Humanité, neutralité, impartialité, autonomie sont les 4 principes fondamentaux de l’action humanitaire. Ces valeurs internationales répondent aux souffrances humaines partout où elles se manifestent, en prêtant une attention particulière aux populations les plus vulnérables. Ainsi, l’aide humanitaire ne favorise aucun camp lors de conflits armés. Elle doit être octroyée sur la seule base des besoins, sans aucune discrimination culturelle, religieuse ou ethnique. De plus, leurs finalités doivent être détachées des objectifs économiques, militaires ou autres. En effet, aucune influence politique, stratégique n’entache leurs actions. Ce besoin d’agir face à une multiplication de crises humanitaires, sanitaires fait partie de notre conscience en tant qu’être humain. Alors, l’action humanitaire est-elle la solution à tous les problèmes du monde ? L’humanitaire, nouvel acteur politique de son temps ?
Objectif : la dignité humaine
Guerres, exodes, catastrophes climatiques, famines sont observées depuis plusieurs années. Le monde actuel vit une transition dans le sens large du terme : énergétique, écologique, numérique, financière, démographique ( vagues de réfugiés économiques, climatiques, politiques). Et l’humanitaire vit dans cette complexité géopolitique à laquelle il faut répondre aux besoins, en s’adaptant aux contraintes des pays d’intervention. À travers le monde, les communautés religieuses et associatives s’empressent d’aider les plus démunis et ceux qui sont en détresse financière : une forme d’altruisme qui élève notre humanité. La multiplication des associations et des ONG est une preuve évidente du besoin d’aide dans le monde car il reste tant à accomplir. L’Homme est donc, source d’action et de soutien aux pauvres et aux faibles. Quelques fois, les actions de solidarité sont fortement limitées sur le plan géopolitique (les astreintes naturelles et climatiques, les embargos, les contraintes volontaires de l’acheminement de l’aide par des barrages militaires et par une politique « génocidaire »). En effet, cette dimension politique freine l’action humanitaire ; ce qui rend complexe leurs champs d’action. Sur le terrain, les acteurs humanitaires sont en première ligne ; c’est pourquoi ils aspirent et militent pour une forme d’immunité politique afin de ne plus être impactés par les conflits et contraintes gouvernementales. Leur démarche est une forme de politique, mais humanitaire car ils n’ont aucunement une approche d’appartenir à un parti. « Les acteurs humanitaires ont bien une responsabilité sociale et politique, celle d’alerter sur des situations de crise et de confronter les autorités politiques à leurs responsabilités vis-à-vis des populations les plus vulnérables. » Mais pour cela, il faut des partenaires convaincus et responsables. De plus, ce sont les États qui sont juridiquement garants de la sauvegarde de toutes les ressources caritatives (humaines, logistiques) sur le terrain d’intervention.
Gaza, séisme humanitaire
Veiller à acheminer jusqu’aux populations affectées par les crises, les aides nécessaires et prioritaires, souvent dans un environnement politique et sécuritaire complexe, est une tradition universelle à tout organisme. Cependant, en Palestine, le ton change et la situation reflète l’impuissance d’intervention sur le terrain. Pourtant les besoins là-bas dépassent l’entendement. En effet, les contraintes logistiques d’aide sur place prennent une tournure inhumaine concernant la bande de Gaza. Plus d’un mois après la décision de la Cour Internationale de Justice (CIJ), Israël ne permet pas l’entrée d’une aide suffisante dans la ville et ne s’est pas conformé aux ordonnances de mesures minimales, à savoir l’aide humanitaire vitale et les services élémentaires d’assistance aux populations sensibles. « L’ampleur et la gravité de la catastrophe humanitaire causée par les bombardements incessants, les destructions et le siège étouffant mis en place par Israël, exposent plus de 2 millions de Palestiniens de Gaza à des préjudices irréparables. » Les images de cette catastrophe humanitaire nous parviennent des réseaux numériques. Des scènes de chaos où les convois terrestres ont été attaqués par les forces israéliennes et pillés par des civils palestiniens désespérés. C’est pourquoi, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) décide d’envoyer l’aide par voie aérienne. Initialement utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale pour ravitailler les troupes isolées sur le terrain, les parachutages sont devenus un outil apprêté pour l’acheminement de l’aide. Ils ont été servis pour la première fois par les Nations Unies (ONU) en 1977. Cependant, ils sont considérés comme le « dernier recours » lorsque les options efficaces échouent. Entrer à Gaza, c’est entrer dans une zone de guerre dans laquelle les bombardements et les tirs sont incessants. Les humanitaires exposent leurs vies pour mener à bien leur mission afin de livrer l’aide vitale à la population, et sont impactés par les atrocités des offensives. Leur posture est un défi de détermination et de courage.
L’humanitaire est interpellé dans sa conscience, dans son éthique et dans ces valeurs (citées en début d’article) face à Gaza. D’abord, par une situation qui continue de se nécroser humainement sur le terrain et surtout par l’échec cuisant de l’international (ONG, ONU, CIJ, PAM, OXFAM, AMNESTY INTERNATIONAL, UNICEF, …). « Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître et c’est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres. »
La Reconquista désigne la reconquête par les chrétiens de l’Espagne occupée par les musulmans depuis le 8ème siècle. Contrairement aux idées reçues, la Reconquista est une période très longue qui commence pratiquement tout de suite après la prise du pouvoir par les conquérants musulmans.
En 711, le lieutenant berbère Tarik Ibn Ziyad franchit le détroit de Gibraltar avec ses troupes et inflige une cuisante défaite au dernier roi wisigoth, Rodrigue. Les musulmans ne tardent pas à conquérir toute la péninsule, à l’exception des régions montagneuses du nord.
Au nord, précisément, subsistent quelques territoires aux mains des chrétiens, rejoints par de nombreux citoyens ayant fui vers le nord lors des invasions. Ces gens maintiennent farouchement leur culture et leur identité, et cultivent un espoir de reconquête des territoires perdus. Ils entrent en résistance et ne tardent en réalité pas à prendre les armes.
Le premier épisode connu de Reconquista se déroule en 722 à Cavadonga dans les Asturies. Mais, divisée, l’Espagne chrétienne n’est alors pas en position de force face aux Musulmans, qui s’enracinent sur le territoire, et connaissent une fabuleuse période de rayonnement culturel et intellectuel, avec pour centre névralgique la cité de Cordoue. Progressivement, la situation tend à s’inverser et le califat se morcelle en différents petits royaumes appelés les Taïfas.
Au 11ème siècle, le royaume de Castille gagne en puissance et son roi, Alphonse XI reprend Tolède aux Musulmans. Les Almoravides, une dynastie berbère d’Afrique du Nord, viennent en renfort et prennent la tête du royaume musulman. Ils seront remplacés plus tard par les Almohades. Le 13 ème siècle voit tomber aux mains des chrétiens les villes de Cordoue, de Valence et de Séville. À la fin du XIIIème siècle, les musulmans n’occupent plus que le royaume de Grenade.
La Reconquista se termine vers 1492 avec la prise de Grenade. La lutte des chrétiens pour reprendre les territoires aura donc duré près de sept siècles. Sept siècles durant lesquels les musulmans auront connu le rayonnement et la grandeur, puis la décadence et le déclin. Beaucoup de musulmans qui admirent les vestiges architecturaux de cette grandeur en visitant l’Andalousie, se trouvent assaillis par des sentiments d’admiration et de nostalgie.
Impression de paradis perdu et mélancolie à l’évocation des splendides réalisations des musulmans de cette époque faste.
Il convient cependant de ne pas s’attarder sur ces émotions douloureuses, voire stériles….
«Voilà une génération bel et bien révolue. A elle ce qu’elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis. On ne vous demandera pas compte de ce qu’ils faisaient»
C’est par ces paroles que le Coran nous invite à faire la part des choses. Le passé doit servir à tirer des enseignements et non à s’engluer dans le regret ou à s’y agripper.
L’attitude positive et constructive consiste plutôt à se mettre en mouvement et à réaliser chacun à son échelle, aujourd’hui et maintenant, les actes et les projets qui élèvent les individus du statut de consommateur passif à celui d’acteur productif de la société.
Selon les statistiques sur l’origine de la population belge, la proportion d’origine étrangère représente 20% de la population totale [1] dont la citoyenneté marocaine se trouve en tête du classement. C’était en 1964, que ces 2 pays, la Belgique et le Maroc signèrent une entente d’occupation des travailleurs marocains.
60 ans de présence marocaine en Belgique font suite à l’époque des conventions sur la main-d’œuvre entre l’Europe et l’Afrique du nord. Les appels d’offres inondaient les radios et les journaux des pays méditerranéens : contrats en bâtiments, dans l’industrie, dans les mines. L’Europe courtisait une main-d’œuvre afin de reconstruire les états dévastés par la Seconde Guerre mondiale… Un eldorado pour certains, un calvaire pour d’autres, et certainement un déracinement pour tous.
Des bribes de souvenirs
Après avoir constaté que la main-d’œuvre européenne était manquante, la solution d’aller chercher dans les pays colonisés un autre type d’ouvrier devenait vitale pour rebâtir. Ainsi, « l’étranger » traverse la mer et arrive dans un pays d’accueil où les difficultés d’adaptation se font ressentir dès le premier pas posé : la langue du pays, les us et coutumes, les défiances mutuelles, l’ignorance des droits.
Les pouvoirs publics belges [2] dans leur politique d’accueil ont peu investi dans les installations des « immigrés-ouvriers » : pas assez de logements adaptés aux grandes familles, peu ou pas de connaissance de leurs droits quant aux heures prestées, les écoles où étaient scolarisés les enfants devaient se débrouiller avec les moyens du bord. Les élections sociales vont permettre aux travailleurs d’élire leurs représentants aux conseils d’entreprise et aux comités de sécurité et d’hygiène. Cependant, la communauté marocaine ne sera pas représentée (souvent par crainte et/ou par ignorance) ce qui est différent pour les autres travailleurs venant de pays européens comme l’Italie et l’Espagne.
Les conditions de travail pénible, la difficulté de se loger dignement et les stéréotypes, le racisme, la xénophobie faisaient aussi partie de leur quotidien. Travailler pour subvenir aux besoins des familles, puis repartir d’où l’on est venu. C’était l’objectif de tant d’immigrés marocains. Mais, les enfants de la première génération aspiraient à autre chose. Ils n’ont connu que la Belgique, ont été bercés par la culture belge dès leur plus tendre enfance. Pour eux, hors de question de partir sur la terre de leurs parents. Des enfants « déracinés » entre deux terres. En Belgique, l’étiquette d’enfant d’« immigrés » et au Maroc, l’étiquette d’enfants « européanisés » colle à leur peau. En d’autres termes, ils sont les enfants de nulle part.
Le lien intergénérationnel
La notion de travail pour la jeune génération bouscule leur identité. Leurs parents, venus parfois avec une petite valise pour des lendemains meilleurs, furent le premier socle d’un lien intergénérationnel. En effet, les conditions de travail des premiers immigrés étaient très difficiles, leurs postes étaient souvent laborieux et dangereux dans les mines, la métallurgie. Aujourd’hui, la deuxième descendance veut sortir de cette vision ancienne de la migration vers le travail industriel. C’est pourquoi, ils sont porteurs de projets sociaux, culturels, politiques, et se détachent de la continuité du schéma migratoire perpétué par leurs parents.
De plus, un travail de mémoire [3], pour entretenir ce lien entre les premières générations et les suivantes, est nécessaire afin de comprendre les conditions d’arrivée des parents en terre d’Europe. La connaissance d’un pan de l’Histoire permet de remettre du lien entre les familles. Un devoir de mémoire plus que vital pour les enfants d’immigrés doit toujours être retracé afin de comprendre sa propre situation de jeunes nés en Belgique. Renier son passé, c’est renoncer à son avenir. On hérite de la culture de nos parents, et on façonne la nôtre en l’exprimant à travers nos aspirations et nos projets d’avenir.
Se sacrifier pour une meilleure vie, c’était leur priorité. Les commémorations en l’honneur de nos anciens sont indispensables pour tracer leurs sacrifices et leur courage. Le rattachement à la culture et le droit à l’intégration font émerger une élite marocaine dans divers pôles : politiques, artistiques, entrepreneuriat. Aujourd’hui, les enfants des flux migratoires marocains portent en eux le changement et ce, dans une société belge multiculturelle puis, timidement, tracent la voie de la transmission et se réapproprient les récits de leurs parents…
[2] Pour en savoir plus : « Emigrés nord-africains de Belgique » documentaire réalisé par la RTB la deux en 2004 avec des archives de 1970, sur YouTube dans le blog de emya noiram.
Comprendre le dilemme du prisonnier permet de mieux saisir les enjeux les plus complexes tant économiques, géopolitiques, sociologiques, sociaux que boursiers….Les politiciens, économistes et traders s’en servent pour anticiper des actions. Ce dilemme nous aide à voir plus clair sur leurs stratégies de décisions.
Dans ce contexte de guerre Israélo-Palestinienne, un cessez-le-feu immédiat permettrait moins de pertes humaines et économiques.
Le dilemme du prisonnier permet de nous rendre compte pourquoi tant que la communication et la confiance n’est pas instaurée, cet équilibre ne sera jamais atteint. La main invisible d’Adam Smith renforce notre compréhension en expliquant que l’intervention de l’Etat est très mauvaise pour la santé économique du pays.
Aussi, dans l’actualité sur les débats des agriculteurs, l’état intercède en augmentant la pression fiscale et réglementaire. Ceci a pour conséquence de tuer les petits agriculteurs et laisser les plus grands sur le marché. De plus, elle importe des produits d’autres pays qui ne subissent pas autant de taxations. L’État tue la concurrence pour créer un marché monopolistique ce qui n’est dans l’intérêt que du monopole qui pourra demander le prix qu’il souhaite. Les clients paieront plus cher pour des consommations de moins en moins locales, les petits agriculteurs n’auront plus de revenus, le chômage augmentera, les grèves continueront et chaque grève coûte plus de 1 milliard en France et plus de 600 millions en Belgique.
La théorie des jeux : Le dilemme du prisonnier
Il existe un principe (en théorie des jeux), connu sous le nom du dilemme du prisonnier (Albert W. Tucker, 1950) selon lequel deux individus ont toujours intérêt à coopérer plutôt qu’à rivaliser ou à chercher à se détruire mutuellement.
L’histoire est simple. Je vous raconte?
Cette théorie s’illustre donc par l’histoire de deux prisonniers (P1 et P2) qui se connaissent et se font prendre par la police.
Le juge les prend chacun à part et leur propose de dénoncer leur complice. En échange, il bénéficiera d’un allègement de peine de prison.
Chaque prisonnier a deux choix:
Soit il dénonce son complice. Soit il se tait.
De ces deux hypothèses découlent donc 4 situations hypothétiques:
Les deux prisonniers se dénoncent mutuellement; Chacun risque 2 ans de prison (2;2)
Les deux se taisent. Aucun n’aura de peine de prison (0;0);
Le prisonnier 1 trahit l’autre alors que le prisonnier 2 se tait; dans ce cas, le P1 encourt 1 an de prison et P2, 5 ans de prison (1;5);
Le prisonnier 2 trahit l’autre alors que le prisonnier 1 se tait; dans ce cas, le P2 encourt 1 an de prison et P1, 5 ans de prison (5;1);
On parle de dilemme car chaque prisonnier est conscient qu’il a intérêt à coopérer avec l’autre et à ne pas le dénoncer mais aucun d’eux ne prendra le risque de se faire trahir par l’autre. Il s’agit donc d’un jeu d’équilibre et de confiance.
Par conséquent, en l’absence de communication, les deux prisonniers choisiront instinctivement de se dénoncer mutuellement. L’équilibre, dit de Nash, sera donc que chacun trahisse l’autre (2;2)
Le dilemme est représenté par le tableau suivant:
P1/P2
SE TAIRE
TRAHIR
SE TAIRE
(0;0)
(5;1)
TRAHIR
(1;5)
(2,2)
La meilleure des situations serait que tous deux se taisent pour éviter une peine de prison (0,0) et atteindre « l’optimum de Pareto ».
John Nash découvre qu’en réalité, les intérêts individuels ne servent pas les intérêts de la communauté.
Comprendre la théorie des jeux dont l’introduction se fait toujours par cet exemple du dilemme du prisonnier permet de comprendre les enjeux les plus complexes tant économiques, géopolitiques, sociologiques, sociaux, que boursiers….
Les politiciens, économistes et traders s’en servent pour anticiper. Elle nous permet de voir plus clair sur leurs stratégies de décisions.
Dans ce contexte de guerre Israélo-Palestinienne, un cessez-le-feu immédiat permettrait moins de pertes humaines et économiques (= optimum de Pareto).
Mais tant que la communication et la confiance n’est pas instaurée, cet équilibre ne sera jamais atteint.
La main invisible d’Adam Smith
En réalité, bien avant Nash, cette théorie « d’individualisme » a été expliquée à travers « la main invisible » d’Adam Smith.
Ce dernier expliquait que si chacun cherche à atteindre et à maximiser son propre intérêt alors cette recherche contribuera à atteindre l’intérêt général.
Pour mieux comprendre cette main invisible, supposons que vous habitez dans une ville où il n’existe qu’une boulangerie (opérateur téléphonique, un seule commerçant de chaussures…). En l’absence d’intervention étatique, une autre boulangerie entrera dans le marché pour vendre son pain car il y a une demande et des bénéfices à en tirer. Et s’il y a toujours une demande pour du pain, encore une autre boulangerie ouvrira…Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus bénéfice à en tirer pour une nouvelle boulangerie.
Adam Smith explique qu’en l’absence d’intervention de l’état, le libre-échange permet de créer une situation qui profitera à tous les acteurs économiques (boulangeries, état, clients).
De la concurrence entre elles. Ainsi, chacune baissera le prix pour attirer un maximum de clients ; l’abaissement du prix profitera aux clients ;
L’emploi : toutes les personnes qui travailleront dans ces boulangeries ne seront pas au chômage ce qui profitera à l’état.
Du revenu : les boulangers vendront leurs pains et constitueront une entrée de revenu pour elles.
Adam Smith encourage le libre-échange et s’oppose à l’intervention de l’état dans les marchés économiques.
Ainsi dans l’actualité sur les débats des agriculteurs, l’état intervient en augmentant la pression fiscale et réglementaire. Ceci a pour conséquence de tuer les petits agriculteurs et laisser les plus grands sur le marché. De plus, elle importe des produits d’autres pays qui ne subissent pas autant de taxations. L’état tue la concurrence pour créer un marché monopolistique ce qui n’est dans l’intérêt que du monopole qui pourra demander le prix qu’il souhaite. Les clients paieront plus cher pour des consommations de moins en moins locales, les petits agriculteurs n’auront plus de revenus, le chômage augmentera, les grèves continueront et chaque grève coûte plus de 1 milliard en France et plus de 600 millions en Belgique.
Un Jeu d’Équilibre et de Confiance
Nous avons introduit le concept du dilemme du prisonnier. Nous avons compris qu’il existe un équilibre vers lequel les acteurs vont tendre (équilibre de Nash) et que cet équilibre se réalisera parce que les individus cherchent à maximiser leur bien-être individuel (la main invisible d’Adam Smith).
Dès lors, nous pouvons nous interroger sur ce qui pourrait inciter les acteurs à agir pour l’intérêt général. Qu’est ce qui pourrait faire en sorte qu’on puisse atteindre l’équilibre de Pareto? Après tout, tous les acteurs ont intérêt à chercher cet équilibre puisque c’est bien celui-là qui permette non seulement de maximiser le bien être de chacun mais aussi celui de la communauté.
Comment améliorer la communication entre les acteurs et la confiance en l’autre ? La clé de l’atteinte de cet optimum est donc la foi en l’autre et la bienveillance des uns envers les autres.
La question, désormais qui reste ouverte, est celle de savoir comment atteindre ce degré de foi.
Ce dimanche 4 février, Hamza 25 ans et Aymane, 20 ans donneront le top départ de leur course qui doit les mener jusqu’à Paris. Un challenge qu’ils veulent relever en soutien aux enfants palestiniens. L’objectif est de récolter 100 000 euros qui seront reversés à l’ONG Karama Solidarity.
Habitués des sports extrêmes et des défis, ils ont déjà effectué l’aller-retour Bruxelles-De Haan (Le Coq) à vélo, gravi le sommet du Mont Blanc, plus haut sommet d’Europe occidentale avec ses 4806 mètres. Mais cette fois-ci, l’objectif est d’aller plus loin et de parcourir à pied la distance séparant deux monuments : l’Atomium à Bruxelles et la Tour Eiffel à Paris. « L’objectif est de courir cette distance en une semaine environ. Nous serons suivis par un van entièrement aménagé. L’ensemble de notre périple sera filmé et diffusé sur les réseaux sociaux par un vidéaste. Nous serons aussi épaulés par un coach soignant sportif. Pour relever ce nouveau défi, nous avons commencé à nous entraîner il y a quelques mois, mais l’actualité à Gaza nous a particulièrement touchés. Nous souhaitions apporter notre contribution et c’est pourquoi nous avons contacté Karama Solidarity qui nous a soutenus dans ce projet. Notre objectif est de récolter 100 000 euros pour aider les enfants palestiniens. Concrètement, ce projet se décline en trois dimensions : une dimension sportive avec cette performance, une dimension humanitaire pour les enfants de Gaza et une dimension spirituelle, parce que nous allons devoir aller chercher au plus profond de nous-mêmes. Il y aura de nombreuses méditations dans ce genre de défi, même si on est en binôme, l’effort est individuel et nos valeurs et principes se révèlent dans ce type de difficultés », insiste Hamza Sedouk
100 000 euros pour les enfants palestiniens
Cet évènement se déroule en partenariat avec l’ONG Karama Solidarity active sur le terrain à Gaza et qui s’engage à utiliser les dons récoltés lors de cet évènement pour améliorer concrètement la vie des enfants en Palestine, en leur fournissant un soutien physique et psychologique. Une aide urgente et indispensable alors que la famine à Gaza semble s’installer. Israël a accusé plusieurs membres de l’UNRWA d’être impliqués dans l’attaque du 7 octobre dernier, entraînant à la suite de cette accusation qui ne se fonde sur aucune preuve, le gel des fonds versés par une douzaine de pays dont les principaux donateurs : les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou encore la Suède. Une décision qui interpelle et qui va au-delà des valeurs d’humanité et de solidarité prônées par ces mêmes pays. Un pied de nez, l’agence onusienne UNRWA est en lice pour obtenir le prix Nobel de la paix…
Sur le terrain, l’urgence est partout, selon le dernier bilan, plus de 26 000 personnes ont été tuées, 70 % sont des femmes et des enfants, 70 % de la bande de Gaza est complètement détruite et l’ensemble des plus de 2 millions de Gazaouis font face à la famine.
Depuis le début de l’année 2024, nous assistons à un évènement « historique » concernant Israël. En effet, un pays se lève contre un autre. L’Afrique du Sud porte plainte contre Israël pour génocide à Gaza auprès de la Cour international de justice (CIJ) à La Haye, le tribunal de l’ONU chargé de régler les différends entre les états. Prétoria met Israël devant ses propres responsabilités et devant son « immunité » indécente concernant les mesures dites « conservatoires », autrement dit les mesures urgentes d’un cessez-le-feu immédiat et l’installation rapide de l’aide humanitaire.
Avant que les juges ne se prononcent sur le fond de ce procès dont l’absence de couverture médiatique est à déplorer, l’Afrique du Sud, qui n’a probablement rien à gagner sur le plan international, donne à toute l’humanité une leçon de dignité : l’indignation et l’engagement dans la voie de la justice.
L’indifférence : la pire des attitudes
« L’Histoire nous jugera ! » diront les activistes et les résistants face aux injustices de nos sociétés. Les guerres passées et les colonisations, dont on apprenait les causes et les évènements sur les bancs de l’école, devraient nous rendre plus vigilants et plus pro-actifs pour ne plus revivre ces périodes désastreuses sur le plan humain. Et malgré tout, l’émergence des guerres sur des territoires stratégiques se multiplient : Ukraine-Russie, Israël-Palestine, Etats unis et Angleterre-Yémen, Chine-Taiwan,… Ainsi, l’ensemble des principes et des valeurs sur lesquels reposerait la démocratie moderne des pays occidentaux semble vaciller, alors que nous en avons plus que jamais besoin aujourd’hui. Il n’est pas toujours facile de distinguer tous les courants qui nous gouvernent car nous n’avons plus affaire à une petite « élite » mais à un monde économiquement, politiquement et financièrement interdépendant. Nous l’observons clairement : les oppressions, les dictatures, les colonisations, les injustices, les privilèges, les inégalités sont internationales. C’est un vaste monde interconnecté comme jamais encore il n’en a existé, mais il y a des choses insupportables :
Stéphane Hessel[1] écrit : « Le motif de base de la Résistance était l’indignation. Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l’héritage de la Résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! (…) »
La faculté d’indignation nous permet de veiller, tous ensemble à ce que notre engagement dans la société soit bénéfique et conforme à La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, adoptée par l’ONU le 10 décembre 1948. C’est notre composante humaine qui fait de nous des êtres doués de raison ; et l’Afrique du Sud l’a très bien compris.
Stéphane Hessel écrit : « Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie. Ce conflit est la source même d’une indignation. »[2]
Elle est devenue la nôtre depuis plus de 4 mois !
Le déclin du courage
Le système occidental dans son état actuel « d’épuisement spirituel », ne présente aucun attrait. L’Afrique du Sud a su tirer profit de son retour sur la scène internationale, avec le développement de nouvelles relations avec les pays du sud et des pays émergents pour nouer des alliances qui y renforcent son rôle et son influence. Après des années d’apartheid, une société multiraciale est parvenue à voir le jour. Aujourd’hui, c’est ce qui lui confère cette autorité morale dont elle jouit, à la fois sur le continent et dans le monde entier.
« Le déclin du courage est peut-être ce qui frappe le plus un regard étranger dans l’Occident d’aujourd’hui. Le courage civique a déserté non seulement le monde occidental dans son ensemble, mais même chacun des pays qui le composent, chacun de ses gouvernements, chacun de ses partis, ainsi que, bien entendu, l’Organisation des Nations unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société tout entière. » écrit Alexandre Soljénitsyne[3]
Même si le courage individuel existe toujours, pour l’auteur, il est absent chez ceux qui donnent une direction à la société : fort à l’égard des pays faibles que personne ne soutient mais faible devant des gouvernements puissants et aux forces menaçantes. L’Afrique du Sud n’adhère pas à ce silence et impose sa voix sur le plan international en termes de droits humains. La valeur juridique de la Cour internationale de justice et sa mise en œuvre dépendra du résultat de ce procès. Ainsi, se joue l’avenir d’une institution internationale qui a été construite depuis plus de 75 ans sur les valeurs de droit et d’équité.
Ce référentiel commun, qu’est le droit international, garde une fragilité ; car sa mise en pratique dépendra des moyens utilisés par chaque pays concerné par la plainte de l’Afrique du sud. Si le génocide n’est pas reconnu par les instances internationales, ce sera le règne de la force : un grand pas vers le chaos et vers la violence absolue.
Enfin, l’affaire du génocide devant la Cour internationale de justice semble aboutir pour l’Afrique du Sud[4], en tout cas elle va jusqu’au bout de sa stratégie de défense, en poursuivant les Etats Unie et l’Angleterre pour complicité dans les crimes de guerre d’Israël à Gaza. A ce jour, deux batailles se jouent, humainement sur cette terre de Palestine et l’autre juridiquement sur la terre du droit international à La Haye…
Najoua
[1] Stéphane Frédéric Hessel, né le 20 octobre 1917 à Berlin et mort le 27 février 2013 à Paris 14e, est un diplomate, résistant, écrivain et militant politique français d’origine allemande. Indigné par le nazisme, il devient militant et s’engage dans la résistance au temps de la seconde guerre mondiale. Auteur d’un essai « Indignez-vous ! ». Edition : indigène. P.11
[3] Pour en savoir plus : Livre « le déclin du courage » de Alexandre Soljénitsyne. Editions : Les belles lettres. P.22. Le discours peut être lu sur le site www.perspective.usherbrooke.ca. Discours de Harvard, juin 1978, devant la 337 ième promotion de la très ancienne université d’Harvard.
Lorsque le prophète (sas) rejoint son Créateur en l’an 11 de l’Hégire, toute l’Arabie est musulmane. Très vite, Abu Bakr, le successeur du Messager d’Allah (sas) se lance dans la conquête du Nord non sans avoir au préalable dompté la rébellion menée par les apostats. C’est le début de la conquête musulmane du Sham, une conquête poursuivie par Umar ibn Al Khattab jusqu’à atteindre Al Quds, Jérusalem.
Menée d’une main de maître par les héros de l’islam Khalid Ibn Walid et Abu Ubayda ibn Jarrah, la conquête du Sham sera d’une rapidité inédite. Les villes byzantines tombent l’une après l’autre, et son destin est finalement scellé lors de la légendaire bataille d’Al Yarmouk, à l’été 636. Les forces byzantines sont littéralement foudroyées, annihilées. Symbole de l’échec cuisant de cet empire déchu, l’empereur Héraclius, après avoir récupéré la relique de la « Vraie Croix » à Jérusalem, prend la mer à Antioche et quitte à jamais la région non sans lui avoir fait ses adieux auparavant : « Adieu, ô Syrie, jamais plus nous ne nous reverrons désormais ! » Byzance ne reviendra plus jamais en Terre sainte. La population hostile au pouvoir de Constantinople se réjouit de l’arrivée des Musulmans. C’est particulièrement le cas des Juifs et de certains Chrétiens considérés comme hérétiques par l’Eglise romaine : les monophysites et les Nestoriens.
Amr ibn al As aux commandes
Sur le terrain, c’est le compagnon et fin stratège militaire Amr ibn Al As qui dirige les troupes musulmanes aux portes de Jérusalem. Ælia (son nom à l’époque) est la dernière ville du Sham qui résiste aux assauts des armées musulmanes. Umar Ibn al Khattab qui a alors succédé à Abu Bakr concentre toute son énergie vers la « Cité des prophètes ». Amr Ibn Al As, le commandant des armées musulmanes, fait face à une opposition farouche menée par le patriarche de Jérusalem, un moine chrétien du nom de Sophrone et épaulé par le commandant Artabon, général à la réputation solide. Cet homme était le plus rusé et le plus brillant des Byzantins. Lorsqu’Umar fut informé de cela, il s’exclamera : « Nous avons envoyé contre l’Artabon des Byzantins, l’Artabon des Arabes. Voyons à présent comment les choses vont tourner ». Le calife le pensait réellement, car ces deux commandants étaient les plus intelligents des leurs.
Début du siège
C’est le début des hostilités qui dureront quatre longs mois rythmés par des combats quotidiens, certains s’étendent même de l’aube au crépuscule. Mais très vite, Amr Ibn Al As reçoit du renfort du Nord mené par l’épée de Dieu, Khalid Ibn al Walid et Abu Ubayda. Chaque jour, de nouveaux archers en provenance du Yémen et fraîchement convertis, viennent grossir les rangs de l’armée musulmane. Mais les assauts musulmans aussi puissants soient-ils, restent systématiquement repoussés. Du côté des assiégés, on espère que l’hiver parviendra à briser le moral des armées musulmanes très peu habituées aux températures hivernales. Mais contre toute attente, il n’en est rien. La pluie, la neige, le gel et les températures basses ne parviendront pas à entamer le moral de cette armée qui supporte avec patience et endurance les difficultés. Pénétrer enfin dans la « Cité des prophètes » et prier sur l’esplanade de Bayt Al Maqdis est leur objectif ultime, rien ne pourra les en détourner. Mais au bout de quatre mois, la situation est inchangée. Al Quds, est trop symbolique pour ne pas lui offrir une lutte acharnée. Pourtant, ce n’est pas par l’épée qu’Al Quds reviendra aux Musulmans mais bien par la main du calife Umar Ibn Al Khattab. Sophrone, patriarche de Jérusalem consent finalement à rencontrer Abu Ubayda et accepte de livrer la ville sainte mais uniquement au Commandeur des croyants, Umar ibn Al Khattab. Prévenu, Umar accepte de faire le déplacement depuis Médine, à dos de mule. Une monture qu’il partage avec son serviteur. Habillé sobrement, ses sandales autour du cou, c’est l’image de l’ascète sincère qui se présente devant le Patriarche de Jérusalem qui se serait exclamé à sa vue : « Par Dieu, c’est bien celui dont nous trouvons la description dans nos livres, et celui par les mains duquel notre terre sera conquise. » Umar signera un traité avec les habitants de la terre sainte, un pacte inédit autorisant les Chrétiens à demeurer à Jérusalem sous le régime de la liberté de culte. Les Juifs, autrefois chassés et persécutés sont également autorisés à y vivre en toute liberté. Plus encore, alors que Umar est assis et entouré de compagnons de la première heure, le temps de la prière de l’Asr arrive. Umar se tourne alors vers Bilal ibn Rabah et lui fait cette demande : « Les compagnons du Messager d’Allah aimeraient qu’en ce jour, tu appelles à la prière comme tu le faisais autrefois. » Bilal, qui avait refusé d’endosser ce rôle à la mort du Messager de Dieu, accepte et bientôt le son de sa voix retentit à travers les vallées et les collines d’Al Quds, devant des milliers de combattants poussés aux larmes par le souvenir de la présence du bien-aimé prophète au temps de Médine.
Aujourd’hui, Umar n’est plus et les images qui nous viennent de Gaza nous serrent le cœur mais le souvenir de cette époque bénie nous redonne espoir car comme le dit un célèbre refrain entonné dans les foyers musulmans :
« O Bayt Al Maqdis ne t’attriste pas, Bilal reviendra pour lancer l’appel à la prière. »
En attendant, nos prières et nos pensées sont avec vous…
Depuis le 7 octobre dernier, avec l’attaque du Hamas en Israël et la riposte israélienne sur la bande de Gaza, le conflit israélo-palestinien est sur toutes les lèvres. L’émotion est vive surtout au sein des communautés musulmanes qui soutiennent la cause palestinienne depuis des décennies. À Bruxelles, dimanche dernier 40 000 personnes se sont rassemblées pour appeler à un cessez-le-feu et marquer leur soutien aux Palestiniens. Mais au-delà de l’émotion, la question de l’après-guerre se pose.
Al Jazeera en fond sonore et qui tourne en boucle, les réseaux sociaux et les comptes de nombreuses personnalités palestiniennes telles que Motaz Azaiza (journaliste palestinien), Eye on Palestine (bloqué par Instagram) ou encore Sadaqa pour Gaza, constituent désormais les nouveaux médias de ceux qui ne veulent plus suivre le compte rendu des médias occidentaux qui n’ont d’ailleurs pas l’autorisation d’entrer à Gaza. Et les images qui tournent sur ces réseaux sont insoutenables, les corps d’enfants, de femmes et d’hommes sont filmés de manière brute et ne peuvent laisser indifférent. L’émotion face à l’injustice nous gagne tous et face à notre impuissance, des mouvements de mobilisation sont nés.
Boycott et désinvestissement
C’est devenu un rituel, l’appel au boycott fait son retour à chaque guerre contre la Palestine. Les produits israéliens et américains sont visés, notamment Coca Cola, Starbucks, ou encore Mac Donald’s. D’autres appels à n’effectuer aucun achat afin d’impacter l’économie ont aussi été relayés. Mais si l’inaction n’a rien de bon et le sentiment d’impuissance est totalement compréhensible, ces actions semblent pourtant éphémères. Lorsque la guerre prendra fin, les appels au boycott ne seront pas entendus et ces produits referont leur apparition sur nos tables… Pourtant, il est de notre devoir de ne pas oublier les Palestiniens et leur combat face à l’injustice dont ils sont victimes.
Devoir de mémoire
Nous ne pouvons qu’être admiratif face à la résilience des Palestiniens devant tant d’atrocités. Leur patrie coule dans leurs veines, une force qui les pousse à se dresser fièrement contre cette injustice. Ils ne cessent de faire entendre leur voix couverte par les bombardements pour nous rappeler leur lutte. Notre devoir aujourd’hui est de la transmettre : à nos enfants, dans les écoles, créer des associations, œuvrer pour qu’après la guerre, car il y aura bien un « après », leur combat ne sera pas enseveli sous les décombres…
Le 7 octobre 2023 marque un point important, voire historique en Israël. Le Hamas a attaqué son voisin causant de nombreux morts et faisant par la même occasions de nombreux otages. Le monde retient son souffle, Israël attaqué et c’est le monde qui se divise entre les supporters de la cause palestinienne et ceux qui légitiment le droit d’Israël à se défendre par tous les moyens…Cette opération inédite du Hamas sur plusieurs cibles entourant la bande de Gaza a changé la donne sur le plan humanitaire et géopolitique. Analyse.
L’hypocrisie politique en occident et la divergence en Orient
De Berlin à Bruxelles, en passant par Washington, Londres ou Paris, le discours est identique. Pour ne prendre qu’un échantillon des dires des gouvernements occidentaux, tous condamnent « les attaques terroristes contre Israël et sa population »[1], mais à aucun moment, ils ne parlent de la situation des Palestiniens qui sont privés de leurs terres, de leur liberté de mouvement, des milliers de prisonniers politiques, du blocus qui affame le peuple de Gaza, et la liste s’allonge. Les grands de ce monde légitiment le « droit de se défendre pour Israël » mais aucunement ce droit n’est attribué au peuple de Palestine. Un discours de deux poids deux mesures !
Pourtant, Israël a été condamné par Amnesty Internationale[2] ( et d’autres groupes d’ONG[3] ) sur ces méthodes et pressions inhumaine affligées depuis des décennies au peuple palestinien. Ces organismes dénoncent Israël, en tant que « colonisateur », d’appliquer des lois criminelles de l’apartheid[4]. Celui-ci mène une politique d’accroissement de ses colonies au détriment des droits et lois internationales les plus fondamentales et sous couvert du silence des gouvernements occidentaux. [5] Quant au monde arabe, les réactions sont multiples : les Émirats arabes unis étaient neutres, Abu Dhabi s’était contenté d’appeler au calme, la monarchie du Golfe s’est dite « consternée » par la prise d’otage de civils israéliens. Une position sur laquelle s’est d’ailleurs aligné le royaume de Bahreïn[6]. Mais comment sommes-nous arrivés à cette situation ?
Un devoir de vérité sur l’Histoire de la Palestine[7]
Photo Le Monde diplomatique
Située au Proche-Orient, la Palestine est un passage terrestre entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique : un « couloir » pour les invasions. Une terre conquise successivement par les Égyptiens, les Philistins (qui ont donné le nom à la Palestine), puis les hébreux ( qui vont rentrer rapidement en guerre contre les Philistins). Suivrons les Babyloniens, les Macédoniens d’Alexandre le grand, les Romains, les Perses, les Arabes, les Ottomans. Et au 20ème siècle les Britanniques, qui ouvrent la voie d’un retour du peuple juif. Un lieu de passage pour les peuples mais aussi, une terre sainte, une terre des prophètes des trois grandes religions monothéistes.
Depuis des générations, les nombreuses luttes entre juifs et arabes pour la domination de la Terre Sainte ont causé beaucoup de souffrance au Moyen-Orient. On affirme souvent que la crise a débuté avec l’immigration juive en Palestine et la création de l’État d’Israël. Pourtant, le conflit a pris racine bien avant, avec le double jeu des Britanniques durant la première guerre mondiale. C’est une Histoire d’intrigues entre empires rivaux, de stratégies erronées, de promesses contradictoires et de trahisons envers les Arabes et les Juifs, ouvrant la succession de bain de sang qui a scellé le sort de cette terre.
Quelques grandes dates :
-1917-1948. Les Français, les Russes et les Anglais avaient secrètement prévu de morceler l’empire Ottoman afin d’équilibrer leurs visées coloniales durant la première guerre mondiale. Les graines ont été semées : les Britanniques avaient promis l’indépendance aux Arabes d’une part et une patrie aux juifs d’autre part. Sous puissance britannique, la Palestine devient l’outil des impérialistes utilisés selon leurs intérêts personnels de domination dans l’échiquier mondial[8]. Dès la fin du 19iéme siècle, les Juifs sont établis un peu partout en Europe et majoritairement en Russie. Peu à peu, le mouvement sioniste[9] s’affirme. En effet, le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères adresse une lettre ouverte au Lord Lionel Walter Rothschild[10], personnalité de la communauté juive britannique et un des précurseurs du mouvement sioniste européen, qui rêve du retour de son peuple sur la Terre Promise. la Déclaration Balfour est signée. Elle prévoit l’établissement d’un « foyer national pour le peuple juif » ; première étape d’un processus de colonisation qui ne s’arrêtera plus et mène à la voie de la création de l’Etat d’Israël[11].
-1948-1967. La seconde guerre mondiale a fortement affaibli l’Angleterre, elle ne peut plus s’occuper de ses colonies indiennes et palestiniennes. Et ce sont les Etats-Unis qui vont reprendre le mandat de la Palestine à l’ONU, sous la présidence de Henry Truman. Il va conduire à la création d’Israël en 1948[12]. Les grandes puissances soutiennent cette idée d’élaborer un plan de partage qui comprendra un État juif et un État arabe. 15 mai 1948 est la date où toutes les troupes britanniques quittent la Palestine. Et pendant ce temps, le pays connaît successivement des attentats, des émeutes qui font monter la tension entre les communautés. Le plan de partage est donc adopté et déclenche immédiatement une guerre civile dans le pays. Le 14 mai 1948, David Ben Gourion[13] déclare l’Indépendance de l’Etat d’Israël à Tel-Aviv lors d’un congrès sioniste. Fort de leur indépendance, ce mouvement gouvernemental accélère le processus de colonisation. Ainsi, les Palestiniens vont tout perdre : maison, terre, emploi, vie. L’exode du peuple palestinien prend de l’ampleur sous la pression militaire de l’État d’Israël. C’est le début de la Naqba, qui signifie la catastrophe. La Ligue Arabe ( Egypte, Liban, Syrie, Irak et Jordanie) attaque sur plusieurs fronts Israël. La mauvaise coordination des Arabes va donner des opportunités au camp adverse pour franchir des territoires et ainsi les occuper. Les tactiques de guerres des Israéliens prennent le dessus sur les troupes arabes. Malgré des cessez-le-feu, l’état Israël s’impose sur les terres et étend ses colonisations.
-1967-1995. Les tensions se cristallisent face à la discrimination, à l’occupation, à la dispersion du peuple et à une forte conscience nationale incarnée par l’OLP[14]. L’Europe, quant à elle occulte la société palestinienne, jusqu’à ce que survienne l’invasion du Liban en 1982, la première Intifada en 1987, la guerre du Golfe en 1991 et le déclenchement du « processus de paix » avec la Conférence de Madrid. Et d’autres voies pour la paix vont se succéder.
La stratégie du mouvement sioniste a permis d’organiser le « transfert », par la violence et l’intimidation, d’une population arabe plutôt pacifique, sans défense, abandonnée de tous. L’Histoire nous apprend à mieux comprendre la situation d’aujourd’hui. Normalement, elle nous apprend aussi à tirer les leçons du « plus jamais ça ». Mais les idéologies perfides des intérêts politiques prennent le dessus et sont le résultat de cette catastrophe humaine sans nom. Il est clair que les perdants de cette tragédie sont et seront toujours les peuples …
« Les choses étant ce qu’elles sont, la réalité palestinienne d’aujourd’hui, d’hier et très vraisemblablement de demain, s’est construite sur un acte de résistance à ce nouveau colonialisme étranger. »[15]
Najoua
[1] Article sur le site De la-croix.com, publié le 7 octobre 2023 sous le titre : « attaque du Hamas contre Israël : les condamnations internationales se multiplient ».
[2] Sur le site amnesty.be, le rapport écrit sous le titre « Israël et territoires palestiniens occupés – rapport annuel 2022 ». le rapport peut être téléchargé sur le site amnesty.org. article du 2 mai 2023 sous le titre « Apartheid automatisé-comment la reconnaissance faciale fragmente, ségrégue et contrôle la population palestinienne dans les territoires occupés par Israël ».
[3] Association Euro Palestine dont la fondatrice Olivia Zemor milite depuis plus de 20 ans pour la libération du peuple palestinien, Le Front populaire de libération de la Palestine ( FPLP), l’organisation Health Work Committees, etc.
[4] Régime de ségrégation systématique d’une partie de la population qui ne dispose pas des mêmes droits. Ce mot a pris naissance en Afrique du Sud en 1913 entre les populations blanches et noires.
[5] Le journaliste, Michel Collon, fondateur du site Investigaction.be, auteur de plusieurs ouvrages : « Israël, parlons-en ! » , « La stratégie du chaos », « La gauche et la guerre » aux éditions investig’action. Pour en savoir plus : l’auteur a aussi traduit un ouvrage de Edward Herman et Noam Chomsky : « Fabriquer un consentement ».
[6] Pour en savoir plus : documentaire sur la chaine Histoire sous le titre « Palestine, promesses et trahisons ». ce documentaire historique nous plonge dans les sources de conflit israélo-palestinien, le jeu diplomatique ambigu des britanniques pendant la première guerre mondiale aurait favorisé l’émergence d’un climat explosif en Palestine. Un autre documentaire sur la chaine Histoire de Simon Bitton décrit la vie de 1880 à 1950 « Palestine : histoire d’une terre ».
[7] Article Jeuneafrique.com du 9 octobre 2023 « Guerre Israël-Hamas ». article sur le grandcontinent.eu du 12 oct. 2023 « les pays arabes et musulmans dans la guerre de Soukkot »[1] Pour en savoir plus : Livre de Ilan Pappé, « Le nettoyage ethnique de la Palestine ». Edition Fayard. Livre de Henry Laurens, « La question de Palestine » Tome 4. Edition Fayard. Vidéo : Histoire de la Palestine depuis la Bible/ Le dessous des Cartes ( 2001) sur la chaine Youtube Fab Cévennes / His-Geo-EMC-HGGSP /lycée
[8] Pour en savoir plus : documentaire sur la chaine Histoire sous le titre « Palestine, promesses et trahisons ». Ce documentaire historique nous plonge dans les sources de conflit israélo-palestinien, le jeu diplomatique ambigu des britanniques pendant la première guerre mondiale aurait favorisé l’émergence d’un climat explosif en Palestine. Un autre documentaire sur la chaine Histoire de Simon Bitton décrit la vie de 1880 à 1950 « Palestine : histoire d’une terre ».
[9] Doctrine et mouvement politique dont le but est la construction, la consolidation et la défense d’un Etat juif en Palestine. Il est appelé ainsi en référence à la colline de Sion de Jérusalem où fut érigée la citadelle de David.
[10] Britannique, homme politique, banquier ( 1868-1937)
[11] Pour en savoir plus : Edward W. Said, « La question de Palestine ». Edition Sindbad. Et « Comment le terrorisme a créé Israël » de Thomas Suarez. Edition InvestigAction.
[12] Documentaire sur le site VIDOC-Documentaires complets en français. Sous le titre « La création d’Israël, quand le monde bascule » posté le 10 octobre 2023.
[13] Homme d’état israélien, il est le fondateur de l’état d’Israël, dont il proclame l’indépendance le 14 mai 1948. Il fut premier ministre jusqu’en 1963.
[14] Organisation de Libération de la Palestine a été créé à Jérusalem en 1964, à l’inauguration de la Ligue des Etats Arabes. Elle prend son indépendance à partir de la guerre des 6 jours en 1967 et Yasser Arafat devient le président du comité exécutif en 1969.[1] Edward W.Said, « La question de Palestine ». Edition Sindbad.
[15]Edward W.Said, « La question de Palestine ». Edition Sindbad.
Dans la chaîne du Haut Atlas, le Maroc a connu un évènement malheureux. Plus de 3000 morts et plus de 5000 blessés sont les chiffres des victimes de la catastrophe. Un séisme ressenti dans la nuit du 8 septembre à 23h11 heure locale, avec des fréquences sismiques allant de 6,8 à 7,2 sur l’échelle de Richter dans la province d’Al Haouz, à quelques kilomètres au sud-ouest de Marrakech. D’innombrables maisons de villages s’effondrent en enterrant vivant ceux qui s’y trouvaient. Certains des habitants complètement abasourdis face à cette désolation, nous ont donné une grande leçon de vie.
A des milliers de kilomètres de là, Gaza se retrouve, une nouvelle fois, sous les bombes israéliennes, entraînant un lourd bilan en termes de vies humaines et de dommages matériels. Des images dans tous les médias parlent d’elles-mêmes et nous font découvrir ces bouts de vies, brisées, meurtries par ce massacre continue devant le silence assourdissant de la communauté internationale. Et pourtant, devant cette ampleur de désastre, se révèle une force « oubliée ». Dans le flot d’informations médiatiques, les êtres humains font face à cette tragédie et font preuve de beaucoup de courage et de résilience. Comment surmonter cette épreuve ? Comment se reconstruire après un évènement traumatisant ?
Un séisme ressenti dans la nuit du 8 septembre à 23h11 heure locale, avec des fréquences sismiques allant de 6,8 à 7,2 sur l’échelle de Richter dans la province d’Al Haouz, à quelques kilomètres au sud-ouest de Marrakech.
Apprendre à encaisser, se relever après le pire, à gérer « l’impensable », à aller de l’avant tout en acceptant ce qui c’est produit : c’est ce qu’on appelle être dans un processus de résilience.
A l’origine, la résilience est une caractéristique qui indique la résistance aux chocs d’un matériau. C’est dans les années 1950, que des psychologues américains s’intéressent à ce concept en étudiant la façon dont les enfants se reconstruisent après une enfance difficile.
En France, c’est le neuropsychiatre Boris Cyrulnik[1] qui popularise ce concept. Il la définit ainsi : « c’est la reprise d’un nouveau développement après une agonie psychique traumatique »[2]. En clair, c’est la capacité de trouver la force en soi pour rebondir après un revers, un choc, une épreuve ou un traumatisme. Car les expériences effrayantes font exploser nos défenses et repères.
Boris Cyrulnik[3] nous explique , à travers ses nombreux ouvrages sur ce processus de résilience, que lorsque les gens font face à des situations auxquelles il n’y a pas d’alternative, ils font preuve, habituellement, de beaucoup de courage.
La résilience n’est pas une aptitude unique. C’est un ensemble de compétences et de mécanismes d’adaptation. C’est comme si nous possédions des ressources de forces invisibles que nous n’utilisons jamais. Nous ne savons même pas que nous les possédons, car nous n’en avons pas besoin. C’est seulement une sorte « d’immunité » de notre système qui lorsqu’elle est sollicitée, nos ressources intérieures remontent à la surface. Il est vrai, précise-t-il que face à un traumatisme, tous ne déclenche pas un processus de résilience. En effet, Boris Cyrulnik explique que ce qui traumatise c’est la signification qu’on attribue à l’évènement ou le regard qu’on lui porte. Étant un processus dynamique et d’adaptation, il existe plusieurs formes de résilience. Il est compliqué de savoir quels sont les facteurs qui déclenchent la résilience car il y a des facteurs biologiques, psychologiques, sociaux et culturels qui interviennent.
Nous ne sommes pas tous égaux face à ce processus. Avoir la faculté de s’adapter aux événements, continuer à aller de l’avant malgré l’épreuve sont le fruit de 2 clés de la résilience : le sens et le soutien.
– Le sens. C’est-à-dire notre compréhension de la situation, l’histoire qu’on se raconte. Le sens est le moyen par lequel nous, les humains, pouvons transformer nos mémoires. Dans un cerveau sain qui évolue, les souvenirs se transforment de manière à percevoir autrement ce qui s’est passé. Cela ne veut pas dire qu’on l’aura détourné, mais plutôt la signification de l’évènement aura simplement évolué.
– Le soutien. C’est-à-dire la capacité à faire face à son souvenir traumatique (et non à l’occulter) en créant une connexion à un autre qui est bienveillant. Lors d’une épreuve difficile, il est donc important de s’entourer de personnes bienveillantes. Cependant, le cerveau d’une personne isolée fonctionne différemment : il interprète tout avec une saveur de malheur. En bref, pour nous développer, nous avons besoin des autres.
La façon dont nous définissons le courage est subjective. Depuis ces moments terribles que le Maroc a vécu, la majorité des villageois ont fait preuve d’une force incroyable. La même force incroyable dont font preuve les Palestiniens depuis des décennies et qui continuent d’être animés par cette même passion pour la vie et leur terre. Les images sont insoutenables et l’émotion est vive comme celle de ce vieil homme de 7O ans qui a enterré 27 membres de sa famille et qui, cependant, réussit à se lever tous les matins, à se montrer reconnaissant envers Dieu, respectueux envers les autres, et à trouver des choses à apprécier même si la journée dans le campement provisoire où il est installé, peut s’avérer très difficile. Il est la représentation de ce qui définit la résilience, à l’image de notre prophète Mohammad ( Paix et salutations sur lui).