Ukraine, des réfugiés qui nous ressemblent

La Russie a lancé ce jeudi 24 février une invasion de l’Ukraine, entrant dans le pays en divers endroits, à l’est, au sud et au nord et en bombardant les principales villes du pays, dont la capitale Kiev. A ce jour, on dénombre plus de 677 000 réfugiés accueillis par les quatre pays voisins mais de nombreux pays européens ont d’ores et déjà annoncé leur souhait d’accueillir ceux qui fuient le conflit. La couverture médiatique de cette guerre interpelle et notamment le choix de certains mots utilisés par des journalistes pourtant chevronnés… 

L’Ukraine, plus « civilisée »

Vendredi 25 février, Charlie D’Agata, un journaliste de la chaîne américaine CBS a suscité un tollé après avoir suggéré que l’Ukraine est plus « civilisée » que des pays du Moyen-Orient comme l’Afghanistan et l’Irak. Le journaliste, pourtant chevronné, et qui effectuait un reportage depuis la capitale Kiev, a déclaré que l’Ukraine « n’est pas un endroit, avec tout le respect que je lui dois, comme l’Irak ou l’Afghanistan, qui a vu des conflits faire rage pendant des décennies. » « C’est une ville relativement civilisée, relativement européenne – je dois aussi choisir ces mots avec soin – où vous ne vous attendriez pas à cela ou n’espériez pas que cela se produise. » 

credit:YouTube / CBS News 

Immédiatement, la séquence a été reprise et est devenue virale sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes qualifiant les propos d’« honteux », tandis que certains espéraient que  » lorsque des problèmes plus urgents seront résolus et que l’agression de la Russie sera neutralisée, nous pourrons commencer à nous demander pourquoi la guerre, la mort et la souffrance sont considérées comme normales pour certains êtres humains et pas pour d’autres « . 

Mea culpa 

Devant l’ampleur de la réaction suscitée, le journaliste a regretté ses propos. Il affirme :
 » J’ai parlé d’une manière que je regrette, et j’en suis désolé. » Il ajoute qu’il souhaitait à travers ses propos faire comprendre que l’Ukraine n’avait pas connu  » cette ampleur de la guerre  » ces dernières années, contrairement à d’autres pays. « De toute façon, vous ne devriez jamais comparer les conflits, chacun est unique… J’ai utilisé un mauvais choix de mots et je m’excuse pour toute offense que j’ai pu causer. » 

Un mauvais choix de mots qui n’en est pas un 

Le journaliste de CBS a parlé de mauvais choix de mots, pourtant en tant que journaliste le choix des mots fait partie des qualités professionnelles indispensables pour exercer ce métier. Donc ce n’était pas uniquement une erreur banale, elle montre tout simplement encore une fois la persistance, chez certains, de clichés durablement ancrés et qui affirment que certaines vies ont plus de valeur que d’autres. Dans ce cas-ci, des vies ukrainiennes au détriment de vies syriennes, iraquiennes, palestiniennes ou yéménites et cela est tout simplement inacceptable et doit être condamné à l’échelle mondiale. 

Hiérarchisation des vies humaines ? 

En Angleterre, sur BBC News, un correspondant, David Sakvarelidze s’est dit touché personnellement : « C’est très émouvant pour moi parce que je vois des Européens aux yeux bleus et aux cheveux blonds être tués » ajoutant du crédit à la thèse qui affirme que seuls les « blancs » méritent davantage de sympathie face à l’adversité. En France, d’autres propos similaires ont été entendus sur des chaînes de grande audience. C’est le cas de la chaîne d’info en continu BFM TV où le journaliste Philippe Corbé déclare : «C’est pas des départs en vacances. Ce sont des gens qui fuient la guerre. » « On parle pas de Syriens qui fuient les bombardements du régime syrien, on parle d’Européens qui partent dans leurs voitures qui ressemblent à nos voitures, et qui essayent juste de sauver leur vie quoi. » Tandis que le président français de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale, Jean-Louis Bourlanges s’est réjoui de cette nouvelle vague migratoire : « On aura une immigration de grande qualité dont on pourra tirer profit. »

crédit: instagram/Les répliques

Mais néanmoins, la critique ne s’adresse pas uniquement aux médias occidentaux, les médias arabes ne sont pas en reste à l’image d’Al Jazeera English. Un présentateur de la chaîne qatari, Peter Dobbie, a déclaré : « Ce qui est fascinant chez ces gens, c’est la façon dont ils sont habillés ; ce sont des gens prospères de la classe moyenne qui ne sont évidemment pas des réfugiés. Ce ne sont pas des gens qui essayent de fuir des régions d’Afrique du Nord. Ils ressemblent à n’importe quelle famille européenne à côté de laquelle vous vivriez. » La chaîne a aussitôt présenté des excuses sur Twitter, écrivant : « Un présentateur @AJEnglish a fait des comparaisons injustes entre les Ukrainiens fuyant la guerre et les réfugiés de la région MENA. Les commentaires du présentateur étaient insensibles et irresponsables. Nous nous excusons auprès de notre public dans le monde entier et le manquement au professionnalisme est en train d’être traité. » Même si ces propos n’ont pas soulevé une vague d’indignation comme celle provoquée par les dires du journaliste de CBS News, ils interpellent à plus d’un titre. 

Crédit : Twitter / @AlJazeera 

Certains accueillis, d’autres refoulés 

Alors que les pays voisins de l’Ukraine sont mobilisés pour accueillir les réfugiés qui fuient en masse leur pays, les témoignages qui nous parviennent font état d’un travail extraordinaire fourni par la Pologne et la Hongrie notamment. Ce n’est pourtant pas l’avis des réfugiés africains, arabes ou indiens qui ont été refoulés aux frontières sur base de leur couleur de peau. Les autorités polonaises et hongroises ont démenti mais les faits sont bien réels. Triés également au départ de l’Ukraine, de nombreux ressortissants ont donc dû effectuer à pied les 40 kilomètres qui séparent Lviv de la frontière polonaise avant de se voir à nouveau refouler sur place… Chez nous, le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, Sammy Mahdi, a déclaré que « la Belgique ne comptera pas le nombre de réfugiés ukrainiens qu’elle accueillera ». Si l’on se réjouit d’une telle solidarité, nous aurions aimé entendre le même enthousiasme quant à l’accueil des autres réfugiés alors que les pays européens se disputaient sur le nombre de réfugiés syriens qu’ils consentaient à laisser franchir leur frontière… Une hiérarchisation des vies humaines incroyable au 21ème siècle !

H.B.

L’islam est-il compatible avec le féminisme?

EN 2017, le féminisme fait partie des termes les plus recherchés sur le net. Un regain d’intérêt important suite notamment à la couverture médiatique de la Women’s March à Washington le 20 janvier 2017. Au lendemain de l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, les femmes sont descendues dans les rues de la capitale américaine et un peu partout dans le  monde, notamment à Bruxelles, pour défendre leurs droits, entre les manifestations contre le sexisme et l’avalanche d’accusations d’agressions sexuelles.

La femme… définie comme manipulatrice, tentatrice, celle qui use de ses atouts pour parvenir à ses fins. Pauvre Ève pécheresse, rendue fautive d’avoir cédé à la tentation invitant Adam à l’imiter. Maligne, la femme a su faire profil bas, a su rester dans l’ombre à scruter et étudier les moindres faits et gestes de l’homme, puis elle décide de sortir des fourrés d’un seul coup et de plaquer l’homme à terre. Une image qui pourrait paraître désuète pourtant elle résiste à travers les siècles. Toutefois, nombreuses qui ont tenté à chaque fois de redonner ses lettres de noblesse et sa place à la femme. Ève, Simone de Beauvoir, Coco Chanel, Margaret Thatcher, Rabia al Adawiya, Marie Curie, Zaynab Nefzaouia… loin d’être une liste exhaustive, étaient toutes sur la même longueur d’ondes. Des mouvements d’idées psychologiques alors naissent et viennent promouvoir l’égalité homme-femme.

Un peu d’histoire

Si dans la tradition judéo chrétienne, la femme est considérée comme coupable du péché originel, le Coran, lui, attribue la responsabilité au couple, contrairement à ce que dit le récit biblique, la femme ne porte pas la culpabilité originelle en elle. L’islam est venu apporter les moyens et outiller les droits octroyés aux femmes. Mais aujourd’hui, au nom de l’islam, la femme est infériorisée, opprimée, soumise. Le message divin n’a pourtant rien d’ambigu : il conjugue la libération spirituelle et sociale des hommes et des femmes de façon égalitaire.

D’où vient dans ce cas cette confusion ?

La position traditionnelle et la lecture misogyne ont infantilisé la femme : l’interprétation patriarcale, la vision exclusivement masculine des textes priment malheureusement depuis des siècles. Les revendications du féminisme occidental et la lecture misogyne de certains textes mènent à confusion et à ne plus réellement savoir quelle cause plaidée.

Un livre, d’une femme engagée, Souad Mossadi, s’est penché sur toutes ces questions relatives aux femmes. Elle apporte de la lumière à ce sujet si tumultueux. Son message est clair, le combat du féminisme occidental ne s’accorde pas à celui de l’islam, il est différent. Le droit de la femme musulmane a été destitué par l’homme, c’est l’une des revendications des  féministes musulmanes. Un droit, un statut élevé que Le Seigneur a octroyé à celles-ci sans avoir dû mener un quelconque combat. Souad Mossadi, dans son livre : « La femme et ses histoires » retrace le parcours de vie de la femme musulmane des XXème et XXIème siècle ainsi que l’histoire du féminisme islamique en terre d’islam et en occident. Elle revient pour « L’Autre Regard » sur son parcours qui l’a mené à la rédaction de cet ouvrage.

Quelle a été la motivation de rédiger votre livre? Quel est le message que vous souhaitez transmettre à travers celui-ci?

Pendant au moins deux ans je n’ai fait que lire et prendre des notes, j’ai ainsi pu lire des dizaines de livres et remplir plusieurs carnets de notes. Ce n’est qu’alors que j’ai commencé à écrire peu à peu tout en continuant mes recherches et mes lectures, j’ai d’abord écrit le chapitre sur le féminisme qui ne devait représenter qu’une très brève préface avant de rentrer dans le vif du sujet mais les informations étaient tellement nombreuses et le sujet si important que j’ai décidé d’en faire le premier chapitre, étant donné que beaucoup de personnes parlent du féminisme mais n’en connaissent pas la véritable histoire et tout ce que cela implique, j’ai voulu retracer le parcours des différentes vagues féministes en Occident et dans le monde arabo-musulman afin d’éclaircir la question et de constater tous ses acquis aussi bien que ses dérives.

D’après vous, est-il possible d’allier vie familiale et vie professionnelle tout en étant sereine?

Dans ce livre que j’ai voulu divisé en quatre chapitres, après avoir tenté de clarifier les questions féministes, j’aborde dans le deuxième chapitre qui est certes le plus long la vie d’une femme dans ses diverses facettes et ses multiples responsabilités depuis sa plus tendre enfance à sa vie adulte qu’elle soit étudiante, célibataire ou épouse, sœur ou belle- sœur, mère ou grand- mère dans la sphère privée sans oublier son rôle dans la sphère publique dans les domaines professionnel, social et politique. Ainsi, le plus grand défi pour la femme est de parvenir à un équilibre entre toutes ses obligations. C’est pourquoi, je me suis attardée sur la conciliation entre ces dernières afin que la femme puisse parvenir à un réel épanouissement.

A la page 275 du livre, on peut notamment lire : « l’islam préconise toujours la voie du juste milieu. Donc, même si le travail peut occuper une grande place dans nos vies de femmes, il ne faut pas non plus en faire le seul objectif de son existence. Le travail doit demeurer une des sphères de notre vie qui peut nous aider à nous épanouir, mais ce n’est pas la seule. »

Le fruit de votre travail est basé sur des recherches très approfondies sans avoir négligé de prendre en compte le contexte.

Cet ouvrage tente d’apporter des réponses aux questions que se posent la plupart des femmes et se basent sur des données scientifiques, historiques, sociologiques, psychologiques mais toujours en accord avec notre corpus religieux avec la volonté ferme de ne jamais entrer en contradiction avec le Coran, parole de notre Seigneur ni les hadiths prophétiques authentiques. Au contraire, par la grâce d’Allah, notre belle religion confirme à chaque fois les données profanes sur lesquelles nous nous sommes appuyées. Le but essentiel de ce livre est de fournir à nos soeurs des sources d’épanouissement, de leur rappeler que la paix du coeur ne se trouve que dans la foi et la proximité d’Allah, que le vrai bonheur est d’ordre spirituel et qu’au final cela a un impact positif sur nos soucis du quotidien.

A la page 32 du livre : « si le voile est vu en Occident comme un symbole de soumission des femmes, en Orient, la pornographie, la prostitution et l’absence de respect pour les femmes dans les médias occidentaux sont vivement critiqués… »

Est-il réellement possible qu’aujourd’hui la femme musulmane puisse jouir de ses droits? Pouvez-vous nous donner un exemple?

J’achève mon livre sur l’histoire de deux femmes exemplaires et sublimes, qui sont une source d’inspiration pour toute femme à la recherche du bonheur, leur vie auprès de notre cher Prophète est un modèle pour nous. A travers l’histoire de Khadija et ‘Aisha, j’ai voulu illustrer tous les concepts que j’ai abordés tout au long du livre et qui peuvent sembler parfois trop abstraits en montrant leur dévouement, leur courage, leur patience, leur confiance inébranlable et leur amour du Prophète et du Créateur malgré les dures épreuves et les difficultés qu’elles vivaient.

Enfin, à la page 513 : « Lorsque nous étudions sa vie, nous sommes subjugués par sa parfaite maîtrise de la jurisprudence, du hadith, de l’exégèse, de la loi islamique, de la poésie, de la généalogie, de la médecine, et de l’histoire. L’Imam AL-Zuhri dit à son sujet: ”Si on rassemblait la science de Aïcha avec la science de toutes les autres femmes, sans aucun doute Aïcha serait meilleure”

Une évolution impressionnante

Pour conclure, force de constater que l’évolution de la situation des femmes musulmanes depuis plusieurs décennies est réellement impressionnante. Indéniablement, elles ont contribué à l’enrichissement de la théologie musulmane jusqu’à son apogée, certaines ont même atteint un très haut niveau d’érudition à l’échelle internationale. Alors pourquoi ce silence ? Pourquoi la femme doit être reléguée au second plan, pourquoi devoir s’effacer jusqu’à devenir invisible ?

Les lectures sclérosées des textes sacrés et coutumes aberrantes qui les accompagnent, ont fortement contribué à la marginalisation de la femme et plus largement à la décadence du monde arabo-musulman. Nul doute que l’un des plus importants défis aujourd’hui c’est de mettre en lumière et sous les projecteurs ces femmes savantes, militantes, influentes… Et de permettre la renaissance de la pensée de la femme avec un grand « F », et ce en toute liberté.

Rêve utopique pour certains, possible pour d’autres, du moins ne jamais craindre l’utopie. Comme disait Dom Helder Camara : « Quand on rêve seul, ce n’est encore qu’un rêve, quand on rêve à plusieurs, c’est déjà une réalité. »

Hana

Pour en savoir plus:

Souad Mossadi, « La Femme et ses Histoires, à la recherche du bonheur aux sources de la foi », aux Editions Al Hadith

Un jeune sur trois est victime d’harcèlement

Insultes, moqueries, violences physiques et psychiques, chantage, rumeurs, rejets, incitation à la haine… Voici les sévices psychologiques que certains jeunes font subir à d’autres quotidiennement. Aujourd’hui, en Europe, les études concluent que 15% des jeunes scolarisés seraient concernés par ce phénomène. En Wallonie-Bruxelles, 35 % des jeunes seraient victimes de harcèlement et souvent, cela passe sous silence. Mais comment peut-on expliquer ce phénomène ? Quelles en sont les conséquences ? Que peuvent mettre en place les parents ainsi que l’établissement scolaire ? 

Quand peut-on parler d’harcèlement?

La plupart des chercheurs s’accordent à dire que le harcèlement se définit par 3 caractéristiques :

  • Une conduite inadaptée d’un élève ou un groupe d’élèves envers l’autre dans le but de nuire.
  • La répétition des faits dans la durée.
  • Le déséquilibre des forces (dominant/dominé).

Le harcèlement scolaire peut avoir lieu en classe, au réfectoire, à la récréation et souvent peut se poursuivre en dehors des murs de l’établissement. 

Par exemple, vers le chemin du retour à la maison, dans les moyens de transports ou via les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Twitter…). Un seul élève peut être l’auteur du harcèlement mais parfois il peut s’agir d’un groupe de jeunes qui s’acharnent sans relâche sur la victime. Le phénomène débute déjà à l’école maternelle mais est beaucoup plus fréquent en primaire et secondaire. Souvent, le harcèlement qui a lieu à l’école se poursuit de façon virtuelle. Il s’agit de la propagation numérique des faits.

« L’omniprésence des réseaux sociaux fait planer l’ombre du harcèlement hors du temps scolaire, jusqu’au domicile. »

François Joliet

Le cyber-harcèlement

96% des 12/18 ans utilisent internet en Belgique. Aujourd’hui, les réseaux sociaux occupent une grande place dans la vie de nos ados ainsi que des gens de tout âge. Internet est un outil formidable qui a permis la réalisation de choses qui n’étaient pas envisageables dans le passé mais à condition de l’utiliser à bon escient !

Malheureusement, à l’ère des réseaux sociaux, le cyber-harcèlement existe bel et bien et il va souvent de pair avec le harcèlement scolaire. En effet, certains jeunes subissent un déferlement de propos haineux et de moqueries au quotidien à la suite de la publication d’une photo, d’un article ou même d’un sujet déjà abordé sur les bancs de l’école. Le but de l’auteur étant d’offenser, d’intimider ou de menacer sa victime. 

Ce qui est spécifique au cyber-harcèlement, c’est que l’auteur se sent surpuissant derrière son écran. Par conséquent, l’auteur ose davantage et n’a pas de limite qui le freinerait.

Dans l’affaire du meurtre d’Alisha, 14 ans, lundi 8 mars à Argenteuil, une photo intime de la victime avait été partagée sur le groupe Snapchat de la classe. Suite à cela, sont nés des tensions entre la victime et ses camarades. Quelques jours plus tard, Alisha a été retrouvée morte dans la Seine avec de nombreux hématomes au visage et dans le dos…

L’influence de la pornographie

Aliya, 13 ans, dit se sentir « moche ». Un jeune homme s’intéresse à elle sur les réseaux. Après quelques conversations, une complicité naît et elle commence à éprouver des sentiments pour lui. Il lui demande d’envoyer une photo d’elle nue. Elle refuse mais il insiste et lui dit que si elle ne l’envoie pas, ce serait fini entre eux ! Elle finit par céder…  Les demandes sont quotidiennes, parfois plusieurs fois par jour. Il la menace d’afficher ses photos si elle arrête ! La gamine pleure, se renferme sur elle-même, n’a plus goût à rien. Elle n’ose pas parler, parce qu’elle sait qu’il ne fallait pas envoyer la première photo. Elle a cédé. C’est sa faute, pense-t-elle. À bout de souffle, elle se scarifie à l’école et s’évanouit…

Véronique Agrapart, sexologue, interrogée par le Huffington post explique :  » C’est devenu courant de demander des photos de ‘nude’ aux jeunes filles. Au secondaire, mais aussi au primaire. Les garçons disent : « Si on sort ensemble, tu dois m’envoyer des photos de toi nue, sinon tu ne me fais pas confiance…Il faut replacer les notions d’émotion, de pudeur, de confiance auprès de cette jeune population qui est influencée par les vidéos pornographiques qu’ils trouvent en moins de dix secondes sur Internet. L’accès au porno à cet âge est dévastateur ! S’ils n’avaient pas accès au porno de la sorte, ils n’inventeraient pas de telles mises en scène  »

Les dommages engendrés sont désastreux

Dépression profonde, suicide, meurtres sont des faits relatés tous les jours par les médias. Les victimes subissent un véritable calvaire et sont généralement silencieuses car elles craignent les représailles. La victime traine des pieds pour aller à l’école. Ses résultats scolaires chutent ! L’enfant souffre en silence à en perdre l’appétit, à en devenir insomniaque. Il se plaint régulièrement de maux de ventre et se replie sur lui-même. 61% des victimes auraient même eu des idées suicidaires. 

« Tony Jean, 19 ans, raconte avoir commencé à être harcelé dans les vestiaires du collège. Je me suis aussi fait voler trois téléphones en l’espace d’un an. Le médecin qui lui a diagnostiqué une dépression lui fournit un traitement médicamenteux. Mais le traitement ne fonctionne pas et le jeune homme tombe dans l’alcool, la drogue et abuse des médicaments. Un jour, il fait une tentative de suicide… »

Quant à Nora, elle était chez un ami, lorsqu’elle a senti qu’il était arrivé quelque chose à Marion 13 ans. Elle rentre précipitamment chez elle, et découvre sa fille pendue… Elle a laissé une lettre destinée à ses camarades de classe où elle racontait les insultes qu’elle subissait. 

« On a découvert que la veille de sa mort, elle avait été prise à partie par tout un groupe durant le cours… Durant toute l’après-midi, ils n’ont eu de cesse de l’appeler, de la harceler, de lui faire des menaces de mort dans la cour. On lui a dit : « Si tu reviens demain, t’es morte ! », on lui a dit : « Va te pendre ! »  Et les adultes en qui elle avait confiance ont laissé faire ».

« Thomas, 17 ans, victime d’homophobie, s’est donné la mort en se pendant avec ses lacets de chaussures. C’est son grand frère qui a fait la macabre découverte. L’adolescent était victime de harcèlement. »

« Dinah, une adolescente de 14 ans, s’est pendue après avoir été harcelée à l’école pendant plusieurs années. »

Que faire?

Les parents doivent impérativement communiquer tous les jours avec leurs enfants. Essayer de comprendre pourquoi leur enfant adopte cette attitude. Qu’est-ce qui provoque ce changement de comportement soudain ? Mener une enquête auprès de l’établissement scolaire et des proches de la victime (frères/sœurs/ami.e.s). Surveiller la fréquence d’utilisation d’internet chez les mineurs ainsi que le contenu des sites visités car le harcèlement existe sur les réseaux sociaux mais aussi la pédocriminalité et la pornographie ! Les parents se doivent d’être très vigilants quant à l’utilisation excessive d’internet par leurs jeunes enfants et leurs ados.  Se poser des questions si son enfant perd beaucoup trop souvent ses affaires personnels et électroniques, s’il demande trop d’argent, il pourrait être victime de racket.

Une fois le harcèlement détecté, prendre contact avec les responsables de l’école.  Sur les réseaux sociaux, bloquer la ou les personnes toxiques et ne pas répondre à leurs provocations.  Encadrer son enfant et le soutenir dans cette épreuve difficile surtout à un âge ou leurs émotions et leur sensibilité est fragile. Un âge où les jeunes se construisent et sont rapidement déstabilisés. 

Actuellement, les écoles ont mis en place des cellules psychologiques avec des professionnels pour lutter contre ce phénomène qui gangrène les établissements scolaires et peut s’avérer très grave si les choses ne sont pas prises en main à temps.

Dans certaines classes du secondaire, le titulaire crée un groupe WhatsApp dans lequel les élèves peuvent échanger des informations concernant certains cours lors d’une absence, ou pour avoir davantage d’informations sur un devoir ou une leçon.

Les professeurs se doivent d’être vigilants et surveiller le contenu des échanges et veiller à ce qu’il n’y ait pas de dérives car cela pourrait passer inaperçu. 

Que faire si mon enfant est responsable de cyber-harcèlement?

  • Essayer de comprendre son comportement. Ensuite, l’aider à prendre conscience des faits.
  • Si le dialogue s’avère difficile, consulter des professionnels.
  • Si le harcèlement a lieu à l’école, rentrer en contact avec le centre PMS ou le titulaire/direction. 
  • S’il a lieu sur les réseaux sociaux, contrôler le temps passé devant son écran ainsi que le contenu des échanges avec ses camarades.
  • Appliquer des sanctions non violentes et adaptées et lui demander de s’excuser auprès de la victime.

Enfin, il convient de rappeler que le harcèlement est interdit et est puni par la loi. Les victimes et leurs familles peuvent donc porter plainte. Le code pénal, article 442 bis, prévoit une peine d’emprisonnement ou une amende. Pour un mineur, certaines sanctions peuvent être décidées par le Tribunal de la Jeunesse afin de lui faire comprendre la gravité des actes commis et de le responsabiliser par rapport à ceux-ci. Exemples de sanctions : des travaux d’intérêt général, une réparation des dommages, etc.

La fédération Wallonie-Bruxelles a lancé plusieurs numéros verts d’écoute et d’assistance pour les parents d’élèves touchés par le harcèlement scolaire.

I.S.

Pour en savoir plus:

« J’ai toujours oeuvré pour le dialogue… », l’imam Toujgani répond à Sammy Mahdi

La communauté musulmane belge a appris hier, jeudi, par la presse que le titre de séjour de l’imam Mohamed Toujgani, président des imams de Belgique, et ancien imam fraîchement retraité de la mosquée Al Khalil ne pourra désormais plus mettre les pieds en Belgique. Actuellement à l’étranger, Mohamed Toujgani se dit abasourdi et réfute catégoriquement les accusations du secrétaire d’État à l’Asile et la Migration

Le théologien Mohamed Toujgani est une figure connue à Bruxelles et plus généralement en Belgique. Il a officié comme imam pendant de nombreuses années au sein de la mosquée Al Khalil située à Molenbeek-Saint-Jean. Au fil des années, le prédicateur s’installe dans le paysage religieux belge et devient notamment président de la Ligue des Imams de Belgique (LIB). Et à ce titre, le retrait du permis de séjour de cette figure a étonné à plus d’un titre au sein de la communauté  musulmane belge. Très vite, une pétition est lancée en ligne en soutien à l’imam mais surtout pour demander des réponses au Secrétaire d’État. Parmi les questions : « Si des propos haineux ont été tenus par lui, pourquoi n’a-t-il pas fait l’objet de poursuites judiciaires ? ». La pétition va plus loin et estime que « depuis les attentats de Bruxelles qui ont atteint la communauté musulmane en plein cœur, l’argument de « menace à la sécurité nationale » sert de cache-sexe à l’islamophobie d’État. Pourquoi, lorsqu’il s’agit de musulmans, les courroies de la justice se referment pour laisser place à des voix sans issue de défense possible, comme le retrait de permis de séjour ? ». De son côté, la mosquée Al Khalil a réagi via un communiqué de presse et « s’étonne des raisons qui ont poussé monsieur Mahdi à prendre cette décision. Aucun contact n’ayant jamais été établi avec monsieur Toujgani pour s’enquérir d’une quelconque dérive liée à des sermons ». Mais la décision n’est pas nouvelle, elle remonte au 12 octobre dernier et fait suite à un rapport de la Sûreté de l’État qui mentionnait « des signes d’un grave danger pour la sécurité nationale ».

La Belgique est mon pays, elle fait partie de mon identité, j’y ai vécu davantage que le Maroc…

Mohamed Toujgani, imam

L’imam dénonce une injustice

Le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration a rapidement réagi à l’information et s’est félicité notamment via communiqué de presse et sur les réseaux sociaux. Il s’est aussi exprimé jeudi après-midi devant le parlement : « ces rapports demeurent confidentiels, mais je peux vous dire que ces menaces concernent l’extrémisme et l’ingérence » a précisé Sammy Mahdi. « Par le passé, nous avons donné trop de marge de manœuvre aux prédicateurs radicaux. Avec cette décision, nous faisons la différence et donnons un signal clair : nous ne tolérerons pas ceux qui divisent et menacent notre sécurité nationale. » Des accusations que réfutent totalement Mohamed Toujgani. Contacté, il a accepté de nous répondre et dénonce une véritable injustice. « Je rappelle que je vis en Belgique depuis 40 ans, durant toutes ces années, l’ensemble de mon travail a été de soutenir le vivre-ensemble et le dialogue interreligieux. Chaque fois que des tensions apparaissaient au sein de la société bruxelloise ou belge, nous étions en première ligne pour alerter les parents et calmer les esprits des jeunes. Et cette position que je défends est largement documentée. Lors des attentats de Bruxelles, nous avons été frappés en plein cœur et encore une fois, nous étions présents. J’avais d’ailleurs à cette occasion donner un prêche contre le terrorisme. La Belgique fait partie de mon identité, il s’agit de mon pays, j’y ai vécu davantage que le Maroc, mon deuxième pays. C’est pourquoi, je récuse et rejette totalement cette accusation qui n’a aucun fondement. »

Excursion commune de responsables de mosquées et de prêtres à l’abbaye de Tongerlo, à la mosquée Ibn Thabite et à la Maison d’Abraham, en 2008.

Une menace pour personne

«  Les musulmans de Belgique et de France me connaissent parfaitement, j’ai sillonné de nombreuses mosquées. Ils ont entendu mes discours, et c’est pour cela qu’aujourd’hui ils me soutiennent même si je n’ai rien demandé, c’est à leur propre initiative et je les en remercie et je demande à Dieu de les récompenser. Mais il est clair qu’ils ne peuvent rester silencieux devant une telle injustice car c’est une injustice flagrante. Qu’on demande à toutes ces personnes si je constitue une menace pour qui que ce soit ou pour la sécurité nationale. 

Mais encore une fois, ils me connaissent et savent que je ne suis une menace pour personne, que je n’ai jamais été un danger pour la sécurité nationale et leur témoignage est important car il joue en ma faveur et témoigne encore une fois de mon travail en faveur de la tolérance et du respect de chacun. » Et parmi les soutiens de première ligne, le conseiller communal molenbeekois CDH Ahmed El Khannouss. Un soutien vivement critiqué.

Ahmed El Khannouss condamné par la classe politique

Le conseiller communal a vivement réagi. Sur les réseaux sociaux, l’élu dénonce «  une décision unilatérale inique et totalement injustifiée ! On lui reproche des propos tenus il y a 10 ans ! Propos où il utilisa des termes crus. » Un soutien qui ne passe pas auprès de la classe politique. Le président du MR Georges-Louis Bouchez a dénoncé « une banalisation de l’antisémitisme inacceptable » tandis que la députée fédérale Catherine Fonck, également CDH, a assuré « je ne partage en rien la position d’Ahmed El Khannouss ». Le conseiller a reçu une notification du conseil de déontologie du CDH qui doit étudier son message posté sur les réseaux sociaux. Mais Ahmed El Khannouss persiste et signe. « C’est un soutien qui va au-delà des réseaux sociaux. Il y a une erreur qui a été commise et elle doit être réparée rapidement. Le secrétaire d’État à l’Asile et à la migration Samy Mahdi évoque trois éléments : le premier concerne une vidéo qui date d’il y a 13 ans dans laquelle il aurait appelé à brûler les juifs ce qui est totalement faux. Il évoque les oppresseurs sionistes. Ces propos sont durs et à l’époque je lui avait déjà fait remarquer, il s’en était excusé. Les instances juives avaient étudié la possibilité de porter l’affaire en justice mais il n’y avait pas d’éléments probants et l’affaire en était restée là. Ensuite, le secrétaire d’État parle d’une possible collusion avec les frères musulmans et les autorités marocaines, ce qui est totalement contradictoire… ce qui prouve que ces éléments sont totalement fallacieux. » Concernant la notification du comité de déontologie, Ahmed El Khannouss se dit totalement serein.  « Cette notification du comité de déontologie du CDH  ne m’impressionne nullement. Mes positions sont totalement assumées et je ne dirais pas le contraire. Ce qui m’intéresse c’est que justice soit faite. On ne peut tolérer qu’une telle injustice soit commise à l’encontre de l’imam Toujgani ou de n’importe quelle autre personne en Belgique. »

Entre les mains de la justice

Mohamed Toujgani s’étonne surtout qu’il n’ait jamais été informé des décisions qui avaient été prises à son encontre. « J’ai demandé une attestation de résidence, et là j’ai été informé que j’avais été radié de la commune. J’ai alors pensé qu’il s’agissait d’une erreur. J’ai donc pris contact avec un avocat pour essayer de comprendre où se situait le problème mais c’est à ce moment-là que l’avocat m’a informé que le problème ne se situait pas uniquement au niveau de mon lieu de résidence mais que mon permis de séjour m’avait été tout simplement retiré. J’ai demandé qui était l’autorité qui avait pris cette décision et il s’est avéré qu’elle provenait de l’Office des étrangers et qu’elle était bien officielle. J’ai chargé mon avocat de prendre les mesures légales pour casser cette décision. Avant mes propres démarches, je n’ai jamais reçu aucune notification pour me prévenir des différentes décisions qui avaient été prises à mon encontre. La moindre des choses est d’informer le principal intéressé et de me permettre également de pouvoir me défendre et de répondre aux accusations qui ont été portées à mon encontre. Cette décision est arrivée soudainement et m’a totalement surpris. Je la ressens comme des représailles à mon égard. Mais je m’en remets à Dieu. » L’imam a décidé de faire appel de cette décision : « bien évidemment, je n’en resterais pas là et je me tourne vers les tribunaux. J’estime que cette décision me prive de mes libertés et droits fondamentaux. Cette décision m’a causé beaucoup de problèmes : elle m’a séparé et éloigné de mes enfants et petits-enfants, elle m’a séparé des personnes que je côtoie et avec qui j’échange beaucoup, elle m’a éloigné de la mosquée. Je considère cela comme une injustice profonde et une privation de mes droits fondamentaux. Où sont les droits de l’Homme ? Ne suis-je pas un être humain (qui a ses droits) ? Par conséquent, j’ai porté plainte afin de casser cette décision et de lever cette injustice. Je rappelle à Mr Sammy Mahdi, que ce sont des jours d’épreuves pour l’humain que je suis, mais je n’ai rien de personnel vis-à-vis de sa personne, et je m’en réfère à la justice pour asseoir mes droits»

Enfin, le théologien souhaite adresser un message à la communauté musulmane belge : « Je les remercie encore une fois et les appelle à rester unis, solidaires et à s’entraider dans les bonnes œuvres. Et s’ils décident de me soutenir pour que mes droits soient rétablis, j’en appelle à ce qu’ils le fassent dans le respect de la loi et de manière calme et pacifique. »

Son avocat a annoncé son intention de s’opposer à la décision pour des raisons de force majeure. 

H.B.

Les métaverses, un monde futuriste pour nous rapprocher ou nous disperser?

Le 28 octobre 2021, le géant Facebook change son nom en META. Marc Zuckerberg, propriétaire de Facebook, Instagram, WhatsApp et de la société de réalité virtuelle Oculus, ne cherche pas uniquement à contrôler notre consommation en termes de publicités et faire de nous un produit. Aujourd’hui, il annonce qu’il a l’intention de régir et contrôler tous les aspects de notre vie : notre relation au travail, à l’école et à l’université, nos loisirs (du cinéma en passant par le sport aux jeux …), en monétisant tous ces aspects aux moindres détails. Les métaverses, qu’est-ce que c’est ? Un monde futuriste ? Est-ce un projet lointain ou proche ? A quel avenir faut-il s’attendre ? Pourquoi en parle-t-on maintenant ? Faut-il s’en inquiéter ou s’en réjouir ? Quel futur pour nos enfants ? Quels bénéfices pouvons-nous en tirer ? Ce sont à toutes ces questions auxquelles nous allons tenter de répondre !

Qu’est-ce qu’un métavers ?

Le métavers trouve son étymologie dans la langue grecque : Méta qui se traduit par « au-delà » et Vers pour l’« univers », Au-delà de l’univers. Ce terme métavers fut utilisé pour la première fois par Neal Stephenson dans son livre Snow Crash en 1992. Pour citer Neal Stephenson« le métavers est une invention de ma part, qui m’est venue à l’esprit quand j’ai réalisé que les mots existants (comme « réalité virtuelle« ) étaient trop maladroits pour être utilisés. »[1] Selon Wikipédia, un métavers (de l’anglais metaverse, contraction de meta universe, c’est-à-dire méta-universest un monde virtuel fictif. Le terme est régulièrement utilisé pour décrire une future version d’Internet où des espaces virtuels, persistants et partagés sont accessibles via interaction 3D.  Une définition différente considère « le métavers » comme l’ensemble des mondes virtuels connectés à Internet, lesquels sont perçus en réalité augmentée. On comprend donc que le métavers inclut la notion d’intelligence artificielle, d’un mode virtuel avec du gaming, des rencontres et l’utilisation d’une monnaie virtuelle. 

Immersion sensorielle et olfactive

Le métavers fait appel au moins à deux sens jusqu’aux cinq permettant ainsi une immersion sensorielle et olfactive. On entrevoit dans cet univers, un monde où des milliers voire des millions de gamers peuvent interagir et jouer ensemble, dans une même plateforme ; il est possible d’essayer des vêtements dans la boutique de notre choix grâce à notre avatar, une figure virtuelle personnelle, personnalisée et personnalisable qui possède toutes nos caractéristiques et nos mensurations permettant ainsi de représenter son utilisateur au mieux conformément à la réalité ; l’école et les formations peuvent se donner à distance tout en contrôlant la présence des étudiants : le métavers connecté à l’étudiant permettrait au formateur de vérifier que la personne suit bien le cours grâce à ses mimiques, son comportement comme dans un cours en présentiel ; il est possible de combiner le jeu et la pratique de sport ; il n’est pas vraiment possible d’utiliser la monnaie telle que nous la connaissons ; …

Le métavers, un monde futuriste ?

En réalité, les métavers existent depuis déjà une décennie. Par exemple, on le retrouve dans les sensations fournies par le casque Oculus (créé en 2010 par Marc Zuckerberg).

Alors pourquoi entendons-nous plus parler de métavers aujourd’hui ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce phénomène :

  1. Facebook a changé de nom et le monde cherche à en connaître les (vraies) intentions.
  2. Aujourd’hui, il y a une réalité telle que la technologie avance. Cependant, cette avancée ne concerne pas uniquement les métavers. On peut prendre comme exemple l’annonce d’Apple qui entreprend de créer une voiture 100% autonome. « Selon plusieurs informations récentes, le géant aurait effectué des avancées décisives dans son « Projet Titan ». Il aurait notamment mis au point l’essentiel de son processeur. Il viserait désormais 2025 pour le lancement de son Apple Car, qui éviterait toute interaction humaine. Mais les défis restent nombreux. »[2]
  3. Enfin, la raison principale et non des moindres est que la dernière pièce du gros puzzle est enfin accessible : La BLOCKCHAIN ; elle rend ainsi l’environnement du métavers plus interactif.

Qu’est-ce que la blockchain et pourquoi est-elle importante dans le métavers ?

La blockchain est un écosystème, « une base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne. »[3] Ainsi, la blockchain assure une transparence parfaite de toutes les transactions numériques échangées (dans les jeux par exemple, dans les achats) ; elle permet de créer un monde ouvert à tout le monde : les frontières géographiques n’ont pas d’importance ; elle permet de créer un monde virtuel sans aucune discrimination ; elle confère au métavers une notion de rareté et d’unicité.

Quel avenir nous promet le métavers ?

Il ne s’agit pas de donner une réponse claire et franche à cette question. Et en réalité, il n’est pas certain d’en trouver car la réponse est fortement nuancée. Au même titre, on peut se poser la question suivante : Quel avenir nous a promis la technologie d’internet ? Il faudrait donc faire un bilan pour répondre à cette question mais nous nous accorderons tous sur le fait qu’Internet a apporté son lot de bénéfices et d’inconvénients. Internet fut et est source de joie et plaisirs comme certains peuvent dire qu’il est source de malheurs. Néanmoins, la question est de se demander ce que chacun est capable d’en tirer de bien.

Métavers, quel danger ?

Le danger indéniable à ce projet est d’accroitre en l’homme la consommation générale : les joueurs actuels seront des plus grands joueurs puisqu’ils seront (mieux) rémunérés; mais aussi l’isolement : le métavers prône un monde où il n’est pas nécessaire de se voir physiquement ; la dépression ; une consommation moins écologique puisque les métavers utilisent la blockchain qui elle-même coûte énormément en termes d’énergie; une plus grande distraction ; une plus grande « perte de temps » ; une perte de contrôle éducationnelle : un enfant peut plus facilement sombrer dans les occupations des métavers et perdre le contrôle de ses envies. Les parents doivent être encore plus vigilants que pour l’utilisation simple d’internet. Ils doivent être encore plus attentifs à la diminution de la concentration ;[4] et enfin, une augmentation du temps d’écran ; …

Métavers, quel bénéfice?

A côté de ce danger, nous pouvons reconnaitre certains avantages tels que :

  • Une amélioration dans la qualité des jeux qui deviendraient bien plus interactifs et immersifs ;
  • Une amélioration dans l’accessibilité de l’enseignement : en effet, dans les pays du tiers monde, les personnes qui ne peuvent pas s’octroyer des études au sein des établissements classiques pourront suivre des formations plus accessibles ;
  • Une réduction du fossé éducationnel entre riches et pauvres ;
  • Une immersion et une meilleure pratique linguistique : les utilisateurs des métavers seront amenés à choisir une ou plusieurs langue(s) commune(s) partagée(s) par tous pour discuter ;
  • Un meilleur échange interculturel ;
  • Une génération mieux formée ce qui permettrait une plus grande avancée technologique et donc une accélération dans le progrèsà un cercle vertueux …

Enfin, on peut ainsi conclure que comme pour toute chose, il est possible de tirer des bienfaits comme il est possible d’en faire un mauvais usage. L’essentiel est d’être conscient du danger potentiel et d’en exploiter au mieux les ressources du projet. La technologie d’internet en est un bon exemple. A l’image de l’utilisation d’un couteau qui permet à son utilisateur de couper la viande pour se nourrir ou de tuer avec, les métavers promettraient de belles avancées tout comme ils annoncent de grands dangers. La remise en question de l’utilisateur est primordiale et est toute aussi importante que la remise en question du projet métavers en tant que produit. Il faut donc s’octroyer un temps de préparation pour accueillir le métavers.

Nelm


[1] https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/09291016.2019.1620487


[2] https://blockchainfrance.net/decouvrir-la-blockchain/c-est-quoi-la-blockchain/

[3] https://www.lesechos.fr/industrie-services/automobile/comment-apple-avance-a-grand-pas-vers-une-voiture-electrique-et-100-autonome-1365949

[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tavers#cite_ref-4

Fuir ou rester? Le dilemme de Waad El Kateab

La guerre n’a ni couleur, ni religion, ni ethnie, ni terre. Elle s’installe, s’éternise sur les territoires et ces habitants n’ont de but que de survivre et de se maintenir en vie quoi qu’il arrive ; quitte à s’exiler loin de chez eux pour aspirer à un avenir meilleur pour eux et leurs familles. Fuir la guerre, la famine, le siège, la dictature ou rester en sursis, pour une vie de résistance en côtoyant la mort à chaque instant, voilà le dilemme d’un exilé.

2015. Première grande crise migratoire du XXIe siècle, où des centaines de milliers de familles syriennes fuyaient leur pays dévasté par la guerre civile, via la Turquie afin de trouver refuge en Europe. Six ans après, des Syriens sont cette fois-ci bloqués aux frontières de la Biélorussie et de la Pologne, pris au piège comme des pions d’un échiquier sur fond de rivalités politiques. Refoulés des deux côtés, des hommes et des femmes ainsi que des enfants se retrouvent bloqués le long de la frontière forestière des deux pays. Rares sont les images et les informations réelles car les journalistes et les ONG n’ont pas accès à cette zone frontalière. C’est à croire que le « jeu » perdurera jusqu’à ce qu’un camp fasse « échec et mat ». Un duel entre intérêt économique et intérêt politique ! Mais où est l’intérêt humain, la dignité ?

Une crise humanitaire avant tout

Le problème est devenu un tas de poussière qu’on voudrait cacher sous le tapis ; alors que des pays durcissent le ton en projetant de construire un mur, d’autres encore veulent ignorer l’urgence du problème. Cette crise migratoire est une crise humanitaire, elle va de la responsabilité de tous les pays du monde et pas seulement de l’Europe. Nous sommes en 2021 et la question des réfugiés n’est plus le sujet numéro un dans l’opinion publique de l’Europe, plus préoccupée par la reprise économique et sociale après la crise du covid (crise dont nous ne sommes pas encore sortis). Il faut parfois des drames humains pour remettre autour de la table les politiques sur la crise migratoire.

A la question du traitement de l’information des médias européens sur le conflit syrien, certains médias ne distinguent pas l’affrontement qui dure depuis plus de 10 ans et le voient comme une affaire de terrorisme ; et parfois (quand la Syrie devient un sujet d’élection) on montre un pays devenu plus calme et plus ouvert aux changements, et les Européens ne comprennent pas pourquoi les réfugiés ne retournent pas dans leur pays.

Pour ne pas oublier

Pour ceux et celles qui se demandent pourquoi ils viennent en Europe, voici la réponse en 1h35 de film. « Pour SAMA, journal d’une mère syrienne »[1] est un reportage pour que la guerre en Syrie ne devienne pas un conflit oublié. Ce documentaire est dédié à SAMA, la petite fille de la journaliste Waad Al Kateab, un message d’amour et un cri de détresse lancé au reste du monde. Un témoignage intime sans être voyeuriste, pour sauvegarder la mémoire d’un conflit vécu de l’intérieur, au quotidien. Un témoignage au monde entier des horreurs d’une guerre civile dont l’Occident et sa population ne semblent pas prendre conscience, comme dans tant d’autres hostilités.

Les images tremblent. Au détour d’un couloir, une déflagration, la panique et la poussière qui rend l’air irrespirable. Dans le sous-sol de l’hôpital où travaille Hamza, le mari de Waad, des blessés s’entassent… « SAMA, tu es ce qui nous est arrivé de plus beau. Mais quelle vie ai-je à t’offrir, toi qui n’as rien demandé à personne ? » s’interroge Waad en contemplant sa petite fille de quelques mois. Du rire aux larmes, des petits bonheurs aux grandes terreurs, Waad Al Kateab a filmé pendant 5 ans, l’espoir né à Alep avant que le chaos ne s’empare de la ville assiégée. Pour son enfant, qui sourit entre ses bras et sursaute au fracas des tirs, la jeune femme saisit un monde solidaire aux abois, où chacun se débat pour sa survie mais aussi pour celles des autres. Waad témoigne de l’horreur ordinaire : « Jamais nous n’aurions imaginé que le monde puisse permettre cela ! ».[2]

Ce reportage est un condensé de notre humanité, dans tout ce qu’elle a de pire et de meilleur. Et peu importe le nom que les partis politiques leur donnent : refugiés ou migrants, il serait intéressant de se questionner à propos de notre accueil. C’est pourquoi, ce documentaire s’adresse d’une part, à nous, pour changer le regard que nous portons sur les réfugiés et d’autre part, aux décideurs et aux personnes qui ont du pouvoir, à ceux qui peuvent faire la différence…

Najoua


[1]  Pour SAMA, journal d’une mère syrienne. Sortie en juillet 2019 aux États-Unis, puis en Europe en octobre 2019, il reçut divers récompenses et prix dont l’Œil d’Or du meilleur documentaire au festival de Cannes en 2019. Documentaire de Waad Al Kateab et Edward Watts.

[2] Tiré du site www.arte.tv, documentaire diffusé le mardi 9 novembre 2021 à 20h25.

La « MALBOUFFE » : première cause de mortalité dans le monde!

Obésité, diabète, maladie cardio-vasculaire, dépression, cancers, … Voici les conséquences d’une mauvaise alimentation sur notre santé. En effet, l’OMS a élaboré un rapport scientifique dans lequel est stipulé que les maladies liées à la malbouffe et malnutrition sont les premières causes de mortalité dans le monde. Celles-ci tuent plus que le tabac! A compter l’ensemble des victimes de ce fléau, nous arrivons à des chiffres mirobolants : un décès sur 5 dans le monde ( 11 millions/an ).

Se faire plaisir sans excès 

Nous consommons quotidiennement des aliments trop sucrés, trop salés, riches en mauvaises graisses, composés d’additifs, non nutritifs car présence de pesticides ou cuisson non adaptée. Cela est nuisible et peut être dévastateur pour l’organisme!

Mais entendons-nous bien, la malbouffe n’est pas à bannir radicalement. Consommer un burger ou un soda de temps à autre n’est pas néfaste pour l’homme. On peut se faire plaisir à condition de manger équilibré le reste du temps.

Il faut aussi retenir que ne pas consommer de produits sains et nutritifs est pire que de consommer excessivement de la malbouffe. Car une carence en vitamines, minéraux, antioxydants, etc., peut être gravissime et provoquer une fatigue intense, des maladies rénales et hépatiques, des maladies chroniques, un système immunitaire moins résistant aux infections, …

La pandémie de coronavirus est actuellement une cause majeure de mortalité à l’échelle mondiale. La malnutrition est la principale cause d’immunodéficience dans le monde, ce qui augmente la vulnérabilité aux infections.

En l’occurrence, le lien entre l’immunité et l’alimentation est une évidence car de nombreux nutriments jouent un rôle essentiel dans la défense de notre organisme.

« LES ALIMENTS SONT VOS MEILLEURS MEDICAMENTS » Dr Henry Joyeux

Qu’est-ce que l’immunité et à quoi sert-elle?

L’homme est exposé quotidiennement à des agressions : virus, bactéries, champignons, parasites, métaux lourds, …

Pour les combattre, il doit être équipé d’un bon système immunitaire composé de soldats pour le défendre. En cas d’agression, le tissu devient inflammatoire (rougeurs, température, …). Mais si notre organisme souffre d’une carence en nutriments essentiels, la réponse immunitaire sera faible, voire inefficace.

« QUE TON ALIMENT SOIT TA SEULE MEDECINE  » HIPPOCRATE

Pourquoi cette attirance pour la malbouffe ?

Nous avons une attirance naturelle pour la malbouffe et ce, pour diverses raisons.

D’abord, le marketing qui influence considérablement nos choix. En effet, les spots publicitaires sont sur tous les fronts: trams, métros, télévision, Youtube, réseaux sociaux, … 

L’excès de publicité a un énorme impact sur les plus jeunes qui sont beaucoup plus vulnérables que les adultes. Les grandes chaines alimentaires mettent le paquet pour tromper et manipuler le consommateur. Vous remarquerez que tout est mis en place minutieusement pour inciter et manipuler le consommateur à acheter davantage : packaging, couleurs utilisées, logos, formes, célébrités ou influenceurs, etc. Le but étant de créer de futurs sur-consommateurs.

Et puis, il y a la facilité. Quand on a une journée chargée, on n’a pas forcément l’envie ni l’énergie de cuisiner de bons plats maison mais plutôt de se tourner vers des repas industriels prêts en 15 minutes tels que des pizzas congelées ou des nuggets dans lesquels on peut retrouver parfois plus de 10 additifs ; ce qui est un véritable poison pour l’homme. Certains de ces aliments sont riches en graisses, sucres, sels, et exhausteurs de goût ce qui provoque une forme d’addiction. 

Des études neurobiologiques ont démontré que le sucre combiné aux graisses pourraient rendre accro comme le ferait la cocaïne. 

Il y a aussi leurs aspects en bouche : croquants, moelleux, qui peut se révéler particulièrement important et créer une sensation qui va stimuler notre cerveau et lui donner envie d’en reprendre encore et encore…

Il faut savoir que les sociétés agro-alimentaires ne produisent pas de simples aliments mais plutôt une addiction qui va générer beaucoup d’argent. Le prix affiché ou en promo paraît raisonnable mais en réalité, il est très cher pour l’apport nutritif offert. C’est un ensemble de produits chimiques qui ne coûtent quasi rien au producteur.

L’inactivité accroîtrait notamment les risques d’obésité. Nous pouvons constater que durant le confinement, certaines personnes se sont réfugiées dans la nourriture pour apaiser leurs peurs, leurs angoisses ou pour faire passer le temps tout simplement.

Mais alors, que mettre dans son assiette pour une meilleure santé ?

Nous pouvons constater que certains enfants refusent catégoriquement de manger leur plat ou de boire leur soupe car leur palais est habitué aux goûts trop sucrés, trop salés, exhausteurs de goûts, … C’est pour cette raison qu’il est primordial de les sensibiliser aux goûts des fruits et légumes dès leur plus jeune âge et de remplacer les collations industrielles par des fruits secs par exemple qui constituent un concentré d’énergie riche en vitamines et minéraux. Ou des cakes maison qui sont plus sains car les additifs sont absents et le sucre est dosé faiblement.

Il est important aussi de promouvoir l’allaitement maternel qui est très favorable à la santé du bébé car il assure sa croissance et apporte davantage de protection contre les infections.

Notre assiette doit être variée et contenir de préférence des aliments issus de l’agriculture biologique car les nutriments sont conservés. On peut y retrouver des fruits et légumes de saison, des légumineuses ou des céréales riches en fibres qui favorisent un bon transit. Consommer occasionnellement les viandes rouges et opter plutôt pour des viandes blanches ou du poisson. Diminuer drastiquement le pain qui n’a pas grand intérêt au niveau nutritif. 

Et pour une hydratation optimale, boire 1,5 à 2l d’eau par jour. Cela favorise l’élimination des déchets par notre organisme.

Il est important de prendre son repas assis, dans le calme, de manger avec modération et de mâcher suffisamment longtemps pour une meilleure digestion. 

Le jeune thérapeutique est favorable pour une certaine catégorie de personnes mais doit être encadré par des professionnels de la santé tels que des médecins, nutritionnistes, … 

Il est aussi vivement conseillé d’effectuer une activité physique plusieurs fois par semaine : sport, marche, etc., qui est favorable au bon fonctionnement du cœur et des intestins.

L’activité physique est impliquée dans la production de dopamine qui va stimuler le système nerveux en apportant du tonus, et une sensation de légèreté et de bien-être.

Le Coran et la sunna font l’éloge de plusieurs aliments grâce aux remèdes et vertus qu’ils contiennent :

  • l’huile d’olive 
  • le miel 
  • le gingembre  
  • les lentilles 
  • le raisin 
  • la grenade 
  • la banane 
  • la figue 
  • les dattes 
  • le concombre 
  • la courge 
  • l’ail 
  • l’oignon, …

Allah le Très Haut dit :

« Que l’homme considère donc sa nourriture ; c’est Nous qui versons l’eau abondante, puis Nous fendons la terre par fissures et y faisons pousser grains, vignobles, légumes, oliviers et palmiers, jardins touffus, fruits et herbages pour votre propre jouissance et pour vos bestiaux. » s.80, v.24 à 32

« Dieu, c’est Lui qui a créé les cieux et la terre et qui, du ciel a fait descendre l’eau grâce à laquelle Il a produit des fruits pour vous nourrir. » s.14, v.32

«  Un esprit sain dans un corps sain »

Plus on habitue son cerveau et son palais à une alimentation saine, moins on a envie de malbouffe. C’est un mode de vie que nous devons adopter au quotidien afin de diminuer cette addiction aux différentes substances néfastes. Il est rare de retomber dans un schéma de malbouffe après avoir pris conscience des méfaits de cette alimentation, de s’être habitué à un parcours sain. Au contraire, nous pouvons même ressentir un dégoût.

Néanmoins, un léger écart de temps en temps est permis pour ne pas engendrer de frustration. 

Pour conclure, l’homme doit adopter un mode de vie sain. L’équilibre entre une activité physique et la nutrition favorise le bien-être physique et mental de la personne. Et dans cette dynamique, l’homme se sent aussi plus concerné par le respect de l’environnement, une consommation plus modérée, moins de gaspillage, …

L’Islam ne nous enseigne-t-il pas le bon comportement en toute circonstance ?

De ce fait, l’homme doit adopter une approche éthique dans sa consommation.

Allah le Très Haut dit :

«  Et mangez et buvez; et ne commettez pas d’excès, car Il n’aime pas ceux qui commettent des excès. » s.7, v.31

Le Prophète paix sur lui a dit : 

«  Celui qui mange peu (juste ce qu’il faut), son corps jouira de la bonne santé, son cœur sera pur, … »

« Le surplus d’aliments est la cause de toute maladie. »

«  Et ton corps a un droit sur toi! »

En effet, ce corps est un bienfait et un dépôt sacré du Créateur. 

L’homme se doit donc d’en prendre soin et d’éviter les excès qui sont nuisibles pour lui! 

I.S.

BIBLIOGRAPHIE :

  • Le Saint Coran traduction en langue française, Éditions Dar Al Bouraq.
  • Stéphane TETART, Vanessa LOPEZ, Ma Bible des secrets de naturopathes, 2019, Leducs Éditions, 313 pages.
  • Professeur Henri JOYEUX, Changez d’alimentation, 2013, Éditions du Rocher, 663 Pages.
  • Véronique LIESSE, Alix LEFIEF-DELCOURT, L’alimentation « spécial immunité », 2020, Leducs Éditions, 296 pages.

Développement personnel: la grande imposture?

Renouer avec son moi intérieur… Apprendre à dire non… Écouter son corps pour atteindre le bien-être et le bonheur, tels sont quelques-uns des objectifs bienveillants proposés par le développement personnel. Cette nouvelle pratique fait fureur notamment au sein de la communauté musulmane belge. Mais que se cache-t-il derrière cette quête obsessionnelle du bonheur ? Certaines dérives liées au développement personnel interpellent. Plongée au cœur de cet univers nébuleux. 

Le développement personnel, c’est quoi ? 

« Le développement personnel est un ensemble hétéroclite de pratiques appartenant à divers courants de pensée qui ont pour objectif l’amélioration de la connaissance de soi, la valorisation des talents et potentiels, l’amélioration de la qualité de vie personnelle, la réalisation de ses aspirations et de ses rêves. » Voilà la définition qu’en donne Wikipédia. La réalisation de ses rêves, l’amélioration de sa qualité de vie, tout cela semble très alléchant ! Ces dernières années, la crise du coronavirus a accentué l’état de mal-être général de la société. Les psychologues et psychiatres ont vu ainsi leur charge de travail augmenter considérablement durant la crise. Certains, ont fait le choix de se tourner vers une nouvelle « thérapie », celle du développement personnel. 

Connaître ses propres besoins

Je suis allée à la rencontre de six femmes : Sirine, Khadija, Amal, Souad, Salima, Farida[1]. Elles ont toutes été séduites par cette nouvelle approche. Certaines ont réussi à utiliser les enseignements pour s’épanouir dans leur quotidien tandis que d’autres en gardent un goût amer. A leur demande, leur témoignage est anonyme. Sirine est convertie à l’islam. Le développement personnel a été un outil efficace pour elle. « L’objectif principal est d’apprendre à se connaître, à formuler ses propres besoins. Dans la communication non violente notamment, nous apprenons à formuler les choses car ce que l’on dit, la personne en face ne le reçoit pas de la manière dont nous le disons mais avec ses propres filtres. Cette communication non violente je l’applique principalement au sein de mon foyer avec mes enfants, mon mari. Il y a un manque de connaissance de notre religion et personnellement, je fais toujours un lien avec ma spiritualité. Chaque outil utilisé m’a permis de revenir en arrière et prendre conscience que cela existe aussi en Islam. Par ailleurs, il m’est arrivé de tester d’autres outils mais dès que cela me semble bizarre ou que les sensations que je ressens dans mon corps ne me plaisent pas, je ne m’aventure pas plus loin. »

Farida est coach. Curieuse de nature, elle a testé de nombreux outils de développement personnel. « Il faut le prendre en tant que musulmane pratiquante et donc mettre Allah au-dessus de tout et utiliser certains outils avec des pincettes parce qu’il est clair qu’il y a des dérives. Certains formateurs n’hésitent pas à faire appel au monde invisible au cours de leurs séances. Certains sont des chamans, donc c’est clair. Personnellement, j’ai toujours été fascinée par ce monde-là mais avant chaque séminaire ou séance je fais mes ablutions, je fais ma prière de consultation et je lis ayat al kursi pendant la séance, une manière de me protéger. Mais dans ma pratique de coach, il y a certains outils que j’ai mis de côté parce que j’ai des doutes concernant leur licéité. Ce sont des outils super puissants qui nous permettent d’aider des gens, je voyais des résultats très rapidement mais avec le recul j’ai préféré ne plus y toucher par crainte de franchir une ligne rouge. » 

Découverte d’un milieu obscur

Mais sur le chemin de cette quête parfois obsessionnelle du bonheur, les charlatans et autres guérisseurs jalonnent les sentiers.

Khadija est responsable d’une asbl à Bruxelles. Elle s’est intéressée à la question du développement personnel par hasard. Et au fur et à mesure de ses recherches, elle entre dans une sphère nébuleuse. « Je suis abasourdie par ce que j’entends et j’apprends de la bouche de ces femmes qui ont tenté l’aventure du développement personnel. Des sœurs, des amies que j’ai côtoyées et qui ont un bagage islamique, qui ont étudié dans des instituts reconnus à Bruxelles, sont tombées dans le piège et les dérives de cette pratique. »

Parmi les dérives, la connexion avec les esprits… « Une de ces femmes m’explique qu’elle s’est inscrite à un séminaire de communication non violenteCelle qui est responsable de ce centre est connue et reconnue par toutes les femmes de la communauté qui passent par le développement personnel. » Sur sa page Facebook, elle se présente comme guérisseuse, maître et dans la droite lignée de sorcières bannies il y a plusieurs siècles. « Je suis arrivée chez elle par un concours de circonstances en m’inscrivant à l’atelier de communication non violente » explique Salima. « Si de prime abord, elle utilise les outils classiques de la communication non violente comme la théorie de Rosenbergles 5 blessures de l’âme, … tout doucement elle oriente son discours sur l’enfant intérieur et ses blessures et pousse les participantes à révéler des éléments intimes de leur vie privée. Les femmes se confient alors, elle instaure un cadre de confidentialité, de confiance qui pousse à la révélation. »

Une addiction

«  Là où cela commence à dériver, c’est lorsqu’elle se lance dans des séances de guérison, où elle nous dit clairement qu’elle est chamane musulmane… elle dit qu’Allah lui a donné un don, qu’elle est souvent connectée avec Jibril… et que sa mission est d’éveiller les consciences. Je suis tombée dans le panneau à cause de grosses blessures personnelles. Les thérapies classiques sont onéreuses, longues, alors qu’elle, nous certifie que le processus de guérison se déroule en 10 séances. Il y a une véritable dépendance qui se crée, nous lui donnons une sorte de pouvoir sur nous, elle nous tient par nos révélations. Elle organise d’autres ateliers où elle fait appel à une chamane de France. Lors de ces séminaires-là, il n’est plus question que de chamanisme, de tambours et de transe. Des sœurs ont consommé des champignons hallucinogènes lors de ces séances, ce que j’ai toujours refusé. Avec d’autres sœurs, nous avons commencé à lui parler de notre mécontentement par rapport à certaines de ses pratiques, sa réaction a été de nous retirer du groupe. J’ai essayé d’en parler autour de moi, de porter plainte mais personne n’a voulu me suivre. Ce n’est plus de la communication non violente, elle crée de la dépendance chez des personnes fragiles, elle perturbe notre communauté, nos croyances mais personne ne fait rien, j’ai été vraiment dégoutée par le manque de soutien pour dénoncer ces dérives. » 

Des réactions violentes

Amal a aussi croisé son chemin il y a plusieurs années. Mais plusieurs éléments la perturbent très vite. « Je n’ai pas été réceptive, pour moi c’était de grands principes, de beaux discours mais dans la pratique il n’y avait pas grand-chose. Des amies m’ont accompagnée, certaines se sont éloignées tandis que d’autres sont encore dedans. Elles ont radicalement changé. Elles avaient des pratiques religieuses qui ont disparu. Ce qui m’intrigue, c’est qu’on a le sentiment qu’avec cette femme elles ont acquis des valeurs, des principes comme si avant cela elles n’en avaient jamais eus… pourtant ce n’est pas le cas. Lorsque je fais part de mes critiques et questionne les sources, j’ai été victime d’agressions verbales violentes. J’étais devenue celle qui n’était plus fréquentable… pour des personnes qui forment en communication non violente c’est un peu contradictoire… » Khadija, la responsable d’une asbl à Bruxelles, pousse, elle, ses recherches plus loin et à force de poser trop de questions, elle dérange aussi les adeptes de cette pratique. « J’ai reçu des menaces, des messages intimidants me demandant de rester à ma place et de m’occuper de mes cours de Aqidah et Fiqh. J’avais véritablement l’impression de rentrer dans la mafia, c’était assez incroyable. » 

Des bienfaits ? 

Il serait faux de réduire cette pratique à ces dérives qui existent et interpellent. Néanmoins, il convient de se demander s’il existe de réels bienfaits qui découlent de cette nouvelle « thérapie ». Ce n’est en tout cas pas l’avis du prédicateur et enseignant Sofiane Meziani qui s’est exprimé (un des rares prédicateurs qui s’est exprimé sur le sujet) dans une vidéo à visionner sur Youtube. « On ne peut accepter une chose qui produit des effets négatifs sous prétexte qu’elle contient de bons ingrédients.  Le coaching personnel mélange tout : la psychologie, la spiritualité, l’âme, l’esprit. Avoir une bonne santé mentale, ne nous empêche pas de vivre une vie pauvre spirituellement. Cette méthode vise à cultiver le goût de l’égo et non celui de la foi. » Autre point négatif selon le professeur, c’est que le développement personnel « développe davantage la confiance en soi que la confiance en Allah ». Enfin, toujours selon Sofiane Meziani, les seuls ingrédients positifs de cette méthode sont ceux empruntés aux religions et spiritualités. « Un concept est celui de la pleine conscience, Al khushù (en arabe), le recueillement dans la présence de Dieu. Ici, il est question de ressentir la présence divine tandis que dans le développement personnel, il faut ressentir le moi intérieur… ».

Souad a elle aussi été attirée par cette nouvelle pratique qui lui a permis comme Sirine de faire un parallèle avec sa foi, néanmoins elle ne conseillerait plus de se tourner vers cette méthode. « Je n’ai pas reçu d’éducation religieuse petite mais j’ai toujours été intéressée, je voyais des jeunes filles voilées se rendre à la mosquée pour apprendre et moi je les enviais. Mon père avait beaucoup de préjugés sur ces personnes-là. Donc j’ai dû attendre d’être adulte pour rechercher, apprendre mais je ne parle pas l’arabe, je ne le comprends pas, et le développement personnel m’a permis de mieux me connaître et par ricochet de mieux connaître mon créateur. J’ai eu des outils mais au final, tous ces outils on les retrouve dans notre religion : le Miracle Morning, le fait de se lever tôt, on l’a dans l’islam, le fait d’être dans la gratitude, le remerciement, c’est le dhikr. La cohérence cardiaque, c’est ce qui permet d’apprendre à contrôler sa respiration afin de réguler son stress et son anxiété, on l’a en lisant le coran… Tout est à notre portée mais j’ai dû d’abord apprendre ces outils extérieurs pour me rendre compte que tout était devant moi. »

Un culte de l’autonomie contraire aux valeurs islamiques

Alors que le public attiré par cette nouvelle méthode est essentiellement féminin, il est urgent de s’interroger et de remettre en question certaines dérives liées à cette pratique. Il convient aussi de rappeler que ces dérives ne doivent pas occulter les bienfaits inhérents au développement personnel. Chacun, avec sa propre grille de lecture, doit pouvoir opérer les bons choix en accord avec ses valeurs et sa spiritualité. En ce qui concerne l’Islam, ses enseignements sont clairs et ne permettent pas la perversion. Allah (swt) dit dans le coran : «  Nous n’avons point fait descendre sur toi le Coran pour que tu sois malheureux » Taha, verset 2. Dans la société du 21ème siècle, nous sommes pris dans une course effrénée. Un rythme soutenu dès le lever, ce stress constant génère un mal-être. Porter un regard réaliste sur notre âme et nos manquements, et se remettre en question constamment, c’est peut-être là le début d’une réforme intérieure pour vivre pleinement une vie qui au final, n’est qu’éphémère… 

H.B. 


[1] Noms d’emprunts