Dans le silence des dix dernières nuits…

Mon Seigneur,

Les dix dernières nuits du Ramadan sont revenues…
et moi aussi.

Je ne sais jamais vraiment comment me présenter devant Toi.

Toute l’année, je marche dans ce monde avec un cœur distrait.
Je me promets de revenir vers Toi plus souvent.
De prier avec plus de présence.
De Te parler avec plus de sincérité.

Je me dis : demain je ferai mieux.

Et puis les jours passent…
et je me retrouve encore là, imparfaite, fragile, pleine de manques.

Alors quand arrivent ces dix dernières nuits, quelque chose tremble en moi.

Parce que je sais que ces nuits sont précieuses.
Mais je sais aussi que je ne suis pas la servante que j’aurais voulu être.

Je viens vers Toi avec des prières parfois distraites.
Avec des promesses que je n’ai pas toujours tenues.
Avec un cœur qui s’est parfois éloigné de Toi.

Et pourtant…
Tu nous offres encore ces nuits.

Comme si Ta miséricorde appelait doucement ceux qui reviennent tard.
Ceux qui ont pris trop de détours.
Ceux qui arrivent avec les mains presque vides… mais avec un cœur qui espère encore.

Alors dans le silence de la nuit, je m’assois devant Toi.

Et je murmure d’abord cette invocation que Ton Prophète nous a apprise pour ces nuits :

Allahumma innaka ‘afuwwun tuhibbul ‘afwa fa‘fu ‘anni.
Ô Allah, Tu es Pardonneur et Tu aimes pardonner, alors pardonne-moi.

Et puis les mots viennent autrement.

Plus doucement.

Comme une servante qui n’ose pas trop lever les yeux.

Ô Allah, si j’ai été loin de Toi, rapproche-moi.
Si mon cœur s’est endurci, adoucis-le.
Si je me suis perdue en chemin, guide-moi à nouveau.

Je Te confie ce que je ne dis à personne.

Mes regrets.
Mes faiblesses.
Les choses que j’aurais voulu être… et que je ne suis pas encore.

Et parfois les mots s’arrêtent.

Il ne reste que le silence…
et les larmes que Toi seul vois.

On dit que parmi ces nuits se cache la Nuit du Destin.

Une nuit meilleure que mille mois.

Mille mois…
une vie entière de jours ordinaires.

Et je me demande parfois si cette nuit n’est pas simplement celle où une servante ose enfin revenir vers son Seigneur.

Alors je reste là.

Avec mon cœur fragile.
Avec mon espérance discrète.

Parce que je sais une chose :

Même si mes œuvres sont petites…
Ta miséricorde, elle, est immense.

Et si ces nuits étaient les dernières que je vivrais…

Alors je voudrais simplement Te dire ceci :

Je suis revenue vers Toi.

Peut-être tard.
Peut-être imparfaite.

Mais revenue.

Et si Tu m’ouvres la porte…
je ne veux plus jamais m’éloigner.

H. L.