Génération Z 212

Un vent de révolution populaire souffle sur le Royaume Chérifien, après le Népal, les Philippines ou le Sri Lanka, plus rien ne semble aujourd’hui épargné le Maroc de la révolte du mouvement « Gen Z », qui embrase le pays.

Qui est la génération Z ?

Nés entre 1997 et 2012, ces jeunes se soulèvent un peu partout dans le monde afin de revendiquer davantage de droits sociaux, d’accès aux soins et à la scolarité. Dans les pays asiatiques, entre 1990 et 2010, la jeunesse est sortie dans les rues pour détrôner les élites politiques corrompues.

En septembre 2025, c’est au tour du Népal, suivi des Philippines et dernièrement à Madagascar et au Maroc. Cette vague de colère porte les mêmes revendications de justice sociale avec une diffusion numérique via les réseaux sociaux.

Le Collectif de jeunes marocain « Gen Z 212 »

« 212 », en clin d’œil pour le préfixe téléphonique du pays, ce mouvement de jeunesse sans affiliation politique s’est organisé sur le réseau « discord ». Il revendique « un espace de discussion » sur des questions comme «la santé, l’éducation et la lutte contre la corruption ». Il affirme agir par « amour de la patrie et du roi », dans un pays où les inégalités sociales sont autant publiques que privées sur l’ensemble du territoire. « Nous demandons la dissolution du gouvernement actuel pour son échec à protéger les droits constitutionnels des Marocains et à répondre à leurs revendications sociales », a déclaré Gen Z 212 dans un communiqué adressé au roi du Maroc, Mohammed VI.

Agadir :  décès successif de plusieurs femmes admises pour césariennes

Mi-septembre dans plusieurs villes, des manifestations sociales ont eu lieu après le décès à l’hôpital public d’Agadir de huit femmes enceintes admises pour césariennes en l’espace d’un mois. La population est sous le choc, elle exprime son désarroi face à des soins de santé qui ne sont pas à la hauteur d’un pays tel que le Maroc.

La Coupe d’Afrique et la Coupe du monde, l’étincelle qui met le feu au poudre…

Le Maroc a mis tout mis en œuvre pour le développement de nouvelles infrastructures (stades flambants neufs, modernisation des de plusieurs aéroports,) afin d’accueillir la future coupe d’Afrique et la Co-organisation de la Coupe Du Monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. La jeunesse est interpellée : « Nous voulons des hôpitaux pas seulement des stades » ont répété des jeunes à Rabat lors des rassemblements, ceci étant devenu presque le slogan depuis le début de la mobilisation. Plusieurs villes se sont soulevés au départ pacifiquement comme Casablanca et Agadir, tenant toutes le même discours.  

Après une semaine de manifestation,  le début de l’escalade

Les manifestations, qui ne sont pas interdites au Maroc, doivent néanmoins faire l’objet d’une permission et être encadré par un syndicat. Ce qui ne fut pas le cas des manifestions de revendication de « GEN Z212 ». Depuis le début de cette vague, les chiffres officiels parlent de 400 arrestations et 3 morts à déplorer. Les manifestions pacifiques font place à des scènes plus violentes de casses et heurs, les tensions sont profondes et aucune accalmie ne se projette à l’horizon.

Comme un sentiment de déjà vu, Le printemps arabe 2011

En décembre 2010, de nombreuses contestations sont nées dans de nombreux pays arabes. Cette expression de « Printemps arabe » fait référence au « Printemps des peuples » de 1848 auquel il a été comparé, tout comme le Printemps de Prague en 1968. Dans ces mouvements de révolutions, les réseaux sociaux (facebook, twitter,..) ont joué un rôle important.

On retiendra comme élément déclencheur la révolution tunisienne qui fera quitter Ben Ali Zine el Abidine du pouvoir. D’autres peuples arabes suivront, notamment la révolution égyptienne avec la démission de Hosni Mobarak et la guerre civile en Lybie entre les forces fidèles au régime de Kadhafi et les insurgés soutenus par l’ONU. En Syrie, la répression exercée par le régime de Bachar el-Assad causait alors des milliers de morts…

Pendant toute l’année 2011, quasi la totalité des États arabes connaissent des mouvements de contestations plus ou moins importants. Au niveau mondial, le bouleversement de cette région est suivi avec un intérêt tout particulier du fait des enjeux pétroliers.

Les principales causes et revendications de ce printemps arabe présentent des similitudes et des différences avec le mouvement GEN Z 212, il a une forte dimension sociale et dénonçait le manque de libertés individuelles et publiques, la corruption, le chômage, la misère, le coût de la vie élevé ainsi qu’un besoin de démocratie. Cette vague révolutionnaire est comparée à divers moments historiques, comme le Printemps des peuples de 1848, la chute du rideau de fer en 1989 ou encore le Risorgimento italien. 

La révolution du Rif, prémices du cri du peuple marocain

En octobre 2016, Mouhcine Fikri décède après être littéralement broyé dans une benne à ordure suite à la confiscation de sa marchandise de poisson par la police dans la ville d’Al Hoceima dans le Rif marocain. La région du Rif sera alors le théâtre de manifestations ininterrompues pendant plus de 10 mois, le mouvement du Hirak naît afin de dénoncer la corruption et la marginalisation économique et sociale du Nord Est du Maroc, largement diffusée sur le réseau social Facebook live. 

En avril 2019, une quarantaine de manifestants sont condamnés à des peines allant jusqu’à 20 ans de prison pour le leader du mouvement Nacer Zefzafi. Contrairement au mouvement GENZ 212 , le Hirak ne cible pas une tranche d’âge de la population ni une région, mais ont en commun pour revendications plus d’équité sociale, d’accessibilité aux soins et  l’enseignement pour tous et  ainsi que l’arrêt de la corruption.

L’islam et la réforme 

« Certes Allah ne modifie pas l’état d’un peuple tant que les individus qui le composent ne changent pas d’eux-mêmes ce qu’il y a en eux ». sourate Ar Ra’d n°13 verset 11.

D’après Malik Ibn Dinar, Al Hassan Al Basri a dit : « Certes Al Hajjaj (1) est une punition d’Allah. N’accueillez pas la punition d’Allah avec l’épée (2) mais plutôt avec le repentir, la supplication et la soumission. Repentez-vous et vous serez débarrassé de lui ». (Rapporté par Ibn Abi Dounia dans Kitab Al ‘Ouqoubat 
L’islam et l’éthique 

L’islam a établi un code moral pour les interactions sociales qui doivent être fondées sur les valeurs de vérité, de confiance, de justice, de bienfaisance et de miséricorde. Il n’y a donc pas de dissociation entre l’éthique, la politique, l’économie.  Ainsi la vie en société et la gestion politique sont fondés sur le socle commun de la croyance au Tawhid basé sur le Coran et la Sunna. Citoyens et dirigeants y retrouvent tous les aspects de la vie afin de mettre en application des lois équitables et les bases pour vivre dans une société juste et égalitaire.

 « Dieu commande la justice, la vertu et la bienveillance envers ses proches. Il interdit toute forme d’immoralité, de méchanceté et de transgressionIl vous avertit afin que vous soyez attentifs ».  sourate 16 verset 90 . 

Le prophète Sws un modèle pour les dirigeants

véritable dirigeant juste, empli de compassion et de miséricorde, il a fait preuve de patience  dans son rôle important de diffusion du message. Il est un modèle de miséricorde et de bonté et de justice par excellence. Sa sunna et sa sira doivent inspirer chacun d’entre nous pour atteindre le meilleur des comportements.

« Il a été tout à la fois révélateur d’une religion, organisateur d’un peuple, le fondateur d’un empire, qui a subjugué avec une rapidité merveilleuse une immense partie de la terre. Sans parler du poète, il a été tout ensemble prophète, législateur et conquérant. Dans les annales humaines, il est le seul à avoir revêtu ces trois caractères éminents » Barthélémy Saint Hilaire

Autre modèle d’inspiration, le Calife Omar Ibn Khattab

 Surnommé Al Farouq : celui qui distingue le bien du mal, Omar Ibn Khattab était un dirigeant juste. Il a instauré le système des allocations familiales avant même que celles-ci n’existent dans notre société occidentale. Il administrait les biens du trésor public de manière minutieuse, il les redistribuait avec justice, contrôlait personnellement le travail de ses gouverneurs et les limogeait sans hésitation s’ils fautaient ou manquaient à leurs obligations

Pour conclure

Le Maroc est un pays en plein essor économique et doit faire face à de nombreux défis pour lutter contre les inégalités sociales et en matière de santé. Il doit investir dans l’éducation et la jeunesse, futurs adultes afin d’avoir un pays qui rencontrent toutes ses ambitions.

L’islam est la seule religion à bénéficier d’un statut institutionnel officiel dans la constitution marocaine, le roi du Maroc, ayant le titre de Commandeur des croyants, est le garant du libre exercice des cultes et veille au respect de l’Islam. Les concepts de la religion islamique sont des ressources et des bases pour construire une société juste et équilibrée et afin de relever les défis et enjeux de demain tant pour les dirigeants que pour le peuple.

La Gen Z 212 met la monarchie face à un défi inédit : répondre à des demandes sociales et politiques radicales sans fragiliser son propre rôle de dirigeant.

Trois directions possibles :

  • Soit la réforme avec une restructuration et des mesures sociales urgentes avec des moyens de contrôles en toute transparence.
  • Soit un durcissement sécuritaire avec des annonces politiques aboutissant à un apaisement provisoire.
  • Ou une structuration politique du mouvement genZ qui deviendrait un acteur politique afin de bousculer l’équilibre partisan

Le pays ne pourra pas se relever de cette révolte sans écouter ces cris du cœur. 

Je finirais par ces citations : 

« Une émeute est le langage de ceux qui ne sont pas entendus » Martin Luther King

« Ce n’est pas seulement par la force des choses que s’accomplira la révolution sociale, c’est par la force des hommes, par l’énergie des consciences et des volontés » Jean Jaures

J.K.

Silence en Iran, supériorité en Israël : le détroit comme champ de bataille invisible ?

Le conflit ne se terminera pas quand l’Iran aura répondu. Il se terminera quand Israël estimera avoir assez bombardé et ce peu importe les civils tués. Et si le détroit d’Ormuz était le vrai et seul enjeu pour tous les autres grands acteurs de la région à commencer par la Chine… ce goulot où, jadis, les musulmans y manifestèrent leur présence non pas par un coup de fil diplomatique ou un communiqué lénifiant, mais par la sagesse, le courage, et l’épée. ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, ce stratège des justes et pionnier des États structurés  avait  sécurisé le détroit,  planté l’étendard de l’islam sur les côtes du Fārs et verrouillé les issues à l’ennemi. Pas de grandes conférences. Pas de sanctions. Juste des hommes debout, une foi unie, et une vision impériale claire.

Une guerre sans guerre, une victoire sans riposte. Israël n’a pas déclaré la guerre à l’Iran. Il l’a anéanti en silence

Par les airs, par des drones planqués au fond des vallées iraniennes depuis on ne sait combien d’années, par des frappes chirurgicales coordonnées au millimètre, le tout enveloppé dans un silence diplomatique glacial. Résultat : Téhéran a vu sa capitale frappée, ses généraux décapités, ses scientifiques rayés du programme nucléaire comme un nom sur une liste Excel. Et que faisait la fameuse « grande République islamique » pendant ce temps-là ? Elle tapait. Pas au sens militaire. Elle tapait à la porte de Washington.

Un programme nucléaire devenu prétexte

Ne nous méprenons pas. Il ne s’agit plus simplement d’un programme nucléaire.  Et ça se voit : on épargne les institutions civiles, on concentre les frappes sur la tête religieuse, les gardiens de la révolution, le noyau idéologique, des manœuvres préparées, planifiées depuis au moins 8 mois. La chute du pouvoir syrien au sud, largement sous influence turque, n’est pas un accident de parcours : c’est un préalable logistique israélien pour faciliter les frappes sur l’Iran via un couloir aérien dégagé. La tête militaire est visée, mais la gorge est laissée intacte… pour l’instant… (Au passage, ces bombardements chirurgicaux prouvent une chose : Israël sait parfaitement épargner les civils quand il le veut. Gaza, à la lumière de cette précision technique, ne ressemble plus à une opération militaire…mais à une punition massive. Un génocide déguisé en légitime défense ? La question ne se pose même plus..) Pourquoi ? Parce qu’on n’essaie pas de tuer le corps, on veut qu’il change de tête. Changer de régime sans envahir. 

Ce que vise Israël, c’est un nouveau système de pouvoir en Iran découpé entre états ethniques kurde, perse et baloutche pour « affaiblir l’ennemi ».Et pour que ça prenne, il faut que ça saigne. Il faut que la population iranienne regarde ses dirigeants tomber comme des quilles, et se demande :

“Ce n’est pas censé être vous les protecteurs de la nation ?” La riposte fut spectaculaire d’inefficacité.
Un plan prévoyait un millier de missiles ? Ils en ont lancé à peine une centaine. Et encore, la moitié est tombée à côté, l’autre moitié a été interceptée par le bouclier israélien dopé aux destroyers américains, bien que couteux malgré tout…

Le peu qui a frappé a causé quelques dégâts. Mais disons que ça ne changera pas le cours de l’Histoire.
Pendant ce temps, l’aviation israélienne opère en toute impunité, et la population iranienne assiste, impuissante, à la chute du mythe. Les destructions matérielles comme les 90 millions de civils iraniens ne sont pas la priorité des politiques… Mais alors où sont les vrais enjeux ?

Le détroit d’Ormuz : le vrai champ de bataille…Le centre névralgique du conflit

Et pendant que les bombes tombent, les vraies questions se jouent ailleurs… Au détroit d’Ormuz.
Ce petit couloir étroit par où transite le quart du pétrole mondial pourrait bien devenir le vrai point d’escalade globale. L’Iran est la seconde réserve de gaz et la 4ième réserve de pétrole au monde. Si l’Iran bloque le passage ? Crise mondiale. Si les Américains le bloquent ? Conflit naval avec la Chine qui vient tout juste d’exprimer son inquiétude en ce sens.

Pourtant, fermer Ormuz est une menace fraichement brandie par l’Iran qui devient de plus en plus réelle (à l’heure où ces quelques lignes sont écrites). Cette solution revient, pour ce pays, à s’étrangler avec ses propres mains. Alors quel est l’intérêt de cette menace pour l’Iran?

Pour répondre à cette question, replongeons dans les années 70… À l’époque, les pays de l’OPEP avaient décidé unilatéralement d’augmenter le prix du pétrole pour redonner une valeur économique réelle à leur ressource. Résultat ? Inflation mondialetaux d’intérêt à 15 %marchés secoués. Dans ce contexte la menace est tout à fait crédible (et les effets sur les marchés n’ont pas tardé à se manifester) mais aux conséquences quelque peu différentes puisque l’Amérique est devenue, entre-temps, productrice de gaz.

Lorsque l’Arabie avait appelé l’Iran, bien que mal-aimé, pour lui conseiller de négocier, ce n’était pas la voix de l’amitié. C’était la voix paniquée d’un prince qui regarde la Bourse clignoter en rouge.

Perspectives : ce qui va (probablement) se passer

  • Israël décidera quand la guerre se termine, non l’Iran même si arrêter les missiles iraniens lui coute très cher ;
  • L’Iran s’empressera de retourner à la table des négociations, humilié, sans levier ;
  • Washington fera semblant de jouer les médiateurs (sa priorité étant d’éviter une crise économique…), tout en réaffirmant sa loyauté envers Tel-Aviv.
  • La Chine, rivale des Etats-Unis, pourrait, à son tour, brandir ses menaces et manifester son soutien à son ami iranien ;
  • La Turquie continuera d’intercepter des missiles israéliens de peur que l’objectif de renversement du pouvoir iranien ne se concrétise par un remplacement d’un régime kurde ;
  • La Russie, elle l’a dit, elle n’interviendra pas pour son ami l’Iran (du moins pas pour l’instant) mais a exprimé son agacement sur la situation…

Israël se pose en juge et bourreau d’un État « accusé » d’avoir l’arme nucléaire, alors qu’il en est lui-même détenteur, sans légalité, sans inspection, sans opposition. 

Ce conflit ne marque pas seulement une frappe. Il marque une mutation. On ne se bat plus avec des tanks. On se bat avec des drones dormants, des nuées d’intelligence artificielle, des frappes ciblées sur l’élite et la guerre psychologique à grande échelle. L’Iran n’a pas perdu une bataille. Il a perdu la face. Et cela, dans cette région du monde, c’est souvent pire que de perdre un territoire.

Le détroit d’Hormuz, ce goulot d’étranglement énergétique qui fait trembler les Bourses à la moindre escarmouche, n’a pas toujours été un terrain de jeu pour pétro-monarchies hésitantes et puissances navales surarmées. Il fut un temps…un temps révolu mais pas irrévocable…où les musulmans y manifestèrent leur présence non pas par un coup de fil diplomatique ou un communiqué lénifiant, mais par la sagesse, le courage, et l’épée. ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, ce stratège des justes et pionnier des États structurés avait sécurisé le détroit,  planté l’étendard de l’islam sur les côtes du Fārs et verrouillé les issues à l’ennemi. Pas de grandes conférences. Pas de sanctions. Juste des hommes debout, une foi unie, et une vision impériale claire.Aujourd’hui, le détroit d’Hormuz est désormais un thermomètre des nerfs du Golfe, et non plus un témoin de la grandeur d’une oumma qui protégeait ses frères par les actes et la foi, pas par des communiqués. Une époque révolue… mais qui peut revivre, si jamais l’unité de la foi reprenait le dessus sur la fragmentation des intérêts.

Nelm

La gestion stratégique des califes bien-guidés: un leadership inspirant, moderne et avant-gardiste 

Dans un monde dépourvu de manuels de gestion, de graphiques colorés ou d’algorithmes complexes, les califes bien-guidés ont su diriger avec une précision et une efficacité qui font pâlir bien des dirigeants contemporains. Parmi eux, Abu Bakr As-Siddiq (RA) et ses généraux, comme Khalid Ibn Walid, ont appliqué des principes que l’on pourrait aisément comparer aux matrices SWOT et d’Eisenhower, des outils que l’on croit souvent réservés à notre époque. Et pourtant, ils les utilisaient de manière instinctive pour faire face aux défis colossaux de leur temps.

1. La matrice SWOT : Anticiper pour agir

Commençons par la matrice SWOT, inventée en 1960 par un américain du nom d’Albert Humphrey, cet outil qui aide à analyser une situation en identifiant les Forces, Faiblesses, Opportunités, et Menaces. Bien avant que ces mots ne soient gravés dans les manuels de management, Abu Bakr et ses compagnons utilisaient déjà cette logique pour structurer leur action.

Exemple : Les guerres d’apostasie

Imaginez-vous : le Prophète Muhammad (ﷺ) vient de quitter ce monde, laissant derrière lui une communauté encore fragile. Plusieurs tribus se rebellent, refusent de payer la zakat et suivent des faux prophètes comme Musaylima. La situation est critique. Voici comment Abu Bakr aurait pu remplir une matrice SWOT :

  • Forces : La foi des musulmans était une arme puissante. Abu Bakr savait que leur attachement spirituel, leur discipline et leur unité représentaient une force colossale.  Au combat, la mort pour ces croyants était synonyme de libération et récompense, elle ne leur fait pas peur.
  • Faiblesses : L’État islamique naissant manquait de ressources militaires et financières. Ses soldats étaient peu nombreux et le territoire encore instable.
  • Opportunités : Les rebelles, dispersés et mal organisés, ne représentaient pas un front uni. C’était une chance de les affronter séparément.
  • Menaces : Si ces rébellions prenaient de l’ampleur, elles risquaient de détruire l’unité de la communauté musulmane et affaiblir l’islam dans les nouvelles régions conquises.

Résultat ? Avec cette analyse en tête, Abu Bakr envoya Khalid Ibn Walid, son général le plus brillant, pour mater ces rébellions. La victoire éclatante de Khalid à Yamama contre Musaylima a marqué un tournant décisif, ramenant l’ordre et consolidant l’État islamique.

2. La matrice d’Eisenhower : Hiérarchiser les priorités

Vous êtes débordé, vous avez mille tâches sur votre liste et aucune idée de par où commencer ? La matrice d’Eisenhower est là pour vous. Cet outil datant de 1944 et portant le nom de son créateur, un général de l’armée américaine de la Seconde guerre mondiale, classe les actions selon leur urgence et leur importance…

Encore une fois, les califes bien-guidés excellaient dans cette approche bien avant que le général ne soit né.

Exemple : Les guerres d’apostasie

Abu Bakr savait différencier l’essentiel du secondaire, comme en témoigne sa gestion des révoltes :

  1. Important et Urgent : Les guerres d’apostasie constituaient une menace immédiate pour la survie de l’État islamique. Elles furent donc traitées en priorité, avec une mobilisation rapide des troupes et des chefs militaires compétents.
  2. Important mais Pas Urgent : La collecte de la zakat était cruciale pour l’économie et la solidarité sociale. Une fois la paix rétablie, Abu Bakr prit le temps de réorganiser cette mesure fondamentale.
  3. Urgent mais Pas Important : Les conflits locaux ou mineurs furent délégués à des gouverneurs régionaux. Abu Bakr préférait se concentrer sur les questions stratégiques.
  4. Ni Urgent ni Important : Les disputes inutiles et les distractions politiques furent évitées. Abu Bakr privilégiait toujours l’unité de la communauté et l’accomplissement des objectifs supérieurs. Le jet privé, les gardes du corps et les dépenses publiques inutiles n’étaient pas dans l’agenda de cet héros. 

3. Khalid Ibn Walid : Le stratège en action

Si Abu Bakr était le cerveau, Khalid Ibn Walid était l’épée. Son génie militaire illustre parfaitement l’application pratique des matrices SWOT et d’Eisenhower sur le champ de bataille.

A. La bataille de Yamama

Face à Musaylima, Khalid a su évaluer chaque aspect de la situation :

  • Forces : Les troupes musulmanes, motivées par leur foi.
  • Faiblesses : Les forces ennemies étaient plus nombreuses.
  • Opportunités : Musaylima dépendait d’un seul bastion, facile à isoler.
  • Menaces : Une victoire de Musaylima aurait inspiré d’autres rébellions.

Avec cette analyse, Khalid lança une attaque directe et stratégique. La mort de Musaylima mit un terme à sa rébellion et redonna à l’islam sa stabilité.

B. Conquête de l’Irak

Dans sa campagne en Irak, Khalid appliqua une approche méthodique digne de la matrice d’Eisenhower. Il priorisa ses cibles :

  1. Neutraliser les tribus hostiles proches, pour sécuriser ses arrières.
  2. S’attaquer aux grandes villes de l’Empire perse, un objectif plus ambitieux mais crucial.

Résultat ? Une conquête efficace et durable avec un minimum de pertes.

Abu Bakr et Khalid Ibn Walid n’avaient pas de consultants en stratégie, mais leur génie naturel leur a permis d’accomplir ce que beaucoup d’entreprises modernes peinent à faire : analyser leur environnement, prioriser leurs actions et agir avec précision.

Alors que nous célébrons les outils modernes comme la matrice SWOT et d’Eisenhower, il est essentiel de reconnaître que ces principes ne sont pas nouveaux. Les califes bien-guidés nous rappellent que le leadership éclairé ne dépend pas des outils, mais de la vision, du courage et de la foi dans un objectif supérieur. Le prophète et ses califes n’ont pas eu besoin de vanter leurs mérites mais l’Histoire se rappellera que leur génie n’avait d’égal que leur modestie.

Une leçon d’humilité, une leçon à méditer.

Nelm

France-Israël : quand la politique s’invite sur le terrain  

Alors que le match de football entre la France et Israël se joue ce soir au Stade de France, l’événement sportif se trouve au cœur d’un tourbillon de tensions politiques. En effet, ce match de football a suscité des appels au boycott et des débats intenses sur les réseaux sociaux, faisant resurgir les questions de politique internationale alors que Gaza subie de plein fouet les exactions de l’armée israélienne depuis plus d’un an. Certains ont préféré « botter en touche » en affirmant que le sport est avant tout neutre… 

Des appels au boycott

Avant même que le coup d’envoi soit donné, diverses associations et organisations de défense des droits humains en France ont lancé des appels au boycott de ce match. Elles dénoncent notamment les massacres d’Israël envers les Palestiniens, qualifiant ses actions de graves violations des droits de l’homme. Selon un rapport récent des Nations unies, il existerait des “indices sérieux de génocide” à l’encontre des Palestiniens à Gaza, des termes lourds de sens qui soulèvent des questions et demande une réaction urgente.

Ces militants estiment qu’il est impossible de détacher la scène sportive de la situation politique actuelle. À leurs yeux, l’organisation de cette rencontre, sans répercussions pour Israël, renforce l’impunité internationale de l’état hébreu et normalise les crimes qui sont commis de plus d’un an à Gaza et dans les territoires occupés où les violations et l’expansion des colonies a pris un coup d’accélérateur. En France, et ailleurs, des voix se lèvent pour exprimer leur désaccord avec le fait qu’Israël puisse participer librement à des événements sportifs internationaux, alors que ses actions sont qualifiées de crimes contre l’humanité par des organisations internationales. Des voix qui restent, pour l’heure, inaudibles. 

Deux poids, deux mesures ?

Cette situation souligne un sentiment de “deux poids, deux mesures” souvent dénoncé. Alors que certains États font l’objet de sanctions internationales immédiates pour des comportements similaires, et la réaction face à la Russie est un parfait exemple, Israël bénéficie de protections diplomatiques, notamment de la part des grandes puissances occidentales et notamment les Etats-Unis. Les militants pro-palestiniens reprochent à ces États et aux instances sportives internationales d’appliquer des standards différents, laissant Israël participer sans encombre malgré des accusations sérieuses.

Pour beaucoup, cette situation est difficilement justifiable et affaiblit la crédibilité des institutions internationales, qui peinent à imposer un cadre cohérent et impartial pour faire respecter les droits humains. Les appels au boycott de cette rencontre ne sont donc pas seulement une protestation contre Israël, mais aussi un moyen de rappeler aux instances sportives leur rôle potentiel dans la défense de l’éthique et de la justice.

Un sport qui se politise malgré lui

Le sport, traditionnellement perçu comme un espace neutre, se retrouve au centre de ces controverses. Les stades et les compétitions deviennent des lieux de manifestation d’opinions politiques, surtout lorsque des questions de droits humains sont en jeu. Les partisans du boycott estiment que les événements sportifs internationaux doivent être un levier pour rappeler aux nations qu’elles ont des comptes à rendre sur la scène mondiale, y compris sur leurs actions hors du terrain.

Les instances sportives internationales, comme la FIFA et l’UEFA, sont également mises sous pression pour prendre position. Dans le passé, elles avaient suspendu des nations pour des raisons politiques, notamment contre l’Apartheid en Afrique du Sud. Face à une situation où les accusations de génocide émergent, certains estiment qu’il est indispensable que ces organisations définissent une ligne de conduite cohérente en matière de droits humains. 

H.B.

Mohamed Toujgani sera belge

La justice a tranché : Mohamed Toujgani, ancien imam de la mosquée Al Khalil (Molenbeek), a reçu le feu vert concernant sa demande de naturalisation. Il devrait recevoir sa carte d’identité d’ici quelques mois et pourrait rentrer en Belgique. Une décision qui soulève une levée de boucliers au sein de la classe politique belge et qui s’invite dans les négociations fédérales.

Mohamed Toujgani pourra donc rentrer en Belgique, pays qu’il n’a pas revu depuis 2022, suite à la décision de Sammy Mahdi, ancien secrétaire d’État à la Migration, qui avait décidé de lui retirer son titre de séjour, estimant, sur la base d’un rapport des services de renseignements, qu’il constituait une menace pour la sécurité nationale. Un rapport du comité R, chargé du contrôle des services de renseignement, a toutefois jugé que les analyses de la Sûreté étaient disproportionnées… Une décision que ne digèrent pas certains politiques, à l’image de l’ancien secrétaire d’État à la Migration (N-VA) Théo Francken, qui s’est fendu d’un long tweet sur sa page Facebook : « Ces personnes n’ont pas leur place dans notre société et ne devraient certainement pas devenir Belges. Nous devons empêcher cela. Et rendre nos lois sur la migration et la nationalité encore plus strictes. Je préside le groupe de travail sur l’immigration dans le cadre des négociations gouvernementales et je mettrai cette question sur la table. » Théo Francken va plus loin et accuse l’imam d’être « l’inspirateur idéologique d’Abdeslam, Abaaoud et d’autres terroristes de l’EI. » Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, est aussi très dur dans ses propos et critique ouvertement la justice : « Et dire que certains pensent que le problème de la Justice, c’est uniquement un manque de moyens… C’est aussi des décisions complètement irréelles. Et trop fréquentes. Cet homme est une menace pour notre pays et ne doit plus y mettre les pieds. L’indépendance de la Justice ne veut pas dire son irresponsabilité, mais beaucoup l’oublient. »

Un climat hostile

Le monde politique qui commente et désapprouve une décision de justice, ce n’est pas nouveau, mais c’est un développement inquiétant dans une société où la séparation des pouvoirs fait partie du socle démocratique. Il ne revient pas à l’exécutif d’approuver ou non une décision, mais de l’appliquer. Or, dans un climat post-électoral et avant une nouvelle échéance avec les élections communales prévues en octobre, certains hommes politiques sont en roue libre, galvanisés par un contexte international tendu. En France, lors des élections législatives anticipées début juillet, le Rassemblement national, qui n’a pas obtenu de majorité absolue, a tout de même gagné plus de 10 millions d’électeurs ! Le Royaume-Uni connaît une vague de violences racistes et islamophobes sans précédent, basée sur une rumeur accusant à tort un immigrant musulman d’être à l’origine du meurtre de trois fillettes, sans oublier l’offensive meurtrière à Gaza où le bilan est affolant. Un contexte international tendu qui met à mal le vivre-ensemble où la voix des extrêmes est devenue la seule audible…

H.B.

Les visiteurs en 2023 (épisode 3)

Ginette, qui avait bu les dernières gouttes de la potion qui tapissaient le verre dans lequel elle avait verser son soda, reprit ses esprits.

Ginette : Mais qu’est-ce que … ? Ohé ?! Y a quelqu’un ? Mais où est-ce que j’ai atterri ??

Elle alluma la lampe torche de son gsm. 

Ginette : Oh la vache !!! Boire une potion magique pour atterrir ici !

Attendons voir… Par-là, il y a de la lumière au fond. Il faudrait d’abord que je m’oriente. Je n’ai pas de réseau… Quel chemin prendre ? Ah mais, maintenant que j’y pense… Il y a des plaques de rue dans les égouts. En tout cas, dans la Grande Vadrouille, il y en avait ! Ah, en voici une : Place de l’Opéra – 9e Arrt.

Ça alors, pour une coïncidence, c’en est une ! Me voilà sous l’opéra Garnier, sur les pas de Bourvil et De Funès ! 

Il doit y avoir une plaque d’égout. En voilà une. Bon sang ! Elle est bloquée. Ils doivent être les derniers à l’avoir déplacée…

Ginette éclaira les alentours à l’aide de sa lampe torche et se fraya un chemin dans le dédale des célébrissimes égouts de Paris.  Elle continua vers l’ouest où elle était sûre de pouvoir trouver une sortie, non loin de la Tour Eiffel.

Ginette : Enfin, me voilà dans le 8e arrondissement ! Avenue Jacques Lacan. 

Ginette monta les escaliers qui menèrent à ce qu’elle pensait être une plaque d’égout.

Ginette : C’est pas vrai, elle est bloquée aussi ? Mais elle n’est pas en acier, c’est bizarre… Ce n’est pas une plaque d’égout. Tiens, on dirait une trappe. Mais… j’entends des voix… Ohé ?

Y a quelqu’un ??

Entretemps, dans le placard chez le psy…

Jacquouille : Oh Messire, il avance, on va se faire repérer.  Messire… Vous entendez, on dirait Dame Ginette.

Monseigneur Godefroid : Dame Ginette, ici ?!

Jacquouille : Sous nos pieds.

Ginette : Jacquouille, c’est toi ? Je n’arrive pas à ouvrir la trappe. Elle est coincée. Tire de l’intérieur.

Jacquouille : Je n’y arrive pas, non plus. Messire !!! 

A cet instant précis, le psy ouvrit d’un coup sec la porte du placard.

Le psy :  Tiens…  

Le psy inspecta le placard. Tout était à sa place mais un objet peu commun roula et vint fouler son pied. Il le ramassa et l’inspecta de plus près.

Jacquouille : Oh, il était moins une ! Monseigneur, vous m’avez sauvé ! Je vous dois une fière chandelle.

Monseigneur Godefroid : Tu n’es même pas capable d’ouvrir une trappe ! Par Dieu tout puissant ! 

Ginette : Je me disais bien que c’était vous ! Mais qu’est-ce que vous faites ici ?

Monseigneur Godefroid : Dame Ginette ! Je me réjouis de vous voir bien que je ne pensais pas vous revoir d’aussitôt. Comme vous pouvez le constater, nous n’avons pas atterri dans le bon siècle.

Ils se reposèrent un moment et décidèrent de continuer leur chemin jusqu’à la prochaine issue. Quelques centaines de mètres plus loin, une autre trappe se présenta à eux. Monseigneur Godefroid la débloqua et ils entrèrent dans un tunnel.

Des chants sourds qu’ils ne pouvaient distinguer leur parvenaient. Au bout du tunnel, ils ouvrirent une porte qui donnait sur une salle richement décorée et illuminée par des lustres en cristal.

Jacquouille : Mais… où sommes-nous ?

Monseigneur Godefroid : Je crois que nous sommes dans une synagogue.

Cachée derrière de larges et épaisses tentures de velours, Ginette distinguait le rabbin qui allumait une bougie et l’assemblée récitant des chants religieux. D’autres personnages présents lui semblaient familiers…

Jacquouille : Oh, Messire… Ils vont nous prendre pour des Croisés… C’en est fini de nous !

Ginette : T’inquiète, mon Jacquouille, nous ne sommes pas dans une synagogue. Regarde là-haut, ce qui est écrit : Liberté-Egalité-Fraternité.

Jacquouille : Mais… je ne comprends pas.

Monseigneur Godefroid : Par Dieu tout puissant ! Ma patrie qui entonne des chants religieux hébraïques ! 

Jacquouille : Messire… vous avez vu qui est là ?

Ginette : Qui ça, Maque Rond ?

Jacquouille : Non, pas le pantin… Celui qui se trouve là… à l’extrême droite. On l’a vu chez le psy.

Ginette : Noooon ?! T’en as vu d’autres chez le psy ? Vas-y, balance ! Non, laisse-moi plutôt deviner…  Gérald ? Elisabeth ? Elle en aurait des choses à raconter !

Jacquouille : Sem-More !

Ginette : Aah lui ?! Ça ne m’étonne pas. Il a une telle haine des musulmans. C’est bien qu’il aille se soigner… Qui d’autre ?

Jacquouille : Méthane Yahou…

Ginette : Oooooh, c’est pas vrai ?! Qu’est-ce qu’il a dit ? Un père tyrannique ? Il passait ses nuits dans un placard dans le noir ?

Jacquouille : Je suis resté sur ma faim… Il a dû partir… pour larguer des bombes.

Monseigneur Godefroid : Dites-moi, Dame Ginette. Je crains de ne vraiment rien comprendre à ce nouveau millénaire… Vous m’avez bien dit que la Terre de mes ancêtres, les vaillants Francs, n’était plus terre chrétienne…

Ginette : Ah ouais, ça, depuis l’temps…

Monseigneur Godefroid : … et donc le crédo de la république est bien la laïcité ?

Ginette : Euh… ouais c’est ça.

Monseigneur Godefroid : Alors, comment peut-on expliquer qu’on allume une bougie pour célébrer une fête religieuse et que des incantations hébraïques soient prononcées à l’Elysée, temple de la laïcité, sous l’approbation du chef d’État ?

Ginette : Ouais là, je dois bien dire que je ne comprends plus rien. Je n’arrête pas d’expliquer à ma voisine Karima qu’elle ne peut pas travailler avec son voile dans une institution publique car l’état est laïc mais là, je ne sais plus ce que je vais lui sortir comme excuse…

Jacquouille : Messire, laissez-les donc… 

Monseigneur Godefroid : Non, Jacquouille. Où sont les valeureux Seigneurs qui dirigeaient notre patrie ? Les valeurs chrétiennes étaient portées haut. Que reste-t-il aujourd’hui ? 

Ginette : Dis à ton Godefroid de faire gaffe à ce qu’il dit… Il pourrait se faire accuser d’antisémitisme.

Jacquouille : C’est ce que j’essaye de lui dire mais…

Monseigneur Godefroid :  Moi, être accusé d’antisémitisme ? Mais quel est le rapport avec ce que j’ai dit.

Jacquouille : Aucun, Messire… Aucun rapport…

Mais, il n’en faut pas toujours, Messire… Il n’en faut pas toujours pour être accusé…

Excédé et lassé, Monseigneur Godefroid se tut et se rendit compte que ce bon vieux Jacquouille paraissait plus avisé qu’il ne l’était lui-même sur certains points. Sa position sociale a sans doute contribué à lui ouvrir les yeux sur les injustices et l’hypocrisie dont peuvent faire preuve les dirigeants… et ce, quel que soit le siècle, en fin de compte.

Monseigneur Godefroid : Allons-nous en d’ici !

Ginette : Viens, mon Jacquouille ! 

Ils disparurent un à un derrière les tentures et reprirent le tunnel qu’ils avaient emprunté. Arrivés dans les égouts, ils reprirent leur marche en direction de l’est vers la Place de la République.

Jacquouille : Pourquoi tenez-vous absolument à vous rendre à la Place de la République, Monseigneur ?

Monseigneur Godefroid : Pour faire porter ma voix haut et fort !

Jacquouille : Comment ça ?

Ginette : Chaque semaine, il y a une manifestation pro-Palestine sur la place de la République.

Jacquouille : Comment le savez-vous, Messire ?

Monseigneur Godefroid : Je l’ai vu dans les informations quand nous étions à Bruxelles.

Après s’être démenés pour passer par la sortie d’égout, les voilà enfin sur la Place de la République.

Les calicots et banderoles en tous genres arboraient des slogans tels que : Cessez-le-feu – Free Palestine – Enfants de Gaza, enfants de Palestine, c’est l’humanité qu’on assassine…

A suivre…

L.M.

De droite à gauche, les familles politiques décryptées (4/4)

Dans ce dernier article, qui vient clore la série d’articles sur la Belgique, son fonctionnement et ses institutions, nous allons continuer notre exploration de l’éventail politique, du centre vers la droite de celui-ci. 

infographie: Miriam Hamjan
  1. Les fédéralistes 

Idéologie : fédéralisme    Place sur l’éventail politique : centre  Partis : DéFI / ProDG

Quelles sont leurs idées ? 

  • Parti né dans les années 1960   pour assurer la défense des intérêts et des droits des francophones, dans la région de Bruxelles-Capitale et dans la périphérie bruxelloise mais également en Wallonie
  • Ils mettent en avant l’identité linguistique et la défense des droits d’une communauté linguistique ( les francophones) ou d’une Région.
  • Les libéraux 

Idéologie : libéralisme  Place sur l’éventail politique : droite  Partis : MR / Open VLD

Quelles sont leurs idées ?

-Les questions économiques sont leur priorité. Tous les thèmes de la société sont abordés sous l’angle de l’économie. 

-Pour eux, la production de richesses augmente le bien-être social et procure la liberté. 

– Ils souhaitent une diminution des cotisations sur le travail.

– Ils soutiennent les indépendants. 

– La sécurité sociale est importante mais devrait être complétée par des assurances privées. 

– En matière de sécurité, ils jugent la prévention peu efficace et prônent les mesures répressives et la présence policière. 

– La question de l’écologie passe par la fiscalité. Il faut taxer les biens les moins respectueux de l’environnement et inversement.

– Au sujet de l’immigration, l’Open Vld ( flamand) souhaite limiter l’accueil des étrangers aux travailleurs qui viendraient combler des secteurs en pénurie. Le MR quant à lui ( parti francophone) se montre plus souple sur l’assouplissement des procédures de régularisation, bien que plusieurs courants s’expriment au sein du parti.

– Les libéraux sont plutôt progressistes sur les questions éthiques. 

– La famille libérale est pro- européenne. 

  • Les autonomistes 

Idéologie : nationalisme  Place sur l’éventail politique : droite   Partis : N-VA / RWF / RASSEMBLEMENT WALLON

Quelles sont leurs idées ? 

Ils s’inscrivent dans le clivage linguistique qui traverse la Belgique depuis ses débuts. Ces partis ont pu demander plus d’autonomie pour la Flandre ou la Wallonie. Certains demandent aujourd’hui l’indépendance d’une des entités fédérées où le rattachement d’une région à un autre pays.

-Selon eux, la Belgique n’est pas un véritable État-nation et n’a plus de raison d’exister. 

– La solidarité entre régions et entre communautés freine le développement de la Région ou la Communauté qu’ils défendent. 

– Leur programme est très axé sur les enjeux linguistiques. Sur les autres questions sociétales, on peut les situer au centre où à droite

– La N-VA souhaite l’indépendance de la Flandre. Elle se situe à droite sur les questions d’économie et de fiscalité. Elle s’oppose à une forte immigration non-européenne. Du point de vue de la sécurité, elle opte pour une plus grande répression. 

– Le Rassemblement wallon prône l’indépendance de la Wallonie. 

– Le Rassemblement Wallonie-France revendique quant à lui le rattachement de la Wallonie voire de la région bruxelloise à la France.

– Ces 3 partis sont conservateurs sur les questions éthiques.

– Ils sont critiques envers l’Europe qui ne laisse selon eux pas assez de place à l’autodétermination des peuples.

– Ils sont très peu présents sur les questions environnementales.

  • Les nationaux- populistes

Idéologie : national-populisme  Place sur l’éventail politique : extrême-droite   Partis : Vlaams Belang / Parti populaire / Démocratie nationale / La Droite 

Quelles sont leurs idées ?

  • Les questions identitaires sont fondamentales pour les partis nationalistes. Leurs valeurs de base sont la famille, le travail et la patrie.
  • Leur analyse des problématiques de la société se fait systématiquement à travers des slogans réducteurs, axés sur le rejet des étrangers et la critique du pouvoir en place.
  • Ils sont pour la fermeture des frontières et s’opposent à la multi culturalité, qui menace selon eux l’identité nationale. 
  • La sécurité doit passer par des mesures répressives importantes. 
  • Ils souhaitent mettre en place la « priorité nationale » en matière de redistribution sociale. Pour bénéficier d’aide, il faut être Belge ( ou Flamand dans le cas du Vlaams Belang) ou Européen vivant en Belgique. 
  • Ces partis sont conservateurs sur les questions éthiques.
  • En économie, ils prônent le protectionnisme, c’est-à-dire un système qui vise à favoriser les travailleurs et les entreprises nationaux.
  • Ils s’opposent en général à l’Union européenne.

Nous voilà arrivés au terme de cette série d’articles visant à expliquer succinctement le fonctionnement complexe mais intéressant de notre pays.

Hayat Belhaj 

Source : cultures&santé , «  les couleurs politiques en Belgique »

Les élections à la loupe

Notre article de janvier tentait d’expliquer le plus simplement possible le fonctionnement d’un état comme la Belgique. Dans cet article, nous souhaitons faire un rappel sur le fonctionnement des élections, qui approchent à grands pas. En Belgique, on vote tous les 5 ans pour les élections européennes, fédérales et régionales. On vote tous les 6 ans pour les élections provinciales et communales. Pour la première fois depuis que la Belgique est un état fédéral, toutes ces élections se dérouleront lors d’une même année. On peut dire que 2024 sera donc une année très électorale.

Mais qu’est ce que voter ? D’où nous vient ce droit ( ou pour certains cette obligation) ? Qui vote et comment applique-t-on dans la pratique le verdict des urnes ? Petit florilège historique du droit de vote

En Belgique les élections se font au « suffrage universel ». Cela signifie que le droit de vote n’est pas restreint par des conditions de revenus, de diplôme, ou d’hérédité. En effet, en 1831 ne peuvent voter que les hommes de plus de 25 ans qui paient un certain quota d’impôts : on parle alors de suffrage censitaire. En 1893, un même électeur peut représenter 2 ou 3 voix à lui seul selon son revenu ou son diplôme.

Les conditions du suffrage évolueront au cours du temps pour aboutir au suffrage universel en 1919.

Les femmes arracheront quant à elles ce droit en 1948.

En 1981, l’âge minimum légal pour voter passe de 21 ans à 18 ans.

En 1999 et 2004, d’autres ajustements ouvrent le droit de vote pour les citoyens étrangers sous certaines conditions et à certaines élections seulement.

Le dernier en date s’appliquera dès 2024 : le droit de vote dès 16 ans aux élections européennes pour tous les ressortissants de l’union européenne.

Qu’est ce que voter ?

Voter est une manière d’exercer sa citoyenneté. C’est l’occasion pour chacun de choisir les représentants en qui il a le plus confiance, et qui influenceront les décisions politiques futures qui toucheront tous les citoyens.

Pour exercer ce droit de façon éclairée, il est utile de se renseigner sur les programmes et les idées prônées par les candidats et les partis. Afin d’opérer un choix qui corresponde au mieux à ses propres valeurs et priorités.

En Belgique, le vote est obligatoire et tout citoyen convoqué qui ne s’est pas présenté au bureau de vote est passible d’une amende. Le vote est secret, afin de garantir la liberté de choix.

Pour quelles fonctions voterons-nous réellement en 2024 ?

Il est important de comprendre que les citoyens élisent uniquement les représentants des assemblées et des parlements. Les différents gouvernements, les collèges provinciaux, les collèges des bourgmestres et échevins ne sont pas élus directement par la population. Selon le niveau de pouvoir ils sont élus par les assemblées correspondantes ou nommés par le Roi.

Aux européennes, nous élirons les députés européens, lesquels seront les représentants belges du Parlement européen.

Aux fédérales, appelées aussi législatives, nous élirons les députés qui composent la chambre des représentants.

Aux régionales et communautaires, nous élirons les représentants des parlements des régions et des communautés.

Aux provinciales, nous élirons les membres des 10 conseils provinciaux du pays.

Aux communales, nous élirons les membres des différents conseils communaux de Belgique.

Comment sont répartis les sièges au sein des différentes assemblées ?

En Belgique, l’attribution des sièges se fait au scrutin proportionnel. Les sièges sont octroyés proportionnellement au nombre de voix recueillies par chaque parti. C’est le contraire du scrutin majoritaire.

Ce système favorise la fragmentation des assemblées entre de nombreux partis. C’est ainsi que nous avons des coalitions politiques, c’est-à-dire une association temporaire de différents partis pour former un gouvernement.

Concrètement, une fois les résultats connus, le parti qui a remporté le plus de voix contacte les autres pour constituer une majorité. Ensemble, ils élaborent un programme commun, qu’on appelle le pacte de majorité.

Par le jeu des alliances, il peut arriver qu’un parti perde la main et qu’une coalition se forme sans lui. Ainsi, ce n’est pas forcément la parti « victorieux » qui se retrouvera au pouvoir dans notre pays.

Ces coalitions portent en général des noms qui évoquent les couleurs des partis politiques qui les composent. L’actuelle coalition s’appelle la Vivaldi, en référence aux « Quatre saisons de Vivaldi », et aux quatre couleurs des grandes familles politiques socialistes/ libéraux/ écologistes/ chrétiens- démocrates. 

Le cordon sanitaire

Il existe en Belgique un dispositif qui vise à empêcher les partis d’extrême-droite de gouverner. C’est le fameux cordon sanitaire. Il consiste en un accord entre les partis démocratiques qui s’engagent à ne pas négocier avec l’extrême-droite et à ne pas former de gouvernement avec elle. C’est aussi empêcher ces partis d’avoir un temps de parole libre dans les médias.

Ceci dit, certaines voix dénoncent « l’hypocrisie » supposée de ce cordon, puisque rien n’empêche les partis extrémistes de se présenter aux élections.

D’autre part, cette mesure d’exclusion est dénoncée par certains comme étant elle-même anti- démocratique.

Rendez-vous au prochain article pour nous pencher ensemble sur les différentes familles politiques et les partis qui les représentent.

Hayat Belhaj

Maroc-Israël: une normalisation contestée par le peuple

Le 10 décembre 2020, Israël et le Maroc rétablissent leurs relations diplomatiques dans le cadre d’un accord trilatéral impliquant les États-Unis. Le royaume chérifien devient ainsi le quatrième pays arabe après les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan, à normaliser ses relations avec Israël. Si au sommet de l’État, cette décision est saluée, elle ne sera, par contre, jamais acceptée par le peuple marocain…

Cet attachement à la cause palestinienne n’est pas nouveau et est partagé par l’ensemble des pays arabes. Pour preuve, les manifestations en soutien au peuple palestinien sont celles qui rassemblent toujours un nombre considérable de personnes, parfois jusqu’à plusieurs millions à travers le monde.

Malgré une forte pression en faveur de la normalisation entre les pays arabes et Israël, des pays résistent, c’est le cas notamment de l’Algérie ou de la Tunisie qui refusent toujours d’établir des relations diplomatiques avec l’État hébreu. D’ailleurs, le drapeau palestinien accompagne très souvent leurs emblèmes nationaux lors de manifestations politiques ou d’évènements sportifs. Et le Maroc ne fait pas exception. Certains ont payé cher les critiques adressées au « makhzen[1]» jugé incapables de défendre les Palestiniens.

L’accord de normalisation entre Rabat et Tel Aviv a donc été perçu faussement comme la fin de la solidarité populaire à la cause palestinienne. Cette normalisation n’a jamais été acceptée par les Marocains dans leur ensemble, qui continuent à marquer leur attachement à défendre leurs « frères » victimes d’injustice. Pour preuve, la dernière Coupe du Monde au Qatar où de nombreux observateurs ont indiqué que la Palestine était la véritable gagnante de la compétition sans qu’aucun joueur palestinien n’ait foulé la pelouse qatarie. Et cela, grâce à la performance du Maroc qui n’a pas hésité à associer le drapeau noir, blanc, vert et son triangle rouge à sa victoire. Toutes ces manifestations d’amour envers la Palestine, ont montré qu’Israël ne sera jamais accepté par les Arabes tant qu’il demeurera une puissance occupante qui bafoue les droits humains les plus élémentaires.

La footballeur marocain Achraf Dari célèbre la qualification pour les demi-finales en brandissant un drapeau palestinien au stade al-Thumama de Doha. © EPA-EFE/Abedin Taherkenareh

Les avantages politiques obtenus par le gouvernement marocain en échange des droits des Palestiniens semblent dérisoires : la reconnaissance américaine de la revendication de Rabat sur le Sahara marocain. Cependant, la géopolitique mondiale semble plus que jamais remise en question : la supériorité des États-Unis et de l’Occident est de plus en plus contestée sur le continent africain. De nouveaux acteurs puissants, comme la Russie et la Chine, gagnent du terrain et fragilisent cet équilibre instauré depuis de (trop) nombreuses décennies

Israël, de son côté, souhaite bénéficier de l’immense zone marchande que représentent les pays arabes et espère en contrepartie en retirer toutes sortes d’avantages économiques mais tout en continuant à asservir les Palestiniens. Il est donc temps pour le Maroc et d’autres pays arabes de reconsidérer leur engagement en faveur de l’État hébreu au risque de payer cher les maigres consolations reçues en échange de cet énorme sacrifice consenti.

À l’occasion du deuxième anniversaire de l’accord de normalisation, des dizaines de milliers de Marocains ont manifesté à travers tout le pays (30 villes différentes) leur opposition à cette décision à travers un slogan : « le peuple veut abattre la normalisation ». Des protestations organisées par le Front marocain de Soutien à la Palestine et contre la Normalisation.

L’année 2022 a été particulièrement sanglante en Palestine. Elle est en passe de battre un nouveau triste record : l’année la plus meurtrière pour les Palestiniens de Cisjordanie depuis 2005…, selon l’envoyé des Nations-Unies pour le Moyen-Orient.

Ce mouvement populaire ainsi que tous ceux qui existent à travers le monde indique que la Palestine restera une lutte nationale au Maroc et dans d’autres pays arabes, et cela, malgré les décisions prises par des gouvernements prêts à sacrifier l’honneur et la justice sur l’autel de pauvres ambitions personnelles…

H.B.

[1] Le makhzen (مخزن) est un terme arabe désignant un entrepôt fortifié utilisé jadis pour le stockage des aliments, et qui a donné le mot magasin en français. Le makhzen désigne de façon spécifique et jusqu’à nos jours l’appareil étatique marocain.

La Belgique, ce casse-tête chinois

Si la Belgique est souvent appelée « le pays du surréalisme » ce n’est pas seulement pour son peintre René Magritte, considéré comme le maître du surréalisme en peinture. En réalité, le surréalisme de la Belgique évoque la complexité de son système politique et de ses institutions (due à son histoire), ainsi que les nombreux compromis qui sont nécessaires pour dégager des accords qui contentent le plus grand nombre. Alors, compliquée la Belgique ? Incontestablement ! Mais nous allons tenter en quelques articles de brosser un portrait simplifié de son fonctionnement et de sa structure. Ainsi que des couleurs et des tendances politiques qui font son identité, reflet des aspirations et préoccupations de ses citoyens. 

Quel type d’état est la Belgique ? 

La Belgique est une monarchie constitutionnelle parlementaire. En effet, le chef de l’État belge est un roi. Mais c’est un chef symbolique dont le pouvoir est limité par la constitution. Il est indépendant des partis politiques. Il est le garant de l’unité nationale et territoriale, il représente et défend les intérêts du pays à l’étranger. De part sa neutralité, il est aussi un médiateur lors de crises politiques internes.  

La monarchie est aussi parlementaire. Cela veut dire que le roi ne peut entreprendre quoi que ce soit sans l’accord du gouvernement.  

Structure de l’État belge

La Belgique est structurée comme suit : 

  • Un état fédéral
  • 3 régions (basées sur le territoire) : la Wallonie, la Flandre, Bruxelles-Capitale 
  • 3 communautés (fondées sur la langue) : flamande, francophone, germanophone 
  • 10 provinces
  • 581 communes 

Au fur et à mesure des réformes (les dernières en 2012 et en 2014), l’état fédéral a transféré de plus en plus de compétences vers les 3 régions et les 3 communautés, qu’on appelle aussi les entités fédérées. Ces entités fédérées ont ainsi gagné plus d’autonomie.  

Le pouvoir et les décisions sont donc partagés entre l’état fédéral et les entités fédérées (régions et communautés). Voilà pourquoi la Belgique ne compte pas moins de 6 gouvernements, un fédéral et un pour chaque région et communauté, la Flandre ayant un seul gouvernement à la fois pour sa communauté et sa région.  

Qui fait quoi ?  

  • Le gouvernement fédéral prend des décisions pour l’ensemble du pays. Son chef est le premier ministre. Il travaille avec maximum 15 ministres ainsi que des secrétaires d’état. Ceux-ci sont à la tête de ministères, plus connus désormais sous le nom de SPF (service public fédéral). Ses domaines d’actions sont : la défense, la justice, les finances, les affaires étrangères, la sécurité sociale, la santé publique (en partie), etc. 
  • Les entités fédérées (régions et communautés) ont des compétences propres et variées qu’elles exercent en autonomie pour la Flandre, pour la Wallonie ou pour Bruxelles-Capitale.  

A leur tête, on retrouve des ministres-présidents et des chefs de gouvernement.  

Les régions vont gérer des domaines comme l’emploi, l’agriculture, l’économie, l’énergie, etc. 

Les communautés sont responsables de sujets tels que la langue, la culture, l’enseignement (en partie), etc.

N.B : le fédéral, les régions et les communautés ne possèdent aucune hiérarchie entre eux. Ils sont tous trois sur un même pied d’égalité mais exercent leurs fonctions dans des domaines différents. 

N.B : le fédéral, les régions et les communautés possèdent chacun leur gouvernement mais aussi leur parlement.  

  • Les provinces, elles, sont sous contrôle des autorités supérieures (communautés ou régions). Leurs chefs sont les gouverneurs de province. Ils se réunissent en collège.  

Ils gèrent tout ce qui est d’intérêt provincial, c’est-à-dire ni fédéral, ni régional ou communautaire, ni communal. Par exemple, une partie de l’enseignement, l’environnement, le transport, le logement, les travaux publics. 

  • Les communes quant à elles, ont des compétences larges, qui concernent les besoins collectifs de leurs habitants, comme les naissances, les décès, les mariages, l’ordre public, la propreté communale, les CPAS. Elles sont aussi sous contrôle des autorités supérieures. Leurs chefs sont les bourgmestres.  

Pour être complet, il faut noter que les compétences sont parfois éclatées entre le fédéral, les communautés et les régions. C’est le cas de la santé par exemple, ce qui a donné lieu à une gestion difficile de la crise covid, avec pas moins de 9 ministres de la santé. 

La Belgique, un état de droit 

En tant que démocratie, la Belgique a organisé la séparation des 3 grands pouvoirs afin qu’aucun d’eux ne puisse concentrer tous les pouvoirs. Et qu’aucune influence malsaine ne puisse avoir lieu. Ainsi, un ministre ne peut donner d’ordre à un juge. Nous avons donc : 

Le pouvoir législatif : il fait les lois. Il se compose du parlement (sénat + chambre des représentants) 

Le pouvoir exécutif : il fait appliquer les lois. Il se compose du gouvernement fédéral et du roi. 

Le pouvoir judiciaire : il sanctionne les violations de la loi. Il appartient aux tribunaux.  

Alors vous avez trouvé ça compliqué ? Et vous avez raison. Vous pouvez maintenant vous récompenser d’un bon morceau de chocolat comme nous en avons de si délicieux !

Rendez-vous au prochain article pour parcourir ensemble les fondements du système électoral en Belgique.  

Nous nous intéresserons également aux différentes couleurs politiques présentes chez nous, ce qu’elles portent comme valeurs et idéologies.  

Enfin, nous ferons connaissance avec les partis politiques qui font la pluie et le beau temps de notre plat pays. 

Portez-vous bien! 

Hayat Belhaj