Sache petit homme…

Au détour d’un sentier de montagne, en Savoie, niché dans un vallon préservé, le Lac du Lou s’offre à nos yeux, cerclé d’une chaîne de montagnes. Un cadre magnifique où la nature nous éblouit par sa simplicité et sa générosité. Un point de vue panoramique où la contemplation s’éveille et fait de ce moment un temps suspendu, un temps de réflexion, un temps de méditation…

            « Approche, petit homme ! Approche et écoute !

            Sache, petit homme que tu ne peux discerner les choses au moyen de la raison que lorsque tu te conformes aux exigences de celle-ci. Fais appel donc, à ta raison et sois attentif !

             Certes, la détermination est relative à chaque créature, on n’obtient pas toujours ce à quoi on aspire et on ne trouve pas toujours ce que l’on recherche. Mais, sache, petit homme, qu’il est de ton devoir de faire l’effort et de te diriger vers ta destinée…

Tu as été créé et chargé de responsabilités. Des devoirs t’incombent. Il y a pour chaque être un entrepôt : prends garde de ne rien accomplir et ainsi de le laisser vide. 

Tes pas qui te mènent au terme de ta vie sont comptés car ton séjour en ce monde est court. 

Sache, petit homme, qu’il te faut être vigilant car les jours se réduisent à des heures et les heures se réduisent à un souffle ! 

Sache, petit homme que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, il y a des batailles que tu devras livrer sans relâche : les moments de difficultés, les pertes de sens, les défis et les remises en question font partie du jeu. Ils représentent le point de départ d’un courage insoupçonné, de relever la tête et de trouver les ressources en soi pour s’élever, grandir à l’image de mes cimes. 

De la même manière que je suis formé par la dislocation de 2 plaques terrestres, frottées l’une contre l’autre, tes propres montagnes surgissent à la rencontre aussi, de 2 besoins : l’une veut atteindre les sommets et l’autre refuse le changement.

Sache, petit homme, que la souffrance est une réalité de la vie ! Tu as besoin de passer par cette douleur pour te révéler. Sache, petit homme, que dans les profondeurs de mes entrailles se cachent des trésors, des pierres précieuses. Du carbone naît la plus belle d’entre elles : le diamant. Son processus de fabrication ne pourrait se produire sous une extrême pression terrestre de roche en fusion.

L’urbanisation, l’ère de la modernité te pousse à te cloisonner, à t’enfermer, la technologie pousse à l’abandon du corps. Tu n’es pas un être de sommeil, petit homme ! Car même si ton esprit est vif, ton corps te rappelle ta fragilité, ta vulnérabilité, ta condition humaine.

Regarde mes flancs et regarde mes sommets, ils sont ma force et mon honneur, petit homme ! Au cœur de mon monde coule une eau pure et limpide, qui va abreuver tes semblables et les troupeaux dont ils ont la charge. La vie est en moi et elle m’expose à de lourdes responsabilités : la distribution de mes dons à toutes sortes de créatures, des minéraux aux animaux, en passant par les végétaux. 

Pour chaque chose, je lui accorde son droit ! Je fais parvenir à mon propre entrepôt ce qui me réjouira le jour où je le retrouverai. 

Heureux celui qui aura saisi la valeur de ces devoirs et les aura appliqués !

Sache, petit homme que la force est en toi ! Alors avance pas à pas ! Ainsi, tu auras conquis tes montagnes ! 

Va, petit homme, à la quête de tes sommets ! »

                                                                                                                      Najoua

Le lac du Lou, à saint-Martin-de-Belleville, en Savoie ( France)

L’appel irrépressible du voyage

Vers la mer, vers la montagne, à quelques heures de voiture ou au bout du monde, nous sommes nombreux cet été encore, à répondre à l’appel du large.  

Le besoin de changer d’environnement, de rompre la routine, de se reposer et de découvrir autre chose, pousse depuis toujours les gens à quitter leur foyer vers de nouveaux horizons. 

Dans le climat actuel de crise économique, beaucoup feront des concessions sur la durée et la proximité de leur voyage, opteront pour le camping ou l’hébergement chez la famille, mais essaieront de partir quand même. 

C’est que voyager a des vertus et des bienfaits innombrables. Un proverbe marocain dit : « Qui a beaucoup voyagé est mieux que qui a beaucoup vécu  » 

Pour commencer, les voyages permettent d’aller à la rencontre d’autres peuples, d’autres façons de vivre. Ils donnent à découvrir la beauté et la variété du vaste monde, et à méditer sur la création d’Allah ‘azza wa jal. 

Ils permettent de resserrer les liens familiaux en visitant ses proches, et peuvent aussi prendre une dimension spirituelle, dans le cas des pèlerinages par exemple.  

On voyage pour changer, non de lieu, mais d’idées

Hippolyte Taine 

Les voyages forment la jeunesse, dit-on. Dans certaines cultures, il est courant que les jeunes gens, à la fin de leurs études, se lancent dans une sorte de voyage initiatique. Un premier voyage sans parents ni professeurs, censé représenter une sorte de rite de passage vers l’âge adulte. Le jeune se confrontera à certaines expériences, apprendra à se connaître aussi, et à développer son autonomie et sa « débrouillardise ».  

En Islam, le voyage est valorisé et encouragé. Plusieurs versets évoquent l’importance de rechercher l’amélioration de sa vie matérielle et spirituelle, quitte à se déplacer pour cela. 

« La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer ? » S4 V97 

 « C’est Lui qui vous a soumis la terre, parcourez donc ses grandes étendues et mangez de ce qu’Il vous fournit. » S67 V15 

L’accent est mis également sur l’importance d’aller à la rencontre des autres : 

« Et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. »  S49 V13 

Le Coran ne s’arrête pas là. Il nous donne des conseils sur la préparation du périple : 

« Et prenez vos provisions. Mais vraiment la meilleure provision est la piété. » S2 V197 

 Le Messager paix et salut sur lui nous apprend qu’il faut choisir avec soin ses compagnons de voyage et désigner parmi le groupe un responsable et référent. 

Le calife Umar ibn al Khattab nous avertit que l’on ne connaît vraiment quelqu’un qu’à certaines conditions. Parmi celles-ci, avoir commercé ou voyagé avec cette personne. Car le vrai caractère des gens se dévoile pendant le voyage. 

Le terme qui désigne le voyage en arabe est d’ailleurs as safar, de la racine asfara, qui signifie se montrer, se dévoiler, apparaître.  

Car le prophète sws nous informe que « le voyage est une part du supplice. » Cela signifie que le voyage présente certaines difficultés comme la fatigue, l’inconfort, la promiscuité, la barrière de la langue, les problèmes de logistique pouvant se présenter. C’est ainsi que le voyage permet de mesurer les vertus, la patience et le bon caractère des gens. 

En outre, Allah ‘azza wa jal nous accorde plusieurs adaptations de nos rites religieux en voyage, afin de nous faciliter ce temps pas comme les autres. 

Le voyage est donc une des écoles de la vie, il permet de goûter à bien des plaisirs et découvertes, mais apporte parfois son lot de contrariétés et de déceptions.  

Cela reste en tous les cas, une aspiration profonde et renouvelée pour la plupart des êtres humains. De toute éternité et pour toujours. 

Hayat Belhaj  

Les invocations d’Uways al Qarni

Uways Ibn Amir de son vrai nom est un illustre personnage, il a vécu au temps du prophète Muhammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui) mais n’a jamais eu la chance de le rencontrer. Pourtant, le messager de Dieu l’a mentionné et a conseillé à ses compagnons de ne pas hésiter à solliciter ses prières… Retour sur son histoire riche d’enseignements.

Lors de califat, Umar ibn al Khattab avait pris l’habitude de questionner chaque année les pèlerins en provenance du Yémen sur la présence parmi eux d’un certain Uways ibn Amir. Mais à chaque fois la réponse était négative. Toutefois, une année, la réponse tant attendue arriva : Uways Ibn Amir se trouvait parmi la délégation yéménite venue à la Mecque pour accomplir les rituels du hajj. Umar n’en crut pas ses oreilles, stupéfait et heureux, il demanda qu’on lui présente Uways. On lui indiqua alors un homme qui se tenait quelque peu à l’écart du groupe. Le prince des croyants se dirigea vers lui et le questionna : 

–       Es-tu Uways Ibn Amir ? 

–       Oui, répondit Uways.

Umar poursuivit son interrogatoire :

–       Es-tu bien issu de la tribu des Murad et des Qaran ? 

Uways acquiesça quelque peu intrigué par toutes ces questions.

–       As-tu souffert de la lèpre et tu en es guéri, ne te reste aujourd’hui de cette maladie qu’une tâche de la taille d’un dirham ? 

Uways répondit par l’affirmative mais toujours autant intrigué par l’homme qui se tenait devant lui. 

–       Umar Ibn Al Khattab poursuivit: 

–       Ta mère est-elle encore en vie ? Oui, répondit-il. 

Umar Ibn Al Khattab conscient de se trouver face à celui qu’il recherchait depuis plusieurs années, se décida enfin à révéler à son interlocuteur les raisons de ses nombreuses questions : «  Sache que je suis à ta recherche depuis de nombreuses années, et aujourd’hui Dieu m’a comblé en me permettant de te rencontrer. »

Un être dévoué envers sa mère

Si Umar Ibn Al Khattab désirait si ardemment rencontrer Uways Ibn Amir, surnommé Uways Al Qarni, c’est tout simplement parce que le messager de Dieu (paix et bénédictions de Dieu sur lui) leur avait parlé de lui. Il a dit : « Viendra à vous un homme du Yémen. Son nom est Uways Ibn Amir. Il est des tribus de Murad et Qaran. Il a souffert de la lèpre. De cette maladie, il ne lui reste qu’une tâche de la taille d’un dirham. Il a une mère envers laquelle il est dévoué et qu’il s’attache à satisfaire autant que possible. Sachez que si cet homme jurait par Allah, Allah mettrait tout en œuvre pour que son serment se réalise. Alors si un jour vous le rencontrez, faites en sorte qu’il demande le pardon d’Allah pour vous. Cela ne fait aucun doute qu’il sera exaucé. »

Réalisant sa chance et la grâce qu’Allah lui octroyait, Umar lui demanda alors d’invoquer Allah pour qu’Il lui pardonne. Uways consentit à accéder à la demande du calife tout en se sentant honoré que le prophète (pbsl) ait pu le mentionner alors qu’il n’avait pas eu le bonheur et le privilège de le rencontrer. Umar voulut écrire au gouverneur de Kufa, la ville où se dirigeait à présent Uways, afin qu’il prenne soin de cet illustre personnage mais celui-ci refusa. Il préférait vivre modestement. L’année suivante, Umar demanda des nouvelles d’Uways auprès d’un notable de Kufa en visite dans la ville sainte. Umar lui confia alors les paroles du messager de Dieu et lui conseilla de lui demander de prier pour lui s’il avait l’opportunité de le rencontrer. De retour chez lui, le notable se dirigea vers la modeste maison d’Uways et lui demanda de prier Dieu pour lui. Devant son insistance, Uways lui demanda s’il avait rencontré Umar Ibn Al Khattab. Le notable acquiesça et Uways consentit alors à sa demande. Comblé, le notable décida de raconter l’histoire d’Uways Ibn Amir. Rapidement, les gens se bousculèrent devant sa porte pour lui demander de prier pour eux. Mais Uways décida de quitter Kufa et partit pour une nouvelle contrée, préférant la solitude aux honneurs de la foule.

Son histoire s’arrête là mais nul doute qu’elle en a inspiré et continuera d’inspirer de nombreux musulmans à travers les générations… Une vie modeste et un être dévoué envers sa mère, une vie qui peut paraître des plus banales pourtant il a été évoqué par le meilleur des hommes : Mohammad, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui. Son histoire nous apprend finalement que nos œuvres qui peuvent nous paraîtres minimes sont peut-être les plus appréciées auprès de Celui qui voit tout… Puissions laisser une trace de notre passage sur cette terre à l’image de celle d’Uways Ibn Amir ! 

H.B.

Devenir des catalyseurs du changement positif

Et quand on récite le Coran, prêtez-lui l’oreille attentivement et observez le silence, afin que vous obteniez la miséricorde (de Dieu).

Sourate 7, verset 204

J’ai compris en m’interrogeant que dans ma relation à l’autre, il manquait la profondeur.

Dernièrement en lisant un livre sur l’écoute prophétique de Mikaeel Ahmed Smith, j’ai découvert un concept, fort intéressant.

La clé d’une relation saine est celle d’une communication authentique !

L’écoute bienveillante est telle une lumière, qui éclaire les fondements de nos liens. Elle demande patience et empathie.

Le but lors de nos communications est de mieux comprendre l’autre

Sans jugements ni préjugés, être là pleine de sincérité.

Si cette approche de la relation était utilisée, le monde serait transformé comme l’a transformé notre Messager Mohamed sws.

L’écoute bienveillante est bien plus qu’un simple acte d’entendre ce que les autres ont à dire. 

C’est une pratique profonde qui exige de la conscience, de l’empathie et de l’ouverture.

Lorsque nous écoutons bienveillamment, nous accordons aux autres l’espace nécessaire pour qu’ils s’expriment librement, sans crainte d’être jugés ou interrompus !

Dans notre monde moderne où la vitesse et la productivité sont valorisées,

L’écoute bienveillante est souvent négligée. Nous sommes distraits par nos propres pensées, préoccupations ou téléphones portables, ce qui limite notre capacité à être pleinement présents.

Cependant, si nous prenons le temps de véritablement écouter, nous pouvons changer la dynamique de nos relations,

En écoutant bienveillamment, nous offrons aux autres la possibilité de se sentir compris et soutenus.

Elle permet également une meilleure compréhension des besoins et des émotions. 

Être en mesure de capturer les subtilités de leur langage corporel, leur ton de voix et leurs expressions faciales, de lire entre les lignes et de percevoir les messages cachés derrière les mots.

En pratiquant celle-ci, nous sommes moins enclins à juger et à critiquer et nous pourrons vraiment transformer le monde autour de nous.

Imaginez si nous pouvions tous pratiquer l’écoute bienveillante dans nos interactions quotidiennes. Les conflits pourraient être résolus avec compassion et respect mutuel. Les mentalités pourraient évoluer, les préjugés pourraient être dissipés et l’acceptation de la diversité deviendrait la norme.

La transformation résultante serait incroyable, tant au niveau individuel qu’au niveau collectif.

Elle a le pouvoir de nous connecter les uns aux autres d’une manière profonde et significative.

Donnons à l’écoute bienveillante la place qu’elle mérite dans nos vies.

Cultivons cette capacité à écouter avec le cœur, à faire preuve d’empathie et à être présents pour les autres. Devenir capables de percevoir les subtilités du langage et de leur donner la signification qu’ils méritent. Il est essentiel de se rappeler que tout commence par nous-mêmes.

Pour pouvoir réellement comprendre nos besoins et nos désirs, il est important d’apprendre à s’écouter, en particulier lorsque nous sommes seuls, aimer le  silence car il nous parle.

L’écriture peut être un merveilleux outil pour entreprendre ce voyage intérieur, en nous permettant d’explorer nos pensées, nos émotions et nos aspirations. En nous écoutant attentivement, nous commençons à nous comprendre et à identifier ce qui est vraiment important pour nous.

Ce voyage intérieur nous ouvre ensuite à l’extérieur, nous permettant de développer des relations plus authentiques et significatives avec les autres et la création.

En établissant une connexion profonde avec nous-mêmes, nous sommes mieux équipés pour nous engager avec le monde qui nous entoure de manière plus intentionnelle et épanouissante.

L’écoute bienveillante est une compétence précieuse qui te donnera accès à l’écoute des signes qui nous entourent et de répondre aux signaux subtils qui nous guident sur notre chemin personnel.

En conclusion, cela nécessite une ouverture d’esprit et la capacité de considérer différentes perspectives. Parfois, les signes peuvent sembler ambigus ou difficiles à interpréter et c’est là que l’écoute bienveillante joue un rôle clé.

Tel était le prophète Mohamed SWS.

Hana Elakrouchi

Carnets de voyage: la Slovénie

Avec ses vallées verdoyantes et ses paysages bucoliques à souhait, la Slovénie est une véritable perle dans un écrin de verdure. Niché en pleine montagne, c’est vers le lac de Bohinj, dans le parc national du Triglav, que le vent me mène.  

Sur fond de hautes montagnes, ce lac aux reflets d’émeraude offre calme et sérénité. Au détour d’un petit chemin dans la forêt le long de la berge, je découvre une crique insoupçonnée qui incite au prélassement. En l’instant d’un après-midi, le temps est suspendu. Tantôt les nuages recouvrent les montagnes d’un voile brumeux qui confère au lac un air féérique, tantôt le soleil révèle un magnifique dégradé de vert qui colore cette eau cristalline. Je ne me lasse pas de la beauté du paysage digne d’une carte postale.

Les nuages gris s’amoncelant sonnent le glas de ce moment privilégié et m’enjoignent à laisser la nature reprendre sa place.

De retour à la « maison », je prépare le repas avec le mont Triglav en toile de fond. Installée sur ma petite chaise pliable, j’admire les étoiles tout en sirotant une infusion de menthe fraiche, réel privilège pour la « camping cariste » en herbe que je suis. Après une nuit paisible, la montagne apporte son lot de surprises dès l’aurore et déverse des trombes d’eau. Le vent se lève, le ciel se déchaine et l’orage gronde. Par prudence, il est préférable de lever le camp, ce temps orageux sera de la partie pour quelques jours d’après notre voisin suédois, adepte de la van life. Nous mettons alors les voiles vers le sud.

La nationale nous menant à la frontière croate me ravit. Ces paysages pittoresques, ces jolies maisons aux balcons fleuris, les clochers d’églises pointant à l’horizon au milieu des villages et ces chemins ondulant à travers les champs me donnent l’impression de traverser un tableau pittoresque du 18e siècle.  Sur le chemin au loin, deux enfants se baignent dans la Krka. Les paysages défilent. Je ne vois pas le temps passé. Nous voilà déjà en Croatie.

Changement de cadre. Le paysage karstique qui s’étend de part et d’autre de la route me plonge dans un décor lunaire. La côte croate est fragmentée en centaines d’îles dont quelques dizaines seulement sont habitées On oublie souvent que le pays, ancienne Yougoslavie, ne formait qu’un avec la Slovénie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, la Macédoine et le Monténégro. Véritable puissance qui n’avait rien à envier aux plus grands tant au niveau géographique, culturel qu’économique.

La vue est splendide. L’Adriatique invite au farniente et à la baignade. Mais nous gardons le cap vers notre destination finale : la Bosnie-Herzégovine.

A suivre… 

L.M.

Achoura et Moussa 

Le mois de muharram a débuté mercredi 19 juillet 2023. Le jour de Achoura, dixième jour de ce mois sacré, sera donc demain vendredi 28 juillet, un jour où il est conseillé de jeûner. Outre sa récompense importante, il s’agit aussi d’exprimer notre considération à un grand prophète : Moussa (alayhi salam). Explications

Ibn Abbas rapporte que lorsque le prophète (paix et bénédictions sur lui) arriva à Médine. Il questionna les tribus juives concernant la raison de leur jeûne le dixième jour du mois de Muharram. Les juifs l’informèrent qu’il s’agissait du jour où Allah donna la victoire à Moussa sur pharaon. Le prophète (paix et bénédictions sur lui) rappela alors aux musulmans qu’ils sont plus en droit de se réclamer de ce grand prophète. Il recommanda alors de jeûner ce jour. Il convient de débuter le jeûne le 9 car selon un hadith rapporté par Ibn Abbas : le prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Si je suis encore vivant l’année prochaine, je jeûnerai le 9 (c’est-à-dire avec le 10). » (Rapporté par Mouslim). Mais le Prophète mourut avant cela. On peut également jeûner le jour suivant. 

Pourquoi Moussa est important pour les musulmans ? 

Moussa (alayhi salam) est l’un des prophètes les plus honorés dans le Coran. Il porte le titre de Kalimu Allah, c’est-à-dire celui qui a parlé directement à Dieu. Il n’est pas seulement un prophète parmi les prophètes, mais il fait partie des cinq prophètes les plus importants : Noé, Ibrahim, Issa et Mohamed (que la paix soit sur eux tous). Le Coran évoque abondamment son histoire car elle est riche d’enseignements. Face à un peuple difficile, les Banu Israël, Moussa (alayhi salam) a montré ses nombreuses qualités : profondément bon, endurant, épris de justice, courageux. Il n’a jamais désespéré et a porté haut le message de notre Seigneur. Des leçons pour les musulmans car à bien des égards, notre comportement est similaire à celui du peuple de Moussa (alayhi salam). Nos passions ont remplacé le veau d’or, nos questionnements s’apparentent à un réquisitoire de notre Seigneur, nos désobéissances au refus de combattre nos maladies du cœur,… 

Jeûner le jour de Achoura est donc une manière de montrer notre reconnaissance à ce grand prophète mais il s’agit aussi de prendre conscience de nos nombreux manquements en tant que communauté de Mohammad (paix et bénédictions sur lui). Une prise de conscience afin de nous réformer et ne pas oublier que bien souvent nos actions ne sont pas si éloignées de ceux contre qui Allah nous met en garde… 

Qu’Allah accepte notre jeûne et nous pardonne nos manquements. 

De droite à gauche, les familles politiques décryptées (4/4)

Dans ce dernier article, qui vient clore la série d’articles sur la Belgique, son fonctionnement et ses institutions, nous allons continuer notre exploration de l’éventail politique, du centre vers la droite de celui-ci. 

infographie: Miriam Hamjan
  1. Les fédéralistes 

Idéologie : fédéralisme    Place sur l’éventail politique : centre  Partis : DéFI / ProDG

Quelles sont leurs idées ? 

  • Parti né dans les années 1960   pour assurer la défense des intérêts et des droits des francophones, dans la région de Bruxelles-Capitale et dans la périphérie bruxelloise mais également en Wallonie
  • Ils mettent en avant l’identité linguistique et la défense des droits d’une communauté linguistique ( les francophones) ou d’une Région.
  • Les libéraux 

Idéologie : libéralisme  Place sur l’éventail politique : droite  Partis : MR / Open VLD

Quelles sont leurs idées ?

-Les questions économiques sont leur priorité. Tous les thèmes de la société sont abordés sous l’angle de l’économie. 

-Pour eux, la production de richesses augmente le bien-être social et procure la liberté. 

– Ils souhaitent une diminution des cotisations sur le travail.

– Ils soutiennent les indépendants. 

– La sécurité sociale est importante mais devrait être complétée par des assurances privées. 

– En matière de sécurité, ils jugent la prévention peu efficace et prônent les mesures répressives et la présence policière. 

– La question de l’écologie passe par la fiscalité. Il faut taxer les biens les moins respectueux de l’environnement et inversement.

– Au sujet de l’immigration, l’Open Vld ( flamand) souhaite limiter l’accueil des étrangers aux travailleurs qui viendraient combler des secteurs en pénurie. Le MR quant à lui ( parti francophone) se montre plus souple sur l’assouplissement des procédures de régularisation, bien que plusieurs courants s’expriment au sein du parti.

– Les libéraux sont plutôt progressistes sur les questions éthiques. 

– La famille libérale est pro- européenne. 

  • Les autonomistes 

Idéologie : nationalisme  Place sur l’éventail politique : droite   Partis : N-VA / RWF / RASSEMBLEMENT WALLON

Quelles sont leurs idées ? 

Ils s’inscrivent dans le clivage linguistique qui traverse la Belgique depuis ses débuts. Ces partis ont pu demander plus d’autonomie pour la Flandre ou la Wallonie. Certains demandent aujourd’hui l’indépendance d’une des entités fédérées où le rattachement d’une région à un autre pays.

-Selon eux, la Belgique n’est pas un véritable État-nation et n’a plus de raison d’exister. 

– La solidarité entre régions et entre communautés freine le développement de la Région ou la Communauté qu’ils défendent. 

– Leur programme est très axé sur les enjeux linguistiques. Sur les autres questions sociétales, on peut les situer au centre où à droite

– La N-VA souhaite l’indépendance de la Flandre. Elle se situe à droite sur les questions d’économie et de fiscalité. Elle s’oppose à une forte immigration non-européenne. Du point de vue de la sécurité, elle opte pour une plus grande répression. 

– Le Rassemblement wallon prône l’indépendance de la Wallonie. 

– Le Rassemblement Wallonie-France revendique quant à lui le rattachement de la Wallonie voire de la région bruxelloise à la France.

– Ces 3 partis sont conservateurs sur les questions éthiques.

– Ils sont critiques envers l’Europe qui ne laisse selon eux pas assez de place à l’autodétermination des peuples.

– Ils sont très peu présents sur les questions environnementales.

  • Les nationaux- populistes

Idéologie : national-populisme  Place sur l’éventail politique : extrême-droite   Partis : Vlaams Belang / Parti populaire / Démocratie nationale / La Droite 

Quelles sont leurs idées ?

  • Les questions identitaires sont fondamentales pour les partis nationalistes. Leurs valeurs de base sont la famille, le travail et la patrie.
  • Leur analyse des problématiques de la société se fait systématiquement à travers des slogans réducteurs, axés sur le rejet des étrangers et la critique du pouvoir en place.
  • Ils sont pour la fermeture des frontières et s’opposent à la multi culturalité, qui menace selon eux l’identité nationale. 
  • La sécurité doit passer par des mesures répressives importantes. 
  • Ils souhaitent mettre en place la « priorité nationale » en matière de redistribution sociale. Pour bénéficier d’aide, il faut être Belge ( ou Flamand dans le cas du Vlaams Belang) ou Européen vivant en Belgique. 
  • Ces partis sont conservateurs sur les questions éthiques.
  • En économie, ils prônent le protectionnisme, c’est-à-dire un système qui vise à favoriser les travailleurs et les entreprises nationaux.
  • Ils s’opposent en général à l’Union européenne.

Nous voilà arrivés au terme de cette série d’articles visant à expliquer succinctement le fonctionnement complexe mais intéressant de notre pays.

Hayat Belhaj 

Source : cultures&santé , «  les couleurs politiques en Belgique »

Le destin n’est pas une question de chance, mais de choix…

« Et on dira à ceux qui étaient pieux : « Qu’a fait descendre votre Seigneur ? » Ils diront : « Un bienfait. » Ceux qui auront excellé dans ce bas monde ; mais la demeure de l’au-delà est encore meilleure. Combien agréable sera la demeure des pieux ! »

(Sourate AN-NAHL / LES ABEILLES verset 30)

LE SAVIEZ-VOUS : le miel est une véritable merveille de la nature, un aliment délicieux et bénéfique, qui grâce à ses propriétés antibactériennes et oxydantes devient un véritable remède pour divers maux.

La production de ce nectar doré requiert un immense effort de la part des abeilles. Ces petites travailleuses doivent parcourir des distances considérables pour butiner le nectar de milliers de fleurs puis le travail de transformation continu dans leurs ruches… Un travail titanesque ! Ne méditez-vous donc pas ? 

L’exemple de l’abeille doit être une source d’inspiration pour l’homme, qui doit également fournir le meilleur de ses efforts durant son existence.

Tout comme l’abeille, tu dois faire preuve de sacrifice, avoir de la volonté, éveillé ta curiosité et avoir un but, avoir un objectif, et le meilleur de ces objectifs est LA REFORME, devenir meilleur qu’hier !

Observer, méditer, réfléchir sur la création est l’un des meilleurs moyens de s’ouvrir à l’inspiration et la réflexion sur SOI MEME,

Une jeune femme souhaitant vivre une nouvelle expérience, se met à travailler dur pour construire un petit radeau rudimentaire pour lui permettre de flotter en sécurité sur un océan déchaîné.

Après plusieurs heures de travail acharné, elle parvient enfin à assembler les rames et à lancer son petit radeau sur les eaux tumultueuses.

Pendant les heures qui suivent, elle rame sans relâche, se remémorant ce verset parlant du fait de zélé dans tout ce que tu entreprends…

La force se déploie bravant ainsi les énormes vagues et la tempête qui menacent de la submerger à tout moment.

Heureusement, son courage et sa détermination ne faiblissent pas et, après plusieurs jours de navigation, elle parvient finalement à apercevoir les contours d’une île lointaine.

Épuisée mais heureuse, elle se dirige vers la rive en rame, où elle trouve enfin de l’eau potable et de la nourriture pour survivre.

Au fil des jours et des semaines suivantes, la naufragée utilise ses compétences nouvellement acquises pour construire une cabane et explorer son nouvel environnement.

Bien qu’elle soit seule dans cet endroit sauvage, elle ne se laisse pas décourager.

Au contraire, elle continue d’apprendre et se développe, devenant lentement mais sûrement la maîtresse de l’île.

Ainsi est le fervent croyant…

Malgré ta timidité, ton insociabilité, tu dois rêver de grandes choses.

Mais étant enfermé dans ta zone de confort, te contentant de ta routine quotidienne et refusant de prendre des risques,

Tu ne vivras ta vie qu’a moitié

Il est tellement plus agréable de passer son temps dans les boutiques, ou encore devant une série télévisée romantique,

Sache que ton passage sur terre n’est qu’éphémère, ta vie d’aujourd’hui n’est qu’une illusion, n’oublie pas que tu es à l’image de cette naufragée, soit tu te laisses mourir, tu te laisses éteindre, soit tu saisis ces épreuves qui viennent te bousculer, qui viennent te secouer et réalises que la vie est trop courte,

Ne procrastines plus, passe à l’action, vis ta vie à fond

Evinces ta peur, commence à explorer de nouveaux horizons, à rencontrer de nouvelles personnes et à apprendre de nouvelles choses.

Le monde est rempli de merveilles et de défis à relever.

Le chemin n’est certes pas facile.

Tu seras confronté aux jugements, aux critiques, au dénigrement, parce que pour certaines personnes, une femme est incapable de penser. Mais Dieu t’a donné une âme et une vie pour avancer,

Affrontes les défis et passe à l’action sans te décourager.

Assume de ce qui est de TA responsabilité, celles de la Gérance d’un Khalifa ! ,

Malgré la souffrance psychologique qui te sera infligée, tu as la clé de ton avenir, ta foi !

Avance même si tu as tendance à te dire que tu prenais moins de risque quand tu n’avais aucune ambition, garde le cap comme ce surfeur sur la vague 

Tu deviendras une personne confiante et déterminée parce que tu te seras affranchis de l’être humain et tu n’appartiendras qu’à Lui seul !

Tu m’as promis que si j’excellais je serais dans ta demeure ya Allah, alors même en rampant, je continuerais pour TOI. N’oublie surtout pas que sans l’aide de Dieu tu ne peux pas y arriver. Lui être reconnaissant chaque jour. 

La vie est courte, ce qui la rend toute aussi précieuse.

Hana

L’affaire Nahel, vers une autre crise politique ?

À Nanterre, en France, le mardi 27 juin 2023 vers 8h30, un jeune garçon de 17 ans, Nahel M. meurt au volant d’une voiture par arme à feu, tiré par un agent de l’ordre, au nom d’un refus d’obtempérer. Le dossier aurait pu s’arrêter là et être classé comme un fait divers sans suite par les autorités judiciaires françaises. Mais une vidéo « témoin » accablante circule dans les réseaux sociaux, donnant à cette affaire une autre tournure. 

En effet, les images montrent une version autre des dires du policier. Et c’est ainsi que, dans la soirée qui a précédé la mort du jeune Nahel, les grandes villes métropolitaines s’enflamment dans une escalade de violence exaspérée et intensifiée depuis la diffusion des images sur les réseaux sociaux. Des tensions ont éclaté entre les forces de police françaises et les jeunes de banlieue, qui ont donné lieu aux images fortes qui ont circulé sur toutes les plateformes médiatiques.

Depuis, les médias et les partis politiques se sont emparés de cette affaire pour en faire leur étendard privilégié. Alors, la question que l’on pourrait se poser : comment en est-on arrivé à ce genre de situation ? En quoi le dossier Nahel reflète-t-il une crise politique et sociale ?

Les signaux d’alerte précurseurs du drame

Les scènes d’agitation dans les villes françaises ne datent pas d’aujourd’hui. Le mouvement des gilets jaunes témoigne de ce climat de « désamour » entre la population et l’état. Autre exemple, les grandes manifestations du peuple contre la réforme des retraites où nous assistions à un soulèvement de masse de la population contre le gouvernement actuel. Les mots « autoritaire », « dictature » se levaient parmi les voix des syndicats populaires. Et enfin, un autre exemple, en 2005, suite au décès de deux jeunes garçons, un mouvement similaire entre les jeunes des quartiers populaires de toute la France et les forces de l’ordre a montré à quel point cette rupture était évidente entre ces deux groupes. Bien évidemment, les mass media et les partis politiques s’approprient cette affaire, afin de l’utiliser à des fins personnelles et stratégiques [1].

C’est pourquoi, il serait intéressant de dépasser ce climat émotionnel afin d’essayer de comprendre quelques facteurs déclencheurs de ce drame.

Premièrement, ces vives tensions ne sont pas le résultat d’une cassure involontaire, mais plutôt une accumulation de lois, de décrets ministériels portant notamment sur l’élargissement de l’usage des armes au sein de l’institution policière [2], s’ajoutant à cela un manque de formation des nouvelles recrues. La forte augmentation du nombre de tirs policiers et du nombre de morts a déjà été pointée à plusieurs reprises. [3] Bien évidemment, il n’est pas question de minimiser les tensions auxquelles sont confrontés les agents de l’ordre dans un contexte d’agressivité montante ; ni de tenter de justifier les violences qui embrasent plusieurs villes françaises.

Deuxièmement, le climat de « mépris » dans les discours politiques et la libération de la parole stigmatisante envers une partie de la population française dans les médias sont les accélérateurs de l’injustice qui crée injustice, colère et ressentiment. Vouloir dresser les gens les uns contre les autres en fonction de leur identité, leur apparence, leur croyance, leur origine est un poison, un piège diffusé par les extrémistes, les racistes, les xénophobes avec lesquels une partie du monde politique flirte aujourd’hui. La banalisation des discours d’extrême droite dans l’espace éditorial et médiatique pousse vers une idéologie meurtrière, car elle appelle à se mettre en guerre contre une partie du peuple qui serait originaire de la diversité [4].

Troisièmement, l’aveuglement ou le déni surréaliste de la part du pouvoir exécutif actuel sur les causes réelles de ces problèmes sociaux est une réalité maintes fois établie [5]. L’injustice, l’hypocrisie, l’usage de faux, l’inégalité, la défiance aux institutions de l’état, la pratique de la devise française de 2 poids 2 mesures de « liberté, égalité, fraternité » dévoilent un climat pervers. Pire encore, le monde pointe les failles de la France : frustration sociale, déni et arrogance du pouvoir actuel durant une décennie ont fait « exploser » la situation [6]. D’ailleurs, l’ONU vient d’enjoindre à la France de s’attaquer sérieusement aux « profonds problèmes de racisme et de discrimination raciale parmi les forces de l’ordre » a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole de l’ONU lors du point presse à Genève, en Suisse [7]. Une discrimination, certes niée par le gouvernement français, mais pointée du doigt partout dans le monde. Les mensonges des policiers, du procureur, des médias et le silence complice de l’état avant que la vidéo montrant l’assassinat du jeune adolescent ne soit diffusée, ont choqué toute la nation et ont mis le feu aux poudres dans les quartiers populaires.

Et après ? Le slogan « justice pour Nahel » lors de la marche blanche du 29 juin est sur toutes les lèvres, et les yeux se tournent sur les instances judiciaires (IGPN) afin de donner le ton : une justice claire et véridique. L’apaisement tant désiré doit venir par des actes de soulagement des pouvoirs publics et de la nation française. Les appels au calme viennent de partout : des associations, des maires, des acteurs religieux qui sont sur le terrain, des footballeurs connus, des parents issus des quartiers populaires… Et même de la mère de Nahel et de sa famille. Aujourd’hui, l’heure est au rapprochement de l’état et de son peuple, encore faut-il réellement avoir la volonté de le faire…

Najoua

[1] www.rtbf.be, article de Maud WILQUIN, publié le 30 juin 2023 sous le titre : « Mort de Nahel : cette affaire peut-elle influencer la montée de l’extrême droite ? »

[2] www.legifrance.gouv.fr  – LOI n° 2017-258 du 28 février 2017 relative à la sécurité publiquePour en savoir plus : article de Mariama DARAME et Jérémie LAMOTHE, publié par Le Monde, le 29 juin 2023 sous le titre « Mort de Nahel : à l’assemblée, la loi de 2017 sur l’usage des armes à feu par les policiers au centre des critiques.

[3] www.politis.fr-article de Pierre JEQUIER-ZALC, publié le 28 juin 2023 sous le titre : « Morts suite à un tir policier : des chiffres records en 2021 et 2022.

Pour en savoir plus, le livre de Edwy PLENEL « L’appel à la vigilance. Face à l’extrême droite » Edition : La découverte.

[4] www.moustique.be, article de Gauthier DE BOCK, publié le 4 juillet 2023 sous le titre « Emeutes après la mort de Nahel à Nanterre : une France aveugle, l’autre déchainée. »

[5] www.tv5monde.com, article de Margot HUTTON, publié le 30 juin 2023 sous le titre « France : les violences en lien avec la mort de Nahel vues par la presse étrangère »[1]www.mizane.info-article publié par la rédaction sous le titre « Nahel : l’ONU appelle la France à « s’attaquer sérieusement aux profonds problèmes de racisme parmi les forces de l’ordre. »

Aujourd’hui est un grand jour !

Du haut de ses cinq ans, cela faisait déjà une semaine que mon petit garçon réitérait inlassablement la même question :

« Maman… encore combien de dodo avant de recevoir mes cadeaux et mes bonbons ? « 

Les effluves de thé à la menthe et le parfum des gâteaux enrobés au miel embaument délicatement les ruelles de la ville.

Aux sorties des mosquées, dans une excitation plus que palpable, les fidèles apparaissent dans des tenues dignes d’un conte des mille et une nuits.

Des djellabas ornées de perles et colorées aux Kamiss des hommes brodés de fil doré, en passant par les Jabadors des nouveau-nés, la joie et la bonne humeur pouvaient se lire sur les visages éclairés par les timides rayons du soleil.

Les traditionnelles siniyas garnies de verre à thé aux motifs orientaux n’attendent plus que nos invités.

Jour après jour, douze mois ont fait le tour et aujourd’hui nous commémorons l’un des plus beaux événements de notre belle religion.

Celui de notre Prophète Ibrahim qui, sur le point de sacrifier son propre fils a fait preuve d’une obéissance et d’une soumission sans faille au Seigneur des Mondes.

Ibrahim en a été dignement récompensé.

Tout à coup me voilà emportée par mes pensées, de l’autre côté du globe.

En Arabie, où des millions de pèlerins vêtus de leurs pagnes de sacralisation et d’abayas déferlent vers la Mecque. Tous convergent vers la maison sacrée.

À Arafat implorant le Miséricordieux d’être Satisfait d’eux, ils quittèrent ce lieu pour Mouzdalifa, autre lieu sacré.

Tout en chantonnant les prières sur mon cher et tendre Prophète Mohammed صلى الله عليه وسلم, je finalisais du bout des doigts ornés de henné les derniers préparatifs d’une décoration empreinte d’un perfectionnisme qui me caractérise tout particulièrement.

Ils y passèrent la nuit dans une ambiance authentique contemplant les étoiles à même le sol caillouteux.

Ce 10ieme jour de Dhul Hijja, les pèlerins armés de foi et de patience se dirigent vers la Ka’aba.

C’est le grand rendez-vous, le lieu de rencontres des cœurs soumis et obéissants en recherchant l’amour et le secours du Tout-Puissant.

Tout cela à travers la circumambulation autour de la Ka’aba (Tawaf), dans les allers-retours entre les monts Safa et Marwa (Sa’ey) marchant ainsi sur les pas de notre mère Hajar.

Les pèlerins sont les invités d’Allah.

Ils accourent des 4 coins du monde sur toutes sortes de montures (cf. Nabil El Nasri voyage à vélo depuis paris vers la Mecque en plus de 60 jours pour le Hajj de l’année 2023-1444).

C’est pour certains le voyage de toute une vie, un projet pensé et planifié durant de longues années.

Ils se sont arrachés à leur confort du quotidien, se sont séparés de leurs familles et cela dans le seul but de répondre à l’appel du Divin.

« Labaika allahouma labaik » sont les paroles récitées en boucle des pèlerins en totale soumission pour purifier leurs âmes et leurs cœurs de tous les mauvais penchants.

C’est une profonde introspection qui s’opère en chacun d’eux.

Une même journée mais deux ambiances différentes. Tantôt tournée vers les délices de ce bas monde et Tantôt tournée vers l’accomplissement du cinquième pilier de l’islam.

Soudain je reviens à ma réalité et je ne cesse de caresser le doux espoir de faire partie des élus par une invitation qui recèle du plus grand des secrets.

Amin.

L&A