Dans le silence des dix dernières nuits…

Mon Seigneur,

Les dix dernières nuits du Ramadan sont revenues…
et moi aussi.

Je ne sais jamais vraiment comment me présenter devant Toi.

Toute l’année, je marche dans ce monde avec un cœur distrait.
Je me promets de revenir vers Toi plus souvent.
De prier avec plus de présence.
De Te parler avec plus de sincérité.

Je me dis : demain je ferai mieux.

Et puis les jours passent…
et je me retrouve encore là, imparfaite, fragile, pleine de manques.

Alors quand arrivent ces dix dernières nuits, quelque chose tremble en moi.

Parce que je sais que ces nuits sont précieuses.
Mais je sais aussi que je ne suis pas la servante que j’aurais voulu être.

Je viens vers Toi avec des prières parfois distraites.
Avec des promesses que je n’ai pas toujours tenues.
Avec un cœur qui s’est parfois éloigné de Toi.

Et pourtant…
Tu nous offres encore ces nuits.

Comme si Ta miséricorde appelait doucement ceux qui reviennent tard.
Ceux qui ont pris trop de détours.
Ceux qui arrivent avec les mains presque vides… mais avec un cœur qui espère encore.

Alors dans le silence de la nuit, je m’assois devant Toi.

Et je murmure d’abord cette invocation que Ton Prophète nous a apprise pour ces nuits :

Allahumma innaka ‘afuwwun tuhibbul ‘afwa fa‘fu ‘anni.
Ô Allah, Tu es Pardonneur et Tu aimes pardonner, alors pardonne-moi.

Et puis les mots viennent autrement.

Plus doucement.

Comme une servante qui n’ose pas trop lever les yeux.

Ô Allah, si j’ai été loin de Toi, rapproche-moi.
Si mon cœur s’est endurci, adoucis-le.
Si je me suis perdue en chemin, guide-moi à nouveau.

Je Te confie ce que je ne dis à personne.

Mes regrets.
Mes faiblesses.
Les choses que j’aurais voulu être… et que je ne suis pas encore.

Et parfois les mots s’arrêtent.

Il ne reste que le silence…
et les larmes que Toi seul vois.

On dit que parmi ces nuits se cache la Nuit du Destin.

Une nuit meilleure que mille mois.

Mille mois…
une vie entière de jours ordinaires.

Et je me demande parfois si cette nuit n’est pas simplement celle où une servante ose enfin revenir vers son Seigneur.

Alors je reste là.

Avec mon cœur fragile.
Avec mon espérance discrète.

Parce que je sais une chose :

Même si mes œuvres sont petites…
Ta miséricorde, elle, est immense.

Et si ces nuits étaient les dernières que je vivrais…

Alors je voudrais simplement Te dire ceci :

Je suis revenue vers Toi.

Peut-être tard.
Peut-être imparfaite.

Mais revenue.

Et si Tu m’ouvres la porte…
je ne veux plus jamais m’éloigner.

H. L.

L’art de l’ancrage

La communauté vit un cheminement profond où nuits et jours sont rythmés par des préoccupations spirituelles : la recherche de l’agrément de l’Unique et l’obtention de Son amour. La véritable dévotion est celle qui prend racine dans le cœur ; c’est elle qui trace un chemin à l’âme pour s’élever vers Sa Lumière et d’accéder à une sérénité. Pourtant, le tumulte de ce monde est un moulin qui ne s’arrête jamais, nous donnant l’impression que tout est prioritaire sauf notre âme.

C’est pourtant dans le silence de cette âme retrouvée que se forge notre résilience. À une époque charnière comme la nôtre, où le tumulte du monde s’intensifie et où l’incertitude semble être la seule constante, l’urgence de se tourner vers le divin n’a jamais été aussi pressante. Face aux crises géopolitiques qui secouent nos sociétés, nos cœurs vacillent, nos certitudes s’effritent et notre quête de sens se fait plus désespérée. 

A l’heure où l’obsolescence programmée semble déterminer non seulement nos objets, mais aussi nos convictions et nos émotions, une prière pieuse résonne avec une justesse saisissante. Elle offre un sanctuaire de stabilité et de profondeur dans le tumulte du monde moderne, à l’exemple de son auteur, Abdallâh Ibn Mas’ûd (Qu’Allahﷻ l’agrée).

« O Allah, je Te demande une foi qui ne faiblit pas, une joie qui ne s’épuise jamais et la

compagnie de Ton Prophète Muhammad ﷺ au plus haut Jardin éternel ! »[1]

« Ô Allah, je Te demande une foi qui ne faiblit pas ».

Dans un siècle marqué par le défilement incessant des informations, où les tendances et les idéologies changent à la vitesse d’un clic, nos certitudes sont constamment mises à l’épreuve. Cette foi que l’on cherche n’est pas une simple croyance de surface, mais un ancrage profond et inébranlable, imperméable au doute et aux distractions qui caractérisent notre ère numérique. Elle agit comme un phare dans l’obscurité, nous rappelant notre lien avec le Très-Haut et nous donnant la force de persévérer, d’agir avec justice et de maintenir l’espoir, même lorsque tout semble s’effondrer autour de nous.

L’érosion de la foi n’est pas une simple perte de croyance ; elle est une perte d’ancrage. Lorsque les fondations de notre compréhension du monde et de notre but spirituel s’effritent, nous devenons vulnérables aux vents de la désinformation et de la peur. Une foi qui s’affaiblit nous laisse désarmés face aux défis complexes de notre époque, nous rendant susceptibles d’accepter des compromis sur nos valeurs ou de céder au découragement.

« Une nation s’affaiblit lorsque s’altère et se corrompt le sentiment religieux. »[2]

Sans cette foi robuste, nous risquons d’être emportés par le chaos ambiant, de perdre notre direction et, finalement, notre essence spirituelle. Elle est la résistance nécessaire à la fragmentation de l’attention et des valeurs qui menace notre humanité.

« Une joie qui ne s’épuise pas »

C’est une demande audacieuse dans une société qui confond souvent le plaisir éphémère avec le bonheur durable. Mais pour un croyant d’aujourd’hui, cette joie inépuisable est plus qu’un souhait ; elle est vitale. 

Pour comprendre son importance, il faut d’abord analyser ce que la joie n’est pas : elle n’est pas la satisfaction passagère d’un besoin matériel, ni l’excitation d’une expérience de divertissement. Notre monde moderne excelle à fournir ces stimulations éphémères, mais elles s’épuisent rapidement, laissant derrière elles un vide permanent. 

La joie demandée est d’une nature différente. Elle est une source intérieure, indépendante des circonstances extérieures; car elle est le fruit d’une connexion profonde et continue avec la quête de Dieu. Dans un monde caractérisé par le stress, l’anxiété et la quête incessante du « toujours plus » qui nous épuise, cette joie spirituelle est une vive résistance. Elle permet au croyant de ne pas sombrer dans le désespoir face aux épreuves, et de ne pas se laisser aveugler par les fausses promesses du matérialisme et la complexité de notre temps. 

C’est pourquoi cette joie est l’ancre indispensable pour naviguer dans la tempête du XXIe siècle, une lumière qui brille même dans les périodes de ténèbres. 

« La compagnie du Prophète Muhammad  au plus haut jardin éternel »

Enfin, c’est l’aspiration ultime, une vision d’éternité et de perfection qui contraste avec notre focalisation souvent sur l’immédiat et le matériel. Dans un monde de connexions, cette demande évoque la recherche d’une relation pure, d’un lien sincère, d’un modèle de vertu et de compassion qui a traversé les siècles, et d’un but supérieur qui donne un sens à notre existence temporelle. Cette noble requête est le moteur d’une existence transformée. On ne cherche pas à le voir mais à le vivre dans la vie présente par l’excellence du caractère qu’il ﷺ incarnait. Vivre cet héritage, c’est tendre vers l’élégance morale. C’est faire de sa propre existence un « sillage de lumière » où la patience, la douceur et la justice sont les courants dominants, prouvant que la grandeur ne se mesure pas à ce que l’on possède, mais à la trace que l’on laisse dans le cœur d’autrui.

C’est dans ce contexte troublé que cette invocation prend toute son importance, nous offrant un refuge spirituel et une boussole pour naviguer dans la tempête.

Cette invocation n’est pas une fuite du présent, mais une réponse aux défis de notre époque. Elle nous invite à cultiver la durabilité de la foi, la force de l’esprit, la profondeur de la joie, et à orienter nos vies vers des valeurs éternelles, nous offrant ainsi un point d’ancrage dans la complexité de cette époque. 

Telle était la requête la plus chère aux yeux des Compagnons !

Najoua


[1] Les prières des pieux, les 30 plus belles invocations de Omar SULEIMAN. Edition : Muslim City. P.29

[2] Citation de Ibn Khaldum dans son œuvre Al Muqaddima ( les prolégomènes en français). Discours sur l’histoire universelle.

Ramadan approche…

Ces jours-ci, mon cœur est un peu plus fragile.

Ramadan approche… et avec lui, cette sensation étrange mêlée d’impatience et de mélancolie. Avant, l’arrivée de ce mois ne portait que de la lumière. Aujourd’hui, elle porte aussi des absences.

Depuis deux ans, à l’approche de Ramadan, quelqu’un que j’aimais a quitté ce monde. Deux années. Deux visages. Deux voix qui ne diront plus “Ramadan moubarak”. Et je me surprends à compter le temps différemment. Non plus en années… mais en présences perdues.

Qu’Allah leur fasse miséricorde. Qu’Il illumine leurs tombes comme ce mois illumine nos nuits.

Je me rends compte que Ramadan n’est plus seulement pour moi un mois de jeûne et de prière. Il est devenu un miroir. Un rappel intime. Un murmure discret qui me dit :
“Tu n’as aucune garantie d’être là l’année prochaine.”

Cela me bouleverse… mais cela me réforme aussi.

Parce que je me connais. Je remets à plus tard. Je me dis que j’aurai le temps de devenir meilleure. Le temps d’apprendre davantage. Le temps de purifier ce qui traîne dans mon cœur. Mais la mort de ceux que j’aime me montre que le temps n’est pas une promesse. C’est un dépôt.

Et si ce Ramadan était mon dernier ?
Est-ce que j’y entrerais de la même façon ?
Avec les mêmes distractions ?
Les mêmes retards dans mes prières ?
Les mêmes excuses ?

Leur départ adoucit mon cœur. Il casse quelque chose en moi… mais il construit aussi autre chose. Une urgence plus douce. Une foi plus consciente. Une envie plus sincère de revenir à Allah sans attendre.

Je ne veux plus vivre Ramadan par habitude.
Je veux le vivre comme une rencontre.
Comme une dernière chance d’être pardonnée.
Comme une porte ouverte que je ne veux pas manquer.

Quand je pense à eux, je ne ressens pas seulement la tristesse. Je ressens une responsabilité. Celle de transformer ma douleur en élévation. De faire de mes invocations un pont entre nous. De déposer leurs noms dans mes prosternations, avec amour et pudeur.

Ils ne jeûnent plus avec nous.
Mais peut-être que mes invocations peuvent encore les rejoindre.

Et moi… je suis encore là.
Respirante. Capable de me lever la nuit. Capable de demander pardon. Capable de changer.

Alors cette année, je veux entrer dans Ramadan avec plus de douceur envers moi-même… mais aussi plus d’exigence intérieure. Je veux surveiller mon cœur plus que mon assiette. Je veux jeûner de mes jugements, de mes négligences, de mon orgueil. Je veux apprendre à me taire davantage et à aimer plus profondément.

Peut-être que leur départ est un rappel d’amour d’Allah. Un rappel que la vie est courte, mais que la miséricorde est immense.

Si je suis encore en vie pour accueillir ce Ramadan, ce n’est pas un hasard. C’est une invitation.

Ô Allah, fais que je n’entre pas dans ce mois comme les années précédentes.
Fais que je sorte transformée.
Fais que les absents deviennent une lumière sur mon chemin vers Toi.
Et si un jour je pars à mon tour, fais que quelqu’un lève les mains pour moi… avec la même tendresse que j’ai aujourd’hui pour eux.

H.L.

Au-delà des apparences

Les apparences séduisent et rassurent, mais elles ne sont bien souvent que le reflet de nos propres projections. Se fier à elles, c’est oublier que, derrière chaque visage humain, se cache un monde intérieur que l’œil et le cœur ignore. Chaque expression, chaque mouvement, chaque posture, chaque vêtement n’est qu’un fragment d’une existence secrète et intime. Pourtant, le regard humain, emporté par l’émotion et le besoin de classer, s’empresse de juger : il étiquette, déduit et conclut à partir de ses expériences, de ses valeurs, et souvent de ses peurs. Ainsi, l’apparence n’est plus qu’une scène imaginaire où chacun projette ses propres fables.

Le philosophe allemand Arthur Schopenhauer écrivait dans Le Monde comme volonté et comme représentation : « Le monde est ma représentation. » Il entendait par là que tout ce que nous connaissons du monde nous vient par nos perceptions et par notre esprit. Il ne s’agit pas de nier l’existence d’une réalité extérieure, mais de reconnaître que cette réalité ne nous apparaît qu’à travers la forme de notre représentation.

De la même manière, lorsque nous regardons autrui dans les premiers instants, nous ne percevons pas son être intérieur : ses intentions, son vécu, son caractère profond, ses qualités ou ses défauts. Ce n’est qu’avec le temps que se fissure l’apparence et que l’invisible se laisse entrevoir. Dès lors, la question se pose du bien-fondé de nos jugements et des stéréotypes que nous entretenons, persuadés de comprendre l’autre au premier regard.

Allah soubhanahou wa ta‘ala nous rappelle dans le coran que juger autrui sans connaissance exacte est blâmable : « Ô vous qui croyez ! Évitez de trop conjecturer ; car une partie des conjectures est péché… » (sourate 49 Les appartements – verset 12). Il nous rappelle également que la véritable noblesse ne réside ni dans l’apparence, ni dans le statut, mais dans la piété et la sincérité du cœur (sourate 49 – Les appartements -verset 13). Et Allah sait parfaitement ce que nous dissimulons et ce que nous divulguons (sourate 6 – Les bestiaux – verset 73).

Si notre Créateur nous rappelle que nos yeux seuls ne suffisent pas pour connaître autrui à sa juste valeur, pourquoi ne pas exercer cette sagesse en domptant notre nafs plutôt qu’en nous inventant des histoires ? Cette réflexion méditative nous invite à aborder la vie avec humilité et bienveillance pour Allah et Ses créatures, à interagir avec un sourire sincère, et à cultiver la maîtrise de notre voix intérieure lorsqu’elle obscurcit la clarté de notre esprit. Car cette petite voix vacillante et impulsive use notre temps et notre énergie, et condamnent notre semblable avant même d’avoir échangé un mot, observé sa véritable nature ou éprouvé la moindre empathie à son égard. Quant à celles et ceux que notre nafs nous incite à écarter ou à juger hâtivement, il nous revient de suspendre notre jugement et d’apprendre à les connaître.

La condition humaine est imparfaite par essence, et c’est dans la reconnaissance de cette imperfection partagée que se tisse la possibilité d’une véritable solidarité. À travers un sourire, une main tendue, un cœur pieux et une intention sincère pour Allah ‘azza wa djal, nous pouvons favoriser l’élévation de chacun, en dépassant les apparences et les jugements hâtifs pour atteindre la profondeur de l’âme humaine. Ainsi, l’éthique islamique nous enseigne que chaque rencontre est plus qu’un échange : c’est une épreuve et un don.
Une épreuve, car elle teste nos réactions et nos jugements ; un don, car elle nous donne l’occasion de progresser en humilité, en bienveillance, en patience et en sagesse, en marchant dans la lumière de notre foi.

Ya Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, éclaire nos cœurs de la lumière de la compréhension, fais de nos rencontres des sources de patience et de sagesse, purifie nos intentions, apaise notre nafs, et fais que chaque être croisé devienne un miroir de ton infinie miséricorde. Guide-nous sur le chemin de l’humilité, de la bienveillance et de la foi véritable.

E.F.

Miroir, mon beau miroir !

« Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui a beauté parfaite et pure ?

-Célèbre ta beauté [Ma Reine], mais chez toi cet éclat n’est qu’apparence. 

Chez Blanche-Neige, la beauté intérieure fait toute la différence.»[1]

Il était une fois une jeune et belle …

Hum, non ! 

Là n’est pas mon intention de vous embarquer dans l’univers du plus célèbre conte des frères Grimm, mais plutôt de vous arrêter sur la symbolique de ce que le « miroir » représente pour nous. 

Une invitation à la méditation en ces temps de Dhoul Hijja.[2]

Compris comme un simple objet, le miroir représente certes, une véritable source d’enseignement. D’une part, il traduit l’acte formel de s’y contempler à des moments précis, ce qui en fait le reflet d’un attachement soucieux à une vie au sein de laquelle la superficialité peut constituer en une doctrine despotique[3] ; mais d’autre part, il est un puissant symbole de questionnement, permettant une mise au point de sa nature profonde.

Issue directement du cœur, notre reflet s’affranchit des filtres artificiels et se manifeste dans une image sincère de ce que nous sommes.

C’est comme une évidence. Au même titre que les saisons et les cycles lunaires de notre calendrier, le croyant fait une mise au point face à son propre miroir, lui rappelant le bilan de sa servitude à Dieu.

Est-ce une attitude passive, voire égocentrique, de « s’éblouir » face à son reflet ?

Non. Mais, plutôt un temps de se questionner face à son propre salut. 

L’essence de notre dévotion jaillit dans ce portrait, à l’image d’un cheminant au cœur confiant en Dieu et en Ses promesses, qui cherche à se maintenir en état de veille.

Car il est l’heure. L’heure du bilan…

Le miroir témoigne d’un secret intime : nous sommes les gardiens de nos âmes. 

Inspiré par Dieu pour l’excellence, et harcelé par Satan quant à la déchéance, notre cœur se construit dans l’adversité, les baisses de régime et les tumultes de la vie. C’est sous le prisme d’un déploiement d’effort continu que s’estompent les épreuves inévitables, les excès qui goûtent à la fraicheur du repentir, les manquements que nous pensons incorrigibles. Le résultat exige en filigrane d’être vigilant envers soi, parce que nul n’est à l’abri des retournements de sa poitrine.  

 Le miroir ne triche pas, ne déforme pas et ne démissionne pas.

Notre reflet représente nos joies, nos lassitudes, nos frictions, nos défauts, nos forces, nos aspirations. C’est ce qui fait de nous qui nous sommes en tant qu’humain. Mais, comme chaque être est conduit par la Volonté divine, posons-nous la question en tant que croyant : suis-je l’incarnation des valeurs dont je suis le dépositaire sur Terre ? 

Le miroir nous rend service car il nous informe de la réalité.

Dans le silence de la nuit, nos âmes s’abreuvent à la source de La Lumière Divine, révélant en nous nos véritables valeurs à travers le plus beau des récits, le Coran. Notre mission est d’être digne de ce présent en faisant de la beauté notre meilleure allié dans ce monde. Ainsi, cette beauté intérieure incarne nos attitudes, nos actions, nos paroles, nos regards, nos relations, nos sentiments. Dans cette vision du beau, elle brillera autour de nous. 

Alors, nous agirons en protecteur lorsque notre âme subira une injustice, en garde-fou lorsqu’elle en sera coupable. Nous la combattrons lorsqu’elle exprimera sa haine ou exigera vengeance, nous la calmerons quand la rancœur s’installera, nous l’étoufferons lorsqu’elle voudra assouvir ses penchants interdits. A l’image d’un jardinier qui cultive ses fleurs, en prend soin, les entretient quotidiennement et qui a foi en ce que Dieu lui prescrira. 

Le miroir est le témoin silencieux de notre évolution en tant que disciple, recherchant avec convoitise la Proximité Absolue de l’Unique… parce que la beauté de l’âme ne se forge que dans la foi.

Najoua


[1]Inspiré du conte des frères Grimm « Blanche-Neige » www.iletaitunehistoire.com/genres/contes-et-legendes/lire/biblidcon_032#histoire

[2] Le douzième mois du calendrier lunaire musulman.

[3] Pour en savoir plus : Le portrait de Dorian Gray, de Oscar Wilde. 

Élever nos cœurs en ce jour de Arafat

En ce jour béni de Arafat, l’un des plus sacrés du calendrier islamique, les cœurs des croyants battent à l’unisson dans une quête de sens, de miséricorde et de proximité avec leur Créateur. C’est un moment suspendu dans le temps, un appel silencieux à faire pause en soi, à tourner nos pensées vers Celui qui voit l’invisible, entend l’indicible et connaît l’intime.

Arafat n’est pas qu’un mont géographique mais il s’agit avant tout d’un sommet spirituel. Si les pèlerins se tiennent physiquement sur la plaine d’Arafat, enveloppés de prières et de larmes, les musulmans du monde entier peuvent s’y tenir par le cœur, par le jeûne, par l’invocation sincère, par la gratitude, par un retour sur soi et sur son chemin de vie.

Ce jour est un océan de miséricorde. Le Prophète ﷺ a dit :

« Il n’est pas de jour où Allah affranchit plus d’âmes du feu que le jour de Arafat. »
(Hadith authentique – Muslim)

Quelle promesse plus douce pour l’âme fatiguée, pour le cœur coupable, pour l’esprit égaré ? En ce jour, les portes du ciel sont grandes ouvertes. Les prières franchissent les nuages, portées par l’humilité et la sincérité. C’est un moment où rien n’est insignifiant aux yeux de Dieu : pas une larme versée en secret, pas un espoir formulé dans le silence.

Même à distance de La Mecque, chacun peut faire de ce jour un mont Arafat intérieur, une élévation de l’âme. Un retour à l’essentiel. Une réconciliation avec soi-même et avec Dieu. Une invitation à pardonner, à demander pardon, et à marcher avec foi vers ce qui élève.

Que ce jour soit pour chacun d’entre nous un tournant, une lumière dans la nuit, un souffle nouveau. Qu’il ouvre la voie à un changement durable, à une foi renouvelée, à une paix intérieure retrouvée.

H.B.

Que la paix soit sur vous!

Le 8 mai 2025, la fumée blanche sortant de la basilique Saint-Pierre annonce une nouvelle importante : l’Église catholique a un nouveau pape. Son nom : Robert Francis Prévost. Ou plutôt Léon XIV depuis sa nomination par ses pairs. Face à la foule, ses premiers mots à la tribune de la loggia de la basilique marquent un début de pontificat probablement encourageant, à travers des paroles simples, chaleureuses et pleines de foi :

« Je vous donne un salut de paix !
À toutes les personnes, où qu’elles soient, à tous les peuples, à toute la Terre :
que la paix soit avec vous ! »

La paix. Un mot dont on a perdu le sens profond. En piétinant ses lettres de noblesse en ces temps de conflits, de violence et d’insécurité, l’Homme détruit l’élément indispensable à tout progrès de l’humanité.
Que veut dire Léon XIV à travers ces mots ? À l’échelle mondiale, on parle de paix lorsque les guerres sont résolues et conduisent à une meilleure qualité de vie. Mais qu’est-ce que la paix, pour nous ? Pourquoi est-il important de vivre en paix ? À quoi ressemblerait un monde sans paix ? Serait-il différent de celui que nous connaissons aujourd’hui ?

Qu’est-ce que la paix ?

Nous la définirons ainsi : vivre en sûreté, sans crainte et sans menace de violence ; être égaux devant la loi ; avoir un système judiciaire fiable et efficace, protégeant les droits des citoyens ; subvenir de manière juste et équitable aux besoins élémentaires nécessaires au bien-être, tels que la nourriture, l’eau potable, le logement, l’éducation, les soins de santé. En un mot : vivre dans des conditions de vie décentes, indépendamment de l’appartenance ethnique ou identitaire.

« (…) Nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre… »
Déclaration datant de 1945… Mais où en sommes-nous dans ce projet de « préserver » le monde d’une violence qui monte en puissance aux quatre coins de la planète ?
Dans la guerre, le schéma est toujours le même : un groupe agresseur et un groupe victime.

« Soulignant l’importance du dialogue et de la diplomatie, elle (la paix) prend en effet position contre ceux qui pensent qu’il faut répondre par la légitime défense et la force des armes aux actes de guerre ainsi qu’à l’injustice de la terreur exprimée contre les civils innocents, en repoussant ainsi la violence par d’autres violences, convaincus que la paix ne peut advenir qu’à travers une défense armée qui arrête l’adversaire en lui prouvant sa capacité. »

La culture de la paix au service du droit ?

Aujourd’hui plus que jamais, il nous faut décupler nos efforts afin de développer une culture de la paix, tous ensemble et à tous les niveaux. Et l’un des défis principaux serait de mieux dialoguer, de comprendre et de s’unir derrière des valeurs communes universelles : renforcer une culture de la paix par l’éducation, promouvoir un développement économique et social durable, respecter les droits de l’homme, assurer l’égalité entre les hommes et les femmes, favoriser la participation démocratique, développer la solidarité, soutenir une communication libre et fiable.

Un projet sur papier glacé, malheureusement caduque lorsqu’on assiste à des refus d’obtempérer, donc à un rejet des institutions assurant la protection des droits fondamentaux. Des institutions dont les pays membres ont pourtant signé les clauses de protection. Ainsi, garantir le Droit est le seul chemin pour assurer aux peuples une vie pacifique, au-delà de la violence qui hante souvent le quotidien de beaucoup de personnes.

La paix, quant à elle, n’est pas le fruit de négociations, car celles-ci n’aboutissent qu’à des trêves temporaires, pas à une paix véritable, au sens étymologique. Il y a paix quand il y a justice ! Mais une justice seulement si l’agresseur est défait de sa position d’oppresseur.
La paix n’est pas provisoire. Elle ne doit pas être fragile, au point que les peuples soient dans des « sables mouvants » où tout peut basculer vers l’horreur à cause d’une discrimination ethnique. L’entente impose un respect mutuel, durable et propice à la justice, à la vérité.

Que faut-il pour vivre en paix ?

Compte tenu de l’actualité, le discours de paix de Léon XIV donne à réfléchir aux conditions qui rendent possible une paix durable. Nous sommes capables de comprendre et de mettre en place des clés vers un apaisement réel. Voici deux points essentiels :

• Transmettre la sagesse
C’est un grand mot, n’est-ce pas ? Une utopie, diraient certains. En réalité, c’est en partageant les connaissances, les valeurs et les histoires à travers l’éducation, les médias sociaux, les musées, l’art, l’écriture, les échanges interculturels qu’il est possible d’ouvrir les esprits, de réduire les préjugés et de s’assurer que les blessures du passé ne se reproduisent pas à l’avenir. Le pôle éducatif reste le meilleur moyen de transmettre la sagesse et les valeurs nécessaires à la promotion d’une véritable paix. Les qualités individuelles, telles que le respect, la confiance, la foi, la compassion et la bienveillance sont les fondements de l’apaisement. La réussite de l’Homme passe par cette culture de la sagesse.

• Apprécier le vivre-ensemble
La diversité est une richesse. Elle permet de grandir dans une société en participant au développement d’un ensemble de valeurs et de compétences nécessaires pour vivre ensemble et respecter l’autre, malgré les différences, dans les domaines associatif, politique, économique, judiciaire… Les lieux de travail, les écoles et les quartiers permettent aux gens de construire des liens entre les communautés. Quand divers groupes partagent une forte identité commune, à savoir celle de citoyens d’un même pays, cela permet de répondre aux besoins de la société et participe à plus d’équité, plus de sécurité.

Le concept de culture de la paix porte donc un potentiel novateur, car il remet en cause l’ordre établi et contribue au changement. Mais pour acquérir de la force et ainsi être efficace, il a besoin de peuples qui se l’approprient, le fassent vivre et agissent pour son application concrète au sein de la société. La culture de la paix, c’est refuser la fatalité des maux, et plutôt générer de l’espoir aux bâtisseurs d’un autre monde, fait de justice et de paix. À l’image d’un homme, qui en son temps, a relevé de grands défis :
« Comment un homme (Mohammad ﷺ) seul a-t-il pu unir des tribus de guerre et des bédouins errants, et en faire la nation la plus puissante et la plus civilisée en moins de deux décennies ? »

Selon Thomas Carlyle, une partie de son héroïsme résidait dans son énergie créatrice (foi et sagesse) face aux complicités et aux difficultés de la vie de ce monde. De plus, il concevait la culture de la paix comme un outil bénéfique au service du peuple, à commencer par sa propre personne. En effet, la paix dite « intérieure » se cultive grâce à une implication constante envers soi, sans être égoïste. Au contraire, plus elle se développe, plus la relation avec l’autre peut devenir harmonieuse : un savoir-être, fondé sur une recherche de sérénité intérieure.

Quand la paix intérieure fait défaut, comment pouvons-nous être en paix avec les autres et agir en ce sens ?

Najoua

[1] www.lavie.fr « De Robert Francis Prevost à Léon XIV, la biographie du nouveau pape », écrit par Marie-Lucile Kubacki, publié le 14 mai 2025, dans la rubrique portrait.

[2] www.rtbf.be/article/la-revue-de-presse-le-raid-des-hooligans-brugeois-a-bruxelles-du-racisme-a-l-etat-pur-11542769 , article écrit par Milan Berckmans dans le magazine rtbf, le 6 mai 2025

[3] Charte des Nations Unies, 1945 « S’unir pour la paix » sur le site des Nations Unies.org

[4] www.unamur.be/fr/newsroom/y-t-il-encore-de-la-place-pour-la-paix-aujourdhui-une-question-philosophique-debattue Article de Gwenaelle Bertnchamps, publié le 15 janvier 2024 dans le magazine Université de Namur.

[5] Citation de Thomas Carlyle ( écrivain, historien, philosophe et auteur écossais du 19 -ème siècle, dans son essai littéraire « Des héros, du culte des héros et de l’héroïque dans l’Histoire » https://medium.com/@SaidAbdulLatif/thomas-carlyle-and-the-prophet-muhammad-%EF%B7%BA-48e585675e0a

Ramadan : Un mois de spiritualité et de renouveau

Le mois de Ramadan s’est installé depuis quelques jours déjà, nous nous sommes habitués à lui, à la sensation de faim et de soif qui nous rappelle au quotidien pour qui nous nous privons de ces besoins primaires. Mais pour des millions de musulmans à travers le monde, il représente bien plus qu’une simple période de jeûne. Ramadan est un mois de renouveau spirituel, de purification de l’âme et de renforcement du lien avec le Créateur. Mais quelle est la vraie signification de ce mois béni et comment en tirer le meilleur parti ?

Une célébration de la révélation

Le Coran ne mentionne le Ramadan qu’une seule fois, dans la sourate Al-Baqara. Ce passage le présente avant tout comme le mois au cours duquel le Coran a été révélé. Cela signifie que Ramadan est avant tout une célébration de la parole divine, une occasion de renouer avec ce Livre qui guide nos vies.

Le Prophète Muhammad (saw) nous a enseigné que Ramadan est un mois de transformation. Chaque année, il nous donne l’opportunité de nous recentrer sur l’essentiel : notre relation avec Allah, notre comportement envers autrui et notre capacité à maîtriser nos désirs et passions.

Une discipline pour l’âme

Le jeûne, prescrit aux croyants, est bien plus qu’une abstention de nourriture et de boisson. Il s’agit d’un exercice spirituel destiné à renforcer la taqwa, c’est-à-dire la conscience d’Allah. En privant le corps, nous élevons l’âme et nous développons une autodiscipline essentielle dans notre cheminement spirituel.

Allah nous dit dans le Coran : « Le jeûne vous a été prescrit comme il l’a été à ceux qui vous ont précédés afin que vous atteigniez la piété. » (Sourate Al-Baqara, 2:185)

Autrement dit, le jeûne est un outil pour développer une relation plus profonde avec Allah, pour apprendre à contrôler nos pulsions et nous recentrer sur nos valeurs essentielles. L’un des plus beaux cadeaux de Ramadan est la puissance de l’invocation (du’a). Juste après les versets sur le jeûne, Allah dit : « Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi, alors Je suis tout proche. Je réponds à l’appel de celui qui M’invoque lorsqu’il M’invoque. » (Sourate Al-Baqara, 2:186)

Ce verset nous rappelle qu’Allah est toujours près de nous et qu’Il attend simplement que nous nous tournions vers Lui. Ramadan est donc une opportunité unique pour multiplier les du’as, demander pardon, solliciter des bienfaits et renforcer notre foi.

Mais comment profiter pleinement de ce mois béni ?

  1. Reconnectez-vous au Coran : Prenez du temps chaque jour pour lire et méditer sur ses enseignements.
  2. Soyez assidus dans la prière : Profitez de ramadan pour renforcer votre relation avec Allah à travers la prière et le dhikr.
  3. Multipliez les actions bienveillantes : Aidez les plus démunis, soyez bienveillant avec votre entourage et évitez les conflits.
  4. Faites des du’as sincères : Profitez des moments où les invocations sont exaucées, notamment avant la rupture du jeûne et durant la nuit.
  5. Maîtrisez vos paroles et vos actions : Ramadan est aussi un jeûne du regard, de la parole et du comportement.

Ramadan est un cadeau divin qui revient chaque année pour nous rappeler ce qui est essentiel. Il est une invitation à la spiritualité, à la discipline et à la gratitude. Que ce mois soit pour chacun d’entre nous une véritable révolution intérieure, un tremplin vers une foi plus profonde et un mode de vie plus en accord avec les enseignements du Coran.

Que ce Ramadan soit un mois de bénédictions, d’amour et de proximité avec Allah. Amine !

H.B.

Le jeûne du mois de ramadan

Le jeûne est de l’islam le quatrième pilier,
Tout musulman capable doit s’y conformer.
À la puberté, on commence à jeûner,
Le malade et le voyageur, eux, en sont exemptés.
Durant ce mois, les portes du Paradis sont grandes ouvertes,
Chaque jour, des actes de bien, on part à la quête.
Les portes de l’Enfer sont, elles, fermées,
Les diables, eux, sont enchaînés.
De manger et de boire, le croyant s’abstient,
Sa mauvaise langue, il retient.
Consciemment ou par mégarde,
De faire le mal, il se garde.
L’intimité entre époux attend le crépuscule,
Seuls y cède les incrédules.

Le jeûneur s’adonne à la lecture du Coran
Et s’éloigne des écrans.
Il médite sur la Création
Et multiplie les actes d’adoration.

Ô, vous les femmes, de derrière vos fourneaux, sortez !
De dikhr, de prières surérogatoires, veillez à vous ravitailler.
Des msemens, beignets et autres crêpes à mille trous, la spiritualité est plus nourrissante,
Pour l’esprit du croyant, elle est des plus rassasiantes.
Oui, nos troupes, il faut nourrir
Mais ne sombrons pas dans le délire.
Le gaspillage, le pire des fléaux,
Pourtant, on tombe toujours dans le panneau.
Se frottent les mains bouchers et boulangers,
Durant ce mois, ils se refont une santé.
On a les yeux plus gros que le ventre,
Pourquoi y succomber, diantre !
Au placard, les repas pantagruéliques
Et de se nourrir sainement, on s’applique.
Cuisiner, un acte d’adoration,
Seulement si on y met l’intention.
Ô hommes, privilégiez l’entraide,
Contre le ras-le-bol, elle est un remède.
On se répartie les tâches
Ainsi, les cœurs ne s’entachent.

Utilisons notre temps à bon escient,
Faisons preuve de discernement.
Les pas du prophète ﷺ , suivons,
À l’essentiel, revenons.
On se rapproche du Créateur,
Lui, notre Bienfaiteur.
Pour toutes Ses grâces, on Le remercie,
Comme il se doit, on Le glorifie.

Fatima B.

Méditations…

Le verset 13 de la sourate Ghafir (40:13) nous rappelle cette vérité profonde :
« Il vous montre Ses signes et fait descendre du ciel des provisions, mais seule une âme perverse se détourne de Ses signes. »

Reconnaître les signes d’Allah dans l’adversité, comme un voile sur le cœur

Il y a des moments dans la vie où, malgré tous les efforts pour rester positifs, la douleur et les épreuves semblent prendre le dessus, elles semblent nous noyer.
Les épreuves, qu’elles soient personnelles, sociales ou naturelles, comme celles qui ont récemment frappé une ville d’Amérique, nous rappellent la fragilité de notre existence. En l’espace de quelques heures, des vies ont été réduites en cendres par les flammes, et les biens les plus précieux ont été détruits. Cela soulève une question essentielle : quel est le véritable bienfait dans tout cela, ma vie ou mes biens ?

La réponse, bien que difficile à percevoir au premier abord, réside dans la reconnaissance des signes d’Allah. Lorsqu’on traverse des moments difficiles, il est facile de se laisser submerger par la perte et la souffrance, de se concentrer sur ce qui nous échappe plutôt que sur ce qui nous reste. Pourtant, c’est précisément dans ces moments que l’on doit se rappeler que, malgré les épreuves, la vie continue, que nous sommes en bonne santé, et que nous avons la capacité de respirer, de penser, de réfléchir ; et cela est un bienfait immense.

Le verset 13 de la sourate Ghafir (40:13) nous rappelle cette vérité profonde :


« Il vous montre Ses signes et fait descendre du ciel des provisions, mais seule une âme perverse se détourne de Ses signes. »

Ce verset nous invite à ouvrir les yeux et le cœur face aux signes d’Allah, même (et surtout) dans l’adversité. Nous avons tendance à chercher des réponses dans les choses matérielles, dans l’argent, les biens ou la réussite sociale, oubliant que tout cela peut disparaître en un instant. Ces incendies qui ont détruit une ville prospère nous rappellent cette fragilité. Dans ces moments de chaos, ce qui reste est l’essence même de la vie : la santé, la foi et la capacité de continuer à avancer.

Le bienfait d’être en vie, en bonne santé et d’avoir l’opportunité de changer notre regard sur les choses ne réside pas dans la possession de biens matériels, mais dans la prise de conscience que chaque instant que nous vivons est un don d’Allah. Nos possessions, aussi précieuses soient-elles, ne peuvent combler le vide de l’âme, et la vraie richesse réside dans notre capacité à reconnaître les bienfaits qui nous sont accordés, même dans les moments difficiles.

Cependant, il est facile de se laisser emporter par l’amertume et la frustration, de penser que tout est contre nous. Le vrai défi réside dans notre capacité à ne pas être aveuglés par nos propres désirs et nos perceptions limitées de ce qui est important. La perversité du cœur ne réside pas dans les épreuves que nous traversons, mais dans notre réaction face à elles. Si nous choisissons de nous perdre dans la douleur et l’incompréhension, nous risquons de fermer notre cœur aux véritables bénédictions d’Allah.

C’est dans ces instants de difficulté que la lumière peut émerger. Lorsque nous réajustons notre vision, que nous rééquilibrons nos perspectives, nous commençons à comprendre que chaque souffle, chaque sourire, chaque moment de répit est un signe divin, un bienfait d’Allah. Ce que nous prenons pour acquis devient alors précieux, et nous apprenons à chérir ce qui est vraiment essentiel : la santé, la famille, la foi et la chance de continuer à avancer sur ce chemin de vie.

Au final, il ne s’agit pas de nier la douleur ou de minimiser les pertes. Il s’agit de trouver la force de voir au-delà de la surface, de comprendre que les véritables richesses de la vie ne sont pas dans ce que nous possédons, mais dans ce que nous reconnaissons comme étant des bienfaits d’Allah. La clé est d’ouvrir le cœur et l’esprit, de voir les signes qui nous entourent et d’accepter chaque instant comme une bénédiction.

Hana Elakrouchi