Lira bien qui lira le dernier 

Le conte nous amène dans un monde où les frontières entre la vie et la mort, le bien et le mal sont constamment remises en question. Un monde où la réalité est aussi fluide que l’esprit et où les décisions d’un instant peuvent changer le destin de tout un royaume. C’est une histoire qui explore les thèmes de la confiance, du pouvoir, de la loyauté et de l’identité; tout en nous rappelant que chaque action entraine des conséquences, souvent imprévisibles.

Le conte commence avec un souverain épris de savoir, qui, un jour, se voit apprendre par un philosophe l’art de transférer l’esprit d’un corps à un autre. Mais, comme souvent dans les contes, avec un grand pouvoir vient une grande tentation.

Voici le récit captivant d’un conte initiatique, mélangeant le rationnel et le merveilleux…

« Dans les temps heureux où les rois étaient savants et philosophes, un roi du nom d’Isildur aimait les gens de lettres et lorsqu’il apprenait qu’il y en avait_ qu’ils soient de son pays ou étrangers_ il les faisait venir à sa cour, et les engageait à y demeurer en leur offrant de grandes gratifications. Cette générosité lui attirait toujours de beaux génies, avec lesquels il s’entretenait souvent de toutes choses.

Un jour, comme il discutait avec un philosophe qui passait pour être fort habile des secrets de la nature, sur les merveilles du monde et sur la « transmigration » des âmes ; le roi, fort curieux, voulut en savoir davantage. Le philosophe, qui ne cherchait qu’à lui plaire, lui répondit : « Majesté, puisque vous me l’ordonnez, je vous propose un exemple, qui est plus fort que tous les raisonnements du monde, et vous demeurez d’accord que vous n’avez jamais rien vu de plus grand, ni de plus surprenant.

La passion de voyager, dit-il, me fit rencontrer un jeune homme, très savant. En chemin, pour rendre le voyage plus agréable, nous nous entretenions de diverses affaires, et principalement des choses remarquables de la nature. Ainsi, il me dit qu’il connaissait un phénomène surpassant tout ce qu’on voyait de plus extraordinaire. Ces paroles me surprirent. Et il reprit : « Vois-tu, compagnon de route, lorsqu’il me plait de changer de corps, je tus un animal et après avoir proféré quelques mots, mon esprit y entra, laissant mon corps inerte à ces côtés. Lorsque j’y restai autant que je le désirai, je retourne à mon corps qui ressuscita, laissant celui de l’animal assurément mort. » Cela me parut impossible ! Le jeune homme, voyant mon incrédulité sur mon visage, m’en fit l’expérience aussitôt. Néanmoins, fort aise de vouloir connaitre son secret, je le supplie de m’en révéler plus. Et il me l’a enseigné. »

Le roi Isildur ne pouvant croire ce que ce philosophe lui racontait, lui rétorqua : « Ton histoire est bien fabuleuse, pauvre égaré, es-tu sûr que ton esprit ne t’a pas dupé ? M’en déplaise d’être en présence d’un fou ?! Sache que je n’apprécie guère cette tentative de me berner. » Et voulant connaitre le fin mot de cette histoire, il ajouta : « Cependant, fais-en la preuve en ce lieu et en ma présence. Et si tu y réussis, je te croirai volontiers et continuerai à te gratifier de mes biens. »

Le philosophe, qui ne voulut point passer pour un dément, demanda un animal. On lui apporta un moineau. Et l’ayant en main, il l’étrangla. En se penchant sur ce petit corps sans vie, il murmura quelques paroles. Le philosophe tomba mort et le moineau reprenant vie, vola par la chambre où ils étaient. Quelque temps après, le moineau s’étant posé sur le corps du philosophe, chanta agréablement. Tout à coup, il ressuscita et le moineau demeura éteint pour toujours.

Le roi, surpris et charmé de cette merveille, voulut en connaitre le secret. Le philosophe, ne pouvant rien refuser à son prince qui était son bienfaiteur, le lui apprit. Et le roi s’en servait très souvent : en tuant presque tous les jours quelques oiseaux. Il passait avec son esprit dans le corps de chaque petit animal, en laissant sa dépouille sur place. Et lorsque son esprit voulait retourner dans son propre corps, il revint à la vie, et laissa inanimé celui de l’oiseau.

Par cet art magique, le roi s’assurait de l’esprit de ses sujets. En réalité, il châtiait les mauvais et récompensait les bons, et tenait ainsi son royaume dans une douce et agréable tranquillité. Du moins, c’est ce qu’il pensait.

Le vizir, étant informé de toutes ces choses, et connaissant l’amitié que son maitre lui portait, le pria de lui révéler ce secret avec beaucoup d’assistance. Le roi qui l’aimait, en reconnaissance de ces loyaux services, transmit au vizir cet art incommensurable. Le vizir en fit l’expérience et, voyant qu’elle avait réussi, songea à de grands desseins contre son roi. 

Un jour de chasse, s’étant tous deux écartés du groupe, ils firent la rencontre de deux biches, qu’ils tuèrent. Le vizir, voyant l’occasion favorable pour exécuter son ambition contre le roi, lui dit : «Fort bien, majesté ! Voulez-vous que nous entrions pour un moment, avec notre esprit, dans le corps de ces deux biches ? Nous irions nous promener sur ces belles collines et y prendre quelques plaisirs.» Le roi accepta et descendit de son cheval, qu’il lia à un arbre et alla vers une des bêtes mortes, où formulant les paroles secrètes, passa avec son esprit dans la biche et laissa son corps sans vie sur le côté. 

Aussitôt, le vizir mit pied à terre et sans prendre la peine de lier son cheval, alla sur le corps mort du roi. Après y avoir murmuré des paroles occultes, il passa dans celui de son maitre. Laissant sa propre dépouille étendue à terre, il monta sur le cheval de son roi et s’en alla chercher sa suite. Mais ne les ayant retrouvés, il rentra bredouille et seul. 

Quand il fut arrivé au palais sous l’apparence du roi, il demanda à ceux de la chasse des nouvelles du vizir. Comme on lui répondit qu’on ne l’avait pas vu, celui-ci fit mine de rien. Il feignit de leur faire croire qu’un animal sauvage l’avait probablement dévoré et s’affecta d’en être fort touché. Cette action était bien lâche. Et comme un crime ouvre souvent le pas à un autre, il arriva que ce misérable eût l’insolence de prendre la place de son roi auprès de son épouse Eowyn. Mais, celle-ci ne fut pas dupe de la supercherie… »

Mais voilà qu’il est temps de se quitter. Alors, ne vous éloignez pas trop, car la suite de notre conte gratte à la porte, impatiente d’être racontée…

Najoua

Une quête de silence et d’abandon

Le ciel est gris aujourd’hui, lourd de nuages qui déversent une pluie battante. Les gouttes, comme des messagères, frappent aux vitres, demandant la permission d’entrer. Peut-être cherchent-elles à laver nos âmes, à essuyer le tumulte de nos vies modernes. 

Mais nous restons là, pris au piège de nos propres préoccupations, bousculés par les défis de la société : manifestations, oppression, injustice. Ces vents contraires nous entraînent, malgré nous, dans un tourbillon de pensées, épuisant nos corps et alourdissant nos cœurs.

Dans ce chaos, une envie inattendue surgit : celle de fuir. Partir loin, dans un désert immaculé, là où le silence règne, où rien ne presse. Vivre comme un nomade, en harmonie avec le temps, sans quête effrénée de prospérité ni d’accumulation matérielle. Là-bas, il n’y aurait rien à convoiter, rien à prouver.

Juste un désert, témoin de nuits étoilées où les scintillements rappellent l’éternité.

Ces étoiles, elles, ne luttent pas contre l’ordre naturel ; elles brillent, simplement, confiantes dans la course fixée par leur Créateur.

Et si nous étions comme ces étoiles ? Si nous acceptions que tout ce qui arrive est écrit ? Combien de nos peurs et de nos doutes s’évanouiraient si nous reconnaissions que ce qui est décrété par Allah arrivera, inéluctablement, au moment opportun ? Nous nous torturons à vouloir tout contrôler, à poser mille et une questions auxquelles nous n’avons pas toujours de réponses.

Et pourtant, il est des choses qui ne nous appartiennent pas. Certes, la vie est une lutte. Elle nous demande de l’effort, du courage et de la patience.

Mais elle n’exige pas que nous portions seuls le fardeau de l’inconnu. 

Le désert, dans son immense silence, nous enseigne une leçon précieuse : celle de l’abandon. 

Pas l’abandon de nos responsabilités, mais celui de nos inquiétudes, de notre attachement aux illusions du monde. Tout ce qui est en dehors de notre contrôle, nous devons le remettre entre les mains d’Allah, avec confiance.

Alors, pourquoi continuer à nous soucier outre mesure ? Pourquoi ne pas vivre avec l’humilité d’un nomade, qui marche, jour après jour, sans se soucier de ce que demain lui réserve ? Il avance, non pas parce qu’il sait ce qui l’attend, mais parce qu’il sait qu’il n’est jamais seul.

C’est la foi qui le guide, une lumière intérieure qui éclaire son chemin même dans les ténèbres. 

Cette foi, c’est la certitude que son Seigneur est là, qu’Il veille et qu’Il pourvoit à tout.

Elle est l’âme de son voyage, le souffle qui anime ses pas, et la promesse qu’aucune épreuve n’est insurmontable tant qu’il marche en confiance.

Ce texte, posé là, est un souffle, une pause dans le tumulte. Une invitation à nous rappeler que la pluie qui frappe à nos vitres est aussi un rappel divin. 

Une miséricorde, une promesse que même au cœur des épreuves, il y a un chemin. Le désert, avec son silence et ses étoiles, vit en chacun de nous, si nous prenons le temps de le trouver. 

Et peut-être qu’au lieu de fuir, il suffit simplement de fermer les yeux et de s’abandonner à Celui qui ne nous oublie jamais…

Hana Elakrouchi

La gestion stratégique des califes bien-guidés: un leadership inspirant, moderne et avant-gardiste 

Dans un monde dépourvu de manuels de gestion, de graphiques colorés ou d’algorithmes complexes, les califes bien-guidés ont su diriger avec une précision et une efficacité qui font pâlir bien des dirigeants contemporains. Parmi eux, Abu Bakr As-Siddiq (RA) et ses généraux, comme Khalid Ibn Walid, ont appliqué des principes que l’on pourrait aisément comparer aux matrices SWOT et d’Eisenhower, des outils que l’on croit souvent réservés à notre époque. Et pourtant, ils les utilisaient de manière instinctive pour faire face aux défis colossaux de leur temps.

1. La matrice SWOT : Anticiper pour agir

Commençons par la matrice SWOT, inventée en 1960 par un américain du nom d’Albert Humphrey, cet outil qui aide à analyser une situation en identifiant les Forces, Faiblesses, Opportunités, et Menaces. Bien avant que ces mots ne soient gravés dans les manuels de management, Abu Bakr et ses compagnons utilisaient déjà cette logique pour structurer leur action.

Exemple : Les guerres d’apostasie

Imaginez-vous : le Prophète Muhammad (ﷺ) vient de quitter ce monde, laissant derrière lui une communauté encore fragile. Plusieurs tribus se rebellent, refusent de payer la zakat et suivent des faux prophètes comme Musaylima. La situation est critique. Voici comment Abu Bakr aurait pu remplir une matrice SWOT :

  • Forces : La foi des musulmans était une arme puissante. Abu Bakr savait que leur attachement spirituel, leur discipline et leur unité représentaient une force colossale.  Au combat, la mort pour ces croyants était synonyme de libération et récompense, elle ne leur fait pas peur.
  • Faiblesses : L’État islamique naissant manquait de ressources militaires et financières. Ses soldats étaient peu nombreux et le territoire encore instable.
  • Opportunités : Les rebelles, dispersés et mal organisés, ne représentaient pas un front uni. C’était une chance de les affronter séparément.
  • Menaces : Si ces rébellions prenaient de l’ampleur, elles risquaient de détruire l’unité de la communauté musulmane et affaiblir l’islam dans les nouvelles régions conquises.

Résultat ? Avec cette analyse en tête, Abu Bakr envoya Khalid Ibn Walid, son général le plus brillant, pour mater ces rébellions. La victoire éclatante de Khalid à Yamama contre Musaylima a marqué un tournant décisif, ramenant l’ordre et consolidant l’État islamique.

2. La matrice d’Eisenhower : Hiérarchiser les priorités

Vous êtes débordé, vous avez mille tâches sur votre liste et aucune idée de par où commencer ? La matrice d’Eisenhower est là pour vous. Cet outil datant de 1944 et portant le nom de son créateur, un général de l’armée américaine de la Seconde guerre mondiale, classe les actions selon leur urgence et leur importance…

Encore une fois, les califes bien-guidés excellaient dans cette approche bien avant que le général ne soit né.

Exemple : Les guerres d’apostasie

Abu Bakr savait différencier l’essentiel du secondaire, comme en témoigne sa gestion des révoltes :

  1. Important et Urgent : Les guerres d’apostasie constituaient une menace immédiate pour la survie de l’État islamique. Elles furent donc traitées en priorité, avec une mobilisation rapide des troupes et des chefs militaires compétents.
  2. Important mais Pas Urgent : La collecte de la zakat était cruciale pour l’économie et la solidarité sociale. Une fois la paix rétablie, Abu Bakr prit le temps de réorganiser cette mesure fondamentale.
  3. Urgent mais Pas Important : Les conflits locaux ou mineurs furent délégués à des gouverneurs régionaux. Abu Bakr préférait se concentrer sur les questions stratégiques.
  4. Ni Urgent ni Important : Les disputes inutiles et les distractions politiques furent évitées. Abu Bakr privilégiait toujours l’unité de la communauté et l’accomplissement des objectifs supérieurs. Le jet privé, les gardes du corps et les dépenses publiques inutiles n’étaient pas dans l’agenda de cet héros. 

3. Khalid Ibn Walid : Le stratège en action

Si Abu Bakr était le cerveau, Khalid Ibn Walid était l’épée. Son génie militaire illustre parfaitement l’application pratique des matrices SWOT et d’Eisenhower sur le champ de bataille.

A. La bataille de Yamama

Face à Musaylima, Khalid a su évaluer chaque aspect de la situation :

  • Forces : Les troupes musulmanes, motivées par leur foi.
  • Faiblesses : Les forces ennemies étaient plus nombreuses.
  • Opportunités : Musaylima dépendait d’un seul bastion, facile à isoler.
  • Menaces : Une victoire de Musaylima aurait inspiré d’autres rébellions.

Avec cette analyse, Khalid lança une attaque directe et stratégique. La mort de Musaylima mit un terme à sa rébellion et redonna à l’islam sa stabilité.

B. Conquête de l’Irak

Dans sa campagne en Irak, Khalid appliqua une approche méthodique digne de la matrice d’Eisenhower. Il priorisa ses cibles :

  1. Neutraliser les tribus hostiles proches, pour sécuriser ses arrières.
  2. S’attaquer aux grandes villes de l’Empire perse, un objectif plus ambitieux mais crucial.

Résultat ? Une conquête efficace et durable avec un minimum de pertes.

Abu Bakr et Khalid Ibn Walid n’avaient pas de consultants en stratégie, mais leur génie naturel leur a permis d’accomplir ce que beaucoup d’entreprises modernes peinent à faire : analyser leur environnement, prioriser leurs actions et agir avec précision.

Alors que nous célébrons les outils modernes comme la matrice SWOT et d’Eisenhower, il est essentiel de reconnaître que ces principes ne sont pas nouveaux. Les califes bien-guidés nous rappellent que le leadership éclairé ne dépend pas des outils, mais de la vision, du courage et de la foi dans un objectif supérieur. Le prophète et ses califes n’ont pas eu besoin de vanter leurs mérites mais l’Histoire se rappellera que leur génie n’avait d’égal que leur modestie.

Une leçon d’humilité, une leçon à méditer.

Nelm

France-Israël : quand la politique s’invite sur le terrain  

Alors que le match de football entre la France et Israël se joue ce soir au Stade de France, l’événement sportif se trouve au cœur d’un tourbillon de tensions politiques. En effet, ce match de football a suscité des appels au boycott et des débats intenses sur les réseaux sociaux, faisant resurgir les questions de politique internationale alors que Gaza subie de plein fouet les exactions de l’armée israélienne depuis plus d’un an. Certains ont préféré « botter en touche » en affirmant que le sport est avant tout neutre… 

Des appels au boycott

Avant même que le coup d’envoi soit donné, diverses associations et organisations de défense des droits humains en France ont lancé des appels au boycott de ce match. Elles dénoncent notamment les massacres d’Israël envers les Palestiniens, qualifiant ses actions de graves violations des droits de l’homme. Selon un rapport récent des Nations unies, il existerait des “indices sérieux de génocide” à l’encontre des Palestiniens à Gaza, des termes lourds de sens qui soulèvent des questions et demande une réaction urgente.

Ces militants estiment qu’il est impossible de détacher la scène sportive de la situation politique actuelle. À leurs yeux, l’organisation de cette rencontre, sans répercussions pour Israël, renforce l’impunité internationale de l’état hébreu et normalise les crimes qui sont commis de plus d’un an à Gaza et dans les territoires occupés où les violations et l’expansion des colonies a pris un coup d’accélérateur. En France, et ailleurs, des voix se lèvent pour exprimer leur désaccord avec le fait qu’Israël puisse participer librement à des événements sportifs internationaux, alors que ses actions sont qualifiées de crimes contre l’humanité par des organisations internationales. Des voix qui restent, pour l’heure, inaudibles. 

Deux poids, deux mesures ?

Cette situation souligne un sentiment de “deux poids, deux mesures” souvent dénoncé. Alors que certains États font l’objet de sanctions internationales immédiates pour des comportements similaires, et la réaction face à la Russie est un parfait exemple, Israël bénéficie de protections diplomatiques, notamment de la part des grandes puissances occidentales et notamment les Etats-Unis. Les militants pro-palestiniens reprochent à ces États et aux instances sportives internationales d’appliquer des standards différents, laissant Israël participer sans encombre malgré des accusations sérieuses.

Pour beaucoup, cette situation est difficilement justifiable et affaiblit la crédibilité des institutions internationales, qui peinent à imposer un cadre cohérent et impartial pour faire respecter les droits humains. Les appels au boycott de cette rencontre ne sont donc pas seulement une protestation contre Israël, mais aussi un moyen de rappeler aux instances sportives leur rôle potentiel dans la défense de l’éthique et de la justice.

Un sport qui se politise malgré lui

Le sport, traditionnellement perçu comme un espace neutre, se retrouve au centre de ces controverses. Les stades et les compétitions deviennent des lieux de manifestation d’opinions politiques, surtout lorsque des questions de droits humains sont en jeu. Les partisans du boycott estiment que les événements sportifs internationaux doivent être un levier pour rappeler aux nations qu’elles ont des comptes à rendre sur la scène mondiale, y compris sur leurs actions hors du terrain.

Les instances sportives internationales, comme la FIFA et l’UEFA, sont également mises sous pression pour prendre position. Dans le passé, elles avaient suspendu des nations pour des raisons politiques, notamment contre l’Apartheid en Afrique du Sud. Face à une situation où les accusations de génocide émergent, certains estiment qu’il est indispensable que ces organisations définissent une ligne de conduite cohérente en matière de droits humains. 

H.B.

Perdue dans mes pensées…

C’est à mon tour d’écrire un article cette semaine mais rien ne me vient à l’esprit. Ou plutôt si, je veux absolument évoquer la Palestine, donner la voix aux sans-voix mais l’inspiration m’a désertée, je suis perdue dans mes pensées…

J’ai bien vu les images d’un camp de réfugiés vilement bombardé en pleine nuit, ses habitants brûlés vifs dans leur sommeil, des cadavres qui jonchent le sol… Du déjà vu et revu. Si la situation n’était pas aussi dramatique, j’aurais peut-être osé l’expression du réchauffé. Ça ne m’émeut presque plus. Je suis comme anesthésiée. J’ai honte.

Je décide alors de me vider l’esprit et de sortir faire quelques emplettes ; j’ai besoin d’une veste d’hiver.

Bonjour, il fait 15° cette après-midi.

Je n’avais jamais vu ce genre de dispositif dans un ascenseur : un écran qui ne doit pas mesurer plus de 20 cm sur 15 cm et sur lequel défilent, entre autres, les titres de l’actualité.

Du 2e étage au rez-de chaussée, j’ai le temps d’en lire quelques-uns :

Au moins 156 morts et des centaines de personnes portées disparues au sud-est de l’Espagne.

Gaza : près de 100 morts dont des enfants après une frappe israélienne sur un immeuble familial.

Pour finir par un : «  Bonne journée ! »

– Elle ne risque pas d’être bonne avec ces infos anxiogènes ! me dis-je intérieurement. Mais très vite, je me rends compte de mes pensées. Serais-je plus agacée que choquée… ? J’ai honte.

Le centre-ville de Reims est plaisant à visiter à pied. Les bâtisses en pierre blanche sont particulièrement élégantes et confèrent à cette ville un charme insoupçonné. Je suis d’ailleurs agréablement surprise par la blancheur de ses pierres. J’apprends qu’elles proviennent de la Montagne de Reims au cœur du Parc naturel régional auquel elle donne son nom.

Je passe devant un kiosque à journaux. Mon regard est attiré par l’affiche la moins colorée : Quel avenir pour les Palestiniens ?  Suivi, un peu plus bas, par le slogan : « Chaque mois avec Le Monde diplomatique, on s’arrête, on réfléchit. » Alors, je réfléchis – pour avoir bonne conscience sans doute…

– Quel avenir pour les Palestiniens ? Euh… Est-ce vraiment la question à se poser ? Cette interrogation ne sous-entendrait-elle pas que leur avenir n’est, de facto, plus à Gaza ? Mon esprit extravagant me joue sans doute des tours. Cela ne peut définitivement pas vouloir dire ça.  En réalité, je n’ai pas envie de réfléchir. J’occulte. Il faut que je me recentre sur ce qui me préoccupe : une veste d’hiver. J’ai honte.

J’entre dans les Galeries Lafayette. J’en prends plein les yeux. J’ai vu le luxe et l’éclat embaumer les étages, le raffinement et la richesse colorer les étalages, la surabondance et le superflu déambuler à travers les rayons. Le slogan me revient alors à l’esprit… « On s’arrête, on réfléchit. »  Je n’ai pas envie de réfléchir, je veux me laisser porter par ce faste. J’ai oublié la honte.

Je descends la rue Vesle, l’équivalent de notre rue Neuve. Gaza : près de 100 morts dont des enfants après une frappe israélienne sur un immeuble familial. Que suis-je censée faire quand je lis ce genre d’informations dans un ascenseur avant d’aller faire du shopping, me demandais-je intimement ?

J’arrive à la place d’Erlon. Je lis les explications qui ornent la statue dans le seul but d’échapper au questionnement de ma conscience.

Jean-Baptiste Drouet d’Erlon, né le 29 juillet 1765 à Reims et mort le 25 janvier 1844 à Paris, est un militaire français, simple soldat de la Révolution devenu général en 1799, fait comte d’Empire par Napoléongouverneur général en Algérie entre 1834 et 1835 et élevé à la dignité de maréchal de France en 1843.

Soudainement, retentit la célèbre chanson de Mohammad Assaf Dammi Falastini qui a vu danser des politiciens français tels que Louis Boyard ou Sébastien Delogu. Je ne m’attendais pas à entendre cette chanson, devenue symbole d’un militantisme, ici à Reims. Un groupe de manifestants chantaient en chœur et scandaient Free, free, Palestine ou encore Nous sommes les enfants de Gaza. Ils étaient une douzaine tout au plus. Mais ils étaient là.

Je reste pensive. Et surtout, j’ai honte.

J’ai fini par trouver une veste…et même deux. Mais ce n’est pas de ma faute, les magasins sont tellement bien achalandés…

 Une chose est sûre, je suis toujours aussi perdue dans mes pensées.

L.M.

La technoscience, le nouvel ordre du monde

Pour nos sociétés, la science moderne a deux grandes finalités : développer la science pour la science (à la recherche de connaissances) et développer la science pour accroître le pouvoir de maîtriser la nature et l’homme (à la recherche d’une domination égocentrique). Cette ambivalence ne nous laisse pas indifférents. Elle est à la fois source d’espoir, car elle conditionne nos existences, et source de crainte, car elle confère une puissance immense sur le monde.

Notre pouvoir de transformation, de bouleversement irréversible, n’a jamais été aussi grand. Réfléchir à la science présente un intérêt particulier puisqu’elle témoigne de notre conscience d’appartenir au monde et des devoirs qui accompagnent cette puissance. Cependant, le statut que nous occupons dans la société ne nous procure pas une satisfaction totale. Grâce à la science, nous avons le pouvoir de créer un monde à notre image, affichant notre toute-puissance et notre supériorité à l’image d’un dieu, quitte à franchir les frontières de l’éthique et de la moralité. Plus la maîtrise de la science s’accroît, plus la moralité semble s’éloigner de nous, car ce pouvoir a un prix : notre humanité.

La science, pour le meilleur et pour le pire

Les progrès techniques, les améliorations de notre niveau de vie et les connaissances dont l’homme dispose (qui augmentent sans cesse sa maîtrise de son environnement) lui permettent d’utiliser son imagination pour améliorer ses conditions de vie et faciliter son quotidien. L’histoire nous a montré à plusieurs reprises que la science entretient des liens étroits avec les aspects sociaux, politiques et économiques de nos sociétés. La grandeur de la science se manifeste lorsqu’elle est mise au service d’une valeur universelle : l’Humain.

Cependant, l’ensemble des populations humaines, notamment dans les pays en développement, n’en bénéficie pas nécessairement, car des décisions politiques et économiques s’y mêlent. Définir ce qui constitue un progrès pour l’humanité revient alors à se demander ce qui est souhaitable pour l’homme, voire même à définir ce qui caractérise l’être humain. Vaste et complexe question !

« Puisque nous idolâtrons la science de par ses méthodes et son potentiel d’action, nous nous croyons capables non seulement de tout connaître, mais de tout faire. »

Les événements actuels au Moyen-Orient nous rappellent ce que nous ne sommes pas : des êtres dotés de raison, caractérisés par l’intelligence, la capacité de se développer, et une conscience éthique et morale. Et pourtant, l’impensable se déroule sous nos yeux.

« Peut-on vraiment qualifier d’homme celui qui tue, celui qui préfère la guerre aux mots pour résoudre les conflits ? À quoi bon avoir le don de la parole si nous nous contentons d’utiliser nos armes, de mobiliser cette science qui nous élève à un rang supérieur pour tuer nos semblables ? (…) Sommes-nous des hommes, nous qui avons torturé, provoqué des génocides, exterminé des peuples simplement parce qu’ils étaient différents ? La différence est-elle à éradiquer ? Qui sera alors épargné ? (…) Où sont les valeurs qui font de nous des êtres humains ? »

L’orgueil humain a franchi les limites de l’inconcevable. Nous voyons aujourd’hui à quel point l’homme manifeste de la violence et de l’irresponsabilité envers la nature et ses semblables : destruction des forêts, dévastation des écosystèmes, planète torturée, peuples massacrés, etc. Mais l’homme a un appétit insatiable. Jusqu’où ira-t-il ? Jusqu’à sa propre perte ?

Une bombe à retardement

« La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d’être des hommes. »

Cette citation de Jean Rostand souligne l’impact de la science sur l’homme. Il explique qu’en dépit des avancées scientifiques dans de nombreux domaines, des connaissances qui repoussent les limites de l’ignorance et des facilités qu’elle nous offre au quotidien, la science, et plus particulièrement la technologie, a réussi à transformer l’être humain. Au point de semer la misère pour récolter l’argent, de tuer ses semblables pour étendre son territoire, de détruire notre planète pour asseoir sa domination. Parallèlement à la réduction des sphères de l’inconnu, la science a repoussé les frontières de l’humanité. Jean Rostand remet en question la légitimité pour l’homme d’atteindre un tel niveau de connaissance et de pouvoir.

Cette citation invite à réfléchir sur l’équilibre fragile entre la science et l’humanité, ainsi que sur les avancées scientifiques. Au lieu de cultiver en nous l’humilité, la science suscite la convoitise, l’orgueil et la passion. Nous conduit-elle du côté obscur de l’âme humaine ?

Tout au long de l’histoire de l’humanité, science et conflit armé ont été intimement liés. Dans l’ère moderne, le basculement décisif dans l’apport scientifique aux conflits a été marqué par l’apparition de la bombe atomique, véritable changement de paradigme. C’est la science qui a donné naissance à l’arme nucléaire. Dès lors, penser qu’elle est une quête « désintéressée » de connaissances est illusoire. Chaque objectif militaire peut être atteint efficacement grâce à la recherche scientifique, justifiant ainsi les moyens déployés.

La technoscience représente une menace sérieuse pour la paix, et donc pour l’humanité. Nous assistons à une démonstration de force à travers des armes de destruction massive, des armes bactériologiques et chimiques, exaltées par ceux qui les produisent et ceux qui les idéalisent. Les médias et discours politiques vantent l’efficacité de la technologie dans les conflits, occultant les désastres qui en découlent. Assis à l’abri dans son « bureau », le militaire tout-puissant, manipulant un ordinateur, envoie des drones « soldats » en mission au bout du monde sans penser aux conséquences de ce simple geste.

Jean Rostand n’a pas tort lorsqu’il affirme que nous sommes devenus des dieux avant même de pouvoir être qualifiés d’hommes. Bien que nous ne possédions pas littéralement les pouvoirs d’omnipotence, d’omniscience et d’omniprésence propres aux divinités, les technologies actuelles nous en rapprochent. Cependant, la dimension morale est bien souvent oubliée, voire occultée.

À moins que les consciences ne s’éveillent…

Najoua

Crime et Châtiment de Dostoïevski : une réflexion sur le nihilisme dans notre époque contemporaine

« Crime et Châtiment » est l’un des romans les plus célèbres de Fiodor Dostoïevski. Publié en 1866, il met en scène Rodion Raskolnikov, un étudiant désespéré et en proie à des dilemmes moraux complexes. Ce roman plonge profondément dans les questions de justice, de morale et d’éthique, tout en interrogeant les fondements de la conscience humaine. Le cœur de l’intrigue repose sur l’idée de savoir si un individu peut, au nom d’une idée ou d’un principe, justifier des actions criminelles et transcender les lois morales et éthiques universelles. Ce dilemme, bien qu’ancré dans le XIXe siècle, trouve encore des échos troublants dans notre époque contemporaine, marquée par le nihilisme et l’individualisme extrême.

Comment le nihilisme est-il défini chez Dostoïevski ?

Dans Crime et Châtiment, Raskolnikov incarne une forme de nihilisme, c’est-à-dire la croyance que les normes morales n’ont pas de fondement absolu et qu’un individu extraordinaire peut échapper aux lois qui gouvernent le commun des mortels. Il est convaincu que certaines personnes, par leur génie ou leur supériorité intellectuelle, ont le droit d’accomplir des actes immoraux pour atteindre des fins supérieures. Cette idée le pousse à commettre un horrible meurtre — celui d’une vieille prêteuse sur gages, qu’il considère comme un personnage insignifiant, que personne ne pleurerait, comparée aux grands projets qu’il pourrait réaliser s’il s’émancipait des entraves de la morale ordinaire.

Ce raisonnement, bien qu’il se termine par la culpabilité et la rédemption dans le roman, résonne encore aujourd’hui, où certaines personnes ou groupes semblent s’arroger le droit de redéfinir la justice en dehors des cadres établis par la société.

Qu’en est-il du nihilisme dans notre époque ?

Le nihilisme, cette négation des valeurs traditionnelles et des principes moraux absolus, est toujours présent dans la société moderne. On le retrouve chez des individus ou des groupes qui, au nom d’une « juste cause », se sentent autorisés à outrepasser les lois éthiques.

Voici quelques exemples qui abondent :

  1. Les terroristes extrémistes : Qu’il s’agisse de groupes fondamentalistes ou d’individus isolés, ces personnes justifient souvent leurs actes de violence au nom de leur idéologie, en croyant qu’elles servent une cause supérieure. Comme Raskolnikov, elles se placent au-dessus des lois morales, convaincues que leur cause est plus importante que la vie des individus (hommes, femmes et enfants y compris) qu’elles sacrifient.
  2. Les hackers activistes (hacktivistes) : Certains groupes ou individus pratiquent le hacking sous couvert d’une « justice sociale ». Ils estiment que le vol de données ou le sabotage numérique peut être justifié par la nécessité de dénoncer l’injustice. Ainsi, l’éthique commune de respect de la vie privée et de l’ordre public est souvent violée, car ces activistes se considèrent comme des agents d’une « justice supérieure ».
  3. L’extrémisme politique : On observe également des groupes politiques, parfois extrémistes, qui légitiment des actions violentes ou illégales en prétendant servir un « bien commun ». Qu’il s’agisse de destructions, de coups d’État ou d’autres formes de subversion, ces groupes estiment que la liberté ou l’égalité méritent de violer les règles démocratiques et éthiques.

Ces exemples montrent que l’idée selon laquelle certains individus ou groupes se placent au-dessus des lois pour atteindre des objectifs soi-disant nobles est encore d’actualité. Comme Raskolnikov, ces personnes cherchent souvent à justifier leurs actes en s’appropriant le droit de redéfinir la justice.

La justice et la moralité restent des concepts intemporels :

Le dilemme central est : qui peut définir ce qui est juste ou moral ? Dans une société où les idéaux collectifs et les institutions morales sont parfois contestés ou rejetés, le risque est que certains se croient autorisés à imposer leur propre version de la justice. Cependant, Dostoïevski montre, à travers l’agonie intérieure de Raskolnikov, que nul ne peut échapper à la culpabilité morale. Même s’il croyait initialement que son acte était justifiable, il est progressivement détruit par sa propre conscience.

La grande leçon de cette œuvre littéraire russe réside dans le rôle central de la conscience. Rodion Raskolnikov, en croyant pouvoir transcender la morale commune pour accomplir un acte qu’il juge justifiable, se heurte à la réalité de sa propre conscience, qui devient son juge le plus implacable. Même s’il tente de rationaliser son crime, sa conscience le rattrape, le plongeant dans la culpabilité et la souffrance intérieure. Ce roman nous enseigne que la conscience humaine est une force puissante et incontournable : elle ne peut être ignorée ou étouffée sans conséquences destructrices. Elle est le rappel constant que, malgré nos justifications intellectuelles ou idéologiques, la transgression des lois morales finit toujours par se retourner contre soi.

Ainsi, la véritable justice ne peut se construire en dehors de la reconnaissance et du respect de cette voix intérieure.

Hana Elakrouchi

Un temps «Mossad » s’empare de l’Orient mais tout est sous contrôle…

Les marchés financiers ne semblent pas réagir face à la détresse du monde oriental. Ils semblent insensibles au risque d’une 3ième guerre mondiale comme si… « tout est sous contrôle ».

Netanyahu poursuit ses ambitions idéologiques, soutenu par une faible majorité en Israël. Malgré l’ampleur des dégâts humains, rien ne l’arrête, pas même la pression exercée par Biden, affaibli et décrédibilisé face à un Netanyahu déterminé à avancer coûte que coûte. Si la force ne suffit pas, il faut user de plus de force.

Pour l’instant, Netanyahu persiste, conscient qu’à la fin de son mandat, il devra rendre des comptes et risque la prison pour ses nombreux crimes restés impunis.  Autant faire durer son pouvoir. Sa devise semble être : « si la force ne suffit pas, il faut user de plus de force. » La dissuasion israélienne vise ce qui est perçu comme des menaces :

● Neutralisation du Hamas dans la bande de Gaza et en Cisjordanie ;

● Neutralisation du Hezbollah ;

● Limitation de l’influence iranienne en Irak et en Syrie.

Son bilan actuel se résume par :

1. La destruction massive de la bande de Gaza, transformée en scène d’un génocide historique devenu normalisé ;

2. La dévastation du nord du Liban (avec 600 morts et 500 000 déplacés) ;

3. L’assassinat de Haniyeh Ismaïl à Téhéran ;

4. La destruction des appareils de communication du Hezbollah et l’assassinat de son chef militaire Fouad Chokr ;

5. L’assassinat de Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah, ainsi que de son allié iranien Abbas Nilforoushan.

Dans ce contexte, il est possible d’analyser la position macro de chaque pays voisin et d’évaluer les cartes dont chacun dispose. Ainsi, nous pourrions comprendre pourquoi  les répercussions de cette situation sur les marchés financiers n’est pas visibles.

Pourquoi Israël décide d’attaquer le Liban maintenant ?

Parce que tous les opposants sont « paralysés » et ne peuvent intervenir en faveur de la cause palestinienne. Gaza est abandonnée et elle est livrée à elle-même. Aucun pays ne s’en préoccupe, aucun ne veut s’en soucier.

L’Iran

Il reste « l’ennemi à affaiblir » pour Israël. L’Iran a pour ambition d’user Israël économiquement et militairement, sans déclencher un conflit direct. L’Iran évite un affrontement ouvert tout en fournissant des armes au Hamas à Gaza, au Hezbollah au Liban, et aux milices en Syrie, en Irak, et au Yémen.

L’Iran cherche à faire des Etats- Unis des alliés afin de lever les lourdes sanctions qui pèsent sur son programme nucléaire mais continuer dans cet objectif d’usure économique et militaire israélien pour fatiguer son ennemi au travers des différentes milices. Jusqu’ici les réponses iraniennes sont très précises et bien pesées. L’Iran répond de manière mesurée de sorte à ne pas perdre sa crédibilité face au monde extérieur mais pas assez pour rentrer dans un conflit plus grand.
Un affrontement direct entraînerait une intervention américaine en faveur d’Israël, mais l’Iran cherche à éviter cela tout en continuant à affaiblir Israël par des moyens indirects. L’Iran joue un rôle d’équilibriste, sachant qu’un faux pas pourrait le plonger dans une guerre à grande échelle.

Le Liban

Israël semble vouloir plonger le Liban dans une insurrection. La destruction des systèmes de communication du Hezbollah pose la question de la capacité d’infiltration israélienne. Comment Israël a-t-elle réussi à pénétrer les réseaux du Hezbollah sans susciter de soupçon, et pourquoi maintenant ? Cette question mérite une analyse approfondie et un article à elle seule.
Les conséquences de cette infiltration sont une déstabilisation psychologique qui entraîne paranoïa, anxiété et frustration: qui est l’ennemi et comment s’est-il infiltré ?
Israël veut provoquer une escalade régionale, car le timing lui semble favorable. Le contexte actuel est propice à une avancée militaire.
Israël se trouve dans une situation favorable et propice pour attaquer le Liban et renforcer sa domination militaire. Une victoire redorerait l’image de Netanyahu, surtout après l’humiliation de 2006. C’est maintenant ou jamais.

Le Hezbollah cherche aussi à éviter une confrontation directe avec Israël, conscient de la fragilité du gouvernement libanais. Un affrontement pourrait remettre en question sa légitimité et sa popularité parmi les Libanais.

Autres acteurs régionaux

● La Jordanie semble avoir normalisé ses relations avec Israël, interceptant des missiles iraniens destinés à ce dernier.

● L’Égypte reçoit des aides américaines, limitant ses actions.

● Le Maroc a signé des accords de normalisation avec Israël en échange de la reconnaissance du Sahara.

● Le Soudan a été retiré de la liste des États soutenant le terrorisme et reste passif sur la question palestinienne.

● L’Arabie Saoudite poursuit des objectifs économiques et nucléaires, tout en s’alignant contre l’Iran, ce qui l’empêche de soutenir activement le Liban.

● La Syrie, bien que traditionnellement alliée de la Palestine, est elle-même occupée (par les Américains, les Russes, les Turcs…) et affaiblie, incapable de défendre le Liban ou Gaza.

● Le Bahreïn, les Émirats arabes unis ne sacrifieront pas leurs nouvelles alliances pour défendre la Palestine.

Les États-Unis

Ils montrent des signes d’essoufflement, ayant dépensé 12,5 milliards de dollars en aide à Israël depuis le 7 octobre. De plus, l’attention américaine est divisée par la campagne électorale opposant Trump et Kamala Harris.

En conclusion, compte tenu du contexte actuel, et du fait que tout le nord d’Israël est évacué, tous les éléments semblent en place pour une invasion terrestre du Liban par Israël, voire une occupation définitive. Tout est sous contrôle nous communiquent les marchés financiers… les lumières de Gaza continuent de s’éteindre tandis que  « ses alliés » ont les yeux rivés sur leurs jouets faisant abstraction de la fièvre Mossad…

Tout est sous contrôle…

Nelm

Élections communales du 13 octobre : Mobilisons-nous pour notre avenir local !

Le 13 octobre prochain, les citoyens belges seront, une nouvelle fois, appelés aux urnes pour élire leurs représentants communaux. Ces élections, souvent considérées comme moins importantes que les scrutins fédéraux ou régionaux, sont pourtant cruciales. Elles déterminent directement l’avenir de notre cadre de vie, la gestion de nos services publics et la réalisation des projets locaux qui touchent chacun d’entre nous.

Pourquoi voter est essentiel ?

Les élus communaux jouent un rôle clé dans la vie quotidienne : ils décident des politiques en matière d’urbanisme, d’éducation, de transport, de culture et d’environnement. Leur gestion influence la qualité des infrastructures, des écoles, des espaces verts et bien d’autres services essentiels à la communauté. En participant à ce processus démocratique, vous avez le pouvoir de choisir les personnes qui seront responsables de ces décisions. Néanmoins, beaucoup de citoyens se sentent déconnectés des enjeux ou pensent que leur vote ne fera pas de différence. Pourtant, chaque voix compte. C’est précisément au niveau local que nous pouvons le plus facilement faire entendre nos préoccupations et obtenir des résultats concrets. Une faible participation peut également conduire à des résultats qui ne reflètent pas les véritables aspirations de la population. Plus nous serons nombreux à voter, plus le conseil municipal sera représentatif de la diversité et des attentes de chacun. Cette année, une particularité importante à noter, la Flandre à décider de ne plus rendre le vote aux élections communales obligatoire, une décision qui aura surtout un impact auprès des populations plus défavorisées. Statistiquement, ce sont surtout les populations issues des catégories sociales plus fragilisées qui s’abstiennent de voter, or cela pourrait renforcer davantage les partis de droite et d’extrême-droite. 

Notre commune, notre responsabilité

Nous avons tous un rôle à jouer pour bâtir une commune dynamique, inclusive et tournée vers l’avenir. Le 13 octobre, nous avons une occasion unique de nous exprimer et de participer activement à la vie de notre commune. Ne laissons pas cette opportunité nous échapper. Le résultat du scrutin sera intéressant à connaître sur plusieurs communes notamment à Molenbeek où la bourgmestre PS, Catherine Moureaux risque de perdre le mayorat face à une concurrence importante avec le MR qui rêve de le lui brandir, mais aussi avec la liste Molenbeek Autrement lancé par l’ex-CDH Ahmed El Khannouss et Team Fouad Ahidar qui entend bien continuer à surfer sur la victoire obtenue le 09 juin dernier aux élections régionales et fédérales. Team Fouad Ahidar qui présente d’ailleurs des listes dans 7 communes bruxelloise : outre Molenbeek, à Schaerbeek, Anderlecht, Jette, Saint-Josse, Woluwe Saint-Lambert et Bruxelles-Ville. 

Des priorités

Logement, propreté, sécurité, constituent les priorités majeures de ces élections communales. Le port de signes convictionnels pour les agents communaux ou encore le plan good move sont des sujets qui reviennent régulièrement lors de cette campagne électorale. Un seul mot d’ordre : Mobilisez-vous, parlez-en autour de vous, et faites entendre votre voix ! Chaque vote compte pour construire un avenir local qui nous ressemble.

H.B.

Les désorientés

A la mort de Mourad, Adam, professeur d’histoire à Paris, décide de rassembler, après 25 ans, ses amis de jeunesse que la vie a dispersé aux quatre coins du monde. Son souhait est d’abord d’évoquer la mémoire de leur ami perdu, mais aussi et surtout de raviver leurs souvenirs d’autrefois, eux qui étaient unis par le désir d’un monde meilleur.

Ce roman intimiste, narré tantôt à la première personne, tantôt à la troisième, alterne le journal intime d’Adam, le narrateur, et les échanges avec ses amis perdus de vue. Au fil du récit, on découvre des personnages écorchés par la guerre, par l’exil… et dont la blessure est encore vive pour certains. 

Au travers des pages, une certaine amertume nous traverse. Elle nait des désillusions, des désenchantements, des rêves échoués auxquels l’être humain se confronte un jour ou l’autre. Parfois à la dérobée, parfois avec douleur mais elle est présente.

L’Académicien excelle dans l’art de l’expression nuancée, de la suggestion et de la connotation ce qui fait naître en nous une palette de sentiments qui ne laissera pas le lecteur indifférent.

Amin Maalouf nous raconte un pan de l’histoire de sa terre natale, le Liban qu’il ne cite jamais d’ailleurs mais qu’il nommera le Levant. Comme à son habitude, il nous pousse à la réflexion sur des thèmes intemporels tels que l’amitié, le pouvoir, l’identité… et d’autres tels que le rapport de l’Orient et de l’Occident ou encore des Juifs et des Arabes dont l’actualité brûlante et criante ne me permet pas de taire. En voici un extrait dont l’analyse suscite considération et vif intérêt :

Ce conflit qui a bouleversé nos vies n’est pas une querelle régionale comme les autres, et ce n’est pas seulement un affrontement entre deux « tribus cousines » malmenées par l’Histoire.  C’est infiniment plus que cela. C’est ce conflit, plus que tout autre, qui empêche le monde arabe de s’améliorer, c’est lui qui empêche l’Occident et l’Islam de se réconcilier, c’est lui qui tire l’humanité contemporaine vers l’arrière, vers les crispations identitaires, vers le fanatisme religieux, vers ce qu’on appelle de nos jours « l’affrontement des civilisations ». 

(…) En l’occurrence, on pourrait affirmer, sans risque d’erreur, que dans l’histoire trois ou quatre fois millénaire du peuple juif, les années quarante du vingtième siècle, qui ont vu une tentative d’extermination, puis la défaite du nazisme, puis la création de l’État d’Israël, constituent la décennie la plus dramatique et la plus significative de toutes.

(…) Dans un monde idéal, les choses auraient pu se passer autrement. Les Juifs seraient venus en Palestine en expliquant que leurs ancêtres avaient vécu là il y a deux mille ans, qu’ils en avaient été chassés par l’empereur Titus, et qu’à présent ils avaient décidé d’y revenir ; et les Arabes qui peuplaient ce pays leur auraient dit : « Mais bien sûr, entrez donc, vous êtes les bienvenus ! Nous vous laisserons la moitié du pays et nous irons vivre dans la moitié qui reste. » Dans le monde réel, les choses ne pouvaient se passer ainsi. Quand les Arabes ont compris que l’immigration juive n’était pas le fait de quelques groupes de réfugiés, mais qu’il s’agissait d’une entreprise organisée visant à s’approprier le pays, ils ont réagi comme l’aurait fait n’importe quelle population : en prenant les armes pour l’empêcher. Mais ils se sont fait battre. Chaque fois qu’il y a eu un affrontement, ils se sont fait battre. Je n’arrive plus à compter le nombre des défaites qu’ils ont déjà subies. Ce qui est certain, c’est que cette succession de débâcles a progressivement déséquilibré le monde arabe, puis l’ensemble du monde musulman. Déséquilibré au sens politique, et aussi au sens clinique. On ne sort pas indemne d’une série d’humiliations publiques. Tous les Arabes portent les traces d’un traumatisme profond, et je ne m’exclus pas du lot. Mais ce traumatisme arabe, lorsqu’on le contemple à partir de l’autre rive, la rive européenne, ma rive adoptive, ne suscite que l’incompréhension et la suspicion.

J’ai lu dernièrement ce témoignage d’un ambassadeur israélien sur sa carrière dans les années cinquante et soixante : « Notre mission était délicate, parce qu’il nous fallait à la fois persuader les Arabes, qu’Israël était invincible, et persuader l’Occident qu’Israël était en danger de mort. » Avec le recul, on peut dire que ce diplomate et ses collègues ont remarquablement réussi dans cette mission contradictoire. Il ne faut pas s’étonner, dès lors, si les Occidentaux et les Arabes ne posent pas le même regard sur l’État d’Israël ni sur l’itinéraire du peuple juif.

Mais ce n’est évidemment pas l’habileté des diplomates qui explique cette différence de perception. Il y a, objectivement, deux tragédies parallèles. Même si la plupart des gens, chez les Juifs comme chez les Arabes, préfèrent n’en reconnaitre qu’une. Les Juifs, qui ont subi tant de persécutions et d’humiliations à travers l’histoire, et qui viennent de connaitre, au cœur du vingtième siècle, une tentative d’extermination totale, comment leur expliquer qu’ils doivent demeurer attentifs aux souffrances des autres ? Et les Arabes, qui traversent aujourd’hui la période la plus sombre et la plus humiliante de leur histoire, qui subissent défaite sur défaite des mains d’Israël et de ses alliés, qui se sentent bafoués et rabaissés dans le monde entier, comment leur expliquer qu’ils doivent garder à l’esprit la tragédie du peuple juif ?

Sans rien nous imposer, Amin Maalouf parvient, une fois de plus, à poser un regard impartial sur ce conflit historique avec justesse et sagesse. Sans oublier ce vibrant appel à l’harmonie entre les peuples qu’il lance comme une bouteille à la mer.

L.M.