Crise identitaire. Exil et résilience au pays des cendres

« Qui suis-je ? Mais qui suis-je ? » — se demande-t-elle encore.
1917 – 1920
Dates de la trahison,
Dates de la colonisation,
Par une transaction déloyale,
Entre gouvernances immorales.
Sur la Déclaration Balfour
Renifle les vautours
Lancement du mandat britannique,
Elle n’y voit que manigances cyniques.
Elle découvre les ravages de ces sombres alliances,
Dans l’injustice abyssale et la décadence.

Les accords se sont faits sans les propriétaires,
Pour nourrir la prospérité de leurs adversaires :
Brigands et pillards au pays des oliviers,
Se sustentant de la Palestine et de ses biens privés.
Au milieu du bruit, des ruines et des morts,
Le silence de la honte ronge notre sort.
« Qui suis-je ? »
« Qui suis-je ? » répéta-t-elle.
Dans ce monde de colère,
Dans ce monde de haine.

Peut-être que ces meurtriers n’ont plus d’âme,
Puisqu’ils tuent des enfants et brisent leur flamme.
Les mots lui manquent face aux exilés,
Le silence la consume face aux fusillés.
Le monde regarde ce mouroir sur leur écran,
Pendant que Gaza enterre ses descendants.
Peut-être que le diable a trouvé ses frères,
Dans ces consciences mortes, habillées de lumière.

« Au secours ! » s’écrie-t-elle : « Sauvez la justice ! »
Mais ses mots de détresse s’effacent sans artifice.
Pendant que l’ONU débat loin de l’horreur,
Les explosions des bombes imposent la terreur.
L’odeur de la mort sous les gravats se devine,
La faim assassine et la peur opprime.
Elle pensait vivre un temps d’exception,
Mais ce n’est qu’une nouvelle abomination.

1948, la Nakba s’invite,
Le silence de la honte humilient les complices.
Paix et justice ne sont-ils plus que des mirages,
Perdus dans la poussière de ce vieux carnage ?
Comment tolérer qu’à quelques kilomètres à peine,
Certains rient au soleil, d’autres hurlent leur peine ?
Comment rester sereine dans cet accablant effroi,
Quand le monde chancelle et renie ses propres lois ?

Pendant qu’à Gaza, le ciel s’embrase,
Les survivants au cœur vivant deviennent esclaves
Et même s’ils restent debout avec dignité
Elle cherche inlassablement un sens à cette humanité.

Nous sommes tous témoins, dit-elle, que les cartes ont changé,
Nous sommes tous témoins, dit-elle, de ces crimes orchestrés.
Et même si à présent certaines ethnies s’éteignent,
Les siècles ne cesseront de murmurer ce qu’elles enseignent.
Alors l’Histoire saigne,
Mais la Palestine règne.

Alors elle se confie à son Seigneur pour mieux respirer :
« Qui suis-je ? » murmure-t-elle.
« Qui suis-je dans ce chaos de façade ?
Une ombre lucide, ou une conscience malade ?
J’observe les masques et les faux-semblants,
Les regards fiers et les cœurs absents.
Suis-je ce que je défends, ou ce que j’espère ?
Suis-je une étincelle d’action, ou une ombre éphémère ?
Je ne suis qu’une âme qui médite sur ceux que l’on détruit,
Une voix qui se tient debout au milieu des cris.
Je contemple la résilience de ce peuple de foi,
Je reconnais ma faiblesse et retrouve ma voie.
Ô Toi qui tiens les mondes dans Tes mains infinies,
Je place en Toi ma foi pour ce grand défi.
Tu es notre Garant, notre Éternel Présent,
C’est en Toi que mon espoir demeurera vivant. »

E.F.

Donald Trump et les marchés : un ouragan économique aux répercussions mondiales

« Nous pourrions transformer Gaza en une Riviera du Moyen-Orient, un paradis économique sous gestion américaine, s’ils se débarrassaient du terrorisme. » a déclaré Donald Trump. Au-delà de la question palestinienne, Trump a également laissé entendre que la gestion des ressources financières des lieux saints musulmans pourrait être optimisée.Face à la menace, en l’an 570, un grand homme lui a déjà répondu :

« La Kaaba a un propriétaire qui saura la protéger. »

Dans le grand échiquier de l’économie mondiale, certains dirigeants sont des forces tranquilles, d’autres de véritables tempêtes. Donald Trump appartient sans conteste à la seconde catégorie. À chacune de ses déclarations, les marchés tremblent, les investisseurs paniquent ou exultent, et les équilibres géopolitiques vacillent. Son retour en scène a provoqué des secousses aux quatre coins du globe : de Wall Street à la Silicon Valley, en passant par l’Europe et le Moyen-Orient. Regardons de plus près l’impact de son influence sur les tendances économiques actuelles.

L’Amérique sous pression : la tempête des indices boursiers depuis janvier 2025

Lorsque Donald Trump s’exprime, le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq n’ont qu’une seule option : réagir. Depuis quelques mois, les marchés américains sont en chute :

  • S&P 500 : baisse de 4,20 %
  • Nasdaq : baisse de 6,5 %
  • Dow Jones : diminution de 1,9 %
  • Apple (AAPL) : chute de 5,3 %
  • Meta (META) : déclin de 8,1 %

Pourquoi ? Parce que Trump, fidèle à lui-même, a ravivé la menace des guerres commerciales.
Les baisses sont principalement liées aux craintes d’une nouvelle guerre commerciale, initiée par ses déclarations. En réaffirmant son intention d’imposer de lourds droits de douane sur les importations chinoises et européennes, il fait planer le spectre d’un ralentissement économique mondial. Comme un effet domino, les investisseurs anticipent une baisse des marges des entreprises américaines et réajustent leurs portefeuilles, préférant se tourner vers des valeurs plus sûres.

L’Europe et l’Asie : les nouveaux havres de paix ?

Pendant que l’Amérique tangue, l’Europe tire son épingle du jeu depuis début février 2025 :

  • Euro Stoxx 50 : +10 %
  • DAX (Allemagne) : +14 %
  • IBEX (Espagne) : +10,8 %

Loin des secousses politiques américaines, l’Europe apparaît comme un refuge pour les investisseurs. Son positionnement diplomatique stable et ses valorisations attractives attirent les capitaux en quête de stabilité.

Quant à l’Asie, la Chine maintient une certaine résilience :

  • Shanghai Composite (Chine) : +0,60 %
  • Nikkei (Japon) : bond de 7,13 % depuis début février 2025, soutenu par des politiques économiques favorables.

Le Bitcoin et l’Ethereum : Trump déclare la guerre aux cryptos

L’effet Trump ne se limite pas aux marchés traditionnels. Les cryptomonnaies, souvent perçues comme un contrepoids au système financier classique, sont elles aussi touchées :

  • Bitcoin (BTC) : baisse de 23 % depuis son sommet à 109 114 $
  • Ethereum (ETH) : chute de 51,7 % depuis son plus haut à 4 108 $

Pourquoi cette dégringolade ?
Entre autres raisons, Trump a annoncé son intention de réguler sévèrement les cryptomonnaies, affirmant que « le Bitcoin n’a aucune valeur réelle » et que les États-Unis doivent se protéger contre cette menace financière. Les investisseurs, inquiets d’un durcissement législatif, ont préféré liquider une partie de leurs avoirs, entraînant ainsi une correction brutale du marché.

Or et pétrole : les valeurs refuges reviennent en force

Quand Trump agite l’économie, les investisseurs se réfugient dans les classiques :

  • L’or atteint un sommet historique, signe que l’incertitude pousse à sécuriser les placements.
  • Le pétrole connaît une hausse, dopé par les tensions commerciales et les spéculations autour des conflits géopolitiques.

Trump, la Palestine et l’Arabie Saoudite : des propos qui résonnent au-delà de l’économie

Trump ne se contente pas de bousculer les marchés, il enflamme aussi la scène internationale. Sa dernière déclaration sur la Palestine a provoqué un tollé :

« Nous pourrions transformer Gaza en une Riviera du Moyen-Orient, un paradis économique sous gestion américaine, s’ils se débarrassaient du terrorisme. »

Loin d’être une simple vision économique, cette affirmation est perçue comme une tentative d’ingérence et un mépris des réalités géopolitiques locales. Les marchés financiers du Moyen-Orient ont immédiatement réagi, avec une augmentation de la volatilité et une hausse des prix du pétrole.

Trump a également laissé entendre que la gestion des ressources financières des lieux saints musulmans pourrait être optimisée. Une déclaration qui rappelle un épisode historique marquant : l’Année de l’Éléphant.
Lorsque Abraha, gouverneur du Yémen, voulut détruire la Kaaba avec son armée d’éléphants, il fut confronté à Abd al-Muttalib, le grand-père du Prophète Muhammad (ﷺ). Face à la menace, ce dernier répondit avec sérénité :

« La Kaaba a un propriétaire qui saura la protéger. »

Allah envoya alors une nuée d’oiseaux Ababil, qui anéantirent l’armée d’Abraha avant qu’elle n’atteigne La Mecque. Cet événement rappelle une vérité intemporelle : la Kaaba et la Palestine n’appartiennent pas aux puissances de ce monde, elles sont sous la protection du Tout-Puissant.

Trump est, certes, un facteur d’instabilité économique et géopolitique. Mais ceux qui ont voulu s’approprier la Kaaba et soumettre des peuples à leur domination ont toujours échoué.
Aujourd’hui encore, face aux ambitions et aux ingérences, il est essentiel de se souvenir que Dieu est Grand, et qu’Il est le Garant de la Justice et de l’Équilibre du monde. Le chaos économique et politique peut faire trembler les gouvernements, mais la foi reste une boussole inébranlable.

Et durant ce mois sacré de paix, la réponse sera un message de sérénité :
Que ce soit la Palestine, la Kaaba ou tout autre symbole de la foi, ils ont un Propriétaire qui saura les protéger.

Nelm

France-Israël : quand la politique s’invite sur le terrain  

Alors que le match de football entre la France et Israël se joue ce soir au Stade de France, l’événement sportif se trouve au cœur d’un tourbillon de tensions politiques. En effet, ce match de football a suscité des appels au boycott et des débats intenses sur les réseaux sociaux, faisant resurgir les questions de politique internationale alors que Gaza subie de plein fouet les exactions de l’armée israélienne depuis plus d’un an. Certains ont préféré « botter en touche » en affirmant que le sport est avant tout neutre… 

Des appels au boycott

Avant même que le coup d’envoi soit donné, diverses associations et organisations de défense des droits humains en France ont lancé des appels au boycott de ce match. Elles dénoncent notamment les massacres d’Israël envers les Palestiniens, qualifiant ses actions de graves violations des droits de l’homme. Selon un rapport récent des Nations unies, il existerait des “indices sérieux de génocide” à l’encontre des Palestiniens à Gaza, des termes lourds de sens qui soulèvent des questions et demande une réaction urgente.

Ces militants estiment qu’il est impossible de détacher la scène sportive de la situation politique actuelle. À leurs yeux, l’organisation de cette rencontre, sans répercussions pour Israël, renforce l’impunité internationale de l’état hébreu et normalise les crimes qui sont commis de plus d’un an à Gaza et dans les territoires occupés où les violations et l’expansion des colonies a pris un coup d’accélérateur. En France, et ailleurs, des voix se lèvent pour exprimer leur désaccord avec le fait qu’Israël puisse participer librement à des événements sportifs internationaux, alors que ses actions sont qualifiées de crimes contre l’humanité par des organisations internationales. Des voix qui restent, pour l’heure, inaudibles. 

Deux poids, deux mesures ?

Cette situation souligne un sentiment de “deux poids, deux mesures” souvent dénoncé. Alors que certains États font l’objet de sanctions internationales immédiates pour des comportements similaires, et la réaction face à la Russie est un parfait exemple, Israël bénéficie de protections diplomatiques, notamment de la part des grandes puissances occidentales et notamment les Etats-Unis. Les militants pro-palestiniens reprochent à ces États et aux instances sportives internationales d’appliquer des standards différents, laissant Israël participer sans encombre malgré des accusations sérieuses.

Pour beaucoup, cette situation est difficilement justifiable et affaiblit la crédibilité des institutions internationales, qui peinent à imposer un cadre cohérent et impartial pour faire respecter les droits humains. Les appels au boycott de cette rencontre ne sont donc pas seulement une protestation contre Israël, mais aussi un moyen de rappeler aux instances sportives leur rôle potentiel dans la défense de l’éthique et de la justice.

Un sport qui se politise malgré lui

Le sport, traditionnellement perçu comme un espace neutre, se retrouve au centre de ces controverses. Les stades et les compétitions deviennent des lieux de manifestation d’opinions politiques, surtout lorsque des questions de droits humains sont en jeu. Les partisans du boycott estiment que les événements sportifs internationaux doivent être un levier pour rappeler aux nations qu’elles ont des comptes à rendre sur la scène mondiale, y compris sur leurs actions hors du terrain.

Les instances sportives internationales, comme la FIFA et l’UEFA, sont également mises sous pression pour prendre position. Dans le passé, elles avaient suspendu des nations pour des raisons politiques, notamment contre l’Apartheid en Afrique du Sud. Face à une situation où les accusations de génocide émergent, certains estiment qu’il est indispensable que ces organisations définissent une ligne de conduite cohérente en matière de droits humains. 

H.B.

Ils se relèveront…

Tu es couché, dos à terre. Tes frères dorment à poings fermés malgré la guerre qui éclate dehors.
Ta mère te donne dos, pleure en silence et implore notre Seigneur. Devant vous, elle donne l’image d’une femme forte, mais au fond d’elle, la peur la ronge.

Chaque matin et chaque soir, elle te répète de tenir tête à l’ennemi. Qu’un jour ou l’autre, ils seront punis car nous, on a ce qu’ils n’ont pas : Dieu est avec nous.

Un énième bombardement vient d’éclater. Alors que tu es dans tes pensées, ta demeure est visée. Derrière le viseur, un sans-coeur.
Avant même de réaliser, tu te retrouves sous les décombres.

Au-delà de l’expression, le ciel t’est vraiment tombé sur la tête. La douleur est trop forte, tu te sens partir… tu te dis c’est fini. Mon heure est arrivée.

Une lumière te brûle les yeux. Est-ce celle du paradis ? Heureux, tu ouvres les yeux. Et là, tu retombes en enfer. Autour de toi, les docteurs s’agitent, les mères prient, les pères crient…
Oui, tu as survécu à l’attaque. Mais perdu, tu ne sais pas si tu dois être heureux d’être encore en vie ou désespéré de ne pas être mort.

Après quelques heures seulement, on te demande de quitter les lieux. D’autres blessés sont en chemin et les places manquent. Alors tu prends sur toi, et tu quittes ce lit d’hôpital.

Dehors, toujours le même décor : les cris en guise de mélodie, les barrages formés par les chars en guise de paysage.

Sans famille, sans toit, tu déambules dans les rues de Gaza.
Quelque part au loin, perdu, tu trouves une école sous la protection de l’ONU.
Autant y aller, tu n’as plus rien à perdre, de toute manière, tu es déjà six pieds sous terre.

Plusieurs familles se sont réfugiées ici, tu repenses à cette fameuse nuit, où les tiens sont partis.

Une larme s’échappe, puis deux, un torrent de larmes s’ensuit…

De petites mains se posent sur tes joues et essuient ces perles qui coulent. Tu lèves les yeux, face à toi, un enfant qui te sourit à pleines dents.
L’espace d’un instant, tu oublies ta souffrance.

Mais à peine retrouves-tu une lueur d’espoir, que celle-ci laisse place au néant.

Le lendemain, dans tous les journaux occidentaux, on peut lire  » Tirs d’obus israéliens sur une école de l’ONU « . Ton corps ensanglanté est à la une d’Al-Jazeera. Tu viens de nous quitter. Ta perte nous laisse un goût amer.

Mais pour tout Palestinien tombé, dix se relèveront. Et pour dix Palestiniens tombés, cent se relèveront.
Et pour cent Palestiniens tombés, tous se révolteront.

Aujourd’hui, on est tous Palestiniens.

Noor T.

Le message de l’Afrique du Sud au monde

Depuis le début de l’année 2024, nous assistons à un évènement « historique » concernant Israël. En effet, un pays se lève contre un autre. L’Afrique du Sud porte plainte contre Israël pour génocide à Gaza auprès de la Cour international de justice (CIJ) à La Haye, le tribunal de l’ONU chargé de régler les différends entre les états. Prétoria met Israël devant ses propres responsabilités et devant son « immunité » indécente concernant les mesures dites « conservatoires », autrement dit les mesures urgentes d’un cessez-le-feu immédiat et l’installation rapide de l’aide humanitaire. 

Avant que les juges ne se prononcent sur le fond de ce procès dont l’absence de couverture médiatique est à déplorer, l’Afrique du Sud, qui n’a probablement rien à gagner sur le plan international, donne à toute l’humanité une leçon de dignité : l’indignation et l’engagement dans la voie de la justice.

L’indifférence : la pire des attitudes

« L’Histoire nous jugera ! » diront les activistes et les résistants face aux injustices de nos sociétés. Les guerres passées et les colonisations, dont on apprenait les causes et les évènements sur les bancs de l’école, devraient nous rendre plus vigilants et plus pro-actifs pour ne plus revivre ces périodes désastreuses sur le plan humain. Et malgré tout, l’émergence des guerres sur des territoires stratégiques se multiplient : Ukraine-Russie, Israël-Palestine, Etats unis et Angleterre-Yémen, Chine-Taiwan,… Ainsi, l’ensemble des principes et des valeurs sur lesquels reposerait la démocratie moderne des pays occidentaux semble vaciller, alors que nous en avons plus que jamais besoin aujourd’hui. Il n’est pas toujours facile de distinguer tous les courants qui nous gouvernent car nous n’avons plus affaire à une petite « élite » mais à un monde économiquement, politiquement et financièrement interdépendant. Nous l’observons clairement : les oppressions, les dictatures, les colonisations, les injustices, les privilèges, les inégalités sont internationales. C’est un vaste monde interconnecté comme jamais encore il n’en a existé, mais il y a des choses insupportables :

Stéphane Hessel[1] écrit : « Le motif de base de la Résistance était l’indignation. Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l’héritage de la Résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! (…) »

La faculté d’indignation nous permet de veiller, tous ensemble à ce que notre engagement dans la société soit bénéfique et conforme à La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, adoptée par l’ONU le 10 décembre 1948. C’est notre composante humaine qui fait de nous des êtres doués de raison ; et l’Afrique du Sud l’a très bien compris. 

Stéphane Hessel écrit : « Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie. Ce conflit est la source même d’une indignation. »[2]

Elle est devenue la nôtre depuis plus de 4 mois !

Le déclin du courage

Le système occidental dans son état actuel « d’épuisement spirituel », ne présente aucun attrait. L’Afrique du Sud a su tirer profit de son retour sur la scène internationale, avec le développement de nouvelles relations avec les pays du sud et des pays émergents pour nouer des alliances qui y renforcent son rôle et son influence. Après des années d’apartheid, une société multiraciale est parvenue à voir le jour. Aujourd’hui, c’est ce qui lui confère cette autorité morale dont elle jouit, à la fois sur le continent et dans le monde entier.

« Le déclin du courage est peut-être ce qui frappe le plus un regard étranger dans l’Occident d’aujourd’hui. Le courage civique a déserté non seulement le monde occidental dans son ensemble, mais même chacun des pays qui le composent, chacun de ses gouvernements, chacun de ses partis, ainsi que, bien entendu, l’Organisation des Nations unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société tout entière. » écrit Alexandre Soljénitsyne[3]

Même si le courage individuel existe toujours, pour l’auteur, il est absent chez ceux qui donnent une direction à la société : fort à l’égard des pays faibles que personne ne soutient mais faible devant des gouvernements puissants et aux forces menaçantes. L’Afrique du Sud n’adhère pas à ce silence et impose sa voix sur le plan international en termes de droits humains. La valeur juridique de la Cour internationale de justice et sa mise en œuvre dépendra du résultat de ce procès. Ainsi, se joue l’avenir d’une institution internationale qui a été construite depuis plus de 75 ans sur les valeurs de droit et d’équité.

Ce référentiel commun, qu’est le droit international, garde une fragilité ; car sa mise en pratique dépendra des moyens utilisés par chaque pays concerné par la plainte de l’Afrique du sud. Si le génocide n’est pas reconnu par les instances internationales, ce sera le règne de la force : un grand pas vers le chaos et vers la violence absolue.

Enfin, l’affaire du génocide devant la Cour internationale de justice semble aboutir pour l’Afrique du Sud[4], en tout cas elle va jusqu’au bout de sa stratégie de défense, en poursuivant les Etats Unie et l’Angleterre pour complicité dans les crimes de guerre d’Israël à Gaza. A ce jour, deux batailles se jouent, humainement sur cette terre de Palestine et l’autre juridiquement sur la terre du droit international à La Haye…

Najoua


[1]  Stéphane Frédéric Hessel, né le 20 octobre 1917 à Berlin et mort le 27 février 2013 à Paris 14e, est un diplomaterésistantécrivain et militant politique français d’origine allemande. Indigné par le nazisme, il devient militant et s’engage dans la résistance au temps de la seconde guerre mondiale. Auteur d’un essai « Indignez-vous ! ». Edition : indigène. P.11

[2] « Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel. Edition : indigène. P.17

[3] Pour en savoir plus : Livre « le déclin du courage » de Alexandre Soljénitsyne.  Editions : Les belles lettres. P.22. Le discours peut être lu sur le site www.perspective.usherbrooke.ca.  Discours de Harvard, juin 1978, devant la 337 ième promotion de la très ancienne université d’Harvard.

[4] www.rtbf.be/article/la-plainte-deposee-par-lafrique-du-sud-contre-israel-pour-denoncer-des-actes-genocidaires-devant-la-cour-internationale-de-justice-pourra-t-elle-aboutir?

Alexandrins pour Gaza

Douce terre fertile, tes sillons se gonflent et se fendent, 

Accouchant de la vigne, l’olivier, l’oranger, 

Tes filles et tes fils tombent pour te défendre,  

Et leurs larmes, et leur sang, tu les as absorbés… 

Terre de Palestine, j’écris ton nom 

Ombres insistantes, derrière mes paupières closes,  

Tremblent vos sourires, défilent vos visages,  

Rires étouffés, vies fauchées à peine écloses,  

Rym, Yusuf, tous les autres, comme fut court votre passage… 

Enfants de Palestine, j’écris vos noms 

Le sablier de l’existence est retourné, 

Jours, mois, années, s’écoulent et se succèdent,  

Finalement, qu’avons-nous fait du temps donné ? 

Toi et moi, ceux qui viendront, ceux qui précèdent…. 

Justice, liberté, loyauté, j’écris vos noms 

Un mot me vient, partout repris, unanime, 

C’est «  résilience » , fruit de l’école de leur patience, 

Courage et foi, dans les ténèbres, les animent, 

Leçon de vie, pour ceux qui espèrent leur délivrance, 

Conviction, volonté, endurance, j’écris vos noms 

La roue de la vie tourne et l’épreuve s’en va, 

Jamais le mensonge ne saurait triompher, 

La lumière quoiqu’il en coûte, sur leurs terres se lèvera, 

Et du sang et des larmes, fleuriront les amandiers… 

Espoir, courage, vie, j’écris vos noms 

Hayat Belhaj  

À l’ombre d’un olivier

Écrire pour manifester. Écrire pour lutter pour la vérité et la justice. Écrire pour ne pas oublier. Écrire pour rendre hommage aux poètes[1] et aux amoureux du mot. Écrire c’est témoigner qui je suis. C’est affirmer mes valeurs, mon humanité et le modèle que je souhaite laisser à la future génération. Certes, cela peut sembler dérisoire, mais c’est ma réalité.

Terre brûlée, terre de larmes, terre opprimée, terre courage. Ce sont les mots qui me viennent à l’esprit en constatant cette actualité féroce et douloureuse sur la terre de Palestine. L’espoir d’une aube claire et nouvelle se dessinera, à l’image d’un olivier symbolisant la résistance et la promesse d’une vie meilleure. 

« Au soleil, protégées des vents forts, dans un sol bien drainé; 

Lentement, tes racines explorent les entrailles d’argile,

Tu t’élèves afin d’atteindre les cieux.

Au froid, résistant aux rafales, sur une Terre Promise;

Murmurant, à travers ton feuillage, sur un air doux et vaporeux,

Tu t’élèves afin d’atteindre les cieux.

À la pluie, infiltrant tes branches, rassasiées de cette pureté vitale;

Verdoyante, à travers la clarté du jour, un hymne à la beauté ancestrale s’ébauche,

Tu t’élèves afin d’atteindre les cieux.

À la douceur du climat, enveloppant tes fruits qui tiennent leurs promesses;

Ombrageant, ton tronc lourd qui se couronne de gloire,

Tu t’élèves afin d’atteindre les cieux.

À la survie, ton courage inépuisable fortifie ta silhouette captivante;

Généreusement, ce cadeau de Dieu magnifie ta beauté noble,

Tu t’élèves afin d’atteindre les cieux.

À la paix, brandissant avec ardeur le sort hors du commun de l’Humanité;

Inlassablementta longévité repousse les assauts des calomniateurs,

Tu t’élèves afin d’atteindre les cieux.

À l’éternité, en te tournant vers la lumière la quiétude te gagne;

Sagement, ta forme sinueuse souligne ta puissance,

Tu t’élèves afin d’atteindre les cieux.

À la résistance, transformant de ta seule présence cette Terre bénie qui t’abrite;

Fidèlement à la vie, tu grandis avec confiance même si ta stature s’affaisse, 

Tu t’élèves afin d’atteindre les cieux.

A la terre, soutenant avec force les coups perpétuels des faiseurs de haine;

Dignement, la bannière des héros et des champions flotte sur tes branches résilientes,

Tu t’élèves afin d’atteindre les cieux.

Ô mon ami l’Olivier ! Le sang des Justes t’a purifié à la lueur des derniers rayons du soleil. À l’ombre des mots, tu ne pourrais atteindre ta destination même si tu vivais plus de mille ans. 

Ô mon ami l’Olivier ! Tes racines ne t’auront pas délivré pour t’élancer vers le ciel. 

Non, mon ami l’Olivier ! Tu ne peux car tu es aimé par cette Terre. Tu lui apprends à devenir forte face aux injustes. Tu lui enseignes l’art de s’agripper à la vérité quelles qu’en soit les fissures.  

Ô mon ami l’Olivier ! Ton cœur lui appartient car il est le dépositaire de ta mémoire… »

Najoua

[1] Pour en savoir plus : quelques poétes palestiniens comme Mahmoud Darwich, Farah Chama, Hiba Abu Nada, et d’autres encore…

Terre de Palestine

Le 7 octobre 2023 marque un point important, voire historique en Israël. Le Hamas a attaqué son voisin causant de nombreux morts et faisant par la même occasions de nombreux otages. Le monde retient son souffle, Israël attaqué et c’est le monde qui se divise entre les supporters de la cause palestinienne et ceux qui légitiment le droit d’Israël à se défendre par tous les moyens… Cette opération inédite du Hamas sur plusieurs cibles entourant la bande de Gaza a changé la donne sur le plan humanitaire et géopolitique. Analyse.

L’hypocrisie politique en occident et la divergence en Orient

De Berlin à Bruxelles, en passant par Washington, Londres ou Paris, le discours est identique. Pour ne prendre qu’un échantillon des dires des gouvernements occidentaux, tous condamnent « les attaques terroristes contre Israël et sa population »[1], mais à aucun moment, ils ne parlent de la situation des Palestiniens qui sont privés de leurs terres, de leur liberté de mouvement, des milliers de prisonniers politiques, du blocus qui affame le peuple de Gaza, et la liste s’allonge. Les grands de ce monde légitiment le « droit de se défendre pour Israël » mais aucunement ce droit n’est attribué au peuple de Palestine. Un discours de deux poids deux mesures ! 

Pourtant, Israël a été condamné par Amnesty Internationale[2] ( et d’autres groupes d’ONG[3] ) sur ces méthodes et pressions inhumaine affligées depuis des décennies au peuple palestinien. Ces organismes dénoncent Israël, en tant que « colonisateur », d’appliquer des lois criminelles de l’apartheid[4]. Celui-ci mène une politique d’accroissement de ses colonies au détriment des droits et lois internationales les plus fondamentales et sous couvert du silence des gouvernements occidentaux. [5] Quant au monde arabe, les réactions sont multiples : les Émirats arabes unis étaient neutres, Abu Dhabi s’était contenté d’appeler au calme, la monarchie du Golfe s’est dite « consternée » par la prise d’otage de civils israéliens. Une position sur laquelle s’est d’ailleurs aligné le royaume de Bahreïn[6]. Mais comment sommes-nous arrivés à cette situation ?

Un devoir de vérité sur l’Histoire de la Palestine[7]

Photo Le Monde diplomatique

Située au Proche-Orient, la Palestine est un passage terrestre entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique : un « couloir » pour les invasions. Une terre conquise successivement par les Égyptiens, les Philistins (qui ont donné le nom à la Palestine), puis les hébreux ( qui vont rentrer rapidement en guerre contre les Philistins). Suivrons les Babyloniens, les Macédoniens d’Alexandre le grand, les Romains, les Perses, les Arabes, les Ottomans. Et au 20ème siècle les Britanniques, qui ouvrent la voie d’un retour du peuple juif. Un lieu de passage pour les peuples mais aussi, une terre sainte, une terre des prophètes des trois grandes religions monothéistes.

Depuis des générations, les nombreuses luttes entre juifs et arabes pour la domination de la Terre Sainte ont causé beaucoup de souffrance au Moyen-Orient. On affirme souvent que la crise a débuté avec l’immigration juive en Palestine et la création de l’État d’Israël. Pourtant, le conflit a pris racine bien avant, avec le double jeu des Britanniques durant la première guerre mondiale. C’est une Histoire d’intrigues entre empires rivaux, de stratégies erronées, de promesses contradictoires et de trahisons envers les Arabes et les Juifs, ouvrant la succession de bain de sang qui a scellé le sort de cette terre.

Quelques grandes dates :

            -1917-1948. Les Français, les Russes et les Anglais avaient secrètement prévu de morceler l’empire Ottoman afin d’équilibrer leurs visées coloniales durant la première guerre mondiale. Les graines ont été semées : les Britanniques avaient promis l’indépendance aux Arabes d’une part et une patrie aux juifs d’autre part. Sous puissance britannique, la Palestine devient l’outil des impérialistes utilisés selon leurs intérêts personnels de domination dans l’échiquier mondial[8]. Dès la fin du 19iéme siècle, les Juifs sont établis un peu partout en Europe et majoritairement en Russie. Peu à peu, le mouvement sioniste[9] s’affirme. En effet, le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères adresse une lettre ouverte au Lord Lionel Walter Rothschild[10], personnalité de la communauté juive britannique et un des précurseurs du mouvement sioniste européen, qui rêve du retour de son peuple sur la Terre Promise. la Déclaration Balfour est signée. Elle prévoit l’établissement d’un « foyer national pour le peuple juif » ; première étape d’un processus de colonisation qui ne s’arrêtera plus et mène à la voie de la création de l’Etat d’Israël[11].

-1948-1967. La seconde guerre mondiale a fortement affaibli l’Angleterre, elle ne peut plus s’occuper de ses colonies indiennes et palestiniennes. Et ce sont les Etats-Unis qui vont reprendre le mandat de la Palestine à l’ONU, sous la présidence de Henry Truman. Il va conduire à la création d’Israël en 1948[12]. Les grandes puissances soutiennent cette idée d’élaborer un plan de partage qui comprendra un État juif et un État arabe. 15 mai 1948 est la date où toutes les troupes britanniques quittent la Palestine. Et pendant ce temps, le pays connaît successivement des attentats, des émeutes qui font monter la tension entre les communautés. Le plan de partage est donc adopté et déclenche immédiatement une guerre civile dans le pays. Le 14 mai 1948, David Ben Gourion[13] déclare l’Indépendance de l’Etat d’Israël à Tel-Aviv lors d’un congrès sioniste. Fort de leur indépendance, ce mouvement gouvernemental accélère le processus de colonisation. Ainsi, les Palestiniens vont tout perdre : maison, terre, emploi, vie. L’exode du peuple palestinien prend de l’ampleur sous la pression militaire de l’État d’Israël. C’est le début de la Naqba, qui signifie la catastrophe. La Ligue Arabe ( Egypte, Liban, Syrie, Irak et Jordanie) attaque sur plusieurs fronts Israël. La mauvaise coordination des Arabes va donner des opportunités au camp adverse pour franchir des territoires et ainsi les occuper. Les tactiques de guerres des Israéliens prennent le dessus sur les troupes arabes. Malgré des cessez-le-feu, l’état Israël s’impose sur les terres et étend ses colonisations.

-1967-1995. Les tensions se cristallisent face à la discrimination, à l’occupation, à la dispersion du peuple et à une forte conscience nationale incarnée par l’OLP[14]. L’Europe, quant à elle occulte la société palestinienne, jusqu’à ce que survienne l’invasion du Liban en 1982, la première Intifada en 1987, la guerre du Golfe en 1991 et le déclenchement du « processus de paix » avec la Conférence de Madrid. Et d’autres voies pour la paix vont se succéder. 

La stratégie du mouvement sioniste a permis d’organiser le « transfert », par la violence et l’intimidation, d’une population arabe plutôt pacifique, sans défense, abandonnée de tous. L’Histoire nous apprend à mieux comprendre la situation d’aujourd’hui. Normalement, elle nous apprend aussi à tirer les leçons du « plus jamais ça ». Mais les idéologies perfides des intérêts politiques prennent le dessus et sont le résultat de cette catastrophe humaine sans nom. Il est clair que les perdants de cette tragédie sont et seront toujours les peuples …

« Les choses étant ce qu’elles sont, la réalité palestinienne d’aujourd’hui, d’hier et très vraisemblablement de demain, s’est construite sur un acte de résistance à ce nouveau colonialisme étranger. »[15]

Najoua

[1] Article sur le site De la-croix.com, publié le 7 octobre 2023 sous le titre : « attaque du Hamas contre Israël : les condamnations internationales se multiplient ».

[2] Sur le site amnesty.be, le rapport écrit sous le titre « Israël et territoires palestiniens occupés – rapport annuel 2022 ».  le rapport peut être téléchargé sur le site amnesty.org. article du 2 mai 2023 sous le titre « Apartheid automatisé-comment la reconnaissance faciale fragmente, ségrégue et contrôle la population palestinienne dans les territoires occupés par Israël ».

[3] Association Euro Palestine dont la fondatrice Olivia Zemor milite depuis plus de 20 ans pour la libération du peuple palestinien, Le Front populaire de libération de la Palestine ( FPLP), l’organisation Health Work Committees, etc.

[4] Régime de ségrégation systématique d’une partie de la population qui ne dispose pas des mêmes droits. Ce mot a pris naissance en Afrique du Sud en 1913 entre les populations blanches et noires.

[5] Le journaliste, Michel Collon, fondateur du site Investigaction.be, auteur de plusieurs ouvrages :  «  Israël, parlons-en ! » , « La stratégie du chaos », « La gauche et la guerre » aux éditions investig’action. Pour en savoir plus : l’auteur a aussi traduit un ouvrage de Edward Herman et Noam Chomsky : « Fabriquer un consentement ».

[6] Pour en savoir plus : documentaire sur la chaine Histoire sous le titre « Palestine, promesses et trahisons ». ce documentaire historique nous plonge dans les sources de conflit israélo-palestinien, le jeu diplomatique ambigu des britanniques pendant la première guerre mondiale aurait favorisé l’émergence d’un climat explosif en Palestine. Un autre documentaire sur la chaine Histoire de Simon Bitton décrit la vie de 1880 à 1950 « Palestine : histoire d’une terre ».

[7] Article Jeuneafrique.com du 9 octobre 2023 « Guerre Israël-Hamas ». article sur le grandcontinent.eu du 12 oct. 2023 « les pays arabes et musulmans dans la guerre de Soukkot »[1] Pour en savoir plus : Livre de Ilan Pappé, « Le nettoyage ethnique de la Palestine ». Edition Fayard. Livre de Henry Laurens, « La question de Palestine » Tome 4. Edition Fayard. Vidéo : Histoire de la Palestine depuis la Bible/ Le dessous des Cartes ( 2001) sur la chaine Youtube Fab Cévennes / His-Geo-EMC-HGGSP /lycée

[8] Pour en savoir plus : documentaire sur la chaine Histoire sous le titre « Palestine, promesses et trahisons ». Ce documentaire historique nous plonge dans les sources de conflit israélo-palestinien, le jeu diplomatique ambigu des britanniques pendant la première guerre mondiale aurait favorisé l’émergence d’un climat explosif en Palestine. Un autre documentaire sur la chaine Histoire de Simon Bitton décrit la vie de 1880 à 1950 « Palestine : histoire d’une terre ».

[9] Doctrine et mouvement politique dont le but est la construction, la consolidation et la défense d’un Etat juif en Palestine. Il est appelé ainsi en référence à la colline de Sion de Jérusalem où fut érigée la citadelle de David.

[10] Britannique, homme politique, banquier ( 1868-1937)

[11] Pour en savoir plus : Edward W. Said, « La question de Palestine ». Edition Sindbad. Et « Comment le terrorisme a créé Israël » de Thomas Suarez. Edition InvestigAction.

[12] Documentaire sur le site VIDOC-Documentaires complets en français. Sous le titre « La création d’Israël, quand le monde bascule » posté le 10 octobre 2023.

[13] Homme d’état israélien, il est le fondateur de l’état d’Israël, dont il proclame l’indépendance le 14 mai 1948. Il fut premier ministre jusqu’en 1963.

[14] Organisation de Libération de la Palestine a été créé à Jérusalem en 1964, à l’inauguration de la Ligue des Etats Arabes. Elle prend son indépendance à partir de la guerre des 6 jours en 1967 et Yasser Arafat devient le président du comité exécutif en 1969.[1] Edward W.Said, « La question de Palestine ». Edition Sindbad.

[15]Edward W.Said, « La question de Palestine ». Edition Sindbad.

Maroc-Israël: une normalisation contestée par le peuple

Le 10 décembre 2020, Israël et le Maroc rétablissent leurs relations diplomatiques dans le cadre d’un accord trilatéral impliquant les États-Unis. Le royaume chérifien devient ainsi le quatrième pays arabe après les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan, à normaliser ses relations avec Israël. Si au sommet de l’État, cette décision est saluée, elle ne sera, par contre, jamais acceptée par le peuple marocain…

Cet attachement à la cause palestinienne n’est pas nouveau et est partagé par l’ensemble des pays arabes. Pour preuve, les manifestations en soutien au peuple palestinien sont celles qui rassemblent toujours un nombre considérable de personnes, parfois jusqu’à plusieurs millions à travers le monde.

Malgré une forte pression en faveur de la normalisation entre les pays arabes et Israël, des pays résistent, c’est le cas notamment de l’Algérie ou de la Tunisie qui refusent toujours d’établir des relations diplomatiques avec l’État hébreu. D’ailleurs, le drapeau palestinien accompagne très souvent leurs emblèmes nationaux lors de manifestations politiques ou d’évènements sportifs. Et le Maroc ne fait pas exception. Certains ont payé cher les critiques adressées au « makhzen[1]» jugé incapables de défendre les Palestiniens.

L’accord de normalisation entre Rabat et Tel Aviv a donc été perçu faussement comme la fin de la solidarité populaire à la cause palestinienne. Cette normalisation n’a jamais été acceptée par les Marocains dans leur ensemble, qui continuent à marquer leur attachement à défendre leurs « frères » victimes d’injustice. Pour preuve, la dernière Coupe du Monde au Qatar où de nombreux observateurs ont indiqué que la Palestine était la véritable gagnante de la compétition sans qu’aucun joueur palestinien n’ait foulé la pelouse qatarie. Et cela, grâce à la performance du Maroc qui n’a pas hésité à associer le drapeau noir, blanc, vert et son triangle rouge à sa victoire. Toutes ces manifestations d’amour envers la Palestine, ont montré qu’Israël ne sera jamais accepté par les Arabes tant qu’il demeurera une puissance occupante qui bafoue les droits humains les plus élémentaires.

La footballeur marocain Achraf Dari célèbre la qualification pour les demi-finales en brandissant un drapeau palestinien au stade al-Thumama de Doha. © EPA-EFE/Abedin Taherkenareh

Les avantages politiques obtenus par le gouvernement marocain en échange des droits des Palestiniens semblent dérisoires : la reconnaissance américaine de la revendication de Rabat sur le Sahara marocain. Cependant, la géopolitique mondiale semble plus que jamais remise en question : la supériorité des États-Unis et de l’Occident est de plus en plus contestée sur le continent africain. De nouveaux acteurs puissants, comme la Russie et la Chine, gagnent du terrain et fragilisent cet équilibre instauré depuis de (trop) nombreuses décennies

Israël, de son côté, souhaite bénéficier de l’immense zone marchande que représentent les pays arabes et espère en contrepartie en retirer toutes sortes d’avantages économiques mais tout en continuant à asservir les Palestiniens. Il est donc temps pour le Maroc et d’autres pays arabes de reconsidérer leur engagement en faveur de l’État hébreu au risque de payer cher les maigres consolations reçues en échange de cet énorme sacrifice consenti.

À l’occasion du deuxième anniversaire de l’accord de normalisation, des dizaines de milliers de Marocains ont manifesté à travers tout le pays (30 villes différentes) leur opposition à cette décision à travers un slogan : « le peuple veut abattre la normalisation ». Des protestations organisées par le Front marocain de Soutien à la Palestine et contre la Normalisation.

L’année 2022 a été particulièrement sanglante en Palestine. Elle est en passe de battre un nouveau triste record : l’année la plus meurtrière pour les Palestiniens de Cisjordanie depuis 2005…, selon l’envoyé des Nations-Unies pour le Moyen-Orient.

Ce mouvement populaire ainsi que tous ceux qui existent à travers le monde indique que la Palestine restera une lutte nationale au Maroc et dans d’autres pays arabes, et cela, malgré les décisions prises par des gouvernements prêts à sacrifier l’honneur et la justice sur l’autel de pauvres ambitions personnelles…

H.B.

[1] Le makhzen (مخزن) est un terme arabe désignant un entrepôt fortifié utilisé jadis pour le stockage des aliments, et qui a donné le mot magasin en français. Le makhzen désigne de façon spécifique et jusqu’à nos jours l’appareil étatique marocain.

Farha, un hommage à toute une nation

C’est l’histoire singulière d’une adolescente qui aspire à un autre avenir que celui qu’on lui destine. Nous sommes en 1948 dans un petit village de Palestine où Farha, jeune fille de 14 ans, rêve d’aller dans la grande ville pour étudier et devenir une femme instruite. Mais tout ne se passera pas comme prévu. Ce film pittoresque tourne au drame et nous fait basculer dans un événement historique du 20ième siècle.

En effet, Farha découvre la Nakba, la « grande catastrophe » en arabe. Pour la protéger de l’invasion des forces israéliennes, son père décide de la cacher et de l’enfermer dans un garde-manger. « Je reviendrai te chercher dès que possible ! » lui promit son père, le fusil en main.

Film dramatique d’1H30 qui nous fait revivre cette tragédie à travers les yeux de la jeune fille. N’ayant qu’un tout petit hublot qui lui permet de voir ce qu’il se passe à l’extérieur, Farha découvre l’horreur de cette guerre. La réalisatrice a réussi à nous emmener dans l’intimité de cette chambre et à vivre les émotions que vont traverser la jeune adolescente : les bruits assourdissants des tirs et des détonations, les cris d’effroi, la douleur dans les voix, la peur suffocante et inquiétante jusqu’aux mouches volant autour de sa nourriture, les bruissements des feuilles dans les arbres…Ainsi, la guerre fera partie de son parcours.

Toutes les émotions nous traversent : de la joie à l’espoir, de la peur à la douleur, de la vie à la survie !

Farha est un film touchant, émouvant, une histoire captivante. Nous vivons les mêmes évènements, les émotions sont partagées et le prénom de Farha, « la joie » en arabe résonne en nous tout au long du film. 

« Farha est l’histoire d’amitié, d’aspirations, de rite de passage, d’exil, de la survie et de la libération face à la perte, le tout vu à travers les yeux d’une jeune fille. »

Nommé aux Oscars de 2023 dans la catégorie film étranger, ce long métrage n’est pas au goût de tout le monde et notamment des autorités israéliennes, qui font pression sur la plateforme Netflix pour le soustraire de sa programmation. Cette rare représentation à l’écran de la violence israélienne contre les Palestiniens a été condamnée par les autorités israéliennes.

D’autant plus que Farha est inspirée de la vie d’une véritable jeune fille, Radiyeh, qui vivait en Palestine en 1948 et a été enfermée dans une chambre par son père pour la protéger de l’invasion d’Israël à l’époque…74 ans plus tard, c’est son histoire qui est sur le grand écran !

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​Najoua