Crime et Châtiment de Dostoïevski : une réflexion sur le nihilisme dans notre époque contemporaine

« Crime et Châtiment » est l’un des romans les plus célèbres de Fiodor Dostoïevski. Publié en 1866, il met en scène Rodion Raskolnikov, un étudiant désespéré et en proie à des dilemmes moraux complexes. Ce roman plonge profondément dans les questions de justice, de morale et d’éthique, tout en interrogeant les fondements de la conscience humaine. Le cœur de l’intrigue repose sur l’idée de savoir si un individu peut, au nom d’une idée ou d’un principe, justifier des actions criminelles et transcender les lois morales et éthiques universelles. Ce dilemme, bien qu’ancré dans le XIXe siècle, trouve encore des échos troublants dans notre époque contemporaine, marquée par le nihilisme et l’individualisme extrême.

Comment le nihilisme est-il défini chez Dostoïevski ?

Dans Crime et Châtiment, Raskolnikov incarne une forme de nihilisme, c’est-à-dire la croyance que les normes morales n’ont pas de fondement absolu et qu’un individu extraordinaire peut échapper aux lois qui gouvernent le commun des mortels. Il est convaincu que certaines personnes, par leur génie ou leur supériorité intellectuelle, ont le droit d’accomplir des actes immoraux pour atteindre des fins supérieures. Cette idée le pousse à commettre un horrible meurtre — celui d’une vieille prêteuse sur gages, qu’il considère comme un personnage insignifiant, que personne ne pleurerait, comparée aux grands projets qu’il pourrait réaliser s’il s’émancipait des entraves de la morale ordinaire.

Ce raisonnement, bien qu’il se termine par la culpabilité et la rédemption dans le roman, résonne encore aujourd’hui, où certaines personnes ou groupes semblent s’arroger le droit de redéfinir la justice en dehors des cadres établis par la société.

Qu’en est-il du nihilisme dans notre époque ?

Le nihilisme, cette négation des valeurs traditionnelles et des principes moraux absolus, est toujours présent dans la société moderne. On le retrouve chez des individus ou des groupes qui, au nom d’une « juste cause », se sentent autorisés à outrepasser les lois éthiques.

Voici quelques exemples qui abondent :

  1. Les terroristes extrémistes : Qu’il s’agisse de groupes fondamentalistes ou d’individus isolés, ces personnes justifient souvent leurs actes de violence au nom de leur idéologie, en croyant qu’elles servent une cause supérieure. Comme Raskolnikov, elles se placent au-dessus des lois morales, convaincues que leur cause est plus importante que la vie des individus (hommes, femmes et enfants y compris) qu’elles sacrifient.
  2. Les hackers activistes (hacktivistes) : Certains groupes ou individus pratiquent le hacking sous couvert d’une « justice sociale ». Ils estiment que le vol de données ou le sabotage numérique peut être justifié par la nécessité de dénoncer l’injustice. Ainsi, l’éthique commune de respect de la vie privée et de l’ordre public est souvent violée, car ces activistes se considèrent comme des agents d’une « justice supérieure ».
  3. L’extrémisme politique : On observe également des groupes politiques, parfois extrémistes, qui légitiment des actions violentes ou illégales en prétendant servir un « bien commun ». Qu’il s’agisse de destructions, de coups d’État ou d’autres formes de subversion, ces groupes estiment que la liberté ou l’égalité méritent de violer les règles démocratiques et éthiques.

Ces exemples montrent que l’idée selon laquelle certains individus ou groupes se placent au-dessus des lois pour atteindre des objectifs soi-disant nobles est encore d’actualité. Comme Raskolnikov, ces personnes cherchent souvent à justifier leurs actes en s’appropriant le droit de redéfinir la justice.

La justice et la moralité restent des concepts intemporels :

Le dilemme central est : qui peut définir ce qui est juste ou moral ? Dans une société où les idéaux collectifs et les institutions morales sont parfois contestés ou rejetés, le risque est que certains se croient autorisés à imposer leur propre version de la justice. Cependant, Dostoïevski montre, à travers l’agonie intérieure de Raskolnikov, que nul ne peut échapper à la culpabilité morale. Même s’il croyait initialement que son acte était justifiable, il est progressivement détruit par sa propre conscience.

La grande leçon de cette œuvre littéraire russe réside dans le rôle central de la conscience. Rodion Raskolnikov, en croyant pouvoir transcender la morale commune pour accomplir un acte qu’il juge justifiable, se heurte à la réalité de sa propre conscience, qui devient son juge le plus implacable. Même s’il tente de rationaliser son crime, sa conscience le rattrape, le plongeant dans la culpabilité et la souffrance intérieure. Ce roman nous enseigne que la conscience humaine est une force puissante et incontournable : elle ne peut être ignorée ou étouffée sans conséquences destructrices. Elle est le rappel constant que, malgré nos justifications intellectuelles ou idéologiques, la transgression des lois morales finit toujours par se retourner contre soi.

Ainsi, la véritable justice ne peut se construire en dehors de la reconnaissance et du respect de cette voix intérieure.

Hana Elakrouchi

Un temps «Mossad » s’empare de l’Orient mais tout est sous contrôle…

Les marchés financiers ne semblent pas réagir face à la détresse du monde oriental. Ils semblent insensibles au risque d’une 3ième guerre mondiale comme si… « tout est sous contrôle ».

Netanyahu poursuit ses ambitions idéologiques, soutenu par une faible majorité en Israël. Malgré l’ampleur des dégâts humains, rien ne l’arrête, pas même la pression exercée par Biden, affaibli et décrédibilisé face à un Netanyahu déterminé à avancer coûte que coûte. Si la force ne suffit pas, il faut user de plus de force.

Pour l’instant, Netanyahu persiste, conscient qu’à la fin de son mandat, il devra rendre des comptes et risque la prison pour ses nombreux crimes restés impunis.  Autant faire durer son pouvoir. Sa devise semble être : « si la force ne suffit pas, il faut user de plus de force. » La dissuasion israélienne vise ce qui est perçu comme des menaces :

● Neutralisation du Hamas dans la bande de Gaza et en Cisjordanie ;

● Neutralisation du Hezbollah ;

● Limitation de l’influence iranienne en Irak et en Syrie.

Son bilan actuel se résume par :

1. La destruction massive de la bande de Gaza, transformée en scène d’un génocide historique devenu normalisé ;

2. La dévastation du nord du Liban (avec 600 morts et 500 000 déplacés) ;

3. L’assassinat de Haniyeh Ismaïl à Téhéran ;

4. La destruction des appareils de communication du Hezbollah et l’assassinat de son chef militaire Fouad Chokr ;

5. L’assassinat de Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah, ainsi que de son allié iranien Abbas Nilforoushan.

Dans ce contexte, il est possible d’analyser la position macro de chaque pays voisin et d’évaluer les cartes dont chacun dispose. Ainsi, nous pourrions comprendre pourquoi  les répercussions de cette situation sur les marchés financiers n’est pas visibles.

Pourquoi Israël décide d’attaquer le Liban maintenant ?

Parce que tous les opposants sont « paralysés » et ne peuvent intervenir en faveur de la cause palestinienne. Gaza est abandonnée et elle est livrée à elle-même. Aucun pays ne s’en préoccupe, aucun ne veut s’en soucier.

L’Iran

Il reste « l’ennemi à affaiblir » pour Israël. L’Iran a pour ambition d’user Israël économiquement et militairement, sans déclencher un conflit direct. L’Iran évite un affrontement ouvert tout en fournissant des armes au Hamas à Gaza, au Hezbollah au Liban, et aux milices en Syrie, en Irak, et au Yémen.

L’Iran cherche à faire des Etats- Unis des alliés afin de lever les lourdes sanctions qui pèsent sur son programme nucléaire mais continuer dans cet objectif d’usure économique et militaire israélien pour fatiguer son ennemi au travers des différentes milices. Jusqu’ici les réponses iraniennes sont très précises et bien pesées. L’Iran répond de manière mesurée de sorte à ne pas perdre sa crédibilité face au monde extérieur mais pas assez pour rentrer dans un conflit plus grand.
Un affrontement direct entraînerait une intervention américaine en faveur d’Israël, mais l’Iran cherche à éviter cela tout en continuant à affaiblir Israël par des moyens indirects. L’Iran joue un rôle d’équilibriste, sachant qu’un faux pas pourrait le plonger dans une guerre à grande échelle.

Le Liban

Israël semble vouloir plonger le Liban dans une insurrection. La destruction des systèmes de communication du Hezbollah pose la question de la capacité d’infiltration israélienne. Comment Israël a-t-elle réussi à pénétrer les réseaux du Hezbollah sans susciter de soupçon, et pourquoi maintenant ? Cette question mérite une analyse approfondie et un article à elle seule.
Les conséquences de cette infiltration sont une déstabilisation psychologique qui entraîne paranoïa, anxiété et frustration: qui est l’ennemi et comment s’est-il infiltré ?
Israël veut provoquer une escalade régionale, car le timing lui semble favorable. Le contexte actuel est propice à une avancée militaire.
Israël se trouve dans une situation favorable et propice pour attaquer le Liban et renforcer sa domination militaire. Une victoire redorerait l’image de Netanyahu, surtout après l’humiliation de 2006. C’est maintenant ou jamais.

Le Hezbollah cherche aussi à éviter une confrontation directe avec Israël, conscient de la fragilité du gouvernement libanais. Un affrontement pourrait remettre en question sa légitimité et sa popularité parmi les Libanais.

Autres acteurs régionaux

● La Jordanie semble avoir normalisé ses relations avec Israël, interceptant des missiles iraniens destinés à ce dernier.

● L’Égypte reçoit des aides américaines, limitant ses actions.

● Le Maroc a signé des accords de normalisation avec Israël en échange de la reconnaissance du Sahara.

● Le Soudan a été retiré de la liste des États soutenant le terrorisme et reste passif sur la question palestinienne.

● L’Arabie Saoudite poursuit des objectifs économiques et nucléaires, tout en s’alignant contre l’Iran, ce qui l’empêche de soutenir activement le Liban.

● La Syrie, bien que traditionnellement alliée de la Palestine, est elle-même occupée (par les Américains, les Russes, les Turcs…) et affaiblie, incapable de défendre le Liban ou Gaza.

● Le Bahreïn, les Émirats arabes unis ne sacrifieront pas leurs nouvelles alliances pour défendre la Palestine.

Les États-Unis

Ils montrent des signes d’essoufflement, ayant dépensé 12,5 milliards de dollars en aide à Israël depuis le 7 octobre. De plus, l’attention américaine est divisée par la campagne électorale opposant Trump et Kamala Harris.

En conclusion, compte tenu du contexte actuel, et du fait que tout le nord d’Israël est évacué, tous les éléments semblent en place pour une invasion terrestre du Liban par Israël, voire une occupation définitive. Tout est sous contrôle nous communiquent les marchés financiers… les lumières de Gaza continuent de s’éteindre tandis que  « ses alliés » ont les yeux rivés sur leurs jouets faisant abstraction de la fièvre Mossad…

Tout est sous contrôle…

Nelm

Élections communales du 13 octobre : Mobilisons-nous pour notre avenir local !

Le 13 octobre prochain, les citoyens belges seront, une nouvelle fois, appelés aux urnes pour élire leurs représentants communaux. Ces élections, souvent considérées comme moins importantes que les scrutins fédéraux ou régionaux, sont pourtant cruciales. Elles déterminent directement l’avenir de notre cadre de vie, la gestion de nos services publics et la réalisation des projets locaux qui touchent chacun d’entre nous.

Pourquoi voter est essentiel ?

Les élus communaux jouent un rôle clé dans la vie quotidienne : ils décident des politiques en matière d’urbanisme, d’éducation, de transport, de culture et d’environnement. Leur gestion influence la qualité des infrastructures, des écoles, des espaces verts et bien d’autres services essentiels à la communauté. En participant à ce processus démocratique, vous avez le pouvoir de choisir les personnes qui seront responsables de ces décisions. Néanmoins, beaucoup de citoyens se sentent déconnectés des enjeux ou pensent que leur vote ne fera pas de différence. Pourtant, chaque voix compte. C’est précisément au niveau local que nous pouvons le plus facilement faire entendre nos préoccupations et obtenir des résultats concrets. Une faible participation peut également conduire à des résultats qui ne reflètent pas les véritables aspirations de la population. Plus nous serons nombreux à voter, plus le conseil municipal sera représentatif de la diversité et des attentes de chacun. Cette année, une particularité importante à noter, la Flandre à décider de ne plus rendre le vote aux élections communales obligatoire, une décision qui aura surtout un impact auprès des populations plus défavorisées. Statistiquement, ce sont surtout les populations issues des catégories sociales plus fragilisées qui s’abstiennent de voter, or cela pourrait renforcer davantage les partis de droite et d’extrême-droite. 

Notre commune, notre responsabilité

Nous avons tous un rôle à jouer pour bâtir une commune dynamique, inclusive et tournée vers l’avenir. Le 13 octobre, nous avons une occasion unique de nous exprimer et de participer activement à la vie de notre commune. Ne laissons pas cette opportunité nous échapper. Le résultat du scrutin sera intéressant à connaître sur plusieurs communes notamment à Molenbeek où la bourgmestre PS, Catherine Moureaux risque de perdre le mayorat face à une concurrence importante avec le MR qui rêve de le lui brandir, mais aussi avec la liste Molenbeek Autrement lancé par l’ex-CDH Ahmed El Khannouss et Team Fouad Ahidar qui entend bien continuer à surfer sur la victoire obtenue le 09 juin dernier aux élections régionales et fédérales. Team Fouad Ahidar qui présente d’ailleurs des listes dans 7 communes bruxelloise : outre Molenbeek, à Schaerbeek, Anderlecht, Jette, Saint-Josse, Woluwe Saint-Lambert et Bruxelles-Ville. 

Des priorités

Logement, propreté, sécurité, constituent les priorités majeures de ces élections communales. Le port de signes convictionnels pour les agents communaux ou encore le plan good move sont des sujets qui reviennent régulièrement lors de cette campagne électorale. Un seul mot d’ordre : Mobilisez-vous, parlez-en autour de vous, et faites entendre votre voix ! Chaque vote compte pour construire un avenir local qui nous ressemble.

H.B.

Les désorientés

A la mort de Mourad, Adam, professeur d’histoire à Paris, décide de rassembler, après 25 ans, ses amis de jeunesse que la vie a dispersé aux quatre coins du monde. Son souhait est d’abord d’évoquer la mémoire de leur ami perdu, mais aussi et surtout de raviver leurs souvenirs d’autrefois, eux qui étaient unis par le désir d’un monde meilleur.

Ce roman intimiste, narré tantôt à la première personne, tantôt à la troisième, alterne le journal intime d’Adam, le narrateur, et les échanges avec ses amis perdus de vue. Au fil du récit, on découvre des personnages écorchés par la guerre, par l’exil… et dont la blessure est encore vive pour certains. 

Au travers des pages, une certaine amertume nous traverse. Elle nait des désillusions, des désenchantements, des rêves échoués auxquels l’être humain se confronte un jour ou l’autre. Parfois à la dérobée, parfois avec douleur mais elle est présente.

L’Académicien excelle dans l’art de l’expression nuancée, de la suggestion et de la connotation ce qui fait naître en nous une palette de sentiments qui ne laissera pas le lecteur indifférent.

Amin Maalouf nous raconte un pan de l’histoire de sa terre natale, le Liban qu’il ne cite jamais d’ailleurs mais qu’il nommera le Levant. Comme à son habitude, il nous pousse à la réflexion sur des thèmes intemporels tels que l’amitié, le pouvoir, l’identité… et d’autres tels que le rapport de l’Orient et de l’Occident ou encore des Juifs et des Arabes dont l’actualité brûlante et criante ne me permet pas de taire. En voici un extrait dont l’analyse suscite considération et vif intérêt :

Ce conflit qui a bouleversé nos vies n’est pas une querelle régionale comme les autres, et ce n’est pas seulement un affrontement entre deux « tribus cousines » malmenées par l’Histoire.  C’est infiniment plus que cela. C’est ce conflit, plus que tout autre, qui empêche le monde arabe de s’améliorer, c’est lui qui empêche l’Occident et l’Islam de se réconcilier, c’est lui qui tire l’humanité contemporaine vers l’arrière, vers les crispations identitaires, vers le fanatisme religieux, vers ce qu’on appelle de nos jours « l’affrontement des civilisations ». 

(…) En l’occurrence, on pourrait affirmer, sans risque d’erreur, que dans l’histoire trois ou quatre fois millénaire du peuple juif, les années quarante du vingtième siècle, qui ont vu une tentative d’extermination, puis la défaite du nazisme, puis la création de l’État d’Israël, constituent la décennie la plus dramatique et la plus significative de toutes.

(…) Dans un monde idéal, les choses auraient pu se passer autrement. Les Juifs seraient venus en Palestine en expliquant que leurs ancêtres avaient vécu là il y a deux mille ans, qu’ils en avaient été chassés par l’empereur Titus, et qu’à présent ils avaient décidé d’y revenir ; et les Arabes qui peuplaient ce pays leur auraient dit : « Mais bien sûr, entrez donc, vous êtes les bienvenus ! Nous vous laisserons la moitié du pays et nous irons vivre dans la moitié qui reste. » Dans le monde réel, les choses ne pouvaient se passer ainsi. Quand les Arabes ont compris que l’immigration juive n’était pas le fait de quelques groupes de réfugiés, mais qu’il s’agissait d’une entreprise organisée visant à s’approprier le pays, ils ont réagi comme l’aurait fait n’importe quelle population : en prenant les armes pour l’empêcher. Mais ils se sont fait battre. Chaque fois qu’il y a eu un affrontement, ils se sont fait battre. Je n’arrive plus à compter le nombre des défaites qu’ils ont déjà subies. Ce qui est certain, c’est que cette succession de débâcles a progressivement déséquilibré le monde arabe, puis l’ensemble du monde musulman. Déséquilibré au sens politique, et aussi au sens clinique. On ne sort pas indemne d’une série d’humiliations publiques. Tous les Arabes portent les traces d’un traumatisme profond, et je ne m’exclus pas du lot. Mais ce traumatisme arabe, lorsqu’on le contemple à partir de l’autre rive, la rive européenne, ma rive adoptive, ne suscite que l’incompréhension et la suspicion.

J’ai lu dernièrement ce témoignage d’un ambassadeur israélien sur sa carrière dans les années cinquante et soixante : « Notre mission était délicate, parce qu’il nous fallait à la fois persuader les Arabes, qu’Israël était invincible, et persuader l’Occident qu’Israël était en danger de mort. » Avec le recul, on peut dire que ce diplomate et ses collègues ont remarquablement réussi dans cette mission contradictoire. Il ne faut pas s’étonner, dès lors, si les Occidentaux et les Arabes ne posent pas le même regard sur l’État d’Israël ni sur l’itinéraire du peuple juif.

Mais ce n’est évidemment pas l’habileté des diplomates qui explique cette différence de perception. Il y a, objectivement, deux tragédies parallèles. Même si la plupart des gens, chez les Juifs comme chez les Arabes, préfèrent n’en reconnaitre qu’une. Les Juifs, qui ont subi tant de persécutions et d’humiliations à travers l’histoire, et qui viennent de connaitre, au cœur du vingtième siècle, une tentative d’extermination totale, comment leur expliquer qu’ils doivent demeurer attentifs aux souffrances des autres ? Et les Arabes, qui traversent aujourd’hui la période la plus sombre et la plus humiliante de leur histoire, qui subissent défaite sur défaite des mains d’Israël et de ses alliés, qui se sentent bafoués et rabaissés dans le monde entier, comment leur expliquer qu’ils doivent garder à l’esprit la tragédie du peuple juif ?

Sans rien nous imposer, Amin Maalouf parvient, une fois de plus, à poser un regard impartial sur ce conflit historique avec justesse et sagesse. Sans oublier ce vibrant appel à l’harmonie entre les peuples qu’il lance comme une bouteille à la mer.

L.M.

L’ère de la botte

Ceux qui ont lu l’œuvre 1984 de Georges Orwell, savent qu’il s’agit d’une dystopie, d’un livre d’anticipation. Le principe de ce genre de roman est de décrire un monde futuriste virant au cauchemar à travers une idéologie totalitaire sur fond de pouvoir absolu sur la politique, l’économie et les moyens de communication. Ces romans ont la lourde tâche de nous indiquer les dangers d’un avenir, sombre et totalitaire ; mais aussi de nous faire réfléchir sur les moyens de les éviter et d’y résister.  

Le récit se déroule à Londres, en 1984, dans un monde où chaque aspect de la vie est contrôlé et surveillé par le Parti, une organisation puissante dirigée par le mystérieux Big Brother. Le personnage principale, Winston Smith, travaille pour le Parti et se trouve confronté à des dilemmes moraux et éthiques qui le poussent à remettre en question sa loyauté et son rôle au sein de cette société oppressive. A travers son regard, Orwell explore les rouages du pouvoir totalitaire sous forme de manipulation de l’information, de perte de liberté, de police de la pensée et du langage. 

1984 est une œuvre qui nous interpelle, un roman captivant, une mise en garde, une anticipation politique, qui donne pas ou peu d’espoir dans ce tableau sombre d’une société esclave des écrans et de la propagande. 

Et pourtant, 1984 reste un livre incontournable qui semble résonner avec nos problématiques contemporaines liées à l’évolution de nos sociétés hyperconnectées et à la perte de la libre pensée. Analysons quelques points.

« L’objet du pouvoir est le pouvoir. »[1]

1984 a cette qualité d’être une interrogation universelle sur l’Etat et sa place dans nos sociétés, ce qui permet de le réutiliser dans toutes situations où on commence à craindre pour nos libertés et la mise en place d’un régime autoritaire. Ce fut le cas, par exemple, lors du mouvement Black Lives Matter[2] qui a mobilisé des milliers de personnes; mais aussi plus récemment, lors de la répression des individus et des associations, en criminalisant leurs actions de solidarité avec la Palestine[3]. En effet, des lois[4] qui sanctionnent le boycott, le droit de manifester, le droit de s’exprimer ciblent les opposants à la politique d’Israël, en les réduisant au silence. Elles sont adoptées au Royaume-Uni, en Allemagne et en France, sous couvert de lutte contre les discours de haine. Ainsi, la solidarité active avec la cause palestinienne devient la cible de législations répressives[5].

Le capitalisme occidental est passé peu à peu d’un stade social à un néolibéralisme brutal qui surveille et réprime ses citoyens pour empêcher toute contestation. Et les télécrans sont apparus dans nos poches : le pouvoir de l’information, de la propagande et du contrôle de la pensée par le langage, les situations de deux poids-deux mesures, les « deux minutes de la haine ».  Des lois de sécurité, de fichages et de dissolutions récentes et express d’associations décrétées par le gouvernement français, sans enquête judiciaire, ont été dénoncées notamment par la Ligue des Droits de l’Homme.

Sous une surveillance constante et généralisée, semblable à celle qui s’installe petit à petit dans notre société, la télévision et internet seraient, donc les seuls vecteurs d’information et les gens devraient s’en remettre pleinement. Aujourd’hui, on constate une recrudescence de « l’espionnage » sur le web, ce qui permet d’affilier à chaque ordinateur, des publicités ciblées qui correspondent aux « besoins » de l’utilisateur : profilages numériques, déclenchements de webcams à distance, télésurveillances, utilisation de ChatGPT, etc. Ce sont surtout les réseaux sociaux qui se nourrissent de nos informations que nous donnons souvent, volontairement : soif de reconnaissance, de popularité, ce qui nous mène sans contrainte à un conformisme dicté par la communauté du net. Il est vrai que nous sommes quand même loin du réseau internet et de la vidéosurveillance de 1984, pourtant le roman résonne déjà. On perçoit comme une alerte sur les progrès de l’intelligence artificielle.

La Novlangue, l’épidémie silencieuse

La puissance de la langue est un thème crucial dans le roman. Le parti utilise la langue comme outil de contrôle, modifiant les mots et les significations pour manipuler la réalité : la Novlangue est née. Langue inventée par le Parti, elle est conçue pour réduire le vocabulaire et simplifier la grammaire, rendant ainsi impossible la pensée critique ou divergence. Par exemple le mot liberté n’existe plus car le concept même de liberté est considéré comme dangereux par le Parti. C’est sous trois slogans que ce monde est régit : « La guerre, c’est la paix », « La liberté, c’est l’esclavage », « L’ignorance, c’est la force »[6]

Aujourd’hui, la « Novlangue » a trouvé un chemin pour s’infiltrer dans nos modes de pensées. En effet, on dénature le sens des mots, les nuances de langage sont bannis, les concepts ne sont plus pris en compte, on limite l’espace de la pensée, la critique constructive n’a plus de rôle à jouer, le débat d’idée n’est plus l’adage de la démocratie…Bref, le monde politique ( gouvernement, partis) et économique ( marketing, commerce) utilisent cette novlangue à profusion. Jean-Paul Fitoussi, économiste et penseur français, écrit que le fait «(…)d’avoir réduit l’espace de pensée et de ne plus permettre qu’une pensée diverge, qu’une alternative puisse s’exprimer(…) a pour conséquence (…) de nous empêcher de comprendre, pour nous éloigner de la réalité du terrain.»[7] Par exemple, on parle de croissance négative ou de croissance raisonnée ( récession)d’agriculture biologique ( sous-entend que l’agriculture n’est pas, à la base, biologique)complotiste ( personne critiquant les infos données dans les grands médias), frappe chirurgicale ( bombardement allié). On parle de conflit et non de guerre, on parle de flexibilité et non de précarité, on parle de gouvernance et non de gouvernement[8]… c’est ainsi que l’État manipule la perception de la réalité des gens en inversant le sens réel des mots.

La déconstruction totale

« Si vous voulez une image de l’avenir, imaginez une botte qui écrase indéfiniment un visage humain. »[9]

Dans cette société orwellienne[10], dirigée par Big Brother, la vérité n’existe pas, le libre arbitre n’existe pas et le langage, vidé de son sens, sert surtout à masquer les violences. Les citoyens récalcitrants subissent une sorte de lavage de cerveau, jusqu’à ce qu’ils rentrent dans le rang et adhèrent à la pensée dominante. Une allégorie terrifiante décrivant la tentative d’un homme ( Winston) de rester sain d’esprit dans un état totalitaire qui torture la vérité et les gens pour contrôler la société .

L’inhumanité, c’est le processus qui peut amener n’importe quel humain, persuadé que le renversement des valeurs opéré par l’idéologie totalitaire est juste, à commettre des crimes horribles. L’inversion de valeurs libère les autorités de toute justification d’actes de torture. Nous avons l’exemple flagrant de la politique liberticide israélienne ( palestiniens), chinoise ( Ouïghours), birmanes ( Rohingyas), soudanaise (Massalit), etc. 

Dans une Histoire qui se répète, des tyrans émergent et menacent la liberté et la paix. De nos jours, nous sommes témoins de guerres, d’invasions, de génocides, d’apartheids, de crimes contre l’humanité, de grand remplacement, de nettoyage ethnique. Ainsi, la guerre devient un processus continu car si « la guerre c’est la paix », inversement « la paix c’est la guerre ». On voit comment le totalitarisme brise les hommes et les femmes, et génère la honte de soi, qui permet de museler définitivement la rébellion. L’idéologie totalitaire absolue de 1984 a la capacité de soumettre et de lobotomiser les individus, par la peur, l’humiliation, la torture, la souffrance, en interdisant toutes formes de bonheur.

Dans son œuvre, Georges Orwell explore les mécanismes d’une dictature radicale et pousse ces réflexions plus loin. Cependant, il est important de souligner que la perception d’un régime profondément totalitaire comme le présente Orwell en cette moitié du XXe siècle, avec ses aspects les plus extrêmes, diffère de la vision contemporaine. De notre côté, le totalitarisme en question prend la forme d’un agent infiltré sous couverture politique. En effet, il est assez triste de constater que nous avons intériorisé, si ce n’est accepté, la domination que les gouvernements exercent sur nous ainsi que les actes répréhensibles perpétrés par certains d’entre eux. Une sensibilité perdue par l’acharnement médiatique, ainsi que par la propagande des réseaux sociaux : des divertissements à profusion et la recherche dans le plaisir d’un bonheur absolu.

1984 est LE livre fondateur des romans d’anticipations décrivant une société futuriste soumise à un régime totalitaire restreignant toute liberté de penser, d’agir, d’être… Et donc, toute accession au bonheur.

Mais restons vigilant et comme Big Brother : Ouvrons l’œil ! 

Najoua


[1] Citation du livre 1984 de G. Orwell. Edition : Folio classique (6891-F8)-p.354

[2] Black Lives Matter — qui se traduit par « les vies noires comptent » ou « la vie des Noirs compte » — est un mouvement politique né en 2013 aux États-Unis au sein de la communauté afro-américaine, qui milite contre le racisme systémique envers les Noirs. https://fr.wikipedia.org/wiki/Black_Lives_Matter

[3] Pour en savoir plus :  www.association-belgo-palestinienne.be/memorandum-2024, publié le 25 avril 2024.

[4] www.middleeasteye.net- France : dépolitiser et criminaliser la solidarité avec la Palestine, article de Rafik Chekkat, publié le 13 mars 2024.

[5] www.orientXXI.info- La criminalisation de la solidarité avec la Palestine gagne du terrain en Europe, article écrit par Baudoin Loos, journaliste à Bruxelles.

[6] 1984 de G. Orwell-Edition : Folio Classique-P.37 

[7] www.rtbf.be- Comment la Novlangue détruit nos modes de pensée-interview de Jean-Paul Fitoussi, article de la RTBF du 7 septembre 2020.

[8] Pour en savoir plus sur la Novlangue, Olivier Starquit, auteur Des mots qui puent, Editions du Cerisier, 2018

[9] 1984 de G. Orwell-Edition: Folio Classique-p.359

[10] Les conséquences du totalitarisme sont multiples, et ça, George Orwell s’est appliqué à nous le montrer : 1-l’État peut décider qui mérite d’être appelé humain ou non : déshumanisation des victimes, 2-aucune valeur transcendant l’État n’est acceptée : inhumanité des bourreaux, 3-unité absolue, uniformité : l’État est la société, la société s’identifie à l’État, 4-plus rien n’existe entre l’individu et l’État, 5-surveillance généralisée : abolition de la distinction entre vie privée et vie publique.

La propagande ou l’art de convaincre

La propagande est un moyen utilisé pour persuader. Elle fait appel à diverses techniques bien rodées et a pour objectif d’influencer l’opinion des masses. Il peut s’agir d’amener les gens à croire en une idée, à soutenir une cause, ou tout simplement à acheter un produit. Avec la bonne méthode il est possible de créer une adhésion, un mouvement de soutien en faveur d’une position, d’une idéologie ou d’un groupe de personnes. D’orchestrer l’opinion publique et de susciter les comportements qui serviront les intérêts des propagandistes. 

On ne peut parler de propagande que lorsque ces techniques sont appliquées à grande échelle, sur des masses de population. Le fait de vouloir convaincre son voisin du bien fondé de notre argumentation n’est pas considéré comme de la propagande.  

Comme elle s’adresse au plus grand nombre, il lui faut des canaux de communication efficaces et rapides. Cela peut être la publicité sur divers supports, cela peut être la télévision, la radio, les réseaux sociaux et tous les médias de masse en général.  

Les auteurs de la propagande ont évidemment un intérêt à manipuler ainsi la pensée des foules. Il peut s’agir d’asseoir une autorité, d’orienter les enjeux sociaux et politiques, de favoriser certaines entreprises, groupes ou personnes influentes.  

Comment ça marche ? 

La propagande fait appel aux émotions des gens, et non à leur raison ou leur logique. 

Quand un gouvernement par exemple a un intérêt à rentrer en guerre, la propagande va consister à obtenir l’adhésion du peuple pour cette cause, car les peuples sont généralement contre la guerre. On va alors faire en sorte de titiller le sentiment patriotique des gens. A l’aide de grandes phrases et de slogans, on va réveiller chez eux le sentiment de « mère patrie », de « grandeur» et de « victoire ».  

On va aussi beaucoup jouer sur la peur en brandissant des dangers exagérés voire totalement inventés. Pour exemple on peut citer les fameuses « armes de destruction massives » prétendument détenues par l’Irak. Il s’agissait en fait d’un énorme mensonge du Président Bush et de son administration. Mais il fut l’alibi de l’entrée en guerre. 

On va aussi chercher à diaboliser l’ennemi et à lui attribuer tous les maux, afin de justifier des mesures politiques ou  sociétales à venir.   

Fréquemment , on va déshumaniser cet adversaire, afin d’enlever toute opposition de l’opinion publique. En 1994, lors du génocide au Rwanda, la Radio des Milles Collines a diffusé nuit et jour des messages de haine contre les Tutsis, qualifiés entre autres de « cafards ». Un million de Tutsis furent massacrés en quelques mois. En effet, qui se soucie des cafards ? On l’a vu plus récemment lorsqu’un ministre israélien qualifia les Palestiniens d’ « animaux humains ».  

La propagande n’aime pas la nuance

Sous l’influence d’un tel message omniprésent, les individus peuvent perdre la capacité à penser de manière indépendante. Dans son livre intitulé « Propagande, la formation de l’opinion » , Jacques Ellul dit ceci : « La propagande ne se limite pas à influencer ou à persuader. Elle a le pouvoir de détruire l’individualité et la pensée critique, transformant les individus en simples réceptacles de messages prédéfinis». Par ailleurs, la propagande n’aime ni les nuances ni la neutralité. Elle sélectionne des faits et déforme des vérités pour créer un récit qui favorise une opinion très tranchée et  simpliste : c’est noir ou blanc. La propagande veille aussi à ce que les individus pensent qu’ils sont maîtres de leurs opinions.  On peut donc dire que la propagande est une manipulation de la pensée et une anesthésie de toute rationalité et de tout esprit critique. 

Dans le domaine du marketing, tout un arsenal de techniques sont déployées afin de susciter le désir d’acheter tel produit. Parmi elles, le « out of stock » ou le fait de mentionner qu’un article est bientôt en rupture de stock afin de pousser le consommateur à vite le commander.  Ou encore d’organiser d’interminables files d’attente devant des enseignes branchées, afin que les passants se demandent ce qu’il se passe, et s’il ne sont pas en train de passer à côté d’une affaire intéressante.  

La propagande est omniprésente  et il est utile de s’informer sur les techniques qu’elle utilise, afin de prendre conscience  de ses effets potentiels sur nous.  Ne pas accepter l’information pour argent comptant, mais la questionner et chercher à la vérifier. Diversifier les sources de l’information, afin d’éviter le biais de confirmation qui se crée lorsqu’on ne lit qu’un seul type de presse, qu’on n’écoute qu’un seul groupe de médias , qu’on fréquente exclusivement les gens de son groupe social : on est constamment confortés dans nos idées et notre allégeance se renforce.  

Se méfier des slogans, des généralisations, de la désignation de boucs émissaires et d’une manière générale, chercher continuellement à garder un esprit critique.  

Hayat Belhaj  

La nouvelle migration : la « Hijra » et ses dérives contemporaines

La hijra en arabe, qui désigne historiquement la migration des musulmans vers un lieu plus sûr pour pratiquer leur foi, prend aujourd’hui une dimension nouvelle et complexe. En examinant pourquoi certains Marocains choisissent de faire la hijra , nous devons nous interroger sur les motivations qui les poussent à quitter leur cité d’origine et à chercher une vie meilleure ailleurs. Ce phénomène soulève des questions importantes sur l’authenticité de cette migration et sur les enjeux qui se cachent derrière.

La Hijra : une fuite ou un nouveau départ ?

Pour de nombreux Marocains, la hijra apparaît comme une manière de fuir les conditions difficiles de leur cité d’origine. Les villes du Maroc, où riches et pauvres cohabitent souvent, ne permettent pas toujours aux familles modestes d’accéder aux mêmes opportunités que les plus aisées. Ce contraste exacerbé pousse certains à chercher une vie meilleure ailleurs, loin des inégalités criantes.

En comparaison, en France, les enfants d’immigrés sont souvent relégués dans des cités en périphérie des grandes villes, loin des centres de pouvoir et de richesse. Cette ségrégation spatiale renforce leur marginalisation et limite leurs chances d’intégration. En ce sens, la hijra vers une autre ville au Maroc pourrait être vue comme une tentative de s’intégrer dans un environnement plus inclusif, où la mixité sociale est possible, et où les opportunités de réussite sont plus accessibles.

Une nouvelle terre promise ?

Cependant, cette nouvelle hijra vers des villes marocaines perçues comme des « eldorados » pose la question de la véritable intention derrière cette migration. Est-ce réellement un acte de foi, un désir de remplir son rôle d’ambassadeur de l’Islam en renouant avec sa culture d’origine, ou s’agit-il simplement d’une quête recherchant à satisfaire ses intérêts personnels et nourrir ses propres passions?

La tradition islamique enseigne que le musulman doit aller à la rencontre de l’autre, échanger, et apporter sa contribution à la société. Mais aujourd’hui, nous assistons à un phénomène où la hijra est parfois exploitée à des fins purement matérielles. Derrière ce terme sacré se cache souvent un business lucratif, « webinaire: comment s’installer au Maroc ?  » où l’accueil des musulmans en quête de refuge devient un prétexte pour alimenter leurs intérêts économiques.

La hijra à l’époque du prophète : un acte de foi

Il est important de rappeler que la première hijra, effectuée par les compagnons du prophète Muhammad, était motivée par un besoin urgent de protéger leur foi face à la persécution. Ils ont quitté la Mecque pour l’Éthiopie, puis Médine, afin de pouvoir pratiquer l’Islam en toute liberté et sécurité. C’était un acte de foi, de sacrifice, où l’intérêt collectif prévalait sur les ambitions personnelles.

Aujourd’hui, la motivation derrière la hijra semble parfois déviée. Pour certains, elle alimente un fantasme de surconsommation et de satisfaction personnelle, plutôt qu’une véritable réflexion sur les défis de notre époque. Le désir d’avoir plusieurs épouses, par exemple, légiféré dans certaines régions, et de fonder une famille en espérant que ces enfants étudieront miraculeusement le Coran et deviendront des enfants pieux, détourne ainsi le sens originel de la hijra.

Une réflexion nécessaire

Face à ce constat, il est crucial de se poser des questions sur la nature de la hijra moderne. Sommes-nous en train de perpétuer une tradition spirituelle, ou sommes-nous en train de céder à des passions et à des intérêts personnels ? La hijra ne devrait pas être un simple moyen d’échapper aux difficultés ou de satisfaire des désirs personnels. Elle doit rester un acte de foi, guidé par des valeurs spirituelles et une volonté sincère de contribuer positivement à la société.

Sur les réseaux sociaux, il est frappant de constater comment certains posts semblent ériger la hijra en un nouveau pilier de l’Islam. Des questions absurdes surgissent : « Si j’ai une somme d’argent, dois-je l’utiliser pour la hijra ou pour le hajj ? ». Ce genre de réflexion révèle une déformation inquiétante des priorités religieuses, où des concepts nobles et spirituels sont détournés et simplifiés jusqu’à l’absurde. 

Il est essentiel de se demander jusqu’où cette absurdité va nous mener. Sommes-nous en train de perdre de vue les véritables enseignements de notre foi ? Plutôt que de nous focaliser sur des choix matérialistes ou des migrations perçues comme des solutions miracles, ne devrions-nous pas retrousser nos manches et nous mettre sérieusement au travail pour résoudre les problèmes de notre époque ? La fainéantise et la lâcheté humaines semblent parfois nous pousser à chercher des échappatoires, à fuir plutôt qu’à affronter les défis de notre temps.

Il est grand temps de nous remettre en question. Nous devons réévaluer nos priorités, redéfinir nos objectifs, et retrouver le vrai sens de nos actions religieuses. La hijra ne doit pas être perçue comme un moyen de fuir nos responsabilités, mais plutôt comme des opportunités pour renforcer notre foi et contribuer positivement à la société. Le chemin de l’Islam est un engagement actif, un effort constant pour améliorer notre monde, et non pas une voie de fuite ou d’abandon face aux difficultés. Il est temps de redonner à nos actions leur véritable sens, en nous engageant sincèrement et avec courage dans les défis de notre époque.

En conclusion, la hijra moderne au Maroc risque de perdre son essence spirituelle si elle est motivée uniquement par des intérêts matériels. Il est important pour les musulmans d’aujourd’hui de se rappeler l’exemple des premiers compagnons et de réfléchir profondément à leurs intentions avant d’entreprendre une telle démarche. La hijra doit rester un acte de foi, de solidarité, et d’engagement envers les valeurs universelles de l’Islam.

Hana Elakrouchi

Pourquoi les marchés ont-ils chuté ?

Lundi matin, les marchés boursiers ont plongé, provoquant la panique parmi les sociétés de la tech américaines et entraînant dans leur chute le marché des cryptomonnaies. Le CAC 40 a baissé de 5,1 % en trois jours, le S&P 500 de 6,1 %. Le Bitcoin a enregistré une chute de 17 % de sa valeur en 24 heures et 30 % en une semaine. L’Ethereum a perdu 25 % en 24 heures, Apple a chuté de 17 %… Qu’est-ce qui justifie cette baisse ?

  1. Les chiffres décevants de l’économie américaine : le taux de chômage est passé à 4,3 %, ce qui laisse entrevoir un climat de récession pour certains investisseurs, tandis que d’autres paniquent. La première raison est donc une crainte de récession économique aux États-Unis.
  2. À cause de l’inflation montante, la Banque du Japon a décidé d’augmenter son taux directeur. Deux conséquences immédiates ont été constatées :
    • Le Nikkei 225 (indice regroupant les cours des 225 meilleures sociétés japonaises) a immédiatement plongé avec une baisse de 25 % de sa valeur en deux semaines.
    • Le Carry Trade a été impacté par cette hausse.

Qu’est-ce que le Carry Trade ? C’est le fait d’emprunter dans des devises à faible taux (comme le yen) et de prêter cet argent en achetant des obligations (américaines par exemple) à taux plus élevé pour profiter de la différence de taux. Cependant, lorsque la Banque du Japon a décidé d’augmenter son taux directeur, la monnaie japonaise s’est appréciée par rapport au dollar, ce qui n’est pas favorable à l’économie japonaise, connue pour être très exportatrice (l’article suivant, « Chute de l’Euro, vers un effondrement de la zone Euro ? », permet de mieux comprendre le lien entre un pays exportateur et son économie).

Les investisseurs qui avaient profité de ce Carry Trade avaient également investi dans des actions américaines.

  1. Avec l’augmentation de ce taux directeur, ils ont décidé de rembourser leur emprunt japonais et, pour ce faire, ils ont dû vendre leurs actions américaines, ce qui a provoqué :
    • un effet de masse induisant une baisse du cours des actions américaines ;
    • un effet de panique : certaines sociétés telles qu’Intel ont enregistré de faibles performances, si bien que des licenciements ont été annoncés, ce qui a engendré un effet de panique renforçant cette baisse du cours des actions américaines.

Néanmoins, cette explication ne satisfait que partiellement, et nous y reviendrons un peu plus loin dans l’article.

À présent, et afin de mieux saisir ce concept de Carry Trade, prenons un autre exemple « plus parlant ».

À l’heure d’une journée d’été où ces quelques lignes sont écrites, beaucoup sont en vacances. Supposons que 1 € vaut 12 dirhams marocains. Ainsi, l’euro s’apprécie particulièrement, car ceux qui ont l’habitude de convertir l’euro en dirhams savent que la conversion de 1 € tourne en moyenne autour de 10,60 dirhams. Certains investisseurs seraient tentés d’acheter beaucoup de dirhams (ou d’emprunter dans les banques marocaines) pour les placer dans des obligations européennes (donc prêter de l’argent) où le taux est élevé, afin de maximiser les profits.

Maintenant que nous avons compris ce concept, on comprend mieux ce qui s’est passé sur le marché des devises du yen (Forex) et du dollar. Un faible taux du yen favorise l’emprunt de celui-ci pour prêter (achat des obligations) en dollar.

(Pour apporter plus de précisions à notre exemple de dirhams convertis en euros, il est nécessaire de nuancer nos explications : en réalité, le dirham marocain est partiellement indexé sur la devise américaine (40 %) et européenne (60 %). Cela signifie que la monnaie marocaine subit proportionnellement les mêmes variations que celles du dollar et de l’euro. Les mouvements du marché Forex (dollar et euro) auront donc un impact sur le dirham, ce qui explique les variations des taux de change de l’euro par rapport au dirham marocain.)

  1. Le climat tendu entre l’Iran et Israël depuis l’assassinat de Haniye Ismail, le chef du Hamas, laisse les marchés sur le qui-vive. Les marchés réagissent très mal aux climats de doute et d’incertitude.

Ces quatre points ont rapidement et non durablement donné raison aux analystes les plus pessimistes, qui annoncent une récession depuis le Covid.

C’est pourquoi l’hypothèse d’une corrélation entre la hausse des taux directeurs du yen et la baisse des cours boursiers américains n’est que très peu satisfaisante. L’augmentation du yen a contribué à cette baisse des marchés, en plus des autres raisons évoquées ci-dessus.

Alors que certains investisseurs déjà présents sur les marchés ne se réjouissent pas des chutes brutales des cours boursiers, d’autres y voient un excellent moment pour investir.

L’analyse technique démontre que lorsque les marchés sont en pente descendante, il est inutile de se précipiter. Il faut être patient et saisir les points les plus bas pour profiter de belles hausses.

C’est lorsque les marchés réagissent à la moindre mauvaise nouvelle que les investisseurs les plus aguerris comprennent que le meilleur moment pour investir n’est pas très loin. Pour l’instant, le Nikkei ne réagit pas de manière « excessive et exacerbée » aux différentes mauvaises nouvelles énumérées plus haut. En effet, le marché semble réagir « normalement » au contexte.

Si la récession est bien là, les marchés continueront de baisser et offriront de bonnes opportunités d’achat. Si Warren Buffet a vendu la moitié de ses actions Apple, c’est précisément parce qu’il croit que des opportunités sont sur le point d’arriver.

Nelm

Mohamed Toujgani sera belge

La justice a tranché : Mohamed Toujgani, ancien imam de la mosquée Al Khalil (Molenbeek), a reçu le feu vert concernant sa demande de naturalisation. Il devrait recevoir sa carte d’identité d’ici quelques mois et pourrait rentrer en Belgique. Une décision qui soulève une levée de boucliers au sein de la classe politique belge et qui s’invite dans les négociations fédérales.

Mohamed Toujgani pourra donc rentrer en Belgique, pays qu’il n’a pas revu depuis 2022, suite à la décision de Sammy Mahdi, ancien secrétaire d’État à la Migration, qui avait décidé de lui retirer son titre de séjour, estimant, sur la base d’un rapport des services de renseignements, qu’il constituait une menace pour la sécurité nationale. Un rapport du comité R, chargé du contrôle des services de renseignement, a toutefois jugé que les analyses de la Sûreté étaient disproportionnées… Une décision que ne digèrent pas certains politiques, à l’image de l’ancien secrétaire d’État à la Migration (N-VA) Théo Francken, qui s’est fendu d’un long tweet sur sa page Facebook : « Ces personnes n’ont pas leur place dans notre société et ne devraient certainement pas devenir Belges. Nous devons empêcher cela. Et rendre nos lois sur la migration et la nationalité encore plus strictes. Je préside le groupe de travail sur l’immigration dans le cadre des négociations gouvernementales et je mettrai cette question sur la table. » Théo Francken va plus loin et accuse l’imam d’être « l’inspirateur idéologique d’Abdeslam, Abaaoud et d’autres terroristes de l’EI. » Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, est aussi très dur dans ses propos et critique ouvertement la justice : « Et dire que certains pensent que le problème de la Justice, c’est uniquement un manque de moyens… C’est aussi des décisions complètement irréelles. Et trop fréquentes. Cet homme est une menace pour notre pays et ne doit plus y mettre les pieds. L’indépendance de la Justice ne veut pas dire son irresponsabilité, mais beaucoup l’oublient. »

Un climat hostile

Le monde politique qui commente et désapprouve une décision de justice, ce n’est pas nouveau, mais c’est un développement inquiétant dans une société où la séparation des pouvoirs fait partie du socle démocratique. Il ne revient pas à l’exécutif d’approuver ou non une décision, mais de l’appliquer. Or, dans un climat post-électoral et avant une nouvelle échéance avec les élections communales prévues en octobre, certains hommes politiques sont en roue libre, galvanisés par un contexte international tendu. En France, lors des élections législatives anticipées début juillet, le Rassemblement national, qui n’a pas obtenu de majorité absolue, a tout de même gagné plus de 10 millions d’électeurs ! Le Royaume-Uni connaît une vague de violences racistes et islamophobes sans précédent, basée sur une rumeur accusant à tort un immigrant musulman d’être à l’origine du meurtre de trois fillettes, sans oublier l’offensive meurtrière à Gaza où le bilan est affolant. Un contexte international tendu qui met à mal le vivre-ensemble où la voix des extrêmes est devenue la seule audible…

H.B.

Esprit olympique, es-tu là ?

Le 26 juillet 2024 a eu lieu l’ouverture des Jeux olympiques d’été à Paris, en France, annonçant ainsi la 33ᵉ édition de ce rendez-vous sportif international.Loin de faire de cet événement un moment de communion, certains le qualifient de « parodie » voire de « cauchemardesque ». En effet, les olympiades sont sources de nombreuses polémiques et de complications en interne. Les impacts logistiques, environnementaux (pollution, infrastructures, aménagements du territoire), politiques (boycott, dictature, conflits) et monétaires (coût de la vie) entraînent des conséquences négatives pour le pays organisateur. Mais d’autres, plus positives, permettent de générer des retombées économiques, des possibilités de carrière, de développer l’industrie du tourisme.

Cependant, au-delà de ce constat, peut-on dire qu’aujourd’hui les valeurs de l’olympisme sont à la hauteur de ce que Pierre de Coubertin prônait ? À savoir : unir le monde entier sur le même terrain, au sens propre et au sens figuré, dépassant largement le cadre des Jeux.

L’Olympisme, c’est quoi ?

L’olympisme moderne a été conçu par le Baron Pierre de Coubertin en juin 1894 lors du Congrès International Athlétique de Paris, puis lors de la constitution du Comité International Olympique (CIO). Il se définit ainsi :

« C’est une philosophie de la vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple et le respect des principes éthiques fondamentaux universels. »

En articulant le sport, la culture et l’éducation, cette vision de vie cherche à contribuer au développement et à l’épanouissement de l’Homme et, plus largement, à l’établissement d’un monde en paix préservant la dignité de chacun.

Pour cela, un certain nombre de valeurs sont développées tant à l’échelle individuelle que mondiale : l’accès à la connaissance et à l’éducation, l’esprit de compétition, l’excellence, le fair-play, l’accès au sport, l’esprit d’amitié et de fraternité, la solidarité, la paix, et la construction d’un monde meilleur. Il ne suffit pas de lister des valeurs, il faut également les comprendre, les partager et les mettre en œuvre : pratiquer un sport constitue donc un moyen de saisir ces préceptes et de les adopter.

Évidemment, un idéal olympique est rarement atteint. Néanmoins, c’est en fixant une représentation d’un monde parfait que l’action peut s’enclencher. Ainsi, de nombreux symboles au service des valeurs olympiques (anneaux, drapeau, devise, credo, serment, hymne, flamme, lauriers de la victoire, colombes,…) transmettent le message de façon simple et directe. Ils donnent aux JO une identité !

Quant à bâtir une culture de la paix à travers le sport, les JO étaient l’occasion de réunir les États en conflits afin de construire des passerelles et non des murs. Or le fossé entre rêve olympique et réalité a toujours été immense. L’Histoire nous l’a démontré à plusieurs reprises. Parfois, certains dirigeants politiques ont ignoré les Jeux et d’autres en ont fait une arme. Les JO incarnaient un symbole de puissance nationale et non de paix. Ainsi, la trêve olympique, héritée des Jeux grecs de l’Antiquité, a toujours été un mythe : il n’a jamais été démontré qu’un événement olympique ait déjà stoppé une guerre.

Le culte de la performance

En 1924, la devise olympique est introduite et se compose de 3 mots latins signifiant : « Plus vite-Plus haut-Plus fort ». Elle traduit une conduite de vie promettant de donner le meilleur de soi, de trouver sa propre excellence, de repousser ses limites. La victoire et la gloire en fin de parcours ! Alors comment comprendre ce paradoxe sportif, entre cette devise historique et le credo – « l’important n’est pas de gagner, mais de participer. » ?

Gagner quelques secondes ou gagner quelques centimètres, tels sont les objectifs des athlètes et délégations venues du monde entier. Le culte du corps–et donc le culte de la performance– repose sur une armada de moyens tant humains que logistiques. En effet, la recherche de nouveaux records pose la question des limites physiques et mentales. Certains sportifs s’entourent de physiologistes, nutritionnistes, médecins du sport, kinésithérapeutes, entraîneurs sportifs, experts en équipements vestimentaires, biomécaniciens, coachs et analystes de performance, etc. Le corps du sportif est devenu une voiture de Formule 1 !

Ainsi, il est soumis à des ajustements d’ingénierie afin d’atteindre une vitesse et une puissance maximales. Le moindre avantage compte et les médailles se gagnent autant dans le laboratoire que sur le terrain. Dilemme : jusqu’où doit aller le progrès ? Quand il n’y aura plus de records à battre, les sportifs seront-ils confrontés à une crise existentielle ?

Même si certains pays n’ont pas la capacité financière et logistique d’offrir les moyens technologiques de certains concurrents à leurs poulains, l’aspiration à la victoire et à la performance ne doit pas remettre en cause la coalition entre les participants. D’ailleurs la devise des Jeux a été modifiée en 2021 afin d’atténuer l’individualisme pour devenir : « plus vite, plus haut, plus fort- ensemble ».

À partir de documents d’archives et d’extraits de presse, les JO ont marqué l’Histoire par des images emblématiques d’instrumentalisation mais aussi d’amitié et de grandeur. Même si le sport (outil politique et financier) cristallise les tensions géopolitiques dans un monde de plus en plus fragmenté ; les enseignements de l’olympisme, qui s’articule autour de l’excellence, de l’amitié et du respect, restent fondamentaux. En réalité, ce sont les athlètes qui nous les transmettent. Ils s’appliquent à maintenir et à faire perdurer l’essence de la culture des JO.

La flamme de l’esprit olympique n’est pas éteinte, elle est seulement moins vive que ne l’aurait imaginé Pierre de Coubertin…

Najoua


[1] L’olympisme : néologisme créé par Pierre de Coubertin qui signifie « ensemble de ce qui concerne les Jeux Olympiques, leur organisation, leurs règlements, etc. »

[2] Né en 1863, mort en 1937, de son vrai nom Pierre Frédy, Baron de Coubertin, historien et pédagogue français. Il œuvra pour l’éducation physique dans les établissements scolaires, réinventa les Jeux olympiques modernes en s’inspirant des JO de la Grèce antique et créa le Comité International Olympique (CIO). 

[3] Pour en savoir plus sur l’Histoire des Jeux, un documentaire d’Olivier Lemaitre redonne vie aux merveilles disparues d’Olympie et offrent aux spectateurs une immersion dans le berceau des JO : www.imineo.com/videodocumentaires  « Olympie : immersion dans le berceau des Jeux Olympiques »

[4] Article 2 de la Charte olympique, regroupement des principes fondamentaux et des règles liées au Mouvement olympique. Libre d’accès sur le net.

[5] Documentaires en libre d’accès sur le net : www.sciencesetavenir.fr « nazisme, colonialisme, guerre froide : comment les JO racontent l’histoire du monde ».

[6]  Inspiré d’un sermon de l’archevêque de Pennsylvanie Ethelbert Talbot, lors des JO de Londres en 1908. Le contenu du sermon était : « l’important dans ces olympiades n’est pas tant d’y gagner que d’y prendre part. »

[7] spécialistes des propriétés mécaniques de l’organisme.

[8] mathématiciens et statisticiens chargés de décrypter les prouesses d’athlète.