Il est arrivé, le mois de ramadan et avec lui tous nos espoirs de réforme, de renouvellement, de changement profond. Attendu de pied ferme pour donner un renouveau à notre quotidien, ce mois de ramadan est avant tout un espoir, celui de devenir la meilleure version de nous-même. Un moment de pause dans l’agitation effrénée de nos quotidiens pour puiser l’énergie spirituelle qui nous fera repartir…
Chaque année, des millions de musulmans à travers le monde attendent avec impatience l’arrivée d’un invité particulier. Ce mois béni est bien plus qu’une simple période de jeûne et d’abstinence ; c’est un temps de réflexion profonde, de réforme intérieure et de connexion spirituelle avec Allah. Alors que nous savourons déjà les premiers jours de cette période intense, il est important de comprendre la signification profonde de ce mois et les opportunités qu’il offre pour un changement positif dans nos vies.
En effet, le jeûne n’est que l’un des nombreux aspects du ramadan. Plus qu’une simple abstinence alimentaire, le ramadan est une période de purification de l’âme. C’est une occasion de se détourner des distractions du monde matériel et de se rapprocher de Dieu par la prière, la méditation et la lecture du Coran. C’est un moment de réflexion profonde sur nos actions passées, nos erreurs et nos faiblesses, et une opportunité de nous engager dans une introspection sincère et une autodiscipline.
Le Prophète Muhammad (que la paix soit sur lui) a dit : « Quiconque jeûne pendant le mois de ramadan avec foi et espoir en la récompense divine, ses péchés passés lui seront pardonnés. » Cette parole prophétique souligne l’importance spirituelle du ramadan en tant que période de repentir et de pardon. C’est une chance de se libérer du fardeau des péchés passés et de recommencer à zéro avec une conscience renouvelée et un cœur purifié.
En plus du jeûne et de la prière, le ramadan est également un moment privilégié pour la charité et la générosité envers les autres. Ce mois nous rappelle l’importance de la compassion et de la solidarité envers ceux qui sont dans le besoin. A cet égard, une pensée particulière pour nos frères à Gaza qui rompent chaque soir leur jeûne entouré de ruines, avec la peur de ne pouvoir jeûner le lendemain.
Le ramadan, c’est également une occasion de renforcer les liens familiaux et communautaires. Les mosquées animées par des prières collectives, des rappels, lectures du Coran et des activités spirituelles tout au long du mois, offrent aux croyants un sentiment de communauté unie dans le même objectif de répondre à l’appel du Seigneur.
En conclusion, le ramadan est bien plus qu’une simple période de jeûne. C’est un mois de réforme spirituelle, de retour à Dieu et de renouvellement de notre engagement envers les valeurs de l’Islam. C’est une opportunité précieuse de se rapprocher de notre Créateur, de purifier nos cœurs et nos âmes, et de nous engager dans des actions qui nous rapprochent de la piété et de la vertu. Puissions-nous accueillir ce mois béni avec une attitude ouverte et un esprit humble, prêts à embrasser les bénédictions et les enseignements qu’il apporte à nos vies.
« Un des signes révélant que l’individu compte sur ses œuvres est que son espoir s’amenuise lorsqu’il fait un faux pas ».
Le prix du Paradis
Quel est le prix du Paradis promis par Allah exalté soit-Il aux croyants ? Cette question est au cœur de la première sagesse d’Ibn ‘Ata Allah As Sakandari, extraite de son ouvrage « Al Hikam ».
La plupart d’entre nous ont déjà entendu le hadith de notre bien-aimé Messager sws : « Personne n’entrera dans le paradis, si ce n’est par la miséricorde d’Allah ». Si nous le connaissons, il est bien rare que nous prenions vraiment la mesure de ce message précieux.
Certes notre Seigneur et Créateur nous exhorte inlassablement à accomplir de bonnes actions. Au point que l’action est directement accolée à la foi dans des dizaines de versets du Coran : « Ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres » nous dit Allah exalté soi-Il. L’Islam est une religion de l’action. D’ailleurs la foi en Islam est conviction par le cœur, prononciation par la langue et œuvres par les membres. Il est inconcevable dans notre croyance de dire, la foi c’est uniquement dans le cœur. Non, il faut aussi poser des actes.
Ceci étant dit il est capital de prendre conscience que ce ne sont pas ces actes qui constituent notre clé pour le paradis. Car le Paradis préparé pour les croyants, qui contient ce que nul œil n’a vu, nulle oreille n’a entendu, n’est pas une denrée dont on peut fixer le prix et débourser la valeur. Voudrions-nous le payer contre toutes les richesses de ce monde que ce serait impossible. Et les bonnes actions aussi nombreuses soient-elles ne sont pas suffisantes pour mériter cette récompense.
Ainsi donc, les bonnes œuvres auxquelles Allah nous appelle doivent nous servir à tenter de gagner Sa satisfaction, et de par celle-ci, Son pardon et Sa miséricorde. Cette miséricorde qui est la vraie clé pour le paradis. Si nous assimilons cette donnée, nous ne négligerons aucune action, minime soit-elle, qui est accomplie avec sincérité et pour Lui plaire. Mais nous ne compterons pas sur nos œuvres, mais sur Sa Clémence et Sa Générosité, vu que nos actes sont toujours insuffisants et imparfaits.
On prendra aussi conscience que ce n’est que par la permission de notre Seigneur, que nous nous sommes mis en action. Pas par notre mérite, et nous serons ainsi pleins de reconnaissance et d’humilité.
D’autre part, dit Ibn ‘Ata Allah As Sakandari, nous ne devons pas tomber dans le désespoir lorsque nous échouons et tombons dans les travers de notre âme. Ici encore, nous ne comptons pas sur nos actes, mais sur Sa miséricorde envers nous, c’est donc par le repentir et le retour au droit chemin que nous rechercherons à nouveau Sa Grâce.
Cela signifie-t-il alors que les bonnes actions n’ont pas d’importance et qu’il n’est pas nécessaire d’œuvrer ? Il faut être attentifs à ne pas tomber dans ce stratagème de chaytan. En effet, Allah exalté soit-Il nous enseigne que Sa miséricorde embrasse toute chose. Or, dit-Il après cela : « Je la destine à tout le monde » ?
Non. Mais Il dit plutôt : « Je la destine à ceux qui craignent » . Or nul doute que la crainte et l’état de servitude du croyant, c’est de se conformer à ce que Dieu lui prescrit, et de s’abstenir de ce qu’Il lui interdit. Nous en revenons donc à l’action. L’action comme moyen d’obtenir l’agrément et le pardon de notre Seigneur, qui par Sa Générosité et sa Miséricorde, nous fera entrer au paradis.
Avec la tête et avec le cœur
Le savant Ahmad Ibn ‘Ata Allah As Sakandari, appelé aussi Al Iskandari (comprenez celui qui vient d’Alexandrie), est né en Égypte au 7ème siècle de l’hégire. Sa famille fait partie des premiers Arabes installés en Égypte dès les premiers temps de la conquête islamique. Il est issu d’une lignée de juristes et maîtrise plusieurs sciences dont celle du tafsir (exégèse coranique) et du hadith, la jurisprudence et ses fondements, la grammaire et la rhétorique entre autres.
Ce n’est que dans la seconde partie de sa vie qu’il se penche sur la science du Taçawwuf, cette voie d’élévation spirituelle, qui vise au rapprochement d’Allah subhanahou wata3ala. Par la purification du cœur et la domination des penchants de l’ego, il appelle à l’introspection et à la lutte contre les vices de l’âme. Reposant à la fois sur un dogme ferme et une pratique consciencieuse, le Taçawwuf utilise l’évocation abondante et la méditation, ainsi qu’un certain détachement du bas monde, afin d’élever l’âme vers la spiritualité et la connaissance de Dieu.
Ibn ‘Ata Allah As Sakandari a écrit plusieurs ouvrages dont « Al Hikam » ou « Les Sagesses ». L’ouvrage se présente comme un recueil de courtes sagesses, dans lesquelles il s’adresse à son disciple, et le conseille sur les moyens de vouer à Allah un monothéisme pur, de purifier son cœur et son âme, sur l’amour de Dieu et la quête de Sa proximité, le tawakkul etc….
Ginette, qui avait bu les dernières gouttes de la potion qui tapissaient le verre dans lequel elle avait verser son soda, reprit ses esprits.
Ginette : Mais qu’est-ce que … ? Ohé ?! Y a quelqu’un ? Mais où est-ce que j’ai atterri ??
Elle alluma la lampe torche de son gsm.
Ginette : Oh la vache !!! Boire une potion magique pour atterrir ici !
Attendons voir… Par-là, il y a de la lumière au fond. Il faudrait d’abord que je m’oriente. Je n’ai pas de réseau… Quel chemin prendre ? Ah mais, maintenant que j’y pense… Il y a des plaques de rue dans les égouts. En tout cas, dans la Grande Vadrouille, il y en avait ! Ah, en voici une : Place de l’Opéra – 9e Arrt.
Ça alors, pour une coïncidence, c’en est une ! Me voilà sous l’opéra Garnier, sur les pas de Bourvil et De Funès !
Il doit y avoir une plaque d’égout. En voilà une. Bon sang ! Elle est bloquée. Ils doivent être les derniers à l’avoir déplacée…
Ginette éclaira les alentours à l’aide de sa lampe torche et se fraya un chemin dans le dédale des célébrissimes égouts de Paris. Elle continua vers l’ouest où elle était sûre de pouvoir trouver une sortie, non loin de la Tour Eiffel.
Ginette : Enfin, me voilà dans le 8e arrondissement ! Avenue Jacques Lacan.
Ginette monta les escaliers qui menèrent à ce qu’elle pensait être une plaque d’égout.
Ginette : C’est pas vrai, elle est bloquée aussi ? Mais elle n’est pas en acier, c’est bizarre… Ce n’est pas une plaque d’égout. Tiens, on dirait une trappe. Mais… j’entends des voix… Ohé ?
Y a quelqu’un ??
Entretemps, dans le placard chez le psy…
Jacquouille : Oh Messire, il avance, on va se faire repérer. Messire… Vous entendez, on dirait Dame Ginette.
Monseigneur Godefroid : Dame Ginette, ici ?!
Jacquouille : Sous nos pieds.
Ginette : Jacquouille, c’est toi ? Je n’arrive pas à ouvrir la trappe. Elle est coincée. Tire de l’intérieur.
Jacquouille : Je n’y arrive pas, non plus. Messire !!!
A cet instant précis, le psy ouvrit d’un coup sec la porte du placard.
Le psy : Tiens…
Le psy inspecta le placard. Tout était à sa place mais un objet peu commun roula et vint fouler son pied. Il le ramassa et l’inspecta de plus près.
Jacquouille : Oh, il était moins une ! Monseigneur, vous m’avez sauvé ! Je vous dois une fière chandelle.
Monseigneur Godefroid : Tu n’es même pas capable d’ouvrir une trappe ! Par Dieu tout puissant !
Ginette : Je me disais bien que c’était vous ! Mais qu’est-ce que vous faites ici ?
Monseigneur Godefroid : Dame Ginette ! Je me réjouis de vous voir bien que je ne pensais pas vous revoir d’aussitôt. Comme vous pouvez le constater, nous n’avons pas atterri dans le bon siècle.
Ils se reposèrent un moment et décidèrent de continuer leur chemin jusqu’à la prochaine issue. Quelques centaines de mètres plus loin, une autre trappe se présenta à eux. Monseigneur Godefroid la débloqua et ils entrèrent dans un tunnel.
Des chants sourds qu’ils ne pouvaient distinguer leur parvenaient. Au bout du tunnel, ils ouvrirent une porte qui donnait sur une salle richement décorée et illuminée par des lustres en cristal.
Jacquouille : Mais… où sommes-nous ?
Monseigneur Godefroid : Je crois que nous sommes dans une synagogue.
Cachée derrière de larges et épaisses tentures de velours, Ginette distinguait le rabbin qui allumait une bougie et l’assemblée récitant des chants religieux. D’autres personnages présents lui semblaient familiers…
Jacquouille : Oh, Messire… Ils vont nous prendre pour des Croisés… C’en est fini de nous !
Ginette : T’inquiète, mon Jacquouille, nous ne sommes pas dans une synagogue. Regarde là-haut, ce qui est écrit : Liberté-Egalité-Fraternité.
Jacquouille : Mais… je ne comprends pas.
Monseigneur Godefroid : Par Dieu tout puissant ! Ma patrie qui entonne des chants religieux hébraïques !
Jacquouille : Messire… vous avez vu qui est là ?
Ginette : Qui ça, Maque Rond ?
Jacquouille : Non, pas le pantin… Celui qui se trouve là… à l’extrême droite. On l’a vu chez le psy.
Ginette : Noooon ?! T’en as vu d’autres chez le psy ? Vas-y, balance ! Non, laisse-moi plutôt deviner… Gérald ? Elisabeth ? Elle en aurait des choses à raconter !
Jacquouille : Sem-More !
Ginette : Aah lui ?! Ça ne m’étonne pas. Il a une telle haine des musulmans. C’est bien qu’il aille se soigner… Qui d’autre ?
Jacquouille : Méthane Yahou…
Ginette : Oooooh, c’est pas vrai ?! Qu’est-ce qu’il a dit ? Un père tyrannique ? Il passait ses nuits dans un placard dans le noir ?
Jacquouille : Je suis resté sur ma faim… Il a dû partir… pour larguer des bombes.
Monseigneur Godefroid : Dites-moi, Dame Ginette. Je crains de ne vraiment rien comprendre à ce nouveau millénaire… Vous m’avez bien dit que la Terre de mes ancêtres, les vaillants Francs, n’était plus terre chrétienne…
Ginette : Ah ouais, ça, depuis l’temps…
Monseigneur Godefroid : … et donc le crédo de la république est bien la laïcité ?
Ginette : Euh… ouais c’est ça.
Monseigneur Godefroid : Alors, comment peut-on expliquer qu’on allume une bougie pour célébrer une fête religieuse et que des incantations hébraïques soient prononcées à l’Elysée, temple de la laïcité, sous l’approbation du chef d’État ?
Ginette : Ouais là, je dois bien dire que je ne comprends plus rien. Je n’arrête pas d’expliquer à ma voisine Karima qu’elle ne peut pas travailler avec son voile dans une institution publique car l’état est laïc mais là, je ne sais plus ce que je vais lui sortir comme excuse…
Jacquouille : Messire, laissez-les donc…
Monseigneur Godefroid : Non, Jacquouille. Où sont les valeureux Seigneurs qui dirigeaient notre patrie ? Les valeurs chrétiennes étaient portées haut. Que reste-t-il aujourd’hui ?
Ginette : Dis à ton Godefroid de faire gaffe à ce qu’il dit… Il pourrait se faire accuser d’antisémitisme.
Jacquouille : C’est ce que j’essaye de lui dire mais…
Monseigneur Godefroid : Moi, être accusé d’antisémitisme ? Mais quel est le rapport avec ce que j’ai dit.
Jacquouille : Aucun, Messire… Aucun rapport…
Mais, il n’en faut pas toujours, Messire… Il n’en faut pas toujours pour être accusé…
Excédé et lassé, Monseigneur Godefroid se tut et se rendit compte que ce bon vieux Jacquouille paraissait plus avisé qu’il ne l’était lui-même sur certains points. Sa position sociale a sans doute contribué à lui ouvrir les yeux sur les injustices et l’hypocrisie dont peuvent faire preuve les dirigeants… et ce, quel que soit le siècle, en fin de compte.
Monseigneur Godefroid : Allons-nous en d’ici !
Ginette : Viens, mon Jacquouille !
Ils disparurent un à un derrière les tentures et reprirent le tunnel qu’ils avaient emprunté. Arrivés dans les égouts, ils reprirent leur marche en direction de l’est vers la Place de la République.
Jacquouille : Pourquoi tenez-vous absolument à vous rendre à la Place de la République, Monseigneur ?
Monseigneur Godefroid : Pour faire porter ma voix haut et fort !
Jacquouille : Comment ça ?
Ginette : Chaque semaine, il y a une manifestation pro-Palestine sur la place de la République.
Jacquouille : Comment le savez-vous, Messire ?
Monseigneur Godefroid : Je l’ai vu dans les informations quand nous étions à Bruxelles.
Après s’être démenés pour passer par la sortie d’égout, les voilà enfin sur la Place de la République.
Les calicots et banderoles en tous genres arboraient des slogans tels que : Cessez-le-feu – Free Palestine – Enfants de Gaza, enfants de Palestine, c’est l’humanité qu’on assassine…
Selon les statistiques sur l’origine de la population belge, la proportion d’origine étrangère représente 20% de la population totale [1] dont la citoyenneté marocaine se trouve en tête du classement. C’était en 1964, que ces 2 pays, la Belgique et le Maroc signèrent une entente d’occupation des travailleurs marocains.
60 ans de présence marocaine en Belgique font suite à l’époque des conventions sur la main-d’œuvre entre l’Europe et l’Afrique du nord. Les appels d’offres inondaient les radios et les journaux des pays méditerranéens : contrats en bâtiments, dans l’industrie, dans les mines. L’Europe courtisait une main-d’œuvre afin de reconstruire les états dévastés par la Seconde Guerre mondiale… Un eldorado pour certains, un calvaire pour d’autres, et certainement un déracinement pour tous.
Des bribes de souvenirs
Après avoir constaté que la main-d’œuvre européenne était manquante, la solution d’aller chercher dans les pays colonisés un autre type d’ouvrier devenait vitale pour rebâtir. Ainsi, « l’étranger » traverse la mer et arrive dans un pays d’accueil où les difficultés d’adaptation se font ressentir dès le premier pas posé : la langue du pays, les us et coutumes, les défiances mutuelles, l’ignorance des droits.
Les pouvoirs publics belges [2] dans leur politique d’accueil ont peu investi dans les installations des « immigrés-ouvriers » : pas assez de logements adaptés aux grandes familles, peu ou pas de connaissance de leurs droits quant aux heures prestées, les écoles où étaient scolarisés les enfants devaient se débrouiller avec les moyens du bord. Les élections sociales vont permettre aux travailleurs d’élire leurs représentants aux conseils d’entreprise et aux comités de sécurité et d’hygiène. Cependant, la communauté marocaine ne sera pas représentée (souvent par crainte et/ou par ignorance) ce qui est différent pour les autres travailleurs venant de pays européens comme l’Italie et l’Espagne.
Les conditions de travail pénible, la difficulté de se loger dignement et les stéréotypes, le racisme, la xénophobie faisaient aussi partie de leur quotidien. Travailler pour subvenir aux besoins des familles, puis repartir d’où l’on est venu. C’était l’objectif de tant d’immigrés marocains. Mais, les enfants de la première génération aspiraient à autre chose. Ils n’ont connu que la Belgique, ont été bercés par la culture belge dès leur plus tendre enfance. Pour eux, hors de question de partir sur la terre de leurs parents. Des enfants « déracinés » entre deux terres. En Belgique, l’étiquette d’enfant d’« immigrés » et au Maroc, l’étiquette d’enfants « européanisés » colle à leur peau. En d’autres termes, ils sont les enfants de nulle part.
Le lien intergénérationnel
La notion de travail pour la jeune génération bouscule leur identité. Leurs parents, venus parfois avec une petite valise pour des lendemains meilleurs, furent le premier socle d’un lien intergénérationnel. En effet, les conditions de travail des premiers immigrés étaient très difficiles, leurs postes étaient souvent laborieux et dangereux dans les mines, la métallurgie. Aujourd’hui, la deuxième descendance veut sortir de cette vision ancienne de la migration vers le travail industriel. C’est pourquoi, ils sont porteurs de projets sociaux, culturels, politiques, et se détachent de la continuité du schéma migratoire perpétué par leurs parents.
De plus, un travail de mémoire [3], pour entretenir ce lien entre les premières générations et les suivantes, est nécessaire afin de comprendre les conditions d’arrivée des parents en terre d’Europe. La connaissance d’un pan de l’Histoire permet de remettre du lien entre les familles. Un devoir de mémoire plus que vital pour les enfants d’immigrés doit toujours être retracé afin de comprendre sa propre situation de jeunes nés en Belgique. Renier son passé, c’est renoncer à son avenir. On hérite de la culture de nos parents, et on façonne la nôtre en l’exprimant à travers nos aspirations et nos projets d’avenir.
Se sacrifier pour une meilleure vie, c’était leur priorité. Les commémorations en l’honneur de nos anciens sont indispensables pour tracer leurs sacrifices et leur courage. Le rattachement à la culture et le droit à l’intégration font émerger une élite marocaine dans divers pôles : politiques, artistiques, entrepreneuriat. Aujourd’hui, les enfants des flux migratoires marocains portent en eux le changement et ce, dans une société belge multiculturelle puis, timidement, tracent la voie de la transmission et se réapproprient les récits de leurs parents…
[2] Pour en savoir plus : « Emigrés nord-africains de Belgique » documentaire réalisé par la RTB la deux en 2004 avec des archives de 1970, sur YouTube dans le blog de emya noiram.
L’islam, religion dynamique et complexe, est dotée de principes et de méthodologies pour interpréter et appliquer ses enseignements dans la vie quotidienne. Au cœur de cette dynamique se trouvent les écoles juridiques, également connues sous le nom de « madhhab ».
Ces écoles, au nombre de quatre, ont émergé pour répondre aux défis posés par l’éloignement temporel de l’époque du Prophète Muhammad, que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui (PBDL). Aujourd’hui, elles continuent à guider les musulmans dans leur pratique religieuse.
L’émergence des écoles Juridiques
À mesure que l’époque du Prophète s’éloignait, la nécessité de répondre à des questions complexes devenait de plus en plus pressante. Avec la disparition des proches du Prophète (PBDL), la compréhension directe des enseignements de l’islam devenait plus difficile. C’est ainsi qu’est née la science du fiqh, l’interprétation juridique de la loi islamique.
Les juristes spécialisés dans cette science ont formé des écoles juridiques pour systématiser les interprétations et fournir des réponses aux questions juridiques en évolution.
Principes des écoles juridiques
Les écoles juridiques se fondent sur deux sources principales : le Coran et la Sunna (les enseignements et pratiques du Prophète Muhammad (PBDL).
Ces sources fournissent des directives claires ainsi que des textes sujets à interprétation.
Les juristes (oulémas) distinguent entre les textes indiscutables (qat‘î) et ceux sujets à interprétation (zannî), nécessitant une analyse minutieuse pour en extraire les jugements appropriés. Pour parvenir à ces jugements, les juristes utilisent différentes méthodologies, telles que l’ijtihâd (effort d’interprétation) et le qiyâs (analogie). Chaque école a ses propres principes et méthodologies, mais toutes sont ancrées dans les textes authentiques du Coran et de la Sunna.
Les quatre grandes écoles
Les quatre principales écoles juridiques sont : hanafite, malikite, shaféite et hanbalite, fondées respectivement par Abu Hanifa, Malik ibn Anas, Al-Shafi’i et Ahmad ibn Hanbal.
Bien qu’il existe d’autres écoles moins répandues, ces quatre ont résisté à l’épreuve du temps et sont largement suivies par la majorité des musulmans sunnites.
Choix de l’école juridique
Chaque musulman est encouragé à connaître la règle de la charia avant d’entreprendre une action. Tant que la règle est issue d’une des quatre écoles ou est soutenue par des savants reconnus, chacun est libre de suivre l’école ou la règle de son choix, sous certaines conditions. Il est essentiel de ne pas causer de division parmi les musulmans, de comprendre précisément la règle et de ne pas choisir en fonction des désirs personnels.
Opportunité d’avoir un esprit critique
Le fait d’avoir ces quatre écoles juridiques offre une opportunité précieuse d’exercer un esprit critique et de favoriser la diversité d’opinions au sein de la communauté musulmane.
Il est primordial de respecter les différents avis et de reconnaître que l’émission d’un seul avis peut être une forme de manipulation de l’esprit, limitant ainsi l’ouverture à d’autres perspectives.
En conclusion, les écoles juridiques en Islam fournissent un cadre précieux pour l’interprétation et l’application de la loi islamique dans divers contextes. Bien que chacune ait ses propres spécificités, toutes sont ancrées dans les textes sacrés du Coran et de la Sunna. Choisir une école juridique nécessite une compréhension approfondie des principes et des conditions énoncées, mais pour la majorité des musulmans, suivre l’école dominante dans leur région peut être la solution la plus pratique. En fin de compte, la recherche de la vérité et la pratique de la religion dans le respect des principes établis par les érudits sont essentielles pour une vie musulmane épanouie.
Dis: « Si la mer était une encre [pour écrire] les paroles de mon Seigneur, certes la mer s’épuiserait avant que ne soient épuisées les paroles de mon Seigneur, quand même Nous lui apporterions son équivalent comme renfort. » (sourate la caverne v.109)
Comprendre le dilemme du prisonnier permet de mieux saisir les enjeux les plus complexes tant économiques, géopolitiques, sociologiques, sociaux que boursiers….Les politiciens, économistes et traders s’en servent pour anticiper des actions. Ce dilemme nous aide à voir plus clair sur leurs stratégies de décisions.
Dans ce contexte de guerre Israélo-Palestinienne, un cessez-le-feu immédiat permettrait moins de pertes humaines et économiques.
Le dilemme du prisonnier permet de nous rendre compte pourquoi tant que la communication et la confiance n’est pas instaurée, cet équilibre ne sera jamais atteint. La main invisible d’Adam Smith renforce notre compréhension en expliquant que l’intervention de l’Etat est très mauvaise pour la santé économique du pays.
Aussi, dans l’actualité sur les débats des agriculteurs, l’état intercède en augmentant la pression fiscale et réglementaire. Ceci a pour conséquence de tuer les petits agriculteurs et laisser les plus grands sur le marché. De plus, elle importe des produits d’autres pays qui ne subissent pas autant de taxations. L’État tue la concurrence pour créer un marché monopolistique ce qui n’est dans l’intérêt que du monopole qui pourra demander le prix qu’il souhaite. Les clients paieront plus cher pour des consommations de moins en moins locales, les petits agriculteurs n’auront plus de revenus, le chômage augmentera, les grèves continueront et chaque grève coûte plus de 1 milliard en France et plus de 600 millions en Belgique.
La théorie des jeux : Le dilemme du prisonnier
Il existe un principe (en théorie des jeux), connu sous le nom du dilemme du prisonnier (Albert W. Tucker, 1950) selon lequel deux individus ont toujours intérêt à coopérer plutôt qu’à rivaliser ou à chercher à se détruire mutuellement.
L’histoire est simple. Je vous raconte?
Cette théorie s’illustre donc par l’histoire de deux prisonniers (P1 et P2) qui se connaissent et se font prendre par la police.
Le juge les prend chacun à part et leur propose de dénoncer leur complice. En échange, il bénéficiera d’un allègement de peine de prison.
Chaque prisonnier a deux choix:
Soit il dénonce son complice. Soit il se tait.
De ces deux hypothèses découlent donc 4 situations hypothétiques:
Les deux prisonniers se dénoncent mutuellement; Chacun risque 2 ans de prison (2;2)
Les deux se taisent. Aucun n’aura de peine de prison (0;0);
Le prisonnier 1 trahit l’autre alors que le prisonnier 2 se tait; dans ce cas, le P1 encourt 1 an de prison et P2, 5 ans de prison (1;5);
Le prisonnier 2 trahit l’autre alors que le prisonnier 1 se tait; dans ce cas, le P2 encourt 1 an de prison et P1, 5 ans de prison (5;1);
On parle de dilemme car chaque prisonnier est conscient qu’il a intérêt à coopérer avec l’autre et à ne pas le dénoncer mais aucun d’eux ne prendra le risque de se faire trahir par l’autre. Il s’agit donc d’un jeu d’équilibre et de confiance.
Par conséquent, en l’absence de communication, les deux prisonniers choisiront instinctivement de se dénoncer mutuellement. L’équilibre, dit de Nash, sera donc que chacun trahisse l’autre (2;2)
Le dilemme est représenté par le tableau suivant:
P1/P2
SE TAIRE
TRAHIR
SE TAIRE
(0;0)
(5;1)
TRAHIR
(1;5)
(2,2)
La meilleure des situations serait que tous deux se taisent pour éviter une peine de prison (0,0) et atteindre « l’optimum de Pareto ».
John Nash découvre qu’en réalité, les intérêts individuels ne servent pas les intérêts de la communauté.
Comprendre la théorie des jeux dont l’introduction se fait toujours par cet exemple du dilemme du prisonnier permet de comprendre les enjeux les plus complexes tant économiques, géopolitiques, sociologiques, sociaux, que boursiers….
Les politiciens, économistes et traders s’en servent pour anticiper. Elle nous permet de voir plus clair sur leurs stratégies de décisions.
Dans ce contexte de guerre Israélo-Palestinienne, un cessez-le-feu immédiat permettrait moins de pertes humaines et économiques (= optimum de Pareto).
Mais tant que la communication et la confiance n’est pas instaurée, cet équilibre ne sera jamais atteint.
La main invisible d’Adam Smith
En réalité, bien avant Nash, cette théorie « d’individualisme » a été expliquée à travers « la main invisible » d’Adam Smith.
Ce dernier expliquait que si chacun cherche à atteindre et à maximiser son propre intérêt alors cette recherche contribuera à atteindre l’intérêt général.
Pour mieux comprendre cette main invisible, supposons que vous habitez dans une ville où il n’existe qu’une boulangerie (opérateur téléphonique, un seule commerçant de chaussures…). En l’absence d’intervention étatique, une autre boulangerie entrera dans le marché pour vendre son pain car il y a une demande et des bénéfices à en tirer. Et s’il y a toujours une demande pour du pain, encore une autre boulangerie ouvrira…Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus bénéfice à en tirer pour une nouvelle boulangerie.
Adam Smith explique qu’en l’absence d’intervention de l’état, le libre-échange permet de créer une situation qui profitera à tous les acteurs économiques (boulangeries, état, clients).
De la concurrence entre elles. Ainsi, chacune baissera le prix pour attirer un maximum de clients ; l’abaissement du prix profitera aux clients ;
L’emploi : toutes les personnes qui travailleront dans ces boulangeries ne seront pas au chômage ce qui profitera à l’état.
Du revenu : les boulangers vendront leurs pains et constitueront une entrée de revenu pour elles.
Adam Smith encourage le libre-échange et s’oppose à l’intervention de l’état dans les marchés économiques.
Ainsi dans l’actualité sur les débats des agriculteurs, l’état intervient en augmentant la pression fiscale et réglementaire. Ceci a pour conséquence de tuer les petits agriculteurs et laisser les plus grands sur le marché. De plus, elle importe des produits d’autres pays qui ne subissent pas autant de taxations. L’état tue la concurrence pour créer un marché monopolistique ce qui n’est dans l’intérêt que du monopole qui pourra demander le prix qu’il souhaite. Les clients paieront plus cher pour des consommations de moins en moins locales, les petits agriculteurs n’auront plus de revenus, le chômage augmentera, les grèves continueront et chaque grève coûte plus de 1 milliard en France et plus de 600 millions en Belgique.
Un Jeu d’Équilibre et de Confiance
Nous avons introduit le concept du dilemme du prisonnier. Nous avons compris qu’il existe un équilibre vers lequel les acteurs vont tendre (équilibre de Nash) et que cet équilibre se réalisera parce que les individus cherchent à maximiser leur bien-être individuel (la main invisible d’Adam Smith).
Dès lors, nous pouvons nous interroger sur ce qui pourrait inciter les acteurs à agir pour l’intérêt général. Qu’est ce qui pourrait faire en sorte qu’on puisse atteindre l’équilibre de Pareto? Après tout, tous les acteurs ont intérêt à chercher cet équilibre puisque c’est bien celui-là qui permette non seulement de maximiser le bien être de chacun mais aussi celui de la communauté.
Comment améliorer la communication entre les acteurs et la confiance en l’autre ? La clé de l’atteinte de cet optimum est donc la foi en l’autre et la bienveillance des uns envers les autres.
La question, désormais qui reste ouverte, est celle de savoir comment atteindre ce degré de foi.
Ce dimanche 4 février, Hamza 25 ans et Aymane, 20 ans donneront le top départ de leur course qui doit les mener jusqu’à Paris. Un challenge qu’ils veulent relever en soutien aux enfants palestiniens. L’objectif est de récolter 100 000 euros qui seront reversés à l’ONG Karama Solidarity.
Habitués des sports extrêmes et des défis, ils ont déjà effectué l’aller-retour Bruxelles-De Haan (Le Coq) à vélo, gravi le sommet du Mont Blanc, plus haut sommet d’Europe occidentale avec ses 4806 mètres. Mais cette fois-ci, l’objectif est d’aller plus loin et de parcourir à pied la distance séparant deux monuments : l’Atomium à Bruxelles et la Tour Eiffel à Paris. « L’objectif est de courir cette distance en une semaine environ. Nous serons suivis par un van entièrement aménagé. L’ensemble de notre périple sera filmé et diffusé sur les réseaux sociaux par un vidéaste. Nous serons aussi épaulés par un coach soignant sportif. Pour relever ce nouveau défi, nous avons commencé à nous entraîner il y a quelques mois, mais l’actualité à Gaza nous a particulièrement touchés. Nous souhaitions apporter notre contribution et c’est pourquoi nous avons contacté Karama Solidarity qui nous a soutenus dans ce projet. Notre objectif est de récolter 100 000 euros pour aider les enfants palestiniens. Concrètement, ce projet se décline en trois dimensions : une dimension sportive avec cette performance, une dimension humanitaire pour les enfants de Gaza et une dimension spirituelle, parce que nous allons devoir aller chercher au plus profond de nous-mêmes. Il y aura de nombreuses méditations dans ce genre de défi, même si on est en binôme, l’effort est individuel et nos valeurs et principes se révèlent dans ce type de difficultés », insiste Hamza Sedouk
100 000 euros pour les enfants palestiniens
Cet évènement se déroule en partenariat avec l’ONG Karama Solidarity active sur le terrain à Gaza et qui s’engage à utiliser les dons récoltés lors de cet évènement pour améliorer concrètement la vie des enfants en Palestine, en leur fournissant un soutien physique et psychologique. Une aide urgente et indispensable alors que la famine à Gaza semble s’installer. Israël a accusé plusieurs membres de l’UNRWA d’être impliqués dans l’attaque du 7 octobre dernier, entraînant à la suite de cette accusation qui ne se fonde sur aucune preuve, le gel des fonds versés par une douzaine de pays dont les principaux donateurs : les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou encore la Suède. Une décision qui interpelle et qui va au-delà des valeurs d’humanité et de solidarité prônées par ces mêmes pays. Un pied de nez, l’agence onusienne UNRWA est en lice pour obtenir le prix Nobel de la paix…
Sur le terrain, l’urgence est partout, selon le dernier bilan, plus de 26 000 personnes ont été tuées, 70 % sont des femmes et des enfants, 70 % de la bande de Gaza est complètement détruite et l’ensemble des plus de 2 millions de Gazaouis font face à la famine.
Depuis le début de l’année 2024, nous assistons à un évènement « historique » concernant Israël. En effet, un pays se lève contre un autre. L’Afrique du Sud porte plainte contre Israël pour génocide à Gaza auprès de la Cour international de justice (CIJ) à La Haye, le tribunal de l’ONU chargé de régler les différends entre les états. Prétoria met Israël devant ses propres responsabilités et devant son « immunité » indécente concernant les mesures dites « conservatoires », autrement dit les mesures urgentes d’un cessez-le-feu immédiat et l’installation rapide de l’aide humanitaire.
Avant que les juges ne se prononcent sur le fond de ce procès dont l’absence de couverture médiatique est à déplorer, l’Afrique du Sud, qui n’a probablement rien à gagner sur le plan international, donne à toute l’humanité une leçon de dignité : l’indignation et l’engagement dans la voie de la justice.
L’indifférence : la pire des attitudes
« L’Histoire nous jugera ! » diront les activistes et les résistants face aux injustices de nos sociétés. Les guerres passées et les colonisations, dont on apprenait les causes et les évènements sur les bancs de l’école, devraient nous rendre plus vigilants et plus pro-actifs pour ne plus revivre ces périodes désastreuses sur le plan humain. Et malgré tout, l’émergence des guerres sur des territoires stratégiques se multiplient : Ukraine-Russie, Israël-Palestine, Etats unis et Angleterre-Yémen, Chine-Taiwan,… Ainsi, l’ensemble des principes et des valeurs sur lesquels reposerait la démocratie moderne des pays occidentaux semble vaciller, alors que nous en avons plus que jamais besoin aujourd’hui. Il n’est pas toujours facile de distinguer tous les courants qui nous gouvernent car nous n’avons plus affaire à une petite « élite » mais à un monde économiquement, politiquement et financièrement interdépendant. Nous l’observons clairement : les oppressions, les dictatures, les colonisations, les injustices, les privilèges, les inégalités sont internationales. C’est un vaste monde interconnecté comme jamais encore il n’en a existé, mais il y a des choses insupportables :
Stéphane Hessel[1] écrit : « Le motif de base de la Résistance était l’indignation. Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l’héritage de la Résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! (…) »
La faculté d’indignation nous permet de veiller, tous ensemble à ce que notre engagement dans la société soit bénéfique et conforme à La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, adoptée par l’ONU le 10 décembre 1948. C’est notre composante humaine qui fait de nous des êtres doués de raison ; et l’Afrique du Sud l’a très bien compris.
Stéphane Hessel écrit : « Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie. Ce conflit est la source même d’une indignation. »[2]
Elle est devenue la nôtre depuis plus de 4 mois !
Le déclin du courage
Le système occidental dans son état actuel « d’épuisement spirituel », ne présente aucun attrait. L’Afrique du Sud a su tirer profit de son retour sur la scène internationale, avec le développement de nouvelles relations avec les pays du sud et des pays émergents pour nouer des alliances qui y renforcent son rôle et son influence. Après des années d’apartheid, une société multiraciale est parvenue à voir le jour. Aujourd’hui, c’est ce qui lui confère cette autorité morale dont elle jouit, à la fois sur le continent et dans le monde entier.
« Le déclin du courage est peut-être ce qui frappe le plus un regard étranger dans l’Occident d’aujourd’hui. Le courage civique a déserté non seulement le monde occidental dans son ensemble, mais même chacun des pays qui le composent, chacun de ses gouvernements, chacun de ses partis, ainsi que, bien entendu, l’Organisation des Nations unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société tout entière. » écrit Alexandre Soljénitsyne[3]
Même si le courage individuel existe toujours, pour l’auteur, il est absent chez ceux qui donnent une direction à la société : fort à l’égard des pays faibles que personne ne soutient mais faible devant des gouvernements puissants et aux forces menaçantes. L’Afrique du Sud n’adhère pas à ce silence et impose sa voix sur le plan international en termes de droits humains. La valeur juridique de la Cour internationale de justice et sa mise en œuvre dépendra du résultat de ce procès. Ainsi, se joue l’avenir d’une institution internationale qui a été construite depuis plus de 75 ans sur les valeurs de droit et d’équité.
Ce référentiel commun, qu’est le droit international, garde une fragilité ; car sa mise en pratique dépendra des moyens utilisés par chaque pays concerné par la plainte de l’Afrique du sud. Si le génocide n’est pas reconnu par les instances internationales, ce sera le règne de la force : un grand pas vers le chaos et vers la violence absolue.
Enfin, l’affaire du génocide devant la Cour internationale de justice semble aboutir pour l’Afrique du Sud[4], en tout cas elle va jusqu’au bout de sa stratégie de défense, en poursuivant les Etats Unie et l’Angleterre pour complicité dans les crimes de guerre d’Israël à Gaza. A ce jour, deux batailles se jouent, humainement sur cette terre de Palestine et l’autre juridiquement sur la terre du droit international à La Haye…
Najoua
[1] Stéphane Frédéric Hessel, né le 20 octobre 1917 à Berlin et mort le 27 février 2013 à Paris 14e, est un diplomate, résistant, écrivain et militant politique français d’origine allemande. Indigné par le nazisme, il devient militant et s’engage dans la résistance au temps de la seconde guerre mondiale. Auteur d’un essai « Indignez-vous ! ». Edition : indigène. P.11
[3] Pour en savoir plus : Livre « le déclin du courage » de Alexandre Soljénitsyne. Editions : Les belles lettres. P.22. Le discours peut être lu sur le site www.perspective.usherbrooke.ca. Discours de Harvard, juin 1978, devant la 337 ième promotion de la très ancienne université d’Harvard.
Jacquouille : Monseigneur… Où êtes-vous ? Aaaaaah ! C’est vous ?! Vous m’avez fait peur !
Monseigneur Godefroid : Ne crie pas, Jacquouille. Je suis juste là.
Jacquouille allume une petite lampe de poche que lui a offerte Dame Ginette.
Jacquouille : Oooh Monseigneur, comme vous m’avez manqué.
Monseigneur Godefroid : Mais où sommes-nous ?
Jacquouille : Je crois que nous sommes dans un placard à archives.
Monseigneur Godefroid : Un placard à archives ? De qui, de quoi ?
Jacquouille : Regardez, c’est écrit ici :
Monseigneur Godefroid : Mais qu’est-ce que…
Jacquouille : Chut, Messire, veuillez parler moins fort. Je crois que c’est le psychiatre qui vient d’entrer avec son patient.
Le psy : Je vous en prie. Installez-vous sur le divan.
Jacquouille : Mais qui est-ce donc, Messire ?
Monseigneur Godefroid essaye de distinguer, à travers les persiennes de la porte du placard, qui est couché sur le divan.
Monseigneur Godefroid : Par Dieu tout puissant !!
Jacquouille : Qui est-ce ? Laissez-moi jeter un œil à mon tour. Aah, je l’aperçois… Il me fait ressembler à… Oh mon Dieu, c’est… c’est du lourd…
Le psy : Monsieur Méthane Yahou, comment vous sentez-vous depuis le 7 octobre ?
Jacquouille : Monseigneur, si la rédactrice ne se ressaisit pas, c’en est fini de nous… et d’elle surtout ! Mon Dieu, faites qu’elle change de personnage pour ainsi nous permettre de vivre encore d’autres aventures.
Méthane Yahou : Excusez-moi, Docteur. J’ai un appel urgent. Il me faut absolument mettre fin à la séance. Je dois aller larguer des bombes… me réjouir des enfants qui succombent… remplir des tombes…
Le psy : Qu’est-ce que vous dites ?!
Méthane Yahou : Euh… je voulais dire, je m’en vais en trombe délivrer les otages des hécatombes.
Le psy : Aaah… J’ai cru mal comprendre.
Méthane Yahou : Je reviens la semaine prochaine à Paris. Mon secrétaire prendra contact avec vous pour un autre rendez-vous. Pour cette séance, je cède ma place à une personne qui en a bien besoin.
Le psy : Très bien, M. Méthane Yahou. Je vous raccompagne.
Jacquouille : Nous sommes sauvés, Messire. Elle a été raisonnable…
Monseigneur Godefroid : Jacquouille, il nous faut trouver un moyen de sortir d’ici.
Jacquouille : Messire, voyons… Rien ne presse. Attendons de voir qui est le suivant.
Le psy : Entrez Monsieur, je vous en prie. Je suis le Docteur Jean Peuplu. Enchanté.
Le patient : Ah vous aussi, Docteur ?! Moi aussi, j’en peux plus ! Je ne sais plus où donner de la tête ! Nous sommes envahis ! Nous ne sommes plus chez nous ! Ils veulent nous remplacer mais ils ne nous auront pas ! Je me battrai corps et âme pour les en empêcher ! Ils veulent détrôner nos valeurs judéo-chrétiennes au profit des leurs ! Ils veulent éliminer la France, cette grande patrie, héritage de notre ancêtre Napoléon et de De Gaulle. Ils…
Le psy : Très bien. Vous semblez avoir beaucoup de choses à me raconter. Je vais d’abord commencer par remplir votre fiche personnelle si vous le permettez. Prenez place sur le divan. Pouvez-vous m’épeler votre nom, Monsieur ?
Le patient : Attendez-vous au grand remplacement ! C’est ce qu’ils visent !
Le psy : Je crains de ne pas vous saisir Monsieur… Dites-moi, de qui parlez-vous au juste ?
Le patient : Des Sarrasins ! Ils veulent porter l’abaya, la barbe… Nous sommes en danger ! Vous êtes en danger, Docteur !!
Le psy : Vous êtes confus… Vous parlez de nos compatriotes français de confession musulmane ?
Le patient : Compatriotes ?! Non, ce ne sont pas nos compatriotes, Docteur ! Il faut vous ressaisir !
Jacquouille : Mais qu’est-ce que c’est qu’ce binz ?!
Monseigneur Godefroid : Par Dieu tout Puissant ! Il est possédé.
Le patient : La montée de l’antisémitisme est proportionnelle à la montée de l’immigration arabo-musulmane, Docteur.
Le psy : Êtes-vous conscient de la gravité de vos propos, Monsieur ?
Le patient : Les antisémites d’aujourd’hui ne lisent pas Drumont et Maurras mais lisent le Coran.
Le psy : Bernadette, Bernadette, venez vite, je vous prie !
Le patient : Le 7 octobre est un jour tragique. Le Hamas nous a attaqué. Ce sont des terroristes !! Israël est une enclave au Proche-Orient. Une enclave judéo-chrétienne au milieu de pays arabes, une villa au milieu de la jungle, comme le dit l’expression.
Bernadette : Oui, me voici, Docteur
Le patient : Après samedi, il y a le dimanche. On s’en prend d’abord aux Juifs, et ensuite aux Chrétiens, c’est la logique du jihad !
Jacquouille : Mais qu’est-ce qu’il raconte, Messire ?
Monseigneur Godefroid : Je crois qu’il veut se débarrasser des Sarrasins.
Jacquouille : Ah bon mais pourquoi ?
Monseigneur Godefroid : Je l’ignore… Ils n’ont pourtant rien contre les Juifs et les Chrétiens, les Ahl el Kitab, comme ils les nomment. Que du contraire ! Ne te rappelles-tu point qu’ils ont préservé nos églises et nous ont permis de pratiquer notre culte, eux, qui tiennent en haute estime Jésus et Marie ?
Jacquouille : Je ne me rappelle que d’une chose, Messire. Du goût exquis de ce méchoui de Molenbeek aux épices de « la tête du magasin » !
Le psy : Il délire, complètement, Bernadette. Apportez-lui un rail de poudre. Euh… je veux dire un anxiolytique en poudre, plus facile à digérer. Effet immédiat garanti.
Bernadette : Très bien, Docteur.
Le psy : Prenez ceci, Monsieur, ça vous fera du bien. Je pense que nous devrions nous revoir la semaine prochaine. Je vous raccompagne.
Le patient : Merci, Docteur. Au revoir.
Le psy : Bernadette, vous avez le carnet. Je vous dicte :
Le psy : Envoyez la proposition au comité internationale du DMS-5[1]. Dites-leur que je ne suis pas loin de découvrir une nouvelle pathologie à inscrire dans le manuel.
Bernadette : Et avez-vous déjà trouvé un nom à cette pathologie, Docteur ?
Le psy : Oh oui, Bernadette. Je n’ai pas cherché longuement… Il s’est imposé de lui-même : le sem-morisme.
Bernadette : Le sem-morisme ? Quelle en est l’étymologie ?
Le psy : Eh bien, Bernadette, depuis quelques années un nouveau mot a intégré le dictionnaire de la langue française : le seum (ou sem). Il signifie rancœur, sentiment de colère, de frustration et de dégoût. Le terme ‘seum’ vient du mot arabe ‘sèmm’ qui signifie ‘venin’. Autrement dit, quand on a le seum, on a la rage.
De plus, sem peut rappeler l’origine sémite du mot. A ce propos, les Arabes étant sémites, ils peuvent difficilement être antisémites. Mais passons…
Bernadette : Ah…
Le psy : Ne trouvez-vous pas que cela convient au phénomène, Bernadette ?
Bernadette : Au phénomène ? Vous parlez de la pathologie ou de l’individu ?
Le psy : Toujours aussi perspicace, Bernadette. A vous de choisir…
Bernadette : Et la 2e partie du mot alors ?
Le psy : More. J’ai opté pour une touche moderne, anglaise pour noyer la consonnance arabe. Donc sem-more signifierait plus de venin, plus de rancœur.
Jacquouille : Ha, ha, ha…Messire. Le sem-morisme.
Monseigneur Godefroid : Tais-toi, malheureux, tu vas nous faire prendre !
Le psy : Vous avez entendu, Bernadette ?
Bernadette : Oui, ça provenait du placard à archives.