Quel sujet vais-je aborder, sur quoi portera mon article cette fois ? Un compte-rendu de lecture, un portrait, un sujet de société ?
Tout me paraît futile et décalé. Je me questionne, qu’est ce qui vaut d’être mentionné, puisque des enfants souffrent et meurent injustement ?
La première neige de l’hiver est tombée aujourd’hui. J’ai regardé les flocons blanchir les toits et habiller les branches, impassibles témoins des saisons qui défilent et je me suis sentie vide.
La beauté du spectacle, le silence monotone de la poudre blanche qui tournoie, la tranquillité de la rue où seuls crissent les pieds des passants, la chaleur de la maison, chaque bienfait dont je jouis me semble illégitime, tant que des enfants tremblent de froid et d’effroi.
La désillusion est profonde, saisissante. Encore sonnée, je peine à réaliser. Nulle armée ne s’est levée pour les sauver, nulle résolution n’a su les protéger. Des voix conscientes et courageuses se sont élevées et résonnent. Mais qui voudra bien les écouter ? Pendant ce temps, comme aux jours noirs de Pharaon, des enfants sont assassinés.
L’humanité a-t-elle définitivement perdu son âme, le mal triomphera-t-il continuellement ? Je ne veux pas l’envisager car alors comment continuer ?
La honte et la tristesse que je ressens, à l’instar de millions de personnes, me font espérer que subsiste encore dans le cœur de beaucoup d’hommes, le dégoût de l’injustice et l’aspiration aux droits élémentaires de chacun.
En attendant j’ai le vertige et le goût à rien, et c’est bien peu de chose car pendant ce temps, des enfants sont tués…
Alors qu’hier soir la commune d’Anderlecht a voté une motion « floue » en faveur du port de signes convictionnels pour les employées communales, les femmes musulmanes se battent depuis de nombreuses années pour revendiquer leur droit de porter les vêtements qu’elles désirent. Sous couvert de la neutralité, les derniers récalcitrants résistent farouchement et ne veulent pas voir ces femmes apporter leur contribution à la société dans laquelle elles vivent et évoluent au quotidien.
La levée de bouclier est importante tant elle bouleverse le quotidien et les habitudes de ceux qui ne peuvent accepter que des femmes musulmanes aspirent à occuper les mêmes places et postes que leurs collègues, ceux-là mêmes qu’elles ont côtoyé sur les bancs de l’université ou des écoles supérieures.
Aujourd’hui, la société est prête à se passer de ces femmes compétentes, surqualifiées pour certaines, car leur différence dérange, elle rappelle qu’elles ont décidé pleinement et librement de faire un choix vestimentaire en conformité avec leur spiritualité. Un choix intime et personnel mais qui intéresse et passionne les débats.
Un longcombat
Pourtant, elles sont nombreuses aujourd’hui à ne plus vouloir se taire face à toutes ces discriminations dont elles sont victimes. Ce foulard, objet galvanisateur de toutes les haines, elles l’ont choisi fièrement et elles sont prêtes à se battre pour revendiquer leur droit d’être ce qu’elles sont à l’image du combat mené par Marie Popelin, première femme à accéder à des études universitaires à l’Université Libre de Bruxelles. Grâce à son courage et sa persévérance, elle aura permis à toutes les futures générations de femmes de côtoyer ces havres du savoir sans que cela ne pose question. Les résistances étaient là aussi nombreuses mais elles ont fini par céder sous le poids de la ténacité.
Le chemin à parcourir est encore long, mais les résistances finiront tôt au tard par céder, le courage de ces femmes pèsera dans la balance et les futures générations de femmes musulmanes arborant un foulard pourront pleinement savourer la victoire d’un combat mené par leurs aînées.
Cet article rend hommage à Ali Mérad, intellectuel algérien qui a profondément marqué les études islamiques en France. De son engagement précoce dans le mouvement réformateur à ses contributions éducatives et son plaidoyer pour une vision éthique de l’Islam, plongeons dans la vie d’une figure qui a laissé un legs intellectuel inestimable.
Dans les années 1952, l’Algérie était sous domination coloniale française, imposant des inégalités systémiques aux Algériens musulmans qui constituaient la majorité de la population. Soumis à un statut juridique inférieur et exclus de la participation politique et économique, ils étaient confrontés à une discrimination généralisée. Cette marginalisation a été le moteur des revendications nationalistes, conduisant à la guerre d’indépendance en 1954.
Qui était Ali Mérad ?
Le contexte de l’Algérie en 1952 est crucial pour comprendre la vie et l’héritage d’Ali Mérad. Ali Mérad, né en 1930, a émergé comme un intellectuel engagé, symbolisant la résilience d’une génération luttant pour l’égalité et l’indépendance.
Ali Mérad, pionnier des études islamiques en France, c’est avant tout un héritage intellectuel incontournable.
Penseur émérite né en 1930 à Laghouat, en Algérie, et dont l’influence a perduré bien au-delà de sa disparition. Son parcours est fascinant: de son éducation entre école coranique et école communale à ses contributions académiques notables. Retraçons le cheminement d’un homme dont les idées ont transcendé les frontières, influençant les études islamiques en France.
Jeunesse musulmane
Ali Mérad, en partenariat avec Ahmed Taleb-Ibrahimi, a fondé en 1952 le « Jeune Musulman », un périodique visant à propager les idées du mouvement réformateur parmi les jeunes algériens francophones. Ali Merad écrit sous un pseudonyme pour différentes éventuelles raisons :
Sécurité : en tant qu’islamologue, les sujets traités restent sensibles lorsqu’ils sont liés à la religion et à la politique.
Confidentielle : certains chercheurs ou intellectuels choisissent d’écrire sous des pseudonymes afin de garder leur identité confidentielle, surtout lorsque leurs recherches peuvent être controversées ou en contradiction avec les normes dominantes.
Liberté académique : utiliser un pseudonyme peut permettre à Ali Merad de publier librement ses travaux sans se soucier de représailles ou de pressions politiques ou sociales qui pourraient limiter sa liberté académique.
Neutralité : en choisissant un pseudonyme, il peut se détacher de toute affiliation politique ou idéologique préexistante, offrant une perspective plus neutre et objective lorsqu’il écrit sur des sujets sensibles.
Cependant, il est important de préciser qu’il n’existe pas suffisamment d’informations disponibles à son sujet. Ces réponses restent hypothétiques et ne se basent sur aucune source spécifique concernant Ali Merad.
Sa vie académique a été marquée par des réalisations telles que l’agrégation d’arabe à Paris et des contributions significatives aux Conférences Internationales de Genève et son poste de professeur émérite à l’Université de Paris III.
Engagé dans le dialogue islamo-chrétien, Mérad a refusé un rôle dans le projet de séparation du Sahara, alignant ses convictions sur le mouvement indépendantiste. Son refus des dirigismes religieux s’est également manifesté dans son plaidoyer pour une éducation musulmane conséquente en France.
La vie de Mérad a été ponctuée d’articles remarqués, notamment sur le réformisme musulman en Algérie. Impliqué dans la reconnaissance du culte musulman en France, il a dénoncé les carences de la Mosquée de Paris et proposé des réformes pour l’Institut musulman.
Aujourd’hui, l’héritage intellectuel d’Ali Mérad résonne dans un contexte où le dialogue interreligieux et l’éducation sont cruciaux. Son appel à une approche éthique de l’Islam trouve une résonance particulière. Alors que la France continue de naviguer dans les défis liés à la diversité religieuse, le legs d’Ali Mérad demeure un guide précieux pour comprendre et prévenir les radicalisations. Un rappel puissant que l’éducation éclairée est la clé d’un avenir harmonieux.
Aujourd’hui, les questions sociétales sont devenues très complexes et très confuses, comme si nous naviguions en mer agitée. Dans ce contexte, prendre du recul et de la hauteur est nécessaire pour ne pas perdre de vue les vrais enjeux et origines des problèmes, et pouvoir ensemble imaginer des alternatives réalisables. Notre époque est caractérisée par l’émergence de plusieurs crises : économique, politique, environnementale, etc. Mais, derrière cette avalanche de crises, ne vivons-nous pas plutôt une crise de sens ?
L’Homme et la conscience sociale
« Nous sommes entrés dans le nouveau siècle sans boussole »[1]
Cette civilisation qui s’était voulue « humaniste » aboutit à un système qui, en même temps, méprise l’homme et le trompe pour finalement le détruire. Elle le méprise parce qu’elle le réduit aux fonctions matérielles et quantitatives de simple producteur et consommateur. Elle le trompe parce qu’elle lui fait croire que, grâce au progrès de la science, à une meilleure organisation sociale et à la libération des derniers « préjugés » et contraintes hérités du passé, il parviendra au bonheur et vaincra la souffrance, laquelle est pourtant attachée à la condition humaine. Enfin, elle le détruit en le corrompant, en le désintégrant et en privant sa vie de sens et d’espoir. [2]
Les vertus humaines (bonté, compassion, justice) ont été négligées voire bafouées. Il suffit de voir sur les réseaux sociaux ou d’ouvrir les yeux sur ce qu’il se passe autour de nous : la pauvreté, l’oppression, l’exploitation, la violence, les guerres se sont propagées comme une trainée de poudre. Toute conscience animée par une étincelle de vie doit se révolter contre l’injustice et l’oppression. Si les informations, les marchandises, les hommes circulent, les maladies, les profits ou les pertes, les guerres peuvent en faire autant. C’est ceux à quoi nous assistons depuis la guerre Israël-Palestine. En effet, les multiples manifestations pour un cessez-le-feu partout dans le monde nous prouvent à quel point nous nous ressemblons dans notre humanité.[3] Dans ce schéma « pessimiste » de guerre que nous vivons, il y a de la lumière. Le premier angle d’attaque est de prendre conscience de nos valeurs mutuelles et de les mettre en application.
La foi (religieuse ou valeurs) et la conscience sociale sont en lien. En effet, la foi n’est pas juste un ensemble de rites ou un dogme sans vie. Normalement, elle se préoccupe aussi de la condition humaine de toute l’humanité, sans faire de distinction de religions, d’ethnies ou de couleurs de peaux.
Aide-toi et le ciel t’aidera[4]
À l’heure où la modernité est reine, la foi appelle les hommes à rester humain et à parfaire cette humanité en nous. Chaque culture, chaque communauté a quelque chose d’universel : se connecter au meilleur de ce qui existe et faire le « tri sélectif » afin de réformer ce qui doit l’être. [5].
On sait combien il est difficile de résister à certaines tendances, idoles et illusions de notre temps ; ainsi que de s’accrocher à certains principes et valeurs dans la vie quotidienne. Cependant, notre foi nous donne une direction, une sagesse à suivre. Cet idéal n’appelle pas à nier la réalité et les difficultés de la vie, mais plutôt « d’accueillir », de supporter et de dépasser les épreuves.
Cet idéal appelle à un art de vivre, un savoir-vivre dans les moments de joies et de douleurs, dans la paix et la guerre. Mais encore faut-il faire l’effort de passer de la théorie à la pratique. Rien ne se fait sans un travail personnel !
Cependant, l’homme craint l’effort, le changement de vision pour in fine servir la volonté de Dieu. Nous sommes tentés de nous installer dans notre confort, à l’abri, une sorte de « zone à ne pas franchir », à l’image d’un voyant rouge qui s’allumerait, en alerte dès que nous essayons de passer à l’action.
Il est vrai que notre société (les politiques et les médias) nous nourrit de peur : crise, chômage, pauvreté, attentats, mort, guerres…[6]
La culture du « débat intérieur »
Faire l’effort de construire sa foi dans la continuité en se tenant fermement sur ce chemin droit et pas seulement ponctuellement doit être notre raison de vivre. Dieu est avec toute personne qui aspire sincèrement à faire le bien pour soi et pour les autres. Alors pourquoi passe-t-on les trois quarts de notre vie à être victime de ces peurs, à vouloir un changement sans le concrétiser, à essayer de changer sans aller au bout ?
Tiré du site lanouvellerepublique.fr/
Aujourd’hui, la vie n’est pas simple. Elle nous entraîne dans un tourbillon incessant. Peut-être qu’elle nous entraînera vers le fond sauf si nous sommes forts. Fort spirituellement pour construire ce pour quoi nous avons été créés et revenir aux fondamentaux de notre foi. Fort éthiquement afin de sortir de cette torpeur du superficiel et de la démesure qui nous fossilise dans l’inaction.
Fort humainement pour rappeler que le vent du changement impose souvent de dire « non ! » face aux humiliations de ceux qui croient avoir tout pouvoir sur nous. Fort intellectuellement pour donner à nos vies un horizon plus vertueux et remettre le Sacré à sa juste place, au centre de nos existences. L’espoir s’il n’est pas accompagné d’actions est vain. Nul n’espère de changements sans sacrifices, et nul n’espère de sacrifices sans récompenses.
Najoua
[1] Amin Maalouf dans son livre Le dérèglement du monde. Edition : Le Livre de Poche.
[2] Pour en savoir plus : Sofiane Meziani, Le défi du sens. Edition : AlBouraq
[3] Voir dans le Coran : sourate 49, verset 13.
[4] Proverbe biblique. Voir aussi dans le Coran : sourate 13, verset 11-sourate 8, verset 53.
[5] Pour en savoir plus : Abdullah Bilal Omowale, L’islam, âme de l’humanité. Edition : Maison de la Sagesse.
[6] Voir l’article sur le blog : « Noir, Jaune, Blues, le belge sous la loupe ! » publié le 9 février 2023.
J’essaye en vain depuis quelques jours d’écrire un article pour cette semaine, mais l’inspiration me manque. J’ai d’abord pensé disserter sur ma lecture du moment ou encore palabrer sur le dernier film Netflix que j’ai visionné… Mais ma conscience ne m’autorise pas à mettre en lumière d’aussi légers sujets et passer sous silence l’injustice qui fait rage.
Mais les mots me manquent pour parler de cette actualité brulante qui me tourmente.
Je me dirige alors vers mon jardin pour y puiser apaisement et inspiration. Ce vent intense et revigorant qui me fouette le visage se met à l’action. Surgi après la tempête, il fait valser les feuilles dans les airs avant de les plaquer fougueusement au sol. Ces feuilles mortes et rabougries d’un brun triste dont la seule vue me désole.
Mais les mots me manquent pour parler de cette actualité brulante qui me ronge mêmedans les songes.
Des hortensias qui se pavanaient il y a encore quelques semaines, il ne reste plus que les bourgeons endormis. Le magnolia, roi de mon jardin, qui trônait avec grâce et élégance au printemps, subit aujourd’hui la disgrâce sans compromis.
Mais les mots me manquent pour parler de cette actualité brulante qui mine et discrimine.
Même l’indétrônable qui pointe haut dans le ciel n’est pas épargné ; ces branchages sont malmenés et manquent de vitalité. Tels ces buis qui symbolisaient, dans l’Antiquité, l’immortalité.
Mais les mots me manquent pour parler de cette actualité brulante que je désapprouve et réprouve.
Le prunier se débat et résiste à ce vent rigoureux. Aujourd’hui stérile, il m’avait offert, il y a plusieurs années, des fruits savoureux.
Étouffé par l’imposant qui l’avoisine, le prunier affaibli manque de ressources pour croitre et n’a plus droit de cité. Et pour cause, l’indétrônable à l’appétit d’ogre, au fond du jardin, lui coupe les vivres et l’électricité.
Sa cime qui perce le ciel empêche la lumière du soleil d’inonder le prunier. Il se gave de tous les nutriments qu’il puise dans le sol sans même s’en soucier.
Il s’agit d’un conifère robuste aux bras longs dont les racines sont difficiles à extirper. Qu’il ne s’en réjouisse guère, un jour ou l’autre, la foudre finira par le frapper.
Malgré tout, le prunier, affaibli et dépérissant, se tient droit. Je me demande d’où lui vient cette force et à qui il la doit.
Le vent se calme et le ciel s’éclaircit. Soudainement, un rayon de soleil illumine le prunier endurci.
Comme une réponse à la question posée, nos invocations finiront par être exaucées.
Hasard, safari, magasin, coton, alcool, abricot, aubergine, sucre, camphre, jasmin, gazelle…. Quel est le dénominateur commun de tous ces termes ? Ce sont tous des mots de français trouvant leur origine dans la langue arabe.
Un héritage davantage arabe que gaulois!
C’est le titre de ce livre, légèrement provocateur puisqu’écrit par un Français, qui m’a interpellée en premier : « Nos ancêtres les Arabes, ce que le français doit à la langue arabe »
Ni une ni deux, je m’y suis plongée, intriguée et ravie qu’un professeur en histoire de la langue française vienne appuyer de façon argumentée, ce que je percevais confusément depuis longtemps : nous ne sommes que peu conscients de la large place qu’occupent les mots d’origine arabe dans notre expression quotidienne en français.
Je me souviens de ma collègue toulousaine, à qui je faisais remarquer qu’elle venait d’employer un mot arabe et qui me rétorqua avec surprise : « Un petit chouia ? Mais non voyons, c’est du français ! »
C’est là toute la subtilité de mots qui ont voyagé de l’arabe au français et s’y sont tellement bien imbriqués qu’ils ont été comme adoptés par une langue qui n’entend plus leur sonorité arabe.
De façon ludique et non dénuée d’humour, Jean Pruvost revient sur cette expression « nos ancêtres les Gaulois », popularisée par la bande dessinée Astérix et Obelix.
Et de démontrer qu’en réalité les peuples gaulois ont perdu leur langue en l’espace de 4 siècles, balayée par le latin, la langue des conquérants romains venus envahir la Gaule vers le 1er siècle avant J-C.
C’est ainsi que la langue française actuelle n’a en réalité hérité que d’une centaine de mots d’origine gauloise. Elle emprunte en revanche énormément de mots à l’anglais, à l’italien et à l’arabe. L’arabe qui serait ainsi la troisième langue d’emprunt du français, avec plus d’un demi-millier de mots de base, sans compter les dérivés ( jupe, jupon / orange, orangeade, oranger etc.)
Remonter le fil
Alors comment ces mots ont-ils voyagé ?
À partir du 7ème siècle le et jusqu’au 15ème, la civilisation arabo-musulmane rayonne sur la péninsule ibérique, ce qui constitue une véritable voie d’accès de la langue arabe aux autres pays de l’Europe, par l’intermédiaire de Cordoue, brillante capitale intellectuelle, où se pressent savants, scientifiques et philosophes.
Une autre voie d’emprunt des mots arabes en langue française fut celle des échanges commerciaux et culturels autour du bassin méditerranéen, avec une présence très influente et dynamique des artisans et commerçants arabes.
Ensuite, l’indépendance de l’Algérie et le rapatriement des pieds-noirs en France intégreront au langage courant un vocabulaire correspondant à certaines habitudes nostalgiques venues dans leurs bagages.
Tajine, méchoui, merguez, harissa,…
A partir des années 1970, les vagues importantes d’immigration en provenance d’Afrique du nord contribuèrent elles aussi à ancrer un certain nombre de vocables dans la langue française. Plus tard, aidées d’un catalyseur inattendu : le rap.
Un héritage enrichissant
Ainsi, sans le savoir, les locuteurs francophones utilisent quotidiennement des mots arabes, c’est là l’héritage d’une histoire intime et ancienne entre le français et l’arabe.
En 2018 en France, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale avait déchaîné les passions et les crispations en proposant d’intégrer l’apprentissage de l’arabe dans les programmes scolaires. Un tollé des partis de droite et d’extrême droite avait coupé court à cette idée.
Un positionnement idéologique qui ne pourra pas occulter définitivement un fait : l’arabe fait déjà partie de la langue française, et ces deux langues riches et vivantes ont une histoire ancienne et commune.
Depuis le 7 octobre dernier, avec l’attaque du Hamas en Israël et la riposte israélienne sur la bande de Gaza, le conflit israélo-palestinien est sur toutes les lèvres. L’émotion est vive surtout au sein des communautés musulmanes qui soutiennent la cause palestinienne depuis des décennies. À Bruxelles, dimanche dernier 40 000 personnes se sont rassemblées pour appeler à un cessez-le-feu et marquer leur soutien aux Palestiniens. Mais au-delà de l’émotion, la question de l’après-guerre se pose.
Al Jazeera en fond sonore et qui tourne en boucle, les réseaux sociaux et les comptes de nombreuses personnalités palestiniennes telles que Motaz Azaiza (journaliste palestinien), Eye on Palestine (bloqué par Instagram) ou encore Sadaqa pour Gaza, constituent désormais les nouveaux médias de ceux qui ne veulent plus suivre le compte rendu des médias occidentaux qui n’ont d’ailleurs pas l’autorisation d’entrer à Gaza. Et les images qui tournent sur ces réseaux sont insoutenables, les corps d’enfants, de femmes et d’hommes sont filmés de manière brute et ne peuvent laisser indifférent. L’émotion face à l’injustice nous gagne tous et face à notre impuissance, des mouvements de mobilisation sont nés.
Boycott et désinvestissement
C’est devenu un rituel, l’appel au boycott fait son retour à chaque guerre contre la Palestine. Les produits israéliens et américains sont visés, notamment Coca Cola, Starbucks, ou encore Mac Donald’s. D’autres appels à n’effectuer aucun achat afin d’impacter l’économie ont aussi été relayés. Mais si l’inaction n’a rien de bon et le sentiment d’impuissance est totalement compréhensible, ces actions semblent pourtant éphémères. Lorsque la guerre prendra fin, les appels au boycott ne seront pas entendus et ces produits referont leur apparition sur nos tables… Pourtant, il est de notre devoir de ne pas oublier les Palestiniens et leur combat face à l’injustice dont ils sont victimes.
Devoir de mémoire
Nous ne pouvons qu’être admiratif face à la résilience des Palestiniens devant tant d’atrocités. Leur patrie coule dans leurs veines, une force qui les pousse à se dresser fièrement contre cette injustice. Ils ne cessent de faire entendre leur voix couverte par les bombardements pour nous rappeler leur lutte. Notre devoir aujourd’hui est de la transmettre : à nos enfants, dans les écoles, créer des associations, œuvrer pour qu’après la guerre, car il y aura bien un « après », leur combat ne sera pas enseveli sous les décombres…
Le 7 octobre 2023 marque un point important, voire historique en Israël. Le Hamas a attaqué son voisin causant de nombreux morts et faisant par la même occasions de nombreux otages. Le monde retient son souffle, Israël attaqué et c’est le monde qui se divise entre les supporters de la cause palestinienne et ceux qui légitiment le droit d’Israël à se défendre par tous les moyens…Cette opération inédite du Hamas sur plusieurs cibles entourant la bande de Gaza a changé la donne sur le plan humanitaire et géopolitique. Analyse.
L’hypocrisie politique en occident et la divergence en Orient
De Berlin à Bruxelles, en passant par Washington, Londres ou Paris, le discours est identique. Pour ne prendre qu’un échantillon des dires des gouvernements occidentaux, tous condamnent « les attaques terroristes contre Israël et sa population »[1], mais à aucun moment, ils ne parlent de la situation des Palestiniens qui sont privés de leurs terres, de leur liberté de mouvement, des milliers de prisonniers politiques, du blocus qui affame le peuple de Gaza, et la liste s’allonge. Les grands de ce monde légitiment le « droit de se défendre pour Israël » mais aucunement ce droit n’est attribué au peuple de Palestine. Un discours de deux poids deux mesures !
Pourtant, Israël a été condamné par Amnesty Internationale[2] ( et d’autres groupes d’ONG[3] ) sur ces méthodes et pressions inhumaine affligées depuis des décennies au peuple palestinien. Ces organismes dénoncent Israël, en tant que « colonisateur », d’appliquer des lois criminelles de l’apartheid[4]. Celui-ci mène une politique d’accroissement de ses colonies au détriment des droits et lois internationales les plus fondamentales et sous couvert du silence des gouvernements occidentaux. [5] Quant au monde arabe, les réactions sont multiples : les Émirats arabes unis étaient neutres, Abu Dhabi s’était contenté d’appeler au calme, la monarchie du Golfe s’est dite « consternée » par la prise d’otage de civils israéliens. Une position sur laquelle s’est d’ailleurs aligné le royaume de Bahreïn[6]. Mais comment sommes-nous arrivés à cette situation ?
Un devoir de vérité sur l’Histoire de la Palestine[7]
Photo Le Monde diplomatique
Située au Proche-Orient, la Palestine est un passage terrestre entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique : un « couloir » pour les invasions. Une terre conquise successivement par les Égyptiens, les Philistins (qui ont donné le nom à la Palestine), puis les hébreux ( qui vont rentrer rapidement en guerre contre les Philistins). Suivrons les Babyloniens, les Macédoniens d’Alexandre le grand, les Romains, les Perses, les Arabes, les Ottomans. Et au 20ème siècle les Britanniques, qui ouvrent la voie d’un retour du peuple juif. Un lieu de passage pour les peuples mais aussi, une terre sainte, une terre des prophètes des trois grandes religions monothéistes.
Depuis des générations, les nombreuses luttes entre juifs et arabes pour la domination de la Terre Sainte ont causé beaucoup de souffrance au Moyen-Orient. On affirme souvent que la crise a débuté avec l’immigration juive en Palestine et la création de l’État d’Israël. Pourtant, le conflit a pris racine bien avant, avec le double jeu des Britanniques durant la première guerre mondiale. C’est une Histoire d’intrigues entre empires rivaux, de stratégies erronées, de promesses contradictoires et de trahisons envers les Arabes et les Juifs, ouvrant la succession de bain de sang qui a scellé le sort de cette terre.
Quelques grandes dates :
-1917-1948. Les Français, les Russes et les Anglais avaient secrètement prévu de morceler l’empire Ottoman afin d’équilibrer leurs visées coloniales durant la première guerre mondiale. Les graines ont été semées : les Britanniques avaient promis l’indépendance aux Arabes d’une part et une patrie aux juifs d’autre part. Sous puissance britannique, la Palestine devient l’outil des impérialistes utilisés selon leurs intérêts personnels de domination dans l’échiquier mondial[8]. Dès la fin du 19iéme siècle, les Juifs sont établis un peu partout en Europe et majoritairement en Russie. Peu à peu, le mouvement sioniste[9] s’affirme. En effet, le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères adresse une lettre ouverte au Lord Lionel Walter Rothschild[10], personnalité de la communauté juive britannique et un des précurseurs du mouvement sioniste européen, qui rêve du retour de son peuple sur la Terre Promise. la Déclaration Balfour est signée. Elle prévoit l’établissement d’un « foyer national pour le peuple juif » ; première étape d’un processus de colonisation qui ne s’arrêtera plus et mène à la voie de la création de l’Etat d’Israël[11].
-1948-1967. La seconde guerre mondiale a fortement affaibli l’Angleterre, elle ne peut plus s’occuper de ses colonies indiennes et palestiniennes. Et ce sont les Etats-Unis qui vont reprendre le mandat de la Palestine à l’ONU, sous la présidence de Henry Truman. Il va conduire à la création d’Israël en 1948[12]. Les grandes puissances soutiennent cette idée d’élaborer un plan de partage qui comprendra un État juif et un État arabe. 15 mai 1948 est la date où toutes les troupes britanniques quittent la Palestine. Et pendant ce temps, le pays connaît successivement des attentats, des émeutes qui font monter la tension entre les communautés. Le plan de partage est donc adopté et déclenche immédiatement une guerre civile dans le pays. Le 14 mai 1948, David Ben Gourion[13] déclare l’Indépendance de l’Etat d’Israël à Tel-Aviv lors d’un congrès sioniste. Fort de leur indépendance, ce mouvement gouvernemental accélère le processus de colonisation. Ainsi, les Palestiniens vont tout perdre : maison, terre, emploi, vie. L’exode du peuple palestinien prend de l’ampleur sous la pression militaire de l’État d’Israël. C’est le début de la Naqba, qui signifie la catastrophe. La Ligue Arabe ( Egypte, Liban, Syrie, Irak et Jordanie) attaque sur plusieurs fronts Israël. La mauvaise coordination des Arabes va donner des opportunités au camp adverse pour franchir des territoires et ainsi les occuper. Les tactiques de guerres des Israéliens prennent le dessus sur les troupes arabes. Malgré des cessez-le-feu, l’état Israël s’impose sur les terres et étend ses colonisations.
-1967-1995. Les tensions se cristallisent face à la discrimination, à l’occupation, à la dispersion du peuple et à une forte conscience nationale incarnée par l’OLP[14]. L’Europe, quant à elle occulte la société palestinienne, jusqu’à ce que survienne l’invasion du Liban en 1982, la première Intifada en 1987, la guerre du Golfe en 1991 et le déclenchement du « processus de paix » avec la Conférence de Madrid. Et d’autres voies pour la paix vont se succéder.
La stratégie du mouvement sioniste a permis d’organiser le « transfert », par la violence et l’intimidation, d’une population arabe plutôt pacifique, sans défense, abandonnée de tous. L’Histoire nous apprend à mieux comprendre la situation d’aujourd’hui. Normalement, elle nous apprend aussi à tirer les leçons du « plus jamais ça ». Mais les idéologies perfides des intérêts politiques prennent le dessus et sont le résultat de cette catastrophe humaine sans nom. Il est clair que les perdants de cette tragédie sont et seront toujours les peuples …
« Les choses étant ce qu’elles sont, la réalité palestinienne d’aujourd’hui, d’hier et très vraisemblablement de demain, s’est construite sur un acte de résistance à ce nouveau colonialisme étranger. »[15]
Najoua
[1] Article sur le site De la-croix.com, publié le 7 octobre 2023 sous le titre : « attaque du Hamas contre Israël : les condamnations internationales se multiplient ».
[2] Sur le site amnesty.be, le rapport écrit sous le titre « Israël et territoires palestiniens occupés – rapport annuel 2022 ». le rapport peut être téléchargé sur le site amnesty.org. article du 2 mai 2023 sous le titre « Apartheid automatisé-comment la reconnaissance faciale fragmente, ségrégue et contrôle la population palestinienne dans les territoires occupés par Israël ».
[3] Association Euro Palestine dont la fondatrice Olivia Zemor milite depuis plus de 20 ans pour la libération du peuple palestinien, Le Front populaire de libération de la Palestine ( FPLP), l’organisation Health Work Committees, etc.
[4] Régime de ségrégation systématique d’une partie de la population qui ne dispose pas des mêmes droits. Ce mot a pris naissance en Afrique du Sud en 1913 entre les populations blanches et noires.
[5] Le journaliste, Michel Collon, fondateur du site Investigaction.be, auteur de plusieurs ouvrages : « Israël, parlons-en ! » , « La stratégie du chaos », « La gauche et la guerre » aux éditions investig’action. Pour en savoir plus : l’auteur a aussi traduit un ouvrage de Edward Herman et Noam Chomsky : « Fabriquer un consentement ».
[6] Pour en savoir plus : documentaire sur la chaine Histoire sous le titre « Palestine, promesses et trahisons ». ce documentaire historique nous plonge dans les sources de conflit israélo-palestinien, le jeu diplomatique ambigu des britanniques pendant la première guerre mondiale aurait favorisé l’émergence d’un climat explosif en Palestine. Un autre documentaire sur la chaine Histoire de Simon Bitton décrit la vie de 1880 à 1950 « Palestine : histoire d’une terre ».
[7] Article Jeuneafrique.com du 9 octobre 2023 « Guerre Israël-Hamas ». article sur le grandcontinent.eu du 12 oct. 2023 « les pays arabes et musulmans dans la guerre de Soukkot »[1] Pour en savoir plus : Livre de Ilan Pappé, « Le nettoyage ethnique de la Palestine ». Edition Fayard. Livre de Henry Laurens, « La question de Palestine » Tome 4. Edition Fayard. Vidéo : Histoire de la Palestine depuis la Bible/ Le dessous des Cartes ( 2001) sur la chaine Youtube Fab Cévennes / His-Geo-EMC-HGGSP /lycée
[8] Pour en savoir plus : documentaire sur la chaine Histoire sous le titre « Palestine, promesses et trahisons ». Ce documentaire historique nous plonge dans les sources de conflit israélo-palestinien, le jeu diplomatique ambigu des britanniques pendant la première guerre mondiale aurait favorisé l’émergence d’un climat explosif en Palestine. Un autre documentaire sur la chaine Histoire de Simon Bitton décrit la vie de 1880 à 1950 « Palestine : histoire d’une terre ».
[9] Doctrine et mouvement politique dont le but est la construction, la consolidation et la défense d’un Etat juif en Palestine. Il est appelé ainsi en référence à la colline de Sion de Jérusalem où fut érigée la citadelle de David.
[10] Britannique, homme politique, banquier ( 1868-1937)
[11] Pour en savoir plus : Edward W. Said, « La question de Palestine ». Edition Sindbad. Et « Comment le terrorisme a créé Israël » de Thomas Suarez. Edition InvestigAction.
[12] Documentaire sur le site VIDOC-Documentaires complets en français. Sous le titre « La création d’Israël, quand le monde bascule » posté le 10 octobre 2023.
[13] Homme d’état israélien, il est le fondateur de l’état d’Israël, dont il proclame l’indépendance le 14 mai 1948. Il fut premier ministre jusqu’en 1963.
[14] Organisation de Libération de la Palestine a été créé à Jérusalem en 1964, à l’inauguration de la Ligue des Etats Arabes. Elle prend son indépendance à partir de la guerre des 6 jours en 1967 et Yasser Arafat devient le président du comité exécutif en 1969.[1] Edward W.Said, « La question de Palestine ». Edition Sindbad.
[15]Edward W.Said, « La question de Palestine ». Edition Sindbad.
Dans la chaîne du Haut Atlas, le Maroc a connu un évènement malheureux. Plus de 3000 morts et plus de 5000 blessés sont les chiffres des victimes de la catastrophe. Un séisme ressenti dans la nuit du 8 septembre à 23h11 heure locale, avec des fréquences sismiques allant de 6,8 à 7,2 sur l’échelle de Richter dans la province d’Al Haouz, à quelques kilomètres au sud-ouest de Marrakech. D’innombrables maisons de villages s’effondrent en enterrant vivant ceux qui s’y trouvaient. Certains des habitants complètement abasourdis face à cette désolation, nous ont donné une grande leçon de vie.
A des milliers de kilomètres de là, Gaza se retrouve, une nouvelle fois, sous les bombes israéliennes, entraînant un lourd bilan en termes de vies humaines et de dommages matériels. Des images dans tous les médias parlent d’elles-mêmes et nous font découvrir ces bouts de vies, brisées, meurtries par ce massacre continue devant le silence assourdissant de la communauté internationale. Et pourtant, devant cette ampleur de désastre, se révèle une force « oubliée ». Dans le flot d’informations médiatiques, les êtres humains font face à cette tragédie et font preuve de beaucoup de courage et de résilience. Comment surmonter cette épreuve ? Comment se reconstruire après un évènement traumatisant ?
Un séisme ressenti dans la nuit du 8 septembre à 23h11 heure locale, avec des fréquences sismiques allant de 6,8 à 7,2 sur l’échelle de Richter dans la province d’Al Haouz, à quelques kilomètres au sud-ouest de Marrakech.
Apprendre à encaisser, se relever après le pire, à gérer « l’impensable », à aller de l’avant tout en acceptant ce qui c’est produit : c’est ce qu’on appelle être dans un processus de résilience.
A l’origine, la résilience est une caractéristique qui indique la résistance aux chocs d’un matériau. C’est dans les années 1950, que des psychologues américains s’intéressent à ce concept en étudiant la façon dont les enfants se reconstruisent après une enfance difficile.
En France, c’est le neuropsychiatre Boris Cyrulnik[1] qui popularise ce concept. Il la définit ainsi : « c’est la reprise d’un nouveau développement après une agonie psychique traumatique »[2]. En clair, c’est la capacité de trouver la force en soi pour rebondir après un revers, un choc, une épreuve ou un traumatisme. Car les expériences effrayantes font exploser nos défenses et repères.
Boris Cyrulnik[3] nous explique , à travers ses nombreux ouvrages sur ce processus de résilience, que lorsque les gens font face à des situations auxquelles il n’y a pas d’alternative, ils font preuve, habituellement, de beaucoup de courage.
La résilience n’est pas une aptitude unique. C’est un ensemble de compétences et de mécanismes d’adaptation. C’est comme si nous possédions des ressources de forces invisibles que nous n’utilisons jamais. Nous ne savons même pas que nous les possédons, car nous n’en avons pas besoin. C’est seulement une sorte « d’immunité » de notre système qui lorsqu’elle est sollicitée, nos ressources intérieures remontent à la surface. Il est vrai, précise-t-il que face à un traumatisme, tous ne déclenche pas un processus de résilience. En effet, Boris Cyrulnik explique que ce qui traumatise c’est la signification qu’on attribue à l’évènement ou le regard qu’on lui porte. Étant un processus dynamique et d’adaptation, il existe plusieurs formes de résilience. Il est compliqué de savoir quels sont les facteurs qui déclenchent la résilience car il y a des facteurs biologiques, psychologiques, sociaux et culturels qui interviennent.
Nous ne sommes pas tous égaux face à ce processus. Avoir la faculté de s’adapter aux événements, continuer à aller de l’avant malgré l’épreuve sont le fruit de 2 clés de la résilience : le sens et le soutien.
– Le sens. C’est-à-dire notre compréhension de la situation, l’histoire qu’on se raconte. Le sens est le moyen par lequel nous, les humains, pouvons transformer nos mémoires. Dans un cerveau sain qui évolue, les souvenirs se transforment de manière à percevoir autrement ce qui s’est passé. Cela ne veut pas dire qu’on l’aura détourné, mais plutôt la signification de l’évènement aura simplement évolué.
– Le soutien. C’est-à-dire la capacité à faire face à son souvenir traumatique (et non à l’occulter) en créant une connexion à un autre qui est bienveillant. Lors d’une épreuve difficile, il est donc important de s’entourer de personnes bienveillantes. Cependant, le cerveau d’une personne isolée fonctionne différemment : il interprète tout avec une saveur de malheur. En bref, pour nous développer, nous avons besoin des autres.
La façon dont nous définissons le courage est subjective. Depuis ces moments terribles que le Maroc a vécu, la majorité des villageois ont fait preuve d’une force incroyable. La même force incroyable dont font preuve les Palestiniens depuis des décennies et qui continuent d’être animés par cette même passion pour la vie et leur terre. Les images sont insoutenables et l’émotion est vive comme celle de ce vieil homme de 7O ans qui a enterré 27 membres de sa famille et qui, cependant, réussit à se lever tous les matins, à se montrer reconnaissant envers Dieu, respectueux envers les autres, et à trouver des choses à apprécier même si la journée dans le campement provisoire où il est installé, peut s’avérer très difficile. Il est la représentation de ce qui définit la résilience, à l’image de notre prophète Mohammad ( Paix et salutations sur lui).
﷽ Ce n’est qu’en commençant par le ﷽ , que les mots peuvent naître et éclosent cet amour voué à notre bien-aimé Prophète Muhammadﷺ.
Lui, le plus merveilleux des êtres créés, Lui qui a illuminé toute l’humanité Lui qui a éclairé les cœurs, même ceux des plus sinistrés, Lui qui a dessiné les sourires sur les visages des affligés Lui qui au premier regard, laisse autrui paralysé par son doux parfum et son être parfait pour lequel on donnerait tout pour être à ses côtés.
Le Tout Miséricordieux l’a choisi pour embellir les poitrines Celles qui ont compris, ont tissé avec lui, un lien exceptionnel et sublime. A l’image de la lune entourée par les étoiles éparpillées, A celle de l’horizon qui s’aligne avec le coucher A celle des nuages qui voguent dans le ciel, sans être agitées A celle d’un mont qui s’humilie face à Celui qui l’a créé A celle d’un océan dont les vagues se lèvent pour acclamer sa pureté A celle de la plus belle rose implantée au milieu des prairies, et qui ne pourra jamais se faner.
La réalité, est qu’aucune parité humaine ne lui est attribuée, car il est le meilleur, il est celui qui s’est distingué, il est celui qui est mentionné à côté de Notre Majesté.
Quand sa personne est évoquée, chaque molécule de notre être est en effervescence et vient jaillir un sentiment qui nous pousse à mieux connaître sa brillance.
Allah, tu as destiné aux compagnons, ces élites qui ont soutenu et défendu Ton protégé, à vivre ces moments miraculés. Toi, Notre Protecteur, ne nous prive pas de le voir et d’être de ses alliés. Le jour où chaque âme convoitera que son appartenance soit liée à sa communauté, celle qui a été édifiée pour rentrer au Paradis et cela pour l’éternité.
Ô Prophète que la salât et le Salam d’Allah, Le Tout Miséricordieux, Le Tout Puissant, Le Clément soient sur toi , sur ta famille, sur tes compagnons.
Nous ne t’avons pas vu durant la période où tu as sacrifié, combattu, sorti les gens de l’obscurité pour qu’ils soient illuminés, et sans nous avoir connus, tu as pensé à veiller et à prier Al Rahman, que nous soyons parmi les sauvés. Oumati oumati, Ya Allah quelle pensée perlée !
Aujourd’hui, Allah nous permet de rédiger un mot pour exprimer combien nous t’aimons, nous demandons que Notre Créateur nous unisse pour enfin te serrer, nos yeux seront noyés de larmes à la vue de ta beauté, te dire de vive voix et que tu puisses entendre de nous : Mohamed , tu es notre bien-aimé Prophète Muhammadﷺ, tu es notre Prophète, nous croyons en toi, nous suivions tes pas et Allah nous a guidés par la voie du Livre Al Coran,récité par ta magnifique voix, toi le qualifier de nour du nour , la plus parfaite des fois.
Notre bonheur réside à ce que Notre Seigneur octroie, nous de simples voyageurs, quand viendra notre heure, nous prononceront les paroles لا إله إلا الله محمد رسول الله, Il n’y a de divinité exceptée celle d’Allah et que Mohamed est Son Messager.
Ceux qui viendront nous questionner dans notre tombe, nous puissions répondre : « Il est le Prophète et le Messager d’Allah, notre bien-aimé, avec qui nous espérons être alignés à ses côtés, le rang plus élevé, le rang le plus édifié. Amin