La nouvelle migration : la « Hijra » et ses dérives contemporaines

La hijra en arabe, qui désigne historiquement la migration des musulmans vers un lieu plus sûr pour pratiquer leur foi, prend aujourd’hui une dimension nouvelle et complexe. En examinant pourquoi certains Marocains choisissent de faire la hijra , nous devons nous interroger sur les motivations qui les poussent à quitter leur cité d’origine et à chercher une vie meilleure ailleurs. Ce phénomène soulève des questions importantes sur l’authenticité de cette migration et sur les enjeux qui se cachent derrière.

La Hijra : une fuite ou un nouveau départ ?

Pour de nombreux Marocains, la hijra apparaît comme une manière de fuir les conditions difficiles de leur cité d’origine. Les villes du Maroc, où riches et pauvres cohabitent souvent, ne permettent pas toujours aux familles modestes d’accéder aux mêmes opportunités que les plus aisées. Ce contraste exacerbé pousse certains à chercher une vie meilleure ailleurs, loin des inégalités criantes.

En comparaison, en France, les enfants d’immigrés sont souvent relégués dans des cités en périphérie des grandes villes, loin des centres de pouvoir et de richesse. Cette ségrégation spatiale renforce leur marginalisation et limite leurs chances d’intégration. En ce sens, la hijra vers une autre ville au Maroc pourrait être vue comme une tentative de s’intégrer dans un environnement plus inclusif, où la mixité sociale est possible, et où les opportunités de réussite sont plus accessibles.

Une nouvelle terre promise ?

Cependant, cette nouvelle hijra vers des villes marocaines perçues comme des « eldorados » pose la question de la véritable intention derrière cette migration. Est-ce réellement un acte de foi, un désir de remplir son rôle d’ambassadeur de l’Islam en renouant avec sa culture d’origine, ou s’agit-il simplement d’une quête recherchant à satisfaire ses intérêts personnels et nourrir ses propres passions?

La tradition islamique enseigne que le musulman doit aller à la rencontre de l’autre, échanger, et apporter sa contribution à la société. Mais aujourd’hui, nous assistons à un phénomène où la hijra est parfois exploitée à des fins purement matérielles. Derrière ce terme sacré se cache souvent un business lucratif, « webinaire: comment s’installer au Maroc ?  » où l’accueil des musulmans en quête de refuge devient un prétexte pour alimenter leurs intérêts économiques.

La hijra à l’époque du prophète : un acte de foi

Il est important de rappeler que la première hijra, effectuée par les compagnons du prophète Muhammad, était motivée par un besoin urgent de protéger leur foi face à la persécution. Ils ont quitté la Mecque pour l’Éthiopie, puis Médine, afin de pouvoir pratiquer l’Islam en toute liberté et sécurité. C’était un acte de foi, de sacrifice, où l’intérêt collectif prévalait sur les ambitions personnelles.

Aujourd’hui, la motivation derrière la hijra semble parfois déviée. Pour certains, elle alimente un fantasme de surconsommation et de satisfaction personnelle, plutôt qu’une véritable réflexion sur les défis de notre époque. Le désir d’avoir plusieurs épouses, par exemple, légiféré dans certaines régions, et de fonder une famille en espérant que ces enfants étudieront miraculeusement le Coran et deviendront des enfants pieux, détourne ainsi le sens originel de la hijra.

Une réflexion nécessaire

Face à ce constat, il est crucial de se poser des questions sur la nature de la hijra moderne. Sommes-nous en train de perpétuer une tradition spirituelle, ou sommes-nous en train de céder à des passions et à des intérêts personnels ? La hijra ne devrait pas être un simple moyen d’échapper aux difficultés ou de satisfaire des désirs personnels. Elle doit rester un acte de foi, guidé par des valeurs spirituelles et une volonté sincère de contribuer positivement à la société.

Sur les réseaux sociaux, il est frappant de constater comment certains posts semblent ériger la hijra en un nouveau pilier de l’Islam. Des questions absurdes surgissent : « Si j’ai une somme d’argent, dois-je l’utiliser pour la hijra ou pour le hajj ? ». Ce genre de réflexion révèle une déformation inquiétante des priorités religieuses, où des concepts nobles et spirituels sont détournés et simplifiés jusqu’à l’absurde. 

Il est essentiel de se demander jusqu’où cette absurdité va nous mener. Sommes-nous en train de perdre de vue les véritables enseignements de notre foi ? Plutôt que de nous focaliser sur des choix matérialistes ou des migrations perçues comme des solutions miracles, ne devrions-nous pas retrousser nos manches et nous mettre sérieusement au travail pour résoudre les problèmes de notre époque ? La fainéantise et la lâcheté humaines semblent parfois nous pousser à chercher des échappatoires, à fuir plutôt qu’à affronter les défis de notre temps.

Il est grand temps de nous remettre en question. Nous devons réévaluer nos priorités, redéfinir nos objectifs, et retrouver le vrai sens de nos actions religieuses. La hijra ne doit pas être perçue comme un moyen de fuir nos responsabilités, mais plutôt comme des opportunités pour renforcer notre foi et contribuer positivement à la société. Le chemin de l’Islam est un engagement actif, un effort constant pour améliorer notre monde, et non pas une voie de fuite ou d’abandon face aux difficultés. Il est temps de redonner à nos actions leur véritable sens, en nous engageant sincèrement et avec courage dans les défis de notre époque.

En conclusion, la hijra moderne au Maroc risque de perdre son essence spirituelle si elle est motivée uniquement par des intérêts matériels. Il est important pour les musulmans d’aujourd’hui de se rappeler l’exemple des premiers compagnons et de réfléchir profondément à leurs intentions avant d’entreprendre une telle démarche. La hijra doit rester un acte de foi, de solidarité, et d’engagement envers les valeurs universelles de l’Islam.

Hana Elakrouchi

Une parole inégalée

Le Coran Sublime est un miracle d’éloquence et de précision.  Par le style et par le contenu, il reste à jamais inégalable. Les locuteurs arabophones ont le privilège de pouvoir apprécier toute sa richesse et sa subtilité. Et si traduire, c’est toujours trahir, il reste aux non-arabophones d’autres moyens de goûter à la saveur du message coranique. 

Le récit coranique est ponctué de paraboles. Une parabole est un procédé de narration qui utilise un élément concret ( par exemple un objet) pour symboliser une notion abstraite. 

Nous en trouvons un bel exemple au verset 103 de la sourate Al ‘Imrân : 

Et cramponnez-vous tous ensemble au « Habl » (câble) d’Allah et ne soyez pas divisés; et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous: lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères. 

Allah ‘azza wa jal exhorte ici les croyants à s’accrocher fermement et tous ensemble à quelque chose qui les sauvera de la perdition. Cette chose, que Le Créateur appelle « habl » ou «  corde »  est, selon la majorité des savants,  le Coran lui-même. Selon d’autres savants, il s’agirait de la religion toute entière, voire de la Ummah, la communauté.  

Ce qui fait la solidité d’une corde, c’est qu’elle est composée de plusieurs fils tressés ensemble. En effet, il est facile de rompre un fil  ou un lacet unique. Toutefois si vous prenez plusieurs fils tressés ensemble pour essayer de les rompre vous aurez beaucoup  plus de mal.  

La corde est utilisée pour rassembler des éléments qui autrement se disperseraient. Également, la corde permet de hisser vers le haut la personne qui se sent glisser le long d’une paroi. La corde possède aussi une force de traction qui permet de déplacer des objets lourds et d’aller loin avec. Enfin, il est étonnant de constater qu’un gros cordage peut suffire à  amarrer un bateau, c’est-à-dire le maintenir à quai et l’empêcher de dériver.  

La comparaison du Livre d’Allah avec la corde nous apparaît ainsi au grand jour. La vie d’ici-bas s’apparente parfois à un pont surmontant un gouffre de tous les dangers qui ne demande qu’à engloutir le voyageur imprudent. Si nous nous agrippons ensemble au Coran, et veillons à en respecter les enseignements tout en incarnant ses valeurs, nous serons fermes sur nos pas et unis. Nous serons moins vulnérables aux dangers et plus efficaces dans nos réalisations. Pouvoir compter sur le groupe et avoir un allié dans chaque membre de la communauté serait un formidable moteur vers la réalisation de nos projets et ambitions pour cette vie et pour l’autre. Surtout, une union autour de la parole divine assainirait la société des maux et des vices qui pullulent dans un groupe qui a abandonné le Coran. 

Les membres des tribus médinoises dont il est question dans le verset, les Aws et les Khazraj, se sont découverts frères après des décennies d’hostilités.  En se cramponnant fermement au message d’Allah transmis par notre bien aimé Prophète, ce « habl »,  ils ont tissé la fraternité qui serait ensuite le socle solide d’une nouvelle communauté saine et vertueuse.  

Hayat Belhaj  

Cultiver les champs de la vie : un engagement d’amour et de sagesse

« Celui qui désire cultiver le champ de la vie future, Nous augmenterons pour lui sa récolte. Celui qui désire uniquement cultiver le champ de la présente vie, Nous ne lui accorderons que quelques miettes ; mais il n’aura pas de part dans l’au-delà. » Sourate 42, verset 20

Dans la vaste étendue de la vie, un verset résonne comme un doux rappel, une mélodie céleste qui nous guide à travers les méandres de notre existence. Allah nous enseigne que nous ne pouvons pas simplement être des spectateurs passifs dans ce grand théâtre de la vie, mais plutôt des jardiniers dévoués, prêts à cultiver les terres fertiles qui nous ont été confiées, dignes d’un Khalifa.

Imagine un instant l’agriculteur qui possède des hectares de terre, un potentiel immense entre ses mains, puisqu’il pourrait bénéficier de tonnes de fruits et/ou de légumes, mais qui choisit de ne rien en faire. Une image saisissante, n’est-ce pas ? Allah, dans Sa bonté infinie, t’a doté de capacités similaires.

Cultiver ce champ, c’est bien plus qu’une simple tâche agricole. C’est un engagement profond à préparer la terre, à surveiller attentivement les progrès et à récolter les fruits avec gratitude. C’est aussi respecter les lois universelles de la vie, afin que notre culture puisse s’épanouir de la meilleure des façons.

Avancer dans la vie demande parfois de changer notre façon de faire les choses. Nous sommes souvent pressés, impatients, et parfois aveugles aux signes que le Créateur place sur notre chemin. Nous pouvons même confondre Sa volonté avec nos propres désirs. « Nous ne lui accorderons que quelques miettes ; mais il n’aura pas de part dans l’au-delà. » Ce passage évoque deux notions essentielles dans nos préceptes islamiques : celle de l’effort et de la récompense.

Si tu choisis de rester stagnant, de ne pas t’engager dans la vie, de ne pas cultiver tes talents et tes qualités, tu peux obtenir que quelques gratifications superficielles de ce monde. Mais sur le plan spirituel, sur le chemin vers l’au-delà et vers la récompense éternelle, tu resteras en arrière, privé de la véritable abondance et de la plénitude que Dieu réserve à ceux qui s’efforcent de Le connaître et de Le servir.

C’est une mise en garde contre la complaisance et l’immobilisme. C’est un appel à l’action, à la recherche constante de l’amélioration de soi et de la connexion avec Allah, afin de mériter pleinement les bénédictions de cette vie et de l’au-delà.

Mais souviens-toi, que lorsque nous nous engageons pleinement dans cette démarche, lorsque nous mettons nos efforts avec amour et dévotion, le Tout-Puissant promet d’augmenter encore davantage ta récolte. Alors, je t’invite à te mettre en action, à étudier ton champ avec attention, à être stratégique dans tes choix. Ne reste pas là à observer les autres, lorsque tu as le pouvoir de produire tout autant, voire plus. Que ton action soit guidée par la bienveillance, l’amour et le désir sincère d’aider ceux qui en ont besoin. Et n’aie aucun doute, Allah multipliera ta productivité au-delà de tes espérances.

Dans cette douce symphonie de la vie, puisses-tu trouver la force, la paix et la sagesse nécessaires pour cultiver avec amour les champs qui te sont confiés.

Avec tout mon amour,

Hana Elakrouchi

Mois béni, mois de réforme

Il est arrivé, le mois de ramadan et avec lui tous nos espoirs de réforme, de renouvellement, de changement profond. Attendu de pied ferme pour donner un renouveau à notre quotidien, ce mois de ramadan est avant tout un espoir, celui de devenir la meilleure version de nous-même. Un moment de pause dans l’agitation effrénée de nos quotidiens pour puiser l’énergie spirituelle qui nous fera repartir… 

Chaque année, des millions de musulmans à travers le monde attendent avec impatience l’arrivée d’un invité particulier. Ce mois béni est bien plus qu’une simple période de jeûne et d’abstinence ; c’est un temps de réflexion profonde, de réforme intérieure et de connexion spirituelle avec Allah. Alors que nous savourons déjà les premiers jours de  cette période intense, il est important de comprendre la signification profonde de ce mois et les opportunités qu’il offre pour un changement positif dans nos vies.

En effet,  le jeûne n’est que l’un des nombreux aspects du ramadan. Plus qu’une simple abstinence alimentaire, le ramadan est une période de purification de l’âme. C’est une occasion de se détourner des distractions du monde matériel et de se rapprocher de Dieu par la prière, la méditation et la lecture du Coran. C’est un moment de réflexion profonde sur nos actions passées, nos erreurs et nos faiblesses, et une opportunité de nous engager dans une introspection sincère et une autodiscipline.

Le Prophète Muhammad (que la paix soit sur lui) a dit : « Quiconque jeûne pendant le mois de ramadan avec foi et espoir en la récompense divine, ses péchés passés lui seront pardonnés. » Cette parole prophétique souligne l’importance spirituelle du ramadan en tant que période de repentir et de pardon. C’est une chance de se libérer du fardeau des péchés passés et de recommencer à zéro avec une conscience renouvelée et un cœur purifié.

En plus du jeûne et de la prière, le ramadan est également un moment privilégié pour la charité et la générosité envers les autres. Ce mois nous rappelle l’importance de la compassion et de la solidarité envers ceux qui sont dans le besoin. A cet égard, une pensée particulière pour nos frères à Gaza qui rompent chaque soir leur jeûne entouré de ruines, avec la peur de ne pouvoir jeûner le lendemain.

Le ramadan, c’est également une occasion de renforcer les liens familiaux et communautaires. Les mosquées animées par des prières collectives, des rappels,  lectures du Coran et des activités spirituelles tout au long du mois, offrent aux croyants un sentiment de communauté unie dans le même objectif de répondre à l’appel du Seigneur.

En conclusion, le ramadan est bien plus qu’une simple période de jeûne. C’est un mois de réforme spirituelle, de retour à Dieu et de renouvellement de notre engagement envers les valeurs de l’Islam. C’est une opportunité précieuse de se rapprocher de notre Créateur, de purifier nos cœurs et nos âmes, et de nous engager dans des actions qui nous rapprochent de la piété et de la vertu. Puissions-nous accueillir ce mois béni avec une attitude ouverte et un esprit humble, prêts à embrasser les bénédictions et les enseignements qu’il apporte à nos vies.

Ramadan Mubarak à tous. 

H.B.

Le prix du paradis

« Un des signes révélant que l’individu compte sur ses œuvres est que son espoir s’amenuise lorsqu’il fait un faux pas ».

Le prix du Paradis

Quel est le prix du Paradis promis par Allah exalté soit-Il aux croyants ? Cette question est au cœur de la première sagesse d’Ibn ‘Ata Allah As Sakandari, extraite de son ouvrage « Al Hikam ».

La plupart d’entre nous ont déjà entendu le hadith de notre bien-aimé Messager sws : « Personne n’entrera dans le paradis, si ce n’est par la miséricorde d’Allah ». Si nous le connaissons, il est bien rare que nous prenions vraiment la mesure de ce message précieux.

Certes notre Seigneur et Créateur nous exhorte inlassablement à accomplir de bonnes actions. Au point que l’action est directement accolée à la foi dans des dizaines de versets du Coran : « Ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres » nous dit Allah exalté soi-Il. L’Islam est une religion de l’action. D’ailleurs la foi en Islam est conviction par le cœur, prononciation par la langue et œuvres par les membres. Il est inconcevable dans notre croyance de dire, la foi c’est uniquement dans le cœur. Non, il faut aussi poser des actes.

Ceci étant dit il est capital de prendre conscience que ce ne sont pas ces actes qui constituent notre clé pour le paradis. Car le Paradis préparé pour les croyants, qui contient ce que nul œil n’a vu, nulle oreille n’a entendu, n’est pas une denrée dont on peut fixer le prix et débourser la valeur. Voudrions-nous le payer contre toutes les richesses de ce monde que ce serait impossible. Et les bonnes actions aussi nombreuses soient-elles ne sont pas suffisantes pour mériter cette récompense.

Ainsi donc, les bonnes œuvres auxquelles Allah nous appelle doivent nous servir à tenter de gagner Sa satisfaction, et de par celle-ci, Son pardon et Sa miséricorde. Cette miséricorde qui est la vraie clé pour le paradis. Si nous assimilons cette donnée, nous ne négligerons aucune action, minime soit-elle, qui est accomplie avec sincérité et pour Lui plaire. Mais nous ne compterons pas sur nos œuvres, mais sur Sa Clémence et Sa Générosité, vu que nos actes sont toujours insuffisants et imparfaits.

On prendra aussi conscience que ce n’est que par la permission de notre Seigneur, que nous nous sommes mis en action. Pas par notre mérite, et nous serons ainsi pleins de reconnaissance et d’humilité.

D’autre part, dit Ibn ‘Ata Allah As Sakandari, nous ne devons pas tomber dans le désespoir lorsque nous échouons et tombons dans les travers de notre âme. Ici encore, nous ne comptons pas sur nos actes, mais sur Sa miséricorde envers nous, c’est donc par le repentir et le retour au droit chemin que nous rechercherons à nouveau Sa Grâce.

Cela signifie-t-il alors que les bonnes actions n’ont pas d’importance et qu’il n’est pas nécessaire d’œuvrer ? Il faut être attentifs à ne pas tomber dans ce stratagème de chaytan. En effet, Allah exalté soit-Il nous enseigne que Sa miséricorde embrasse toute chose. Or, dit-Il après cela : « Je la destine à tout le monde » ?

Non. Mais Il dit plutôt : « Je la destine à ceux qui craignent » . Or nul doute que la crainte et l’état de servitude du croyant, c’est de se conformer à ce que Dieu lui prescrit, et de s’abstenir de ce qu’Il lui interdit. Nous en revenons donc à l’action. L’action comme moyen d’obtenir l’agrément et le pardon de notre Seigneur, qui par Sa Générosité et sa Miséricorde, nous fera entrer au paradis.

Avec la tête et avec le cœur

Le savant Ahmad Ibn ‘Ata Allah As Sakandari, appelé aussi Al Iskandari (comprenez celui qui vient d’Alexandrie), est né en Égypte au 7ème siècle de l’hégire. Sa famille fait partie des premiers Arabes installés en Égypte dès les premiers temps de la conquête islamique. Il est issu d’une lignée de juristes et maîtrise plusieurs sciences dont celle du tafsir (exégèse coranique) et du hadith, la jurisprudence et ses fondements, la grammaire et la rhétorique entre autres.

Ce n’est que dans la seconde partie de sa vie qu’il se penche sur la science du Taçawwuf, cette voie d’élévation spirituelle, qui vise au rapprochement d’Allah subhanahou wata3ala. Par la purification du cœur et la domination des penchants de l’ego, il appelle à l’introspection et à la lutte contre les vices de l’âme. Reposant à la fois sur un dogme ferme et une pratique consciencieuse, le Taçawwuf utilise l’évocation abondante et la méditation, ainsi qu’un certain détachement du bas monde, afin d’élever l’âme vers la spiritualité et la connaissance de Dieu.

Ibn ‘Ata Allah As Sakandari a écrit plusieurs ouvrages dont « Al Hikam » ou « Les Sagesses ». L’ouvrage se présente comme un recueil de courtes sagesses, dans lesquelles il s’adresse à son disciple, et le conseille sur les moyens de vouer à Allah un monothéisme pur, de purifier son cœur et son âme, sur l’amour de Dieu et la quête de Sa proximité, le tawakkul etc…. 

Hayat Belhaj

Les écoles juridiques en Islam : cultiver la pensée critique et la tolérance intellectuelle

L’islam, religion dynamique et complexe, est dotée de principes et de méthodologies pour interpréter et appliquer ses enseignements dans la vie quotidienne. Au cœur de cette dynamique se trouvent les écoles juridiques, également connues sous le nom de « madhhab ». 

Ces écoles, au nombre de quatre, ont émergé pour répondre aux défis posés par l’éloignement temporel de l’époque du Prophète Muhammad, que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui (PBDL). Aujourd’hui, elles continuent à guider les musulmans dans leur pratique religieuse. 

L’émergence des écoles Juridiques 

À mesure que l’époque du Prophète s’éloignait, la nécessité de répondre à des questions complexes devenait de plus en plus pressante. Avec la disparition des proches du Prophète (PBDL), la compréhension directe des enseignements de l’islam devenait plus difficile. C’est ainsi qu’est née la science du fiqh, l’interprétation juridique de la loi islamique. 

Les juristes spécialisés dans cette science ont formé des écoles juridiques pour systématiser les interprétations et fournir des réponses aux questions juridiques en évolution.

Principes des écoles juridiques

Les écoles juridiques se fondent sur deux sources principales : le Coran et la Sunna (les enseignements et pratiques du Prophète Muhammad (PBDL).

Ces sources fournissent des directives claires ainsi que des textes sujets à interprétation. 

Les juristes (oulémas) distinguent entre les textes indiscutables (qat‘î) et ceux sujets à interprétation (zannî), nécessitant une analyse minutieuse pour en extraire les jugements appropriés. Pour parvenir à ces jugements, les juristes utilisent différentes méthodologies, telles que l’ijtihâd (effort d’interprétation) et le qiyâs (analogie). Chaque école a ses propres principes et méthodologies, mais toutes sont ancrées dans les textes authentiques du Coran et de la Sunna.

Les quatre grandes écoles 

Les quatre principales écoles juridiques sont : hanafite, malikite, shaféite et hanbalite, fondées respectivement par Abu Hanifa, Malik ibn Anas, Al-Shafi’i et Ahmad ibn Hanbal.

Bien qu’il existe d’autres écoles moins répandues, ces quatre ont résisté à l’épreuve du temps et sont largement suivies par la majorité des musulmans sunnites.

Choix de l’école juridique 

Chaque musulman est encouragé à connaître la règle de la charia avant d’entreprendre une action. Tant que la règle est issue d’une des quatre écoles ou est soutenue par des savants reconnus, chacun est libre de suivre l’école ou la règle de son choix, sous certaines conditions. Il est essentiel de ne pas causer de division parmi les musulmans, de comprendre précisément la règle et de ne pas choisir en fonction des désirs personnels.

Opportunité d’avoir un esprit critique 

Le fait d’avoir ces quatre écoles juridiques offre une opportunité précieuse d’exercer un esprit critique et de favoriser la diversité d’opinions au sein de la communauté musulmane.

Il est primordial de respecter les différents avis et de reconnaître que l’émission d’un seul avis peut être une forme de manipulation de l’esprit, limitant ainsi l’ouverture à d’autres perspectives.

En conclusion, les écoles juridiques en Islam fournissent un cadre précieux pour l’interprétation et l’application de la loi islamique dans divers contextes. Bien que chacune ait ses propres spécificités, toutes sont ancrées dans les textes sacrés du Coran et de la Sunna. Choisir une école juridique nécessite une compréhension approfondie des principes et des conditions énoncées, mais pour la majorité des musulmans, suivre l’école dominante dans leur région peut être la solution la plus pratique. En fin de compte, la recherche de la vérité et la pratique de la religion dans le respect des principes établis par les érudits sont essentielles pour une vie musulmane épanouie.

Dis: « Si la mer était une encre [pour écrire] les paroles de mon Seigneur, certes la mer s’épuiserait avant que ne soient épuisées les paroles de mon Seigneur, quand même Nous lui apporterions son équivalent comme renfort. » (sourate la caverne v.109)

Hana Elakrouchi

Au nom de l’Humanité

Aujourd’hui, les questions sociétales sont devenues très complexes et très confuses, comme si nous naviguions en mer agitée. Dans ce contexte, prendre du recul et de la hauteur est nécessaire pour ne pas perdre de vue les vrais enjeux et origines des problèmes, et pouvoir ensemble imaginer des alternatives réalisables. Notre époque est caractérisée par l’émergence de plusieurs crises : économique, politique, environnementale, etc. Mais, derrière cette avalanche de crises, ne vivons-nous pas plutôt une crise de sens ?

L’Homme et la conscience sociale

« Nous sommes entrés dans le nouveau siècle sans boussole »[1]

Cette civilisation qui s’était voulue « humaniste » aboutit à un système qui, en même temps, méprise l’homme et le trompe pour finalement le détruire. Elle le méprise parce qu’elle le réduit aux fonctions matérielles et quantitatives de simple producteur et consommateur. Elle le trompe parce qu’elle lui fait croire que, grâce au progrès de la science, à une meilleure organisation sociale et à la libération des derniers « préjugés » et contraintes hérités du passé, il parviendra au bonheur et vaincra la souffrance, laquelle est pourtant attachée à la condition humaine. Enfin, elle le détruit en le corrompant, en le désintégrant et en privant sa vie de sens et d’espoir. [2]

Les vertus humaines (bonté, compassion, justice) ont été négligées voire bafouées. Il suffit de voir sur les réseaux sociaux ou d’ouvrir les yeux sur ce qu’il se passe autour de nous : la pauvreté, l’oppression, l’exploitation, la violence, les guerres se sont propagées comme une trainée de poudre. Toute conscience animée par une étincelle de vie doit se révolter contre l’injustice et l’oppression. Si les informations, les marchandises, les hommes circulent, les maladies, les profits ou les pertes, les guerres peuvent en faire autant. C’est ceux à quoi nous assistons depuis la guerre Israël-Palestine. En effet, les multiples manifestations pour un cessez-le-feu partout dans le monde nous prouvent à quel point nous nous ressemblons dans notre humanité.[3] Dans ce schéma « pessimiste » de guerre que nous vivons, il y a de la lumière. Le premier angle d’attaque est de prendre conscience de nos valeurs mutuelles et de les mettre en application. 

La foi (religieuse ou valeurs) et la conscience sociale sont en lien. En effet, la foi n’est pas juste un ensemble de rites ou un dogme sans vie. Normalement, elle se préoccupe aussi de la condition humaine de toute l’humanité, sans faire de distinction de religions, d’ethnies ou de couleurs de peaux.

Aide-toi et le ciel t’aidera[4]

À l’heure où la modernité est reine, la foi appelle les hommes à rester humain et à parfaire cette humanité en nous. Chaque culture, chaque communauté a quelque chose d’universel : se connecter au meilleur de ce qui existe et faire le « tri sélectif » afin de réformer ce qui doit l’être. [5].

On sait combien il est difficile de résister à certaines tendances, idoles et illusions de notre temps ; ainsi que de s’accrocher à certains principes et valeurs dans la vie quotidienne. Cependant, notre foi nous donne une direction, une sagesse à suivre. Cet idéal n’appelle pas à nier la réalité et les difficultés de la vie, mais plutôt « d’accueillir », de supporter et de dépasser les épreuves. 

Cet idéal appelle à un art de vivre, un savoir-vivre dans les moments de joies et de douleurs, dans la paix et la guerre. Mais encore faut-il faire l’effort de passer de la théorie à la pratique. Rien ne se fait sans un travail personnel !

Cependant, l’homme craint l’effort, le changement de vision pour in fine servir la volonté de Dieu. Nous sommes tentés de nous installer dans notre confort, à l’abri, une sorte de « zone à ne pas franchir », à l’image d’un voyant rouge qui s’allumerait, en alerte dès que nous essayons de passer à l’action.

Il est vrai que notre société (les politiques et les médias) nous nourrit de peur : crise, chômage, pauvreté, attentats, mort, guerres…[6]

La culture du « débat intérieur »

Faire l’effort de construire sa foi dans la continuité en se tenant fermement sur ce chemin droit et pas seulement ponctuellement doit être notre raison de vivre. Dieu est avec toute personne qui aspire sincèrement à faire le bien pour soi et pour les autres. Alors pourquoi passe-t-on les trois quarts de notre vie à être victime de ces peurs, à vouloir un changement sans le concrétiser, à essayer de changer sans aller au bout ?   

Tiré du site lanouvellerepublique.fr/

Aujourd’hui, la vie n’est pas simple. Elle nous entraîne dans un tourbillon incessant. Peut-être qu’elle nous entraînera vers le fond sauf si nous sommes forts. Fort spirituellement pour construire ce pour quoi nous avons été créés et revenir aux fondamentaux de notre foi. Fort éthiquement afin de sortir de cette torpeur du superficiel et de la démesure qui nous fossilise dans l’inaction.

Fort humainement pour rappeler que le vent du changement impose souvent de dire « non ! » face aux humiliations de ceux qui croient avoir tout pouvoir sur nous. Fort intellectuellement pour donner à nos vies un horizon plus vertueux et remettre le Sacré à sa juste place, au centre de nos existences. L’espoir s’il n’est pas accompagné d’actions est vain. Nul n’espère de changements sans sacrifices, et nul n’espère de sacrifices sans récompenses. 

Najoua

[1] Amin Maalouf dans son livre Le dérèglement du monde. Edition : Le Livre de Poche.

[2]  Pour en savoir plus : Sofiane Meziani, Le défi du sens. Edition : AlBouraq

[3] Voir dans le Coran : sourate 49, verset 13.

[4] Proverbe biblique. Voir aussi dans le Coran : sourate 13, verset 11-sourate 8, verset 53.

[5] Pour en savoir plus : Abdullah Bilal Omowale, L’islam, âme de l’humanité. Edition : Maison de la Sagesse.

[6] Voir l’article sur le blog : « Noir, Jaune, Blues, le belge sous la loupe ! » publié le 9 février 2023.

Sache petit homme…

Au détour d’un sentier de montagne, en Savoie, niché dans un vallon préservé, le Lac du Lou s’offre à nos yeux, cerclé d’une chaîne de montagnes. Un cadre magnifique où la nature nous éblouit par sa simplicité et sa générosité. Un point de vue panoramique où la contemplation s’éveille et fait de ce moment un temps suspendu, un temps de réflexion, un temps de méditation…

            « Approche, petit homme ! Approche et écoute !

            Sache, petit homme que tu ne peux discerner les choses au moyen de la raison que lorsque tu te conformes aux exigences de celle-ci. Fais appel donc, à ta raison et sois attentif !

             Certes, la détermination est relative à chaque créature, on n’obtient pas toujours ce à quoi on aspire et on ne trouve pas toujours ce que l’on recherche. Mais, sache, petit homme, qu’il est de ton devoir de faire l’effort et de te diriger vers ta destinée…

Tu as été créé et chargé de responsabilités. Des devoirs t’incombent. Il y a pour chaque être un entrepôt : prends garde de ne rien accomplir et ainsi de le laisser vide. 

Tes pas qui te mènent au terme de ta vie sont comptés car ton séjour en ce monde est court. 

Sache, petit homme, qu’il te faut être vigilant car les jours se réduisent à des heures et les heures se réduisent à un souffle ! 

Sache, petit homme que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, il y a des batailles que tu devras livrer sans relâche : les moments de difficultés, les pertes de sens, les défis et les remises en question font partie du jeu. Ils représentent le point de départ d’un courage insoupçonné, de relever la tête et de trouver les ressources en soi pour s’élever, grandir à l’image de mes cimes. 

De la même manière que je suis formé par la dislocation de 2 plaques terrestres, frottées l’une contre l’autre, tes propres montagnes surgissent à la rencontre aussi, de 2 besoins : l’une veut atteindre les sommets et l’autre refuse le changement.

Sache, petit homme, que la souffrance est une réalité de la vie ! Tu as besoin de passer par cette douleur pour te révéler. Sache, petit homme, que dans les profondeurs de mes entrailles se cachent des trésors, des pierres précieuses. Du carbone naît la plus belle d’entre elles : le diamant. Son processus de fabrication ne pourrait se produire sous une extrême pression terrestre de roche en fusion.

L’urbanisation, l’ère de la modernité te pousse à te cloisonner, à t’enfermer, la technologie pousse à l’abandon du corps. Tu n’es pas un être de sommeil, petit homme ! Car même si ton esprit est vif, ton corps te rappelle ta fragilité, ta vulnérabilité, ta condition humaine.

Regarde mes flancs et regarde mes sommets, ils sont ma force et mon honneur, petit homme ! Au cœur de mon monde coule une eau pure et limpide, qui va abreuver tes semblables et les troupeaux dont ils ont la charge. La vie est en moi et elle m’expose à de lourdes responsabilités : la distribution de mes dons à toutes sortes de créatures, des minéraux aux animaux, en passant par les végétaux. 

Pour chaque chose, je lui accorde son droit ! Je fais parvenir à mon propre entrepôt ce qui me réjouira le jour où je le retrouverai. 

Heureux celui qui aura saisi la valeur de ces devoirs et les aura appliqués !

Sache, petit homme que la force est en toi ! Alors avance pas à pas ! Ainsi, tu auras conquis tes montagnes ! 

Va, petit homme, à la quête de tes sommets ! »

                                                                                                                      Najoua

Le lac du Lou, à saint-Martin-de-Belleville, en Savoie ( France)

Devenir des catalyseurs du changement positif

Et quand on récite le Coran, prêtez-lui l’oreille attentivement et observez le silence, afin que vous obteniez la miséricorde (de Dieu).

Sourate 7, verset 204

J’ai compris en m’interrogeant que dans ma relation à l’autre, il manquait la profondeur.

Dernièrement en lisant un livre sur l’écoute prophétique de Mikaeel Ahmed Smith, j’ai découvert un concept, fort intéressant.

La clé d’une relation saine est celle d’une communication authentique !

L’écoute bienveillante est telle une lumière, qui éclaire les fondements de nos liens. Elle demande patience et empathie.

Le but lors de nos communications est de mieux comprendre l’autre

Sans jugements ni préjugés, être là pleine de sincérité.

Si cette approche de la relation était utilisée, le monde serait transformé comme l’a transformé notre Messager Mohamed sws.

L’écoute bienveillante est bien plus qu’un simple acte d’entendre ce que les autres ont à dire. 

C’est une pratique profonde qui exige de la conscience, de l’empathie et de l’ouverture.

Lorsque nous écoutons bienveillamment, nous accordons aux autres l’espace nécessaire pour qu’ils s’expriment librement, sans crainte d’être jugés ou interrompus !

Dans notre monde moderne où la vitesse et la productivité sont valorisées,

L’écoute bienveillante est souvent négligée. Nous sommes distraits par nos propres pensées, préoccupations ou téléphones portables, ce qui limite notre capacité à être pleinement présents.

Cependant, si nous prenons le temps de véritablement écouter, nous pouvons changer la dynamique de nos relations,

En écoutant bienveillamment, nous offrons aux autres la possibilité de se sentir compris et soutenus.

Elle permet également une meilleure compréhension des besoins et des émotions. 

Être en mesure de capturer les subtilités de leur langage corporel, leur ton de voix et leurs expressions faciales, de lire entre les lignes et de percevoir les messages cachés derrière les mots.

En pratiquant celle-ci, nous sommes moins enclins à juger et à critiquer et nous pourrons vraiment transformer le monde autour de nous.

Imaginez si nous pouvions tous pratiquer l’écoute bienveillante dans nos interactions quotidiennes. Les conflits pourraient être résolus avec compassion et respect mutuel. Les mentalités pourraient évoluer, les préjugés pourraient être dissipés et l’acceptation de la diversité deviendrait la norme.

La transformation résultante serait incroyable, tant au niveau individuel qu’au niveau collectif.

Elle a le pouvoir de nous connecter les uns aux autres d’une manière profonde et significative.

Donnons à l’écoute bienveillante la place qu’elle mérite dans nos vies.

Cultivons cette capacité à écouter avec le cœur, à faire preuve d’empathie et à être présents pour les autres. Devenir capables de percevoir les subtilités du langage et de leur donner la signification qu’ils méritent. Il est essentiel de se rappeler que tout commence par nous-mêmes.

Pour pouvoir réellement comprendre nos besoins et nos désirs, il est important d’apprendre à s’écouter, en particulier lorsque nous sommes seuls, aimer le  silence car il nous parle.

L’écriture peut être un merveilleux outil pour entreprendre ce voyage intérieur, en nous permettant d’explorer nos pensées, nos émotions et nos aspirations. En nous écoutant attentivement, nous commençons à nous comprendre et à identifier ce qui est vraiment important pour nous.

Ce voyage intérieur nous ouvre ensuite à l’extérieur, nous permettant de développer des relations plus authentiques et significatives avec les autres et la création.

En établissant une connexion profonde avec nous-mêmes, nous sommes mieux équipés pour nous engager avec le monde qui nous entoure de manière plus intentionnelle et épanouissante.

L’écoute bienveillante est une compétence précieuse qui te donnera accès à l’écoute des signes qui nous entourent et de répondre aux signaux subtils qui nous guident sur notre chemin personnel.

En conclusion, cela nécessite une ouverture d’esprit et la capacité de considérer différentes perspectives. Parfois, les signes peuvent sembler ambigus ou difficiles à interpréter et c’est là que l’écoute bienveillante joue un rôle clé.

Tel était le prophète Mohamed SWS.

Hana Elakrouchi

Achoura et Moussa 

Le mois de muharram a débuté mercredi 19 juillet 2023. Le jour de Achoura, dixième jour de ce mois sacré, sera donc demain vendredi 28 juillet, un jour où il est conseillé de jeûner. Outre sa récompense importante, il s’agit aussi d’exprimer notre considération à un grand prophète : Moussa (alayhi salam). Explications

Ibn Abbas rapporte que lorsque le prophète (paix et bénédictions sur lui) arriva à Médine. Il questionna les tribus juives concernant la raison de leur jeûne le dixième jour du mois de Muharram. Les juifs l’informèrent qu’il s’agissait du jour où Allah donna la victoire à Moussa sur pharaon. Le prophète (paix et bénédictions sur lui) rappela alors aux musulmans qu’ils sont plus en droit de se réclamer de ce grand prophète. Il recommanda alors de jeûner ce jour. Il convient de débuter le jeûne le 9 car selon un hadith rapporté par Ibn Abbas : le prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Si je suis encore vivant l’année prochaine, je jeûnerai le 9 (c’est-à-dire avec le 10). » (Rapporté par Mouslim). Mais le Prophète mourut avant cela. On peut également jeûner le jour suivant. 

Pourquoi Moussa est important pour les musulmans ? 

Moussa (alayhi salam) est l’un des prophètes les plus honorés dans le Coran. Il porte le titre de Kalimu Allah, c’est-à-dire celui qui a parlé directement à Dieu. Il n’est pas seulement un prophète parmi les prophètes, mais il fait partie des cinq prophètes les plus importants : Noé, Ibrahim, Issa et Mohamed (que la paix soit sur eux tous). Le Coran évoque abondamment son histoire car elle est riche d’enseignements. Face à un peuple difficile, les Banu Israël, Moussa (alayhi salam) a montré ses nombreuses qualités : profondément bon, endurant, épris de justice, courageux. Il n’a jamais désespéré et a porté haut le message de notre Seigneur. Des leçons pour les musulmans car à bien des égards, notre comportement est similaire à celui du peuple de Moussa (alayhi salam). Nos passions ont remplacé le veau d’or, nos questionnements s’apparentent à un réquisitoire de notre Seigneur, nos désobéissances au refus de combattre nos maladies du cœur,… 

Jeûner le jour de Achoura est donc une manière de montrer notre reconnaissance à ce grand prophète mais il s’agit aussi de prendre conscience de nos nombreux manquements en tant que communauté de Mohammad (paix et bénédictions sur lui). Une prise de conscience afin de nous réformer et ne pas oublier que bien souvent nos actions ne sont pas si éloignées de ceux contre qui Allah nous met en garde… 

Qu’Allah accepte notre jeûne et nous pardonne nos manquements.