Le terme « Muslim bashing » désigne le dénigrement systématique et souvent virulent des musulmans en raison de leur religion (apparente ou supposée). Ce phénomène s’est intensifié ces dernières années, alimenté notamment par des discours politiques polarisants, des médias sensationnalistes et des préjugés coloniaux ancrés. En Belgique, plusieurs personnalités publiques ont été affectées par ce phénomène : l’ingénieure Ihsane Haouach, le fondateur de MolenGeek Ibrahim Ouassari ou encore récemment le député Fouad Ahidar.
Le Muslim bashing n’est pas seulement un problème de discrimination individuelle, mais un enjeu sociétal qui affecte la cohésion sociale et qui impacte la perception des musulmans de manière générale dans la société civile.
Les origines du Muslim bashing
Plusieurs éléments peuvent expliquer l’apparition de ce phénomène : l’Histoire coloniale, tout d’abord. Les politiques coloniales ont souvent exploité les différences religieuses pour diviser et gouverner. Cette histoire a laissé un héritage de méfiance et de stéréotypes qui perdurent jusqu’à aujourd’hui. Deuxième élément, le terrorisme et la sécurité. Les actes de terrorisme commis par des extrémistes ont conduit à une généralisation injuste de l’ensemble des musulmans. Cet amalgame renforce la peur et le rejet de l’islam et de ses partisans de manière plus globale. A cet effet, le cas d’Ihsane Haouach est très révélateur. En 2021, l’entrepreneuse sociétale de 38 ans est nommée commissaire du gouvernement auprès de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. Une nomination qui suscite de nombreux remous malgré un cv en béton. Attaquée de toutes parts, elle finit par démissionner six semaines seulement après sa nomination… En troisième lieu, les discours politiques. Certains politiciens utilisent le Muslim bashing comme un outil pour gagner des voix en exploitant les peurs et les préjugés. Cela est particulièrement visible dans les discours populistes et nationalistes et en période électorale ou de négociation pour la formation d’un gouvernement. Un exemple d’actualité concerne le député Fouad Ahidar et sa liste qui a remporté un succès inattendu lors du scrutin du 09 juin dernier. Partisan de la liberté de culte, il est accusé de vouloir « imposer la charia » en Belgique, est présenté comme « un parti religieux », une liste « islamique »,… Ses vingt ans d’engagement en politique notamment en tant que président du Parlement de la communauté flamande à Bruxelles et vice-président du Parlement bruxellois ne pèseront pas dans la balance… Enfin, en quatrième lieu, les médias sensationnalistes. Les médias jouent un rôle clé en amplifiant les incidents impliquant des musulmans tout en négligeant les contextes plus nuancés. Cette couverture déséquilibrée contribue à la stigmatisation. Les mea culpa, rares, n’arrivent qu’une fois le mal occasionné.
Conséquences du Muslim bashing
Les répercussions du Muslim bashing sont multiples et profondes : discriminations, exclusions, violences, harcèlement,… De nombreuses réputations sont aussi durablement entachées et le travail fourni durant toute une vie est réduit à néant en quelques minutes. Ibrahim Ouassari, fondateur de MolenGeek a ainsi été étiqueté de « Frères musulmans ». L’affaire a été portée en justice par l’intéressée mais celle-ci ne lui a pas donné gain de cause en raison notamment de « la présence importante de jeunes filles portant le foulard » et qui suivent les formations dispensées par cet écosystème technologique. Une décision qui interpelle. Néanmoins, l’apparition de musulmans qui revendiquent cette part de leur identité à des positions stratégiques contribuent à accentuer un sentiment de méfiance et de peur de la part d’une certaine frange de la population. Il est aujourd’hui essentiel de continuer à mener ce combat malgré les conséquences. Un combat qui permettra aux futures générations d’assumer pleinement leur religiosité et leur citoyenneté.
De New York à Boston, en passant par Chicago et Atlanta, un mouvement d’étudiants américains prend de l’ampleur et traverse les frontières. Certaines des universités les plus prestigieuses au monde sont concernées, telles que Harvard, Yale, Columbia, ou Princeton. Des tentes fleurissent sur les campus, marquant la détermination des étudiants. Ces mobilisations se poursuivent en Europe et au-delà: Canada, France, Belgique, Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Australie… Puis ils sont délogés[1], par des policiers lourdement équipés, à la demande de la direction des universités. Les revendications des étudiants : cesser toutes relations académiques avec les institutions israéliennes et un cessez le feu immédiat et permanent en Palestine[2].
Quand le dialogue est rompu, quand la pensée unique est reine, quand les gouvernements mettent en danger les valeurs et principes moraux qui font loi dans une civilisation humaine, manifester devient un devoir. C’est ce qu’on appelle la désobéissance civile.
La désobéissance civile, qu’est-ce que c’est ?
C’est une forme de résistance pacifique par laquelle des civils non armés utilisent des techniques comme les manifestations ou le boycott (ou d’autres formes de non coopération massive) pour obtenir le changement : sorte d’objection de conscience.
Ce refus affiché d’obéir à certaines lois permet d’attirer l’attention du public et d’influencer la législation ou la politique gouvernementale.
Les principes de la désobéissance civile ont été conceptualisés pour la première fois par Henry David Thoreau dans son essai La Désobéissance Civile. Il l’a écrit suite à son refus de payer une taxe gouvernementale collectée pour financer la guerre contre le Mexique. Thoreau était aussi opposé à l’esclavagisme des États du Sud, et indigné par le traitement que subissaient les peuples.
« La soumission aux lois iniques peut constituer un crime ; la désobéissance devient alors un devoir envers soi-même, en même temps qu’un devoir civique. Le citoyen doit-il un seul instant, dans quelle que mesure que ce soit, abandonner sa conscience au législateur ? Pourquoi alors chacun aurait-il une conscience ? Je pense que nous devons d’abord être des hommes, et sujets ensuite. Le respect de la loi vient après celui du droit. »[3]
Aussi, l’auteur insiste bien que son appel à la désobéissance civile a pour objectif la création d’un pays plus juste et non celui d’un pays plongé dans un chaos général au détriment de l’homme. D’ailleurs, les grandes figures de la désobéissance civile, Gandhi[4] et Martin Luther King[5], ont précisément eu des vies marquées par le souci de paix, de justice, d’égalité et de dignité.
La désobéissance est dite « civile », d’abord, parce qu’elle est le fait de « citoyens » : ce n’est pas une rupture de citoyenneté, ni un acte insurrectionnel. Il s’agit d’une manifestation de « civisme » au sens fort : volonté d’œuvrer pour l’intérêt général, même au prix de risques personnels. Le fait que la désobéissance civile soit nécessairement publique, et recherche même la médiatisation la plus forte (ce qui la distingue nettement de l’infraction criminelle), s’inscrit dans ce même registre du civisme : l’acte vise à éveiller la conscience des autres citoyens, à susciter un débat.
Huffington Post
Publique, pacifique et conséquente
Un acte public, une action pacifique et l’acceptation des conséquences sont les trois grandes règles qui caractérisent la désobéissance civile.
Ce concept, de façon plus contemporaine, a été précisé par le philosophe John Rawls dans La Théorie de la Justice (1971). Il le définit comme :
« un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement. En agissant ainsi, on s’adresse au sens de la justice de la majorité de lacommunauté et on déclare que, selon une opinion mûrement réfléchie, les principes de coopération sociale entre des êtres libres et égaux ne sont pas actuellement respectés ».[6]
Agir pour plus de justice entre les humains, s’indigner face aux choix politiques qui pèsent sur l’avenir des peuples, mettre en premier plan l’humain, avoir une conscience, prendre ses responsabilités… tous ces préceptes sont toujours d’actualité.
Les manifestations pro-Palestine deviennent aujourd’hui un véritable plaidoyer en faveur de la liberté et de la justice : libre de manifester, de protester, d’exprimer, de se réunir, de s’opposer aux décisions immorales des gouvernements.
Quand le débat est rompu avec les instances de l’État, la désobéissance civile reste le dernier recourt pour se faire entendre, bien qu’il existe un large panel de modes d’expression (droit de vote, grèves, luttes syndicales…), il serait intéressant de comprendre pourquoi en démocratie, la désobéissance civile est pratiquée afin d’obtenir une revendication.
Une universitaire américaine, Erica Chenoweth[7], s’est penchée sur cette question. Elle a analysé et étudié les campagnes non violentes dans le monde entre 1900 et 2006 (campagnes visant le renversement d’un gouvernement ou la libération d’un territoire), et ses résultats sont sans appel : ces campagnes ont deux fois plus de chance de réussir entièrement que les insurrections armées. C’est le pouvoir des peuples qui fait que la résistance civile est plus efficace que la lutte armée.
Alors, peut-on dire qu’une société et un État démocratique (gouvernements, tribunaux et polices) devraient reconnaître explicitement la légitimité de la désobéissance civile ? Même si l’application en serait complexe et dérangeante pour les autorités, et la pratique délicate et exigeante pour l’objecteur, c’est peut-être cela agir en citoyen, agir selon ses principes et ne pas hésiter à s’opposer à la majorité silencieuse…
Najoua
[1] Article de BBC Afrique : « Columbia, Harvard, Emory : Comment les manifestations contre la guerre contre Gaza se sont propagées dans les principales universités américaines », rédigé par Max Matza, publié le 3 mai 2024 sur le site de www.bbc.com/afrique/articles/cn0w1xnl4x4o
[2] Article de TV5Monde : « Manifestations propalestiniennes : la plus importante mobilisation sur les campus américains du XXIième », rédigé par Maya Elboudrari, publié le 29 avril 2024. www.information.tv5monde.com
[3] Auteur et penseur américain 1817-1862. Civil Desobedience, 1849
[4] Le 11 septembre 1906, Gandhi rassemble 3 000 personnes dans le Théâtre Impérial de Johannesburg pour leur faire prêter un serment de désobéissance. Pour cela il est emprisonné pour la première fois en 1907. C’est lors de son second séjour en prison qu’il découvre le travail de Henry David Thoreau. Plus tard, Gandhi développe sa propre conception de la désobéissance à travers le concept de satyagraha (la Voie de la Vérité), afin de s’insurger activement contre l’apartheid en Afrique du Sud et contre la politique colonialiste du Royaume-Uni en Inde. Le 17 mars 1930 Gandhi lance la Marche du Sel, direction Jabalpur, 300 kilomètres de périple. À ce moment-là, l’Empire britannique a le monopole du marché du sel, ce qui lui permet d’empocher chaque année 15 millions de franc-or, une somme colossale destinée à financer les troupes d’occupation coloniale. Des centaines de personnes arrivent à Jabalpur le 6 avril. Gandhi ramasse du sel et le vend aux enchères pour 425 roupies (une somme pour l’époque). Au total 50 000 personnes défient les autorités en récoltant du sel et beaucoup subissent des violences ou sont jetés en prison. Cela n’affaiblit en aucun cas la détermination des désobéissants et quelques semaines après le gouvernement cède son monopole.
[5] Martin Luther fut le leader du mouvement pour les droits civiques des noirs (The Civil Right Act) aux États-Unis, et lui aussi a adopté la désobéissance civile pour faire valoir ses revendications. C’est ainsi qu’il soutient le boycott des bus à Montgomery (Alabama) en 1955, qui a commencé lorsque Rosa Parks a refusé de laisser son siège à une personne « blanche ». Il est d’ailleurs arrêté lors de cette campagne. Ce qui n’affaiblit pas la détermination du pasteur et de ces partisans, puisqu’au final la Cour Suprême des États-Unis met hors la loi la ségrégation raciale dans les bus, les restaurants, les écoles et tous les autres lieux publics.
Sarah : Dis-moi, qu’en penses-tu ? Tu me conseilles la bleue ou la rouge ? J’ai une réunion importante avec mon boss aujourd’hui.
Nuit meurtrière à Gaza : Israël a frappé un camp de déplacés à Rafah qui a fait au moins 45 morts selon les dernières informations.
Hajar : Quoi ? !
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme s’est dit horrifié lundi par les nouvelles pertes de vies civiles. Les victimes étaient des personnes déplacées vivant dans des tentes qui ont été la proie des flammes ; beaucoup étaient des femmes et des enfants.
Sarah : Oui, je me disais bien. Bleu, rouge… trop tendancieux en cette période électorale.
Tu peux juste zapper pour voir la météo ?
Les images provenant du camp sont horribles et n’indiquent aucun changement apparent dans les méthodes et les moyens de guerre utilisés par Israël, qui ont déjà causé la mort de tant de civils.
Hajar : Aucun changement apparent en effet…
Nous étions tranquillement assis lorsque, tout à coup, nous avons entendu une explosion.
Sarah : Ah oui ? Toujours aussi pluvieux ? Je n’en peux plus de ce temps de déprime.
C’était si soudain. Les bombes sont tombées sans avertissement, raconte une survivante de l’attaque.
Hajar : Ça tombe sans avertissement…
Nous avons vu des tentes en feu et avons ensuite dû récupérer des parties de corps et des enfants morts, explique la jeune fille.
Sarah : Mais c’est bien là, le problème. Hier, la pluie n’était pas prévue et soudainement, le déluge !
Des images insoutenables circulent sur les réseaux. On y voit des bébés décapités.
Hajar : Mon Dieu !
« Les autorités sanitaires se sont déclarées dépassées par la quantité et le type de blessures, et ont déclaré que les médecins ne pourront pas soigner tout le monde. »
Sarah : C’est exactement ce que j’ai dit quand j’ai vu cette pluie s’abattre aussi soudainement sans crier gare…
Il faut savoir qu’un seul hôpital demeure opérationnel à Rafah en raison de la destruction par Israël du système de santé à travers toute la bande de Gaza.
Hajar : Que faire alors… ?
Depuis le début de la guerre, MSF a été le témoin d’attaques systématiques contre les structures médicales et civiles.
Sarah : Prendre son mal en patience. Que veux-tu faire d’autre ? Comme dit le dicton : « après la pluie le beau temps. » C’est le cas de le dire !
Et la veste ? Tu n’as pas répondu. Tu me conseilles laquelle ?
« Les autorités sanitaires ont demandé en toute urgence l’aide de la Croix-Rouge International… »
Hajar : La Croix-Rouge… oui…
Sarah : Finalement, tu préfères la rouge ? Ok, va pour la rouge. Bon je te laisse. Souhaite-moi bonne chance. A moi les nouveaux projets !
Le Coran Sublime est un miracle d’éloquence et de précision. Par le style et par le contenu, il reste à jamais inégalable. Les locuteurs arabophones ont le privilège de pouvoir apprécier toute sa richesse et sa subtilité. Et si traduire, c’est toujours trahir, il reste aux non-arabophones d’autres moyens de goûter à la saveur du message coranique.
Le récit coranique est ponctué de paraboles. Une parabole est un procédé de narration qui utilise un élément concret ( par exemple un objet) pour symboliser une notion abstraite.
Nous en trouvons un bel exemple au verset 103 de la sourate Al ‘Imrân :
Et cramponnez-vous tous ensemble au « Habl » (câble) d’Allah et ne soyez pas divisés; et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous: lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères.
Allah ‘azza wa jal exhorte ici les croyants à s’accrocher fermement et tous ensemble à quelque chose qui les sauvera de la perdition. Cette chose, que Le Créateur appelle « habl » ou « corde » est, selon la majorité des savants, le Coran lui-même. Selon d’autres savants, il s’agirait de la religion toute entière, voire de la Ummah, la communauté.
Ce qui fait la solidité d’une corde, c’est qu’elle est composée de plusieurs fils tressés ensemble. En effet, il est facile de rompre un fil ou un lacet unique. Toutefois si vous prenez plusieurs fils tressés ensemble pour essayer de les rompre vous aurez beaucoup plus de mal.
La corde est utilisée pour rassembler des éléments qui autrement se disperseraient. Également, la corde permet de hisser vers le haut la personne qui se sent glisser le long d’une paroi. La corde possède aussi une force de traction qui permet de déplacer des objets lourds et d’aller loin avec. Enfin, il est étonnant de constater qu’un gros cordage peut suffire à amarrer un bateau, c’est-à-dire le maintenir à quai et l’empêcher de dériver.
La comparaison du Livre d’Allah avec la corde nous apparaît ainsi au grand jour. La vie d’ici-bas s’apparente parfois à un pont surmontant un gouffre de tous les dangers qui ne demande qu’à engloutir le voyageur imprudent. Si nous nous agrippons ensemble au Coran, et veillons à en respecter les enseignements tout en incarnant ses valeurs, nous serons fermes sur nos pas et unis. Nous serons moins vulnérables aux dangers et plus efficaces dans nos réalisations. Pouvoir compter sur le groupe et avoir un allié dans chaque membre de la communauté serait un formidable moteur vers la réalisation de nos projets et ambitions pour cette vie et pour l’autre. Surtout, une union autour de la parole divine assainirait la société des maux et des vices qui pullulent dans un groupe qui a abandonné le Coran.
Les membres des tribus médinoises dont il est question dans le verset, les Aws et les Khazraj, se sont découverts frères après des décennies d’hostilités. En se cramponnant fermement au message d’Allah transmis par notre bien aimé Prophète, ce « habl », ils ont tissé la fraternité qui serait ensuite le socle solide d’une nouvelle communauté saine et vertueuse.
« Celui qui désire cultiver le champ de la vie future, Nous augmenterons pour lui sa récolte. Celui qui désire uniquement cultiver le champ de la présente vie, Nous ne lui accorderons que quelques miettes ; mais il n’aura pas de part dans l’au-delà. » Sourate 42, verset 20
Dans la vaste étendue de la vie, un verset résonne comme un doux rappel, une mélodie céleste qui nous guide à travers les méandres de notre existence. Allah nous enseigne que nous ne pouvons pas simplement être des spectateurs passifs dans ce grand théâtre de la vie, mais plutôt des jardiniers dévoués, prêts à cultiver les terres fertiles qui nous ont été confiées, dignes d’un Khalifa.
Imagine un instant l’agriculteur qui possède des hectares de terre, un potentiel immense entre ses mains, puisqu’il pourrait bénéficier de tonnes de fruits et/ou de légumes, mais qui choisit de ne rien en faire. Une image saisissante, n’est-ce pas ? Allah, dans Sa bonté infinie, t’a doté de capacités similaires.
Cultiver ce champ, c’est bien plus qu’une simple tâche agricole. C’est un engagement profond à préparer la terre, à surveiller attentivement les progrès et à récolter les fruits avec gratitude. C’est aussi respecter les lois universelles de la vie, afin que notre culture puisse s’épanouir de la meilleure des façons.
Avancer dans la vie demande parfois de changer notre façon de faire les choses. Nous sommes souvent pressés, impatients, et parfois aveugles aux signes que le Créateur place sur notre chemin. Nous pouvons même confondre Sa volonté avec nos propres désirs. « Nous ne lui accorderons que quelques miettes ; mais il n’aura pas de part dans l’au-delà. » Ce passage évoque deux notions essentielles dans nos préceptes islamiques : celle de l’effort et de la récompense.
Si tu choisis de rester stagnant, de ne pas t’engager dans la vie, de ne pas cultiver tes talents et tes qualités, tu peux obtenir que quelques gratifications superficielles de ce monde. Mais sur le plan spirituel, sur le chemin vers l’au-delà et vers la récompense éternelle, tu resteras en arrière, privé de la véritable abondance et de la plénitude que Dieu réserve à ceux qui s’efforcent de Le connaître et de Le servir.
C’est une mise en garde contre la complaisance et l’immobilisme. C’est un appel à l’action, à la recherche constante de l’amélioration de soi et de la connexion avec Allah, afin de mériter pleinement les bénédictions de cette vie et de l’au-delà.
Mais souviens-toi, que lorsque nous nous engageons pleinement dans cette démarche, lorsque nous mettons nos efforts avec amour et dévotion, le Tout-Puissant promet d’augmenter encore davantage ta récolte. Alors, je t’invite à te mettre en action, à étudier ton champ avec attention, à être stratégique dans tes choix. Ne reste pas là à observer les autres, lorsque tu as le pouvoir de produire tout autant, voire plus. Que ton action soit guidée par la bienveillance, l’amour et le désir sincère d’aider ceux qui en ont besoin. Et n’aie aucun doute, Allah multipliera ta productivité au-delà de tes espérances.
Dans cette douce symphonie de la vie, puisses-tu trouver la force, la paix et la sagesse nécessaires pour cultiver avec amour les champs qui te sont confiés.
Selon les données fournies par Eurostat, la Belgique est le 4ième pays européen (après l’Italie, la Finlande, et la France) qui a la plus grande dépense publique. La Belgique se positionne clairement comme un très mauvais élève.
En 2023, les dépenses publiques ont augmenté de 5.2% par rapport à 2019 : elles passent de 51.9% du PIB en 2019 à 54.6% du PIB en 2023.
Tableau des dépenses publiques en 2023
Que sont les dépenses publiques et qu’est ce qui coûte donc aussi cher à la Belgique ?
En 2022, la protection sociale constitue 38% de la dépense publique, suivie par les dépenses liées à la santé (15%) et les services généraux et affaires économiques (12% chacun).
Cette augmentation de dépenses publiques devrait-elle inquiéter ?
Elle devrait inquiéter si les recettes publiques ne subissent pas, au minimum, une augmentation identique à celle des dépenses publiques.
Que sont donc les recettes publiques ?
Les recettes belges sont de deux sortes :
Les recettes fiscales et les recettes non-fiscales
Les recettes fiscales sont les sources de revenus de l’Etat issues des impositions directes et indirectes telles que la taxe de (mise en ) circulation, l’eurovignette, taxe sur les jeux et paris, précompte (im)mobilier, douanes, accises, Tva et droits d’enregistrements…
Les recettes non fiscales sont issues, en grande majorité, d’amendes.
Or, les recettes publiques ont augmenté de 49.9% du PIB en 2019 à 50.1% en 2023 du PIB.
Cette augmentation de +0,4 % du PIB s’explique par le raffermissement des cotisations sociales (+0,3 % du PIB), à la suite de l’indexation des salaires, et des intérêts perçus (+0,2 % du PIB).
Tableau des recettes publiques belges en 2023 dans la zone Euro :
Est-ce que cette augmentation des recettes suffit pour couvrir l’augmentation des dépenses publiques ?
L’augmentation des recettes publiques de 0.4% ne suffit pas par rapport à celle des dépenses publiques (5.2%). Cette croissance de recettes ne suffit pas car celle des dépenses est bien plus grande.
La différence (négative) est dite déficitaire et on parle dans ce cas de déficit public.
Dans le cas où l’inverse aurait été vrai c’est-à-dire si les recettes publiques belges avaient été supérieures aux dépenses publiques belges, la différence aurait été qualifiée d’excédent budgétaire.
Cette augmentation du déficit publique belge est liée aux mesures politiques, du coût du vieillissement et de l’alourdissement des charges d’intérêts.
Lorsqu’on mentionne les coûts de vieillissement, on fait surtout référence aux coûts liés à la pension.
Lorsqu’on mentionne les charges d’intérêts, on vise, par-là, les taux d’intérêts qui s’appliquent sur la dette que l’Etat a contractée (auprès de la BCE (surtout en période de Covid)).
Quelle est la conséquence ?
L’augmentation de la dette publique est une conséquence presque inévitable à ce déficit ce qui positionne la dette publique belge en 5ième position dans la zone euro. Ceci impliquera fatalement un assainissement des finances publiques.
Le 09 juin prochain, nous, citoyens belges, sommes convoqués afin de partager « notre voix » pour les élections fédérales, régionales et européennes. Oui, c’est clairement de cela qu’il s’agit : faire entendre notre voix. Pourtant, au sein de notre communauté, les élections sont parfois boudées, dénigrées, et parfois même combattues.
Pilier de notre démocratie, le droit de vote a été arraché au terme d’un combat difficile notamment pour les femmes qui n’ont pu officiellement voter en Belgique qu’à partir de 1949, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Obligatoire chez nous, le droit de vote apparaît de plus en plus comme une contrainte. L’abstention reste un problème électoral tout comme le choix de ne pas voter (vote blanc).
Pourtant, en tant que minorité, l’acte de voter revêt une importance cruciale, façonnant le paysage politique qui détermine les orientations futures de nos sociétés.
Renforcer notre voix
Chaque bulletin de vote compte. En exerçant notre droit de vote, nous, citoyens, influençons directement le choix des dirigeants, des politiques et des lois qui auront un impact direct sur nos vies quotidiennes. Voter c’est donner le pouvoir à ceux qui nous représenteront. Il ne s’agit donc pas d’un acte négligeable, bien au contraire, cela revêt une importance capitale. Il faut pouvoir conscientiser les jeunes et moins jeunes afin de poser un choix réfléchi et en accord avec nos principes et valeurs.
Influencer le changement
Les élections offrent une plateforme pour exprimer le mécontentement ou la volonté de changement. En votant, les citoyens apportent leur soutien aux candidats et aux partis politiques qui représentent le mieux leurs idées et leurs valeurs. En 2030, les prédictions indiquent que la population musulmane sera majoritaire à Bruxelles… Or les lois et les politiques contre le droit des musulmans sont de plus en plus nombreuses : le retour de la question du halal n’est que le dernier épisode en date. Nous ne pouvons pas d’un côté nous poser en « éternelles victimes du système » et de l’autre ne pas nous mobiliser lors de rendez-vous cruciaux comme celui du 09 juin !
Un seul mot d’ordre : se mobiliser !
Il faut se mobiliser, cela passe par l’étude des programmes politiques, et choisir les partis qui sont en accord avec nos valeurs et principes. Il ne s’agit pas d’élire des hommes et des femmes mais de choisir des idées ! Or, nous votons pour des connaissances ; des personnalités connues mais nous oublions que ces personnes ne sont que la vitrine d’idées défendues par un parti politique et ce sont ces idées-là qui doivent nous intéresser. En conclusion, l’importance d’aller voter ne peut être sous-estimée. C’est un devoir civique, un moyen de façonner activement l’avenir de notre société et de protéger nos droits. Dans un monde où les défis et les enjeux sont nombreux, face à la libéralisation des discours extrémistes, le vote demeure l’un des outils les plus puissants dont disposent les citoyens pour créer un avenir meilleur et plus juste pour tous.
J’entame une petite promenade, en belle compagnie, en cette agréable fin d’après-midi d’avril. Les arbres fleuris de cette charmante avenue me laissent admirative et les oiseaux chantants bercent mes pas. Le ciel bleu et l’air doux caressant mon visage me donnent le sourire.
Au tournant, une odeur agréable me surprend. Je continue le chemin me demandant à quoi cette senteur me renvoie. Rien ne me vient à l’esprit, l’odeur ayant subitement disparu. Je m’arrête alors et fais demi-tour pour activer ma mémoire olfactive. J’inspire profondément… et la magie opère. Ma mémoire se dévoile… Par bribes, au début : senteur boisée, enfance, air doux, appel à la prière. Je ferme les yeux et inspire à nouveau : elle se met alors à nu…
Main dans la main, je déambule avec ma mère dans les ruelles de la médina. Les échoppes des vendeurs de babouches m’intriguent : comment font-ils pour les maintenir à la verticale sur toute la hauteur de leur petite boutique, me demandais-je à chaque fois que je passais par là. La médina de Tétouan est un dédale de placettes, souks, ruelles d’antan qui sont les témoins d’une histoire riche où s’entrecroisèrent Arabo-Andalous, Berbères et Juifs.
Ma mère s’arrête chez le degâg pour passer commande. Elle sort de son sac à main un papier et le déplie délicatement. Le degâg rectifie le schéma et y apporte une petite touche colorée sous l’œil approbateur de ma mère. Cette pièce faite sur mesure se trouve encore dans les trésors maternels : une mdama sertie de perles blanches pour la majorité et quelques-unes de couleur verte, le tout sur une ossature d’argent en plaqué or forgé.
Bien des années plus tard, au cours d’histoire, en découvrant les différentes corporations de métiers au Moyen-Âge, j’ai enfin pu mettre un nom sur le degâg de la médina : l’orfèvre. Celui de ma mère avait la particularité d’être orfèvre-bijoutier.
Bâlek, sma3, bâlek… Ma mère me tire alors vers elle brusquement. Il était moins une. Je n’avais pas vu le muletier qui tentait de se frayer un chemin dans ce dédale animé. C’était bien la dernière chose que je m’attendais à voir. Ma mère m’apprend alors que vu l’étroitesse des ruelles, celles-ci ne pouvaient être desservies que par des mulets pour fournir en marchandises les commerçants.
En attendant que l’animal daigne avancer, j’observe autour de moi des scènes étonnantes et parfois cocasses du haut de mes 10 ans : deux garçonnets traquent un chat à jets de pierres, un jeune homme fait la cour à une demoiselle se cachant au détour d’un oranger odorant, un apprenti tisserand tire de longs fils à la porte d’une échoppe. « Il prépare chghol el m3alem pour confectionner les caftans », me raconte ma mère sans saisir la totalité de son explication.
Nous continuons à flâner et soudainement cette senteur boisée et chaude envahit le derb. Ma mère devance ma question. « On est à proximité d’un farrân, c’est l’odeur du bois », me confie-t-elle. Je passe la tête furtivement par la petite porte en bois et je vois moul farrân alimenter de brindilles la géhenne qui avalait les plateaux de pâtons ronds. Allaho akbar, Allaho akbar… «C’est l’heure de la prière de dhor. Les magasins vont fermer, il est temps de rentrer », m’annonce ma mère.
Ma fille, qui écoutait attentivement mon récit, me ramène à la réalité. Je n’avais plus guère le choix que de troquer le labyrinthe de la médina de Tétouan pour le parc de l’Atomium.
En descendant l’avenue, je ferme les yeux et inspire une dernière fois cette odeur de brindilles craignant de la perdre à nouveau. Mais ce n’était en réalité pas nécessaire. Cette senteur boisée avait déjà trouvé place dans ma mémoire olfactive depuis bien des années et ce, à mon insu. Elle n’est pas près de s’évaporer de sitôt…
Humanité, neutralité, impartialité, autonomie sont les 4 principes fondamentaux de l’action humanitaire. Ces valeurs internationales répondent aux souffrances humaines partout où elles se manifestent, en prêtant une attention particulière aux populations les plus vulnérables. Ainsi, l’aide humanitaire ne favorise aucun camp lors de conflits armés. Elle doit être octroyée sur la seule base des besoins, sans aucune discrimination culturelle, religieuse ou ethnique. De plus, leurs finalités doivent être détachées des objectifs économiques, militaires ou autres. En effet, aucune influence politique, stratégique n’entache leurs actions. Ce besoin d’agir face à une multiplication de crises humanitaires, sanitaires fait partie de notre conscience en tant qu’être humain. Alors, l’action humanitaire est-elle la solution à tous les problèmes du monde ? L’humanitaire, nouvel acteur politique de son temps ?
Objectif : la dignité humaine
Guerres, exodes, catastrophes climatiques, famines sont observées depuis plusieurs années. Le monde actuel vit une transition dans le sens large du terme : énergétique, écologique, numérique, financière, démographique ( vagues de réfugiés économiques, climatiques, politiques). Et l’humanitaire vit dans cette complexité géopolitique à laquelle il faut répondre aux besoins, en s’adaptant aux contraintes des pays d’intervention. À travers le monde, les communautés religieuses et associatives s’empressent d’aider les plus démunis et ceux qui sont en détresse financière : une forme d’altruisme qui élève notre humanité. La multiplication des associations et des ONG est une preuve évidente du besoin d’aide dans le monde car il reste tant à accomplir. L’Homme est donc, source d’action et de soutien aux pauvres et aux faibles. Quelques fois, les actions de solidarité sont fortement limitées sur le plan géopolitique (les astreintes naturelles et climatiques, les embargos, les contraintes volontaires de l’acheminement de l’aide par des barrages militaires et par une politique « génocidaire »). En effet, cette dimension politique freine l’action humanitaire ; ce qui rend complexe leurs champs d’action. Sur le terrain, les acteurs humanitaires sont en première ligne ; c’est pourquoi ils aspirent et militent pour une forme d’immunité politique afin de ne plus être impactés par les conflits et contraintes gouvernementales. Leur démarche est une forme de politique, mais humanitaire car ils n’ont aucunement une approche d’appartenir à un parti. « Les acteurs humanitaires ont bien une responsabilité sociale et politique, celle d’alerter sur des situations de crise et de confronter les autorités politiques à leurs responsabilités vis-à-vis des populations les plus vulnérables. » Mais pour cela, il faut des partenaires convaincus et responsables. De plus, ce sont les États qui sont juridiquement garants de la sauvegarde de toutes les ressources caritatives (humaines, logistiques) sur le terrain d’intervention.
Gaza, séisme humanitaire
Veiller à acheminer jusqu’aux populations affectées par les crises, les aides nécessaires et prioritaires, souvent dans un environnement politique et sécuritaire complexe, est une tradition universelle à tout organisme. Cependant, en Palestine, le ton change et la situation reflète l’impuissance d’intervention sur le terrain. Pourtant les besoins là-bas dépassent l’entendement. En effet, les contraintes logistiques d’aide sur place prennent une tournure inhumaine concernant la bande de Gaza. Plus d’un mois après la décision de la Cour Internationale de Justice (CIJ), Israël ne permet pas l’entrée d’une aide suffisante dans la ville et ne s’est pas conformé aux ordonnances de mesures minimales, à savoir l’aide humanitaire vitale et les services élémentaires d’assistance aux populations sensibles. « L’ampleur et la gravité de la catastrophe humanitaire causée par les bombardements incessants, les destructions et le siège étouffant mis en place par Israël, exposent plus de 2 millions de Palestiniens de Gaza à des préjudices irréparables. » Les images de cette catastrophe humanitaire nous parviennent des réseaux numériques. Des scènes de chaos où les convois terrestres ont été attaqués par les forces israéliennes et pillés par des civils palestiniens désespérés. C’est pourquoi, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) décide d’envoyer l’aide par voie aérienne. Initialement utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale pour ravitailler les troupes isolées sur le terrain, les parachutages sont devenus un outil apprêté pour l’acheminement de l’aide. Ils ont été servis pour la première fois par les Nations Unies (ONU) en 1977. Cependant, ils sont considérés comme le « dernier recours » lorsque les options efficaces échouent. Entrer à Gaza, c’est entrer dans une zone de guerre dans laquelle les bombardements et les tirs sont incessants. Les humanitaires exposent leurs vies pour mener à bien leur mission afin de livrer l’aide vitale à la population, et sont impactés par les atrocités des offensives. Leur posture est un défi de détermination et de courage.
L’humanitaire est interpellé dans sa conscience, dans son éthique et dans ces valeurs (citées en début d’article) face à Gaza. D’abord, par une situation qui continue de se nécroser humainement sur le terrain et surtout par l’échec cuisant de l’international (ONG, ONU, CIJ, PAM, OXFAM, AMNESTY INTERNATIONAL, UNICEF, …). « Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître et c’est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres. »
La Reconquista désigne la reconquête par les chrétiens de l’Espagne occupée par les musulmans depuis le 8ème siècle. Contrairement aux idées reçues, la Reconquista est une période très longue qui commence pratiquement tout de suite après la prise du pouvoir par les conquérants musulmans.
En 711, le lieutenant berbère Tarik Ibn Ziyad franchit le détroit de Gibraltar avec ses troupes et inflige une cuisante défaite au dernier roi wisigoth, Rodrigue. Les musulmans ne tardent pas à conquérir toute la péninsule, à l’exception des régions montagneuses du nord.
Au nord, précisément, subsistent quelques territoires aux mains des chrétiens, rejoints par de nombreux citoyens ayant fui vers le nord lors des invasions. Ces gens maintiennent farouchement leur culture et leur identité, et cultivent un espoir de reconquête des territoires perdus. Ils entrent en résistance et ne tardent en réalité pas à prendre les armes.
Le premier épisode connu de Reconquista se déroule en 722 à Cavadonga dans les Asturies. Mais, divisée, l’Espagne chrétienne n’est alors pas en position de force face aux Musulmans, qui s’enracinent sur le territoire, et connaissent une fabuleuse période de rayonnement culturel et intellectuel, avec pour centre névralgique la cité de Cordoue. Progressivement, la situation tend à s’inverser et le califat se morcelle en différents petits royaumes appelés les Taïfas.
Au 11ème siècle, le royaume de Castille gagne en puissance et son roi, Alphonse XI reprend Tolède aux Musulmans. Les Almoravides, une dynastie berbère d’Afrique du Nord, viennent en renfort et prennent la tête du royaume musulman. Ils seront remplacés plus tard par les Almohades. Le 13 ème siècle voit tomber aux mains des chrétiens les villes de Cordoue, de Valence et de Séville. À la fin du XIIIème siècle, les musulmans n’occupent plus que le royaume de Grenade.
La Reconquista se termine vers 1492 avec la prise de Grenade. La lutte des chrétiens pour reprendre les territoires aura donc duré près de sept siècles. Sept siècles durant lesquels les musulmans auront connu le rayonnement et la grandeur, puis la décadence et le déclin. Beaucoup de musulmans qui admirent les vestiges architecturaux de cette grandeur en visitant l’Andalousie, se trouvent assaillis par des sentiments d’admiration et de nostalgie.
Impression de paradis perdu et mélancolie à l’évocation des splendides réalisations des musulmans de cette époque faste.
Il convient cependant de ne pas s’attarder sur ces émotions douloureuses, voire stériles….
«Voilà une génération bel et bien révolue. A elle ce qu’elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis. On ne vous demandera pas compte de ce qu’ils faisaient»
C’est par ces paroles que le Coran nous invite à faire la part des choses. Le passé doit servir à tirer des enseignements et non à s’engluer dans le regret ou à s’y agripper.
L’attitude positive et constructive consiste plutôt à se mettre en mouvement et à réaliser chacun à son échelle, aujourd’hui et maintenant, les actes et les projets qui élèvent les individus du statut de consommateur passif à celui d’acteur productif de la société.