« Les secrets de l’amour du Divin », une lecture qui bouleverse l’âme

Il y a des livres qui ne nous laissent pas indemnes.

Des ouvrages qui viennent frapper à la porte du cœur avec douceur, mais aussi avec une vérité si forte qu’on ne peut qu’être transformé.

Les secrets de l’amour du Divin de Helwa fait partie de ceux-là. Dès les premières pages, j’ai senti que cette lecture allait me remuer intérieurement.

Ce n’est pas un simple livre sur la foi ou la spiritualité : c’est un rappel  intime à revenir vers Allah profondeur.

Chaque chapitre est construit autour d’un thème fondamental de la vie spirituelle : l origine de L’amour, la place du cœur, l’aspect spirituels  du Coran,  les 5 piliers le tout dans la plus grande  proximité  du Créateur… 

Et pourtant, ce livre divise. Il est parfois rangé dans les coins discrets des librairies, comme s’il représentait une menace. Certains lui reprochent son approche trop tendre, trop mystique, trop « émotive ». Mais n’est-ce pas révélateur d’un malaise plus profond ? Pourquoi est-ce que l’idée de l’amour d’Allah dérange autant ? Pourquoi la douceur fait-elle peur ? Pourquoi la rigueur, la dureté, voire la crainte, réconfortent-elles parfois davantage certains cœurs ?

Repenser la mort : non comme une fin, mais comme un retour

S’il y a un chapitre qui m’a bouleversée, c’est celui sur le secret spirituel de la mort. Helwa y aborde la mort avec une sérénité désarmante. Loin de l’idée effrayante que l’on nous transmet parfois, elle la décrit comme un retour à l’Origine, un moment d’union avec Celui qui nous aime d’un amour parfait. Non pas une coupure, mais une réunification.

Elle nous rappelle que chaque douleur, chaque perte ici-bas, chaque « petite mort » intérieure, est une occasion de nous détacher de ce qui est illusoire pour nous recentrer sur l’essentiel : Allah. Mourir avant de mourir, disent les sages. 

Et dans cette perspective, la mort devient le début d’une rencontre, non une fin. Une promesse de retrouver Celui que notre âme a toujours cherché. Cette lecture transforme notre rapport à la peur. Elle nous apprend que la foi n’est pas faite pour nous enfermer dans l’angoisse ou la rigidité, mais pour nous libérer dans la confiance et l’amour.

L’amour d’Allah : une évidence oubliée ?

Ce livre repose sur une conviction claire : Allah aime Ses créatures. Un amour constant, inépuisable, sans condition. Mais cette vérité, pourtant centrale dans notre religion, semble parfois mise de côté. Pourquoi ? Pourquoi tant de méfiance vis-à-vis d’un discours qui parle de tendresse, de proximité, d’intimité spirituelle avec Dieu ?

Pourquoi l’amour dérange-t-il autant, alors qu’il est le fondement même de la foi ?

Ce constat m’interpelle. Est-ce que nous nous sommes habitués à une religion perçue comme rigide, austère, voire intimidante ? Est-ce que cela nous rassure davantage de penser à Allah en termes de loi et de punition, plutôt qu’en termes de compassion et de miséricorde ? Ce sont des questions qui méritent d’être posées avec honnêteté.

Et c’est précisément ce que fait ce livre : il pose des questions, bouscule certaines idées reçues, et nous ramène à une foi vivante, sincère, enracinée dans l’amour.

Ce livre n’est pas un ouvrage qu’on lit d’une traite. Il se goûte.il se savoure. Il se médite. Certains passages m’ont accompagnée pendant des jours, comme une lumière intérieure .

Je crois qu’il faut lire ce livre quand on sent que quelque chose en soi appelle à plus de profondeur, quand on a besoin de se recentrer, de se reconnecter à l’essentiel. 

Et surtout, quand on a besoin de voir la vie – et la mort – avec un regard spirituel empli de douceur

Les secrets de l’amour du Divin est bien plus qu’un livre. C’est une conversation d’âme au Divin. Une main tendue vers le cœur. 

Il m’a rappelé que l’amour d’Allah ne nous quitte jamais, même dans les silences, même dans la douleur, même dans l’ultime passage qu’est la mort.

 Et que cette mort, loin d’être une fin, est une promesse : celle de retrouver Celui que notre cœur a toujours aimé, même sans toujours le savoir.

Qu’Allah nous accorde une foi sereine, une vie apaisée, et une mort douce, paisible, et pleine de lumière. AMINE

Hana Elakrouchi

Laylat al Qadr

Une petite méditation simple, personnelle, en écho avec mon état intérieur et celui du monde actuels.

La toute première révélation du Coran au Prophète (sws) a eu lieu pendant cette nuit du mois de Ramadan. Il méditait alors dans la grotte de Hira, quand les premiers versets (1à 5 de la Sourate Al Alaq) lui ont été transmis par l’ange Jibril.

Cette nuit-là, c’est la rencontre entre ce qui est au-delà et ce qui est présent à nous.
C’est le moment où le Divin a pris possession des âmes humaines, du sol, du territoire.
C’est la descente de la Présence divine dans le cœur du serviteur.
C’est l’expérience de l’effacement de l’ego, pour laisser place à la Lumière d’Allah.

Ce que j’aime avec cette explication spirituelle, c’est qu’elle propose une lecture dans laquelle chacun peut vivre « sa propre Laylat al qadr », à tout moment, lorsque son cœur est prêt à accueillir cette Lumière.
J’aime interpréter le verset n°2 comme une nuit qui certes vaut 1000 mois, mais aussi qui dure 1000 mois. Une nuit éternelle, qui ne se termine jamais, car on n’a jamais fini d’accueillir Allah dans notre cœur.

C’est une nuit où nous devons redoubler d’efforts (plus qu’à tout autre moment du Ramadan) pour nous détacher des tracas quotidiens et tenter de rentrer dans un état de méditation presque constant.

Pour moi, ça ne signifie pas nécessairement être assise en tailleur les yeux fermés, ni le front au sol en prosternation.
Pour moi, la méditation est présente à chaque instant.
En marchant.
En lisant.
En discutant.
C’est me poser plein de questions, même si elles restent sans réponse.
Tous ces moments sont propices pour me rapprocher d’Allah.

Durant cette nuit, je laisse mon esprit divaguer, je m’accorde des moments de silence.

Et…

… Je m’émerveille.
De mon environnement. De la nature. De l’oiseau qui fait son nid. De l’abeille qui butine. Des montagnes enneigées. Du jour lumineux. De la nuit obscure. Des étoiles scintillantes.
De la couleur du ciel quand le soleil s’incline doucement à l’horizon.
Des arbres et de leurs racines qui se croisent, se nouent et se soutiennent.
Des humains! Un sourire. Un regard. Une main tendue.
Je m’émerveille face à ce que les humains ont de meilleur. Et je m’en inspire.

… Je suis reconnaissante.
Je remercie Allah de tous Ses bienfaits.
Je Te remercie de m’avoir donné une famille.
Je Te remercie de me permettre de m’instruire.
Je Te remercie pour la bonne nourriture que je mange chaque jour.
Pour l’eau potable.
Pour la lune qui brille chaque soir.
Pour mes cinq sens.
Pour mon lit douillet où je me glisse chaque soir.

… Je demande pardon.
Ô Seigneur! Tu es certes Pardonneur, et tu aimes le Pardon, alors pardonne-moi!
Pardon de ne pas faire assez.
Pardon de vivre si égoïstement.
Pardon de faire la girouette.
De détourner le regard face à la pauvreté, au sens-abrisme, aux injustices.
D’être si aveuglée par le confort que Tu m’as permis d’avoir.
D’être victime d’un système que je répugne tellement mais dans lequel je me complais tant.
Pardon d’être si faible alors que Tu m’as donné la capacité d’être si forte.
Ô Seigneur! Tu es certes Pardonneur, et tu aimes le Pardon, alors pardonne-moi!

… Je confie mes souhaits.
Mon souhait d’être en bonne santé, physique et mentale. De même pour mes proches.
Mon souhait de ne plus vivre en dissonance entre mes valeurs et mes actes.
Mon souhait d’agir davantage pour mon prochain.
Mon souhait d’avoir un cœur apaisé.
Mon souhait d’un monde meilleur, où mes privilèges puissent bénéficier au plus grand nombre.
Mon souhait d’être heureuse.
Et mon ultime souhait : celui que l’Amour se déverse et inonde le cœur de chacun,

Que Ton Amour imprègne l’âme de l’humanité…

S.E.

Donald Trump et les marchés : un ouragan économique aux répercussions mondiales

« Nous pourrions transformer Gaza en une Riviera du Moyen-Orient, un paradis économique sous gestion américaine, s’ils se débarrassaient du terrorisme. » a déclaré Donald Trump. Au-delà de la question palestinienne, Trump a également laissé entendre que la gestion des ressources financières des lieux saints musulmans pourrait être optimisée.Face à la menace, en l’an 570, un grand homme lui a déjà répondu :

« La Kaaba a un propriétaire qui saura la protéger. »

Dans le grand échiquier de l’économie mondiale, certains dirigeants sont des forces tranquilles, d’autres de véritables tempêtes. Donald Trump appartient sans conteste à la seconde catégorie. À chacune de ses déclarations, les marchés tremblent, les investisseurs paniquent ou exultent, et les équilibres géopolitiques vacillent. Son retour en scène a provoqué des secousses aux quatre coins du globe : de Wall Street à la Silicon Valley, en passant par l’Europe et le Moyen-Orient. Regardons de plus près l’impact de son influence sur les tendances économiques actuelles.

L’Amérique sous pression : la tempête des indices boursiers depuis janvier 2025

Lorsque Donald Trump s’exprime, le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq n’ont qu’une seule option : réagir. Depuis quelques mois, les marchés américains sont en chute :

  • S&P 500 : baisse de 4,20 %
  • Nasdaq : baisse de 6,5 %
  • Dow Jones : diminution de 1,9 %
  • Apple (AAPL) : chute de 5,3 %
  • Meta (META) : déclin de 8,1 %

Pourquoi ? Parce que Trump, fidèle à lui-même, a ravivé la menace des guerres commerciales.
Les baisses sont principalement liées aux craintes d’une nouvelle guerre commerciale, initiée par ses déclarations. En réaffirmant son intention d’imposer de lourds droits de douane sur les importations chinoises et européennes, il fait planer le spectre d’un ralentissement économique mondial. Comme un effet domino, les investisseurs anticipent une baisse des marges des entreprises américaines et réajustent leurs portefeuilles, préférant se tourner vers des valeurs plus sûres.

L’Europe et l’Asie : les nouveaux havres de paix ?

Pendant que l’Amérique tangue, l’Europe tire son épingle du jeu depuis début février 2025 :

  • Euro Stoxx 50 : +10 %
  • DAX (Allemagne) : +14 %
  • IBEX (Espagne) : +10,8 %

Loin des secousses politiques américaines, l’Europe apparaît comme un refuge pour les investisseurs. Son positionnement diplomatique stable et ses valorisations attractives attirent les capitaux en quête de stabilité.

Quant à l’Asie, la Chine maintient une certaine résilience :

  • Shanghai Composite (Chine) : +0,60 %
  • Nikkei (Japon) : bond de 7,13 % depuis début février 2025, soutenu par des politiques économiques favorables.

Le Bitcoin et l’Ethereum : Trump déclare la guerre aux cryptos

L’effet Trump ne se limite pas aux marchés traditionnels. Les cryptomonnaies, souvent perçues comme un contrepoids au système financier classique, sont elles aussi touchées :

  • Bitcoin (BTC) : baisse de 23 % depuis son sommet à 109 114 $
  • Ethereum (ETH) : chute de 51,7 % depuis son plus haut à 4 108 $

Pourquoi cette dégringolade ?
Entre autres raisons, Trump a annoncé son intention de réguler sévèrement les cryptomonnaies, affirmant que « le Bitcoin n’a aucune valeur réelle » et que les États-Unis doivent se protéger contre cette menace financière. Les investisseurs, inquiets d’un durcissement législatif, ont préféré liquider une partie de leurs avoirs, entraînant ainsi une correction brutale du marché.

Or et pétrole : les valeurs refuges reviennent en force

Quand Trump agite l’économie, les investisseurs se réfugient dans les classiques :

  • L’or atteint un sommet historique, signe que l’incertitude pousse à sécuriser les placements.
  • Le pétrole connaît une hausse, dopé par les tensions commerciales et les spéculations autour des conflits géopolitiques.

Trump, la Palestine et l’Arabie Saoudite : des propos qui résonnent au-delà de l’économie

Trump ne se contente pas de bousculer les marchés, il enflamme aussi la scène internationale. Sa dernière déclaration sur la Palestine a provoqué un tollé :

« Nous pourrions transformer Gaza en une Riviera du Moyen-Orient, un paradis économique sous gestion américaine, s’ils se débarrassaient du terrorisme. »

Loin d’être une simple vision économique, cette affirmation est perçue comme une tentative d’ingérence et un mépris des réalités géopolitiques locales. Les marchés financiers du Moyen-Orient ont immédiatement réagi, avec une augmentation de la volatilité et une hausse des prix du pétrole.

Trump a également laissé entendre que la gestion des ressources financières des lieux saints musulmans pourrait être optimisée. Une déclaration qui rappelle un épisode historique marquant : l’Année de l’Éléphant.
Lorsque Abraha, gouverneur du Yémen, voulut détruire la Kaaba avec son armée d’éléphants, il fut confronté à Abd al-Muttalib, le grand-père du Prophète Muhammad (ﷺ). Face à la menace, ce dernier répondit avec sérénité :

« La Kaaba a un propriétaire qui saura la protéger. »

Allah envoya alors une nuée d’oiseaux Ababil, qui anéantirent l’armée d’Abraha avant qu’elle n’atteigne La Mecque. Cet événement rappelle une vérité intemporelle : la Kaaba et la Palestine n’appartiennent pas aux puissances de ce monde, elles sont sous la protection du Tout-Puissant.

Trump est, certes, un facteur d’instabilité économique et géopolitique. Mais ceux qui ont voulu s’approprier la Kaaba et soumettre des peuples à leur domination ont toujours échoué.
Aujourd’hui encore, face aux ambitions et aux ingérences, il est essentiel de se souvenir que Dieu est Grand, et qu’Il est le Garant de la Justice et de l’Équilibre du monde. Le chaos économique et politique peut faire trembler les gouvernements, mais la foi reste une boussole inébranlable.

Et durant ce mois sacré de paix, la réponse sera un message de sérénité :
Que ce soit la Palestine, la Kaaba ou tout autre symbole de la foi, ils ont un Propriétaire qui saura les protéger.

Nelm

Ramadan : Un mois de spiritualité et de renouveau

Le mois de Ramadan s’est installé depuis quelques jours déjà, nous nous sommes habitués à lui, à la sensation de faim et de soif qui nous rappelle au quotidien pour qui nous nous privons de ces besoins primaires. Mais pour des millions de musulmans à travers le monde, il représente bien plus qu’une simple période de jeûne. Ramadan est un mois de renouveau spirituel, de purification de l’âme et de renforcement du lien avec le Créateur. Mais quelle est la vraie signification de ce mois béni et comment en tirer le meilleur parti ?

Une célébration de la révélation

Le Coran ne mentionne le Ramadan qu’une seule fois, dans la sourate Al-Baqara. Ce passage le présente avant tout comme le mois au cours duquel le Coran a été révélé. Cela signifie que Ramadan est avant tout une célébration de la parole divine, une occasion de renouer avec ce Livre qui guide nos vies.

Le Prophète Muhammad (saw) nous a enseigné que Ramadan est un mois de transformation. Chaque année, il nous donne l’opportunité de nous recentrer sur l’essentiel : notre relation avec Allah, notre comportement envers autrui et notre capacité à maîtriser nos désirs et passions.

Une discipline pour l’âme

Le jeûne, prescrit aux croyants, est bien plus qu’une abstention de nourriture et de boisson. Il s’agit d’un exercice spirituel destiné à renforcer la taqwa, c’est-à-dire la conscience d’Allah. En privant le corps, nous élevons l’âme et nous développons une autodiscipline essentielle dans notre cheminement spirituel.

Allah nous dit dans le Coran : « Le jeûne vous a été prescrit comme il l’a été à ceux qui vous ont précédés afin que vous atteigniez la piété. » (Sourate Al-Baqara, 2:185)

Autrement dit, le jeûne est un outil pour développer une relation plus profonde avec Allah, pour apprendre à contrôler nos pulsions et nous recentrer sur nos valeurs essentielles. L’un des plus beaux cadeaux de Ramadan est la puissance de l’invocation (du’a). Juste après les versets sur le jeûne, Allah dit : « Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi, alors Je suis tout proche. Je réponds à l’appel de celui qui M’invoque lorsqu’il M’invoque. » (Sourate Al-Baqara, 2:186)

Ce verset nous rappelle qu’Allah est toujours près de nous et qu’Il attend simplement que nous nous tournions vers Lui. Ramadan est donc une opportunité unique pour multiplier les du’as, demander pardon, solliciter des bienfaits et renforcer notre foi.

Mais comment profiter pleinement de ce mois béni ?

  1. Reconnectez-vous au Coran : Prenez du temps chaque jour pour lire et méditer sur ses enseignements.
  2. Soyez assidus dans la prière : Profitez de ramadan pour renforcer votre relation avec Allah à travers la prière et le dhikr.
  3. Multipliez les actions bienveillantes : Aidez les plus démunis, soyez bienveillant avec votre entourage et évitez les conflits.
  4. Faites des du’as sincères : Profitez des moments où les invocations sont exaucées, notamment avant la rupture du jeûne et durant la nuit.
  5. Maîtrisez vos paroles et vos actions : Ramadan est aussi un jeûne du regard, de la parole et du comportement.

Ramadan est un cadeau divin qui revient chaque année pour nous rappeler ce qui est essentiel. Il est une invitation à la spiritualité, à la discipline et à la gratitude. Que ce mois soit pour chacun d’entre nous une véritable révolution intérieure, un tremplin vers une foi plus profonde et un mode de vie plus en accord avec les enseignements du Coran.

Que ce Ramadan soit un mois de bénédictions, d’amour et de proximité avec Allah. Amine !

H.B.

Le jeûne du mois de ramadan

Le jeûne est de l’islam le quatrième pilier,
Tout musulman capable doit s’y conformer.
À la puberté, on commence à jeûner,
Le malade et le voyageur, eux, en sont exemptés.
Durant ce mois, les portes du Paradis sont grandes ouvertes,
Chaque jour, des actes de bien, on part à la quête.
Les portes de l’Enfer sont, elles, fermées,
Les diables, eux, sont enchaînés.
De manger et de boire, le croyant s’abstient,
Sa mauvaise langue, il retient.
Consciemment ou par mégarde,
De faire le mal, il se garde.
L’intimité entre époux attend le crépuscule,
Seuls y cède les incrédules.

Le jeûneur s’adonne à la lecture du Coran
Et s’éloigne des écrans.
Il médite sur la Création
Et multiplie les actes d’adoration.

Ô, vous les femmes, de derrière vos fourneaux, sortez !
De dikhr, de prières surérogatoires, veillez à vous ravitailler.
Des msemens, beignets et autres crêpes à mille trous, la spiritualité est plus nourrissante,
Pour l’esprit du croyant, elle est des plus rassasiantes.
Oui, nos troupes, il faut nourrir
Mais ne sombrons pas dans le délire.
Le gaspillage, le pire des fléaux,
Pourtant, on tombe toujours dans le panneau.
Se frottent les mains bouchers et boulangers,
Durant ce mois, ils se refont une santé.
On a les yeux plus gros que le ventre,
Pourquoi y succomber, diantre !
Au placard, les repas pantagruéliques
Et de se nourrir sainement, on s’applique.
Cuisiner, un acte d’adoration,
Seulement si on y met l’intention.
Ô hommes, privilégiez l’entraide,
Contre le ras-le-bol, elle est un remède.
On se répartie les tâches
Ainsi, les cœurs ne s’entachent.

Utilisons notre temps à bon escient,
Faisons preuve de discernement.
Les pas du prophète ﷺ , suivons,
À l’essentiel, revenons.
On se rapproche du Créateur,
Lui, notre Bienfaiteur.
Pour toutes Ses grâces, on Le remercie,
Comme il se doit, on Le glorifie.

Fatima B.

Ramadhan… Nous y voilà !

À l’orée de ce mois béni, nous entrons dans un combat intérieur où l’âme cherche à s’élever, le cœur à se purifier, et l’esprit à se recentrer sur l’essentiel. 

Chaque aube enseigne la patience, chaque crépuscule invite à la gratitude. Noble invité du temps, témoin du miracle descendu sur terre il y a 1459 ans, tu es plus qu’un mois : une lumière, une parenthèse sacrée où le monde s’apaise et où les âmes s’épurent. Pont entre la terre et le ciel, souffle divin, tu rappelles la grandeur du Créateur et la noblesse de Son message.

Et nous voilà, pèlerins de cette quête spirituelle, prêts à accueillir tes bienfaits, à dépasser nos faiblesses, à renaître plus forts et plus proches du Divin.

Que nos cœurs s’ouvrent à toi, que nos âmes se laissent façonner par ta lumière.
Ta visite annuelle est un souffle de miséricorde.

En toi réside une force silencieuse, un écho du divin qui anime nos cœurs et ravive notre foi. Tu es l’instant suspendu où le monde ralentit pour que l’âme s’élève, où l’intelligence s’agenouille devant la sagesse divine.

Ceux qu’Allah a choisi goûteront à ton essence en lisant le Livre sacré que tu as vu descendre, au cœur de la région du Hadjaz. Béni sois notre bien-aimé prophète, Muhammad ibn Abdallah ibn Abd al-Muttalib ibn Hashim (sws) qui a sacrifié sa vie pour nous préserver du mal.

Ces derniers jours, ton nom « Ramadhan » résonne dans ma communauté. Joie, admiration, nostalgie… Tu es une vague d’émotions, une ascension spirituelle, un défi d’amour, de générosité et de dépassement de soi. Tes heures filent, témoins de nos efforts et de nos remises en question. Entre l’aube et le crépuscule, tu offres à chacun un miroir où se reflète l’âme en quête de son Seigneur.

Ramadhan, que ton passage nous transforme et fasse de nous des êtres de lumière, prêts à accueillir l’infini amour du Très-Haut. Ton arrivée m’enveloppe d’une paix indicible, teintée d’une mélancolie douce et profonde.

C’est étrange… Aujourd’hui, mes pensées s’élèvent vers mes proches disparus et ces âmes chères qui ont quitté ce monde : notre bien-aimé prophète, ses compagnons, nos prédécesseurs qui ont combattu au nom de l’islam, mon père, mon frère, mes aïeux, mes sœurs et frères en Islam. Leur absence est une présence subtile, un écho dans le silence, une empreinte gravée au creux de mon cœur. Je me dis qu’ils ne sont pas partis… qu’ils ont simplement changé de demeure. Leurs paroles résonnent encore en moi, certains de leurs gestes se perpétuent à travers mes actes. Sans eux, sans leur amour et leur sagesse, je ne serais sans doute pas celle qui écrit ces mots aujourd’hui. Je me dis que j’ai une opportunité immense, bien au-delà de ce que mon esprit peut saisir, de pouvoir te rencontrer une année de plus, ya Ramadhan. Quelle bénédiction infinie, quelle chance inouïe ! Que dire de plus, sinon : « Al hamdouliLah ! »

Tu ravives en moi la certitude que rien ne se perd et que chaque graine semée dans le bien porte ses fruits au-delà du temps. Nos aînés ont transmis des flammèches de lumière qui continuent d’illuminer nos cœurs. Que ce soit une lettre du Coran ou une histoire enseignée, un conseil murmuré, un sourire offert, tout demeure inscrit, conservé précieusement par le Tout Miséricordieux.

Quelle douce espérance que de savoir qu’au jour du Jugement, ces âmes bien-aimées récolteront les fruits de ce qu’elles ont planté. Qu’Allah, dans Son infinie bonté, nous accorde Sa clémence et fasse de nos prières un baume pour notre éternité. Car si la séparation est une épreuve, la promesse de se retrouver au-delà des étoiles est une consolation ineffable.

Ramadhan, rappel que tout est passage sauf l’Amour du Très-Haut…
Toi qu’Allah a sublimé par Ses bienfaits, je t’accueille avec humilité et ferveur. Si Dieu me le permet, je vivrai chacune de tes heures comme une opportunité d’élévation.

Sois mon hôte, installe-toi dans ma demeure, éclaire mes nuits durant la récitation des paroles sacrées et mes jours de ta patience. Ensemble, faisons de chaque instant une aumône, de chaque silence une invocation, de chaque lecture du Coran un voyage vers l’infini.

Que mes lèvres s’abreuvent des versets du Très Haut, que mon cœur se nourrisse de Sa sagesse, que mes pas se dirigent vers ce qui L’agrée. Sois ce miroir où je contemple l’âme que je veux devenir, ce vent qui éparpille mes fautes et ce feu qui ravive ma foi.

Bienvenu à toi Ramadhan, bienvenu dans le cheminement de ma foi, noble invité du Très-Haut.

F.E.

Il est à nos portes…

Lui écrire est difficile pour moi. Lui parler me semble plus facile. Cependant, je laisse libre cours à mes doigts sur cette page blanche pour s’exprimer, même si ma défiance à le faire m’envahit quelque peu, car j’ai l’impression qu’on entre par effraction dans mon cœur. Alors, j’irai là où mes mains transcriront et où mon cœur, palpitant encore, a quelque chose à lui dire. Ma plume m’accompagne, elle n’est que l’expression de ce qui l’habite. Alors, je vous offre ces quelques mots…

J’ai une confidence à vous faire. Il arrive. Ramadan sera bientôt au cœur de nos vies. Il est tellement attendu, mais aussi tellement craint. Étrange sensation que de se sentir si humain face à sa venue. Est-ce que je doute de mes capacités à l’accueillir ? Certainement ! Je doute. Mais j’ai envie d’aller jusqu’au bout. J’essaierai de l’atteindre, cette paix au milieu du vacarme et de la hâte de mon âme. J’essaierai de construire un cœur léger dans le silence. J’essaierai de me libérer de mes doutes, de mes fardeaux, de mes lourdeurs.

Craindre de ne pas être à la hauteur de ces bénédictions. Craindre d’être dans la continuité d’une vie fade et pauvre. Vais-je faire partie de ceux qui changent, de ceux qui luttent, de ceux qui renaissent ?

Il se murmure dans les demeures, entre les cieux et la terre, qu’une nouvelle saison pleine de promesses arrive. Vais-je en saisir les fruits, prendre ma part de délices, inscrire ma place sur les honorables Tablettes ?

Lui écrire, c’est me dévoiler. C’est découvrir mes erreurs, mes colères souterraines, mes larmes, mes douleurs, mes défis, mes espoirs. Lui dévoiler une partie de moi, c’est révéler mon cœur au final.

Mais sa venue me désarme, me trouble même, car elle me donne espoir. Il m’appelle à Lui. Il m’appelle à briser mes chaînes, celles que je cache à l’abri des regards, dans les abysses sombres de mon âme.

Néanmoins, il trouvera les mots pour m’apaiser, il me convaincra de regarder le monde à travers la lucarne de mon cœur. Laisser la partie la plus lumineuse que l’Unique a mise en chaque être humain prendre plus de place. Cette étincelle qui transforme nos vies.

Il vient rétablir la connexion divine. Ainsi, je suis l’héritière d’une métamorphose dont je ne connais pas l’issue à chaque visite. Je suis dépositaire d’un changement dont la décision d’agir s’impose à moi. Quand il vient, il ne s’aligne pas comme une continuité, mais comme un point de départ.

Le point de départ d’une histoire, d’un lien, d’un renouveau. Sa présence suffit à alléger mes peines. Sa sincérité ne vacille pas avec le temps, son amitié ne dépend ni des circonstances ni des intérêts. Il est là pour moi, pour mon Salut. Et, fébrilement, il m’aidera à construire une paix intérieure afin de sentir Sa Miséricorde, Son Pardon, Son Amour. C’est Sa promesse. Alors, mes barrières tombent et mon cœur s’expose. J’ose rêver grand. Bientôt, j’écrirai un nouveau chapitre de mon histoire… »

Et vous, quelle est votre histoire avec Ramadan ?

Najoua

Reprendre le contrôle

Si l’actualité nous déprime, si nous avons l’impression que notre Terre brûle, que les plus grandes fortunes de la planète captent toujours plus de richesses alors que la pauvreté monte en flèche, que les partis d’extrême droite prennent plus de place au sein des grands pouvoirs politiques en Europe[1] et dans le monde, que les droits humains les plus fondamentaux sont bafoués, que la notion même de démocratie est en danger, alors nous sommes en présence d’une réalité menaçante.

Parce que voir et constater les injustices à l’œuvre, la montée des inégalités, la destruction de l’environnement et de la planète sans s’indigner, sans ressentir une envie profonde de changement, est préoccupant. Il ne nous reste alors qu’un choix inévitable mais nécessaire pour reprendre le contrôle : Résister !

La résistance intellectuelle

La résistance est un mot chargé d’histoire, lourd de sens. Sommes-nous entrés aujourd’hui dans une phase de résistance ?

Nous assistons à un basculement historique marqué par l’ascension potentielle de l’extrême droite au pouvoir.[2] Ce n’est pas anodin, car il ne s’agit pas d’un simple changement politique parmi d’autres, mais d’un mouvement dangereux qui abîme la démocratie à des degrés divers. Aujourd’hui, nous sommes attachés à la démocratie et aux droits humains. Nous refusons de voir les discriminations s’institutionnaliser. C’est pourquoi il est urgent de résister contre cet écosystème de haine afin qu’il ne perdure pas. L’Histoire nous rappelle vers quoi nous nous dirigeons si nous manquons de vigilance.

Parler de résistance n’est pas un appel au soulèvement violent ni à la prise des armes. Ici, il est question d’une résistance informationnelle, d’une résistance intellectuelle. En effet, ce mouvement extrême s’empare de la société à travers un vocabulaire soigneusement choisi, une propagande bien ficelée et des thématiques ciblées.

Nous avons un rôle à jouer : sans dépolitiser les enjeux, nous devons nous rappeler que nous avons la capacité d’agir de multiples façons. La résistance pacifique passe par les mots, les livres, la bataille de l’information : comprendre pour mieux saisir, comprendre pour mieux agir, comprendre pour mieux transmettre. Sans culture historique et politique, on ne peut que s’égarer. Résister à l’oppression, à l’exploitation des hommes et de notre planète passe par le décryptage de l’information, un exercice extrêmement difficile:

« Vous voulez lutter contre les injustices, pour la paix, pour la planète ? De quoi avez-vous besoin ? D’abord d’une information qui reflète la réalité. Or, sur ce chemin, les pièges sont nombreux : entre les copinages de l’industrie médiatique et certains fantasmes sur le Net, entre les agences chargées de vendre les guerres et la répression des lanceurs d’alerte, entre les influences politico-militaires sur le cinéma d’Hollywood et les intimidations croissantes à l’encontre des journalistes, il faut tenir sa garde : l’info est bien un sport de combat. »[3]

Prise de conscience

La montée de l’extrême droite et de ses dérives[4] nous place dans une posture d’indignation.[5]  L’indignation est la capacité à ne pas accepter comme un état de fait une situation que l’on considère injuste. Elle peut être le déclencheur de la résistance, car dans l’Histoire, c’est bien ce sentiment qui a provoqué de grands changements : face à une situation jugée insupportable, des personnes ont tout mis en œuvre pour que les choses évoluent.

Nous vivons à une époque où, sur les réseaux sociaux, tout le monde s’indigne pour un oui ou pour un non. Cela donne l’impression que l’indignation est devenue une facilité de l’esprit, ce qui la décrédibilise. Il est donc fondamental, avant de s’indigner, de vérifier ses sources, d’obtenir une information complète, libre et pertinente, et d’examiner les raisons de cette indignation. Car on ne s’indigne pas sur une croyance, mais sur un fait réel. Ce n’est qu’ensuite que l’on peut passer à l’action, pacifiquement et intelligemment. Sans cela, l’indignation n’a que peu d’intérêt. Toutefois, il est sain de la ressentir.

L’Homme est appelé à parfaire cette humanité en lui, de génération en génération. Chaque culture, chaque communauté porte en elle quelque chose d’universel : se connecter au meilleur de ce qui existe et effectuer un « tri sélectif » afin de réformer ce qui doit l’être. Chacun de nous est responsable d’apporter à son époque une note d’espérance constructive : c’est la voie de la démocratie.

« Être homme, c’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde. »

Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes.

Autrement dit, il s’agit d’une manière de vivre ensemble et de se renforcer collectivement face aux défis de notre temps : la diversité dans l’unité.

Être fort intellectuellement, c’est donner à nos vies un horizon plus vertueux et sortir de cette torpeur du superficiel et de la démesure qui nous fossilise dans l’inaction. Être fort éthiquement, c’est rappeler que le vent du changement impose souvent de dire non face aux humiliations infligées par ceux qui croient avoir tout pouvoir sur nous. Être fort humainement, c’est construire ce pour quoi nous avons été créés et remettre le bien-être humain au centre de nos préoccupations :

« Les temps difficiles créent des hommes forts. Les hommes forts créent des périodes de paix. Les périodes de paix créent des hommes faibles. Les hommes faibles créent les temps difficiles. »

Ibn Khaldoun, savant musulman, économiste, homme d’état, sociologue du 14 ième  siècle.

Najoua

[1] Pour en savoir plus : documentaire de ARTE diffusé le 27 aout 2024. « White Power : au cœur de l’extrême droite européenne »

[2]www.fr.statista.com/themes/10062/la-montee-de-l-extreme-droite-en-europe/#topicOverview.

[3] L’information est un sport de combat de Adam BOUITI. Editions : Investig’Action. 2024

[4] Pour en savoir plus : Résister de Salomé Saqué. Editions : Payot. Paru en 2024

[5] Indignez-vous ! de Stéphane Hessel. Paru en 2010. Editions : Indigène. A travers cet essai, l’auteur nous rappelle les vertus de l’indignation.

Méditations…

Le verset 13 de la sourate Ghafir (40:13) nous rappelle cette vérité profonde :
« Il vous montre Ses signes et fait descendre du ciel des provisions, mais seule une âme perverse se détourne de Ses signes. »

Reconnaître les signes d’Allah dans l’adversité, comme un voile sur le cœur

Il y a des moments dans la vie où, malgré tous les efforts pour rester positifs, la douleur et les épreuves semblent prendre le dessus, elles semblent nous noyer.
Les épreuves, qu’elles soient personnelles, sociales ou naturelles, comme celles qui ont récemment frappé une ville d’Amérique, nous rappellent la fragilité de notre existence. En l’espace de quelques heures, des vies ont été réduites en cendres par les flammes, et les biens les plus précieux ont été détruits. Cela soulève une question essentielle : quel est le véritable bienfait dans tout cela, ma vie ou mes biens ?

La réponse, bien que difficile à percevoir au premier abord, réside dans la reconnaissance des signes d’Allah. Lorsqu’on traverse des moments difficiles, il est facile de se laisser submerger par la perte et la souffrance, de se concentrer sur ce qui nous échappe plutôt que sur ce qui nous reste. Pourtant, c’est précisément dans ces moments que l’on doit se rappeler que, malgré les épreuves, la vie continue, que nous sommes en bonne santé, et que nous avons la capacité de respirer, de penser, de réfléchir ; et cela est un bienfait immense.

Le verset 13 de la sourate Ghafir (40:13) nous rappelle cette vérité profonde :


« Il vous montre Ses signes et fait descendre du ciel des provisions, mais seule une âme perverse se détourne de Ses signes. »

Ce verset nous invite à ouvrir les yeux et le cœur face aux signes d’Allah, même (et surtout) dans l’adversité. Nous avons tendance à chercher des réponses dans les choses matérielles, dans l’argent, les biens ou la réussite sociale, oubliant que tout cela peut disparaître en un instant. Ces incendies qui ont détruit une ville prospère nous rappellent cette fragilité. Dans ces moments de chaos, ce qui reste est l’essence même de la vie : la santé, la foi et la capacité de continuer à avancer.

Le bienfait d’être en vie, en bonne santé et d’avoir l’opportunité de changer notre regard sur les choses ne réside pas dans la possession de biens matériels, mais dans la prise de conscience que chaque instant que nous vivons est un don d’Allah. Nos possessions, aussi précieuses soient-elles, ne peuvent combler le vide de l’âme, et la vraie richesse réside dans notre capacité à reconnaître les bienfaits qui nous sont accordés, même dans les moments difficiles.

Cependant, il est facile de se laisser emporter par l’amertume et la frustration, de penser que tout est contre nous. Le vrai défi réside dans notre capacité à ne pas être aveuglés par nos propres désirs et nos perceptions limitées de ce qui est important. La perversité du cœur ne réside pas dans les épreuves que nous traversons, mais dans notre réaction face à elles. Si nous choisissons de nous perdre dans la douleur et l’incompréhension, nous risquons de fermer notre cœur aux véritables bénédictions d’Allah.

C’est dans ces instants de difficulté que la lumière peut émerger. Lorsque nous réajustons notre vision, que nous rééquilibrons nos perspectives, nous commençons à comprendre que chaque souffle, chaque sourire, chaque moment de répit est un signe divin, un bienfait d’Allah. Ce que nous prenons pour acquis devient alors précieux, et nous apprenons à chérir ce qui est vraiment essentiel : la santé, la famille, la foi et la chance de continuer à avancer sur ce chemin de vie.

Au final, il ne s’agit pas de nier la douleur ou de minimiser les pertes. Il s’agit de trouver la force de voir au-delà de la surface, de comprendre que les véritables richesses de la vie ne sont pas dans ce que nous possédons, mais dans ce que nous reconnaissons comme étant des bienfaits d’Allah. La clé est d’ouvrir le cœur et l’esprit, de voir les signes qui nous entourent et d’accepter chaque instant comme une bénédiction.

Hana Elakrouchi

Quand l’Histoire fait mentir les clichés : l’islam, pionnier des droits des femmes

Ah, le mythe tenace d’un islam oppressant pour les femmes… Alors qu’en réalité, l’islam, dès ses origines, les a élevées au rang de figures essentielles dans la société. Conseillères, cheffes d’armée, gardiennes de savoirs et enseignantes : les femmes musulmanes des premiers siècles ont marqué l’Histoire bien au-delà de ce que l’on ose parfois imaginer. Petit voyage dans un passé glorieux qui ferait pâlir de jalousie bien des “modernes”.

Khadija : entrepreneuse, stratège et conseillère de génie

On commence par Khadija bint Khuwaylid, première épouse du prophète Mohamed ﷺ. Pas une femme ordinaire, mais une entrepreneuse prospère à la tête d’une caravane commerciale. Imaginez une “CEO” avant l’heure, mais sans le parachute doré.

Khadija n’a pas seulement financé la mission prophétique avec ses richesses. Elle a été la première croyante et, surtout, une conseillère avisée pour son époux. Lorsque le prophète Mohamed ﷺ, bouleversé par la première révélation, rentra tremblant à la maison, c’est Khadija qui l’apaisa, analysa la situation et l’encouragea à poursuivre sa mission.  Pas mal pour quelqu’un qui, selon certains clichés, serait “soumise”.

« On a douze siècles d’avance, ça va aller mais merci pour votre sollicitude. »

Aïcha : érudite, médecin et cheffe d’armée

Aïcha bint Abu Bakr, l’une des épouses du Prophète, est une autre figure incontournable. À la fois politicienne, enseignante et pionnière en médecine, son influence s’étendait sur plusieurs générations.

La médecine prophétique

Réputée comme l’une des plus grandes expertes de la médecine prophétique, Aïcha maîtrisait l’art des traitements naturels et des remèdes. Les compagnons du prophète Mohamed ﷺ la surnommaient d’ailleurs “la meilleure des médecins”, et pas pour la flatter. Ses connaissances n’étaient pas théoriques : elle soignait, diagnostiquait et transmettait son savoir avec une précision remarquable.

Cheffe d’armée et politicienne

Si vous pensez que les femmes en politique, c’est une nouveauté, revoyez vos classiques. Aïcha a dirigé une armée lors de la célèbre bataille du Chameau. Stratège, éloquente et charismatique, elle a marqué son temps comme une cheffe politique redoutable.

Enseignante et érudite

Avec pas moins de  2 210 hadiths rapportés et une expertise reconnue en théologie, jurisprudence et exégèse, Aïcha était aussi une enseignante respectée. Des hommes et des femmes venaient de loin pour étudier auprès d’elle. Et pendant ce temps-là, en Europe ? Les femmes étaient toujours interdites d’université…

Hafsa : gardienne de la parole divine

Hafsa bint Umar, fille du deuxième calife Omar et épouse du Prophète, n’a pas eu qu’un rôle symbolique dans l’histoire de l’islam. Sa plus grande mission ? Devenir la gardienne du Coran.

Après la compilation du texte sacré sous Abu Bakr, c’est Hafsa qui fut choisie pour conserver la version originale du manuscrit. Pourquoi elle ? Parce qu’elle était reconnue pour sa piété, son intelligence et sa fiabilité. Plus tard, cette copie servira de base pour la standardisation du Coran sous le califat d’Othman. En résumé : sans Hafsa, pas de Coran tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Hafsa incarne aussi la confiance et le respect que l’islam accorde aux femmes compétentes. Gardienne de la parole divine : il faut avouer que ça claque comme titre de poste.

Nussaiba bint Ka’ab, une soldate résiliente 

Nussaiba bint Ka’ab, aussi connue sous le nom d’Umm ‘Ammarah, est une figure emblématique de l’histoire islamique, reconnue pour son courage exceptionnel et sa foi inébranlable. Elle participa à plusieurs batailles majeures, dont Uhud, Hunayn et Yamamah. Lors de la bataille de Yamamah, elle subit de nombreuses blessures, y compris la perte de son bras, tout en poursuivant son vœu de se venger de Musaylima l’Imposteur, qui avait torturé et tué son fils, Habib. Avec son fils Abdullah, elle joua un rôle dans la mise à mort de Musaylima.

Après cette bataille, Nussaiba retourna à Médine, où elle vécut ses dernières années. Elle est décédée durant le califat de Umar ibn al-Khattab, qui la tenait en haute estime pour ses sacrifices et son dévouement. Il veilla à ce qu’elle soit honorée et qu’elle reçoive des récompenses à la hauteur de ses actions héroïques.

Nussaiba reste un exemple éclatant de foi, de bravoure et de dévouement, et son histoire continue d’inspirer les générations musulmanes comme symbole de justice et de résilience

Elle est citée pour ses contributions dans les cercles de savoir et pour son courage dans des missions diplomatiques et sociales.

Les droits économiques et sociaux : quand l’islam devance son temps

On parle souvent de l’émancipation économique comme d’une lutte récente. Sauf que, sous le califat d’Omar ibn al-Khattab, on avait déjà tout compris :

  • Prime de naissance pour chaque nouveau-né.
  • Allocation d’allaitement, versée aux mères pour soutenir l’éducation des nourrissons.
  • Allocations familiales, bien avant que l’Europe n’y pense au XXᵉ siècle.

Cerise sur le gâteau : dans l’islam, la femme conserve intégralement ses biens et ses revenus. Elle n’a aucune obligation financière envers sa famille, contrairement au mari qui doit tout assurer. Même les dépenses pour les enfants sont sa responsabilité. Madame peut choisir de travailler, mais elle n’est pas obligée. Alors, c’est qui le progressiste ici ?

Comparaison avec l’Occident : une avancée de plusieurs siècles

Pendant que le monde musulman valorisait déjà les contributions des femmes, l’Occident avait encore du mal à se décider :

  • Éducation : Les filles en Occident n’ont eu accès à l’école qu’à partir du XIXᵉ siècle. Dans l’islam, hommes et femmes avaient l’obligation d’apprendre dès le VIIᵉ.
  • Vote et politique : Les musulmanes participaient activement à la vie publique dès les débuts de l’islam. En France, les femmes n’ont obtenu le droit de vote qu’en… 1944.
  • Protection sociale : Les allocations familiales ? Inventées sous Omar ibn al-Khattab, pendant que l’Europe se demandait encore si les enfants n’étaient pas juste une “main-d’œuvre miniature”.

Une vision intemporelle : quand modernité rime avec tradition

L’histoire de l’islam regorge de figures féminines puissantes et inspirantes :

L’islam n’a pas attendu les révolutions féministes du 20ᵉ siècle pour garantir aux femmes un rôle central dans la société. “Iqra” (Lis), le tout premier mot révélé au prophète Mohamed ﷺ, n’est pas une simple directive. C’est une révolution intellectuelle, une invitation à explorer, comprendre et transmettre le savoir. Ce verset souligne l’obligation sacrée pour chaque musulman d’être un ambassadeur de la connaissance. Non seulement cela impose d’avoir une bibliothèque bien fournie — et surtout dépoussiérée —, mais aussi de partager ce savoir pour éclairer le monde.

Le prophète Mohamed ﷺ a d’ailleurs déclaré :

« La quête de la connaissance est une obligation pour tout musulman. » (Sunan Ibn Majah, Hadith 224).

Dans cette quête du savoir, le musulman ne peut jamais être dans l’inertie. La connaissance ne peut être thésaurisée.  ll ne se contente pas de consommer le savoir : il le propage. Le croyant l’acquiert ou le transmet.

Dans un monde où les informations circulent à une vitesse vertigineuse, il se doit de trier, comprendre et incarner les principes qu’il apprend. L’exemple des premières figures féminines de l’islam et la place centrale de la connaissance dans cette civilisation devraient inspirer chaque génération à devenir des phares de lumière dans un océan d’ignorance.

Mesdames, lorsque vous entendrez,  l’islam est en retard, redressez vos épaules, relevez le menton, souriez avec dignité et rappelez-vous ces femmes incroyables.

« On a douze siècles d’avance, ça va aller mais merci pour votre sollicitude. »

Alors, la prochaine fois que vous ouvrirez un livre, souvenez-vous : vous suivez l’ordre divin d’Iqra”. Et avec chaque mot lu, vous contribuez à faire revivre l’héritage intellectuel glorieux de l’islam. “Iqra”, et que la lumière de votre savoir illumine le monde.

Nelm