Gaza: et après? 

Depuis le 7 octobre dernier, avec l’attaque du Hamas en Israël et la riposte israélienne sur la bande de Gaza, le conflit israélo-palestinien est sur toutes les lèvres. L’émotion est vive surtout au sein des communautés musulmanes qui soutiennent la cause palestinienne depuis des décennies. À Bruxelles, dimanche dernier 40 000 personnes se sont rassemblées pour appeler à un cessez-le-feu et marquer leur soutien aux Palestiniens. Mais au-delà de l’émotion, la question de l’après-guerre se pose. 

Al Jazeera en fond sonore et qui tourne en boucle, les réseaux sociaux et les comptes de nombreuses personnalités palestiniennes telles que Motaz Azaiza (journaliste palestinien), Eye on Palestine (bloqué par Instagram) ou encore Sadaqa pour Gaza, constituent désormais les nouveaux médias de ceux qui ne veulent plus suivre le compte rendu des médias occidentaux qui n’ont d’ailleurs pas l’autorisation d’entrer à Gaza. Et les images qui tournent sur ces réseaux sont insoutenables, les corps d’enfants, de femmes et d’hommes sont filmés de manière brute et ne peuvent laisser indifférent. L’émotion face à l’injustice nous gagne tous et face à notre impuissance, des mouvements de mobilisation sont nés. 

Boycott et désinvestissement

C’est devenu un rituel, l’appel au boycott fait son retour à chaque guerre contre la Palestine. Les produits israéliens et américains sont visés, notamment Coca Cola, Starbucks, ou encore Mac Donald’s. D’autres appels à n’effectuer aucun achat afin d’impacter l’économie ont aussi été relayés. Mais si l’inaction n’a rien de bon et le sentiment d’impuissance est totalement compréhensible, ces actions semblent pourtant éphémères. Lorsque la guerre prendra fin, les appels au boycott ne seront pas entendus et ces produits referont leur apparition sur nos tables… Pourtant, il est de notre devoir de ne pas oublier les Palestiniens et leur combat face à l’injustice dont ils sont victimes. 

Devoir de mémoire

Nous ne pouvons qu’être admiratif face à la résilience des Palestiniens devant tant d’atrocités. Leur patrie coule dans leurs veines, une force qui les pousse à se dresser fièrement contre cette injustice. Ils ne cessent de faire entendre leur voix couverte par les bombardements pour nous rappeler leur lutte. Notre devoir aujourd’hui est de la transmettre : à nos enfants, dans les écoles, créer des associations, œuvrer pour qu’après la guerre, car il y aura bien un « après », leur combat ne sera pas enseveli sous les décombres… 

H.B.

Terre de Palestine

Le 7 octobre 2023 marque un point important, voire historique en Israël. Le Hamas a attaqué son voisin causant de nombreux morts et faisant par la même occasions de nombreux otages. Le monde retient son souffle, Israël attaqué et c’est le monde qui se divise entre les supporters de la cause palestinienne et ceux qui légitiment le droit d’Israël à se défendre par tous les moyens… Cette opération inédite du Hamas sur plusieurs cibles entourant la bande de Gaza a changé la donne sur le plan humanitaire et géopolitique. Analyse.

L’hypocrisie politique en occident et la divergence en Orient

De Berlin à Bruxelles, en passant par Washington, Londres ou Paris, le discours est identique. Pour ne prendre qu’un échantillon des dires des gouvernements occidentaux, tous condamnent « les attaques terroristes contre Israël et sa population »[1], mais à aucun moment, ils ne parlent de la situation des Palestiniens qui sont privés de leurs terres, de leur liberté de mouvement, des milliers de prisonniers politiques, du blocus qui affame le peuple de Gaza, et la liste s’allonge. Les grands de ce monde légitiment le « droit de se défendre pour Israël » mais aucunement ce droit n’est attribué au peuple de Palestine. Un discours de deux poids deux mesures ! 

Pourtant, Israël a été condamné par Amnesty Internationale[2] ( et d’autres groupes d’ONG[3] ) sur ces méthodes et pressions inhumaine affligées depuis des décennies au peuple palestinien. Ces organismes dénoncent Israël, en tant que « colonisateur », d’appliquer des lois criminelles de l’apartheid[4]. Celui-ci mène une politique d’accroissement de ses colonies au détriment des droits et lois internationales les plus fondamentales et sous couvert du silence des gouvernements occidentaux. [5] Quant au monde arabe, les réactions sont multiples : les Émirats arabes unis étaient neutres, Abu Dhabi s’était contenté d’appeler au calme, la monarchie du Golfe s’est dite « consternée » par la prise d’otage de civils israéliens. Une position sur laquelle s’est d’ailleurs aligné le royaume de Bahreïn[6]. Mais comment sommes-nous arrivés à cette situation ?

Un devoir de vérité sur l’Histoire de la Palestine[7]

Photo Le Monde diplomatique

Située au Proche-Orient, la Palestine est un passage terrestre entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique : un « couloir » pour les invasions. Une terre conquise successivement par les Égyptiens, les Philistins (qui ont donné le nom à la Palestine), puis les hébreux ( qui vont rentrer rapidement en guerre contre les Philistins). Suivrons les Babyloniens, les Macédoniens d’Alexandre le grand, les Romains, les Perses, les Arabes, les Ottomans. Et au 20ème siècle les Britanniques, qui ouvrent la voie d’un retour du peuple juif. Un lieu de passage pour les peuples mais aussi, une terre sainte, une terre des prophètes des trois grandes religions monothéistes.

Depuis des générations, les nombreuses luttes entre juifs et arabes pour la domination de la Terre Sainte ont causé beaucoup de souffrance au Moyen-Orient. On affirme souvent que la crise a débuté avec l’immigration juive en Palestine et la création de l’État d’Israël. Pourtant, le conflit a pris racine bien avant, avec le double jeu des Britanniques durant la première guerre mondiale. C’est une Histoire d’intrigues entre empires rivaux, de stratégies erronées, de promesses contradictoires et de trahisons envers les Arabes et les Juifs, ouvrant la succession de bain de sang qui a scellé le sort de cette terre.

Quelques grandes dates :

            -1917-1948. Les Français, les Russes et les Anglais avaient secrètement prévu de morceler l’empire Ottoman afin d’équilibrer leurs visées coloniales durant la première guerre mondiale. Les graines ont été semées : les Britanniques avaient promis l’indépendance aux Arabes d’une part et une patrie aux juifs d’autre part. Sous puissance britannique, la Palestine devient l’outil des impérialistes utilisés selon leurs intérêts personnels de domination dans l’échiquier mondial[8]. Dès la fin du 19iéme siècle, les Juifs sont établis un peu partout en Europe et majoritairement en Russie. Peu à peu, le mouvement sioniste[9] s’affirme. En effet, le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères adresse une lettre ouverte au Lord Lionel Walter Rothschild[10], personnalité de la communauté juive britannique et un des précurseurs du mouvement sioniste européen, qui rêve du retour de son peuple sur la Terre Promise. la Déclaration Balfour est signée. Elle prévoit l’établissement d’un « foyer national pour le peuple juif » ; première étape d’un processus de colonisation qui ne s’arrêtera plus et mène à la voie de la création de l’Etat d’Israël[11].

-1948-1967. La seconde guerre mondiale a fortement affaibli l’Angleterre, elle ne peut plus s’occuper de ses colonies indiennes et palestiniennes. Et ce sont les Etats-Unis qui vont reprendre le mandat de la Palestine à l’ONU, sous la présidence de Henry Truman. Il va conduire à la création d’Israël en 1948[12]. Les grandes puissances soutiennent cette idée d’élaborer un plan de partage qui comprendra un État juif et un État arabe. 15 mai 1948 est la date où toutes les troupes britanniques quittent la Palestine. Et pendant ce temps, le pays connaît successivement des attentats, des émeutes qui font monter la tension entre les communautés. Le plan de partage est donc adopté et déclenche immédiatement une guerre civile dans le pays. Le 14 mai 1948, David Ben Gourion[13] déclare l’Indépendance de l’Etat d’Israël à Tel-Aviv lors d’un congrès sioniste. Fort de leur indépendance, ce mouvement gouvernemental accélère le processus de colonisation. Ainsi, les Palestiniens vont tout perdre : maison, terre, emploi, vie. L’exode du peuple palestinien prend de l’ampleur sous la pression militaire de l’État d’Israël. C’est le début de la Naqba, qui signifie la catastrophe. La Ligue Arabe ( Egypte, Liban, Syrie, Irak et Jordanie) attaque sur plusieurs fronts Israël. La mauvaise coordination des Arabes va donner des opportunités au camp adverse pour franchir des territoires et ainsi les occuper. Les tactiques de guerres des Israéliens prennent le dessus sur les troupes arabes. Malgré des cessez-le-feu, l’état Israël s’impose sur les terres et étend ses colonisations.

-1967-1995. Les tensions se cristallisent face à la discrimination, à l’occupation, à la dispersion du peuple et à une forte conscience nationale incarnée par l’OLP[14]. L’Europe, quant à elle occulte la société palestinienne, jusqu’à ce que survienne l’invasion du Liban en 1982, la première Intifada en 1987, la guerre du Golfe en 1991 et le déclenchement du « processus de paix » avec la Conférence de Madrid. Et d’autres voies pour la paix vont se succéder. 

La stratégie du mouvement sioniste a permis d’organiser le « transfert », par la violence et l’intimidation, d’une population arabe plutôt pacifique, sans défense, abandonnée de tous. L’Histoire nous apprend à mieux comprendre la situation d’aujourd’hui. Normalement, elle nous apprend aussi à tirer les leçons du « plus jamais ça ». Mais les idéologies perfides des intérêts politiques prennent le dessus et sont le résultat de cette catastrophe humaine sans nom. Il est clair que les perdants de cette tragédie sont et seront toujours les peuples …

« Les choses étant ce qu’elles sont, la réalité palestinienne d’aujourd’hui, d’hier et très vraisemblablement de demain, s’est construite sur un acte de résistance à ce nouveau colonialisme étranger. »[15]

Najoua

[1] Article sur le site De la-croix.com, publié le 7 octobre 2023 sous le titre : « attaque du Hamas contre Israël : les condamnations internationales se multiplient ».

[2] Sur le site amnesty.be, le rapport écrit sous le titre « Israël et territoires palestiniens occupés – rapport annuel 2022 ».  le rapport peut être téléchargé sur le site amnesty.org. article du 2 mai 2023 sous le titre « Apartheid automatisé-comment la reconnaissance faciale fragmente, ségrégue et contrôle la population palestinienne dans les territoires occupés par Israël ».

[3] Association Euro Palestine dont la fondatrice Olivia Zemor milite depuis plus de 20 ans pour la libération du peuple palestinien, Le Front populaire de libération de la Palestine ( FPLP), l’organisation Health Work Committees, etc.

[4] Régime de ségrégation systématique d’une partie de la population qui ne dispose pas des mêmes droits. Ce mot a pris naissance en Afrique du Sud en 1913 entre les populations blanches et noires.

[5] Le journaliste, Michel Collon, fondateur du site Investigaction.be, auteur de plusieurs ouvrages :  «  Israël, parlons-en ! » , « La stratégie du chaos », « La gauche et la guerre » aux éditions investig’action. Pour en savoir plus : l’auteur a aussi traduit un ouvrage de Edward Herman et Noam Chomsky : « Fabriquer un consentement ».

[6] Pour en savoir plus : documentaire sur la chaine Histoire sous le titre « Palestine, promesses et trahisons ». ce documentaire historique nous plonge dans les sources de conflit israélo-palestinien, le jeu diplomatique ambigu des britanniques pendant la première guerre mondiale aurait favorisé l’émergence d’un climat explosif en Palestine. Un autre documentaire sur la chaine Histoire de Simon Bitton décrit la vie de 1880 à 1950 « Palestine : histoire d’une terre ».

[7] Article Jeuneafrique.com du 9 octobre 2023 « Guerre Israël-Hamas ». article sur le grandcontinent.eu du 12 oct. 2023 « les pays arabes et musulmans dans la guerre de Soukkot »[1] Pour en savoir plus : Livre de Ilan Pappé, « Le nettoyage ethnique de la Palestine ». Edition Fayard. Livre de Henry Laurens, « La question de Palestine » Tome 4. Edition Fayard. Vidéo : Histoire de la Palestine depuis la Bible/ Le dessous des Cartes ( 2001) sur la chaine Youtube Fab Cévennes / His-Geo-EMC-HGGSP /lycée

[8] Pour en savoir plus : documentaire sur la chaine Histoire sous le titre « Palestine, promesses et trahisons ». Ce documentaire historique nous plonge dans les sources de conflit israélo-palestinien, le jeu diplomatique ambigu des britanniques pendant la première guerre mondiale aurait favorisé l’émergence d’un climat explosif en Palestine. Un autre documentaire sur la chaine Histoire de Simon Bitton décrit la vie de 1880 à 1950 « Palestine : histoire d’une terre ».

[9] Doctrine et mouvement politique dont le but est la construction, la consolidation et la défense d’un Etat juif en Palestine. Il est appelé ainsi en référence à la colline de Sion de Jérusalem où fut érigée la citadelle de David.

[10] Britannique, homme politique, banquier ( 1868-1937)

[11] Pour en savoir plus : Edward W. Said, « La question de Palestine ». Edition Sindbad. Et « Comment le terrorisme a créé Israël » de Thomas Suarez. Edition InvestigAction.

[12] Documentaire sur le site VIDOC-Documentaires complets en français. Sous le titre « La création d’Israël, quand le monde bascule » posté le 10 octobre 2023.

[13] Homme d’état israélien, il est le fondateur de l’état d’Israël, dont il proclame l’indépendance le 14 mai 1948. Il fut premier ministre jusqu’en 1963.

[14] Organisation de Libération de la Palestine a été créé à Jérusalem en 1964, à l’inauguration de la Ligue des Etats Arabes. Elle prend son indépendance à partir de la guerre des 6 jours en 1967 et Yasser Arafat devient le président du comité exécutif en 1969.[1] Edward W.Said, « La question de Palestine ». Edition Sindbad.

[15]Edward W.Said, « La question de Palestine ». Edition Sindbad.

Résilience, la force de rebondir 

Dans la chaîne du Haut Atlas, le Maroc a connu un évènement malheureux. Plus de 3000 morts et plus de 5000 blessés sont les chiffres des victimes de la catastrophe. Un séisme ressenti dans la nuit du 8 septembre à 23h11 heure locale, avec des fréquences sismiques allant de 6,8 à 7,2 sur l’échelle de Richter dans la province d’Al Haouz, à quelques kilomètres au sud-ouest de Marrakech. D’innombrables maisons de villages s’effondrent en enterrant vivant ceux qui s’y trouvaient. Certains des habitants complètement abasourdis face à cette désolation, nous ont donné une grande leçon de vie.

A des milliers de kilomètres de là, Gaza se retrouve, une nouvelle fois, sous les bombes israéliennes, entraînant un lourd bilan en termes de vies humaines et de dommages matériels. Des images dans tous les médias parlent d’elles-mêmes et nous font découvrir ces bouts de vies, brisées, meurtries par ce massacre continue devant le silence assourdissant de la communauté internationale. Et pourtant, devant cette ampleur de désastre, se révèle une force « oubliée ». Dans le flot d’informations médiatiques, les êtres humains font face à cette tragédie et font preuve de beaucoup de courage et de résilience. Comment surmonter cette épreuve ? Comment se reconstruire après un évènement traumatisant ? 

Un séisme ressenti dans la nuit du 8 septembre à 23h11 heure locale, avec des fréquences sismiques allant de 6,8 à 7,2 sur l’échelle de Richter dans la province d’Al Haouz, à quelques kilomètres au sud-ouest de Marrakech.

Apprendre à encaisser, se relever après le pire, à gérer « l’impensable », à aller de l’avant tout en acceptant ce qui c’est produit : c’est ce qu’on appelle être dans un processus de résilience. 

A l’origine, la résilience est une caractéristique qui indique la résistance aux chocs d’un matériau. C’est dans les années 1950, que des psychologues américains s’intéressent à ce concept en étudiant la façon dont les enfants se reconstruisent après une enfance difficile.

En France, c’est le neuropsychiatre Boris Cyrulnik[1] qui popularise ce concept. Il la définit ainsi : « c’est la reprise d’un nouveau développement après une agonie psychique traumatique »[2]. En clair, c’est la capacité de trouver la force en soi pour rebondir après un revers, un choc, une épreuve ou un traumatisme. Car les expériences effrayantes font exploser nos défenses et repères.

Boris Cyrulnik[3] nous explique , à travers ses nombreux ouvrages sur ce processus de résilience, que lorsque les gens font face à des situations auxquelles il n’y a pas d’alternative, ils font preuve, habituellement, de beaucoup de courage.

La résilience n’est pas une aptitude unique. C’est un ensemble de compétences et de mécanismes d’adaptation. C’est comme si nous possédions des ressources de forces invisibles que nous n’utilisons jamais. Nous ne savons même pas que nous les possédons, car nous n’en avons pas besoin. C’est seulement une sorte « d’immunité » de notre système qui lorsqu’elle est sollicitée, nos ressources intérieures remontent à la surface. Il est vrai, précise-t-il que face à un traumatisme, tous ne déclenche pas un processus de résilience. En effet, Boris Cyrulnik explique que ce qui traumatise c’est la signification qu’on attribue à l’évènement ou le regard qu’on lui porte. Étant un processus dynamique et d’adaptation, il existe plusieurs formes de résilience. Il est compliqué de savoir quels sont les facteurs qui déclenchent la résilience car il y a des facteurs biologiques, psychologiques, sociaux et culturels qui interviennent.

Nous ne sommes pas tous égaux face à ce processus. Avoir la faculté de s’adapter aux événements, continuer à aller de l’avant malgré l’épreuve sont le fruit de 2 clés de la résilience : le sens et le soutien.

– Le sens. C’est-à-dire notre compréhension de la situation, l’histoire qu’on se raconte. Le sens est le moyen par lequel nous, les humains, pouvons transformer nos mémoires. Dans un cerveau sain qui évolue, les souvenirs se transforment de manière à percevoir autrement ce qui s’est passé. Cela ne veut pas dire qu’on l’aura détourné, mais plutôt la signification de l’évènement aura simplement évolué.

– Le soutien. C’est-à-dire la capacité à faire face à son souvenir traumatique (et non à l’occulter) en créant une connexion à un autre qui est bienveillant. Lors d’une épreuve difficile, il est donc important de s’entourer de personnes bienveillantes. Cependant, le cerveau d’une personne isolée fonctionne différemment : il interprète tout avec une saveur de malheur. En bref, pour nous développer, nous avons besoin des autres.

La façon dont nous définissons le courage est subjective. Depuis ces moments terribles que le Maroc a vécu, la majorité des villageois ont fait preuve d’une force incroyable. La même force incroyable dont font preuve les Palestiniens depuis des décennies et qui continuent d’être animés par cette même passion pour la vie et leur terre. Les images sont insoutenables et l’émotion est vive comme celle de ce vieil homme de 7O ans qui a enterré 27 membres de sa famille et qui, cependant, réussit à se lever tous les matins, à se montrer reconnaissant envers Dieu, respectueux envers les autres, et à trouver des choses à apprécier même si la journée dans le campement provisoire où il est installé, peut s’avérer très difficile. Il est la représentation de ce qui définit la résilience, à l’image de notre prophète Mohammad ( Paix et salutations sur lui).

Najoua

La lumière de l’humanité


Ce n’est qu’en commençant par le ﷽ , que les mots peuvent naître et éclosent cet amour voué à notre bien-aimé Prophète Muhammadﷺ.

Lui, le plus merveilleux des êtres créés,
Lui qui a illuminé toute l’humanité
Lui qui a éclairé les cœurs, même ceux des plus sinistrés,
Lui qui a dessiné les sourires sur les visages des affligés
Lui qui au premier regard, laisse autrui paralysé par son  doux parfum et son être parfait pour lequel on donnerait tout pour être à ses côtés.

Le Tout Miséricordieux l’a choisi pour embellir les poitrines  Celles qui ont compris, ont tissé avec lui,  un lien exceptionnel et sublime.
A l’image de la lune entourée par les étoiles éparpillées,
A celle de l’horizon qui s’aligne avec le coucher
A celle des nuages qui voguent dans le ciel, sans être agitées
A celle d’un mont qui s’humilie face à Celui qui l’a créé
A celle d’un océan dont les vagues se lèvent pour acclamer sa pureté
A celle de la plus belle rose implantée au milieu des prairies, et qui ne pourra jamais se faner.

La réalité, est qu’aucune parité humaine ne lui est attribuée, car il est le meilleur, il est celui qui s’est distingué, il est celui qui est mentionné à côté de Notre Majesté.

Quand sa personne est évoquée, chaque molécule de notre être est en effervescence et vient jaillir un sentiment qui nous pousse à mieux connaître sa brillance.

Allah, tu as destiné aux  compagnons, ces élites qui ont soutenu et défendu Ton protégé, à vivre ces moments miraculés.
Toi, Notre Protecteur, ne nous prive pas de le voir et d’être de ses alliés.
Le jour où chaque âme convoitera que son appartenance soit liée à sa communauté, celle qui a été édifiée pour rentrer au Paradis et cela pour l’éternité.

Ô Prophète que la salât et le Salam d’Allah, Le Tout Miséricordieux, Le Tout Puissant, Le Clément soient sur toi , sur ta famille, sur tes compagnons.

Nous ne t’avons pas vu durant la période où tu as sacrifié, combattu, sorti les gens de l’obscurité pour qu’ils soient illuminés, et sans nous avoir connus, tu as pensé à veiller et à prier Al Rahman, que nous soyons parmi les sauvés.
Oumati oumati, Ya Allah quelle pensée perlée !

Aujourd’hui, Allah nous permet de rédiger un mot pour exprimer combien nous t’aimons, nous demandons que Notre Créateur nous unisse pour enfin te serrer, nos yeux seront noyés de larmes à la vue de ta beauté, te dire de vive voix et que tu puisses entendre de nous : Mohamed , tu es notre bien-aimé Prophète Muhammadﷺ, tu es notre Prophète, nous croyons en toi, nous suivions tes pas et Allah nous a guidés par la voie du Livre Al Coran,récité par ta  magnifique voix, toi le qualifier de nour du nour , la plus parfaite des fois.

Notre bonheur réside à ce que Notre Seigneur octroie, nous de simples voyageurs, quand viendra notre heure, nous prononceront les paroles لا إله إلا الله محمد رسول الله, Il n’y a de divinité exceptée celle d’Allah et que Mohamed est Son Messager.

Ceux qui viendront nous questionner dans notre tombe, nous puissions répondre :
« Il est le Prophète et le Messager d’Allah, notre bien-aimé, avec qui nous espérons être alignés à ses côtés, le rang plus élevé, le rang le plus édifié.
Amin

ℒamiaaℳ

Hommage

Jeudi 7 septembre 2023

En cette belle journée ensoleillée, j’admire les hortensias qui garnissent mon jardin à travers la fenêtre de la véranda. Les rayons du soleil traversant la baie vitrée illuminent le lustre qui, à son tour, réverbère la forme des petits cristaux qui le composent sur le plafond. Cet éclatant jeu d’ombres et de lumières me captive et ne se produit que rarement. Et pour cause, il est le fruit de plusieurs facteurs hasardeux : l’intensité de la luminosité du soleil, l’angle précis de ses rayons qui percent à travers les feuillages et l’absence totale de cumulus. Tiercé gagnant ! La scène est féerique à mon grand émerveillement.

Une voix au loin m’extirpe de ce spectacle magique et me ramène à la réalité. « Aujourd’hui, c’est la journée internationale de la myopathie de Duchenne. » La télévision était restée allumée. Cette information me plonge une vingtaine d’années en arrière…

Assise devant ma feuille d’interrogation de géographie, je cale à la troisième question : quelle est la capitale des pays africains suivants ?

– La capitale des pays africains suivants ?! Comment suis-je censée le savoir ?! me disais-je intérieurement.

Je me suis préparée à l’interrogation, mais cette matière ne figure pas dans le cours. Je râle… en douceur. Je refuse d’avoir des points en moins pour un thème jamais abordé en classe. Je jette un rapide coup d’œil sur la copie de ma voisine de droite, ma complice de toujours. Très vite, je détourne le regard de sa feuille, non pas que j’étais submergée par un quelconque remord de tricherie, mais le bon sens me somma de ne pas me fier à quelqu’un qui situe la Norvège dans les Balkans, aussi bonne amie soit-elle… Douée en langues, la géographie n’était vraisemblablement pas son fort.

Alors, que faire ? L’abdication n’était pas une option.

Et si je demandais à mon voisin de gauche ? Non, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. C’est juste un camarade de classe avec qui j’échange rarement… très rarement. Pourquoi prendrait-il ce risque pour moi ?

De plus, il faut bien reconnaitre qu’il y avait un certain malaise entre lui et les élèves de la classe. On n’a jamais su quel comportement adopter avec lui. Les plus empathiques surfaient sur la vague de la pitié maladroitement déguisée en sympathie. Beaucoup passaient à ses côtés sans même le saluer… Non pas par méchanceté, mais plutôt par peur de la différence et par ignorance, je suppose.  Avec le recul, je me dis que les adultes – professeurs et direction – auraient peut-être dû anticiper notre embarras et nous accompagner dans la façon d’appréhender la situation. Cela aurait sans doute contribué à briser cet inconfort et à nous permettre de tisser de réels liens avec lui. 

Pour ma part, j’étais sa voisine depuis un an. Et au nom des bonnes relations de voisinage, je le saluais chaque matin quand je rentrais en classe. Parfois, je l’observais et me demandais d’où il pouvait bien puiser ce courage pour continuer sa route… Tous les jours, sa mère lui prodiguait des soins pendant l’heure du midi. Il ne sortait pas à la cour pendant les récréations. Il n’assistait pas au cours d’éducation physique. Il ne nous a pas accompagnés en voyage de rhéto. Il n’avait pas d’amis à proprement parler. Il ne se plaignait jamais. Il était d’une dignité exemplaire. Je n’avais pas besoin d’échanger avec lui pour me rendre compte que c’était un garçon intelligent et clairvoyant. Deux qualités qui devaient être douloureuses pour lui au quotidien… Nous avions beau avoir 17 ans tous les deux, il avait une force mentale et une résignation que je ne pouvais un jour penser pouvoir effleurer du bout des doigts. Jamais il n’a su, ô combien mon « Salut ! » du matin, d’allure légère et insouciante, était en réalité empli d’estime et de respect…

Qu’à cela ne tienne ! 

–          Psst… psst Laurent, la trois, la question trois !

Il ne réagit pas, il mit quelques secondes – qui me parurent une éternité – à redresser la tête. Très vite, je regrettai mon geste. Il essaya de tourner la tête vers moi, mais n’y arrivait pas. 

–          Quelle idée de l’impliquer dans mes combines ! pestais-je en mon for intérieur.

Il actionna sa voiturette discrètement de façon à tendre son bras vers moi. N’y parvenant pas, il interpella le professeur. Inutile de dire que j’étais liquéfiée. Il ne va quand même pas me balancer, pensais-je.

–          Monsieur, puis-je lui prêter ma latte ?

–          Quoi ? Sa latte ? Mais il n’a rien compris. Je n’ai pas besoin de sa latte, mais de la réponse à la question trois, hurlais-je en moi-même.

Il valait mieux prendre l’objet. Je le remerciai et je traçai une ligne imaginaire sur ma feuille sous l’œil attentif du professeur qui approuva d’un hochement de tête le prêt du matériel. 

Dépitée de ne pas avoir trouvé écho auprès de mon voisin de gauche, mais soulagée de ne pas avoir été prise en flagrant délit de tentative de tricherie, je me résignai à remettre ma copie. Je m’apprêtais à me lever lorsque j’aperçus sur ladite latte métallisée, dans le coin inférieur gauche, écrit délicatement au crayon, le précieux sésame !

Un sentiment indescriptible me traversa et dessina un léger rictus sur mes lèvres. Ce n’était pas tant la promesse d’un point facilement gagné qui m’enchantait, mais cette malice insoupçonnée à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Je me régalais de cette complicité naissante. En fin de compte, assis sur un fauteuil roulant ou sur une chaise fixe, nous parlions tous le même langage. Moi qui voyais en lui des qualités surhumaines, il n’en restait pas moins un ado qui, lorsqu’il s’agissait de déjouer la vigilance de l’autorité et de flirter avec l’interdit, répondait présent.

Je remis ma copie et au passage déposai l’objet du délit sur le plateau amovible fixé à son fauteuil roulant électrique. Je ne manquai pas de le gratifier d’un large sourire. Il me lança à son tour un regard espiègle.

Huit ans plus tard, j’ai appris que Laurent nous avait quittés. Sa maladie génétique a eu raison de lui. Elle se manifeste par une dégénérescence et une faiblesse musculaire qui apparait dans l’enfance, de manière très progressive. Bien que les filles puissent être porteuses de la maladie et légèrement touchées, celle-ci atteint principalement les garçons.

Cette pathologie affecte d’abord les muscles volontaires des membres inférieurs et supérieurs ainsi que ceux de la respiration comme le diaphragme ou les muscles abdominaux (utile pour tousser). Elle finit par atteindre aussi le cœur.

Aujourd’hui, c’est la journée de la myopathie de Duchenne. La journée de Laurent qui était un modèle de force et de courage et grâce à qui je n’ai plus jamais oublié que la capitale du Ghana est Accra et celle du Togo, Lomé.

L.M.

Sources :

Abaya, nouveau cache-misère de la France

Nouvelle interdiction hilarante de l’abaya dans les écoles françaises. Le ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, a récemment pris une décision cruciale pour préserver la précieuse laïcité en France : interdire le port de l’abaya dans les établissements scolaires. Cette décision vise apparemment à préserver la neutralité religieuse. Mais quel est le réel but de cette décision ?

Il est important de souligner que l’abaya n’est pas un vêtement religieux spécifique à l’islam mais plutôt un habit culturel porté par certaines femmes.

Selon les principes éthiques vestimentaires de l’islam, il est recommandé d’adopter une attitude de modestie, tant pour les hommes que pour les femmes.

Pourtant, les autorités semblent ignorer ces principes en diabolisant l’abaya comme un symbole religieux provocateur.

Une circulaire gouvernementale a été émise pour annoncer cette interdiction, suscitant la mobilisation de tous les médias.

Mais honnêtement, combien de collégiennes et lycéennes se sont-elles vraiment présentées à l’école en abaya ? Cette interdiction n’est-elle pas simplement un divertissement médiatique ?

Pendant ce temps, des problèmes bien plus graves comme l’absentéisme des enseignants restent ignorés.

Le même jour, en France, 3000 enseignants étaient absents et personne pour les remplacer, mais bien sûr, cela n’a pas suscité de débats ou d’indignation. 

Manifestement, le gouvernement préfère détourner l’attention avec des mesures symboliques plutôt que de régler de véritables problèmes.

Heureusement, cette interdiction de l’abaya sauvera la laïcité française et notre société prospérera enfin !

Quelle victoire pour la France !

Prenons un moment pour réfléchir sérieusement.

Est-ce là notre priorité en tant que société ?

Est-ce vraiment un problème majeur qui mérite autant d’attention médiatique?

Cette polémique nécessite-t-elle notre réaction purement émotionnelle ?

Ne devrions-nous pas plutôt nous concentrer sur des problèmes plus importants tels que le changement climatique, les inégalités sociales, la pauvreté et les conflits dans le monde ?

Le divertissement médiatique est une stratégie utilisée pour détourner l’attention du public des problèmes réels.

Les lourdes conséquences sur la société

En pointant du doigt les événements superficiels, il nuit à la sensibilisation et à la compréhension des véritables enjeux qui touchent le monde.

En privilégiant des sujets divertissants, les médias créent une bulle médiatique attrayante mais déconnectée des véritables enjeux.

Les acteurs politiques et économiques profitent de cette tactique pour éviter de rendre compte de leurs actions et de leurs responsabilités.

Cette obsession médiatique pour des sujets futiles nuit à la sensibilisation et à la compréhension des véritables enjeux qui touchent le monde. 

En fin de compte, cela entraîne une INDIFFERENCE totale face aux problèmes réels et empêche toute action significative de la part du citoyen.

Il est donc essentiel d’exercer un esprit critique en tant que consommateurs d’informations et de chercher des sources qui traitent de manière équilibrée des sujets majeurs.

Seule une prise de conscience collective nous permettra de passer outre cette stratégie de divertissement et de nous attaquer aux véritables problèmes qui nécessitent notre attention et notre action.

Hana

Le jour du lendemain…

A chaque rentrée, la joie mélangée à l’angoisse, vient dès la veille, habiter chez cet être innocent. Chez certains, le compte à rebours a débuté bien avant.

 L’inconnu est arrivé à accaparer toute son attention, mais tout doucement, il comprend que le mystère, s’avère une énigme sans prétention. L’apprivoisement remplace délicatement l’appréhension.

 Il reconnaît que le monde de la connaissance, le conduira vers la clairvoyance et il apprendra à dominer son insouciance. 

 Afin qu’il puisse atteindre le phare qui l’appelle, il devra se battre pour ne pas laisser les faux visionnaires l’envoler vers le superficiel. 

 A un moment donné, il réalisera, que quand la brume s’éparpille, il peut observer le ciel.

 Que voilà, ce petit être favorisé par la conquête de son tout nouveau cartable, sa belle tenue , la jouissance qui se lit dans ses yeux à la vue de sa paire de chaussures impeccable. C’est le sourire qui se dessine sur son visage.   

Ensuite, probablement, le jour même, il entendra que d’autres enfants, vivants dans des contrées oubliées, eux aussi partent à la recherche de ces clés qui ouvrent les portes de la félicité . 

Parmi eux, ils marcheront sans être chaussés, équipés seulement d’un simple carton pour insérer le peu de matériel. 

 Et d’autres encore, devront contourner des chemins avec prudence, de peur de rencontrer une sentinelle. 

 N’en déplaisent, ces conquérants lutteront pour accéder au monde de la découverte et deviendront, par La grâce de Dieu, de victorieux maillons de la réussite, même au milieu du désert. 

 Et l’univers qui sépare tous ces petits êtres, ne les empêche pas de se diriger vers le dessein. Cependant, ils ne pourront l’accomplir avec succès que si, durant leur parcours, on leur apprend que la finalité est d’être reconnaissant envers Celui qui offre tous ces bienfaits, et si Dieu le veut, seront prêts à affronter le monde de demain.

 ℒamiaaℳ

Controverses et tensions autour de l’Evras

Le guide d’Éducation à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle (EVRAS) suscite le débat alors que le parlement a adopté le décret rendant obligatoire ces animations en quatrième secondaire et sixième primaire. Plusieurs centaines de personnes s’étaient réunies ce jeudi pour afficher leur mécontentement devant la rue des colonies à Bruxelles, en pleine séance plénière du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles sans toutefois empêcher l’adoption du décret en fin d’après-midi. 

Depuis cette rentrée scolaire, les élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles (4ème secondaire et 6èmeprimaire) recevront une animation relative à l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle. Il s’agira finalement d’une seule animation au lieu de deux prévues au départ, c’est ce que confirme le cabinet de la ministre de l’Education, Caroline Désir. Un budget de 5 millions d’euros a été dégagé afin de dispenser cette animation à l’ensemble des classes concernées, soit au total 115 000 élèves (85 000 en Wallonie, 25 000 à Bruxelles). Mais si Evras suscite une telle résistance, c’est en grande partie en raison des craintes liés au contenu de ces animations. 

Le guide a été modifié

Des inquiétudes relayées dès le mois d’octobre dernier, lorsque de nombreux professionnels de la petite enfance ont alerté sur plusieurs passages du guide jugés problématiques. Les critiques concernaient l’identité de genre (question qui pouvait, selon le guide, être abordé dès la maternelle), et la possibilité de se sentir libre d’envoyer des messages à caractère sexuel (sextos) dès l’âge de 9 ans. Face à la levée de boucliers de pédopsychiatres et de parents outrés, le guide a été modifié. Face à ces passages jugés dangereux, la ministre de l’Éducation, Caroline Désir a demandé aux différents acteurs de se pencher à nouveau sur le guide pour supprimer ou modifier les parties litigieuses.  Mais ces aménagements ne suffisent pas à rassurer les parents d’élèves qui estiment que ce n’est pas le rôle de l’école d’évoquer ces sujets liés à la vie intime et privée des enfants. 

Opposition d’associations musulmanes

Dans un communiqué, plusieurs associations musulmanes ont exprimé leur désaccord profond envers le guide. «Cette décision nous semble aller à l’encontre des valeurs universelles et inviolables du cadre de l’éducation familiale et aux intérêts des élèves ainsi que de leurs famillesNous resterons vigilants et continuerons à défendre le droit des familles à choisir l’éducation qui convient le mieux à leurs enfants, tout en garantissant une communication ouverte et respectueuse sur ce sujet délicat » indique le communiqué signé par la Diyanet de Belgique, la Fédération Islamique de Belgique, la Fédération des Mosquées Albanaises de Belgique, les Associations des Mosquées Africaines de Belgique, l’Union des Mosquées de Liège, la Communauté Islamique Bosniaque de Belgique et les Associations Culturelle Turque Islamique Ehli-Beyt. Le collectif Innocence En Danger (IED) envisage de porter l’affaire devant la justice : « Une levée de fonds est lancée afin de porter l’affaire devant la Cour Constitutionnelle et au pénal. L’école n’a pas mission d’éducation mais un devoir d’instruction et d’enseignement. Les questions liées à la sexualité et à l’intime, ou du genre sont des questions d’adulte en souffrance. Exposer des enfants qui n’ont pas encore atteint la puberté, c’est les confronter à des questions qu’ils ne se posent pas et qui vont perturber leur développement psychique. Nous nous y opposons, c’est un pied dans la porte, les hommes politiques rendent obligatoires ces animations en fin de primaire et en 4ème secondaire mais l’idée est déjà instillée dans d’autres classes d’élèves beaucoup plus jeunes. Ce n’est qu’un début, les parents doivent se mobiliser pour faire valoir leur autorité parentale » affirme Kevin, porte-parole du collectif. 

Interrogée par la RTBF, la ministre de l’Éducation a tenu à rassurer : « Nos intentions sont nobles. On ne va évidemment pas encourager une hypersexualisation chez les jeunes, on ne va pas susciter une orientation sexuelle ou une identité de genre, on ne va pas donner des cours de pratiques sexuelles. C’est inadmissible de faire peur aux parents sur ce sujet. » 

H.B.

Sache petit homme…

Au détour d’un sentier de montagne, en Savoie, niché dans un vallon préservé, le Lac du Lou s’offre à nos yeux, cerclé d’une chaîne de montagnes. Un cadre magnifique où la nature nous éblouit par sa simplicité et sa générosité. Un point de vue panoramique où la contemplation s’éveille et fait de ce moment un temps suspendu, un temps de réflexion, un temps de méditation…

            « Approche, petit homme ! Approche et écoute !

            Sache, petit homme que tu ne peux discerner les choses au moyen de la raison que lorsque tu te conformes aux exigences de celle-ci. Fais appel donc, à ta raison et sois attentif !

             Certes, la détermination est relative à chaque créature, on n’obtient pas toujours ce à quoi on aspire et on ne trouve pas toujours ce que l’on recherche. Mais, sache, petit homme, qu’il est de ton devoir de faire l’effort et de te diriger vers ta destinée…

Tu as été créé et chargé de responsabilités. Des devoirs t’incombent. Il y a pour chaque être un entrepôt : prends garde de ne rien accomplir et ainsi de le laisser vide. 

Tes pas qui te mènent au terme de ta vie sont comptés car ton séjour en ce monde est court. 

Sache, petit homme, qu’il te faut être vigilant car les jours se réduisent à des heures et les heures se réduisent à un souffle ! 

Sache, petit homme que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, il y a des batailles que tu devras livrer sans relâche : les moments de difficultés, les pertes de sens, les défis et les remises en question font partie du jeu. Ils représentent le point de départ d’un courage insoupçonné, de relever la tête et de trouver les ressources en soi pour s’élever, grandir à l’image de mes cimes. 

De la même manière que je suis formé par la dislocation de 2 plaques terrestres, frottées l’une contre l’autre, tes propres montagnes surgissent à la rencontre aussi, de 2 besoins : l’une veut atteindre les sommets et l’autre refuse le changement.

Sache, petit homme, que la souffrance est une réalité de la vie ! Tu as besoin de passer par cette douleur pour te révéler. Sache, petit homme, que dans les profondeurs de mes entrailles se cachent des trésors, des pierres précieuses. Du carbone naît la plus belle d’entre elles : le diamant. Son processus de fabrication ne pourrait se produire sous une extrême pression terrestre de roche en fusion.

L’urbanisation, l’ère de la modernité te pousse à te cloisonner, à t’enfermer, la technologie pousse à l’abandon du corps. Tu n’es pas un être de sommeil, petit homme ! Car même si ton esprit est vif, ton corps te rappelle ta fragilité, ta vulnérabilité, ta condition humaine.

Regarde mes flancs et regarde mes sommets, ils sont ma force et mon honneur, petit homme ! Au cœur de mon monde coule une eau pure et limpide, qui va abreuver tes semblables et les troupeaux dont ils ont la charge. La vie est en moi et elle m’expose à de lourdes responsabilités : la distribution de mes dons à toutes sortes de créatures, des minéraux aux animaux, en passant par les végétaux. 

Pour chaque chose, je lui accorde son droit ! Je fais parvenir à mon propre entrepôt ce qui me réjouira le jour où je le retrouverai. 

Heureux celui qui aura saisi la valeur de ces devoirs et les aura appliqués !

Sache, petit homme que la force est en toi ! Alors avance pas à pas ! Ainsi, tu auras conquis tes montagnes ! 

Va, petit homme, à la quête de tes sommets ! »

                                                                                                                      Najoua

Le lac du Lou, à saint-Martin-de-Belleville, en Savoie ( France)

L’appel irrépressible du voyage

Vers la mer, vers la montagne, à quelques heures de voiture ou au bout du monde, nous sommes nombreux cet été encore, à répondre à l’appel du large.  

Le besoin de changer d’environnement, de rompre la routine, de se reposer et de découvrir autre chose, pousse depuis toujours les gens à quitter leur foyer vers de nouveaux horizons. 

Dans le climat actuel de crise économique, beaucoup feront des concessions sur la durée et la proximité de leur voyage, opteront pour le camping ou l’hébergement chez la famille, mais essaieront de partir quand même. 

C’est que voyager a des vertus et des bienfaits innombrables. Un proverbe marocain dit : « Qui a beaucoup voyagé est mieux que qui a beaucoup vécu  » 

Pour commencer, les voyages permettent d’aller à la rencontre d’autres peuples, d’autres façons de vivre. Ils donnent à découvrir la beauté et la variété du vaste monde, et à méditer sur la création d’Allah ‘azza wa jal. 

Ils permettent de resserrer les liens familiaux en visitant ses proches, et peuvent aussi prendre une dimension spirituelle, dans le cas des pèlerinages par exemple.  

On voyage pour changer, non de lieu, mais d’idées

Hippolyte Taine 

Les voyages forment la jeunesse, dit-on. Dans certaines cultures, il est courant que les jeunes gens, à la fin de leurs études, se lancent dans une sorte de voyage initiatique. Un premier voyage sans parents ni professeurs, censé représenter une sorte de rite de passage vers l’âge adulte. Le jeune se confrontera à certaines expériences, apprendra à se connaître aussi, et à développer son autonomie et sa « débrouillardise ».  

En Islam, le voyage est valorisé et encouragé. Plusieurs versets évoquent l’importance de rechercher l’amélioration de sa vie matérielle et spirituelle, quitte à se déplacer pour cela. 

« La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer ? » S4 V97 

 « C’est Lui qui vous a soumis la terre, parcourez donc ses grandes étendues et mangez de ce qu’Il vous fournit. » S67 V15 

L’accent est mis également sur l’importance d’aller à la rencontre des autres : 

« Et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. »  S49 V13 

Le Coran ne s’arrête pas là. Il nous donne des conseils sur la préparation du périple : 

« Et prenez vos provisions. Mais vraiment la meilleure provision est la piété. » S2 V197 

 Le Messager paix et salut sur lui nous apprend qu’il faut choisir avec soin ses compagnons de voyage et désigner parmi le groupe un responsable et référent. 

Le calife Umar ibn al Khattab nous avertit que l’on ne connaît vraiment quelqu’un qu’à certaines conditions. Parmi celles-ci, avoir commercé ou voyagé avec cette personne. Car le vrai caractère des gens se dévoile pendant le voyage. 

Le terme qui désigne le voyage en arabe est d’ailleurs as safar, de la racine asfara, qui signifie se montrer, se dévoiler, apparaître.  

Car le prophète sws nous informe que « le voyage est une part du supplice. » Cela signifie que le voyage présente certaines difficultés comme la fatigue, l’inconfort, la promiscuité, la barrière de la langue, les problèmes de logistique pouvant se présenter. C’est ainsi que le voyage permet de mesurer les vertus, la patience et le bon caractère des gens. 

En outre, Allah ‘azza wa jal nous accorde plusieurs adaptations de nos rites religieux en voyage, afin de nous faciliter ce temps pas comme les autres. 

Le voyage est donc une des écoles de la vie, il permet de goûter à bien des plaisirs et découvertes, mais apporte parfois son lot de contrariétés et de déceptions.  

Cela reste en tous les cas, une aspiration profonde et renouvelée pour la plupart des êtres humains. De toute éternité et pour toujours. 

Hayat Belhaj