Les gardiens de notre humanité

« Vous savez, ce n’est pas rien une photographie. Je ne vous connais pas. Vous ne me connaissez pas (…) »[1] C’est par cette phrase que tout bascule pour Julien D. jeune photographe français venu couvrir l’horreur d’une extinction ethnique. Et quoi de mieux pour son objectif que l’un des quartiers martyrisés de Gaza. Arpentant les rues où le chaos a pris résidence, le jeune homme désire prendre la plus originale des photos. Seulement tout semble hurler. «Les trottoirs sont une mer de gravats, de bouts de béton pulvérisés, de poutres brisées, comme si un géant avait écrasé la ville sous ses pieds »,[2] constata Julien, las de prendre toujours les mêmes clichés. 

Là où le silence n’est qu’une trêve fragile entre deux explosions, un vieux libraire assis, plongé par la lecture d’un livre, entouré de centaines d’œuvres éparses à l’intérieur comme à l’extérieur attire son regard. Nabil, adossé au mur de sa bibliothèque, accroché encore à ses bouquins, lit à deux pas des ruines. « Comme si les mots pouvaient le sauver du bruit, de la souffrance, de la mort lente de la ville »[3], pensa Julien. Pas besoin de chercher plus loin, Julien tient sa photo.

Mais, Nabil A. refuse d’être un simple cliché de guerre ; il invite donc le photographe à entendre son histoire…

Rachid Benzine signe dans L’homme qui lisait des livres, une œuvre magistrale sur le pouvoir du récit : quand l’image ne suffit plus à dire la vérité d’un peuple, il reste les mots. L’auteur nous offre le portrait d’une dignité que rien ne peut abattre. Ce livre est construit comme un dialogue de transmission où la littérature devient une armure, une forteresse. En effet, chaque chapitre est lié à un auteur classique ou contemporain, montrant comment la fiction devient un bouclier contre une réalité brutale et enragée. 

L’auteur nous retrace, à travers l’évocation de grands titres littéraires qui ont marqué la vie de Nabil, plus de 77 ans d’histoire palestinienne : l’exil de 1948, les camps de réfugiés, la prison, mais aussi ses amours et ses désillusions politiques. 

De Shakespeare à Victor Hugo, en passant par la poésie de Mahmoud Darwich, Rachid Benzine nous offre une leçon d’humanisme universel :

  • On peut coloniser une terre mais, on ne peut pas coloniser l’imaginaire d’un homme. Tant qu’il lit, il reste libre et ouvert au monde.
  • Derrière chaque chiffre ou image scandée par les médias se cache une histoire, une vie. Apprendre à ralentir le regard, à laisser une place pour écouter la voix de l’autre est une manière de traiter les tragédies humaines.
  • La culture est le seul héritage qui ne peut être réduit par les bombes, à condition qu’il y ait quelqu’un pour l’écouter et le transmettre. Le dialogue entre le vieil homme et le jeune homme symbolise le passage de témoin, le dépositaire d’une mémoire au-delà des murs de Gaza.

Nabil, sous influence littéraire, raconte ses lectures comme un lieu de vie, un acte politique de survie. La littérature n’est pas un luxe, c’est le cri de ceux qui n’ont rien lui murmure Victor Hugo dans Les Misérables. Celui qui cherche à préserver une droiture morale dans un monde qui veut le réduire à sa condition de victime. Lire au milieu des décombres est un acte de résistance, de révolte face au nihilisme de l’absurde de L’étranger ou de La peste d’Albert Camus. C’est faire l’effort de trouver un sens là où tout semble s’écrouler, où l’enfer est craché à la surface de la terre. Se libérer l’esprit pour ne pas être défini par l’oppresseur encourage Frantz Fanon dans les Damnés de la TerrePrendre possession de son identité, c’est prendre possession de soi-même : sans le récit, on est une image vide. 

Son roman ouvre la voie à l’espoir, à la capacité de rester « humain » à travers les références de Romain Gary dans La Promesse de l’aube. Nabil, par sa douceur et son humour, infuse au jeune Julien la beauté des mots, ceux qui sauvent.

Si Nabil se nourrit des auteurs « étrangers » comme bouclier intellectuel, c’est dans la poésie palestinienne qu’il puise sa force, sa résilience. Il y a une place particulière tenu par la figure de grands poètes palestiniens comme Mahmoud Darwich et Mourid Al Barghouti[4], qui ont su mettre des mots sur la dépossession, l’exil et l’attachement viscéral à cette terre. L’identité d’un peuple repose sur la beauté de sa langue et de ses paysages, pas seulement sur son statut de victime. 

Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie[5] illustre son jardin intérieur, refusant de se laisser mourir spirituellement. Car la résistance ne passe pas seulement par le combat, mais par la capacité à nommer la beauté là où elle semble avoir disparu.

Cette cohabitation des vers de Darwich et de la littérature classique, rappelle que la culture est un dialogue entre les peuples, et que si Nabil lit ce n’est pas pour oublier Gaza, mais pour que Gaza ne soit pas oubliée. Une preuve qu’on peut tout détruire, sauf la capacité d’un homme à espérer. 

Nabil et ses auteurs ne sont pas seulement des témoins du passé, mais des veilleurs du présent, des gardiens de notre humanité…

Najoua


[1] Rachid Benzine, L’homme qui lisait des livres. Edition : Roman julliard-2025. P.18

[2] Idem-p.13

[3] Idem-p.17

[4] Tiré Les gens de la nuit de Mourid Al Barghouti. P.90

[5] Ce livre rassemble 17 contributions d’écrivains français, palestiniens ou franco-palestiniens. Pour donner voix aux victimes et ne pas garder le silence alors que Gaza meurt de faim et de froid. Pour exprimer l’indignation collective face au sort réservé au peuple palestinien. Pour affirmer, après Mahmoud Darwich, que « sur cette terre, il y a ce qui mérite vie. On l’appelait Palestine. On l’appelle désormais Palestine. » Edition : Seuil.

Crise identitaire. Exil et résilience au pays des cendres

« Qui suis-je ? Mais qui suis-je ? » — se demande-t-elle encore.
1917 – 1920
Dates de la trahison,
Dates de la colonisation,
Par une transaction déloyale,
Entre gouvernances immorales.
Sur la Déclaration Balfour
Renifle les vautours
Lancement du mandat britannique,
Elle n’y voit que manigances cyniques.
Elle découvre les ravages de ces sombres alliances,
Dans l’injustice abyssale et la décadence.

Les accords se sont faits sans les propriétaires,
Pour nourrir la prospérité de leurs adversaires :
Brigands et pillards au pays des oliviers,
Se sustentant de la Palestine et de ses biens privés.
Au milieu du bruit, des ruines et des morts,
Le silence de la honte ronge notre sort.
« Qui suis-je ? »
« Qui suis-je ? » répéta-t-elle.
Dans ce monde de colère,
Dans ce monde de haine.

Peut-être que ces meurtriers n’ont plus d’âme,
Puisqu’ils tuent des enfants et brisent leur flamme.
Les mots lui manquent face aux exilés,
Le silence la consume face aux fusillés.
Le monde regarde ce mouroir sur leur écran,
Pendant que Gaza enterre ses descendants.
Peut-être que le diable a trouvé ses frères,
Dans ces consciences mortes, habillées de lumière.

« Au secours ! » s’écrie-t-elle : « Sauvez la justice ! »
Mais ses mots de détresse s’effacent sans artifice.
Pendant que l’ONU débat loin de l’horreur,
Les explosions des bombes imposent la terreur.
L’odeur de la mort sous les gravats se devine,
La faim assassine et la peur opprime.
Elle pensait vivre un temps d’exception,
Mais ce n’est qu’une nouvelle abomination.

1948, la Nakba s’invite,
Le silence de la honte humilient les complices.
Paix et justice ne sont-ils plus que des mirages,
Perdus dans la poussière de ce vieux carnage ?
Comment tolérer qu’à quelques kilomètres à peine,
Certains rient au soleil, d’autres hurlent leur peine ?
Comment rester sereine dans cet accablant effroi,
Quand le monde chancelle et renie ses propres lois ?

Pendant qu’à Gaza, le ciel s’embrase,
Les survivants au cœur vivant deviennent esclaves
Et même s’ils restent debout avec dignité
Elle cherche inlassablement un sens à cette humanité.

Nous sommes tous témoins, dit-elle, que les cartes ont changé,
Nous sommes tous témoins, dit-elle, de ces crimes orchestrés.
Et même si à présent certaines ethnies s’éteignent,
Les siècles ne cesseront de murmurer ce qu’elles enseignent.
Alors l’Histoire saigne,
Mais la Palestine règne.

Alors elle se confie à son Seigneur pour mieux respirer :
« Qui suis-je ? » murmure-t-elle.
« Qui suis-je dans ce chaos de façade ?
Une ombre lucide, ou une conscience malade ?
J’observe les masques et les faux-semblants,
Les regards fiers et les cœurs absents.
Suis-je ce que je défends, ou ce que j’espère ?
Suis-je une étincelle d’action, ou une ombre éphémère ?
Je ne suis qu’une âme qui médite sur ceux que l’on détruit,
Une voix qui se tient debout au milieu des cris.
Je contemple la résilience de ce peuple de foi,
Je reconnais ma faiblesse et retrouve ma voie.
Ô Toi qui tiens les mondes dans Tes mains infinies,
Je place en Toi ma foi pour ce grand défi.
Tu es notre Garant, notre Éternel Présent,
C’est en Toi que mon espoir demeurera vivant. »

E.F.

Je n’ai pas les mots

Quand mon amie m’a demandé d’écrire un article sur l’actualité du Proche-Orient, j’avoue que j’ai relu sa demande plusieurs fois. Comment écrire sur ce sujet, alors qu’il me retourne l’âme ? C’est un comble, pour une auteure, de ne pas trouver les mots. Mais comment nommer l’innommable ? Comment décrire ce que les yeux ne peuvent plus regarder sans trembler, ce que le cœur refuse d’admettre de peur qu’il ne se brise ?

J’ai des amis là-bas. Ils sont nombreux à Beit Sahour, Bethléem ou dans le camps d’Aïda. Des gens que j’ai rencontrés, que j’ai aimés, avec qui j’ai partagé le pain, les silences, les rires aussi. Aujourd’hui, je n’ose plus leur écrire. Par peur. Peur de ce qu’on pourrait me dire. Peur d’un prénom qui ne me répondrait pas. Peur que l’horreur ait frappé là où battait encore un peu d’espoir.

Le Proche-Orient, cette terre si riche, si profonde, si sacrée, semble ne plus avoir de répit. Et pourtant, dans cette obscurité, il nous est demandé à nous, femmes spirituelles, de tenir la flamme. De croire encore. D’aimer malgré tout. Le Coran nous dit :
« Certes, Allah commande la justice, la bienfaisance et l’assistance aux proches. » (Sourate An-Nahl, 16:90) Ce verset résonne en moi comme une invitation. À rester droite, à tendre la main, à ne pas détourner le regard, même lorsque celui-ci se voile de larmes.

La spiritualité n’est pas un refuge confortable. Elle est parfois un cri silencieux. Elle est cette force invisible qui nous pousse à transformer l’angoisse en prière, la colère en compassion, la douleur en présence.

Et je pense aux femmes de là-bas. Celles qu’on ne filme pas, qu’on ne voit pas, qu’on n’écoute pas. Celles qui tiennent les foyers debout, qui chantent encore des berceuses sous les bombes, qui cousent la vie avec des fils d’espoir. Ce sont elles, mes sœurs, mes repères, mes héroïnes silencieuses. Alors oui, je n’ai pas les mots. Mais j’ai le cœur ouvert. Et peut-être que cela suffit, pour dire que je suis là. En prière. En amour. En lumière.

Latifa CHAY

Petit bout de vie

Comme vous, j’ai traversé les saisons de l’insouciance, de l’ignorance, et parfois de la maladresse. Ces âges flous de la vie où l’on avance sans trop savoir, où les certitudes sont des mirages, et l’instant présent une vérité suffisante.

Comme vous, à mesure du temps qui passe, l’expérience a augmenté, la réforme intérieure s’est dessinée et la sagesse tente jour après jour de s’installer.

Il m’arrive alors de m’arrêter, de contempler le chemin parcouru. Je revois cette adolescente insouciante, chantant à tue-tête les refrains du moment, sans toujours saisir le poids des mots qu’elle répétait. À cette époque, les mélodies me touchaient plus que les messages, le rythme dominait le sens. Et pourtant… cette légèreté était peut-être nécessaire. L’ignorance m’a sans doute fait perdre un temps précieux (wa – l -‘asr, inna al-insana la fi khousr) mais elle fut aussi le terreau du changement.

Aujourd’hui, les mots résonnent autrement, avec une gravité nouvelle. Ils ne parlent plus seulement de rébellion personnelle, mais d’une résistance plus douloureuse, celle du peuple meurtri à Gaza et celle de toutes les consciences éveillées.

Paroles
“Si on t’organise une vie bien dirigée
Où tu t’oublieras vite
Si on te fait danser sur une musique sans âme
Comme un amour qu’on quitte
Si tu réalises que la vie n’est pas là
Que le matin tu te lèves
Sans savoir où tu vas…”

Résiste
Prouve que tu existes
Cherche ton bonheur partout, va,
Refuse ce monde égoïste
Résiste
Suis ton cœur qui insiste
Ce monde n’est pas le tien, viens,
Bats-toi, signe et persiste.”

Je médite sur le monde, sur nos vies bien calibrées et sur notre résistance face l’injustice et les atrocités que vivent les opprimés.
Je médite sur mes actions et sur l’impact de ma voix dans l’humanisation.
Je médite sur ma voie dans ce parcours de vie qu’Allahazzawajel a décrété.
Je médite sur la force de ma foi dans cette épreuve.
Je médite…

E. F.

France-Israël : quand la politique s’invite sur le terrain  

Alors que le match de football entre la France et Israël se joue ce soir au Stade de France, l’événement sportif se trouve au cœur d’un tourbillon de tensions politiques. En effet, ce match de football a suscité des appels au boycott et des débats intenses sur les réseaux sociaux, faisant resurgir les questions de politique internationale alors que Gaza subie de plein fouet les exactions de l’armée israélienne depuis plus d’un an. Certains ont préféré « botter en touche » en affirmant que le sport est avant tout neutre… 

Des appels au boycott

Avant même que le coup d’envoi soit donné, diverses associations et organisations de défense des droits humains en France ont lancé des appels au boycott de ce match. Elles dénoncent notamment les massacres d’Israël envers les Palestiniens, qualifiant ses actions de graves violations des droits de l’homme. Selon un rapport récent des Nations unies, il existerait des “indices sérieux de génocide” à l’encontre des Palestiniens à Gaza, des termes lourds de sens qui soulèvent des questions et demande une réaction urgente.

Ces militants estiment qu’il est impossible de détacher la scène sportive de la situation politique actuelle. À leurs yeux, l’organisation de cette rencontre, sans répercussions pour Israël, renforce l’impunité internationale de l’état hébreu et normalise les crimes qui sont commis de plus d’un an à Gaza et dans les territoires occupés où les violations et l’expansion des colonies a pris un coup d’accélérateur. En France, et ailleurs, des voix se lèvent pour exprimer leur désaccord avec le fait qu’Israël puisse participer librement à des événements sportifs internationaux, alors que ses actions sont qualifiées de crimes contre l’humanité par des organisations internationales. Des voix qui restent, pour l’heure, inaudibles. 

Deux poids, deux mesures ?

Cette situation souligne un sentiment de “deux poids, deux mesures” souvent dénoncé. Alors que certains États font l’objet de sanctions internationales immédiates pour des comportements similaires, et la réaction face à la Russie est un parfait exemple, Israël bénéficie de protections diplomatiques, notamment de la part des grandes puissances occidentales et notamment les Etats-Unis. Les militants pro-palestiniens reprochent à ces États et aux instances sportives internationales d’appliquer des standards différents, laissant Israël participer sans encombre malgré des accusations sérieuses.

Pour beaucoup, cette situation est difficilement justifiable et affaiblit la crédibilité des institutions internationales, qui peinent à imposer un cadre cohérent et impartial pour faire respecter les droits humains. Les appels au boycott de cette rencontre ne sont donc pas seulement une protestation contre Israël, mais aussi un moyen de rappeler aux instances sportives leur rôle potentiel dans la défense de l’éthique et de la justice.

Un sport qui se politise malgré lui

Le sport, traditionnellement perçu comme un espace neutre, se retrouve au centre de ces controverses. Les stades et les compétitions deviennent des lieux de manifestation d’opinions politiques, surtout lorsque des questions de droits humains sont en jeu. Les partisans du boycott estiment que les événements sportifs internationaux doivent être un levier pour rappeler aux nations qu’elles ont des comptes à rendre sur la scène mondiale, y compris sur leurs actions hors du terrain.

Les instances sportives internationales, comme la FIFA et l’UEFA, sont également mises sous pression pour prendre position. Dans le passé, elles avaient suspendu des nations pour des raisons politiques, notamment contre l’Apartheid en Afrique du Sud. Face à une situation où les accusations de génocide émergent, certains estiment qu’il est indispensable que ces organisations définissent une ligne de conduite cohérente en matière de droits humains. 

H.B.

Ils se relèveront…

Tu es couché, dos à terre. Tes frères dorment à poings fermés malgré la guerre qui éclate dehors.
Ta mère te donne dos, pleure en silence et implore notre Seigneur. Devant vous, elle donne l’image d’une femme forte, mais au fond d’elle, la peur la ronge.

Chaque matin et chaque soir, elle te répète de tenir tête à l’ennemi. Qu’un jour ou l’autre, ils seront punis car nous, on a ce qu’ils n’ont pas : Dieu est avec nous.

Un énième bombardement vient d’éclater. Alors que tu es dans tes pensées, ta demeure est visée. Derrière le viseur, un sans-coeur.
Avant même de réaliser, tu te retrouves sous les décombres.

Au-delà de l’expression, le ciel t’est vraiment tombé sur la tête. La douleur est trop forte, tu te sens partir… tu te dis c’est fini. Mon heure est arrivée.

Une lumière te brûle les yeux. Est-ce celle du paradis ? Heureux, tu ouvres les yeux. Et là, tu retombes en enfer. Autour de toi, les docteurs s’agitent, les mères prient, les pères crient…
Oui, tu as survécu à l’attaque. Mais perdu, tu ne sais pas si tu dois être heureux d’être encore en vie ou désespéré de ne pas être mort.

Après quelques heures seulement, on te demande de quitter les lieux. D’autres blessés sont en chemin et les places manquent. Alors tu prends sur toi, et tu quittes ce lit d’hôpital.

Dehors, toujours le même décor : les cris en guise de mélodie, les barrages formés par les chars en guise de paysage.

Sans famille, sans toit, tu déambules dans les rues de Gaza.
Quelque part au loin, perdu, tu trouves une école sous la protection de l’ONU.
Autant y aller, tu n’as plus rien à perdre, de toute manière, tu es déjà six pieds sous terre.

Plusieurs familles se sont réfugiées ici, tu repenses à cette fameuse nuit, où les tiens sont partis.

Une larme s’échappe, puis deux, un torrent de larmes s’ensuit…

De petites mains se posent sur tes joues et essuient ces perles qui coulent. Tu lèves les yeux, face à toi, un enfant qui te sourit à pleines dents.
L’espace d’un instant, tu oublies ta souffrance.

Mais à peine retrouves-tu une lueur d’espoir, que celle-ci laisse place au néant.

Le lendemain, dans tous les journaux occidentaux, on peut lire  » Tirs d’obus israéliens sur une école de l’ONU « . Ton corps ensanglanté est à la une d’Al-Jazeera. Tu viens de nous quitter. Ta perte nous laisse un goût amer.

Mais pour tout Palestinien tombé, dix se relèveront. Et pour dix Palestiniens tombés, cent se relèveront.
Et pour cent Palestiniens tombés, tous se révolteront.

Aujourd’hui, on est tous Palestiniens.

Noor T.

La solidarité, l’ADN de l’être humain

Humanité, neutralité, impartialité, autonomie sont les 4 principes fondamentaux de l’action humanitaire. Ces valeurs internationales répondent aux souffrances humaines partout où elles se manifestent, en prêtant une attention particulière aux populations les plus vulnérables. Ainsi, l’aide humanitaire ne favorise aucun camp lors de conflits armés. Elle doit être octroyée sur la seule base des besoins, sans aucune discrimination culturelle, religieuse ou ethnique. De plus, leurs finalités doivent être détachées des objectifs économiques, militaires ou autres. En effet, aucune influence politique, stratégique n’entache leurs actions. Ce besoin d’agir face à une multiplication de crises humanitaires, sanitaires fait partie de notre conscience en tant qu’être humain. Alors, l’action humanitaire est-elle la solution à tous les problèmes du monde ? L’humanitaire, nouvel acteur politique de son temps ?

Objectif : la dignité humaine

Guerres, exodes, catastrophes climatiques, famines sont observées depuis plusieurs années. Le monde actuel vit une transition dans le sens large du terme : énergétique, écologique, numérique, financière, démographique ( vagues de réfugiés économiques, climatiques, politiques). Et l’humanitaire vit dans cette complexité géopolitique à laquelle il faut répondre aux besoins, en s’adaptant aux contraintes des pays d’intervention. À travers le monde, les communautés religieuses et associatives s’empressent d’aider les plus démunis et ceux qui sont en détresse financière : une forme d’altruisme qui élève notre humanité. La multiplication des associations et des ONG est une preuve évidente du besoin d’aide dans le monde car il reste tant à accomplir. L’Homme est donc, source d’action et de soutien aux pauvres et aux faibles. Quelques fois, les actions de solidarité sont fortement limitées sur le plan géopolitique (les astreintes naturelles et climatiques, les embargos, les contraintes volontaires de l’acheminement de l’aide par des barrages militaires et par une politique « génocidaire »). En effet, cette dimension politique freine l’action humanitaire ; ce qui rend complexe leurs champs d’action. Sur le terrain, les acteurs humanitaires sont en première ligne ; c’est pourquoi ils aspirent et militent pour une forme d’immunité politique afin de ne plus être impactés par les conflits et contraintes gouvernementales. Leur démarche est une forme de politique, mais humanitaire car ils n’ont aucunement une approche d’appartenir à un parti. « Les acteurs humanitaires ont bien une responsabilité sociale et politique, celle d’alerter sur des situations de crise et de confronter les autorités politiques à leurs responsabilités vis-à-vis des populations les plus vulnérables. » Mais pour cela, il faut des partenaires convaincus et responsables. De plus, ce sont les États qui sont juridiquement garants de la sauvegarde de toutes les ressources caritatives (humaines, logistiques) sur le terrain d’intervention.

Gaza, séisme humanitaire

Veiller à acheminer jusqu’aux populations affectées par les crises, les aides nécessaires et prioritaires, souvent dans un environnement politique et sécuritaire complexe, est une tradition universelle à tout organisme. Cependant, en Palestine, le ton change et la situation reflète l’impuissance d’intervention sur le terrain. Pourtant les besoins là-bas dépassent l’entendement. En effet, les contraintes logistiques d’aide sur place prennent une tournure inhumaine concernant la bande de Gaza. Plus d’un mois après la décision de la Cour Internationale de Justice (CIJ), Israël ne permet pas l’entrée d’une aide suffisante dans la ville et ne s’est pas conformé aux ordonnances de mesures minimales, à savoir l’aide humanitaire vitale et les services élémentaires d’assistance aux populations sensibles. « L’ampleur et la gravité de la catastrophe humanitaire causée par les bombardements incessants, les destructions et le siège étouffant mis en place par Israël, exposent plus de 2 millions de Palestiniens de Gaza à des préjudices irréparables. » Les images de cette catastrophe humanitaire nous parviennent des réseaux numériques. Des scènes de chaos où les convois terrestres ont été attaqués par les forces israéliennes et pillés par des civils palestiniens désespérés. C’est pourquoi, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) décide d’envoyer l’aide par voie aérienne. Initialement utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale pour ravitailler les troupes isolées sur le terrain, les parachutages sont devenus un outil apprêté pour l’acheminement de l’aide. Ils ont été servis pour la première fois par les Nations Unies (ONU) en 1977. Cependant, ils sont considérés comme le « dernier recours » lorsque les options efficaces échouent.
Entrer à Gaza, c’est entrer dans une zone de guerre dans laquelle les bombardements et les tirs sont incessants. Les humanitaires exposent leurs vies pour mener à bien leur mission afin de livrer l’aide vitale à la population, et sont impactés par les atrocités des offensives. Leur posture est un défi de détermination et de courage.

L’humanitaire est interpellé dans sa conscience, dans son éthique et dans ces valeurs (citées en début d’article) face à Gaza. D’abord, par une situation qui continue de se nécroser humainement sur le terrain et surtout par l’échec cuisant de l’international (ONG, ONU, CIJ, PAM, OXFAM, AMNESTY INTERNATIONAL, UNICEF, …). « Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître et c’est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres. »

Najoua

Les visiteurs en 2023 (épisode 3)

Ginette, qui avait bu les dernières gouttes de la potion qui tapissaient le verre dans lequel elle avait verser son soda, reprit ses esprits.

Ginette : Mais qu’est-ce que … ? Ohé ?! Y a quelqu’un ? Mais où est-ce que j’ai atterri ??

Elle alluma la lampe torche de son gsm. 

Ginette : Oh la vache !!! Boire une potion magique pour atterrir ici !

Attendons voir… Par-là, il y a de la lumière au fond. Il faudrait d’abord que je m’oriente. Je n’ai pas de réseau… Quel chemin prendre ? Ah mais, maintenant que j’y pense… Il y a des plaques de rue dans les égouts. En tout cas, dans la Grande Vadrouille, il y en avait ! Ah, en voici une : Place de l’Opéra – 9e Arrt.

Ça alors, pour une coïncidence, c’en est une ! Me voilà sous l’opéra Garnier, sur les pas de Bourvil et De Funès ! 

Il doit y avoir une plaque d’égout. En voilà une. Bon sang ! Elle est bloquée. Ils doivent être les derniers à l’avoir déplacée…

Ginette éclaira les alentours à l’aide de sa lampe torche et se fraya un chemin dans le dédale des célébrissimes égouts de Paris.  Elle continua vers l’ouest où elle était sûre de pouvoir trouver une sortie, non loin de la Tour Eiffel.

Ginette : Enfin, me voilà dans le 8e arrondissement ! Avenue Jacques Lacan. 

Ginette monta les escaliers qui menèrent à ce qu’elle pensait être une plaque d’égout.

Ginette : C’est pas vrai, elle est bloquée aussi ? Mais elle n’est pas en acier, c’est bizarre… Ce n’est pas une plaque d’égout. Tiens, on dirait une trappe. Mais… j’entends des voix… Ohé ?

Y a quelqu’un ??

Entretemps, dans le placard chez le psy…

Jacquouille : Oh Messire, il avance, on va se faire repérer.  Messire… Vous entendez, on dirait Dame Ginette.

Monseigneur Godefroid : Dame Ginette, ici ?!

Jacquouille : Sous nos pieds.

Ginette : Jacquouille, c’est toi ? Je n’arrive pas à ouvrir la trappe. Elle est coincée. Tire de l’intérieur.

Jacquouille : Je n’y arrive pas, non plus. Messire !!! 

A cet instant précis, le psy ouvrit d’un coup sec la porte du placard.

Le psy :  Tiens…  

Le psy inspecta le placard. Tout était à sa place mais un objet peu commun roula et vint fouler son pied. Il le ramassa et l’inspecta de plus près.

Jacquouille : Oh, il était moins une ! Monseigneur, vous m’avez sauvé ! Je vous dois une fière chandelle.

Monseigneur Godefroid : Tu n’es même pas capable d’ouvrir une trappe ! Par Dieu tout puissant ! 

Ginette : Je me disais bien que c’était vous ! Mais qu’est-ce que vous faites ici ?

Monseigneur Godefroid : Dame Ginette ! Je me réjouis de vous voir bien que je ne pensais pas vous revoir d’aussitôt. Comme vous pouvez le constater, nous n’avons pas atterri dans le bon siècle.

Ils se reposèrent un moment et décidèrent de continuer leur chemin jusqu’à la prochaine issue. Quelques centaines de mètres plus loin, une autre trappe se présenta à eux. Monseigneur Godefroid la débloqua et ils entrèrent dans un tunnel.

Des chants sourds qu’ils ne pouvaient distinguer leur parvenaient. Au bout du tunnel, ils ouvrirent une porte qui donnait sur une salle richement décorée et illuminée par des lustres en cristal.

Jacquouille : Mais… où sommes-nous ?

Monseigneur Godefroid : Je crois que nous sommes dans une synagogue.

Cachée derrière de larges et épaisses tentures de velours, Ginette distinguait le rabbin qui allumait une bougie et l’assemblée récitant des chants religieux. D’autres personnages présents lui semblaient familiers…

Jacquouille : Oh, Messire… Ils vont nous prendre pour des Croisés… C’en est fini de nous !

Ginette : T’inquiète, mon Jacquouille, nous ne sommes pas dans une synagogue. Regarde là-haut, ce qui est écrit : Liberté-Egalité-Fraternité.

Jacquouille : Mais… je ne comprends pas.

Monseigneur Godefroid : Par Dieu tout puissant ! Ma patrie qui entonne des chants religieux hébraïques ! 

Jacquouille : Messire… vous avez vu qui est là ?

Ginette : Qui ça, Maque Rond ?

Jacquouille : Non, pas le pantin… Celui qui se trouve là… à l’extrême droite. On l’a vu chez le psy.

Ginette : Noooon ?! T’en as vu d’autres chez le psy ? Vas-y, balance ! Non, laisse-moi plutôt deviner…  Gérald ? Elisabeth ? Elle en aurait des choses à raconter !

Jacquouille : Sem-More !

Ginette : Aah lui ?! Ça ne m’étonne pas. Il a une telle haine des musulmans. C’est bien qu’il aille se soigner… Qui d’autre ?

Jacquouille : Méthane Yahou…

Ginette : Oooooh, c’est pas vrai ?! Qu’est-ce qu’il a dit ? Un père tyrannique ? Il passait ses nuits dans un placard dans le noir ?

Jacquouille : Je suis resté sur ma faim… Il a dû partir… pour larguer des bombes.

Monseigneur Godefroid : Dites-moi, Dame Ginette. Je crains de ne vraiment rien comprendre à ce nouveau millénaire… Vous m’avez bien dit que la Terre de mes ancêtres, les vaillants Francs, n’était plus terre chrétienne…

Ginette : Ah ouais, ça, depuis l’temps…

Monseigneur Godefroid : … et donc le crédo de la république est bien la laïcité ?

Ginette : Euh… ouais c’est ça.

Monseigneur Godefroid : Alors, comment peut-on expliquer qu’on allume une bougie pour célébrer une fête religieuse et que des incantations hébraïques soient prononcées à l’Elysée, temple de la laïcité, sous l’approbation du chef d’État ?

Ginette : Ouais là, je dois bien dire que je ne comprends plus rien. Je n’arrête pas d’expliquer à ma voisine Karima qu’elle ne peut pas travailler avec son voile dans une institution publique car l’état est laïc mais là, je ne sais plus ce que je vais lui sortir comme excuse…

Jacquouille : Messire, laissez-les donc… 

Monseigneur Godefroid : Non, Jacquouille. Où sont les valeureux Seigneurs qui dirigeaient notre patrie ? Les valeurs chrétiennes étaient portées haut. Que reste-t-il aujourd’hui ? 

Ginette : Dis à ton Godefroid de faire gaffe à ce qu’il dit… Il pourrait se faire accuser d’antisémitisme.

Jacquouille : C’est ce que j’essaye de lui dire mais…

Monseigneur Godefroid :  Moi, être accusé d’antisémitisme ? Mais quel est le rapport avec ce que j’ai dit.

Jacquouille : Aucun, Messire… Aucun rapport…

Mais, il n’en faut pas toujours, Messire… Il n’en faut pas toujours pour être accusé…

Excédé et lassé, Monseigneur Godefroid se tut et se rendit compte que ce bon vieux Jacquouille paraissait plus avisé qu’il ne l’était lui-même sur certains points. Sa position sociale a sans doute contribué à lui ouvrir les yeux sur les injustices et l’hypocrisie dont peuvent faire preuve les dirigeants… et ce, quel que soit le siècle, en fin de compte.

Monseigneur Godefroid : Allons-nous en d’ici !

Ginette : Viens, mon Jacquouille ! 

Ils disparurent un à un derrière les tentures et reprirent le tunnel qu’ils avaient emprunté. Arrivés dans les égouts, ils reprirent leur marche en direction de l’est vers la Place de la République.

Jacquouille : Pourquoi tenez-vous absolument à vous rendre à la Place de la République, Monseigneur ?

Monseigneur Godefroid : Pour faire porter ma voix haut et fort !

Jacquouille : Comment ça ?

Ginette : Chaque semaine, il y a une manifestation pro-Palestine sur la place de la République.

Jacquouille : Comment le savez-vous, Messire ?

Monseigneur Godefroid : Je l’ai vu dans les informations quand nous étions à Bruxelles.

Après s’être démenés pour passer par la sortie d’égout, les voilà enfin sur la Place de la République.

Les calicots et banderoles en tous genres arboraient des slogans tels que : Cessez-le-feu – Free Palestine – Enfants de Gaza, enfants de Palestine, c’est l’humanité qu’on assassine…

A suivre…

L.M.

Le dilemme du prisonnier

Comprendre le dilemme du prisonnier permet de mieux saisir les enjeux les plus complexes tant économiques, géopolitiques, sociologiques, sociaux que boursiers…. Les politiciens, économistes et traders s’en servent pour anticiper des actions. Ce dilemme nous aide à voir plus clair sur leurs stratégies de décisions. 

Dans ce contexte de guerre Israélo-Palestinienne, un cessez-le-feu immédiat permettrait moins de pertes humaines et économiques.

Le dilemme du prisonnier permet de nous rendre compte pourquoi tant que la communication et la confiance n’est pas instaurée, cet équilibre ne sera jamais atteint. La main invisible d’Adam Smith renforce notre compréhension en expliquant que l’intervention de l’Etat est très mauvaise pour la santé économique du pays.

Aussi, dans l’actualité sur les débats des agriculteurs, l’état intercède en augmentant la pression fiscale et réglementaire. Ceci a pour conséquence de tuer les petits agriculteurs et laisser les plus grands sur le marché. De plus, elle importe des produits d’autres pays qui ne subissent pas autant de taxations. L’État tue la concurrence pour créer un marché monopolistique ce qui n’est dans l’intérêt que du monopole qui pourra demander le prix qu’il souhaite. Les clients paieront plus cher pour des consommations de moins en moins locales, les petits agriculteurs n’auront plus de revenus, le chômage augmentera, les grèves continueront et chaque grève coûte plus de 1 milliard en France et plus de 600 millions en Belgique. 

La théorie des jeux : Le dilemme du prisonnier

Il existe un principe (en théorie des jeux), connu sous le nom du dilemme du prisonnier (Albert W. Tucker, 1950) selon lequel deux individus ont toujours intérêt à coopérer plutôt qu’à rivaliser ou à chercher à se détruire mutuellement. 

L’histoire est simple. Je vous raconte?

Cette théorie s’illustre donc par l’histoire de deux prisonniers (P1 et P2) qui se connaissent et se font prendre par la police.

Le juge les prend chacun à part et leur propose de dénoncer leur complice. En échange, il bénéficiera d’un allègement de peine de prison.

Chaque prisonnier a deux choix:

Soit il dénonce son complice. Soit il se tait.

De ces deux hypothèses découlent donc 4 situations hypothétiques:

  1. Les deux prisonniers se dénoncent mutuellement; Chacun risque 2 ans de prison (2;2)
  2. Les deux se taisent. Aucun n’aura de peine de prison (0;0);
  3. Le prisonnier 1 trahit l’autre alors que le prisonnier 2 se tait; dans ce cas, le P1 encourt 1 an de prison et P2, 5 ans de prison (1;5);
  4. Le prisonnier 2 trahit l’autre alors que le prisonnier 1 se tait; dans ce cas, le P2 encourt 1 an de prison et P1, 5 ans de prison (5;1);

On parle de dilemme car chaque prisonnier est conscient qu’il a intérêt à coopérer avec l’autre et à ne pas le dénoncer mais aucun d’eux ne prendra le risque de se faire trahir par l’autre. Il s’agit donc d’un jeu d’équilibre et de confiance.

Par conséquent, en l’absence de communication, les deux prisonniers choisiront instinctivement de se dénoncer mutuellement. L’équilibre, dit de Nash, sera donc que chacun trahisse l’autre (2;2)

Le dilemme est représenté par le tableau suivant:

P1/P2SE TAIRETRAHIR
SE TAIRE(0;0)(5;1)
TRAHIR(1;5)(2,2)

La meilleure des situations serait que tous deux se taisent pour éviter une peine de prison (0,0) et atteindre « l’optimum de Pareto ».

John Nash découvre qu’en réalité, les intérêts individuels ne servent pas les intérêts de la communauté. 

Comprendre la théorie des jeux dont l’introduction se fait toujours par cet exemple du dilemme du prisonnier permet de comprendre les enjeux les plus complexes  tant économiques, géopolitiques, sociologiques, sociaux, que boursiers….

Les politiciens, économistes et traders s’en servent pour anticiper. Elle nous permet de voir plus clair sur leurs stratégies de décisions. 

Dans ce contexte de guerre Israélo-Palestinienne, un cessez-le-feu immédiat permettrait moins de pertes humaines et économiques (= optimum de Pareto).

Mais tant que la communication et la confiance n’est pas instaurée, cet équilibre ne sera jamais atteint.

La main invisible d’Adam Smith

En réalité, bien avant Nash, cette théorie « d’individualisme » a été expliquée à travers « la main invisible » d’Adam Smith.

Ce dernier expliquait que si chacun cherche à atteindre et à maximiser son propre intérêt alors cette recherche contribuera à atteindre l’intérêt général.

Pour mieux comprendre cette main invisible, supposons que vous habitez dans une ville où il n’existe qu’une boulangerie (opérateur téléphonique, un seule commerçant de chaussures…). En l’absence d’intervention étatique, une autre boulangerie entrera dans le marché pour vendre son pain car il y a une demande et des bénéfices à en tirer. Et s’il y a toujours une demande pour du pain, encore une autre boulangerie ouvrira…Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus bénéfice à en tirer pour une nouvelle boulangerie.

Adam Smith explique qu’en l’absence d’intervention de l’état, le libre-échange permet de créer une situation qui profitera à tous les acteurs économiques (boulangeries, état, clients).

  • De la concurrence entre elles. Ainsi, chacune baissera le prix pour attirer un maximum de clients ; l’abaissement du prix profitera aux clients ;
  • L’emploi : toutes les personnes qui travailleront dans ces boulangeries ne seront pas au chômage ce qui profitera à l’état.
  • Du revenu : les boulangers vendront leurs pains et constitueront une entrée de revenu pour elles.

Adam Smith encourage le libre-échange et s’oppose à l’intervention de l’état dans les marchés économiques.

Ainsi dans l’actualité sur les débats des agriculteurs, l’état intervient en augmentant la pression fiscale et réglementaire. Ceci a pour conséquence de tuer les petits agriculteurs et laisser les plus grands sur le marché. De plus, elle importe des produits d’autres pays qui ne subissent pas autant de taxations. L’état tue la concurrence pour créer un marché monopolistique ce qui n’est dans l’intérêt que du monopole qui pourra demander le prix qu’il souhaite. Les clients paieront plus cher pour des consommations de moins en moins locales, les petits agriculteurs n’auront plus de revenus, le chômage augmentera, les grèves continueront et chaque grève coûte plus de 1 milliard en France et plus de 600 millions en Belgique.

Un Jeu d’Équilibre et de Confiance

Nous avons introduit le concept du dilemme du prisonnier. Nous avons compris qu’il existe un équilibre vers lequel les acteurs vont tendre (équilibre de Nash) et que cet équilibre se réalisera parce que les individus cherchent à maximiser leur bien-être individuel (la main invisible d’Adam Smith). 

Dès lors, nous pouvons nous interroger sur ce qui pourrait inciter les acteurs à agir pour l’intérêt général. Qu’est ce qui pourrait faire en sorte qu’on puisse atteindre l’équilibre de Pareto? Après tout, tous les acteurs ont intérêt à chercher cet équilibre puisque c’est bien celui-là qui permette non seulement de maximiser le bien être de chacun mais aussi celui de la communauté.

Comment améliorer la communication entre les acteurs et la confiance en l’autre ? La clé de l’atteinte de cet optimum est donc la foi en l’autre et la bienveillance des uns envers les autres.

La question, désormais qui reste ouverte, est celle de savoir comment atteindre ce degré de foi.

Nelm

350 km pour Gaza : le pari de deux jeunes Bruxellois 

Ce dimanche 4 février, Hamza 25 ans et Aymane, 20 ans donneront le top départ de leur course qui doit les mener jusqu’à Paris. Un challenge qu’ils veulent relever en soutien aux enfants palestiniens. L’objectif est de récolter 100 000 euros qui seront reversés à l’ONG Karama Solidarity. 

Habitués des sports extrêmes et des défis, ils ont déjà effectué l’aller-retour Bruxelles-De Haan (Le Coq) à vélo, gravi le sommet du Mont Blanc, plus haut sommet d’Europe occidentale avec ses 4806 mètres. Mais cette fois-ci, l’objectif est d’aller plus loin et de parcourir à pied la distance séparant deux monuments : l’Atomium à Bruxelles et la Tour Eiffel à Paris. « L’objectif est de courir cette distance en une semaine environ. Nous serons suivis par un van entièrement aménagé. L’ensemble de notre périple sera filmé et diffusé sur les réseaux sociaux par un vidéaste. Nous serons aussi épaulés par un coach soignant sportif. Pour relever ce nouveau défi, nous avons commencé à nous entraîner il y a quelques mois, mais l’actualité à Gaza nous a particulièrement touchés. Nous souhaitions apporter notre contribution et c’est pourquoi nous avons contacté Karama Solidarity qui nous a soutenus dans ce projet. Notre objectif est de récolter 100 000 euros pour aider les enfants palestiniens. Concrètement, ce projet se décline en trois dimensions : une dimension sportive avec cette performance, une dimension humanitaire pour les enfants de Gaza et une dimension spirituelle, parce que nous allons devoir aller chercher au plus profond de nous-mêmes. Il y aura de nombreuses méditations dans ce genre de défi, même si on est en binôme, l’effort est individuel et nos valeurs et principes se révèlent dans ce type de difficultés », insiste Hamza Sedouk

100 000 euros pour les enfants palestiniens

Cet évènement se déroule en partenariat avec l’ONG Karama Solidarity active sur le terrain à Gaza et qui s’engage à utiliser les dons récoltés lors de cet évènement pour améliorer concrètement la vie des enfants en Palestine, en leur fournissant un soutien physique et psychologique. Une aide urgente et indispensable alors que la famine à Gaza semble s’installer. Israël a accusé plusieurs membres de l’UNRWA d’être impliqués dans l’attaque du 7 octobre dernier, entraînant à la suite de cette accusation qui ne se fonde sur aucune preuve, le gel des fonds versés par une douzaine de pays dont les principaux donateurs : les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou encore la Suède. Une décision qui interpelle et qui va au-delà des valeurs d’humanité et de solidarité prônées par ces mêmes pays. Un pied de nez, l’agence onusienne UNRWA est en lice pour obtenir le prix Nobel de la paix… 

Sur le terrain, l’urgence est partout, selon le dernier bilan, plus de 26 000 personnes ont été tuées, 70 % sont des femmes et des enfants, 70 % de la bande de Gaza est complètement détruite et l’ensemble des plus de 2 millions de Gazaouis font face à la famine.

H.B.