du pouvoir actuel durant une décennie ont fait « exploser » la situation [6]. D’ailleurs, l’ONU vient d’enjoindre à la France de s’attaquer sérieusement aux « profonds problèmes de racisme et de discrimination raciale parmi les forces de l’ordre » a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole de l’ONU lors du point presse à Genève, en Suisse [7]. Une discrimination, certes niée par le gouvernement français, mais pointée du doigt partout dans le monde. Les mensonges des policiers, du procureur, des médias et le silence complice de l’état avant que la vidéo montrant l’assassinat du jeune adolescent ne soit diffusée, ont choqué toute la nation et ont mis le feu aux poudres dans les quartiers populaires.

Et après ? Le slogan « justice pour Nahel » lors de la marche blanche du 29 juin est sur toutes les lèvres, et les yeux se tournent sur les instances judiciaires (IGPN) afin de donner le ton : une justice claire et véridique. L’apaisement tant désiré doit venir par des actes de soulagement des pouvoirs publics et de la nation française. Les appels au calme viennent de partout : des associations, des maires, des acteurs religieux qui sont sur le terrain, des footballeurs connus, des parents issus des quartiers populaires… Et même de la mère de Nahel et de sa famille. Aujourd’hui, l’heure est au rapprochement de l’état et de son peuple, encore faut-il réellement avoir la volonté de le faire…

Najoua

[1] www.rtbf.be, article de Maud WILQUIN, publié le 30 juin 2023 sous le titre : « Mort de Nahel : cette affaire peut-elle influencer la montée de l’extrême droite ? »

[2] www.legifrance.gouv.fr  – LOI n° 2017-258 du 28 février 2017 relative à la sécurité publiquePour en savoir plus : article de Mariama DARAME et Jérémie LAMOTHE, publié par Le Monde, le 29 juin 2023 sous le titre « Mort de Nahel : à l’assemblée, la loi de 2017 sur l’usage des armes à feu par les policiers au centre des critiques.

[3] www.politis.fr-article de Pierre JEQUIER-ZALC, publié le 28 juin 2023 sous le titre : « Morts suite à un tir policier : des chiffres records en 2021 et 2022.

Pour en savoir plus, le livre de Edwy PLENEL « L’appel à la vigilance. Face à l’extrême droite » Edition : La découverte.

[4] www.moustique.be, article de Gauthier DE BOCK, publié le 4 juillet 2023 sous le titre « Emeutes après la mort de Nahel à Nanterre : une France aveugle, l’autre déchainée. »

[5] www.tv5monde.com, article de Margot HUTTON, publié le 30 juin 2023 sous le titre « France : les violences en lien avec la mort de Nahel vues par la presse étrangère »[1]www.mizane.info-article publié par la rédaction sous le titre « Nahel : l’ONU appelle la France à « s’attaquer sérieusement aux profonds problèmes de racisme parmi les forces de l’ordre. »

Aujourd’hui est un grand jour !

Du haut de ses cinq ans, cela faisait déjà une semaine que mon petit garçon réitérait inlassablement la même question :

« Maman… encore combien de dodo avant de recevoir mes cadeaux et mes bonbons ? « 

Les effluves de thé à la menthe et le parfum des gâteaux enrobés au miel embaument délicatement les ruelles de la ville.

Aux sorties des mosquées, dans une excitation plus que palpable, les fidèles apparaissent dans des tenues dignes d’un conte des mille et une nuits.

Des djellabas ornées de perles et colorées aux Kamiss des hommes brodés de fil doré, en passant par les Jabadors des nouveau-nés, la joie et la bonne humeur pouvaient se lire sur les visages éclairés par les timides rayons du soleil.

Les traditionnelles siniyas garnies de verre à thé aux motifs orientaux n’attendent plus que nos invités.

Jour après jour, douze mois ont fait le tour et aujourd’hui nous commémorons l’un des plus beaux événements de notre belle religion.

Celui de notre Prophète Ibrahim qui, sur le point de sacrifier son propre fils a fait preuve d’une obéissance et d’une soumission sans faille au Seigneur des Mondes.

Ibrahim en a été dignement récompensé.

Tout à coup me voilà emportée par mes pensées, de l’autre côté du globe.

En Arabie, où des millions de pèlerins vêtus de leurs pagnes de sacralisation et d’abayas déferlent vers la Mecque. Tous convergent vers la maison sacrée.

À Arafat implorant le Miséricordieux d’être Satisfait d’eux, ils quittèrent ce lieu pour Mouzdalifa, autre lieu sacré.

Tout en chantonnant les prières sur mon cher et tendre Prophète Mohammed صلى الله عليه وسلم, je finalisais du bout des doigts ornés de henné les derniers préparatifs d’une décoration empreinte d’un perfectionnisme qui me caractérise tout particulièrement.

Ils y passèrent la nuit dans une ambiance authentique contemplant les étoiles à même le sol caillouteux.

Ce 10ieme jour de Dhul Hijja, les pèlerins armés de foi et de patience se dirigent vers la Ka’aba.

C’est le grand rendez-vous, le lieu de rencontres des cœurs soumis et obéissants en recherchant l’amour et le secours du Tout-Puissant.

Tout cela à travers la circumambulation autour de la Ka’aba (Tawaf), dans les allers-retours entre les monts Safa et Marwa (Sa’ey) marchant ainsi sur les pas de notre mère Hajar.

Les pèlerins sont les invités d’Allah.

Ils accourent des 4 coins du monde sur toutes sortes de montures (cf. Nabil El Nasri voyage à vélo depuis paris vers la Mecque en plus de 60 jours pour le Hajj de l’année 2023-1444).

C’est pour certains le voyage de toute une vie, un projet pensé et planifié durant de longues années.

Ils se sont arrachés à leur confort du quotidien, se sont séparés de leurs familles et cela dans le seul but de répondre à l’appel du Divin.

« Labaika allahouma labaik » sont les paroles récitées en boucle des pèlerins en totale soumission pour purifier leurs âmes et leurs cœurs de tous les mauvais penchants.

C’est une profonde introspection qui s’opère en chacun d’eux.

Une même journée mais deux ambiances différentes. Tantôt tournée vers les délices de ce bas monde et Tantôt tournée vers l’accomplissement du cinquième pilier de l’islam.

Soudain je reviens à ma réalité et je ne cesse de caresser le doux espoir de faire partie des élus par une invitation qui recèle du plus grand des secrets.

Amin.

L&A

L’esprit du défi

Prendre des risques, sortir de sa zone de confort, se dépasser, aller au-delà de ses limites. Tous ces mots contribuent à donner une définition précise de l’expression « se lancer un défi ! ». C’est l’idée de parier avec nous-même que nous sommes capables de faire quelque chose d’inédit et de particulièrement difficile. Il suffit de plonger dans les réseaux sociaux pour voir tout un florilège de « challenges » : des plus loufoques aux plus sérieux, en passant par ceux qui changent des vies.

Nous allons nous intéresser à un challenge particulier, à une période particulière.

« HadjByCycle » de Nabil Ennasri [1]

Paris – La Mecque : près de 6 000 km en 2 mois, 50 étapes en 65 jours, moyenne de 120 km par étape, plus de 12 pays traversés. Tout cela à vélo !

Vraisemblablement, Nabil Ennasri n’est pas le premier dans le monde à relever ce défi de voyager à vélo vers la Mecque. D’autres musulmans de divers pays l’ont fait.

Tiré du compte Twitter de Nabil Ennasri.

Préparé depuis plusieurs années, Nabil Ennasri accompli une étape importante et chère à son cœur. En effet, l’écrivain est particulièrement engagé à la sauvegarde de notre planète et surtout à réveiller l’esprit de la communauté musulmane à ce sujet. D’ailleurs, l’écologie est un concept qui a toute sa place dans la pratique religieuse de l’islam, les textes scripturaires (Coran et la tradition prophétique) nous ont transmis cette valeur oubliée.

Les grands objectifs qui sont visés par Nabil Ennasri sont les suivants :

  • Mobiliser la conscience musulmane sur cet enjeu crucial de sauvegarder l’habitabilité de notre terre.
  • Renouer avec la tradition des anciens dont le voyage pour le Hadj se faisait à pied ou à dos de monture.
  • Rendre hommage à son père, et à travers lui, à tous les premiers immigrés.

Sur ce dernier point, l’auteur nous explique que la génération des primo-arrivants est en train de nous quitter, marquant ainsi la fin d’un cycle dans notre histoire. Héritiers de cette grande famille immigrante, nous devons écrire notre histoire et se lancer dans « un nouveau cycle » de réforme intérieure et collective.

Parti le 22 avril 2023 de Paris, Nabil Ennasri est enfin arrivé à destination le 17 juin à la ville sainte de Médine. Défi réussi !

Cependant, au-delà de ce succès, il me semble intéressant de comprendre l’intérêt et les avantages de se challenger [2].

Le défi, un moteur de vie

Se lancer des défis, c’est apprendre à mieux se connaître, à croire en ses capacités, à développer sa force mentale, c’est aussi se créer des souvenirs, des expériences de vie qui font grandir et ouvrent des voies. Le tout est d’oser sortir de sa zone de confort, et « d’aller voir derrière le mur » en quelque sorte.

Il est clair que nous ne sommes pas tous de grands aventuriers, et marcher sur les pas de personnages inspirants qui ont défié les lois physiques de la terre, nécessite des capacités et une préparation longue et intense. Ceci dit, il existe des défis plus ou moins grands qui nous apportent des bénéfices personnels : apprendre une nouvelle langue, prendre la parole en public, changer ses pratiques en mobilité, s’éloigner des réseaux sociaux… Bref, secouer ses habitudes et oser des choses nouvelles qui vont nous mettre au défi de nous surpasser. L’idée est de nous stimuler, de permettre d’évoluer, de se mobiliser (intellectuellement, physiquement, émotionnellement). Être en état d’éveil !

« Lorsqu’on se place dans une situation de vulnérabilité, lorsqu’on tente de dépasser nos limites, on se retrouve seul face à son défi, mais surtout face à soi-même. L’atteinte du défi devient alors secondaire, mais les sacrifices que l’on est prêt à faire pour l’atteindre sont primordiaux. On est alors dans un état d’éveil extrême, prêt à affronter n’importe quelle situation. On se surprend alors à se découvrir des qualités insoupçonnées, des ressources intérieures dont on ignorait l’existence. » [3]

L’exploit de Nabil Ennasri va plus loin que le simple fait de se défier soi-même. En effet, l’immobilisme et la fatalité gangrènent nos esprits et nos cœurs. On entend souvent autour de nous, « quoi qu’on fasse ça ne change rien à la situation ». Mais est-ce que l’islam ne prône pas l’idée de mouvement, d’éveil d’état d’esprit ? Sommes-nous fossilisés sur nos acquis, nos habitudes ? N’y a-t-il pas, au contraire, matière à réfléchir pour changer notre manière de vivre, notre manière de concevoir la vie, de « planter sa propre graine » ?

Renoncer à agir, se décourager face aux difficultés, s’avouer vaincu sont des attitudes relativement courantes aujourd’hui. Dans le Coran, Dieu nous demande d’agir constamment, de se fixer des objectifs, de persévérer dans l’action, de s’armer de patience :

« Et qu’en vérité, l’homme n’obtient que le fruit de ses efforts. »

Coran 53, verset 39.

Najoua

[1] Français, auteur du livre « Les 7 défis capitaux », essayiste, politologue, acteur engagé dans le tissu associatif musulman. Réseaux sociaux : #HadjByCycle #ParisLaMecqueEnVelo

[2] Terme anglais qui signifie : défier

[3] Tiré de l’article « Pourquoi avons-nous besoin de défis ? » de Cynthia Brunet, dans le magazine Noovo.ca, publié 22 mai 2019.

Faut-il interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans ?

Victime de harcèlement scolaire qui se poursuivait sur les réseaux sociaux depuis plusieurs mois, Lindsay, jeune collégienne de 13 ans, décide de mettre fin à ses jours le 12 mai dernier. La tragique nouvelle fait froid dans le dos et me laisse perplexe…

Chaque année, des faits similaires de cyberharcèlement menant au suicide sont tristement révélés par la presse laissant tout parent au regard hagard se murmurer intérieurement : « Elle aurait pu être ma fille/il aurait pu être mon fils… ».

Le cas de Lindsay me questionne particulièrement, jusqu’à aujourd’hui, un mois après les faits, où je décide de coucher sur papier les idées qui me tenaillent. 

Généralement, les parents dont l’enfant, victime de harcèlement, commet l’irréparable témoignent souvent, avec regrets, que leur enfant n’a jamais dénoncé les faits. 

« Je ne savais pas. Pourquoi ne s’est-il/elle pas confié.e? Je n’ai rien vu venir. Il/elle souffrait en silence. Je n’ai pas été capable de détecter que quelque chose n’allait pas. »

Le cas de Lindsay s’en différencie grandement dans le sens où la jeune fille a dénoncé les faits au directeur de l’école et à la conseillère principale d’éducation. Avec l’aide de sa mère, elle a même alerté la police, le ministère de l’Éducation nationale et le Président de la République sur le harcèlement scolaire qu’elle subissait. Mais en vain…

Hier, les parents ayant perdu un enfant dans ces tragiques circonstances se mobilisaient dans les écoles, dans les médias pour encourager les jeunes victimes de harcèlement à en parler, à demander de l’aide, à dénoncer les faits. Aujourd’hui, Lindsay l’a entendu. Elle a crié au secours. Mais, quant à elle, personne ne l’a entendue.

Les parents ont déposé plainte contre la direction du collège où était scolarisée leur fille, l’académie de Lille, les policiers en charge de l’enquête et… Facebook.

Ce n’est pas la première fois que ce dernier se retrouve sous les feux des projecteurs pour pareil cas. Il est évident que les réseaux sociaux ont révolutionné notre manière de communiquer et d’interagir avec les autres. Ils occupent une place prépondérante dans la vie de beaucoup d’individus. Cependant, l’utilisation précoce de ces plateformes par un public très jeune suscite inquiétudes et préoccupations. On pourrait dès lors légitimement se poser la question suivante : faut-il interdire l’accès des réseaux sociaux aux moins de 15 ans ?

Tout d’abord, cette interdiction permettrait de protéger la vie privée des jeunes utilisateurs – pas toujours conscients – des risques et des conséquences à long terme que peut engendrer le partage de leurs données à caractère personnel, et permettrait également de leur accorder le temps nécessaire pour développer une compréhension plus affûtée des enjeux que cela représente.

De plus, l’utilisation précoce des réseaux sociaux peut avoir des conséquences néfastes sur la santé mentale des adolescents dont le cerveau est en développement. En pleine construction identitaire, les adolescents, particulièrement vulnérables au regard de l’autre et aux pressions sociales, sont facilement influençables. D’ailleurs, beaucoup sont prêts à tout pour décrocher un maximum de pouces bleus.

Par ailleurs, la comparaison constante avec les autres sur les réseaux sociaux entraine des sentiments d’insécurité et de dépréciation de soi chez les jeunes.

Et je ne parlerai pas davantage du harcèlement ou de l’exposition des adolescents à des contenus inappropriés (violence, pornographie…).

Pour revenir à ma problématique : « Faut-il interdire l’accès des réseaux sociaux aux moins de 15 ans ? », il est évident qu’elle n’est même pas « formulable » sachant que 87 % des jeunes (11-12 ans) en France utilisent régulièrement au moins un réseau social, alors que l’âge minimum requis pour s’inscrire est de 13 ans.

Il est plus que temps de mettre l’accent sur l’éducation et la sensibilisation aux dangers des réseaux sociaux et ce, dès le plus jeune âge. Attendre l’entrée en secondaire ou au collège (en France) est trop tard. Le rôle nous incombe, à nous parents, mais pas seulement. Le législateur a un rôle prépondérant à cet égard.

C’est pourquoi, il faudrait soumettre à Pap Ndiaye, Ministre de l’Education nationale, d’organiser une activité de sensibilisation, dès la maternelle, aux dangers du cyberharcèlement et des réseaux sociaux. 

Mais non, que dis-je ! Ce n’est pas possible, il ne peut pas être sur tous les fronts. Il est bien trop occupé à mettre en place son programme contre les stéréotypes de genre dont l’objectif sera de combattre, dès le plus jeune âge, les idées reçues : un garçon a le droit de jouer à la poupée et une fille peut taper dans un ballon ! 

N’est-ce pas là le plus important… ? 

L.M.