Ramadan : Un mois de spiritualité et de renouveau

Le mois de Ramadan s’est installé depuis quelques jours déjà, nous nous sommes habitués à lui, à la sensation de faim et de soif qui nous rappelle au quotidien pour qui nous nous privons de ces besoins primaires. Mais pour des millions de musulmans à travers le monde, il représente bien plus qu’une simple période de jeûne. Ramadan est un mois de renouveau spirituel, de purification de l’âme et de renforcement du lien avec le Créateur. Mais quelle est la vraie signification de ce mois béni et comment en tirer le meilleur parti ?

Une célébration de la révélation

Le Coran ne mentionne le Ramadan qu’une seule fois, dans la sourate Al-Baqara. Ce passage le présente avant tout comme le mois au cours duquel le Coran a été révélé. Cela signifie que Ramadan est avant tout une célébration de la parole divine, une occasion de renouer avec ce Livre qui guide nos vies.

Le Prophète Muhammad (saw) nous a enseigné que Ramadan est un mois de transformation. Chaque année, il nous donne l’opportunité de nous recentrer sur l’essentiel : notre relation avec Allah, notre comportement envers autrui et notre capacité à maîtriser nos désirs et passions.

Une discipline pour l’âme

Le jeûne, prescrit aux croyants, est bien plus qu’une abstention de nourriture et de boisson. Il s’agit d’un exercice spirituel destiné à renforcer la taqwa, c’est-à-dire la conscience d’Allah. En privant le corps, nous élevons l’âme et nous développons une autodiscipline essentielle dans notre cheminement spirituel.

Allah nous dit dans le Coran : « Le jeûne vous a été prescrit comme il l’a été à ceux qui vous ont précédés afin que vous atteigniez la piété. » (Sourate Al-Baqara, 2:185)

Autrement dit, le jeûne est un outil pour développer une relation plus profonde avec Allah, pour apprendre à contrôler nos pulsions et nous recentrer sur nos valeurs essentielles. L’un des plus beaux cadeaux de Ramadan est la puissance de l’invocation (du’a). Juste après les versets sur le jeûne, Allah dit : « Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi, alors Je suis tout proche. Je réponds à l’appel de celui qui M’invoque lorsqu’il M’invoque. » (Sourate Al-Baqara, 2:186)

Ce verset nous rappelle qu’Allah est toujours près de nous et qu’Il attend simplement que nous nous tournions vers Lui. Ramadan est donc une opportunité unique pour multiplier les du’as, demander pardon, solliciter des bienfaits et renforcer notre foi.

Mais comment profiter pleinement de ce mois béni ?

  1. Reconnectez-vous au Coran : Prenez du temps chaque jour pour lire et méditer sur ses enseignements.
  2. Soyez assidus dans la prière : Profitez de ramadan pour renforcer votre relation avec Allah à travers la prière et le dhikr.
  3. Multipliez les actions bienveillantes : Aidez les plus démunis, soyez bienveillant avec votre entourage et évitez les conflits.
  4. Faites des du’as sincères : Profitez des moments où les invocations sont exaucées, notamment avant la rupture du jeûne et durant la nuit.
  5. Maîtrisez vos paroles et vos actions : Ramadan est aussi un jeûne du regard, de la parole et du comportement.

Ramadan est un cadeau divin qui revient chaque année pour nous rappeler ce qui est essentiel. Il est une invitation à la spiritualité, à la discipline et à la gratitude. Que ce mois soit pour chacun d’entre nous une véritable révolution intérieure, un tremplin vers une foi plus profonde et un mode de vie plus en accord avec les enseignements du Coran.

Que ce Ramadan soit un mois de bénédictions, d’amour et de proximité avec Allah. Amine !

H.B.

Le jeûne du mois de ramadan

Le jeûne est de l’islam le quatrième pilier,
Tout musulman capable doit s’y conformer.
À la puberté, on commence à jeûner,
Le malade et le voyageur, eux, en sont exemptés.
Durant ce mois, les portes du Paradis sont grandes ouvertes,
Chaque jour, des actes de bien, on part à la quête.
Les portes de l’Enfer sont, elles, fermées,
Les diables, eux, sont enchaînés.
De manger et de boire, le croyant s’abstient,
Sa mauvaise langue, il retient.
Consciemment ou par mégarde,
De faire le mal, il se garde.
L’intimité entre époux attend le crépuscule,
Seuls y cède les incrédules.

Le jeûneur s’adonne à la lecture du Coran
Et s’éloigne des écrans.
Il médite sur la Création
Et multiplie les actes d’adoration.

Ô, vous les femmes, de derrière vos fourneaux, sortez !
De dikhr, de prières surérogatoires, veillez à vous ravitailler.
Des msemens, beignets et autres crêpes à mille trous, la spiritualité est plus nourrissante,
Pour l’esprit du croyant, elle est des plus rassasiantes.
Oui, nos troupes, il faut nourrir
Mais ne sombrons pas dans le délire.
Le gaspillage, le pire des fléaux,
Pourtant, on tombe toujours dans le panneau.
Se frottent les mains bouchers et boulangers,
Durant ce mois, ils se refont une santé.
On a les yeux plus gros que le ventre,
Pourquoi y succomber, diantre !
Au placard, les repas pantagruéliques
Et de se nourrir sainement, on s’applique.
Cuisiner, un acte d’adoration,
Seulement si on y met l’intention.
Ô hommes, privilégiez l’entraide,
Contre le ras-le-bol, elle est un remède.
On se répartie les tâches
Ainsi, les cœurs ne s’entachent.

Utilisons notre temps à bon escient,
Faisons preuve de discernement.
Les pas du prophète ﷺ , suivons,
À l’essentiel, revenons.
On se rapproche du Créateur,
Lui, notre Bienfaiteur.
Pour toutes Ses grâces, on Le remercie,
Comme il se doit, on Le glorifie.

Fatima B.

Ramadhan… Nous y voilà !

À l’orée de ce mois béni, nous entrons dans un combat intérieur où l’âme cherche à s’élever, le cœur à se purifier, et l’esprit à se recentrer sur l’essentiel. 

Chaque aube enseigne la patience, chaque crépuscule invite à la gratitude. Noble invité du temps, témoin du miracle descendu sur terre il y a 1459 ans, tu es plus qu’un mois : une lumière, une parenthèse sacrée où le monde s’apaise et où les âmes s’épurent. Pont entre la terre et le ciel, souffle divin, tu rappelles la grandeur du Créateur et la noblesse de Son message.

Et nous voilà, pèlerins de cette quête spirituelle, prêts à accueillir tes bienfaits, à dépasser nos faiblesses, à renaître plus forts et plus proches du Divin.

Que nos cœurs s’ouvrent à toi, que nos âmes se laissent façonner par ta lumière.
Ta visite annuelle est un souffle de miséricorde.

En toi réside une force silencieuse, un écho du divin qui anime nos cœurs et ravive notre foi. Tu es l’instant suspendu où le monde ralentit pour que l’âme s’élève, où l’intelligence s’agenouille devant la sagesse divine.

Ceux qu’Allah a choisi goûteront à ton essence en lisant le Livre sacré que tu as vu descendre, au cœur de la région du Hadjaz. Béni sois notre bien-aimé prophète, Muhammad ibn Abdallah ibn Abd al-Muttalib ibn Hashim (sws) qui a sacrifié sa vie pour nous préserver du mal.

Ces derniers jours, ton nom « Ramadhan » résonne dans ma communauté. Joie, admiration, nostalgie… Tu es une vague d’émotions, une ascension spirituelle, un défi d’amour, de générosité et de dépassement de soi. Tes heures filent, témoins de nos efforts et de nos remises en question. Entre l’aube et le crépuscule, tu offres à chacun un miroir où se reflète l’âme en quête de son Seigneur.

Ramadhan, que ton passage nous transforme et fasse de nous des êtres de lumière, prêts à accueillir l’infini amour du Très-Haut. Ton arrivée m’enveloppe d’une paix indicible, teintée d’une mélancolie douce et profonde.

C’est étrange… Aujourd’hui, mes pensées s’élèvent vers mes proches disparus et ces âmes chères qui ont quitté ce monde : notre bien-aimé prophète, ses compagnons, nos prédécesseurs qui ont combattu au nom de l’islam, mon père, mon frère, mes aïeux, mes sœurs et frères en Islam. Leur absence est une présence subtile, un écho dans le silence, une empreinte gravée au creux de mon cœur. Je me dis qu’ils ne sont pas partis… qu’ils ont simplement changé de demeure. Leurs paroles résonnent encore en moi, certains de leurs gestes se perpétuent à travers mes actes. Sans eux, sans leur amour et leur sagesse, je ne serais sans doute pas celle qui écrit ces mots aujourd’hui. Je me dis que j’ai une opportunité immense, bien au-delà de ce que mon esprit peut saisir, de pouvoir te rencontrer une année de plus, ya Ramadhan. Quelle bénédiction infinie, quelle chance inouïe ! Que dire de plus, sinon : « Al hamdouliLah ! »

Tu ravives en moi la certitude que rien ne se perd et que chaque graine semée dans le bien porte ses fruits au-delà du temps. Nos aînés ont transmis des flammèches de lumière qui continuent d’illuminer nos cœurs. Que ce soit une lettre du Coran ou une histoire enseignée, un conseil murmuré, un sourire offert, tout demeure inscrit, conservé précieusement par le Tout Miséricordieux.

Quelle douce espérance que de savoir qu’au jour du Jugement, ces âmes bien-aimées récolteront les fruits de ce qu’elles ont planté. Qu’Allah, dans Son infinie bonté, nous accorde Sa clémence et fasse de nos prières un baume pour notre éternité. Car si la séparation est une épreuve, la promesse de se retrouver au-delà des étoiles est une consolation ineffable.

Ramadhan, rappel que tout est passage sauf l’Amour du Très-Haut…
Toi qu’Allah a sublimé par Ses bienfaits, je t’accueille avec humilité et ferveur. Si Dieu me le permet, je vivrai chacune de tes heures comme une opportunité d’élévation.

Sois mon hôte, installe-toi dans ma demeure, éclaire mes nuits durant la récitation des paroles sacrées et mes jours de ta patience. Ensemble, faisons de chaque instant une aumône, de chaque silence une invocation, de chaque lecture du Coran un voyage vers l’infini.

Que mes lèvres s’abreuvent des versets du Très Haut, que mon cœur se nourrisse de Sa sagesse, que mes pas se dirigent vers ce qui L’agrée. Sois ce miroir où je contemple l’âme que je veux devenir, ce vent qui éparpille mes fautes et ce feu qui ravive ma foi.

Bienvenu à toi Ramadhan, bienvenu dans le cheminement de ma foi, noble invité du Très-Haut.

F.E.

Il est à nos portes…

Lui écrire est difficile pour moi. Lui parler me semble plus facile. Cependant, je laisse libre cours à mes doigts sur cette page blanche pour s’exprimer, même si ma défiance à le faire m’envahit quelque peu, car j’ai l’impression qu’on entre par effraction dans mon cœur. Alors, j’irai là où mes mains transcriront et où mon cœur, palpitant encore, a quelque chose à lui dire. Ma plume m’accompagne, elle n’est que l’expression de ce qui l’habite. Alors, je vous offre ces quelques mots…

J’ai une confidence à vous faire. Il arrive. Ramadan sera bientôt au cœur de nos vies. Il est tellement attendu, mais aussi tellement craint. Étrange sensation que de se sentir si humain face à sa venue. Est-ce que je doute de mes capacités à l’accueillir ? Certainement ! Je doute. Mais j’ai envie d’aller jusqu’au bout. J’essaierai de l’atteindre, cette paix au milieu du vacarme et de la hâte de mon âme. J’essaierai de construire un cœur léger dans le silence. J’essaierai de me libérer de mes doutes, de mes fardeaux, de mes lourdeurs.

Craindre de ne pas être à la hauteur de ces bénédictions. Craindre d’être dans la continuité d’une vie fade et pauvre. Vais-je faire partie de ceux qui changent, de ceux qui luttent, de ceux qui renaissent ?

Il se murmure dans les demeures, entre les cieux et la terre, qu’une nouvelle saison pleine de promesses arrive. Vais-je en saisir les fruits, prendre ma part de délices, inscrire ma place sur les honorables Tablettes ?

Lui écrire, c’est me dévoiler. C’est découvrir mes erreurs, mes colères souterraines, mes larmes, mes douleurs, mes défis, mes espoirs. Lui dévoiler une partie de moi, c’est révéler mon cœur au final.

Mais sa venue me désarme, me trouble même, car elle me donne espoir. Il m’appelle à Lui. Il m’appelle à briser mes chaînes, celles que je cache à l’abri des regards, dans les abysses sombres de mon âme.

Néanmoins, il trouvera les mots pour m’apaiser, il me convaincra de regarder le monde à travers la lucarne de mon cœur. Laisser la partie la plus lumineuse que l’Unique a mise en chaque être humain prendre plus de place. Cette étincelle qui transforme nos vies.

Il vient rétablir la connexion divine. Ainsi, je suis l’héritière d’une métamorphose dont je ne connais pas l’issue à chaque visite. Je suis dépositaire d’un changement dont la décision d’agir s’impose à moi. Quand il vient, il ne s’aligne pas comme une continuité, mais comme un point de départ.

Le point de départ d’une histoire, d’un lien, d’un renouveau. Sa présence suffit à alléger mes peines. Sa sincérité ne vacille pas avec le temps, son amitié ne dépend ni des circonstances ni des intérêts. Il est là pour moi, pour mon Salut. Et, fébrilement, il m’aidera à construire une paix intérieure afin de sentir Sa Miséricorde, Son Pardon, Son Amour. C’est Sa promesse. Alors, mes barrières tombent et mon cœur s’expose. J’ose rêver grand. Bientôt, j’écrirai un nouveau chapitre de mon histoire… »

Et vous, quelle est votre histoire avec Ramadan ?

Najoua

Voici venu notre invité : le mois béni de Ramadan!

Ramadan, le mois de la miséricorde, du pardon et de la purification est à nos portes. C’est le mois du coran mais aussi de la bienfaisance, du repentir et de l’affranchissement du feu. Une période unique qui permet à l’âme de s’élever, de se détacher des futilités afin de se consacrer pleinement à l’adoration du Maître des Mondes ! Mais, sommes-nous réellement conscients des mérites de ce mois si particulier ? Par quelles actions ou œuvres allons-nous donc recevoir ce grand hôte tant attendu ?

Du baume pour le cœur et l’âme

Ce mois si particulier constitue une thérapie positive qui permet aux individus d’adopter de meilleures vertus. Il éduque ainsi l’âme à l’abstinence, la patience et l’entraide afin d’atteindre la piété.

« O les croyants, on vous a prescrit as-siyam comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété » S2 V183.

Le jeûne nous apprend l’auto-discipline, l’endurance et le contrôle de soi, ce qui permet à l’homme de gérer aux mieux ses émotions.

Sur le plan social, le Ramadan qui est le mois du pardon et du partage permet à certaines familles d’effacer les rancœurs du passé et de se réunir à nouveau autour d’un iftar pour partager de la joie et de la bonne humeur.

Quant à la prière de Taraweeh, celle-ci permet entre autres de tisser davantage les liens de fraternité et renforce la cohésion de la communauté.

Aussi, le jeûneur qui éprouve de la faim et de la soif prend conscience de la détresse des plus démunis et des bienfaits qu’Allah lui accorde au quotidien. Ainsi, par cette expérience, il développe instinctivement de la compassion pour les personnes pauvres et affamées. C’est une leçon d’humilité qui aide à combattre l’arrogance et l’avarice.

Bienfaits sur la santé

Il n’est plus à prouver que le jeûne favorise de nombreux bienfaits sur la santé mentale et physique des individus. D’ailleurs, certains médecins ou nutritionnistes le préconisent à leurs patients. Néanmoins, pour les personnes atteintes de certaines pathologies, il est contre-indiqué. En cas de doute il est très important de consulter son médecin afin d’éviter d’aggraver sa maladie.

« Donc quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne ! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours. – Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous » S2 V185

Aujourd’hui, certaines études démontrent des résultats positifs du jeûne sur les personnes atteintes de dépression et d’anxiété. En effet, la diminution de la nourriture et l’alimentation saine durant cette période ont un impact sur la flore intestinale mais aussi sur le cerveau qui va être stimulé et produire des hormones de bien-être telle que l’endorphine. Le jeûne favorise aussi la stimulation d’une protéine se trouvant dans le cerveau et la moelle épinière (BDNF) qui va, elle, selon le neuroscientifique, Mark Mattson, être une arme pour prévenir les maladies telles que la perte de mémoire, les démences, les dépressions, etc.

D’après le psychologue Malik Baldr, certaines études ont découvert que les patients dépressifs qui fréquentent des rassemblements confessionnels (mosquée, Iftar,…) sont moins susceptibles de souffrir des effets physiques de la maladie et sont plus susceptibles de guérir rapidement.

Pratiquer le jeûne favorise aussi l’élimination des toxines, des vieilles cellules et des graisses. Il régule la glycémie et régénère les cellules du système immunitaire qui aiderait à lutter contre les maladies inflammatoires et cardiovasculaires tels que l’hypertension et le cholestérol.

Diminuer l’alimentation est notamment un bienfait pour l’organisme qui a besoin de beaucoup d’énergie pour la digestion. Ainsi, cela va permettre aux organes vitaux d’être au repos. Mais attention, la baisse du taux de sucre dans le sang les premiers jours va entraîner une faiblesse et un état léthargique. Parmi les conséquences possibles : maux de tête, nausées et étourdissements. Mais on constate une nette amélioration de l’humeur et la vitalité à mesure que le corps s’adapte au jeune.

Nourrir son âme et non son estomac

Qui dit Ramadan, dit réunions familiales et tables garnies, aussi synonyme de privation en journée et de l’opulence le soir ! Bien entendu, le mois de Ramadan est le moment des retrouvailles et de partage où tu honores ton invité. Cependant, il est important de se rappeler que le but étant de nourrir son âme par la lecture du coran, des invocations et du dhikr et non de se « goinfrer » jusqu’à ne plus avoir l’énergie pour pratiquer ses actes cultuels.

De plus, manger de façon excessive lors de la rupture du jeûne augmente la glycémie et la surproduction de l’hormone de la faim ce qui n’aura apporté finalement aucun bénéfice sur le plan physique, moral et spirituel de votre journée.

L’excès de préparation de nourriture pourrait aussi favoriser le gaspillage et une grande partie de la nourriture se retrouverait à la poubelle.

Allah dit : « Et mangez et buvez ; et ne commettez pas d’excès, car Il (Allah) n’aime pas ceux qui commettent des excès. » S7 V31

Loqman a dit à son fils : « Ô mon fils, quand l’estomac est plein, les mécanismes mentaux s’assoupissent, la sagesse est émoussée, et les membres s’abstiennent des actes d’adoration. »

De ce fait, l’homme doit adopter une approche éthique et modérée dans sa consommation et se souvenir du but premier du jeûne qui est l’abstinence et la maîtrise de soi.

Le Ramadan, qui est le mois du pardon et de la charité, est un mois qui n’a pas d’égal. Le ressenti et l’émotion des croyants durant ce mois sont indescriptibles. Lui, qui contribue à cette proximité et ce lien particulier avec l’Éternel. Lui, qui permet la guérison de nos âmes malades prises par l’amour de ce bas-monde. C’est le mois du Coran et de la méditation profonde qui permet à l’homme de se détacher des jouissances trompeuses de ce monde et de revenir à l’essentiel.

Combien de personnes que nous chérissions tant, ont quitté ce monde avant l’arrivée de ce mois béni ? Combien de personnes atteintes de maladies graves espéreraient pouvoir jeûner ?

Ne serait-ce pas un cadeau de Notre Seigneur d’être encore en vie et en bonne santé pour jeûner, L’adorer, Lui demander pardon et revitaliser nos âmes ?

« Allah est le Plus Grand ! Ô Seigneur ! Apporte-nous avec cette nouvelle lune la sécurité et la foi, le salut et l’Islam ainsi que la réussite dans tout ce que Tu aimes et que Tu agrées. Notre Seigneur et ton Seigneur est Allah. »

Que l’Unique agrée notre jeûne, nos prières et qu’Il pardonne nos excès et nos négligences. Qu’Il nous accorde les bienfaisances de ce mois et ses bénédictions et qu’Il ne nous prive pas des bonnes actions durant ce mois béni. Louange à Allah, Seigneur des Mondes. Que la paix et le salut soient sur notre Bien-aimé Mohammad, sur sa famille, ses Compagnons jusqu’au Jour du Jugement Dernier.

I.S.

Les dix dernières nuits, le cadeau ultime

Hier soir, nous sommes entrés officiellement dans les dix dernières nuits de ce mois béni de Ramadan. Un top départ pour un sprint final d’intenses efforts à fournir à l’image de notre bien aimé (pbsl[1]). Mais comment profiter pleinement de ces dix dernières nuits dans notre société occidentale où tout semble aller trop vite ?

D’après Abu Hurayra, qu’Allah l’agréé, le prophète (pbsl) a dit : « Celui qui jeûne le mois de Ramadan avec foi et dans l’espoir d’obtenir la rétribution d’Allah, tous ses péchés passés lui seront pardonnés. Et celui qui veille Laylat Al-Qadr (La Nuit du Destin) (en prière) avec foi et dans l’espoir d’obtenir la rétribution d’Allah, tous ses péchés passés lui seront pardonnés. »

Les dix dernières nuits sont donc arrivées et avec elles un nombre incalculable de bienfaits et de bénédictions. Après 20 jours, le jeûne est devenu une habitude, le corps ne ressent ni la soif ni la faim, mais si la fatigue se fait plus intense, un dernier effort reste à fournir pour profiter pleinement de ces bénédictions.

La retraite spirituelle, al itikhaf

D’après Boukhari et Mouslim, selon Aïcha, qu’Allah l’agréé, le prophète (pbsl) faisait l’itikhaf les 10 derniers jours de Ramadan et cela, jusqu’à sa mort. Un moyen pour lui et les croyants de se détacher et de se soustraire aux activités mondaines et de se consacrer pleinement à un retour à l’essentiel. Aujourd’hui, en Belgique, et dans la société occidentale, il devient difficile de se couper entièrement de cette vie pour s’isoler à la mosquée. Plusieurs éléments peuvent entraver cet objectif de retraite : la vie de famille, l’absence de mosquée ouvertes toute la nuit, le travail,… mais alors comment néanmoins profiter pleinement de ces moments rares et privilégiés ?

Le sens profond de cette retraite est de permettre à son cœur et son esprit de se détacher de toute autre préoccupation que Dieu

Une retraite avant tout intérieure

S’il n’est pas aisé de se couper totalement de son environnement, il convient de nous rappeler que la retraite est avant tout intérieure. Le sens profond de cette retraite est de permettre à son cœur et son esprit de se détacher de toute autre préoccupation que Dieu et d’orienter tout son être vers la recherche de Sa satisfaction. L’intention et la volonté de se détacher de cet environnement sonore, physique, visuel qui agresse au quotidien nos sens et notre être intérieur est une manière concrète de revivifier le sens profond de la retraite spirituelle. Le Prophète (pbsl) nous apprend que parmi les catégories de gens qui se retrouveront sous le trône d’Allah le jour de la résurrection se trouvent ceux dont les cœurs sont attachés aux mosquées. Les cœurs et non les corps… votre cœur peut se trouver à la mosquée mais votre corps à votre domicile. Parmi les privilèges accordés à sa seule communauté est que la terre toute entière est un lieu de prière, ne nous sommes donc pas cantonnés à un lieu, une bénédiction énorme dont il est d’autant plus nécessaire de profiter lors de ces dix dernières nuits.

Des distractions qui parfois nous font tomber dans une insouciance qui mène à l’oubli, l’oubli de Sa présence

Un exercice, une autodiscipline

Se créer son propre cocon intérieur pour s’exercer à se détacher de toutes les préoccupations futiles qui empêchent notre être de revenir à l’essentiel (les réseaux sociaux, les longues heures de shopping, les interminables soirées au café, la famille,…). Des distractions qui parfois nous font tomber dans une insouciance qui mène à l’oubli, l’oubli de Sa présence. Certes le Messager d’Allah (pbsl) redoublait d’effort lors de cette dernière décade du Ramadan, notamment parce qu’elle comporte ce trésor, cette nuit du destin, au cours de laquelle Dieu décrète pour chaque âme, pour l’année à venir, son espérance, sa subsistance… Mais si l’on observe de plus près la vie de Mohammad (pbsl), il est un fait que toute sa vie était une retraite intérieure, toute son existence, son cœur, son âme, son esprit était entièrement voué au Maître de l’univers, à la recherche de sa proximité. Un enseignement que l’on se doit d’acquérir. Cette rupture qui est une aspiration qui doit habiter le cœur et l’esprit de tout croyant est en réalité un moyen de s’exercer à vivre toute notre vie durant dans cet état de retraite spirituelle vis-à-vis de notre environnement qui nous « happe » au quotidien. Cette période représente finalement un moment idéal et propice pour exercer notre cœur à la recherche de l’excellence, la quête ultime.

H.B.

[1] que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui

Je suis venu te libérer de tes chaînes…

Me voici, que déjà ta porte est grande ouverte pour m’accueillir. Dans un élan de ferveur tu m’ouvres tes bras en me remerciant d’être, enfin arrivé. Tu me fais entrer chez toi le cœur léger et plein d’espoir. L’espoir que je t’apporte ce en quoi tu aspires : la faveur d’être un serviteur agréé et dont le Maître sera satisfait.

Je suis venu te libérer de tes chaines.

Je m’infiltre dans ton quotidien et ta maison devient la mienne pour le temps de mon séjour. Et c’est avec joie et reconnaissance que tu (ré) apprends à me connaitre. Au début, nos entretiens restent distants mais toujours sur la même longueur d’onde tu m’abordes pour mieux me connaitre. Alors timidement, tu t’ouvres à moi : tes peurs, tes doutes, tes difficultés, tes craintes, tes aspirations, tes espérances, tes invocations, tes demandes, tes prières, …Tu m’en fais part à chaque instant.

Je suis venu te libérer de tes chaines.

Au fur et à mesure de notre contact, tu me semble troublé, énervé par moment. Pourquoi ? Espérais-tu que cela se passe dans le calme le plus inerte ? Ma démarche n’est pas de te mettre en déroute mais plutôt de te bousculer pour te faire sortir de ton sommeil.

Je suis venu te libérer de tes chaines.

Le monde, dans lequel tu vis, devient bancal et s’apprête à s’effondrer à tout moment. Ton existence est fragile et tes forces s’amenuisent. Tu comprends que cela va être difficile. Pourtant, tu fais semblant que tout va se passer calmement et rien ne changera, juste prendre son « mal » en patience et attendre. Attendre la libération ! Et je suis là, à tes cotés !

Je suis venu te libérer de tes chaines.

Ton corps décline jour après jour. Il crie, il hurle même, et toi tu fais la sourde oreille. Vu de l’extérieur, ton attitude est presque inquiétante. Mais, à l’intérieur, il se passe quelque chose : une étincelle se dresse. T’appesantir sur ton sort, tu y refuses. Alors tu te bats. Parfois, le corps réagit en soubresaut pour te faire comprendre que c’est dur de maintenir ce cap et qu’il faudra songer à changer de méthode. Mais non! Inlassablement, tu es fixé sur ton objectif car tu sens que tu es sur la bonne voie. Et je te regarde ! Ta lutte est légitime et honorable !

Je suis venu te libérer de tes chaines.

Longues sont les lamentations de ton corps, mais tu réalises que quelque chose de subtil, de doux, de chaud commence à réagir au fond de ton cœur. On aurait dit une secousse, un tremblement ! Alors, tu ne plies pas et continues à faire émerger cette aurore en toi. Et je t’observe ! J’attends ce réveil, ce printemps !

Je suis venu te libérer de tes chaines.

Tu commences à comprendre que cette douleur a un sens. Tu réalises que tu as besoin de changer et d’offrir à ton cœur un renouveau. Tu aspires à mieux être en phase avec Le Tout Rayonnant d’Amour. Tu sens Sa proximité et pour tout l’or du monde tu ne veux pas la perdre. C’est l’aube qui se lève en toi ! Une renaissance, une vie sans joug !

Je suis venu te libérer de tes chaines.

L’heure du départ approche, et voilà que tu te sens mélancolique. Me voir partir est un déchirement, car ma présence t’encourageait à sortir de ta torpeur. Enfin, tu brilles ! Enfin, tu vis ! Enfin, tu as brisé tes chaines !

                                                                                                                      Najoua

Un cadeau pour le coeur

Il disparaît plus vite qu’il n’est apparu. Comme un faisceau lumineux,  des étincelles éblouissantes, mais seules des poussières ornées laissent leurs empreintes pour ceux qui tentent de les rattraper. Et pourtant le trésor dépasse certes l’imaginaire.

C’est l’heure qui a déjà sonné pour la course pour obtenir les bienfaits,  chaque fraction est une valeur titanesque, où ni l’horizon,  ni la hauteur des cieux peuvent tracer la dimension. 

Laisse ce cœur être heureux,  être le plus joyeux,  laisse cette âme se reposer, ressentir la tranquillité et la douceur qui l’enveloppe pour être bercée.

Ce mois n’est pas pour rester figé, mais pour être animé, pour réveiller davantage cet amour qui appelle sans cesse Son Aimé.

Allah pardonne nous et accorde nous tous les bienfaits de ce mois merveilleux. Vivons ce mois,  vivons-le et nous goûterons peut-être un avant goût du paradis. Qu’Allah nous l’accorde. Amin

ℒamiaaℳ