En mode vacances

Si je vous dis « vacances », à quoi pensez-vous ?

Soleil, plage, allongé sur un transat, une boisson fraîche à la main, les doigts de pied en éventail, et surtout… l’odeur iodée de la mer et le bercement des vagues en arrière-plan. Se prélasser sans se soucier de quoi que ce soit, voilà le schéma parfait pour des vacances réussies.

C’est cliché, me direz-vous ?! Du moins, dans l’imaginaire collectif, c’est l’idée même que nous nous faisons des vacances.

Et pourtant, à l’origine, les « vacances » dans l’histoire occidentale n’étaient pas liées au farniente. Au contraire, c’était un temps de labeur[^1].

Et en tant que croyant, que dit l’islam sur cette notion de vacances ?

Que dit l’islam ?

L’islam définit plutôt la notion de temps libre, de repos et de voyage.

« Il existe deux bienfaits au sujet desquels beaucoup de gens sont trompés : la bonne santé et le temps libre. »[^2]

Ce que nous comprenons de ce hadith, c’est que parmi les bienfaits que Dieu accorde à l’être humain (et que l’on n’estime pas à leur juste valeur) figurent : la santé du corps et le fait de ne pas être occupé. En effet, l’individu ne peut se consacrer à l’adoration que s’il dispose de ce dont il a besoin et s’il est en bonne santé.

Ainsi, il peut être à l’abri du besoin mais en mauvaise santé, ou inversement, être en bonne santé mais accaparé par les soucis du quotidien. Dans ces cas, il lui sera difficile de se consacrer au savoir ou à sa mise en pratique, puisqu’il sera préoccupé à gagner sa vie.

Donc, celui qui profite de ces deux avantages, mais se montre insouciant quant à l’obéissance et aux actes d’adoration, est bel et bien celui qui s’est fait tromper, c’est-à-dire : le perdant[^3].

Les bienfaits visibles font référence à toutes les grâces, faveurs et bénédictions que Dieu accorde à Ses créatures. Ces bienfaits sont innombrables et englobent tout ce qui est bon, beau et utile dans la vie — qu’elle soit matérielle ou spirituelle.

« Et quant au bienfait de ton Seigneur, proclame-le ! »[^4]

Selon Ibn Qayyim Al-Jawziyya[^5], la reconnaissance d’un bienfait s’appuie sur trois piliers :

  • En éprouver une profonde gratitude
  • L’exprimer clairement
  • Utiliser le bienfait de manière à satisfaire son Bienfaiteur

De plus, Dieu nous incite à parcourir Sa terre pour découvrir l’étendue de Sa création, pour nous rappeler que tout vient de Sa Toute-Puissance. À travers l’exemplarité du Prophète ﷺ, notre pratique religieuse est facilitée : raccourcissement ou regroupement des prières, invocations exaucées du voyageur, allègement du jeûne du Ramadan pour le voyageur…

« C’est Lui qui vous a soumis la terre : parcourez donc ses grandes étendues et mangez de ce qu’Il vous fournit. »[^6]

En résumé

L’islam valorise le temps de repos et le voyage, car le bien-être physique et spirituel est essentiel dans le cheminement vers Dieu.


Pour des vacances réussies

Passer de « bonnes vacances » signifie simplement ne pas aller à l’encontre de ce que l’islam prescrit. C’est pourquoi il est fondamental de bien choisir sa destination et ses activités.

Je suis musulman, même en vacances ! Mes obligations ne sont pas en « mode avion » ni en « batterie faible ».

L’islam nous apprend à trouver l’harmonie d’une vie sereine dans la modération, à la fois tournée vers l’au-delà :

« La vie dernière est meilleure et plus durable »[^7]

… tout en restant soucieuse de réalisation personnelle ici-bas :

« N’oublie pas ta part en ce bas monde. »[^8]

La Sunnah encourage également le voyage avec une intention claire : apprentissage, visite familiale, renforcement des liens fraternels… même le pèlerinage reste un voyage.

Bref, il s’agit de comprendre que le sens de l’adoration est plus vaste, plus profond, plus complet que la simple exécution de rites. Les vacances en font partie. Elles offrent un moment propice pour (re)consolider notre connaissance de Dieu à travers Ses Noms et Attributs.

Voici quelques pistes :

  • Découvrir une création opulente à travers des paysages grandioses
  • Se retrouver en famille, créer de nouveaux souvenirs par des activités (sorties, sport, visites…) ou transmettre son héritage familial (visite des lieux d’origine des grands-parents, etc.)
  • S’ouvrir à d’autres cultures[^9] : interagir, apprendre mutuellement entre ethnies et traditions
  • Faire le bilan de l’année écoulée : où en suis-je dans ma vie, mes projets, ma relation à Dieu ?
  • Enrichir ses connaissances par des lectures, des visites, des musées, des mosquées…
  • Planifier un apprentissage ou consolider ses acquis en sciences islamiques ou autres
  • Se couper des distractions (sauf obligations) pour se recharger mentalement après une année éprouvante : travail, stress, épreuves… Ici, on parle bien de santé mentale[^10].

Finalement, prendre soin de son équilibre de vie fait partie des responsabilités du croyant. Les vacances deviennent alors un moyen précieux, utile, pour nourrir sa bonne santé physique et mentale. Le but est d’adopter une approche modérée, équilibrée, en évitant les extrêmes, dans tous les aspects de la vie : spirituel, social, personnel.


Alors, à tous ceux qui partent en voyage : que Dieu soit votre compagnon de route !

Najoua

Najoua


[1]  Pour en savoir plus : voir sur notre blog l’article  Qu’est-ce que tu fais pour les vacances? – L’Autre Regard

[2] Hadith Al Boukhari (rh)-6412 (dans son Sahih), rapporté par ‘Abdullah Ibn ‘Abbas (ra) qui relate les propos du prophète Mohammad ﷺ

[3] Hadith: Deux bienfaits au sujet desquels sont trompés beaucoup de gens : la santé et le temps libre. – Encyclopédie des paroles prophétiques traduites

[4] Coran, tiré de la sourate 93, le verset 11.

[5] Les degrés des itinérantsTome II, p.215 : la station de la gratitude ( Ash Shukr), traduit par Hassan Boutaleb. Editions : Al Bouraq.

[6] Coran, tiré de la sourate 67, le verset 15.

[7] Coran, tiré de la sourate 87, le verset 17.

[8] Coran, tiré de la sourate 28, le verset 77.

[9] Coran, tiré de la sourate 49, le verset 13.

[10] La santé mentale est définit comme un état d’équilibre et de bien-être, intimement lié à la foi et à la spiritualité. Elle englobe l’être humain dans un schéma de paix intérieure, même dans la lutte : « Nous avons, certes, créé l’homme pour une vie de lutte. » Coran, tiré de la sourate 90, le verset 4.

Silence en Iran, supériorité en Israël : le détroit comme champ de bataille invisible ?

Le conflit ne se terminera pas quand l’Iran aura répondu. Il se terminera quand Israël estimera avoir assez bombardé et ce peu importe les civils tués. Et si le détroit d’Ormuz était le vrai et seul enjeu pour tous les autres grands acteurs de la région à commencer par la Chine… ce goulot où, jadis, les musulmans y manifestèrent leur présence non pas par un coup de fil diplomatique ou un communiqué lénifiant, mais par la sagesse, le courage, et l’épée. ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, ce stratège des justes et pionnier des États structurés  avait  sécurisé le détroit,  planté l’étendard de l’islam sur les côtes du Fārs et verrouillé les issues à l’ennemi. Pas de grandes conférences. Pas de sanctions. Juste des hommes debout, une foi unie, et une vision impériale claire.

Une guerre sans guerre, une victoire sans riposte. Israël n’a pas déclaré la guerre à l’Iran. Il l’a anéanti en silence

Par les airs, par des drones planqués au fond des vallées iraniennes depuis on ne sait combien d’années, par des frappes chirurgicales coordonnées au millimètre, le tout enveloppé dans un silence diplomatique glacial. Résultat : Téhéran a vu sa capitale frappée, ses généraux décapités, ses scientifiques rayés du programme nucléaire comme un nom sur une liste Excel. Et que faisait la fameuse « grande République islamique » pendant ce temps-là ? Elle tapait. Pas au sens militaire. Elle tapait à la porte de Washington.

Un programme nucléaire devenu prétexte

Ne nous méprenons pas. Il ne s’agit plus simplement d’un programme nucléaire.  Et ça se voit : on épargne les institutions civiles, on concentre les frappes sur la tête religieuse, les gardiens de la révolution, le noyau idéologique, des manœuvres préparées, planifiées depuis au moins 8 mois. La chute du pouvoir syrien au sud, largement sous influence turque, n’est pas un accident de parcours : c’est un préalable logistique israélien pour faciliter les frappes sur l’Iran via un couloir aérien dégagé. La tête militaire est visée, mais la gorge est laissée intacte… pour l’instant… (Au passage, ces bombardements chirurgicaux prouvent une chose : Israël sait parfaitement épargner les civils quand il le veut. Gaza, à la lumière de cette précision technique, ne ressemble plus à une opération militaire…mais à une punition massive. Un génocide déguisé en légitime défense ? La question ne se pose même plus..) Pourquoi ? Parce qu’on n’essaie pas de tuer le corps, on veut qu’il change de tête. Changer de régime sans envahir. 

Ce que vise Israël, c’est un nouveau système de pouvoir en Iran découpé entre états ethniques kurde, perse et baloutche pour « affaiblir l’ennemi ».Et pour que ça prenne, il faut que ça saigne. Il faut que la population iranienne regarde ses dirigeants tomber comme des quilles, et se demande :

“Ce n’est pas censé être vous les protecteurs de la nation ?” La riposte fut spectaculaire d’inefficacité.
Un plan prévoyait un millier de missiles ? Ils en ont lancé à peine une centaine. Et encore, la moitié est tombée à côté, l’autre moitié a été interceptée par le bouclier israélien dopé aux destroyers américains, bien que couteux malgré tout…

Le peu qui a frappé a causé quelques dégâts. Mais disons que ça ne changera pas le cours de l’Histoire.
Pendant ce temps, l’aviation israélienne opère en toute impunité, et la population iranienne assiste, impuissante, à la chute du mythe. Les destructions matérielles comme les 90 millions de civils iraniens ne sont pas la priorité des politiques… Mais alors où sont les vrais enjeux ?

Le détroit d’Ormuz : le vrai champ de bataille…Le centre névralgique du conflit

Et pendant que les bombes tombent, les vraies questions se jouent ailleurs… Au détroit d’Ormuz.
Ce petit couloir étroit par où transite le quart du pétrole mondial pourrait bien devenir le vrai point d’escalade globale. L’Iran est la seconde réserve de gaz et la 4ième réserve de pétrole au monde. Si l’Iran bloque le passage ? Crise mondiale. Si les Américains le bloquent ? Conflit naval avec la Chine qui vient tout juste d’exprimer son inquiétude en ce sens.

Pourtant, fermer Ormuz est une menace fraichement brandie par l’Iran qui devient de plus en plus réelle (à l’heure où ces quelques lignes sont écrites). Cette solution revient, pour ce pays, à s’étrangler avec ses propres mains. Alors quel est l’intérêt de cette menace pour l’Iran?

Pour répondre à cette question, replongeons dans les années 70… À l’époque, les pays de l’OPEP avaient décidé unilatéralement d’augmenter le prix du pétrole pour redonner une valeur économique réelle à leur ressource. Résultat ? Inflation mondialetaux d’intérêt à 15 %marchés secoués. Dans ce contexte la menace est tout à fait crédible (et les effets sur les marchés n’ont pas tardé à se manifester) mais aux conséquences quelque peu différentes puisque l’Amérique est devenue, entre-temps, productrice de gaz.

Lorsque l’Arabie avait appelé l’Iran, bien que mal-aimé, pour lui conseiller de négocier, ce n’était pas la voix de l’amitié. C’était la voix paniquée d’un prince qui regarde la Bourse clignoter en rouge.

Perspectives : ce qui va (probablement) se passer

  • Israël décidera quand la guerre se termine, non l’Iran même si arrêter les missiles iraniens lui coute très cher ;
  • L’Iran s’empressera de retourner à la table des négociations, humilié, sans levier ;
  • Washington fera semblant de jouer les médiateurs (sa priorité étant d’éviter une crise économique…), tout en réaffirmant sa loyauté envers Tel-Aviv.
  • La Chine, rivale des Etats-Unis, pourrait, à son tour, brandir ses menaces et manifester son soutien à son ami iranien ;
  • La Turquie continuera d’intercepter des missiles israéliens de peur que l’objectif de renversement du pouvoir iranien ne se concrétise par un remplacement d’un régime kurde ;
  • La Russie, elle l’a dit, elle n’interviendra pas pour son ami l’Iran (du moins pas pour l’instant) mais a exprimé son agacement sur la situation…

Israël se pose en juge et bourreau d’un État « accusé » d’avoir l’arme nucléaire, alors qu’il en est lui-même détenteur, sans légalité, sans inspection, sans opposition. 

Ce conflit ne marque pas seulement une frappe. Il marque une mutation. On ne se bat plus avec des tanks. On se bat avec des drones dormants, des nuées d’intelligence artificielle, des frappes ciblées sur l’élite et la guerre psychologique à grande échelle. L’Iran n’a pas perdu une bataille. Il a perdu la face. Et cela, dans cette région du monde, c’est souvent pire que de perdre un territoire.

Le détroit d’Hormuz, ce goulot d’étranglement énergétique qui fait trembler les Bourses à la moindre escarmouche, n’a pas toujours été un terrain de jeu pour pétro-monarchies hésitantes et puissances navales surarmées. Il fut un temps…un temps révolu mais pas irrévocable…où les musulmans y manifestèrent leur présence non pas par un coup de fil diplomatique ou un communiqué lénifiant, mais par la sagesse, le courage, et l’épée. ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, ce stratège des justes et pionnier des États structurés avait sécurisé le détroit,  planté l’étendard de l’islam sur les côtes du Fārs et verrouillé les issues à l’ennemi. Pas de grandes conférences. Pas de sanctions. Juste des hommes debout, une foi unie, et une vision impériale claire.Aujourd’hui, le détroit d’Hormuz est désormais un thermomètre des nerfs du Golfe, et non plus un témoin de la grandeur d’une oumma qui protégeait ses frères par les actes et la foi, pas par des communiqués. Une époque révolue… mais qui peut revivre, si jamais l’unité de la foi reprenait le dessus sur la fragmentation des intérêts.

Nelm

Je n’ai pas les mots

Quand mon amie m’a demandé d’écrire un article sur l’actualité du Proche-Orient, j’avoue que j’ai relu sa demande plusieurs fois. Comment écrire sur ce sujet, alors qu’il me retourne l’âme ? C’est un comble, pour une auteure, de ne pas trouver les mots. Mais comment nommer l’innommable ? Comment décrire ce que les yeux ne peuvent plus regarder sans trembler, ce que le cœur refuse d’admettre de peur qu’il ne se brise ?

J’ai des amis là-bas. Ils sont nombreux à Beit Sahour, Bethléem ou dans le camps d’Aïda. Des gens que j’ai rencontrés, que j’ai aimés, avec qui j’ai partagé le pain, les silences, les rires aussi. Aujourd’hui, je n’ose plus leur écrire. Par peur. Peur de ce qu’on pourrait me dire. Peur d’un prénom qui ne me répondrait pas. Peur que l’horreur ait frappé là où battait encore un peu d’espoir.

Le Proche-Orient, cette terre si riche, si profonde, si sacrée, semble ne plus avoir de répit. Et pourtant, dans cette obscurité, il nous est demandé à nous, femmes spirituelles, de tenir la flamme. De croire encore. D’aimer malgré tout. Le Coran nous dit :
« Certes, Allah commande la justice, la bienfaisance et l’assistance aux proches. » (Sourate An-Nahl, 16:90) Ce verset résonne en moi comme une invitation. À rester droite, à tendre la main, à ne pas détourner le regard, même lorsque celui-ci se voile de larmes.

La spiritualité n’est pas un refuge confortable. Elle est parfois un cri silencieux. Elle est cette force invisible qui nous pousse à transformer l’angoisse en prière, la colère en compassion, la douleur en présence.

Et je pense aux femmes de là-bas. Celles qu’on ne filme pas, qu’on ne voit pas, qu’on n’écoute pas. Celles qui tiennent les foyers debout, qui chantent encore des berceuses sous les bombes, qui cousent la vie avec des fils d’espoir. Ce sont elles, mes sœurs, mes repères, mes héroïnes silencieuses. Alors oui, je n’ai pas les mots. Mais j’ai le cœur ouvert. Et peut-être que cela suffit, pour dire que je suis là. En prière. En amour. En lumière.

Latifa CHAY

Miroir, mon beau miroir !

« Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui a beauté parfaite et pure ?

-Célèbre ta beauté [Ma Reine], mais chez toi cet éclat n’est qu’apparence. 

Chez Blanche-Neige, la beauté intérieure fait toute la différence.»[1]

Il était une fois une jeune et belle …

Hum, non ! 

Là n’est pas mon intention de vous embarquer dans l’univers du plus célèbre conte des frères Grimm, mais plutôt de vous arrêter sur la symbolique de ce que le « miroir » représente pour nous. 

Une invitation à la méditation en ces temps de Dhoul Hijja.[2]

Compris comme un simple objet, le miroir représente certes, une véritable source d’enseignement. D’une part, il traduit l’acte formel de s’y contempler à des moments précis, ce qui en fait le reflet d’un attachement soucieux à une vie au sein de laquelle la superficialité peut constituer en une doctrine despotique[3] ; mais d’autre part, il est un puissant symbole de questionnement, permettant une mise au point de sa nature profonde.

Issue directement du cœur, notre reflet s’affranchit des filtres artificiels et se manifeste dans une image sincère de ce que nous sommes.

C’est comme une évidence. Au même titre que les saisons et les cycles lunaires de notre calendrier, le croyant fait une mise au point face à son propre miroir, lui rappelant le bilan de sa servitude à Dieu.

Est-ce une attitude passive, voire égocentrique, de « s’éblouir » face à son reflet ?

Non. Mais, plutôt un temps de se questionner face à son propre salut. 

L’essence de notre dévotion jaillit dans ce portrait, à l’image d’un cheminant au cœur confiant en Dieu et en Ses promesses, qui cherche à se maintenir en état de veille.

Car il est l’heure. L’heure du bilan…

Le miroir témoigne d’un secret intime : nous sommes les gardiens de nos âmes. 

Inspiré par Dieu pour l’excellence, et harcelé par Satan quant à la déchéance, notre cœur se construit dans l’adversité, les baisses de régime et les tumultes de la vie. C’est sous le prisme d’un déploiement d’effort continu que s’estompent les épreuves inévitables, les excès qui goûtent à la fraicheur du repentir, les manquements que nous pensons incorrigibles. Le résultat exige en filigrane d’être vigilant envers soi, parce que nul n’est à l’abri des retournements de sa poitrine.  

 Le miroir ne triche pas, ne déforme pas et ne démissionne pas.

Notre reflet représente nos joies, nos lassitudes, nos frictions, nos défauts, nos forces, nos aspirations. C’est ce qui fait de nous qui nous sommes en tant qu’humain. Mais, comme chaque être est conduit par la Volonté divine, posons-nous la question en tant que croyant : suis-je l’incarnation des valeurs dont je suis le dépositaire sur Terre ? 

Le miroir nous rend service car il nous informe de la réalité.

Dans le silence de la nuit, nos âmes s’abreuvent à la source de La Lumière Divine, révélant en nous nos véritables valeurs à travers le plus beau des récits, le Coran. Notre mission est d’être digne de ce présent en faisant de la beauté notre meilleure allié dans ce monde. Ainsi, cette beauté intérieure incarne nos attitudes, nos actions, nos paroles, nos regards, nos relations, nos sentiments. Dans cette vision du beau, elle brillera autour de nous. 

Alors, nous agirons en protecteur lorsque notre âme subira une injustice, en garde-fou lorsqu’elle en sera coupable. Nous la combattrons lorsqu’elle exprimera sa haine ou exigera vengeance, nous la calmerons quand la rancœur s’installera, nous l’étoufferons lorsqu’elle voudra assouvir ses penchants interdits. A l’image d’un jardinier qui cultive ses fleurs, en prend soin, les entretient quotidiennement et qui a foi en ce que Dieu lui prescrira. 

Le miroir est le témoin silencieux de notre évolution en tant que disciple, recherchant avec convoitise la Proximité Absolue de l’Unique… parce que la beauté de l’âme ne se forge que dans la foi.

Najoua


[1]Inspiré du conte des frères Grimm « Blanche-Neige » www.iletaitunehistoire.com/genres/contes-et-legendes/lire/biblidcon_032#histoire

[2] Le douzième mois du calendrier lunaire musulman.

[3] Pour en savoir plus : Le portrait de Dorian Gray, de Oscar Wilde. 

Élever nos cœurs en ce jour de Arafat

En ce jour béni de Arafat, l’un des plus sacrés du calendrier islamique, les cœurs des croyants battent à l’unisson dans une quête de sens, de miséricorde et de proximité avec leur Créateur. C’est un moment suspendu dans le temps, un appel silencieux à faire pause en soi, à tourner nos pensées vers Celui qui voit l’invisible, entend l’indicible et connaît l’intime.

Arafat n’est pas qu’un mont géographique mais il s’agit avant tout d’un sommet spirituel. Si les pèlerins se tiennent physiquement sur la plaine d’Arafat, enveloppés de prières et de larmes, les musulmans du monde entier peuvent s’y tenir par le cœur, par le jeûne, par l’invocation sincère, par la gratitude, par un retour sur soi et sur son chemin de vie.

Ce jour est un océan de miséricorde. Le Prophète ﷺ a dit :

« Il n’est pas de jour où Allah affranchit plus d’âmes du feu que le jour de Arafat. »
(Hadith authentique – Muslim)

Quelle promesse plus douce pour l’âme fatiguée, pour le cœur coupable, pour l’esprit égaré ? En ce jour, les portes du ciel sont grandes ouvertes. Les prières franchissent les nuages, portées par l’humilité et la sincérité. C’est un moment où rien n’est insignifiant aux yeux de Dieu : pas une larme versée en secret, pas un espoir formulé dans le silence.

Même à distance de La Mecque, chacun peut faire de ce jour un mont Arafat intérieur, une élévation de l’âme. Un retour à l’essentiel. Une réconciliation avec soi-même et avec Dieu. Une invitation à pardonner, à demander pardon, et à marcher avec foi vers ce qui élève.

Que ce jour soit pour chacun d’entre nous un tournant, une lumière dans la nuit, un souffle nouveau. Qu’il ouvre la voie à un changement durable, à une foi renouvelée, à une paix intérieure retrouvée.

H.B.

Petit bout de vie

Comme vous, j’ai traversé les saisons de l’insouciance, de l’ignorance, et parfois de la maladresse. Ces âges flous de la vie où l’on avance sans trop savoir, où les certitudes sont des mirages, et l’instant présent une vérité suffisante.

Comme vous, à mesure du temps qui passe, l’expérience a augmenté, la réforme intérieure s’est dessinée et la sagesse tente jour après jour de s’installer.

Il m’arrive alors de m’arrêter, de contempler le chemin parcouru. Je revois cette adolescente insouciante, chantant à tue-tête les refrains du moment, sans toujours saisir le poids des mots qu’elle répétait. À cette époque, les mélodies me touchaient plus que les messages, le rythme dominait le sens. Et pourtant… cette légèreté était peut-être nécessaire. L’ignorance m’a sans doute fait perdre un temps précieux (wa – l -‘asr, inna al-insana la fi khousr) mais elle fut aussi le terreau du changement.

Aujourd’hui, les mots résonnent autrement, avec une gravité nouvelle. Ils ne parlent plus seulement de rébellion personnelle, mais d’une résistance plus douloureuse, celle du peuple meurtri à Gaza et celle de toutes les consciences éveillées.

Paroles
“Si on t’organise une vie bien dirigée
Où tu t’oublieras vite
Si on te fait danser sur une musique sans âme
Comme un amour qu’on quitte
Si tu réalises que la vie n’est pas là
Que le matin tu te lèves
Sans savoir où tu vas…”

Résiste
Prouve que tu existes
Cherche ton bonheur partout, va,
Refuse ce monde égoïste
Résiste
Suis ton cœur qui insiste
Ce monde n’est pas le tien, viens,
Bats-toi, signe et persiste.”

Je médite sur le monde, sur nos vies bien calibrées et sur notre résistance face l’injustice et les atrocités que vivent les opprimés.
Je médite sur mes actions et sur l’impact de ma voix dans l’humanisation.
Je médite sur ma voie dans ce parcours de vie qu’Allahazzawajel a décrété.
Je médite sur la force de ma foi dans cette épreuve.
Je médite…

E. F.

Que la paix soit sur vous!

Le 8 mai 2025, la fumée blanche sortant de la basilique Saint-Pierre annonce une nouvelle importante : l’Église catholique a un nouveau pape. Son nom : Robert Francis Prévost. Ou plutôt Léon XIV depuis sa nomination par ses pairs. Face à la foule, ses premiers mots à la tribune de la loggia de la basilique marquent un début de pontificat probablement encourageant, à travers des paroles simples, chaleureuses et pleines de foi :

« Je vous donne un salut de paix !
À toutes les personnes, où qu’elles soient, à tous les peuples, à toute la Terre :
que la paix soit avec vous ! »

La paix. Un mot dont on a perdu le sens profond. En piétinant ses lettres de noblesse en ces temps de conflits, de violence et d’insécurité, l’Homme détruit l’élément indispensable à tout progrès de l’humanité.
Que veut dire Léon XIV à travers ces mots ? À l’échelle mondiale, on parle de paix lorsque les guerres sont résolues et conduisent à une meilleure qualité de vie. Mais qu’est-ce que la paix, pour nous ? Pourquoi est-il important de vivre en paix ? À quoi ressemblerait un monde sans paix ? Serait-il différent de celui que nous connaissons aujourd’hui ?

Qu’est-ce que la paix ?

Nous la définirons ainsi : vivre en sûreté, sans crainte et sans menace de violence ; être égaux devant la loi ; avoir un système judiciaire fiable et efficace, protégeant les droits des citoyens ; subvenir de manière juste et équitable aux besoins élémentaires nécessaires au bien-être, tels que la nourriture, l’eau potable, le logement, l’éducation, les soins de santé. En un mot : vivre dans des conditions de vie décentes, indépendamment de l’appartenance ethnique ou identitaire.

« (…) Nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre… »
Déclaration datant de 1945… Mais où en sommes-nous dans ce projet de « préserver » le monde d’une violence qui monte en puissance aux quatre coins de la planète ?
Dans la guerre, le schéma est toujours le même : un groupe agresseur et un groupe victime.

« Soulignant l’importance du dialogue et de la diplomatie, elle (la paix) prend en effet position contre ceux qui pensent qu’il faut répondre par la légitime défense et la force des armes aux actes de guerre ainsi qu’à l’injustice de la terreur exprimée contre les civils innocents, en repoussant ainsi la violence par d’autres violences, convaincus que la paix ne peut advenir qu’à travers une défense armée qui arrête l’adversaire en lui prouvant sa capacité. »

La culture de la paix au service du droit ?

Aujourd’hui plus que jamais, il nous faut décupler nos efforts afin de développer une culture de la paix, tous ensemble et à tous les niveaux. Et l’un des défis principaux serait de mieux dialoguer, de comprendre et de s’unir derrière des valeurs communes universelles : renforcer une culture de la paix par l’éducation, promouvoir un développement économique et social durable, respecter les droits de l’homme, assurer l’égalité entre les hommes et les femmes, favoriser la participation démocratique, développer la solidarité, soutenir une communication libre et fiable.

Un projet sur papier glacé, malheureusement caduque lorsqu’on assiste à des refus d’obtempérer, donc à un rejet des institutions assurant la protection des droits fondamentaux. Des institutions dont les pays membres ont pourtant signé les clauses de protection. Ainsi, garantir le Droit est le seul chemin pour assurer aux peuples une vie pacifique, au-delà de la violence qui hante souvent le quotidien de beaucoup de personnes.

La paix, quant à elle, n’est pas le fruit de négociations, car celles-ci n’aboutissent qu’à des trêves temporaires, pas à une paix véritable, au sens étymologique. Il y a paix quand il y a justice ! Mais une justice seulement si l’agresseur est défait de sa position d’oppresseur.
La paix n’est pas provisoire. Elle ne doit pas être fragile, au point que les peuples soient dans des « sables mouvants » où tout peut basculer vers l’horreur à cause d’une discrimination ethnique. L’entente impose un respect mutuel, durable et propice à la justice, à la vérité.

Que faut-il pour vivre en paix ?

Compte tenu de l’actualité, le discours de paix de Léon XIV donne à réfléchir aux conditions qui rendent possible une paix durable. Nous sommes capables de comprendre et de mettre en place des clés vers un apaisement réel. Voici deux points essentiels :

• Transmettre la sagesse
C’est un grand mot, n’est-ce pas ? Une utopie, diraient certains. En réalité, c’est en partageant les connaissances, les valeurs et les histoires à travers l’éducation, les médias sociaux, les musées, l’art, l’écriture, les échanges interculturels qu’il est possible d’ouvrir les esprits, de réduire les préjugés et de s’assurer que les blessures du passé ne se reproduisent pas à l’avenir. Le pôle éducatif reste le meilleur moyen de transmettre la sagesse et les valeurs nécessaires à la promotion d’une véritable paix. Les qualités individuelles, telles que le respect, la confiance, la foi, la compassion et la bienveillance sont les fondements de l’apaisement. La réussite de l’Homme passe par cette culture de la sagesse.

• Apprécier le vivre-ensemble
La diversité est une richesse. Elle permet de grandir dans une société en participant au développement d’un ensemble de valeurs et de compétences nécessaires pour vivre ensemble et respecter l’autre, malgré les différences, dans les domaines associatif, politique, économique, judiciaire… Les lieux de travail, les écoles et les quartiers permettent aux gens de construire des liens entre les communautés. Quand divers groupes partagent une forte identité commune, à savoir celle de citoyens d’un même pays, cela permet de répondre aux besoins de la société et participe à plus d’équité, plus de sécurité.

Le concept de culture de la paix porte donc un potentiel novateur, car il remet en cause l’ordre établi et contribue au changement. Mais pour acquérir de la force et ainsi être efficace, il a besoin de peuples qui se l’approprient, le fassent vivre et agissent pour son application concrète au sein de la société. La culture de la paix, c’est refuser la fatalité des maux, et plutôt générer de l’espoir aux bâtisseurs d’un autre monde, fait de justice et de paix. À l’image d’un homme, qui en son temps, a relevé de grands défis :
« Comment un homme (Mohammad ﷺ) seul a-t-il pu unir des tribus de guerre et des bédouins errants, et en faire la nation la plus puissante et la plus civilisée en moins de deux décennies ? »

Selon Thomas Carlyle, une partie de son héroïsme résidait dans son énergie créatrice (foi et sagesse) face aux complicités et aux difficultés de la vie de ce monde. De plus, il concevait la culture de la paix comme un outil bénéfique au service du peuple, à commencer par sa propre personne. En effet, la paix dite « intérieure » se cultive grâce à une implication constante envers soi, sans être égoïste. Au contraire, plus elle se développe, plus la relation avec l’autre peut devenir harmonieuse : un savoir-être, fondé sur une recherche de sérénité intérieure.

Quand la paix intérieure fait défaut, comment pouvons-nous être en paix avec les autres et agir en ce sens ?

Najoua

[1] www.lavie.fr « De Robert Francis Prevost à Léon XIV, la biographie du nouveau pape », écrit par Marie-Lucile Kubacki, publié le 14 mai 2025, dans la rubrique portrait.

[2] www.rtbf.be/article/la-revue-de-presse-le-raid-des-hooligans-brugeois-a-bruxelles-du-racisme-a-l-etat-pur-11542769 , article écrit par Milan Berckmans dans le magazine rtbf, le 6 mai 2025

[3] Charte des Nations Unies, 1945 « S’unir pour la paix » sur le site des Nations Unies.org

[4] www.unamur.be/fr/newsroom/y-t-il-encore-de-la-place-pour-la-paix-aujourdhui-une-question-philosophique-debattue Article de Gwenaelle Bertnchamps, publié le 15 janvier 2024 dans le magazine Université de Namur.

[5] Citation de Thomas Carlyle ( écrivain, historien, philosophe et auteur écossais du 19 -ème siècle, dans son essai littéraire « Des héros, du culte des héros et de l’héroïque dans l’Histoire » https://medium.com/@SaidAbdulLatif/thomas-carlyle-and-the-prophet-muhammad-%EF%B7%BA-48e585675e0a

Trump : entre initiatives marquantes et controverses – Bilan des premiers mois de son second mandat

Depuis le début de son second mandat en janvier 2025, le président Donald Trump a pris plusieurs décisions majeures qui ont suscité des réactions variées tant aux États-Unis qu’à l’international. Voici un aperçu des événements les plus notables.

Le second mandat de Donald Trump ressemble à une saison 2 où les ficelles sont grosses mais les effets toujours garantis : décisions tonitruantes, posture martiale et un mantra obsessionnel – « America First » – brandi à chaque occasion. Entre le sabotage des accords multilatéraux jugés trop contraignants et la relance de guerres commerciales tous azimuts, Trump joue la carte du repli national avec un aplomb qui force à la fois l’admiration… et l’inquiétude.

1. Relance de la guerre commerciale avec la Chine

Le 2 avril 2025, le président Trump a annoncé une augmentation significative des tarifs douaniers sur les produits chinois, atteignant jusqu’à 245 % sur certaines importations. Cette mesure, justifiée par des préoccupations de sécurité nationale et de déséquilibre commercial, a provoqué des turbulences sur les marchés financiers et des inquiétudes dans le monde.

2. Diplomatie avec la Corée du Nord

Dans le but de renouer le dialogue, le président Trump a organisé un sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Toutefois, des désaccords persistants ont conduit à l’annulation de la rencontre, illustrant les défis diplomatiques persistants entre les deux nations .

3.Une politique énergétique controversée :

Dès son retour au pouvoir, Donald Trump a relancé sa politique environnementale controversée en retirant à nouveau les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, une décision qui sera effective en 2026. Il a aussi intensifié l’exploitation des hydrocarbures en déclarant une urgence énergétique nationale, avec la nomination de figures pro-industrie à des postes clés, dont Chris White au ministère de l’Énergie. Trump a démantelé plusieurs réglementations environnementales, notamment celles sur les émissions des centrales à charbon, affaiblissant les normes prévues sous l’administration Biden. Enfin, il a réduit massivement le financement et le personnel scientifique des agences environnementales, affirmant donner la priorité à l’indépendance énergétique et à la croissance économique, malgré les mises en garde des experts sur l’impact climatique.

4. Guerre en Ukraine :

Il a avait promis l’arrêt de la guerre en 24h… Aujourd’hui, lassé,  il annonce qu’il risque de quitter ces négociations…

5. La Riviera  du Moyen-Orient : Un soutien massif à Israël et à son armée
En février, Donald Trump a créé la polémique en déclarant qu’il souhaitait prendre le contrôle de Gaza pour en faire la « Riviera du Moyen-Orient ». Il a amplifié la controverse en diffusant une vidéo de propagande générée par intelligence artificielle pour illustrer sa vision. Aujourd’hui, il continue à défendre cette position provocatrice.

6. Tarifs sur les films produits à l’étranger

Le président Trump a annoncé son intention d’imposer une taxe de 100 % sur les films produits en dehors des États-Unis, invoquant des préoccupations de sécurité nationale et le déclin de l’industrie cinématographique américaine. Cette proposition a suscité des réactions mitigées au sein de l’industrie et parmi les partenaires commerciaux .

7. Réactions des marchés financiers et récession technique :

Les annonces tarifaires de l’administration Trump ont entraîné des fluctuations importantes sur les marchés financiers, avec des baisses notables des indices boursiers majeurs. Les investisseurs expriment des inquiétudes quant à l’impact de ces politiques sur l’économie mondiale .

Malgré des déclarations affirmant la solidité de l’économie américaine, des signes de ralentissement sont apparus au cours du premier trimestre 2025. Le président Trump a attribué ces difficultés à des facteurs externes et aux politiques de l’administration précédente. Il a aussi twitté après ses annonces que « c’est le moment d’investir en bourse ». Délit d’initié ou maladresse ?

En avril 2025, le président Trump a prononcé un discours de 45 minutes axé principalement sur les réalisations de son administration, soulignant les succès obtenus depuis le début de son second mandat.

8. Politique protectionniste élargie

Au-delà des mesures ciblant la Chine, l’administration Trump envisage d’étendre sa politique tarifaire à d’autres secteurs, notamment les produits pharmaceutiques et les véhicules importés. Ces initiatives soulèvent des préoccupations quant à leur impact sur les chaînes d’approvisionnement et les relations commerciales internationales.

9. Retrait de Musk de la scène politique :

L’homme le plus riche et le plus influent se retire du champ théâtral trumpien pour un certain temps « Probablement au cours du mois prochain, le temps que je consacre au DOGE diminuera considérablement. ». La raison évoquée serait la chute des vente de sa marque Tesla qui, elle aussi, n’est pas épargnée par les conséquences des droits de douanes. 

10. Sa politique migratoire

Donald Trump a relancé la construction du mur à la frontière mexicaine, déclaré l’état d’urgence et renforcé la lutte contre l’immigration illégale, allant jusqu’à viser certains immigrants légaux pour expulsion. Il a aussi drastiquement réduit le budget de l’aide humanitaire internationale et engagé une vaste réorganisation de l’État sous la houlette d’Elon Musk, avec des milliers de licenciements dans la fonction publique. Sur le plan des droits civiques, Trump a durci les règles contre les droits des minorités, notamment les personnes transgenres, et limité les politiques de diversité. Enfin, il a imposé des réformes électorales controversées, restreignant le vote par correspondance et envisageant de nouvelles conditions pour voter, tout en semant le doute sur la possibilité d’un troisième mandat présidentiel.

11. Droit du sol :

Concernant le droit du sol, Donald Trump souhaite le remettre en cause. Pour rappel, aux États-Unis, ce principe (inscrit dans la Constitution depuis 1868) garantit que tout enfant né sur le sol américain obtient automatiquement la citoyenneté américaine, peu importe la nationalité ou le statut légal des parents.

Trump propose de supprimer ce droit automatique pour les enfants nés de parents :

  • en situation irrégulière,
  • ou présents temporairement (par exemple avec un visa touristique).

En clair : il veut que ces enfants ne deviennent plus citoyens américains à la naissance, ce qui marquerait une rupture profonde avec un des fondements du droit américain. Pour le moment, cette mesure n’est pas encore appliquée, car plusieurs recours juridiques ont été déposés, et la question pourrait finir devant la Cour suprême.

12. Réorganisation de de l’État américain :

Donald Trump a lancé une vaste réorganisation de l’État américain pour le rendre plus efficace et aligné sur ses priorités idéologiques, créant le « Département de l’efficacité gouvernementale » dirigé par Elon Musk. D’autres institutions majeures comme l’US AID ont vu leurs budgets drastiquement coupés (jusqu’à 83 % de réduction), affectant notamment l’aide humanitaire mondiale. Trump a également ciblé le FBI, des universités et des cabinets d’avocats jugés trop proches de l’opposition, suscitant de nombreuses critiques pour atteinte aux droits fondamentaux et au système démocratique.

13. Retour sur les réseaux sociaux

En février 2025, la plateforme X (anciennement Twitter), dirigée par Elon Musk, a accepté de verser environ 10 millions de dollars à Donald Trump pour régler une action en justice intentée après la suspension de son compte suite à l’attaque du Capitole en janvier 2021. Cette suspension, initialement décidée par l’équipe de Jack Dorsey, visait à prévenir de nouvelles incitations à la violence. Malgré la réintégration de son compte en novembre 2022 par Musk, Trump a poursuivi la procédure judiciaire, qui s’est conclue par un accord amiable. Une partie de cette somme est destinée à couvrir ses frais juridiques, le reste étant alloué à son futur centre présidentiel. Ce règlement s’inscrit dans une série d’accords similaires, notamment avec Meta, qui a versé 25 millions de dollars pour des raisons comparables.

14. Réforme du système de santé

Le président Trump a présenté une initiative visant à améliorer la transparence des prix dans le secteur de la santé. Cette mesure a pour objectif de permettre aux patients de mieux comprendre les factures liées à leurs soins et permet d’accroitre la concurrence entre prestataires.

15. Extension du mur frontalier

Dans le cadre de sa politique de sécurité frontalière, l’administration Trump a attribué un contrat de 70 millions de dollars pour la construction de sept miles supplémentaires de mur à la frontière sud des États-Unis .

16. Réouverture d’Alcatraz :

Sur le ton de la provocation ou dans un contexte sécuritaire, Trump évoque la possibilité de « réouvrir Alcatraz » pour y enfermer des criminels très dangereux ou des terroristes, la prison « la plus sécurisée des États-Unis au 20e siècle ».

Le second mandat de Donald Trump ressemble à une saison 2 où les ficelles sont grosses mais les effets toujours garantis : décisions tonitruantes, posture martiale et un mantra obsessionnel – « America First » – brandi à chaque occasion. Entre le sabotage des accords multilatéraux jugés trop contraignants et la relance de guerres commerciales tous azimuts, Trump joue la carte du repli national avec un aplomb qui force à la fois l’admiration… et l’inquiétude.

À l’intérieur du pays, le cocktail explosif de protectionnisme économique et de restrictions migratoires flatte un électorat en quête de certitudes, mais divise profondément la société. Derrière les formules chocs et les coups de menton, une question lourde de sens demeure : jusqu’où peut mener ce repli identitaire et cette stratégie de confrontation ? Le renversement de l’ordre mondial se dessine petit à petit… Il est là ! mais à quel prix ?  Car si nous une chose n’a pas été oubliée,  c’est que le protectionnisme forcené n’a jamais été qu’un carburant dangereux pour l’instabilité mondiale. Ce jeu, à somme nulle, a déjà contribué, par le passé, à précipiter le monde dans le chaos… jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Nelm

La crise existentielle de l’Homme moderne

Gagner sa vie sans se perdre s’avère être un champ à cultiver au quotidien. S’épanouir à travers cette notion de travail permettrait à l’homme de retrouver un équilibre entre ses préoccupations pécuniaires et spirituelles. Cependant, dans nos sociétés modernes, la productivité et la rentabilité sont devenues les seuls paramètres pour donner du sens à notre travail. Ainsi, nous nous enfermons dans une seule dimension : celle du matériel, des obligations, de la routine qui s’enchaîne jour après jour. On avance dans un schéma répétitif du « Métro-boulot-dodo »[1]sans même y penser. Cette expression cache une réalité préoccupante des sociétés modernes. En effet, la souffrance au travail atteint des inégalités et prend une multitude de formes, avec des conséquences lourdes pour l’individu et la société[2]. Y-a-t-il de l’espoir de trouver une harmonie entre travail et spiritualité ? Une prise de conscience et une remise en question permettraient de déclencher un processus de transformation vers une voie plus vertueuse du travail. Analysons quelques points…

La médiocrité, maladie mentale

L’homme moderne court toujours après plus de travail, plus d’argent, plus de confort, plus de loisirs. Son esprit est captif d’une machine exigeant de lui toujours plus, sans lui laisser un espace pour se questionner sur le sens de son existence. Cette course effrénée le fait sombrer dans un état intérieur appauvri, laissant place à un vide profond. La fatigue de l’âme s’installe, où la réalité se révèle insipide, terne et sans relief. Quand cet état s’enracine, les aspirations s’effacent et l’on cesse d’envisager le processus vers un changement. La médiocrité devient alors un refuge, une zone de confort qui nous prive de toute évolution intérieure. Cette prison invisible et étouffante nous fait renoncer à ce que nous sommes : des êtres aspirant à plus grand, à plus beau, à plus vrai.

« La médiocrité vient du mot latin mediocritas[3], qui signifie être à mi-chemin du sommet. » 

Ce qu’il faut retenir ici, c’est que cette façon de vivre précipite et auto-entretient une lente déchéance du potentiel qui est en nous. L’origine du mot suggère que la médiocrité consiste à se contenter d’une vie bien en dessous de son potentiel, à vivre sans idéaux.

Or, les idéaux sont des visions de la perfection que nous avons en tête concernant la personne que nous voudrions devenir et donc ce que nous voulons accomplir. Même si les buts ne sont pas atteints, ce n’est pas très grave, car leur valeur véritable réside dans leur pouvoir à inspirer et à pousser à agir de manière volontaire. Ils influencent nos comportements et deviennent l’instrument naturel de tout progrès humain. Ainsi, les projets vertueux sont nos directions pour orienter notre boussole psychologique sur le chemin du meilleur, de l’excellence.

La culture de l’excellence

Aborder la notion de travail à travers un idéal[4], une vision plus grande que soi, est la première fenêtre à explorer. Lorsqu’on touche à cette dimension, nos états psychologiques prennent un sens, nos perceptions s’élargissent, et peu à peu, nous nous transformons.

En bref, quand on cesse de grandir, on commence à mourir en ne consacrant pas de temps chaque jour à des activités qui cultivent la pensée critique, qui exercent l’esprit et le corps. Ceux qui ne fertilisent pas leurs esprits vont droit à la désintégration de leur personnalité. Ne pas combattre son ignorance, c’est périr ! À l’image des terres fertiles qui sont envahies de mauvaises herbes si elles ne sont pas cultivées. Les esprits routiniers deviennent colonisés par des préjugés qui les asservissent. Quels sont les facteurs bloquant notre enrichissement ?

La paresse et la peur sont les principaux obstacles à l’épanouissement de l’expression individuelle, à la vision supérieure de l’homme. Ces deux causes entravent la progression sur la voie de notre plein potentiel. Aujourd’hui, quiconque n’est pas comme tout le monde, qui ne pense pas comme tout le monde, court le risque d’être éliminé : la pensée unique domine ! Cette tendance mortifère contribue au déclin de la culture et freine le développement des sociétés. En effet, le véritable progrès dépend d’individus exceptionnels qui remettent en question les paradigmes philosophiques, politiques, scientifiques, artistiques et de santé physique d’une société.

Se contenter d’exister en suivant une routine quotidienne, sans jamais explorer notre potentiel, c’est passer toute une vie sans vraiment la vivre.

« Donner du sens à notre travail, le contextualiser dans notre vie, surtout spirituelle, est une clé essentielle pour sortir de l’asservissement que nous imposent les sociétés modernes. »[5]

Finalement, atteindre la vieillesse et se dire qu’on est la même personne qu’à 20 ans avec les mêmes perspectives limitées est un constat préoccupant. Pourtant, chacun d’entre nous possède des talents uniques. Notre devoir est de les découvrir, de les cultiver et de les améliorer ; et l’activité professionnelle entre dans ce cheminement intérieur. Le vrai succès ne se mesure pas forcément en richesse ou en statut, mais plutôt dans notre développement en tant qu’individu. En nourrissant nos dons, nous atteignons une forme de grandeur bien plus gratifiante. C’est-à-dire : un être humain accompli et épanoui ! Un enjeu important pour l’homme moderne est de comprendre pourquoi il n’agit plus ainsi.

L’homme moderne a construit des sociétés sécurisées… et dans l’aboutissement de ce projet, il a aussi créé sa propre prison.

Najoua


[1] Le poète Pierre Béarn écrit pour la première fois l’expression « métro-boulot-dodo », dans son recueil Couleurs d’usine, paru en 1951, où il esquisse en quelques lignes la monotonie quotidienne du travail à la chaîne. www.rtbf.be/article/d-ou-provient-l-expression-passee-dans-le-langage-courant-metro-boulot-dodo-11497422

[2] Le score est plus élevé pour les femmes que pour les hommes, avec un score moyen de 36 % contre 33% chez les hommes. /emploi.belgique.be/fr/actualites/le-chiffre-du-mois-15-des-travailleurs-indiquent-se-sentir-souvent-ou-toujours. Sur 5 ans, une augmentation de 43 % des burnouts et des dépressions de plus d’un an, entre 2017 et 2022 du nombre de personnes en invalidité souffrant d’une de ces deux maladies.

[3] médiocrité — Wiktionnaire, le dictionnaire libre

[4] Pour en savoir plus : Tayeb Chouiref, Travail et spiritualité en islam, apprendre à les harmoniser Edition : Tasnîm

[5] Tiré du livre de Khaled Maaroub, Gagner sa vie sans se perdre, travail et spiritualité . Edition : Albouraq

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent

Un mois de spiritualité vient de se terminer. Ramadan a déposé sur nos cœurs ses fruits bénis à travers une vitalité et une détermination à continuer dans l’amélioration de soi ; une réforme donnant un nouveau souffle de vie à nos devoirs et à nos engagements. C’est la promesse silencieuse dont nos âmes ont été témoins.

Mais la réalité, celle que nos yeux n’osent même plus regarder, nous rattrape. Croire que des lendemains plus clairs envahiraient nos écrans, croire que nos invocations briseraient le sort des peuples souffrant de l’oppression d’un pouvoir génocidaire… Croire en un espoir déterminant, vers la voie d’une paix et d’un ordre de justice solide et pérenne, c’était notre conviction à l’unisson des nuits, debout, implorant Le Tout-Puissant des mondes.
Nous a-t-Il entendus ? Certainement ! Et Il agira selon la Sagesse Absolue d’un Seigneur attentif à ce qui se passe.

Alors, ne baissons pas les bras ! Car ce n’est pas fini !

L’engagement à redonner de l’espoir

Tout au long de l’histoire, la mosquée Al-Aqsa a été un symbole d’unité, de résilience et de résistance pour les musulmans. Sa présence durable au milieu des défis politiques et des conflits souligne la foi inébranlable et la détermination de la communauté musulmane — en particulier, des musulmans palestiniens. Ainsi, à l’image de cette bâtisse, notre force d’âme se trouve dans notre capacité à lutter, à persévérer fermement dans notre engagement à ne pas abandonner un peuple en danger.
La lutte pour la justice est une noble cause : elle nous définit en tant qu’êtres humains, nourris de valeurs universelles et précieuses.

C’est pourquoi notre engagement à redonner de l’espoir est vital. Le renoncement n’est pas envisageable sur ce terrain : un peuple massacré aux yeux et au vu du monde entier, un génocide sans nom, ultra-documenté, une indifférence qui tue sans faire de bruit. Et ce n’est pas à la communauté internationale de nous représenter ou d’attendre un dénouement concret.
Derrière des discours froids et des silences complices, les grands de ce monde et les institutions soutiennent un crime de non-assistance à un peuple en détresse, par leur inhumanité.
Le pouvoir et l’égo ont rendu les hommes sourds et aveugles.
La dignité humaine ne repose-t-elle pas sur des choix éclairés par la vertu et la moralité ?
La vérité n’est-elle pas la boussole des hommes qui ont marqué l’Histoire par leurs choix de luttes ?
Les époques de ténèbres ont traversé l’Histoire. Le temps où, sur nos bancs d’écolier, nous apprenions les dégâts d’un pouvoir égocentrique et génocidaire n’est pas si lointain, ni révolu.
L’Homme a-t-il appris de son passé ?!

L’inexcusable silence 

Servir l’humanité est un devoir civilisationnel. Loin des grands discours, notre altruisme se manifeste à travers nos actes, selon la mesure de nos moyens et de nos capacités.
Nous refusons de détourner les regards, de nous taire, de « troubler l’ordre public », soi-disant ; car nous voulons témoigner que la justice commence d’abord par une indignation, puis par la concrétisation d’actions constructives : parler de cette situation, dénoncer les violations, boycotter les grands groupes commerciaux et financiers qui renforcent ce génocide, sensibiliser notre entourage à l’urgence humanitaire, à travers l’engagement auprès d’associations, afin de faire parvenir les premiers secours, en soins et en biens vitaux.

De plus, dans un esprit de continuité, nos actions permettent de rappeler aux institutions formées par des États membres leurs obligations au sein du droit international : des garanties claires de ne pas soutenir, de manière politique, économique, financière ou militaire, un tel crime.
La majeure partie des politiques ont cessé d’être des humains, focalisés sur des intérêts privés. Et se dessine une rupture entre les choix d’inaction des gouvernements et la plaidoirie des droits humains portée par les peuples.
Comment une société peut-elle se bâtir sur des cadavres ?
Comment peut-on expliquer à la nouvelle génération que des enfants, des femmes, des vieillards enterrés sous les décombres, brûlés dans des abris improvisés, affamés sous les regards insensibles du monde entier, mériteraient leur sort sous prétexte qu’ils doivent mourir sur leur terre, une terre convoitée par des fanatiques du dollar ?
Ce sont les cœurs des hommes qui créent ce cataclysme. Le monde est suspendu face à un système guidé par le droit international et l’espoir du respect du droit fondamental pour tous.

Ainsi, nos actions doivent, d’une part, réveiller les institutions en leur expliquant qu’un génocide n’est pas défini par des impressions ou des opinions personnelles, mais par la destruction intentionnelle d’un groupe en tant que tel [1] ; et d’autre part, avoir le courage de soutenir un peuple opprimé, de sacrifier notre temps, notre argent, notre plume, notre créativité, afin de témoigner de notre obligation.
Car nous sommes les dignes dépositaires d’un message universel…

« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont

Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front,

Ceux qui d’un haut destin gravissent l’âpre cime,

Ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime,(…)

Ceux dont le cœur est bon, ceux dont les jours sont pleins,

Ceux-là vivent, Seigneur ! Les autres, je les plains. (…)

Car le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre.

Inutiles, épars, ils traînent ici-bas

Le sombre accablement d’être en ne pensant pas. (…)

Ils sont les passants froids, sans but, sans nœud, sans âge ;

Le bas du genre humain qui s’écroule en nuage ;

Ceux qu’on ne connait pas, ceux qu’on ne compte pas,

Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas.(…)

Pour de vains résultats faire de vains efforts !

N’entendre rien d’en haut ! Ciel !Oublier les morts !

Oh non, je ne suis point de ceux-là ! (…)[2] »

Najoua


[1] Article 2 de la Convention sur la prévention de répression et punition du crime de génocide www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/convention-prevention-and-punishment-crime-genocide#:~:text=Article%20II,-Dans%20la%20présente&text=c)%20Soumission%20intentionnelle%20du%20groupe,groupe%20à%20un%20autre%20groupe.

[2] Poème de Victor Hugo écrit à Paris, décembre 1848 ( Livre IV, 9 ), Les Châtiments, 1852. Il fait l’éloge de la foi et de l’idéal.