Quand la nature humaine s’efface derrière les écrans

Contempler le monde avec sagesse

Mon cœur éveillé examine le monde. Chaque souffle que je prends, chaque son que j’écoute, chaque rencontre que je vis devient une expérience précieuse à mon évolution. Dans ce monde multiple, chaque élément et chaque être conservent leur singularité ; et c’est dans cette singularité que réside la richesse du vivant. Je contemple la métamorphose du monde, même lorsque la nature se raréfie au milieu des villes. Je ressens les saisons et leur influence subtile sur les êtres. Je contemple la perfection du cycle de la vie. J’admire la création des cieux et de la terre, des vents et des mers. Je m’émerveille des aurores et des couchers de soleil, de la lune et des étoiles qui illuminent la nuit. La nature détient des trésors qu’aucune invention ne peut imiter ni dépasser.

Regard sur la nature et le progrès

À l’aube des innovations technologiques et numériques, nous redéfinissons notre rapport au monde et à nous-mêmes. Tandis que le monde applaudit les progrès du numérique, je demeure fascinée par la puissance cognitive et créative des hommes. Avant d’innover, ces êtres intelligents commencent toujours par observer attentivement le monde, en percevant ses forces, ses faiblesses, ses besoins et ses opportunités. Leur curiosité, sans cesse renouvelée, les pousse à explorer l’inconnu. Ils analysent les phénomènes, réfléchissent et imaginent des solutions inédites. Peu à peu, ces idées se transforment en innovations, en découvertes, en progrès qui transforment notre réalité. Certes, les découvertes technologiques sont remarquables, mais le processus même de l’innovation par l’homme l’est encore davantage.
L’homme est un miracle vivant, créé par Allah soubhana wa ta’ala : son anatomie, sa physiologie, ses interactions biochimiques invisibles et continues, ses systèmes vitaux ainsi que sa capacité exceptionnelle à naître, croître, se réparer, s’adapter et fonctionner reposent sur une organisation biologique d’une précision extraordinaire. Chaque cellule de notre corps est programmée pour un rôle précis et se renouvelle afin de nous maintenir en vie sans que nous levions le petit doigt. À cela s’ajoutent toutes les dispositions cognitives et sensorielles qui façonnent notre perception, notre pensée et notre comportement. Allâhou akbar, que de bienfaits sublimes !

La nature première des hommes

Depuis l’aube de l’humanité, les hommes luttent pour survivre, s’appuyant sur des compétences essentielles, telles que se protéger, se nourrir, s’hydrater, repérer les ressources et les dangers, s’orienter, respecter les équilibres écologiques et prodiguer des soins de base, tout en s’adaptant aux conditions du milieu et aux imprévus. La transmission de ces expériences de survie de génération en génération leur permettait de mieux comprendre leur environnement tout en tissant des liens sociaux. Ce processus d’apprentissage collectif renforçait la cohésion du groupe, car il reposait sur l’entraide et la communication. Ainsi, en même temps qu’ils acquéraient des compétences vitales, les individus développaient des liens sociaux solides et indispensables à la survie et à la prospérité de l’humanité.

Le prix caché du progrès

En 2025, notre mode de vie a profondément changé : nous avons gagné en technologie et en confort, mais perdu en interactions sociales. Nous avons progressivement laissé s’effacer les savoirs liés au monde naturel, pour nous tourner vers des activités secondaires de divertissement, comme celles du numérique — réseaux sociaux, jeux vidéo ou streaming.
Inutile de citer des chiffres pour attester que les écrans fragilisent nos esprits et nos liens. Les signes sont déjà visibles dans nos vies, dans nos proches, dans les conversations qui s’éteignent et les silences qui s’allongent. Nous sommes déjà témoins des dégâts que provoque ce monde hyperconnecté. Ces distractions agissent comme un voile invisible qui capte notre attention, nous éloignant du moment présent, de nos devoirs et de nos interactions réelles, nous faisant dériver dans un courant incessant d’informations et de stimulations artificielles. Cette distraction délétère engendre l’isolement progressif des hommes, fragilise le tissu social et détériore peu à peu la qualité des relations humaines. La technologie n’est un véritable progrès que si les savoirs fondamentaux sont transmis et les liens sociaux préservés.

Reconnaître les dérives pour retrouver l’équilibre

L’homme est incontestablement un être bio-psycho-socio-culturel. Ce n’est qu’en interagissant avec son environnement et avec ses semblables qu’il pourra évoluer, grandir et se construire pleinement. Les neurosciences confirment que notre cerveau doit être stimulé tout au long de la vie. La neuroplasticité, cette capacité du cerveau à se remodeler et à créer de nouveaux chemins, s’épanouit grâce aux activités physiques, intellectuelles et sociales. Marcher, lire, apprendre, peindre ou jouer stimulent l’esprit, tandis qu’échanger, débattre et collaborer élargissent notre regard et affinent notre intelligence. À l’inverse, l’absence de ces stimulations entraîne un déclin cognitif et l’affaiblissement progressif du tissu social. Ce constat nous pousse à nous arrêter et à réfléchir au devenir de l’humanité. Ce monde nouveau, fascinant et complexe, nous confronte à nos choix, à nos responsabilités et à notre relation à la vie.

Renouer avec notre nature première

Renouons avec notre équilibre vital, en cultivant le mouvement, la curiosité, la créativité et les liens humains. Prenons le temps de vivre ensemble, de nous observer et de nous comprendre ; discutons, nourrissons notre esprit, marchons, courons et vivons pleinement. Osons des expériences nouvelles pour maintenir notre esprit dans le monde des vivants, car notre véritable devoir est de préserver ce miracle qu’est l’humanité. Continuons d’affronter nos défis, de partager nos joies, nos peurs et nos tristesses. Souvenons-nous enfin que la technologie doit rester un outil au service de l’homme, et non un instrument qui le dénature.

E.F.

En mode vacances

Si je vous dis « vacances », à quoi pensez-vous ?

Soleil, plage, allongé sur un transat, une boisson fraîche à la main, les doigts de pied en éventail, et surtout… l’odeur iodée de la mer et le bercement des vagues en arrière-plan. Se prélasser sans se soucier de quoi que ce soit, voilà le schéma parfait pour des vacances réussies.

C’est cliché, me direz-vous ?! Du moins, dans l’imaginaire collectif, c’est l’idée même que nous nous faisons des vacances.

Et pourtant, à l’origine, les « vacances » dans l’histoire occidentale n’étaient pas liées au farniente. Au contraire, c’était un temps de labeur[^1].

Et en tant que croyant, que dit l’islam sur cette notion de vacances ?

Que dit l’islam ?

L’islam définit plutôt la notion de temps libre, de repos et de voyage.

« Il existe deux bienfaits au sujet desquels beaucoup de gens sont trompés : la bonne santé et le temps libre. »[^2]

Ce que nous comprenons de ce hadith, c’est que parmi les bienfaits que Dieu accorde à l’être humain (et que l’on n’estime pas à leur juste valeur) figurent : la santé du corps et le fait de ne pas être occupé. En effet, l’individu ne peut se consacrer à l’adoration que s’il dispose de ce dont il a besoin et s’il est en bonne santé.

Ainsi, il peut être à l’abri du besoin mais en mauvaise santé, ou inversement, être en bonne santé mais accaparé par les soucis du quotidien. Dans ces cas, il lui sera difficile de se consacrer au savoir ou à sa mise en pratique, puisqu’il sera préoccupé à gagner sa vie.

Donc, celui qui profite de ces deux avantages, mais se montre insouciant quant à l’obéissance et aux actes d’adoration, est bel et bien celui qui s’est fait tromper, c’est-à-dire : le perdant[^3].

Les bienfaits visibles font référence à toutes les grâces, faveurs et bénédictions que Dieu accorde à Ses créatures. Ces bienfaits sont innombrables et englobent tout ce qui est bon, beau et utile dans la vie — qu’elle soit matérielle ou spirituelle.

« Et quant au bienfait de ton Seigneur, proclame-le ! »[^4]

Selon Ibn Qayyim Al-Jawziyya[^5], la reconnaissance d’un bienfait s’appuie sur trois piliers :

  • En éprouver une profonde gratitude
  • L’exprimer clairement
  • Utiliser le bienfait de manière à satisfaire son Bienfaiteur

De plus, Dieu nous incite à parcourir Sa terre pour découvrir l’étendue de Sa création, pour nous rappeler que tout vient de Sa Toute-Puissance. À travers l’exemplarité du Prophète ﷺ, notre pratique religieuse est facilitée : raccourcissement ou regroupement des prières, invocations exaucées du voyageur, allègement du jeûne du Ramadan pour le voyageur…

« C’est Lui qui vous a soumis la terre : parcourez donc ses grandes étendues et mangez de ce qu’Il vous fournit. »[^6]

En résumé

L’islam valorise le temps de repos et le voyage, car le bien-être physique et spirituel est essentiel dans le cheminement vers Dieu.


Pour des vacances réussies

Passer de « bonnes vacances » signifie simplement ne pas aller à l’encontre de ce que l’islam prescrit. C’est pourquoi il est fondamental de bien choisir sa destination et ses activités.

Je suis musulman, même en vacances ! Mes obligations ne sont pas en « mode avion » ni en « batterie faible ».

L’islam nous apprend à trouver l’harmonie d’une vie sereine dans la modération, à la fois tournée vers l’au-delà :

« La vie dernière est meilleure et plus durable »[^7]

… tout en restant soucieuse de réalisation personnelle ici-bas :

« N’oublie pas ta part en ce bas monde. »[^8]

La Sunnah encourage également le voyage avec une intention claire : apprentissage, visite familiale, renforcement des liens fraternels… même le pèlerinage reste un voyage.

Bref, il s’agit de comprendre que le sens de l’adoration est plus vaste, plus profond, plus complet que la simple exécution de rites. Les vacances en font partie. Elles offrent un moment propice pour (re)consolider notre connaissance de Dieu à travers Ses Noms et Attributs.

Voici quelques pistes :

  • Découvrir une création opulente à travers des paysages grandioses
  • Se retrouver en famille, créer de nouveaux souvenirs par des activités (sorties, sport, visites…) ou transmettre son héritage familial (visite des lieux d’origine des grands-parents, etc.)
  • S’ouvrir à d’autres cultures[^9] : interagir, apprendre mutuellement entre ethnies et traditions
  • Faire le bilan de l’année écoulée : où en suis-je dans ma vie, mes projets, ma relation à Dieu ?
  • Enrichir ses connaissances par des lectures, des visites, des musées, des mosquées…
  • Planifier un apprentissage ou consolider ses acquis en sciences islamiques ou autres
  • Se couper des distractions (sauf obligations) pour se recharger mentalement après une année éprouvante : travail, stress, épreuves… Ici, on parle bien de santé mentale[^10].

Finalement, prendre soin de son équilibre de vie fait partie des responsabilités du croyant. Les vacances deviennent alors un moyen précieux, utile, pour nourrir sa bonne santé physique et mentale. Le but est d’adopter une approche modérée, équilibrée, en évitant les extrêmes, dans tous les aspects de la vie : spirituel, social, personnel.


Alors, à tous ceux qui partent en voyage : que Dieu soit votre compagnon de route !

Najoua

Najoua


[1]  Pour en savoir plus : voir sur notre blog l’article  Qu’est-ce que tu fais pour les vacances? – L’Autre Regard

[2] Hadith Al Boukhari (rh)-6412 (dans son Sahih), rapporté par ‘Abdullah Ibn ‘Abbas (ra) qui relate les propos du prophète Mohammad ﷺ

[3] Hadith: Deux bienfaits au sujet desquels sont trompés beaucoup de gens : la santé et le temps libre. – Encyclopédie des paroles prophétiques traduites

[4] Coran, tiré de la sourate 93, le verset 11.

[5] Les degrés des itinérantsTome II, p.215 : la station de la gratitude ( Ash Shukr), traduit par Hassan Boutaleb. Editions : Al Bouraq.

[6] Coran, tiré de la sourate 67, le verset 15.

[7] Coran, tiré de la sourate 87, le verset 17.

[8] Coran, tiré de la sourate 28, le verset 77.

[9] Coran, tiré de la sourate 49, le verset 13.

[10] La santé mentale est définit comme un état d’équilibre et de bien-être, intimement lié à la foi et à la spiritualité. Elle englobe l’être humain dans un schéma de paix intérieure, même dans la lutte : « Nous avons, certes, créé l’homme pour une vie de lutte. » Coran, tiré de la sourate 90, le verset 4.

Reprendre le contrôle

Si l’actualité nous déprime, si nous avons l’impression que notre Terre brûle, que les plus grandes fortunes de la planète captent toujours plus de richesses alors que la pauvreté monte en flèche, que les partis d’extrême droite prennent plus de place au sein des grands pouvoirs politiques en Europe[1] et dans le monde, que les droits humains les plus fondamentaux sont bafoués, que la notion même de démocratie est en danger, alors nous sommes en présence d’une réalité menaçante.

Parce que voir et constater les injustices à l’œuvre, la montée des inégalités, la destruction de l’environnement et de la planète sans s’indigner, sans ressentir une envie profonde de changement, est préoccupant. Il ne nous reste alors qu’un choix inévitable mais nécessaire pour reprendre le contrôle : Résister !

La résistance intellectuelle

La résistance est un mot chargé d’histoire, lourd de sens. Sommes-nous entrés aujourd’hui dans une phase de résistance ?

Nous assistons à un basculement historique marqué par l’ascension potentielle de l’extrême droite au pouvoir.[2] Ce n’est pas anodin, car il ne s’agit pas d’un simple changement politique parmi d’autres, mais d’un mouvement dangereux qui abîme la démocratie à des degrés divers. Aujourd’hui, nous sommes attachés à la démocratie et aux droits humains. Nous refusons de voir les discriminations s’institutionnaliser. C’est pourquoi il est urgent de résister contre cet écosystème de haine afin qu’il ne perdure pas. L’Histoire nous rappelle vers quoi nous nous dirigeons si nous manquons de vigilance.

Parler de résistance n’est pas un appel au soulèvement violent ni à la prise des armes. Ici, il est question d’une résistance informationnelle, d’une résistance intellectuelle. En effet, ce mouvement extrême s’empare de la société à travers un vocabulaire soigneusement choisi, une propagande bien ficelée et des thématiques ciblées.

Nous avons un rôle à jouer : sans dépolitiser les enjeux, nous devons nous rappeler que nous avons la capacité d’agir de multiples façons. La résistance pacifique passe par les mots, les livres, la bataille de l’information : comprendre pour mieux saisir, comprendre pour mieux agir, comprendre pour mieux transmettre. Sans culture historique et politique, on ne peut que s’égarer. Résister à l’oppression, à l’exploitation des hommes et de notre planète passe par le décryptage de l’information, un exercice extrêmement difficile:

« Vous voulez lutter contre les injustices, pour la paix, pour la planète ? De quoi avez-vous besoin ? D’abord d’une information qui reflète la réalité. Or, sur ce chemin, les pièges sont nombreux : entre les copinages de l’industrie médiatique et certains fantasmes sur le Net, entre les agences chargées de vendre les guerres et la répression des lanceurs d’alerte, entre les influences politico-militaires sur le cinéma d’Hollywood et les intimidations croissantes à l’encontre des journalistes, il faut tenir sa garde : l’info est bien un sport de combat. »[3]

Prise de conscience

La montée de l’extrême droite et de ses dérives[4] nous place dans une posture d’indignation.[5]  L’indignation est la capacité à ne pas accepter comme un état de fait une situation que l’on considère injuste. Elle peut être le déclencheur de la résistance, car dans l’Histoire, c’est bien ce sentiment qui a provoqué de grands changements : face à une situation jugée insupportable, des personnes ont tout mis en œuvre pour que les choses évoluent.

Nous vivons à une époque où, sur les réseaux sociaux, tout le monde s’indigne pour un oui ou pour un non. Cela donne l’impression que l’indignation est devenue une facilité de l’esprit, ce qui la décrédibilise. Il est donc fondamental, avant de s’indigner, de vérifier ses sources, d’obtenir une information complète, libre et pertinente, et d’examiner les raisons de cette indignation. Car on ne s’indigne pas sur une croyance, mais sur un fait réel. Ce n’est qu’ensuite que l’on peut passer à l’action, pacifiquement et intelligemment. Sans cela, l’indignation n’a que peu d’intérêt. Toutefois, il est sain de la ressentir.

L’Homme est appelé à parfaire cette humanité en lui, de génération en génération. Chaque culture, chaque communauté porte en elle quelque chose d’universel : se connecter au meilleur de ce qui existe et effectuer un « tri sélectif » afin de réformer ce qui doit l’être. Chacun de nous est responsable d’apporter à son époque une note d’espérance constructive : c’est la voie de la démocratie.

« Être homme, c’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde. »

Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes.

Autrement dit, il s’agit d’une manière de vivre ensemble et de se renforcer collectivement face aux défis de notre temps : la diversité dans l’unité.

Être fort intellectuellement, c’est donner à nos vies un horizon plus vertueux et sortir de cette torpeur du superficiel et de la démesure qui nous fossilise dans l’inaction. Être fort éthiquement, c’est rappeler que le vent du changement impose souvent de dire non face aux humiliations infligées par ceux qui croient avoir tout pouvoir sur nous. Être fort humainement, c’est construire ce pour quoi nous avons été créés et remettre le bien-être humain au centre de nos préoccupations :

« Les temps difficiles créent des hommes forts. Les hommes forts créent des périodes de paix. Les périodes de paix créent des hommes faibles. Les hommes faibles créent les temps difficiles. »

Ibn Khaldoun, savant musulman, économiste, homme d’état, sociologue du 14 ième  siècle.

Najoua

[1] Pour en savoir plus : documentaire de ARTE diffusé le 27 aout 2024. « White Power : au cœur de l’extrême droite européenne »

[2]www.fr.statista.com/themes/10062/la-montee-de-l-extreme-droite-en-europe/#topicOverview.

[3] L’information est un sport de combat de Adam BOUITI. Editions : Investig’Action. 2024

[4] Pour en savoir plus : Résister de Salomé Saqué. Editions : Payot. Paru en 2024

[5] Indignez-vous ! de Stéphane Hessel. Paru en 2010. Editions : Indigène. A travers cet essai, l’auteur nous rappelle les vertus de l’indignation.

Quand l’Histoire fait mentir les clichés : l’islam, pionnier des droits des femmes

Ah, le mythe tenace d’un islam oppressant pour les femmes… Alors qu’en réalité, l’islam, dès ses origines, les a élevées au rang de figures essentielles dans la société. Conseillères, cheffes d’armée, gardiennes de savoirs et enseignantes : les femmes musulmanes des premiers siècles ont marqué l’Histoire bien au-delà de ce que l’on ose parfois imaginer. Petit voyage dans un passé glorieux qui ferait pâlir de jalousie bien des “modernes”.

Khadija : entrepreneuse, stratège et conseillère de génie

On commence par Khadija bint Khuwaylid, première épouse du prophète Mohamed ﷺ. Pas une femme ordinaire, mais une entrepreneuse prospère à la tête d’une caravane commerciale. Imaginez une “CEO” avant l’heure, mais sans le parachute doré.

Khadija n’a pas seulement financé la mission prophétique avec ses richesses. Elle a été la première croyante et, surtout, une conseillère avisée pour son époux. Lorsque le prophète Mohamed ﷺ, bouleversé par la première révélation, rentra tremblant à la maison, c’est Khadija qui l’apaisa, analysa la situation et l’encouragea à poursuivre sa mission.  Pas mal pour quelqu’un qui, selon certains clichés, serait “soumise”.

« On a douze siècles d’avance, ça va aller mais merci pour votre sollicitude. »

Aïcha : érudite, médecin et cheffe d’armée

Aïcha bint Abu Bakr, l’une des épouses du Prophète, est une autre figure incontournable. À la fois politicienne, enseignante et pionnière en médecine, son influence s’étendait sur plusieurs générations.

La médecine prophétique

Réputée comme l’une des plus grandes expertes de la médecine prophétique, Aïcha maîtrisait l’art des traitements naturels et des remèdes. Les compagnons du prophète Mohamed ﷺ la surnommaient d’ailleurs “la meilleure des médecins”, et pas pour la flatter. Ses connaissances n’étaient pas théoriques : elle soignait, diagnostiquait et transmettait son savoir avec une précision remarquable.

Cheffe d’armée et politicienne

Si vous pensez que les femmes en politique, c’est une nouveauté, revoyez vos classiques. Aïcha a dirigé une armée lors de la célèbre bataille du Chameau. Stratège, éloquente et charismatique, elle a marqué son temps comme une cheffe politique redoutable.

Enseignante et érudite

Avec pas moins de  2 210 hadiths rapportés et une expertise reconnue en théologie, jurisprudence et exégèse, Aïcha était aussi une enseignante respectée. Des hommes et des femmes venaient de loin pour étudier auprès d’elle. Et pendant ce temps-là, en Europe ? Les femmes étaient toujours interdites d’université…

Hafsa : gardienne de la parole divine

Hafsa bint Umar, fille du deuxième calife Omar et épouse du Prophète, n’a pas eu qu’un rôle symbolique dans l’histoire de l’islam. Sa plus grande mission ? Devenir la gardienne du Coran.

Après la compilation du texte sacré sous Abu Bakr, c’est Hafsa qui fut choisie pour conserver la version originale du manuscrit. Pourquoi elle ? Parce qu’elle était reconnue pour sa piété, son intelligence et sa fiabilité. Plus tard, cette copie servira de base pour la standardisation du Coran sous le califat d’Othman. En résumé : sans Hafsa, pas de Coran tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Hafsa incarne aussi la confiance et le respect que l’islam accorde aux femmes compétentes. Gardienne de la parole divine : il faut avouer que ça claque comme titre de poste.

Nussaiba bint Ka’ab, une soldate résiliente 

Nussaiba bint Ka’ab, aussi connue sous le nom d’Umm ‘Ammarah, est une figure emblématique de l’histoire islamique, reconnue pour son courage exceptionnel et sa foi inébranlable. Elle participa à plusieurs batailles majeures, dont Uhud, Hunayn et Yamamah. Lors de la bataille de Yamamah, elle subit de nombreuses blessures, y compris la perte de son bras, tout en poursuivant son vœu de se venger de Musaylima l’Imposteur, qui avait torturé et tué son fils, Habib. Avec son fils Abdullah, elle joua un rôle dans la mise à mort de Musaylima.

Après cette bataille, Nussaiba retourna à Médine, où elle vécut ses dernières années. Elle est décédée durant le califat de Umar ibn al-Khattab, qui la tenait en haute estime pour ses sacrifices et son dévouement. Il veilla à ce qu’elle soit honorée et qu’elle reçoive des récompenses à la hauteur de ses actions héroïques.

Nussaiba reste un exemple éclatant de foi, de bravoure et de dévouement, et son histoire continue d’inspirer les générations musulmanes comme symbole de justice et de résilience

Elle est citée pour ses contributions dans les cercles de savoir et pour son courage dans des missions diplomatiques et sociales.

Les droits économiques et sociaux : quand l’islam devance son temps

On parle souvent de l’émancipation économique comme d’une lutte récente. Sauf que, sous le califat d’Omar ibn al-Khattab, on avait déjà tout compris :

  • Prime de naissance pour chaque nouveau-né.
  • Allocation d’allaitement, versée aux mères pour soutenir l’éducation des nourrissons.
  • Allocations familiales, bien avant que l’Europe n’y pense au XXᵉ siècle.

Cerise sur le gâteau : dans l’islam, la femme conserve intégralement ses biens et ses revenus. Elle n’a aucune obligation financière envers sa famille, contrairement au mari qui doit tout assurer. Même les dépenses pour les enfants sont sa responsabilité. Madame peut choisir de travailler, mais elle n’est pas obligée. Alors, c’est qui le progressiste ici ?

Comparaison avec l’Occident : une avancée de plusieurs siècles

Pendant que le monde musulman valorisait déjà les contributions des femmes, l’Occident avait encore du mal à se décider :

  • Éducation : Les filles en Occident n’ont eu accès à l’école qu’à partir du XIXᵉ siècle. Dans l’islam, hommes et femmes avaient l’obligation d’apprendre dès le VIIᵉ.
  • Vote et politique : Les musulmanes participaient activement à la vie publique dès les débuts de l’islam. En France, les femmes n’ont obtenu le droit de vote qu’en… 1944.
  • Protection sociale : Les allocations familiales ? Inventées sous Omar ibn al-Khattab, pendant que l’Europe se demandait encore si les enfants n’étaient pas juste une “main-d’œuvre miniature”.

Une vision intemporelle : quand modernité rime avec tradition

L’histoire de l’islam regorge de figures féminines puissantes et inspirantes :

L’islam n’a pas attendu les révolutions féministes du 20ᵉ siècle pour garantir aux femmes un rôle central dans la société. “Iqra” (Lis), le tout premier mot révélé au prophète Mohamed ﷺ, n’est pas une simple directive. C’est une révolution intellectuelle, une invitation à explorer, comprendre et transmettre le savoir. Ce verset souligne l’obligation sacrée pour chaque musulman d’être un ambassadeur de la connaissance. Non seulement cela impose d’avoir une bibliothèque bien fournie — et surtout dépoussiérée —, mais aussi de partager ce savoir pour éclairer le monde.

Le prophète Mohamed ﷺ a d’ailleurs déclaré :

« La quête de la connaissance est une obligation pour tout musulman. » (Sunan Ibn Majah, Hadith 224).

Dans cette quête du savoir, le musulman ne peut jamais être dans l’inertie. La connaissance ne peut être thésaurisée.  ll ne se contente pas de consommer le savoir : il le propage. Le croyant l’acquiert ou le transmet.

Dans un monde où les informations circulent à une vitesse vertigineuse, il se doit de trier, comprendre et incarner les principes qu’il apprend. L’exemple des premières figures féminines de l’islam et la place centrale de la connaissance dans cette civilisation devraient inspirer chaque génération à devenir des phares de lumière dans un océan d’ignorance.

Mesdames, lorsque vous entendrez,  l’islam est en retard, redressez vos épaules, relevez le menton, souriez avec dignité et rappelez-vous ces femmes incroyables.

« On a douze siècles d’avance, ça va aller mais merci pour votre sollicitude. »

Alors, la prochaine fois que vous ouvrirez un livre, souvenez-vous : vous suivez l’ordre divin d’Iqra”. Et avec chaque mot lu, vous contribuez à faire revivre l’héritage intellectuel glorieux de l’islam. “Iqra”, et que la lumière de votre savoir illumine le monde.

Nelm

Evere, le cimetière multiconfessionnel bientôt saturé : une urgence pour la communauté musulmane

Dès le mois de juin prochain, le cimetière multiconfessionnel de la région bruxelloise pourrait atteindre sa capacité maximale. Cette situation inquiète fortement le Conseil Musulman de Belgique (CMB alors qu’aucune solution alternative n’a été mise en place à ce jour. Le CMB appelle à la mobilisation. 

Les parcelles multiconfessionnelles du cimetière d’Evere arriveront à saturation dès le mois de juin prochain.  Michael Privot, administrateur du Conseil Musulman de Belgique (CMB), tire la sonnette d’alarme : « Il est minuit moins une. Il est urgent que nos représentants communaux et régionaux prennent leurs responsabilités. Nous appelons les membres de la communauté à se mobiliser et à interpeller leurs élus pour qu’une solution viable soit trouvée.»

Une crise amplifiée par les changements post-Covid

La saturation du cimetière multiconfessionnel est à mettre en lien avec les profonds changements survenus dans les habitudes funéraires des musulmans de Belgique. Avant la pandémie de Covid-19, la majorité des défunts d’origine marocaine ou turque étaient enterrés dans leur pays d’origine. Cependant, la crise sanitaire a bouleversé cette tendance. Avec les restrictions de voyage et les difficultés logistiques engendrées par la pandémie, de nombreuses familles musulmanes ont choisi d’inhumer leurs proches en Belgique. Cette option, qui permet de réduire les coûts et de faciliter le recueillement, semble aujourd’hui s’installer durablement dans les habitudes. Les familles peuvent ainsi rendre plus fréquemment hommage à leurs proches disparus.

Une mobilisation urgente et nécessaire

Le Conseil Musulman de Belgique exhorte la communauté à agir rapidement. « Nous ne pouvons pas attendre que la situation devienne ingérable. Il est essentiel de prévoir de nouveaux espaces d’inhumation pour répondre à l’évolution des besoins de la communauté musulmane. Plusieurs pistes sont évoquées, notamment l’agrandissement des infrastructures existantes ou la création de nouveaux cimetières multiconfessionnels. Mais ces solutions nécessitent un consensus politique et des investissements rapides, autant d’éléments qui manquent pour l’instant », souligne Michael Privot. Sans solution rapide, les musulmans bruxellois n’auront pas d’autres choix d’enterrer leurs défunts en Wallonie où les parcelles sont disponibles, avec des coûts plus élevés en raison de la distance. 

H.B.

La technoscience, le nouvel ordre du monde

Pour nos sociétés, la science moderne a deux grandes finalités : développer la science pour la science (à la recherche de connaissances) et développer la science pour accroître le pouvoir de maîtriser la nature et l’homme (à la recherche d’une domination égocentrique). Cette ambivalence ne nous laisse pas indifférents. Elle est à la fois source d’espoir, car elle conditionne nos existences, et source de crainte, car elle confère une puissance immense sur le monde.

Notre pouvoir de transformation, de bouleversement irréversible, n’a jamais été aussi grand. Réfléchir à la science présente un intérêt particulier puisqu’elle témoigne de notre conscience d’appartenir au monde et des devoirs qui accompagnent cette puissance. Cependant, le statut que nous occupons dans la société ne nous procure pas une satisfaction totale. Grâce à la science, nous avons le pouvoir de créer un monde à notre image, affichant notre toute-puissance et notre supériorité à l’image d’un dieu, quitte à franchir les frontières de l’éthique et de la moralité. Plus la maîtrise de la science s’accroît, plus la moralité semble s’éloigner de nous, car ce pouvoir a un prix : notre humanité.

La science, pour le meilleur et pour le pire

Les progrès techniques, les améliorations de notre niveau de vie et les connaissances dont l’homme dispose (qui augmentent sans cesse sa maîtrise de son environnement) lui permettent d’utiliser son imagination pour améliorer ses conditions de vie et faciliter son quotidien. L’histoire nous a montré à plusieurs reprises que la science entretient des liens étroits avec les aspects sociaux, politiques et économiques de nos sociétés. La grandeur de la science se manifeste lorsqu’elle est mise au service d’une valeur universelle : l’Humain.

Cependant, l’ensemble des populations humaines, notamment dans les pays en développement, n’en bénéficie pas nécessairement, car des décisions politiques et économiques s’y mêlent. Définir ce qui constitue un progrès pour l’humanité revient alors à se demander ce qui est souhaitable pour l’homme, voire même à définir ce qui caractérise l’être humain. Vaste et complexe question !

« Puisque nous idolâtrons la science de par ses méthodes et son potentiel d’action, nous nous croyons capables non seulement de tout connaître, mais de tout faire. »

Les événements actuels au Moyen-Orient nous rappellent ce que nous ne sommes pas : des êtres dotés de raison, caractérisés par l’intelligence, la capacité de se développer, et une conscience éthique et morale. Et pourtant, l’impensable se déroule sous nos yeux.

« Peut-on vraiment qualifier d’homme celui qui tue, celui qui préfère la guerre aux mots pour résoudre les conflits ? À quoi bon avoir le don de la parole si nous nous contentons d’utiliser nos armes, de mobiliser cette science qui nous élève à un rang supérieur pour tuer nos semblables ? (…) Sommes-nous des hommes, nous qui avons torturé, provoqué des génocides, exterminé des peuples simplement parce qu’ils étaient différents ? La différence est-elle à éradiquer ? Qui sera alors épargné ? (…) Où sont les valeurs qui font de nous des êtres humains ? »

L’orgueil humain a franchi les limites de l’inconcevable. Nous voyons aujourd’hui à quel point l’homme manifeste de la violence et de l’irresponsabilité envers la nature et ses semblables : destruction des forêts, dévastation des écosystèmes, planète torturée, peuples massacrés, etc. Mais l’homme a un appétit insatiable. Jusqu’où ira-t-il ? Jusqu’à sa propre perte ?

Une bombe à retardement

« La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d’être des hommes. »

Cette citation de Jean Rostand souligne l’impact de la science sur l’homme. Il explique qu’en dépit des avancées scientifiques dans de nombreux domaines, des connaissances qui repoussent les limites de l’ignorance et des facilités qu’elle nous offre au quotidien, la science, et plus particulièrement la technologie, a réussi à transformer l’être humain. Au point de semer la misère pour récolter l’argent, de tuer ses semblables pour étendre son territoire, de détruire notre planète pour asseoir sa domination. Parallèlement à la réduction des sphères de l’inconnu, la science a repoussé les frontières de l’humanité. Jean Rostand remet en question la légitimité pour l’homme d’atteindre un tel niveau de connaissance et de pouvoir.

Cette citation invite à réfléchir sur l’équilibre fragile entre la science et l’humanité, ainsi que sur les avancées scientifiques. Au lieu de cultiver en nous l’humilité, la science suscite la convoitise, l’orgueil et la passion. Nous conduit-elle du côté obscur de l’âme humaine ?

Tout au long de l’histoire de l’humanité, science et conflit armé ont été intimement liés. Dans l’ère moderne, le basculement décisif dans l’apport scientifique aux conflits a été marqué par l’apparition de la bombe atomique, véritable changement de paradigme. C’est la science qui a donné naissance à l’arme nucléaire. Dès lors, penser qu’elle est une quête « désintéressée » de connaissances est illusoire. Chaque objectif militaire peut être atteint efficacement grâce à la recherche scientifique, justifiant ainsi les moyens déployés.

La technoscience représente une menace sérieuse pour la paix, et donc pour l’humanité. Nous assistons à une démonstration de force à travers des armes de destruction massive, des armes bactériologiques et chimiques, exaltées par ceux qui les produisent et ceux qui les idéalisent. Les médias et discours politiques vantent l’efficacité de la technologie dans les conflits, occultant les désastres qui en découlent. Assis à l’abri dans son « bureau », le militaire tout-puissant, manipulant un ordinateur, envoie des drones « soldats » en mission au bout du monde sans penser aux conséquences de ce simple geste.

Jean Rostand n’a pas tort lorsqu’il affirme que nous sommes devenus des dieux avant même de pouvoir être qualifiés d’hommes. Bien que nous ne possédions pas littéralement les pouvoirs d’omnipotence, d’omniscience et d’omniprésence propres aux divinités, les technologies actuelles nous en rapprochent. Cependant, la dimension morale est bien souvent oubliée, voire occultée.

À moins que les consciences ne s’éveillent…

Najoua

Élections communales du 13 octobre : Mobilisons-nous pour notre avenir local !

Le 13 octobre prochain, les citoyens belges seront, une nouvelle fois, appelés aux urnes pour élire leurs représentants communaux. Ces élections, souvent considérées comme moins importantes que les scrutins fédéraux ou régionaux, sont pourtant cruciales. Elles déterminent directement l’avenir de notre cadre de vie, la gestion de nos services publics et la réalisation des projets locaux qui touchent chacun d’entre nous.

Pourquoi voter est essentiel ?

Les élus communaux jouent un rôle clé dans la vie quotidienne : ils décident des politiques en matière d’urbanisme, d’éducation, de transport, de culture et d’environnement. Leur gestion influence la qualité des infrastructures, des écoles, des espaces verts et bien d’autres services essentiels à la communauté. En participant à ce processus démocratique, vous avez le pouvoir de choisir les personnes qui seront responsables de ces décisions. Néanmoins, beaucoup de citoyens se sentent déconnectés des enjeux ou pensent que leur vote ne fera pas de différence. Pourtant, chaque voix compte. C’est précisément au niveau local que nous pouvons le plus facilement faire entendre nos préoccupations et obtenir des résultats concrets. Une faible participation peut également conduire à des résultats qui ne reflètent pas les véritables aspirations de la population. Plus nous serons nombreux à voter, plus le conseil municipal sera représentatif de la diversité et des attentes de chacun. Cette année, une particularité importante à noter, la Flandre à décider de ne plus rendre le vote aux élections communales obligatoire, une décision qui aura surtout un impact auprès des populations plus défavorisées. Statistiquement, ce sont surtout les populations issues des catégories sociales plus fragilisées qui s’abstiennent de voter, or cela pourrait renforcer davantage les partis de droite et d’extrême-droite. 

Notre commune, notre responsabilité

Nous avons tous un rôle à jouer pour bâtir une commune dynamique, inclusive et tournée vers l’avenir. Le 13 octobre, nous avons une occasion unique de nous exprimer et de participer activement à la vie de notre commune. Ne laissons pas cette opportunité nous échapper. Le résultat du scrutin sera intéressant à connaître sur plusieurs communes notamment à Molenbeek où la bourgmestre PS, Catherine Moureaux risque de perdre le mayorat face à une concurrence importante avec le MR qui rêve de le lui brandir, mais aussi avec la liste Molenbeek Autrement lancé par l’ex-CDH Ahmed El Khannouss et Team Fouad Ahidar qui entend bien continuer à surfer sur la victoire obtenue le 09 juin dernier aux élections régionales et fédérales. Team Fouad Ahidar qui présente d’ailleurs des listes dans 7 communes bruxelloise : outre Molenbeek, à Schaerbeek, Anderlecht, Jette, Saint-Josse, Woluwe Saint-Lambert et Bruxelles-Ville. 

Des priorités

Logement, propreté, sécurité, constituent les priorités majeures de ces élections communales. Le port de signes convictionnels pour les agents communaux ou encore le plan good move sont des sujets qui reviennent régulièrement lors de cette campagne électorale. Un seul mot d’ordre : Mobilisez-vous, parlez-en autour de vous, et faites entendre votre voix ! Chaque vote compte pour construire un avenir local qui nous ressemble.

H.B.

L’ère de la botte

Ceux qui ont lu l’œuvre 1984 de Georges Orwell, savent qu’il s’agit d’une dystopie, d’un livre d’anticipation. Le principe de ce genre de roman est de décrire un monde futuriste virant au cauchemar à travers une idéologie totalitaire sur fond de pouvoir absolu sur la politique, l’économie et les moyens de communication. Ces romans ont la lourde tâche de nous indiquer les dangers d’un avenir, sombre et totalitaire ; mais aussi de nous faire réfléchir sur les moyens de les éviter et d’y résister.  

Le récit se déroule à Londres, en 1984, dans un monde où chaque aspect de la vie est contrôlé et surveillé par le Parti, une organisation puissante dirigée par le mystérieux Big Brother. Le personnage principale, Winston Smith, travaille pour le Parti et se trouve confronté à des dilemmes moraux et éthiques qui le poussent à remettre en question sa loyauté et son rôle au sein de cette société oppressive. A travers son regard, Orwell explore les rouages du pouvoir totalitaire sous forme de manipulation de l’information, de perte de liberté, de police de la pensée et du langage. 

1984 est une œuvre qui nous interpelle, un roman captivant, une mise en garde, une anticipation politique, qui donne pas ou peu d’espoir dans ce tableau sombre d’une société esclave des écrans et de la propagande. 

Et pourtant, 1984 reste un livre incontournable qui semble résonner avec nos problématiques contemporaines liées à l’évolution de nos sociétés hyperconnectées et à la perte de la libre pensée. Analysons quelques points.

« L’objet du pouvoir est le pouvoir. »[1]

1984 a cette qualité d’être une interrogation universelle sur l’Etat et sa place dans nos sociétés, ce qui permet de le réutiliser dans toutes situations où on commence à craindre pour nos libertés et la mise en place d’un régime autoritaire. Ce fut le cas, par exemple, lors du mouvement Black Lives Matter[2] qui a mobilisé des milliers de personnes; mais aussi plus récemment, lors de la répression des individus et des associations, en criminalisant leurs actions de solidarité avec la Palestine[3]. En effet, des lois[4] qui sanctionnent le boycott, le droit de manifester, le droit de s’exprimer ciblent les opposants à la politique d’Israël, en les réduisant au silence. Elles sont adoptées au Royaume-Uni, en Allemagne et en France, sous couvert de lutte contre les discours de haine. Ainsi, la solidarité active avec la cause palestinienne devient la cible de législations répressives[5].

Le capitalisme occidental est passé peu à peu d’un stade social à un néolibéralisme brutal qui surveille et réprime ses citoyens pour empêcher toute contestation. Et les télécrans sont apparus dans nos poches : le pouvoir de l’information, de la propagande et du contrôle de la pensée par le langage, les situations de deux poids-deux mesures, les « deux minutes de la haine ».  Des lois de sécurité, de fichages et de dissolutions récentes et express d’associations décrétées par le gouvernement français, sans enquête judiciaire, ont été dénoncées notamment par la Ligue des Droits de l’Homme.

Sous une surveillance constante et généralisée, semblable à celle qui s’installe petit à petit dans notre société, la télévision et internet seraient, donc les seuls vecteurs d’information et les gens devraient s’en remettre pleinement. Aujourd’hui, on constate une recrudescence de « l’espionnage » sur le web, ce qui permet d’affilier à chaque ordinateur, des publicités ciblées qui correspondent aux « besoins » de l’utilisateur : profilages numériques, déclenchements de webcams à distance, télésurveillances, utilisation de ChatGPT, etc. Ce sont surtout les réseaux sociaux qui se nourrissent de nos informations que nous donnons souvent, volontairement : soif de reconnaissance, de popularité, ce qui nous mène sans contrainte à un conformisme dicté par la communauté du net. Il est vrai que nous sommes quand même loin du réseau internet et de la vidéosurveillance de 1984, pourtant le roman résonne déjà. On perçoit comme une alerte sur les progrès de l’intelligence artificielle.

La Novlangue, l’épidémie silencieuse

La puissance de la langue est un thème crucial dans le roman. Le parti utilise la langue comme outil de contrôle, modifiant les mots et les significations pour manipuler la réalité : la Novlangue est née. Langue inventée par le Parti, elle est conçue pour réduire le vocabulaire et simplifier la grammaire, rendant ainsi impossible la pensée critique ou divergence. Par exemple le mot liberté n’existe plus car le concept même de liberté est considéré comme dangereux par le Parti. C’est sous trois slogans que ce monde est régit : « La guerre, c’est la paix », « La liberté, c’est l’esclavage », « L’ignorance, c’est la force »[6]

Aujourd’hui, la « Novlangue » a trouvé un chemin pour s’infiltrer dans nos modes de pensées. En effet, on dénature le sens des mots, les nuances de langage sont bannis, les concepts ne sont plus pris en compte, on limite l’espace de la pensée, la critique constructive n’a plus de rôle à jouer, le débat d’idée n’est plus l’adage de la démocratie…Bref, le monde politique ( gouvernement, partis) et économique ( marketing, commerce) utilisent cette novlangue à profusion. Jean-Paul Fitoussi, économiste et penseur français, écrit que le fait «(…)d’avoir réduit l’espace de pensée et de ne plus permettre qu’une pensée diverge, qu’une alternative puisse s’exprimer(…) a pour conséquence (…) de nous empêcher de comprendre, pour nous éloigner de la réalité du terrain.»[7] Par exemple, on parle de croissance négative ou de croissance raisonnée ( récession)d’agriculture biologique ( sous-entend que l’agriculture n’est pas, à la base, biologique)complotiste ( personne critiquant les infos données dans les grands médias), frappe chirurgicale ( bombardement allié). On parle de conflit et non de guerre, on parle de flexibilité et non de précarité, on parle de gouvernance et non de gouvernement[8]… c’est ainsi que l’État manipule la perception de la réalité des gens en inversant le sens réel des mots.

La déconstruction totale

« Si vous voulez une image de l’avenir, imaginez une botte qui écrase indéfiniment un visage humain. »[9]

Dans cette société orwellienne[10], dirigée par Big Brother, la vérité n’existe pas, le libre arbitre n’existe pas et le langage, vidé de son sens, sert surtout à masquer les violences. Les citoyens récalcitrants subissent une sorte de lavage de cerveau, jusqu’à ce qu’ils rentrent dans le rang et adhèrent à la pensée dominante. Une allégorie terrifiante décrivant la tentative d’un homme ( Winston) de rester sain d’esprit dans un état totalitaire qui torture la vérité et les gens pour contrôler la société .

L’inhumanité, c’est le processus qui peut amener n’importe quel humain, persuadé que le renversement des valeurs opéré par l’idéologie totalitaire est juste, à commettre des crimes horribles. L’inversion de valeurs libère les autorités de toute justification d’actes de torture. Nous avons l’exemple flagrant de la politique liberticide israélienne ( palestiniens), chinoise ( Ouïghours), birmanes ( Rohingyas), soudanaise (Massalit), etc. 

Dans une Histoire qui se répète, des tyrans émergent et menacent la liberté et la paix. De nos jours, nous sommes témoins de guerres, d’invasions, de génocides, d’apartheids, de crimes contre l’humanité, de grand remplacement, de nettoyage ethnique. Ainsi, la guerre devient un processus continu car si « la guerre c’est la paix », inversement « la paix c’est la guerre ». On voit comment le totalitarisme brise les hommes et les femmes, et génère la honte de soi, qui permet de museler définitivement la rébellion. L’idéologie totalitaire absolue de 1984 a la capacité de soumettre et de lobotomiser les individus, par la peur, l’humiliation, la torture, la souffrance, en interdisant toutes formes de bonheur.

Dans son œuvre, Georges Orwell explore les mécanismes d’une dictature radicale et pousse ces réflexions plus loin. Cependant, il est important de souligner que la perception d’un régime profondément totalitaire comme le présente Orwell en cette moitié du XXe siècle, avec ses aspects les plus extrêmes, diffère de la vision contemporaine. De notre côté, le totalitarisme en question prend la forme d’un agent infiltré sous couverture politique. En effet, il est assez triste de constater que nous avons intériorisé, si ce n’est accepté, la domination que les gouvernements exercent sur nous ainsi que les actes répréhensibles perpétrés par certains d’entre eux. Une sensibilité perdue par l’acharnement médiatique, ainsi que par la propagande des réseaux sociaux : des divertissements à profusion et la recherche dans le plaisir d’un bonheur absolu.

1984 est LE livre fondateur des romans d’anticipations décrivant une société futuriste soumise à un régime totalitaire restreignant toute liberté de penser, d’agir, d’être… Et donc, toute accession au bonheur.

Mais restons vigilant et comme Big Brother : Ouvrons l’œil ! 

Najoua


[1] Citation du livre 1984 de G. Orwell. Edition : Folio classique (6891-F8)-p.354

[2] Black Lives Matter — qui se traduit par « les vies noires comptent » ou « la vie des Noirs compte » — est un mouvement politique né en 2013 aux États-Unis au sein de la communauté afro-américaine, qui milite contre le racisme systémique envers les Noirs. https://fr.wikipedia.org/wiki/Black_Lives_Matter

[3] Pour en savoir plus :  www.association-belgo-palestinienne.be/memorandum-2024, publié le 25 avril 2024.

[4] www.middleeasteye.net- France : dépolitiser et criminaliser la solidarité avec la Palestine, article de Rafik Chekkat, publié le 13 mars 2024.

[5] www.orientXXI.info- La criminalisation de la solidarité avec la Palestine gagne du terrain en Europe, article écrit par Baudoin Loos, journaliste à Bruxelles.

[6] 1984 de G. Orwell-Edition : Folio Classique-P.37 

[7] www.rtbf.be- Comment la Novlangue détruit nos modes de pensée-interview de Jean-Paul Fitoussi, article de la RTBF du 7 septembre 2020.

[8] Pour en savoir plus sur la Novlangue, Olivier Starquit, auteur Des mots qui puent, Editions du Cerisier, 2018

[9] 1984 de G. Orwell-Edition: Folio Classique-p.359

[10] Les conséquences du totalitarisme sont multiples, et ça, George Orwell s’est appliqué à nous le montrer : 1-l’État peut décider qui mérite d’être appelé humain ou non : déshumanisation des victimes, 2-aucune valeur transcendant l’État n’est acceptée : inhumanité des bourreaux, 3-unité absolue, uniformité : l’État est la société, la société s’identifie à l’État, 4-plus rien n’existe entre l’individu et l’État, 5-surveillance généralisée : abolition de la distinction entre vie privée et vie publique.

La propagande ou l’art de convaincre

La propagande est un moyen utilisé pour persuader. Elle fait appel à diverses techniques bien rodées et a pour objectif d’influencer l’opinion des masses. Il peut s’agir d’amener les gens à croire en une idée, à soutenir une cause, ou tout simplement à acheter un produit. Avec la bonne méthode il est possible de créer une adhésion, un mouvement de soutien en faveur d’une position, d’une idéologie ou d’un groupe de personnes. D’orchestrer l’opinion publique et de susciter les comportements qui serviront les intérêts des propagandistes. 

On ne peut parler de propagande que lorsque ces techniques sont appliquées à grande échelle, sur des masses de population. Le fait de vouloir convaincre son voisin du bien fondé de notre argumentation n’est pas considéré comme de la propagande.  

Comme elle s’adresse au plus grand nombre, il lui faut des canaux de communication efficaces et rapides. Cela peut être la publicité sur divers supports, cela peut être la télévision, la radio, les réseaux sociaux et tous les médias de masse en général.  

Les auteurs de la propagande ont évidemment un intérêt à manipuler ainsi la pensée des foules. Il peut s’agir d’asseoir une autorité, d’orienter les enjeux sociaux et politiques, de favoriser certaines entreprises, groupes ou personnes influentes.  

Comment ça marche ? 

La propagande fait appel aux émotions des gens, et non à leur raison ou leur logique. 

Quand un gouvernement par exemple a un intérêt à rentrer en guerre, la propagande va consister à obtenir l’adhésion du peuple pour cette cause, car les peuples sont généralement contre la guerre. On va alors faire en sorte de titiller le sentiment patriotique des gens. A l’aide de grandes phrases et de slogans, on va réveiller chez eux le sentiment de « mère patrie », de « grandeur» et de « victoire ».  

On va aussi beaucoup jouer sur la peur en brandissant des dangers exagérés voire totalement inventés. Pour exemple on peut citer les fameuses « armes de destruction massives » prétendument détenues par l’Irak. Il s’agissait en fait d’un énorme mensonge du Président Bush et de son administration. Mais il fut l’alibi de l’entrée en guerre. 

On va aussi chercher à diaboliser l’ennemi et à lui attribuer tous les maux, afin de justifier des mesures politiques ou  sociétales à venir.   

Fréquemment , on va déshumaniser cet adversaire, afin d’enlever toute opposition de l’opinion publique. En 1994, lors du génocide au Rwanda, la Radio des Milles Collines a diffusé nuit et jour des messages de haine contre les Tutsis, qualifiés entre autres de « cafards ». Un million de Tutsis furent massacrés en quelques mois. En effet, qui se soucie des cafards ? On l’a vu plus récemment lorsqu’un ministre israélien qualifia les Palestiniens d’ « animaux humains ».  

La propagande n’aime pas la nuance

Sous l’influence d’un tel message omniprésent, les individus peuvent perdre la capacité à penser de manière indépendante. Dans son livre intitulé « Propagande, la formation de l’opinion » , Jacques Ellul dit ceci : « La propagande ne se limite pas à influencer ou à persuader. Elle a le pouvoir de détruire l’individualité et la pensée critique, transformant les individus en simples réceptacles de messages prédéfinis». Par ailleurs, la propagande n’aime ni les nuances ni la neutralité. Elle sélectionne des faits et déforme des vérités pour créer un récit qui favorise une opinion très tranchée et  simpliste : c’est noir ou blanc. La propagande veille aussi à ce que les individus pensent qu’ils sont maîtres de leurs opinions.  On peut donc dire que la propagande est une manipulation de la pensée et une anesthésie de toute rationalité et de tout esprit critique. 

Dans le domaine du marketing, tout un arsenal de techniques sont déployées afin de susciter le désir d’acheter tel produit. Parmi elles, le « out of stock » ou le fait de mentionner qu’un article est bientôt en rupture de stock afin de pousser le consommateur à vite le commander.  Ou encore d’organiser d’interminables files d’attente devant des enseignes branchées, afin que les passants se demandent ce qu’il se passe, et s’il ne sont pas en train de passer à côté d’une affaire intéressante.  

La propagande est omniprésente  et il est utile de s’informer sur les techniques qu’elle utilise, afin de prendre conscience  de ses effets potentiels sur nous.  Ne pas accepter l’information pour argent comptant, mais la questionner et chercher à la vérifier. Diversifier les sources de l’information, afin d’éviter le biais de confirmation qui se crée lorsqu’on ne lit qu’un seul type de presse, qu’on n’écoute qu’un seul groupe de médias , qu’on fréquente exclusivement les gens de son groupe social : on est constamment confortés dans nos idées et notre allégeance se renforce.  

Se méfier des slogans, des généralisations, de la désignation de boucs émissaires et d’une manière générale, chercher continuellement à garder un esprit critique.  

Hayat Belhaj  

Mohamed Toujgani sera belge

La justice a tranché : Mohamed Toujgani, ancien imam de la mosquée Al Khalil (Molenbeek), a reçu le feu vert concernant sa demande de naturalisation. Il devrait recevoir sa carte d’identité d’ici quelques mois et pourrait rentrer en Belgique. Une décision qui soulève une levée de boucliers au sein de la classe politique belge et qui s’invite dans les négociations fédérales.

Mohamed Toujgani pourra donc rentrer en Belgique, pays qu’il n’a pas revu depuis 2022, suite à la décision de Sammy Mahdi, ancien secrétaire d’État à la Migration, qui avait décidé de lui retirer son titre de séjour, estimant, sur la base d’un rapport des services de renseignements, qu’il constituait une menace pour la sécurité nationale. Un rapport du comité R, chargé du contrôle des services de renseignement, a toutefois jugé que les analyses de la Sûreté étaient disproportionnées… Une décision que ne digèrent pas certains politiques, à l’image de l’ancien secrétaire d’État à la Migration (N-VA) Théo Francken, qui s’est fendu d’un long tweet sur sa page Facebook : « Ces personnes n’ont pas leur place dans notre société et ne devraient certainement pas devenir Belges. Nous devons empêcher cela. Et rendre nos lois sur la migration et la nationalité encore plus strictes. Je préside le groupe de travail sur l’immigration dans le cadre des négociations gouvernementales et je mettrai cette question sur la table. » Théo Francken va plus loin et accuse l’imam d’être « l’inspirateur idéologique d’Abdeslam, Abaaoud et d’autres terroristes de l’EI. » Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, est aussi très dur dans ses propos et critique ouvertement la justice : « Et dire que certains pensent que le problème de la Justice, c’est uniquement un manque de moyens… C’est aussi des décisions complètement irréelles. Et trop fréquentes. Cet homme est une menace pour notre pays et ne doit plus y mettre les pieds. L’indépendance de la Justice ne veut pas dire son irresponsabilité, mais beaucoup l’oublient. »

Un climat hostile

Le monde politique qui commente et désapprouve une décision de justice, ce n’est pas nouveau, mais c’est un développement inquiétant dans une société où la séparation des pouvoirs fait partie du socle démocratique. Il ne revient pas à l’exécutif d’approuver ou non une décision, mais de l’appliquer. Or, dans un climat post-électoral et avant une nouvelle échéance avec les élections communales prévues en octobre, certains hommes politiques sont en roue libre, galvanisés par un contexte international tendu. En France, lors des élections législatives anticipées début juillet, le Rassemblement national, qui n’a pas obtenu de majorité absolue, a tout de même gagné plus de 10 millions d’électeurs ! Le Royaume-Uni connaît une vague de violences racistes et islamophobes sans précédent, basée sur une rumeur accusant à tort un immigrant musulman d’être à l’origine du meurtre de trois fillettes, sans oublier l’offensive meurtrière à Gaza où le bilan est affolant. Un contexte international tendu qui met à mal le vivre-ensemble où la voix des extrêmes est devenue la seule audible…

H.B.