Ils se relèveront…

Tu es couché, dos à terre. Tes frères dorment à poings fermés malgré la guerre qui éclate dehors.
Ta mère te donne dos, pleure en silence et implore notre Seigneur. Devant vous, elle donne l’image d’une femme forte, mais au fond d’elle, la peur la ronge.

Chaque matin et chaque soir, elle te répète de tenir tête à l’ennemi. Qu’un jour ou l’autre, ils seront punis car nous, on a ce qu’ils n’ont pas : Dieu est avec nous.

Un énième bombardement vient d’éclater. Alors que tu es dans tes pensées, ta demeure est visée. Derrière le viseur, un sans-coeur.
Avant même de réaliser, tu te retrouves sous les décombres.

Au-delà de l’expression, le ciel t’est vraiment tombé sur la tête. La douleur est trop forte, tu te sens partir… tu te dis c’est fini. Mon heure est arrivée.

Une lumière te brûle les yeux. Est-ce celle du paradis ? Heureux, tu ouvres les yeux. Et là, tu retombes en enfer. Autour de toi, les docteurs s’agitent, les mères prient, les pères crient…
Oui, tu as survécu à l’attaque. Mais perdu, tu ne sais pas si tu dois être heureux d’être encore en vie ou désespéré de ne pas être mort.

Après quelques heures seulement, on te demande de quitter les lieux. D’autres blessés sont en chemin et les places manquent. Alors tu prends sur toi, et tu quittes ce lit d’hôpital.

Dehors, toujours le même décor : les cris en guise de mélodie, les barrages formés par les chars en guise de paysage.

Sans famille, sans toit, tu déambules dans les rues de Gaza.
Quelque part au loin, perdu, tu trouves une école sous la protection de l’ONU.
Autant y aller, tu n’as plus rien à perdre, de toute manière, tu es déjà six pieds sous terre.

Plusieurs familles se sont réfugiées ici, tu repenses à cette fameuse nuit, où les tiens sont partis.

Une larme s’échappe, puis deux, un torrent de larmes s’ensuit…

De petites mains se posent sur tes joues et essuient ces perles qui coulent. Tu lèves les yeux, face à toi, un enfant qui te sourit à pleines dents.
L’espace d’un instant, tu oublies ta souffrance.

Mais à peine retrouves-tu une lueur d’espoir, que celle-ci laisse place au néant.

Le lendemain, dans tous les journaux occidentaux, on peut lire  » Tirs d’obus israéliens sur une école de l’ONU « . Ton corps ensanglanté est à la une d’Al-Jazeera. Tu viens de nous quitter. Ta perte nous laisse un goût amer.

Mais pour tout Palestinien tombé, dix se relèveront. Et pour dix Palestiniens tombés, cent se relèveront.
Et pour cent Palestiniens tombés, tous se révolteront.

Aujourd’hui, on est tous Palestiniens.

Noor T.

Ibn Battuta, le voyageur infatigable

Avec son histoire millénaire, Tanger est l’une des plus anciennes cités au monde. Elle a connu bien des invasions et fut longtemps un comptoir célèbre pour la circulation des hommes et des marchandises. 

C’est à Tanger qu’est né Mohammed bin Abdullah Al Lawati Al Tanji, plus connu sous son surnom, Ibn Battuta. Il naît en 1304 dans une famille de qâdis  (juges) berbères. Dès l’enfance, il étudie le Coran puis le Fiqh  (jurisprudence) malékite.  

A 21 ans, il décide d’aller accomplir le pèlerinage à la Mecque. Il quitte ses parents en 1325 et traverse l’Afrique du Nord en direction du Hijâz. À la fin de son pèlerinage, il ne rentre pas au Maroc mais continue à sillonner le monde. Une vocation est née chez lui et un grand amour du voyage.  Il fut un des premiers à envisager le voyage pour le voyage lui-même, donnant plus de valeur au voyage qu’à la destination finale. 

En 1326, il parcourt la Syrie, l’Irak et la Perse. De la Syrie il dira : «  Si le paradis est sur la Terre, c’est à Damas et nulle part ailleurs ». 

En 1331 il est en Égypte, ensuite en Anatolie, où il admire la position éminente dont jouissent les femmes kurdes dans leur société, puis en Inde.  

À travers ses voyages , il découvre un monde hétéroclite et multiple, où il se reconnaît néanmoins comme membre de la nation musulmane.  Il décrit parfois le sentiment de solitude et de l’éloignement de sa famille.  

En Inde, il se voit offrir la fonction de Qâdi et l’exerce pendant 7 ans.  

En 1341, il se remet en route vers les Maldives, puis la Chine et le Sri Lanka.  

En Chine, il découvre pour la première fois l’utilisation des billets de banque, alors inconnus en Europe et au Moyen-Orient.  

En 1349, la nostalgie et le mal du pays le gagnent et il retourne au Maroc après 24 années passées à sillonner le monde. Pour peu de temps cependant, car peu après, il repart. Al Andalous, Tombouctou, Ibn Battuta aura parcouru près de 120 000 km au cours de sa vie et traversé 44 pays sur 3 continents.  Souvent il se joint aux caravanes ou embarque sur des navires marchands.  

En 1354, il revient enfin au Maroc et réalise combien son pays lui est étranger. Il entreprend alors de le découvrir. 

 Sous l’impulsion du sultan marocain de l’époque, il dicte ses récits de voyage au secrétaire de la cour. Ses écrits, connus sous le nom de Ar Rihla  (  الرحلة ) sont un exemple type du carnet de voyage. 

Ibn Battuta y décrit ce qu’il voit, ses impressions et ses rencontres. Il fait connaître les mœurs de son époque, les traditions et modes de vie des peuples. Comme un historien des sociétés, il documente les cérémonies à travers les contrées.  Son récit de voyage est plus précis que celui de Marco Polo. 

Ses récits ont été largement étudiés par les géographes, les historiens et les ethnologues. Ils révèlent des détails, des anecdotes, des histoires sur le monde du 14ème siècle. Pour certaines régions du monde, comme le Mali et la côte Est de l’Afrique, ses récits sont les seuls dont nous disposons pour cette époque. 

Enfin sédentarisé et apaisé, Ibn Battuta meurt à Marakkech probablement en 1368, ou en 1377.  

Son récit de voyage, lui, a survécu, cristallisant dans les mémoires la soif d’un homme de découvrir le vaste monde et les hommes. 

Hayat Belhaj   

Fatima al-Fihri: Son héritage éternel

Fatima al-Fihri, descendante d’Oqba ibn Nafi, est née à Kairouan, en Tunisie, dans une famille Quraysh honorable. Dès son jeune âge, elle se montrait curieuse et perspicace, posant des questions profondes aux marchands qui venaient de tout l’Orient pour échanger avec son père. Orpheline de mère très jeune, elle perdit aussi sa nourrice, assassinée sous ses yeux par la milice. La ville de Kairouan était alors en proie à une crise politique très violente, et son père ne se sentait plus en sécurité.

Face à cette situation, la famille de Fatima dut fuir. Ils abandonnèrent tout, sachant qu’ils risquaient d’être tués s’ils restaient. Commence alors un périlleux voyage à travers le désert, une interminable traversée où ils durent échanger leur cheval épuisé et bien-aimé contre un chameau. Une nuit où ils étaient épuisés, le chameau disparut, emportant le peu de provisions qu’ils avaient. Désespéré, le père implorait Allah de les aider, la mort les guettait, les petites n’en pouvaient plus, la cadette suppliait son père de la laisser mourir et qu’ils avancent. Une tribu nomade les accueillit et un sage, voyant un grand avenir en Fatima, conseilla à la famille de continuer leur chemin. Un avenir prometteur attendait cette jeune fille.

Ils arrivèrent finalement à Fès, à une période où le Maroc était sous le règne des Idrissides, une dynastie descendant du prophète Muhammad. Lentement, le père de Fatima retrouva une stabilité financière en tant que marchand. Fatima grandissait et rêvait davantage ; son souhait était que Fès soit un centre de savoir où les connaissances de l’Orient et de l’Occident se rencontreraient. Elle nourrissait également le rêve de correspondre avec Al-Kindi, l’un des plus grands philosophes arabes, et grâce à sa persévérance, elle parvint à échanger des lettres avec lui.

Fatima al-Fihri épousera Chams, un riche jeune homme qui soutenait ses ambitions intellectuelles. Ensemble, ils partagèrent une vie de bonheur jusqu’à la mort prématurée de Chams, laissant Fatima avec une fortune considérable et deux garçons. Elle les éleva dans l’amour de la connaissance, mais cette même passion les éloignera d’elle, car ses fils rêvaient à leur tour de se rendre à Bagdad, de s’immerger dans les sciences et de rencontrer les éminents savants de l’époque.

Bien que profondément attristée, elle décida de réaliser son rêve de créer une université. En 859, avec l’aide de sa sœur, elle investit dans un quartier entier de Fès et entreprit la construction de l’Université de Karaouine. Sa sœur finança la construction de la mosquée andalouse, et la ville de Fès devint un véritable carrefour culturel et intellectuel, échangeant entre musulmans, chrétiens et juifs.

Fatima, aussi surnommée Oum Al-Banine (ce qui veut dire “mère des enfants” en Arabe), consacra sa vie à la bienfaisance, libérant des esclaves et versant des bourses incessantes aux étudiants. La ville de Fès, grâce à son influence, devint un centre de savoir renommé. Cependant, la perte de son père et de sa sœur la plongea dans une profonde tristesse. Mais elle continua à se dévouer à sa mission, convaincue que Fès devait rivaliser avec la Maison de la Sagesse de Bagdad.

En vieillissant, elle décida de réaliser son pèlerinage à La Mecque. Une fois installée dans sa tente, elle crut reconnaître Chams, son défunt époux ; il avait la même démarche, la même corpulence, le même visage. Elle hallucinait. En sortant de sa tente, elle se rendit compte que c’était son fils, portant une ressemblance frappante à son père. Après des années de séparation, ils se retrouvèrent, mais Fatima sentait ses forces décliner.

Sur le chemin du retour, elle souhaita revoir Kairouan, mais les douloureux souvenirs l’en dissuadèrent. Elle demanda alors de retourner à Fès, où elle s’éteignit en hiver 880, après un dernier regard porté sur la montagne vue depuis la ville qu’elle avait tant aimée. Toutes les petites ruelles menaient à cette grande université qu’elle avait construite, et elle rayonnait désormais au cœur de Fès, cette terre aimante et accueillante.

Aujourd’hui, l’Université de Karaouine, fondée en 859, demeure un symbole de l’engagement de Fatima al-Fihri pour l’éducation et le savoir. Son histoire inspire des générations, rappelant que même en temps de crise, la détermination et la foi peuvent bâtir des institutions durables et respectées mondialement. Fatima al-Fihri était visionnaire et avait de grandes ambitions ; elle n’hésitait pas à rêver grand et par la grâce du Créateur, elle y est parvenue… Et vous, quel est votre projet de vie ?

Hana Elakrouchi

Où sont passées nos femmes ?

Pour que la population se renouvelle d’elle-même, on estime qu’une femme belge (et européenne) doit donner naissance à au moins 2.2 enfants, sans quoi on assisterait à un déclin de la population belge (et européenne) si des mesures ne sont pas prises pour contrer cet effet.

En 2011, la moyenne de naissance par femme belge (européenne) était de 1.8 enfants contre 1.5 (1.4) en 2022.

En Belgique (et en Europe) on assiste à une diminution du taux de natalité plutôt qu’une augmentation.

Entre 2011 et 2021, la Belgique connait une diminution de 11.6% du nombre d’enfants par femme.

Au sein même de l’Union européenne, nous constatons des disparités très importantes.

Qu’est ce qui justifie cette diminution ? 

La terre compte 8 milliards d’êtres humains dont 49.6% d’hommes et 50.4% de femmes.

Et si la Femme ne constitue que la moitié de la population mondiale, il n’en reste pas moins que c’est bien cette même moitié qui donne naissance à l’autre. La Femme joue clairement un rôle essentiel et primordial dans cet objectif.

Elle représente donc directement ou indirectement les 100% de la population mondiale.

Ainsi, pour comprendre cette diminution du taux de natalité, il faudrait analyser l’évolution du statut de la Femme dans les sociétés, ses relations avec le sexe opposée, ses considérations au travail et l’évolution de ses aspirations. 

Le concept de féminisme a profondément changé ces derniers siècles.

En effet, la place qu’occupe la Femme aujourd’hui peut nous éclairer sur la diminution du nombre de naissance. On peut citer quelques facteurs (d’une liste non exhaustive) de cette évolution :

  1. Introduction de la pilule (1956) : La pilule permet à la femme de mieux réguler ses règles et de contrôler ses grossesses. La contraception a joué un rôle dans la diminution du taux de fécondité (à distinguer du taux de natalité, car toutes les grossesses ne donnent pas naissance à un bébé viable).
  2. Autorisation de l’avortement : L’interruption de grossesse ne favorise pas les naissances.
  3. Émancipation de la femme et égalité homme/femme : La femme investit le monde du travail et a moins de temps à consacrer à la famille. Aujourd’hui, en Belgique, deux salaires sont souvent nécessaires pour vivre décemment.
  4. Confiance et affirmation : La femme ose s’affirmer dans ses relations matrimoniales et demander le divorce, ce qui a conduit à une augmentation des divorces et une diminution des naissances.
  5. Le coût de l’éducation (et donc d’un enfant) : Le coût élevé de l’éducation peut dissuader certains d’avoir des enfants ;
  6. L’augmentation des perturbateurs endocriniens :  sont des substances chimiques qui peuvent interférer avec le système hormonal des organismes vivants. Ces substances sont présentes dans de nombreux produits de la vie quotidienne, y compris les plastiques, les pesticides, les produits de soin personnel et les produits ménagers. Les perturbateurs endocriniens peuvent avoir des effets néfastes sur la santé humaine, notamment en influençant la fertilité et le développement reproductif. Les perturbateurs endocriniens peuvent affecter la fertilité en perturbant la production et la régulation des hormones sexuelles telles que les œstrogènes et la testostérone. Chez les femmes, cela peut entraîner des troubles de l’ovulation, des cycles menstruels irréguliers et une diminution de la qualité des ovules. Chez les hommes, ces substances peuvent réduire la production de spermatozoïdes, altérer leur motilité et augmenter le risque de malformations des spermatozoïdes. L’exposition aux perturbateurs endocriniens pendant la grossesse peut avoir des effets à long terme sur le développement du fœtus. Des études ont montré que ces substances peuvent entraîner des anomalies du développement sexuel, des malformations congénitales et une susceptibilité accrue à certaines maladies plus tard dans la vie. Par exemple, l’exposition à certains phtalates et bisphénols est associée à des modifications du développement des organes reproducteurs chez le fœtus.
  7. La perception de notre monde s’est dégradée : certains souhaiteraient avoir des enfants mais sont réticents d’en avoir dans un monde où le changement climatique et la surpopulation prennent de plus en plus de place dans les débats publics.
  8. Le transhumanisme : ce courant qui paradoxalement vise à terme « vaincre » la mort.

Chaque point, évoqué ci-dessus, mériterait qu’on lui consacre un sujet à lui seul.

Cependant, on peut se demander si tous ces facteurs font partie d’un plan délibéré pour réduire la population mondiale. Et si ces 9 points étaient en réalité des solutions au problème de la surpopulation plutôt que des obstacles à l’augmentation du taux de natalité ? Est-il exagéré de penser que des maladies comme le Corona, ou des distractions comme Netflix, visent à contrôler la population ? Des guerres créées pour réduire la population, et des réformes éducatives pour influencer les jeunes (comme le plan Evras), sont-elles des instruments de ce plan ?

Et si Davos, rassemblant les 1% privilégiés, était au cœur de ce plan ?

Et pourtant, jadis, un homme, le meilleur de l’Humanité et de tous les temps a mis en garde dans son dernier sermon sur l’importance de la sacralité de la vie et des biens, de la justice, de l’abandon de l’usure et de la place de la Femme… 

C’est ainsi qu’on comprend mieux pourquoi le Muslim bashing prend de plus en plus de l’importance dans une société qui se recherche et ne sait plus quelle direction prendre. Il faut travestir la Vérité.

L’importance de son message, la clairvoyance de ce testament raisonne encore aujourd’hui. Et si l’humanité avait appliqué ses conseils?

Nelm

Le Muslim Bashing ou le refus du « succès musulman »

Le terme « Muslim bashing » désigne le dénigrement systématique et souvent virulent des musulmans en raison de leur religion (apparente ou supposée). Ce phénomène s’est intensifié ces dernières années, alimenté notamment par des discours politiques polarisants, des médias sensationnalistes et des préjugés coloniaux ancrés. En Belgique, plusieurs personnalités publiques ont été affectées par ce phénomène : l’ingénieure Ihsane Haouach, le fondateur de MolenGeek Ibrahim Ouassari ou encore récemment le député Fouad Ahidar. 

Le Muslim bashing n’est pas seulement un problème de discrimination individuelle, mais un enjeu sociétal qui affecte la cohésion sociale et qui impacte la perception des musulmans de manière générale dans la société civile. 

Les origines du Muslim bashing

Plusieurs éléments peuvent expliquer l’apparition de ce phénomène : l’Histoire coloniale, tout d’abord. Les politiques coloniales ont souvent exploité les différences religieuses pour diviser et gouverner. Cette histoire a laissé un héritage de méfiance et de stéréotypes qui perdurent jusqu’à aujourd’hui. Deuxième élément, le terrorisme et la sécurité. Les actes de terrorisme commis par des extrémistes ont conduit à une généralisation injuste de l’ensemble des musulmans. Cet amalgame renforce la peur et le rejet de l’islam et de ses partisans de manière plus globale. A cet effet, le cas d’Ihsane Haouach est très révélateur. En 2021, l’entrepreneuse sociétale de 38 ans est nommée commissaire du gouvernement auprès de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. Une nomination qui suscite de nombreux remous malgré un cv en béton. Attaquée de toutes parts, elle finit par démissionner six semaines seulement après sa nomination… En troisième lieu, les discours politiques. Certains politiciens utilisent le Muslim bashing comme un outil pour gagner des voix en exploitant les peurs et les préjugés. Cela est particulièrement visible dans les discours populistes et nationalistes et en période électorale ou de négociation pour la formation d’un gouvernement. Un exemple d’actualité concerne le député Fouad Ahidar et sa liste qui a remporté un succès inattendu lors du scrutin du 09 juin dernier. Partisan de la liberté de culte, il est accusé de vouloir «  imposer la charia » en Belgique, est présenté comme « un parti religieux », une liste « islamique »,… Ses vingt ans d’engagement en politique notamment en tant que président du Parlement de la communauté flamande à Bruxelles et vice-président du Parlement bruxellois ne pèseront pas dans la balance… Enfin, en quatrième lieu, les médias sensationnalistes. Les médias jouent un rôle clé en amplifiant les incidents impliquant des musulmans tout en négligeant les contextes plus nuancés. Cette couverture déséquilibrée contribue à la stigmatisation. Les mea culpa, rares, n’arrivent qu’une fois le mal occasionné. 

Conséquences du Muslim bashing

Les répercussions du Muslim bashing sont multiples et profondes : discriminations, exclusions, violences, harcèlement,… De nombreuses réputations sont aussi durablement entachées et le travail fourni durant toute une vie est réduit à néant en quelques minutes. Ibrahim Ouassari, fondateur de MolenGeek a ainsi été étiqueté de « Frères musulmans ». L’affaire a été portée en justice par l’intéressée mais celle-ci ne lui a pas donné gain de cause en raison notamment de « la présence importante  de jeunes filles portant le foulard » et qui suivent les formations dispensées par cet écosystème technologique. Une décision qui interpelle. Néanmoins, l’apparition de musulmans qui revendiquent cette part de leur identité à des positions stratégiques contribuent à accentuer un sentiment de méfiance et de peur de la part d’une certaine frange de la population. Il est aujourd’hui essentiel de continuer à mener ce combat malgré les conséquences. Un combat qui permettra aux futures générations d’assumer pleinement leur religiosité et leur citoyenneté. 

H.B. 

La désobéissance civile, une sonnette d’alarme de nos sociétés ?

De New York à Boston, en passant par Chicago et Atlanta, un mouvement d’étudiants américains prend de l’ampleur et traverse les frontières. Certaines des universités les plus prestigieuses au monde sont concernées, telles que Harvard, Yale, Columbia, ou Princeton. Des tentes fleurissent sur les campus, marquant la détermination des étudiants. Ces mobilisations se poursuivent en Europe et au-delà: Canada, France, Belgique, Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Australie… Puis ils sont délogés[1], par des policiers lourdement équipés, à la demande de la direction des universités. Les revendications des étudiants : cesser toutes relations académiques avec les institutions israéliennes et un cessez le feu immédiat et permanent en Palestine[2].

Quand le dialogue est rompu, quand la pensée unique est reine, quand les gouvernements mettent en danger les valeurs et principes moraux qui font loi dans une civilisation humaine, manifester devient un devoir. C’est ce qu’on appelle la désobéissance civile.

La désobéissance civile, qu’est-ce que c’est ?

C’est une forme de résistance pacifique par laquelle des civils non armés utilisent des techniques comme les manifestations ou le boycott (ou d’autres formes de non coopération massive) pour obtenir le changement : sorte d’objection de conscience.

Ce refus affiché d’obéir à certaines lois permet d’attirer l’attention du public et d’influencer la législation ou la politique gouvernementale.

Les principes de la désobéissance civile ont été conceptualisés pour la première fois par Henry David Thoreau dans son essai La Désobéissance Civile. Il l’a écrit suite à son refus de payer une taxe gouvernementale collectée pour financer la guerre contre le Mexique. Thoreau était aussi opposé à l’esclavagisme des États du Sud, et indigné par le traitement que subissaient les peuples. 

« La soumission aux lois iniques peut constituer un crime ; la désobéissance devient alors un devoir envers soi-même, en même temps qu’un devoir civique. Le citoyen doit-il un seul instant, dans quelle que mesure que ce soit, abandonner sa conscience au législateur ? Pourquoi alors chacun aurait-il une conscience ? Je pense que nous devons d’abord être des hommes, et sujets ensuite. Le respect de la loi vient après celui du droit. » [3]

Aussi, l’auteur insiste bien que son appel à la désobéissance civile a pour objectif la création d’un pays plus juste et non celui d’un pays plongé dans un chaos général au détriment de l’homme. D’ailleurs, les grandes figures de la désobéissance civile, Gandhi[4] et Martin Luther King[5], ont précisément eu des vies marquées par le souci de paix, de justice, d’égalité et de dignité.

La désobéissance est dite « civile », d’abord, parce qu’elle est le fait de « citoyens » : ce n’est pas une rupture de citoyenneté, ni un acte insurrectionnel. Il s’agit d’une manifestation de « civisme » au sens fort : volonté d’œuvrer pour l’intérêt général, même au prix de risques personnels. Le fait que la désobéissance civile soit nécessairement publique, et recherche même la médiatisation la plus forte (ce qui la distingue nettement de l’infraction criminelle), s’inscrit dans ce même registre du civisme : l’acte vise à éveiller la conscience des autres citoyens, à susciter un débat.

Huffington Post

Publique, pacifique et conséquente

Un acte public, une action pacifique et l’acceptation des conséquences sont les trois grandes règles qui caractérisent la désobéissance civile.

Ce concept, de façon plus contemporaine, a été précisé par le philosophe John Rawls dans La Théorie de la Justice (1971). Il le définit comme :

« un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement. En agissant ainsi, on s’adresse au sens de la justice de la majorité de la communauté et on déclare que, selon une opinion mûrement réfléchie, les principes de coopération sociale entre des êtres libres et égaux ne sont pas actuellement respectés ».[6]

Agir pour plus de justice entre les humains, s’indigner face aux choix politiques qui pèsent sur l’avenir des peuples, mettre en premier plan l’humain, avoir une conscience, prendre ses responsabilités… tous ces préceptes sont toujours d’actualité. 

Les manifestations pro-Palestine deviennent aujourd’hui un véritable plaidoyer en faveur de la liberté et de la justice : libre de manifester, de protester, d’exprimer, de se réunir, de s’opposer aux décisions immorales des gouvernements. 

Quand le débat est rompu avec les instances de l’État, la désobéissance civile reste le dernier recourt pour se faire entendre, bien qu’il existe un large panel de modes d’expression (droit de vote, grèves, luttes syndicales…), il serait intéressant de comprendre pourquoi en démocratie, la désobéissance civile est pratiquée afin d’obtenir une revendication. 

Une universitaire américaine, Erica Chenoweth[7], s’est penchée sur cette question. Elle a analysé et étudié les campagnes non violentes dans le monde entre 1900 et 2006 (campagnes visant le renversement d’un gouvernement ou la libération d’un territoire), et ses résultats sont sans appel : ces campagnes ont deux fois plus de chance de réussir entièrement que les insurrections armées. C’est le pouvoir des peuples qui fait que la résistance civile est plus efficace que la lutte armée.

Alors, peut-on dire qu’une société et un État démocratique (gouvernements, tribunaux et polices) devraient reconnaître explicitement la légitimité de la désobéissance civile ? Même si l’application en serait complexe et dérangeante pour les autorités, et la pratique délicate et exigeante pour l’objecteur, c’est peut-être cela agir en citoyen, agir selon ses principes et ne pas hésiter à s’opposer à la majorité silencieuse…

Najoua


[1] Article de BBC Afrique : « Columbia, Harvard, Emory : Comment les manifestations contre la guerre contre Gaza se sont propagées dans les principales universités américaines », rédigé par Max Matza, publié le 3 mai 2024 sur le site de www.bbc.com/afrique/articles/cn0w1xnl4x4o

[2] Article de TV5Monde : « Manifestations propalestiniennes : la plus importante mobilisation sur les campus américains du XXIième », rédigé par Maya Elboudrari, publié le 29 avril 2024. www.information.tv5monde.com

[3] Auteur et penseur américain 1817-1862. Civil Desobedience, 1849

[4] Le 11 septembre 1906, Gandhi rassemble 3 000 personnes dans le Théâtre Impérial de Johannesburg pour leur faire prêter un serment de désobéissance. Pour cela il est emprisonné pour la première fois en 1907. C’est lors de son second séjour en prison qu’il découvre le travail de Henry David Thoreau. Plus tard, Gandhi développe sa propre conception de la désobéissance à travers le concept de satyagraha (la Voie de la Vérité), afin de s’insurger activement contre l’apartheid en Afrique du Sud et contre la politique colonialiste du Royaume-Uni en Inde. Le 17 mars 1930 Gandhi lance la Marche du Sel, direction Jabalpur, 300 kilomètres de périple. À ce moment-là, l’Empire britannique a le monopole du marché du sel, ce qui lui permet d’empocher chaque année 15 millions de franc-or, une somme colossale destinée à financer les troupes d’occupation coloniale. Des centaines de personnes arrivent à Jabalpur le 6 avril. Gandhi ramasse du sel et le vend aux enchères pour 425 roupies (une somme pour l’époque). Au total 50 000 personnes défient les autorités en récoltant du sel et beaucoup subissent des violences ou sont jetés en prison. Cela n’affaiblit en aucun cas la détermination des désobéissants et quelques semaines après le gouvernement cède son monopole.

[5] Martin Luther fut le leader du mouvement pour les droits civiques des noirs (The Civil Right Act) aux États-Unis, et lui aussi a adopté la désobéissance civile pour faire valoir ses revendications. C’est ainsi qu’il soutient le boycott des bus à Montgomery (Alabama) en 1955, qui a commencé lorsque Rosa Parks a refusé de laisser son siège à une personne « blanche ». Il est d’ailleurs arrêté lors de cette campagne. Ce qui n’affaiblit pas la détermination du pasteur et de ces partisans, puisqu’au final la Cour Suprême des États-Unis met hors la loi la ségrégation raciale dans les bus, les restaurants, les écoles et tous les autres lieux publics.

[6] Publié le 24 octobre 2019- https://youmatter.world/fr/definitions/desobeissace-civile-definition. Mise à jour le 25 mars 2024.

[7] Voici sa conférence sur TedXBoulder, sur YouTube : « The success of nonviolent civil resistance », novembre 2013.

Insouciance quand tu nous tiens…

Lundi 27 mai 2024

Sarah : Dis-moi, qu’en penses-tu ? Tu me conseilles la bleue ou la rouge ? J’ai une réunion importante avec mon boss aujourd’hui.

 Nuit meurtrière à Gaza : Israël a frappé un camp de déplacés à Rafah qui a fait au moins 45 morts selon les dernières informations. 

Hajar : Quoi ? !

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme s’est dit horrifié lundi par les nouvelles pertes de vies civiles. Les victimes étaient des personnes déplacées vivant dans des tentes qui ont été la proie des flammes ; beaucoup étaient des femmes et des enfants.  

Sarah : Oui, je me disais bien. Bleu, rouge… trop tendancieux en cette période électorale. 

Tu peux juste zapper pour voir la météo ?

Les images provenant du camp sont horribles et n’indiquent aucun changement apparent dans les méthodes et les moyens de guerre utilisés par Israël, qui ont déjà causé la mort de tant de civils. 

Hajar : Aucun changement apparent en effet…

Nous étions tranquillement assis lorsque, tout à coup, nous avons entendu une explosion. 

Sarah : Ah oui ? Toujours aussi pluvieux ? Je n’en peux plus de ce temps de déprime.

C’était si soudain. Les bombes sont tombées sans avertissement, raconte une survivante de l’attaque.

Hajar : Ça tombe sans avertissement…

Nous avons vu des tentes en feu et avons ensuite dû récupérer des parties de corps et des enfants morts, explique la jeune fille. 

Sarah : Mais c’est bien là, le problème. Hier, la pluie n’était pas prévue et soudainement, le déluge !

Des images insoutenables circulent sur les réseaux. On y voit des bébés décapités. 

Hajar : Mon Dieu !

« Les autorités sanitaires se sont déclarées dépassées par la quantité et le type de blessures, et ont déclaré que les médecins ne pourront pas soigner tout le monde. »

Sarah : C’est exactement ce que j’ai dit quand j’ai vu cette pluie s’abattre aussi soudainement sans crier gare…

Il faut savoir qu’un seul hôpital demeure opérationnel à Rafah en raison de la destruction par Israël du système de santé à travers toute la bande de Gaza. 

Hajar : Que faire alors… ?

Depuis le début de la guerre, MSF a été le témoin d’attaques systématiques contre les structures médicales et civiles.

Sarah : Prendre son mal en patience. Que veux-tu faire d’autre ? Comme dit le dicton : « après la pluie le beau temps. » C’est le cas de le dire ! 

Et la veste ? Tu n’as pas répondu. Tu me conseilles laquelle ?

« Les autorités sanitaires ont demandé en toute urgence l’aide de la Croix-Rouge International… »

Hajar : La Croix-Rouge… oui…

Sarah : Finalement, tu préfères la rouge ? Ok, va pour la rouge. Bon je te laisse. Souhaite-moi bonne chance. A moi les nouveaux projets !

Hajar : ………………………………………………

Insouciance quand tu nous tiens…

                                     L.M.

Une parole inégalée

Le Coran Sublime est un miracle d’éloquence et de précision.  Par le style et par le contenu, il reste à jamais inégalable. Les locuteurs arabophones ont le privilège de pouvoir apprécier toute sa richesse et sa subtilité. Et si traduire, c’est toujours trahir, il reste aux non-arabophones d’autres moyens de goûter à la saveur du message coranique. 

Le récit coranique est ponctué de paraboles. Une parabole est un procédé de narration qui utilise un élément concret ( par exemple un objet) pour symboliser une notion abstraite. 

Nous en trouvons un bel exemple au verset 103 de la sourate Al ‘Imrân : 

Et cramponnez-vous tous ensemble au « Habl » (câble) d’Allah et ne soyez pas divisés; et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous: lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères. 

Allah ‘azza wa jal exhorte ici les croyants à s’accrocher fermement et tous ensemble à quelque chose qui les sauvera de la perdition. Cette chose, que Le Créateur appelle « habl » ou «  corde »  est, selon la majorité des savants,  le Coran lui-même. Selon d’autres savants, il s’agirait de la religion toute entière, voire de la Ummah, la communauté.  

Ce qui fait la solidité d’une corde, c’est qu’elle est composée de plusieurs fils tressés ensemble. En effet, il est facile de rompre un fil  ou un lacet unique. Toutefois si vous prenez plusieurs fils tressés ensemble pour essayer de les rompre vous aurez beaucoup  plus de mal.  

La corde est utilisée pour rassembler des éléments qui autrement se disperseraient. Également, la corde permet de hisser vers le haut la personne qui se sent glisser le long d’une paroi. La corde possède aussi une force de traction qui permet de déplacer des objets lourds et d’aller loin avec. Enfin, il est étonnant de constater qu’un gros cordage peut suffire à  amarrer un bateau, c’est-à-dire le maintenir à quai et l’empêcher de dériver.  

La comparaison du Livre d’Allah avec la corde nous apparaît ainsi au grand jour. La vie d’ici-bas s’apparente parfois à un pont surmontant un gouffre de tous les dangers qui ne demande qu’à engloutir le voyageur imprudent. Si nous nous agrippons ensemble au Coran, et veillons à en respecter les enseignements tout en incarnant ses valeurs, nous serons fermes sur nos pas et unis. Nous serons moins vulnérables aux dangers et plus efficaces dans nos réalisations. Pouvoir compter sur le groupe et avoir un allié dans chaque membre de la communauté serait un formidable moteur vers la réalisation de nos projets et ambitions pour cette vie et pour l’autre. Surtout, une union autour de la parole divine assainirait la société des maux et des vices qui pullulent dans un groupe qui a abandonné le Coran. 

Les membres des tribus médinoises dont il est question dans le verset, les Aws et les Khazraj, se sont découverts frères après des décennies d’hostilités.  En se cramponnant fermement au message d’Allah transmis par notre bien aimé Prophète, ce « habl »,  ils ont tissé la fraternité qui serait ensuite le socle solide d’une nouvelle communauté saine et vertueuse.  

Hayat Belhaj  

Cultiver les champs de la vie : un engagement d’amour et de sagesse

« Celui qui désire cultiver le champ de la vie future, Nous augmenterons pour lui sa récolte. Celui qui désire uniquement cultiver le champ de la présente vie, Nous ne lui accorderons que quelques miettes ; mais il n’aura pas de part dans l’au-delà. » Sourate 42, verset 20

Dans la vaste étendue de la vie, un verset résonne comme un doux rappel, une mélodie céleste qui nous guide à travers les méandres de notre existence. Allah nous enseigne que nous ne pouvons pas simplement être des spectateurs passifs dans ce grand théâtre de la vie, mais plutôt des jardiniers dévoués, prêts à cultiver les terres fertiles qui nous ont été confiées, dignes d’un Khalifa.

Imagine un instant l’agriculteur qui possède des hectares de terre, un potentiel immense entre ses mains, puisqu’il pourrait bénéficier de tonnes de fruits et/ou de légumes, mais qui choisit de ne rien en faire. Une image saisissante, n’est-ce pas ? Allah, dans Sa bonté infinie, t’a doté de capacités similaires.

Cultiver ce champ, c’est bien plus qu’une simple tâche agricole. C’est un engagement profond à préparer la terre, à surveiller attentivement les progrès et à récolter les fruits avec gratitude. C’est aussi respecter les lois universelles de la vie, afin que notre culture puisse s’épanouir de la meilleure des façons.

Avancer dans la vie demande parfois de changer notre façon de faire les choses. Nous sommes souvent pressés, impatients, et parfois aveugles aux signes que le Créateur place sur notre chemin. Nous pouvons même confondre Sa volonté avec nos propres désirs. « Nous ne lui accorderons que quelques miettes ; mais il n’aura pas de part dans l’au-delà. » Ce passage évoque deux notions essentielles dans nos préceptes islamiques : celle de l’effort et de la récompense.

Si tu choisis de rester stagnant, de ne pas t’engager dans la vie, de ne pas cultiver tes talents et tes qualités, tu peux obtenir que quelques gratifications superficielles de ce monde. Mais sur le plan spirituel, sur le chemin vers l’au-delà et vers la récompense éternelle, tu resteras en arrière, privé de la véritable abondance et de la plénitude que Dieu réserve à ceux qui s’efforcent de Le connaître et de Le servir.

C’est une mise en garde contre la complaisance et l’immobilisme. C’est un appel à l’action, à la recherche constante de l’amélioration de soi et de la connexion avec Allah, afin de mériter pleinement les bénédictions de cette vie et de l’au-delà.

Mais souviens-toi, que lorsque nous nous engageons pleinement dans cette démarche, lorsque nous mettons nos efforts avec amour et dévotion, le Tout-Puissant promet d’augmenter encore davantage ta récolte. Alors, je t’invite à te mettre en action, à étudier ton champ avec attention, à être stratégique dans tes choix. Ne reste pas là à observer les autres, lorsque tu as le pouvoir de produire tout autant, voire plus. Que ton action soit guidée par la bienveillance, l’amour et le désir sincère d’aider ceux qui en ont besoin. Et n’aie aucun doute, Allah multipliera ta productivité au-delà de tes espérances.

Dans cette douce symphonie de la vie, puisses-tu trouver la force, la paix et la sagesse nécessaires pour cultiver avec amour les champs qui te sont confiés.

Avec tout mon amour,

Hana Elakrouchi

La Belgique, 4ème pire pays dépensiers dans la zone Euro

Selon les données fournies par Eurostat, la Belgique est le 4ième pays européen (après l’Italie, la Finlande, et la France)  qui a la plus grande dépense publique. La Belgique se positionne clairement comme un très mauvais élève. 

En 2023, les dépenses publiques ont augmenté de 5.2% par rapport à 2019 : elles passent de 51.9% du PIB en 2019 à 54.6% du PIB en 2023.

Tableau des dépenses publiques en 2023

Que sont les dépenses publiques et qu’est ce qui coûte donc aussi cher à la Belgique ?

En 2022, la protection sociale constitue 38% de la dépense publique, suivie par les dépenses liées à la santé (15%) et les services généraux et affaires économiques (12% chacun).

[1]

Cette augmentation de dépenses publiques devrait-elle inquiéter ?

Elle devrait inquiéter si les recettes publiques ne subissent pas, au minimum, une augmentation identique à celle des dépenses publiques.

Que sont donc les recettes publiques ?

Les recettes belges sont de deux sortes :

Les recettes fiscales et les recettes non-fiscales

  • Les recettes fiscales sont les sources de revenus de l’Etat issues des impositions directes et indirectes telles que la taxe de (mise en ) circulation, l’eurovignette, taxe sur les jeux et paris, précompte (im)mobilier, douanes, accises, Tva et droits d’enregistrements…
  • Les recettes non fiscales sont issues, en grande majorité, d’amendes.

Or, les recettes publiques ont augmenté de 49.9% du PIB en 2019 à 50.1% en 2023 du PIB.

Cette augmentation de +0,4 % du PIB s’explique par le raffermissement des cotisations sociales (+0,3 % du PIB), à la suite de l’indexation des salaires, et des intérêts perçus (+0,2 % du PIB).

Tableau des recettes publiques belges en 2023 dans la zone Euro :

[2]

Est-ce que cette augmentation des recettes suffit pour couvrir l’augmentation des dépenses publiques ?

L’augmentation des recettes publiques de 0.4% ne suffit pas par rapport à celle des dépenses publiques (5.2%). Cette croissance de recettes ne suffit pas car celle des dépenses est bien plus grande.

La différence (négative) est dite déficitaire et on parle dans ce cas de déficit public.

Dans le cas où l’inverse aurait été vrai c’est-à-dire si les recettes publiques belges avaient été supérieures aux dépenses publiques belges, la différence aurait été qualifiée d’excédent budgétaire. 

Tableau du déficit ou excèdent publiques en 2023

[3]

Cette augmentation du déficit publique belge est liée aux mesures politiques, du coût du vieillissement et de l’alourdissement des charges d’intérêts.

Lorsqu’on mentionne les coûts de vieillissement, on fait surtout référence aux coûts liés à la pension.

Lorsqu’on mentionne les charges d’intérêts, on vise, par-là, les taux d’intérêts qui s’appliquent sur la dette que l’Etat a contractée (auprès de la BCE (surtout en période de Covid)).

Quelle est la conséquence ?

L’augmentation de la dette publique est une conséquence presque inévitable à ce déficit ce qui positionne la dette publique belge en 5ième position dans la zone euro. Ceci impliquera fatalement un assainissement des finances publiques.

[4]

Quel impact sur vous, sur moi et le citoyen ?

Vous l’avez deviné, l’impact est que c’est surtout vous et moi qui paierons les notes liées aux décisions de nos politiques budgétaires.

Vous vous dites certainement que vous n’avez aucun pouvoir sur ces prises de décisions.

Et bien vous vous trompez car c’est bien votre vote qui sera décompté le 9 juin lorsque vous voterez pour le parti que vous aurez choisi.

Ne renoncez pas à votre parole et exprimez vos attentes en allant voter.

Si vous ne le faites pas, ce sont les autres qui décideront pour vous et personne ne fera de cadeau à notre portefeuille.

Nelm


[1] https://economie.fgov.be/fr/themes/entreprises/tableau-de-bord-de-la/resultats-de-la-competitivite/finances-publiques#:~:text=Dette%20publique%20%2D%20proc%C3%A9dure%20de%20d%C3%A9ficit%20excessif%20(en%20%25%20du%20PIB)&text=Les%20pr%C3%A9visions%20d’automne%20de,estimation%20pr%C3%A9c%C3%A9dente%20en%20mai%202023.

[2] https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/tec00021/default/bar?lang=fr&category=t_gov.t_gov_gfs10.t_gov_a

[3]https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/tec00127/default/bar?lang=fr&category=t_gov.t_gov_gfs10.t_gov_dd

[4] https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/sdg_17_40/default/bar?lang=fr&category=t_gov.t_gov_gfs10.t_gov_dd