Un cadeau pour le coeur

Il disparaît plus vite qu’il n’est apparu. Comme un faisceau lumineux,  des étincelles éblouissantes, mais seules des poussières ornées laissent leurs empreintes pour ceux qui tentent de les rattraper. Et pourtant le trésor dépasse certes l’imaginaire.

C’est l’heure qui a déjà sonné pour la course pour obtenir les bienfaits,  chaque fraction est une valeur titanesque, où ni l’horizon,  ni la hauteur des cieux peuvent tracer la dimension. 

Laisse ce cœur être heureux,  être le plus joyeux,  laisse cette âme se reposer, ressentir la tranquillité et la douceur qui l’enveloppe pour être bercée.

Ce mois n’est pas pour rester figé, mais pour être animé, pour réveiller davantage cet amour qui appelle sans cesse Son Aimé.

Allah pardonne nous et accorde nous tous les bienfaits de ce mois merveilleux. Vivons ce mois,  vivons-le et nous goûterons peut-être un avant goût du paradis. Qu’Allah nous l’accorde. Amin

ℒamiaaℳ

Les yeux tournés vers la lune

Les yeux tournés vers la lune, la communauté musulmane attend l’annonce du jeûne de mois de Ramadan. Mais pourquoi ? Que vont-ils y voir ? En quoi cet astre reflétant la lumière rayonnante du soleil, à la lumière douce et diffuse veillant sur le monde endormi, est-il en lien avec le jeûne des croyants musulmans du monde entier ? Doit-on y voir une symbolique ? Une métaphore ? Voici quelques éléments de réponse plutôt terre à terre et moins ésotériques.

La prescription du jeûne en Islam

L’Islam compte 5 piliers fondamentaux pour tout croyant :

  1.  le témoignage de la foi
  2.  la prière
  3.  l’aumône légale
  4.  le jeûne du mois de Ramadan
  5.  le pèlerinage dans la ville sainte de la Mecque.

Le jeûne du mois de Ramadan a été prescrit à tout musulman ayant atteint la puberté, sain de corps et d’esprit. C’est un mois de recueillement et de repentir pour le croyant. Un rendez-vous tant attendu…

Comme il est écrit dans le noble Coran :

«Ô vous qui croyez! Il vous est prescrit le jeûne tout comme il fut prescrit à ceux qui vous ont précédés ; puissiez-vous pieusement craindre !»

s.2,v.183

Ce pilier a une dimension communautaire et spirituelle importante. A travers le monde, peu importe notre couleur de peau ou nos origines, tous les musulmans partageant la même foi jeûnent le même mois, le mois béni de Ramadan. Ils attendent avec joie et impatience d’accueillir ce mois si particulier.

Le mois de Ramadan

Le mois de Ramadan est l’un des 12 mois de l’année hégirienne, le neuvième mois.

  • Muharram
  • Safar
  • Rabi’ al-awwal
  • Rabi’ al-thani
  • Jumada al-awwal
  • Jumada al-thani
  • Rajab
  • Cha’bane
  • Ramadan
  • Shawwal
  • Dhu al-Qi’dah
  • Dhu al-Hijjah 

Le calendrier hégirien n’a pas connu ses débuts avec la naissance du prophète Mohammed (sws) comme le calendrier chrétien avec la naissance de Jésus (as) mais bien avec un voyage hautement symbolique qu’est l’hégire, al hijra. Ce voyage marque donc le début du calendrier hégirien.

Un voyage physique et symbolique : l’hégire

L’Islam ayant connu ses débuts dans un contexte hostile à cette nouvelle religion, une émigration a été octroyée aux premiers musulmans de l’Islam par Dieu (swt) qui verra alors débuter une nouvelle période de la révélation coranique : la période médinoise. Effectivement, l’hégire est le voyage qu’a effectué notre cher prophète Mohammed (sws) de la ville sainte de la Mecque vers la ville sainte de Médine, en l’an 622 H.

L’Islam qui était encore marginalisé et attaqué de toutes parts a pu alors construire une véritable société basée sur la loi divine.

Dans le ciel étoilé, la lune

Le calendrier hégirien est un calendrier lunaire. Ce sont les cycles successifs de la lune qui définissent la succession de mois. Un cycle lunaire est dû à la variation de la surface de la lune qui est éclairée par le soleil durant une lunaison. Lors de son cycle, la lune n’a pas le même aspect, suivant l’évolution du nouveau croissant lunaire à la pleine lune pour revenir à un nouveau croissant lunaire.

Comme il est cité dans le noble Coran :

« Ils t’interrogent sur les nouvelles lunes – Dis : « Elles servent aux gens pour compter le temps, et aussi pour le Hadj [pèlerinage]. […] »

s.2, v.189

Cela a comme conséquence que le mois et l’année lunaire ne sont pas équivalents au mois et à l’année basés sur le soleil.

Les mois lunaires ne comptent que 29 à 30 jours contrairement aux mois solaires comptant 28 à 31 jours. Le début et la fin du mois lunaire sont donc déterminés par la vision du croissant de lune.

Une année lunaire compte dès lors 354 à 355 jours et l’année solaire compte 365 jours, sur douze mois. Il existe une différence d’approximativement 11 jours entre ces deux calendriers qui explique leur non-synchronicité. De ce fait, le jeûne du mois de Ramadan ne débute pas tous les ans au même moment. Il recule d’une dizaine de jours chaque année.

Une observation nocturne

Aujourd’hui, nous sommes actuellement en l’année 1443 à la fin du mois de Cha’bane et nous sommes donc à la porte du mois de Ramadan, durant lequel le jeûne est prescrit.

Comment savoir quand débute le jeûne du mois de Ramadan alors ?

Il n’existe pas de position unique sur la manière de pouvoir déterminer l’apparition d’un nouveau mois lunaire.

Mais la position la plus majoritairement admise et celle appliquée et recommandée par notre prophète Mohamed (sws) est l’observation visuelle de l’apparition du jeune croissant de lune marquant le début d’un nouveau mois lunaire, par deux témoins de bonne foi.

La vue du nouveau croissant de lune est le signe du début de tout mois lunaire dont entre autres le début du jeûne du mois de Ramadan pour les musulmans et la fin de ce mois survient à la vue du nouveau croissant de lune du mois de Chawwâl. On peut dès lors comprendre pourquoi ce croissant de lune est tant attendu et que son observation est si minutieuse.

Le prophète Mohammed (sws) a dit:

« Jeûnez dès que vous voyez la nouvelle lune (de Ramadan) et rompez le jeûne dès que vous voyez la nouvelle lune (de Chawwâl) et si elle ne vous apparaît pas, finissez les trente jours du mois. »

(Tirmidhî, Ibn Mâdja, Ahmed et al-Dârimî).

La venue du mois de Ramadan

Comme vous l’avez compris, avant même l’arrivée du mois de Ramadan, la communauté musulmane, les yeux tournés vers la lune et le cœur soumis est dans l’attente impatiente de l’observation dans la nuit étoilée du jeune croissant de lune annonçant le début du 9ème mois lunaire de l’année hégirienne 1443.

O.D.

Au-delà des mots, la sacralité de la Maison de Dieu

Il existe un lieu et un moment pendant lequel toute l’humanité peut se reconnecter à l’héritage d’Ibrahim (Paix sur lui), prendre du recul sur sa vie, réviser sa façon de penser et d’agir en toute quiétude, de prendre conscience de qui nous sommes.

Au cœur du Sacré

Alors que presque partout dans le monde, l’humanité est déchirée par des conflits; dans ce lieu sacré qu’est la Maison de la Mecque, Al-Ka’ba,[1] chacun peut trouver un lieu de paix, une bulle de miséricorde.

C’est au cœur de ce lieu sacré que tout croyant ressent la toute Grandeur de Dieu, la Toute Puissance du Maitre des Mondes. Ce lieu, nous renvoie à une histoire commune, à travers la prophétie d’Ibrahim (Paix sur lui), l’origine du culte monothéiste. C’est la première Maison offerte à l’humanité pour nous rappeler que nous sommes une seule et même famille humaine.

L’importance d’un lieu ou objet sacré est nécessaire car celui-ci a une réelle efficacité du fait qu’il contribue à nourrir la foi. Ainsi, le sacré implique la reconnaissance de l’être transcendant comme une réalité et de l’univers comme le fruit d’une Essence Créatrice Toute Puissante. En quelques mots, le lieu (ou objet) sacré assure la médiation entre l’Homme et le Divin. Dès lors, l’union de la parole et du geste constitue l’essence du sacré, mais aussi un profond engagement envers Dieu : le servir uniquement, réaliser sa vocation de vicaire (khalifa)[2] et honorer son dépôt (al-amanah)[3].

« Je réponds à Ton appel, mon Dieu, oui, j’y réponds ! »

Le pèlerinage, un des piliers de l’Islam permet de se découvrir, d’avoir une connaissance profonde de soi, de se nourrir spirituellement comme on cultiverait un jardin privé. Le voyage de toute une vie qui prend alors sens et trouve une harmonie dans son rapport à soi, aux autres, à l’univers et au Créateur de toute chose. Ce cheminement personnel se vit en collectivité, au milieu des Hommes, dans une communauté unique – au-delà de toutes appartenances ethniques ou culturelles – dirigée vers un même point, vers une direction originelle, vers le même destin.

La Ka’ba.Derrière cet objet sacré, cet édifice, impressionnant, fascinant, se cache la grandeur du Créateur. Il nous rappelle qu’Il est le Puissant, le Maitre, le Grand, l’Unique. « Seigneur ! Nous sommes faibles et nous sommes soumis ! » Voilà ce que nos cœurs battent à la chamade au rythme de nos pas autour de Sa Maison. Cet aveu salutaire est le message d’un retour vers Lui. Notre regard agit comme un aimant vers cette Maison, attiré inlassablement, au point que son image s’inscrit sur nos rétines. Chaque battement de nos cœurs répond à l’appel du Divin.

Ainsi, l’héritage de nos Prophètes et Messagers résonne en nous et anime de leurs passages passés ce lieu béni, et ce jusqu’à la fin des temps.

Toute personne ayant visité ce lieu sacré, restera à jamais marquée dans son cœur par le désir ardent un jour d’y retourner…

« Cette connexion a fait s’incliner vers la Ka’ba les cœurs des mondes, elle a distillé de l’amour pour elle dans les âmes ainsi qu’un profond désir de la voir. Elle est le lieu de rendez-vous de ceux qui aiment Allah, et jamais leur soif n’est assouvie. A chaque visite de la Ka’ba, le désir de la revoir se fait plus fort, la soif n’est pas étanchée et la distance n’y change rien. »[4]   

                                                                                                                      Najoua


[1] La Ka’ba est la Maison d’Allah, elle se situe au centre de la Mosquée sacrée (al-Masjid al-haram). Il s’agit d’une maison cubique composée d’un toit et de murs asymétriques : la longueur du mur comportant la porte est de 11,68 m.

[2] Lieutenant, successeur. L’homme est appelé dans le Coran le Khalifa ou lieutenant de Dieu sur Terre.

[3] En tant que Khalifa, l’homme a reçu une charge ou amana dont il doit s’acquitter.

[4] Tiré du livre de Mahmud al-Dawsari, Tout savoir sur la Ka’ba. Editions al-hadith, 2015. Extrait p.31/32