Ramadan approche…

Ces jours-ci, mon cœur est un peu plus fragile.

Ramadan approche… et avec lui, cette sensation étrange mêlée d’impatience et de mélancolie. Avant, l’arrivée de ce mois ne portait que de la lumière. Aujourd’hui, elle porte aussi des absences.

Depuis deux ans, à l’approche de Ramadan, quelqu’un que j’aimais a quitté ce monde. Deux années. Deux visages. Deux voix qui ne diront plus “Ramadan moubarak”. Et je me surprends à compter le temps différemment. Non plus en années… mais en présences perdues.

Qu’Allah leur fasse miséricorde. Qu’Il illumine leurs tombes comme ce mois illumine nos nuits.

Je me rends compte que Ramadan n’est plus seulement pour moi un mois de jeûne et de prière. Il est devenu un miroir. Un rappel intime. Un murmure discret qui me dit :
“Tu n’as aucune garantie d’être là l’année prochaine.”

Cela me bouleverse… mais cela me réforme aussi.

Parce que je me connais. Je remets à plus tard. Je me dis que j’aurai le temps de devenir meilleure. Le temps d’apprendre davantage. Le temps de purifier ce qui traîne dans mon cœur. Mais la mort de ceux que j’aime me montre que le temps n’est pas une promesse. C’est un dépôt.

Et si ce Ramadan était mon dernier ?
Est-ce que j’y entrerais de la même façon ?
Avec les mêmes distractions ?
Les mêmes retards dans mes prières ?
Les mêmes excuses ?

Leur départ adoucit mon cœur. Il casse quelque chose en moi… mais il construit aussi autre chose. Une urgence plus douce. Une foi plus consciente. Une envie plus sincère de revenir à Allah sans attendre.

Je ne veux plus vivre Ramadan par habitude.
Je veux le vivre comme une rencontre.
Comme une dernière chance d’être pardonnée.
Comme une porte ouverte que je ne veux pas manquer.

Quand je pense à eux, je ne ressens pas seulement la tristesse. Je ressens une responsabilité. Celle de transformer ma douleur en élévation. De faire de mes invocations un pont entre nous. De déposer leurs noms dans mes prosternations, avec amour et pudeur.

Ils ne jeûnent plus avec nous.
Mais peut-être que mes invocations peuvent encore les rejoindre.

Et moi… je suis encore là.
Respirante. Capable de me lever la nuit. Capable de demander pardon. Capable de changer.

Alors cette année, je veux entrer dans Ramadan avec plus de douceur envers moi-même… mais aussi plus d’exigence intérieure. Je veux surveiller mon cœur plus que mon assiette. Je veux jeûner de mes jugements, de mes négligences, de mon orgueil. Je veux apprendre à me taire davantage et à aimer plus profondément.

Peut-être que leur départ est un rappel d’amour d’Allah. Un rappel que la vie est courte, mais que la miséricorde est immense.

Si je suis encore en vie pour accueillir ce Ramadan, ce n’est pas un hasard. C’est une invitation.

Ô Allah, fais que je n’entre pas dans ce mois comme les années précédentes.
Fais que je sorte transformée.
Fais que les absents deviennent une lumière sur mon chemin vers Toi.
Et si un jour je pars à mon tour, fais que quelqu’un lève les mains pour moi… avec la même tendresse que j’ai aujourd’hui pour eux.

H.L.

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