Petit bout de vie

Comme vous, j’ai traversé les saisons de l’insouciance, de l’ignorance, et parfois de la maladresse. Ces âges flous de la vie où l’on avance sans trop savoir, où les certitudes sont des mirages, et l’instant présent une vérité suffisante.

Comme vous, à mesure du temps qui passe, l’expérience a augmenté, la réforme intérieure s’est dessinée et la sagesse tente jour après jour de s’installer.

Il m’arrive alors de m’arrêter, de contempler le chemin parcouru. Je revois cette adolescente insouciante, chantant à tue-tête les refrains du moment, sans toujours saisir le poids des mots qu’elle répétait. À cette époque, les mélodies me touchaient plus que les messages, le rythme dominait le sens. Et pourtant… cette légèreté était peut-être nécessaire. L’ignorance m’a sans doute fait perdre un temps précieux (wa – l -‘asr, inna al-insana la fi khousr) mais elle fut aussi le terreau du changement.

Aujourd’hui, les mots résonnent autrement, avec une gravité nouvelle. Ils ne parlent plus seulement de rébellion personnelle, mais d’une résistance plus douloureuse, celle du peuple meurtri à Gaza et celle de toutes les consciences éveillées.

Paroles
“Si on t’organise une vie bien dirigée
Où tu t’oublieras vite
Si on te fait danser sur une musique sans âme
Comme un amour qu’on quitte
Si tu réalises que la vie n’est pas là
Que le matin tu te lèves
Sans savoir où tu vas…”

Résiste
Prouve que tu existes
Cherche ton bonheur partout, va,
Refuse ce monde égoïste
Résiste
Suis ton cœur qui insiste
Ce monde n’est pas le tien, viens,
Bats-toi, signe et persiste.”

Je médite sur le monde, sur nos vies bien calibrées et sur notre résistance face l’injustice et les atrocités que vivent les opprimés.
Je médite sur mes actions et sur l’impact de ma voix dans l’humanisation.
Je médite sur ma voie dans ce parcours de vie qu’Allahazzawajel a décrété.
Je médite sur la force de ma foi dans cette épreuve.
Je médite…

E. F.

Que la paix soit sur vous!

Le 8 mai 2025, la fumée blanche sortant de la basilique Saint-Pierre annonce une nouvelle importante : l’Église catholique a un nouveau pape. Son nom : Robert Francis Prévost. Ou plutôt Léon XIV depuis sa nomination par ses pairs. Face à la foule, ses premiers mots à la tribune de la loggia de la basilique marquent un début de pontificat probablement encourageant, à travers des paroles simples, chaleureuses et pleines de foi :

« Je vous donne un salut de paix !
À toutes les personnes, où qu’elles soient, à tous les peuples, à toute la Terre :
que la paix soit avec vous ! »

La paix. Un mot dont on a perdu le sens profond. En piétinant ses lettres de noblesse en ces temps de conflits, de violence et d’insécurité, l’Homme détruit l’élément indispensable à tout progrès de l’humanité.
Que veut dire Léon XIV à travers ces mots ? À l’échelle mondiale, on parle de paix lorsque les guerres sont résolues et conduisent à une meilleure qualité de vie. Mais qu’est-ce que la paix, pour nous ? Pourquoi est-il important de vivre en paix ? À quoi ressemblerait un monde sans paix ? Serait-il différent de celui que nous connaissons aujourd’hui ?

Qu’est-ce que la paix ?

Nous la définirons ainsi : vivre en sûreté, sans crainte et sans menace de violence ; être égaux devant la loi ; avoir un système judiciaire fiable et efficace, protégeant les droits des citoyens ; subvenir de manière juste et équitable aux besoins élémentaires nécessaires au bien-être, tels que la nourriture, l’eau potable, le logement, l’éducation, les soins de santé. En un mot : vivre dans des conditions de vie décentes, indépendamment de l’appartenance ethnique ou identitaire.

« (…) Nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre… »
Déclaration datant de 1945… Mais où en sommes-nous dans ce projet de « préserver » le monde d’une violence qui monte en puissance aux quatre coins de la planète ?
Dans la guerre, le schéma est toujours le même : un groupe agresseur et un groupe victime.

« Soulignant l’importance du dialogue et de la diplomatie, elle (la paix) prend en effet position contre ceux qui pensent qu’il faut répondre par la légitime défense et la force des armes aux actes de guerre ainsi qu’à l’injustice de la terreur exprimée contre les civils innocents, en repoussant ainsi la violence par d’autres violences, convaincus que la paix ne peut advenir qu’à travers une défense armée qui arrête l’adversaire en lui prouvant sa capacité. »

La culture de la paix au service du droit ?

Aujourd’hui plus que jamais, il nous faut décupler nos efforts afin de développer une culture de la paix, tous ensemble et à tous les niveaux. Et l’un des défis principaux serait de mieux dialoguer, de comprendre et de s’unir derrière des valeurs communes universelles : renforcer une culture de la paix par l’éducation, promouvoir un développement économique et social durable, respecter les droits de l’homme, assurer l’égalité entre les hommes et les femmes, favoriser la participation démocratique, développer la solidarité, soutenir une communication libre et fiable.

Un projet sur papier glacé, malheureusement caduque lorsqu’on assiste à des refus d’obtempérer, donc à un rejet des institutions assurant la protection des droits fondamentaux. Des institutions dont les pays membres ont pourtant signé les clauses de protection. Ainsi, garantir le Droit est le seul chemin pour assurer aux peuples une vie pacifique, au-delà de la violence qui hante souvent le quotidien de beaucoup de personnes.

La paix, quant à elle, n’est pas le fruit de négociations, car celles-ci n’aboutissent qu’à des trêves temporaires, pas à une paix véritable, au sens étymologique. Il y a paix quand il y a justice ! Mais une justice seulement si l’agresseur est défait de sa position d’oppresseur.
La paix n’est pas provisoire. Elle ne doit pas être fragile, au point que les peuples soient dans des « sables mouvants » où tout peut basculer vers l’horreur à cause d’une discrimination ethnique. L’entente impose un respect mutuel, durable et propice à la justice, à la vérité.

Que faut-il pour vivre en paix ?

Compte tenu de l’actualité, le discours de paix de Léon XIV donne à réfléchir aux conditions qui rendent possible une paix durable. Nous sommes capables de comprendre et de mettre en place des clés vers un apaisement réel. Voici deux points essentiels :

• Transmettre la sagesse
C’est un grand mot, n’est-ce pas ? Une utopie, diraient certains. En réalité, c’est en partageant les connaissances, les valeurs et les histoires à travers l’éducation, les médias sociaux, les musées, l’art, l’écriture, les échanges interculturels qu’il est possible d’ouvrir les esprits, de réduire les préjugés et de s’assurer que les blessures du passé ne se reproduisent pas à l’avenir. Le pôle éducatif reste le meilleur moyen de transmettre la sagesse et les valeurs nécessaires à la promotion d’une véritable paix. Les qualités individuelles, telles que le respect, la confiance, la foi, la compassion et la bienveillance sont les fondements de l’apaisement. La réussite de l’Homme passe par cette culture de la sagesse.

• Apprécier le vivre-ensemble
La diversité est une richesse. Elle permet de grandir dans une société en participant au développement d’un ensemble de valeurs et de compétences nécessaires pour vivre ensemble et respecter l’autre, malgré les différences, dans les domaines associatif, politique, économique, judiciaire… Les lieux de travail, les écoles et les quartiers permettent aux gens de construire des liens entre les communautés. Quand divers groupes partagent une forte identité commune, à savoir celle de citoyens d’un même pays, cela permet de répondre aux besoins de la société et participe à plus d’équité, plus de sécurité.

Le concept de culture de la paix porte donc un potentiel novateur, car il remet en cause l’ordre établi et contribue au changement. Mais pour acquérir de la force et ainsi être efficace, il a besoin de peuples qui se l’approprient, le fassent vivre et agissent pour son application concrète au sein de la société. La culture de la paix, c’est refuser la fatalité des maux, et plutôt générer de l’espoir aux bâtisseurs d’un autre monde, fait de justice et de paix. À l’image d’un homme, qui en son temps, a relevé de grands défis :
« Comment un homme (Mohammad ﷺ) seul a-t-il pu unir des tribus de guerre et des bédouins errants, et en faire la nation la plus puissante et la plus civilisée en moins de deux décennies ? »

Selon Thomas Carlyle, une partie de son héroïsme résidait dans son énergie créatrice (foi et sagesse) face aux complicités et aux difficultés de la vie de ce monde. De plus, il concevait la culture de la paix comme un outil bénéfique au service du peuple, à commencer par sa propre personne. En effet, la paix dite « intérieure » se cultive grâce à une implication constante envers soi, sans être égoïste. Au contraire, plus elle se développe, plus la relation avec l’autre peut devenir harmonieuse : un savoir-être, fondé sur une recherche de sérénité intérieure.

Quand la paix intérieure fait défaut, comment pouvons-nous être en paix avec les autres et agir en ce sens ?

Najoua

[1] www.lavie.fr « De Robert Francis Prevost à Léon XIV, la biographie du nouveau pape », écrit par Marie-Lucile Kubacki, publié le 14 mai 2025, dans la rubrique portrait.

[2] www.rtbf.be/article/la-revue-de-presse-le-raid-des-hooligans-brugeois-a-bruxelles-du-racisme-a-l-etat-pur-11542769 , article écrit par Milan Berckmans dans le magazine rtbf, le 6 mai 2025

[3] Charte des Nations Unies, 1945 « S’unir pour la paix » sur le site des Nations Unies.org

[4] www.unamur.be/fr/newsroom/y-t-il-encore-de-la-place-pour-la-paix-aujourdhui-une-question-philosophique-debattue Article de Gwenaelle Bertnchamps, publié le 15 janvier 2024 dans le magazine Université de Namur.

[5] Citation de Thomas Carlyle ( écrivain, historien, philosophe et auteur écossais du 19 -ème siècle, dans son essai littéraire « Des héros, du culte des héros et de l’héroïque dans l’Histoire » https://medium.com/@SaidAbdulLatif/thomas-carlyle-and-the-prophet-muhammad-%EF%B7%BA-48e585675e0a

Trump : entre initiatives marquantes et controverses – Bilan des premiers mois de son second mandat

Depuis le début de son second mandat en janvier 2025, le président Donald Trump a pris plusieurs décisions majeures qui ont suscité des réactions variées tant aux États-Unis qu’à l’international. Voici un aperçu des événements les plus notables.

Le second mandat de Donald Trump ressemble à une saison 2 où les ficelles sont grosses mais les effets toujours garantis : décisions tonitruantes, posture martiale et un mantra obsessionnel – « America First » – brandi à chaque occasion. Entre le sabotage des accords multilatéraux jugés trop contraignants et la relance de guerres commerciales tous azimuts, Trump joue la carte du repli national avec un aplomb qui force à la fois l’admiration… et l’inquiétude.

1. Relance de la guerre commerciale avec la Chine

Le 2 avril 2025, le président Trump a annoncé une augmentation significative des tarifs douaniers sur les produits chinois, atteignant jusqu’à 245 % sur certaines importations. Cette mesure, justifiée par des préoccupations de sécurité nationale et de déséquilibre commercial, a provoqué des turbulences sur les marchés financiers et des inquiétudes dans le monde.

2. Diplomatie avec la Corée du Nord

Dans le but de renouer le dialogue, le président Trump a organisé un sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Toutefois, des désaccords persistants ont conduit à l’annulation de la rencontre, illustrant les défis diplomatiques persistants entre les deux nations .

3.Une politique énergétique controversée :

Dès son retour au pouvoir, Donald Trump a relancé sa politique environnementale controversée en retirant à nouveau les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, une décision qui sera effective en 2026. Il a aussi intensifié l’exploitation des hydrocarbures en déclarant une urgence énergétique nationale, avec la nomination de figures pro-industrie à des postes clés, dont Chris White au ministère de l’Énergie. Trump a démantelé plusieurs réglementations environnementales, notamment celles sur les émissions des centrales à charbon, affaiblissant les normes prévues sous l’administration Biden. Enfin, il a réduit massivement le financement et le personnel scientifique des agences environnementales, affirmant donner la priorité à l’indépendance énergétique et à la croissance économique, malgré les mises en garde des experts sur l’impact climatique.

4. Guerre en Ukraine :

Il a avait promis l’arrêt de la guerre en 24h… Aujourd’hui, lassé,  il annonce qu’il risque de quitter ces négociations…

5. La Riviera  du Moyen-Orient : Un soutien massif à Israël et à son armée
En février, Donald Trump a créé la polémique en déclarant qu’il souhaitait prendre le contrôle de Gaza pour en faire la « Riviera du Moyen-Orient ». Il a amplifié la controverse en diffusant une vidéo de propagande générée par intelligence artificielle pour illustrer sa vision. Aujourd’hui, il continue à défendre cette position provocatrice.

6. Tarifs sur les films produits à l’étranger

Le président Trump a annoncé son intention d’imposer une taxe de 100 % sur les films produits en dehors des États-Unis, invoquant des préoccupations de sécurité nationale et le déclin de l’industrie cinématographique américaine. Cette proposition a suscité des réactions mitigées au sein de l’industrie et parmi les partenaires commerciaux .

7. Réactions des marchés financiers et récession technique :

Les annonces tarifaires de l’administration Trump ont entraîné des fluctuations importantes sur les marchés financiers, avec des baisses notables des indices boursiers majeurs. Les investisseurs expriment des inquiétudes quant à l’impact de ces politiques sur l’économie mondiale .

Malgré des déclarations affirmant la solidité de l’économie américaine, des signes de ralentissement sont apparus au cours du premier trimestre 2025. Le président Trump a attribué ces difficultés à des facteurs externes et aux politiques de l’administration précédente. Il a aussi twitté après ses annonces que « c’est le moment d’investir en bourse ». Délit d’initié ou maladresse ?

En avril 2025, le président Trump a prononcé un discours de 45 minutes axé principalement sur les réalisations de son administration, soulignant les succès obtenus depuis le début de son second mandat.

8. Politique protectionniste élargie

Au-delà des mesures ciblant la Chine, l’administration Trump envisage d’étendre sa politique tarifaire à d’autres secteurs, notamment les produits pharmaceutiques et les véhicules importés. Ces initiatives soulèvent des préoccupations quant à leur impact sur les chaînes d’approvisionnement et les relations commerciales internationales.

9. Retrait de Musk de la scène politique :

L’homme le plus riche et le plus influent se retire du champ théâtral trumpien pour un certain temps « Probablement au cours du mois prochain, le temps que je consacre au DOGE diminuera considérablement. ». La raison évoquée serait la chute des vente de sa marque Tesla qui, elle aussi, n’est pas épargnée par les conséquences des droits de douanes. 

10. Sa politique migratoire

Donald Trump a relancé la construction du mur à la frontière mexicaine, déclaré l’état d’urgence et renforcé la lutte contre l’immigration illégale, allant jusqu’à viser certains immigrants légaux pour expulsion. Il a aussi drastiquement réduit le budget de l’aide humanitaire internationale et engagé une vaste réorganisation de l’État sous la houlette d’Elon Musk, avec des milliers de licenciements dans la fonction publique. Sur le plan des droits civiques, Trump a durci les règles contre les droits des minorités, notamment les personnes transgenres, et limité les politiques de diversité. Enfin, il a imposé des réformes électorales controversées, restreignant le vote par correspondance et envisageant de nouvelles conditions pour voter, tout en semant le doute sur la possibilité d’un troisième mandat présidentiel.

11. Droit du sol :

Concernant le droit du sol, Donald Trump souhaite le remettre en cause. Pour rappel, aux États-Unis, ce principe (inscrit dans la Constitution depuis 1868) garantit que tout enfant né sur le sol américain obtient automatiquement la citoyenneté américaine, peu importe la nationalité ou le statut légal des parents.

Trump propose de supprimer ce droit automatique pour les enfants nés de parents :

  • en situation irrégulière,
  • ou présents temporairement (par exemple avec un visa touristique).

En clair : il veut que ces enfants ne deviennent plus citoyens américains à la naissance, ce qui marquerait une rupture profonde avec un des fondements du droit américain. Pour le moment, cette mesure n’est pas encore appliquée, car plusieurs recours juridiques ont été déposés, et la question pourrait finir devant la Cour suprême.

12. Réorganisation de de l’État américain :

Donald Trump a lancé une vaste réorganisation de l’État américain pour le rendre plus efficace et aligné sur ses priorités idéologiques, créant le « Département de l’efficacité gouvernementale » dirigé par Elon Musk. D’autres institutions majeures comme l’US AID ont vu leurs budgets drastiquement coupés (jusqu’à 83 % de réduction), affectant notamment l’aide humanitaire mondiale. Trump a également ciblé le FBI, des universités et des cabinets d’avocats jugés trop proches de l’opposition, suscitant de nombreuses critiques pour atteinte aux droits fondamentaux et au système démocratique.

13. Retour sur les réseaux sociaux

En février 2025, la plateforme X (anciennement Twitter), dirigée par Elon Musk, a accepté de verser environ 10 millions de dollars à Donald Trump pour régler une action en justice intentée après la suspension de son compte suite à l’attaque du Capitole en janvier 2021. Cette suspension, initialement décidée par l’équipe de Jack Dorsey, visait à prévenir de nouvelles incitations à la violence. Malgré la réintégration de son compte en novembre 2022 par Musk, Trump a poursuivi la procédure judiciaire, qui s’est conclue par un accord amiable. Une partie de cette somme est destinée à couvrir ses frais juridiques, le reste étant alloué à son futur centre présidentiel. Ce règlement s’inscrit dans une série d’accords similaires, notamment avec Meta, qui a versé 25 millions de dollars pour des raisons comparables.

14. Réforme du système de santé

Le président Trump a présenté une initiative visant à améliorer la transparence des prix dans le secteur de la santé. Cette mesure a pour objectif de permettre aux patients de mieux comprendre les factures liées à leurs soins et permet d’accroitre la concurrence entre prestataires.

15. Extension du mur frontalier

Dans le cadre de sa politique de sécurité frontalière, l’administration Trump a attribué un contrat de 70 millions de dollars pour la construction de sept miles supplémentaires de mur à la frontière sud des États-Unis .

16. Réouverture d’Alcatraz :

Sur le ton de la provocation ou dans un contexte sécuritaire, Trump évoque la possibilité de « réouvrir Alcatraz » pour y enfermer des criminels très dangereux ou des terroristes, la prison « la plus sécurisée des États-Unis au 20e siècle ».

Le second mandat de Donald Trump ressemble à une saison 2 où les ficelles sont grosses mais les effets toujours garantis : décisions tonitruantes, posture martiale et un mantra obsessionnel – « America First » – brandi à chaque occasion. Entre le sabotage des accords multilatéraux jugés trop contraignants et la relance de guerres commerciales tous azimuts, Trump joue la carte du repli national avec un aplomb qui force à la fois l’admiration… et l’inquiétude.

À l’intérieur du pays, le cocktail explosif de protectionnisme économique et de restrictions migratoires flatte un électorat en quête de certitudes, mais divise profondément la société. Derrière les formules chocs et les coups de menton, une question lourde de sens demeure : jusqu’où peut mener ce repli identitaire et cette stratégie de confrontation ? Le renversement de l’ordre mondial se dessine petit à petit… Il est là ! mais à quel prix ?  Car si nous une chose n’a pas été oubliée,  c’est que le protectionnisme forcené n’a jamais été qu’un carburant dangereux pour l’instabilité mondiale. Ce jeu, à somme nulle, a déjà contribué, par le passé, à précipiter le monde dans le chaos… jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Nelm

La crise existentielle de l’Homme moderne

Gagner sa vie sans se perdre s’avère être un champ à cultiver au quotidien. S’épanouir à travers cette notion de travail permettrait à l’homme de retrouver un équilibre entre ses préoccupations pécuniaires et spirituelles. Cependant, dans nos sociétés modernes, la productivité et la rentabilité sont devenues les seuls paramètres pour donner du sens à notre travail. Ainsi, nous nous enfermons dans une seule dimension : celle du matériel, des obligations, de la routine qui s’enchaîne jour après jour. On avance dans un schéma répétitif du « Métro-boulot-dodo »[1]sans même y penser. Cette expression cache une réalité préoccupante des sociétés modernes. En effet, la souffrance au travail atteint des inégalités et prend une multitude de formes, avec des conséquences lourdes pour l’individu et la société[2]. Y-a-t-il de l’espoir de trouver une harmonie entre travail et spiritualité ? Une prise de conscience et une remise en question permettraient de déclencher un processus de transformation vers une voie plus vertueuse du travail. Analysons quelques points…

La médiocrité, maladie mentale

L’homme moderne court toujours après plus de travail, plus d’argent, plus de confort, plus de loisirs. Son esprit est captif d’une machine exigeant de lui toujours plus, sans lui laisser un espace pour se questionner sur le sens de son existence. Cette course effrénée le fait sombrer dans un état intérieur appauvri, laissant place à un vide profond. La fatigue de l’âme s’installe, où la réalité se révèle insipide, terne et sans relief. Quand cet état s’enracine, les aspirations s’effacent et l’on cesse d’envisager le processus vers un changement. La médiocrité devient alors un refuge, une zone de confort qui nous prive de toute évolution intérieure. Cette prison invisible et étouffante nous fait renoncer à ce que nous sommes : des êtres aspirant à plus grand, à plus beau, à plus vrai.

« La médiocrité vient du mot latin mediocritas[3], qui signifie être à mi-chemin du sommet. » 

Ce qu’il faut retenir ici, c’est que cette façon de vivre précipite et auto-entretient une lente déchéance du potentiel qui est en nous. L’origine du mot suggère que la médiocrité consiste à se contenter d’une vie bien en dessous de son potentiel, à vivre sans idéaux.

Or, les idéaux sont des visions de la perfection que nous avons en tête concernant la personne que nous voudrions devenir et donc ce que nous voulons accomplir. Même si les buts ne sont pas atteints, ce n’est pas très grave, car leur valeur véritable réside dans leur pouvoir à inspirer et à pousser à agir de manière volontaire. Ils influencent nos comportements et deviennent l’instrument naturel de tout progrès humain. Ainsi, les projets vertueux sont nos directions pour orienter notre boussole psychologique sur le chemin du meilleur, de l’excellence.

La culture de l’excellence

Aborder la notion de travail à travers un idéal[4], une vision plus grande que soi, est la première fenêtre à explorer. Lorsqu’on touche à cette dimension, nos états psychologiques prennent un sens, nos perceptions s’élargissent, et peu à peu, nous nous transformons.

En bref, quand on cesse de grandir, on commence à mourir en ne consacrant pas de temps chaque jour à des activités qui cultivent la pensée critique, qui exercent l’esprit et le corps. Ceux qui ne fertilisent pas leurs esprits vont droit à la désintégration de leur personnalité. Ne pas combattre son ignorance, c’est périr ! À l’image des terres fertiles qui sont envahies de mauvaises herbes si elles ne sont pas cultivées. Les esprits routiniers deviennent colonisés par des préjugés qui les asservissent. Quels sont les facteurs bloquant notre enrichissement ?

La paresse et la peur sont les principaux obstacles à l’épanouissement de l’expression individuelle, à la vision supérieure de l’homme. Ces deux causes entravent la progression sur la voie de notre plein potentiel. Aujourd’hui, quiconque n’est pas comme tout le monde, qui ne pense pas comme tout le monde, court le risque d’être éliminé : la pensée unique domine ! Cette tendance mortifère contribue au déclin de la culture et freine le développement des sociétés. En effet, le véritable progrès dépend d’individus exceptionnels qui remettent en question les paradigmes philosophiques, politiques, scientifiques, artistiques et de santé physique d’une société.

Se contenter d’exister en suivant une routine quotidienne, sans jamais explorer notre potentiel, c’est passer toute une vie sans vraiment la vivre.

« Donner du sens à notre travail, le contextualiser dans notre vie, surtout spirituelle, est une clé essentielle pour sortir de l’asservissement que nous imposent les sociétés modernes. »[5]

Finalement, atteindre la vieillesse et se dire qu’on est la même personne qu’à 20 ans avec les mêmes perspectives limitées est un constat préoccupant. Pourtant, chacun d’entre nous possède des talents uniques. Notre devoir est de les découvrir, de les cultiver et de les améliorer ; et l’activité professionnelle entre dans ce cheminement intérieur. Le vrai succès ne se mesure pas forcément en richesse ou en statut, mais plutôt dans notre développement en tant qu’individu. En nourrissant nos dons, nous atteignons une forme de grandeur bien plus gratifiante. C’est-à-dire : un être humain accompli et épanoui ! Un enjeu important pour l’homme moderne est de comprendre pourquoi il n’agit plus ainsi.

L’homme moderne a construit des sociétés sécurisées… et dans l’aboutissement de ce projet, il a aussi créé sa propre prison.

Najoua


[1] Le poète Pierre Béarn écrit pour la première fois l’expression « métro-boulot-dodo », dans son recueil Couleurs d’usine, paru en 1951, où il esquisse en quelques lignes la monotonie quotidienne du travail à la chaîne. www.rtbf.be/article/d-ou-provient-l-expression-passee-dans-le-langage-courant-metro-boulot-dodo-11497422

[2] Le score est plus élevé pour les femmes que pour les hommes, avec un score moyen de 36 % contre 33% chez les hommes. /emploi.belgique.be/fr/actualites/le-chiffre-du-mois-15-des-travailleurs-indiquent-se-sentir-souvent-ou-toujours. Sur 5 ans, une augmentation de 43 % des burnouts et des dépressions de plus d’un an, entre 2017 et 2022 du nombre de personnes en invalidité souffrant d’une de ces deux maladies.

[3] médiocrité — Wiktionnaire, le dictionnaire libre

[4] Pour en savoir plus : Tayeb Chouiref, Travail et spiritualité en islam, apprendre à les harmoniser Edition : Tasnîm

[5] Tiré du livre de Khaled Maaroub, Gagner sa vie sans se perdre, travail et spiritualité . Edition : Albouraq

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent

Un mois de spiritualité vient de se terminer. Ramadan a déposé sur nos cœurs ses fruits bénis à travers une vitalité et une détermination à continuer dans l’amélioration de soi ; une réforme donnant un nouveau souffle de vie à nos devoirs et à nos engagements. C’est la promesse silencieuse dont nos âmes ont été témoins.

Mais la réalité, celle que nos yeux n’osent même plus regarder, nous rattrape. Croire que des lendemains plus clairs envahiraient nos écrans, croire que nos invocations briseraient le sort des peuples souffrant de l’oppression d’un pouvoir génocidaire… Croire en un espoir déterminant, vers la voie d’une paix et d’un ordre de justice solide et pérenne, c’était notre conviction à l’unisson des nuits, debout, implorant Le Tout-Puissant des mondes.
Nous a-t-Il entendus ? Certainement ! Et Il agira selon la Sagesse Absolue d’un Seigneur attentif à ce qui se passe.

Alors, ne baissons pas les bras ! Car ce n’est pas fini !

L’engagement à redonner de l’espoir

Tout au long de l’histoire, la mosquée Al-Aqsa a été un symbole d’unité, de résilience et de résistance pour les musulmans. Sa présence durable au milieu des défis politiques et des conflits souligne la foi inébranlable et la détermination de la communauté musulmane — en particulier, des musulmans palestiniens. Ainsi, à l’image de cette bâtisse, notre force d’âme se trouve dans notre capacité à lutter, à persévérer fermement dans notre engagement à ne pas abandonner un peuple en danger.
La lutte pour la justice est une noble cause : elle nous définit en tant qu’êtres humains, nourris de valeurs universelles et précieuses.

C’est pourquoi notre engagement à redonner de l’espoir est vital. Le renoncement n’est pas envisageable sur ce terrain : un peuple massacré aux yeux et au vu du monde entier, un génocide sans nom, ultra-documenté, une indifférence qui tue sans faire de bruit. Et ce n’est pas à la communauté internationale de nous représenter ou d’attendre un dénouement concret.
Derrière des discours froids et des silences complices, les grands de ce monde et les institutions soutiennent un crime de non-assistance à un peuple en détresse, par leur inhumanité.
Le pouvoir et l’égo ont rendu les hommes sourds et aveugles.
La dignité humaine ne repose-t-elle pas sur des choix éclairés par la vertu et la moralité ?
La vérité n’est-elle pas la boussole des hommes qui ont marqué l’Histoire par leurs choix de luttes ?
Les époques de ténèbres ont traversé l’Histoire. Le temps où, sur nos bancs d’écolier, nous apprenions les dégâts d’un pouvoir égocentrique et génocidaire n’est pas si lointain, ni révolu.
L’Homme a-t-il appris de son passé ?!

L’inexcusable silence 

Servir l’humanité est un devoir civilisationnel. Loin des grands discours, notre altruisme se manifeste à travers nos actes, selon la mesure de nos moyens et de nos capacités.
Nous refusons de détourner les regards, de nous taire, de « troubler l’ordre public », soi-disant ; car nous voulons témoigner que la justice commence d’abord par une indignation, puis par la concrétisation d’actions constructives : parler de cette situation, dénoncer les violations, boycotter les grands groupes commerciaux et financiers qui renforcent ce génocide, sensibiliser notre entourage à l’urgence humanitaire, à travers l’engagement auprès d’associations, afin de faire parvenir les premiers secours, en soins et en biens vitaux.

De plus, dans un esprit de continuité, nos actions permettent de rappeler aux institutions formées par des États membres leurs obligations au sein du droit international : des garanties claires de ne pas soutenir, de manière politique, économique, financière ou militaire, un tel crime.
La majeure partie des politiques ont cessé d’être des humains, focalisés sur des intérêts privés. Et se dessine une rupture entre les choix d’inaction des gouvernements et la plaidoirie des droits humains portée par les peuples.
Comment une société peut-elle se bâtir sur des cadavres ?
Comment peut-on expliquer à la nouvelle génération que des enfants, des femmes, des vieillards enterrés sous les décombres, brûlés dans des abris improvisés, affamés sous les regards insensibles du monde entier, mériteraient leur sort sous prétexte qu’ils doivent mourir sur leur terre, une terre convoitée par des fanatiques du dollar ?
Ce sont les cœurs des hommes qui créent ce cataclysme. Le monde est suspendu face à un système guidé par le droit international et l’espoir du respect du droit fondamental pour tous.

Ainsi, nos actions doivent, d’une part, réveiller les institutions en leur expliquant qu’un génocide n’est pas défini par des impressions ou des opinions personnelles, mais par la destruction intentionnelle d’un groupe en tant que tel [1] ; et d’autre part, avoir le courage de soutenir un peuple opprimé, de sacrifier notre temps, notre argent, notre plume, notre créativité, afin de témoigner de notre obligation.
Car nous sommes les dignes dépositaires d’un message universel…

« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont

Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front,

Ceux qui d’un haut destin gravissent l’âpre cime,

Ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime,(…)

Ceux dont le cœur est bon, ceux dont les jours sont pleins,

Ceux-là vivent, Seigneur ! Les autres, je les plains. (…)

Car le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre.

Inutiles, épars, ils traînent ici-bas

Le sombre accablement d’être en ne pensant pas. (…)

Ils sont les passants froids, sans but, sans nœud, sans âge ;

Le bas du genre humain qui s’écroule en nuage ;

Ceux qu’on ne connait pas, ceux qu’on ne compte pas,

Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas.(…)

Pour de vains résultats faire de vains efforts !

N’entendre rien d’en haut ! Ciel !Oublier les morts !

Oh non, je ne suis point de ceux-là ! (…)[2] »

Najoua


[1] Article 2 de la Convention sur la prévention de répression et punition du crime de génocide www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/convention-prevention-and-punishment-crime-genocide#:~:text=Article%20II,-Dans%20la%20présente&text=c)%20Soumission%20intentionnelle%20du%20groupe,groupe%20à%20un%20autre%20groupe.

[2] Poème de Victor Hugo écrit à Paris, décembre 1848 ( Livre IV, 9 ), Les Châtiments, 1852. Il fait l’éloge de la foi et de l’idéal.

« Les secrets de l’amour du Divin », une lecture qui bouleverse l’âme

Il y a des livres qui ne nous laissent pas indemnes.

Des ouvrages qui viennent frapper à la porte du cœur avec douceur, mais aussi avec une vérité si forte qu’on ne peut qu’être transformé.

Les secrets de l’amour du Divin de Helwa fait partie de ceux-là. Dès les premières pages, j’ai senti que cette lecture allait me remuer intérieurement.

Ce n’est pas un simple livre sur la foi ou la spiritualité : c’est un rappel  intime à revenir vers Allah profondeur.

Chaque chapitre est construit autour d’un thème fondamental de la vie spirituelle : l origine de L’amour, la place du cœur, l’aspect spirituels  du Coran,  les 5 piliers le tout dans la plus grande  proximité  du Créateur… 

Et pourtant, ce livre divise. Il est parfois rangé dans les coins discrets des librairies, comme s’il représentait une menace. Certains lui reprochent son approche trop tendre, trop mystique, trop « émotive ». Mais n’est-ce pas révélateur d’un malaise plus profond ? Pourquoi est-ce que l’idée de l’amour d’Allah dérange autant ? Pourquoi la douceur fait-elle peur ? Pourquoi la rigueur, la dureté, voire la crainte, réconfortent-elles parfois davantage certains cœurs ?

Repenser la mort : non comme une fin, mais comme un retour

S’il y a un chapitre qui m’a bouleversée, c’est celui sur le secret spirituel de la mort. Helwa y aborde la mort avec une sérénité désarmante. Loin de l’idée effrayante que l’on nous transmet parfois, elle la décrit comme un retour à l’Origine, un moment d’union avec Celui qui nous aime d’un amour parfait. Non pas une coupure, mais une réunification.

Elle nous rappelle que chaque douleur, chaque perte ici-bas, chaque « petite mort » intérieure, est une occasion de nous détacher de ce qui est illusoire pour nous recentrer sur l’essentiel : Allah. Mourir avant de mourir, disent les sages. 

Et dans cette perspective, la mort devient le début d’une rencontre, non une fin. Une promesse de retrouver Celui que notre âme a toujours cherché. Cette lecture transforme notre rapport à la peur. Elle nous apprend que la foi n’est pas faite pour nous enfermer dans l’angoisse ou la rigidité, mais pour nous libérer dans la confiance et l’amour.

L’amour d’Allah : une évidence oubliée ?

Ce livre repose sur une conviction claire : Allah aime Ses créatures. Un amour constant, inépuisable, sans condition. Mais cette vérité, pourtant centrale dans notre religion, semble parfois mise de côté. Pourquoi ? Pourquoi tant de méfiance vis-à-vis d’un discours qui parle de tendresse, de proximité, d’intimité spirituelle avec Dieu ?

Pourquoi l’amour dérange-t-il autant, alors qu’il est le fondement même de la foi ?

Ce constat m’interpelle. Est-ce que nous nous sommes habitués à une religion perçue comme rigide, austère, voire intimidante ? Est-ce que cela nous rassure davantage de penser à Allah en termes de loi et de punition, plutôt qu’en termes de compassion et de miséricorde ? Ce sont des questions qui méritent d’être posées avec honnêteté.

Et c’est précisément ce que fait ce livre : il pose des questions, bouscule certaines idées reçues, et nous ramène à une foi vivante, sincère, enracinée dans l’amour.

Ce livre n’est pas un ouvrage qu’on lit d’une traite. Il se goûte.il se savoure. Il se médite. Certains passages m’ont accompagnée pendant des jours, comme une lumière intérieure .

Je crois qu’il faut lire ce livre quand on sent que quelque chose en soi appelle à plus de profondeur, quand on a besoin de se recentrer, de se reconnecter à l’essentiel. 

Et surtout, quand on a besoin de voir la vie – et la mort – avec un regard spirituel empli de douceur

Les secrets de l’amour du Divin est bien plus qu’un livre. C’est une conversation d’âme au Divin. Une main tendue vers le cœur. 

Il m’a rappelé que l’amour d’Allah ne nous quitte jamais, même dans les silences, même dans la douleur, même dans l’ultime passage qu’est la mort.

 Et que cette mort, loin d’être une fin, est une promesse : celle de retrouver Celui que notre cœur a toujours aimé, même sans toujours le savoir.

Qu’Allah nous accorde une foi sereine, une vie apaisée, et une mort douce, paisible, et pleine de lumière. AMINE

Hana Elakrouchi

Laylat al Qadr

Une petite méditation simple, personnelle, en écho avec mon état intérieur et celui du monde actuels.

La toute première révélation du Coran au Prophète (sws) a eu lieu pendant cette nuit du mois de Ramadan. Il méditait alors dans la grotte de Hira, quand les premiers versets (1à 5 de la Sourate Al Alaq) lui ont été transmis par l’ange Jibril.

Cette nuit-là, c’est la rencontre entre ce qui est au-delà et ce qui est présent à nous.
C’est le moment où le Divin a pris possession des âmes humaines, du sol, du territoire.
C’est la descente de la Présence divine dans le cœur du serviteur.
C’est l’expérience de l’effacement de l’ego, pour laisser place à la Lumière d’Allah.

Ce que j’aime avec cette explication spirituelle, c’est qu’elle propose une lecture dans laquelle chacun peut vivre « sa propre Laylat al qadr », à tout moment, lorsque son cœur est prêt à accueillir cette Lumière.
J’aime interpréter le verset n°2 comme une nuit qui certes vaut 1000 mois, mais aussi qui dure 1000 mois. Une nuit éternelle, qui ne se termine jamais, car on n’a jamais fini d’accueillir Allah dans notre cœur.

C’est une nuit où nous devons redoubler d’efforts (plus qu’à tout autre moment du Ramadan) pour nous détacher des tracas quotidiens et tenter de rentrer dans un état de méditation presque constant.

Pour moi, ça ne signifie pas nécessairement être assise en tailleur les yeux fermés, ni le front au sol en prosternation.
Pour moi, la méditation est présente à chaque instant.
En marchant.
En lisant.
En discutant.
C’est me poser plein de questions, même si elles restent sans réponse.
Tous ces moments sont propices pour me rapprocher d’Allah.

Durant cette nuit, je laisse mon esprit divaguer, je m’accorde des moments de silence.

Et…

… Je m’émerveille.
De mon environnement. De la nature. De l’oiseau qui fait son nid. De l’abeille qui butine. Des montagnes enneigées. Du jour lumineux. De la nuit obscure. Des étoiles scintillantes.
De la couleur du ciel quand le soleil s’incline doucement à l’horizon.
Des arbres et de leurs racines qui se croisent, se nouent et se soutiennent.
Des humains! Un sourire. Un regard. Une main tendue.
Je m’émerveille face à ce que les humains ont de meilleur. Et je m’en inspire.

… Je suis reconnaissante.
Je remercie Allah de tous Ses bienfaits.
Je Te remercie de m’avoir donné une famille.
Je Te remercie de me permettre de m’instruire.
Je Te remercie pour la bonne nourriture que je mange chaque jour.
Pour l’eau potable.
Pour la lune qui brille chaque soir.
Pour mes cinq sens.
Pour mon lit douillet où je me glisse chaque soir.

… Je demande pardon.
Ô Seigneur! Tu es certes Pardonneur, et tu aimes le Pardon, alors pardonne-moi!
Pardon de ne pas faire assez.
Pardon de vivre si égoïstement.
Pardon de faire la girouette.
De détourner le regard face à la pauvreté, au sens-abrisme, aux injustices.
D’être si aveuglée par le confort que Tu m’as permis d’avoir.
D’être victime d’un système que je répugne tellement mais dans lequel je me complais tant.
Pardon d’être si faible alors que Tu m’as donné la capacité d’être si forte.
Ô Seigneur! Tu es certes Pardonneur, et tu aimes le Pardon, alors pardonne-moi!

… Je confie mes souhaits.
Mon souhait d’être en bonne santé, physique et mentale. De même pour mes proches.
Mon souhait de ne plus vivre en dissonance entre mes valeurs et mes actes.
Mon souhait d’agir davantage pour mon prochain.
Mon souhait d’avoir un cœur apaisé.
Mon souhait d’un monde meilleur, où mes privilèges puissent bénéficier au plus grand nombre.
Mon souhait d’être heureuse.
Et mon ultime souhait : celui que l’Amour se déverse et inonde le cœur de chacun,

Que Ton Amour imprègne l’âme de l’humanité…

S.E.

Donald Trump et les marchés : un ouragan économique aux répercussions mondiales

« Nous pourrions transformer Gaza en une Riviera du Moyen-Orient, un paradis économique sous gestion américaine, s’ils se débarrassaient du terrorisme. » a déclaré Donald Trump. Au-delà de la question palestinienne, Trump a également laissé entendre que la gestion des ressources financières des lieux saints musulmans pourrait être optimisée.Face à la menace, en l’an 570, un grand homme lui a déjà répondu :

« La Kaaba a un propriétaire qui saura la protéger. »

Dans le grand échiquier de l’économie mondiale, certains dirigeants sont des forces tranquilles, d’autres de véritables tempêtes. Donald Trump appartient sans conteste à la seconde catégorie. À chacune de ses déclarations, les marchés tremblent, les investisseurs paniquent ou exultent, et les équilibres géopolitiques vacillent. Son retour en scène a provoqué des secousses aux quatre coins du globe : de Wall Street à la Silicon Valley, en passant par l’Europe et le Moyen-Orient. Regardons de plus près l’impact de son influence sur les tendances économiques actuelles.

L’Amérique sous pression : la tempête des indices boursiers depuis janvier 2025

Lorsque Donald Trump s’exprime, le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq n’ont qu’une seule option : réagir. Depuis quelques mois, les marchés américains sont en chute :

  • S&P 500 : baisse de 4,20 %
  • Nasdaq : baisse de 6,5 %
  • Dow Jones : diminution de 1,9 %
  • Apple (AAPL) : chute de 5,3 %
  • Meta (META) : déclin de 8,1 %

Pourquoi ? Parce que Trump, fidèle à lui-même, a ravivé la menace des guerres commerciales.
Les baisses sont principalement liées aux craintes d’une nouvelle guerre commerciale, initiée par ses déclarations. En réaffirmant son intention d’imposer de lourds droits de douane sur les importations chinoises et européennes, il fait planer le spectre d’un ralentissement économique mondial. Comme un effet domino, les investisseurs anticipent une baisse des marges des entreprises américaines et réajustent leurs portefeuilles, préférant se tourner vers des valeurs plus sûres.

L’Europe et l’Asie : les nouveaux havres de paix ?

Pendant que l’Amérique tangue, l’Europe tire son épingle du jeu depuis début février 2025 :

  • Euro Stoxx 50 : +10 %
  • DAX (Allemagne) : +14 %
  • IBEX (Espagne) : +10,8 %

Loin des secousses politiques américaines, l’Europe apparaît comme un refuge pour les investisseurs. Son positionnement diplomatique stable et ses valorisations attractives attirent les capitaux en quête de stabilité.

Quant à l’Asie, la Chine maintient une certaine résilience :

  • Shanghai Composite (Chine) : +0,60 %
  • Nikkei (Japon) : bond de 7,13 % depuis début février 2025, soutenu par des politiques économiques favorables.

Le Bitcoin et l’Ethereum : Trump déclare la guerre aux cryptos

L’effet Trump ne se limite pas aux marchés traditionnels. Les cryptomonnaies, souvent perçues comme un contrepoids au système financier classique, sont elles aussi touchées :

  • Bitcoin (BTC) : baisse de 23 % depuis son sommet à 109 114 $
  • Ethereum (ETH) : chute de 51,7 % depuis son plus haut à 4 108 $

Pourquoi cette dégringolade ?
Entre autres raisons, Trump a annoncé son intention de réguler sévèrement les cryptomonnaies, affirmant que « le Bitcoin n’a aucune valeur réelle » et que les États-Unis doivent se protéger contre cette menace financière. Les investisseurs, inquiets d’un durcissement législatif, ont préféré liquider une partie de leurs avoirs, entraînant ainsi une correction brutale du marché.

Or et pétrole : les valeurs refuges reviennent en force

Quand Trump agite l’économie, les investisseurs se réfugient dans les classiques :

  • L’or atteint un sommet historique, signe que l’incertitude pousse à sécuriser les placements.
  • Le pétrole connaît une hausse, dopé par les tensions commerciales et les spéculations autour des conflits géopolitiques.

Trump, la Palestine et l’Arabie Saoudite : des propos qui résonnent au-delà de l’économie

Trump ne se contente pas de bousculer les marchés, il enflamme aussi la scène internationale. Sa dernière déclaration sur la Palestine a provoqué un tollé :

« Nous pourrions transformer Gaza en une Riviera du Moyen-Orient, un paradis économique sous gestion américaine, s’ils se débarrassaient du terrorisme. »

Loin d’être une simple vision économique, cette affirmation est perçue comme une tentative d’ingérence et un mépris des réalités géopolitiques locales. Les marchés financiers du Moyen-Orient ont immédiatement réagi, avec une augmentation de la volatilité et une hausse des prix du pétrole.

Trump a également laissé entendre que la gestion des ressources financières des lieux saints musulmans pourrait être optimisée. Une déclaration qui rappelle un épisode historique marquant : l’Année de l’Éléphant.
Lorsque Abraha, gouverneur du Yémen, voulut détruire la Kaaba avec son armée d’éléphants, il fut confronté à Abd al-Muttalib, le grand-père du Prophète Muhammad (ﷺ). Face à la menace, ce dernier répondit avec sérénité :

« La Kaaba a un propriétaire qui saura la protéger. »

Allah envoya alors une nuée d’oiseaux Ababil, qui anéantirent l’armée d’Abraha avant qu’elle n’atteigne La Mecque. Cet événement rappelle une vérité intemporelle : la Kaaba et la Palestine n’appartiennent pas aux puissances de ce monde, elles sont sous la protection du Tout-Puissant.

Trump est, certes, un facteur d’instabilité économique et géopolitique. Mais ceux qui ont voulu s’approprier la Kaaba et soumettre des peuples à leur domination ont toujours échoué.
Aujourd’hui encore, face aux ambitions et aux ingérences, il est essentiel de se souvenir que Dieu est Grand, et qu’Il est le Garant de la Justice et de l’Équilibre du monde. Le chaos économique et politique peut faire trembler les gouvernements, mais la foi reste une boussole inébranlable.

Et durant ce mois sacré de paix, la réponse sera un message de sérénité :
Que ce soit la Palestine, la Kaaba ou tout autre symbole de la foi, ils ont un Propriétaire qui saura les protéger.

Nelm

Ramadan : Un mois de spiritualité et de renouveau

Le mois de Ramadan s’est installé depuis quelques jours déjà, nous nous sommes habitués à lui, à la sensation de faim et de soif qui nous rappelle au quotidien pour qui nous nous privons de ces besoins primaires. Mais pour des millions de musulmans à travers le monde, il représente bien plus qu’une simple période de jeûne. Ramadan est un mois de renouveau spirituel, de purification de l’âme et de renforcement du lien avec le Créateur. Mais quelle est la vraie signification de ce mois béni et comment en tirer le meilleur parti ?

Une célébration de la révélation

Le Coran ne mentionne le Ramadan qu’une seule fois, dans la sourate Al-Baqara. Ce passage le présente avant tout comme le mois au cours duquel le Coran a été révélé. Cela signifie que Ramadan est avant tout une célébration de la parole divine, une occasion de renouer avec ce Livre qui guide nos vies.

Le Prophète Muhammad (saw) nous a enseigné que Ramadan est un mois de transformation. Chaque année, il nous donne l’opportunité de nous recentrer sur l’essentiel : notre relation avec Allah, notre comportement envers autrui et notre capacité à maîtriser nos désirs et passions.

Une discipline pour l’âme

Le jeûne, prescrit aux croyants, est bien plus qu’une abstention de nourriture et de boisson. Il s’agit d’un exercice spirituel destiné à renforcer la taqwa, c’est-à-dire la conscience d’Allah. En privant le corps, nous élevons l’âme et nous développons une autodiscipline essentielle dans notre cheminement spirituel.

Allah nous dit dans le Coran : « Le jeûne vous a été prescrit comme il l’a été à ceux qui vous ont précédés afin que vous atteigniez la piété. » (Sourate Al-Baqara, 2:185)

Autrement dit, le jeûne est un outil pour développer une relation plus profonde avec Allah, pour apprendre à contrôler nos pulsions et nous recentrer sur nos valeurs essentielles. L’un des plus beaux cadeaux de Ramadan est la puissance de l’invocation (du’a). Juste après les versets sur le jeûne, Allah dit : « Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi, alors Je suis tout proche. Je réponds à l’appel de celui qui M’invoque lorsqu’il M’invoque. » (Sourate Al-Baqara, 2:186)

Ce verset nous rappelle qu’Allah est toujours près de nous et qu’Il attend simplement que nous nous tournions vers Lui. Ramadan est donc une opportunité unique pour multiplier les du’as, demander pardon, solliciter des bienfaits et renforcer notre foi.

Mais comment profiter pleinement de ce mois béni ?

  1. Reconnectez-vous au Coran : Prenez du temps chaque jour pour lire et méditer sur ses enseignements.
  2. Soyez assidus dans la prière : Profitez de ramadan pour renforcer votre relation avec Allah à travers la prière et le dhikr.
  3. Multipliez les actions bienveillantes : Aidez les plus démunis, soyez bienveillant avec votre entourage et évitez les conflits.
  4. Faites des du’as sincères : Profitez des moments où les invocations sont exaucées, notamment avant la rupture du jeûne et durant la nuit.
  5. Maîtrisez vos paroles et vos actions : Ramadan est aussi un jeûne du regard, de la parole et du comportement.

Ramadan est un cadeau divin qui revient chaque année pour nous rappeler ce qui est essentiel. Il est une invitation à la spiritualité, à la discipline et à la gratitude. Que ce mois soit pour chacun d’entre nous une véritable révolution intérieure, un tremplin vers une foi plus profonde et un mode de vie plus en accord avec les enseignements du Coran.

Que ce Ramadan soit un mois de bénédictions, d’amour et de proximité avec Allah. Amine !

H.B.

Le jeûne du mois de ramadan

Le jeûne est de l’islam le quatrième pilier,
Tout musulman capable doit s’y conformer.
À la puberté, on commence à jeûner,
Le malade et le voyageur, eux, en sont exemptés.
Durant ce mois, les portes du Paradis sont grandes ouvertes,
Chaque jour, des actes de bien, on part à la quête.
Les portes de l’Enfer sont, elles, fermées,
Les diables, eux, sont enchaînés.
De manger et de boire, le croyant s’abstient,
Sa mauvaise langue, il retient.
Consciemment ou par mégarde,
De faire le mal, il se garde.
L’intimité entre époux attend le crépuscule,
Seuls y cède les incrédules.

Le jeûneur s’adonne à la lecture du Coran
Et s’éloigne des écrans.
Il médite sur la Création
Et multiplie les actes d’adoration.

Ô, vous les femmes, de derrière vos fourneaux, sortez !
De dikhr, de prières surérogatoires, veillez à vous ravitailler.
Des msemens, beignets et autres crêpes à mille trous, la spiritualité est plus nourrissante,
Pour l’esprit du croyant, elle est des plus rassasiantes.
Oui, nos troupes, il faut nourrir
Mais ne sombrons pas dans le délire.
Le gaspillage, le pire des fléaux,
Pourtant, on tombe toujours dans le panneau.
Se frottent les mains bouchers et boulangers,
Durant ce mois, ils se refont une santé.
On a les yeux plus gros que le ventre,
Pourquoi y succomber, diantre !
Au placard, les repas pantagruéliques
Et de se nourrir sainement, on s’applique.
Cuisiner, un acte d’adoration,
Seulement si on y met l’intention.
Ô hommes, privilégiez l’entraide,
Contre le ras-le-bol, elle est un remède.
On se répartie les tâches
Ainsi, les cœurs ne s’entachent.

Utilisons notre temps à bon escient,
Faisons preuve de discernement.
Les pas du prophète ﷺ , suivons,
À l’essentiel, revenons.
On se rapproche du Créateur,
Lui, notre Bienfaiteur.
Pour toutes Ses grâces, on Le remercie,
Comme il se doit, on Le glorifie.

Fatima B.