Ramadhan… Nous y voilà !

À l’orée de ce mois béni, nous entrons dans un combat intérieur où l’âme cherche à s’élever, le cœur à se purifier, et l’esprit à se recentrer sur l’essentiel. 

Chaque aube enseigne la patience, chaque crépuscule invite à la gratitude. Noble invité du temps, témoin du miracle descendu sur terre il y a 1459 ans, tu es plus qu’un mois : une lumière, une parenthèse sacrée où le monde s’apaise et où les âmes s’épurent. Pont entre la terre et le ciel, souffle divin, tu rappelles la grandeur du Créateur et la noblesse de Son message.

Et nous voilà, pèlerins de cette quête spirituelle, prêts à accueillir tes bienfaits, à dépasser nos faiblesses, à renaître plus forts et plus proches du Divin.

Que nos cœurs s’ouvrent à toi, que nos âmes se laissent façonner par ta lumière.
Ta visite annuelle est un souffle de miséricorde.

En toi réside une force silencieuse, un écho du divin qui anime nos cœurs et ravive notre foi. Tu es l’instant suspendu où le monde ralentit pour que l’âme s’élève, où l’intelligence s’agenouille devant la sagesse divine.

Ceux qu’Allah a choisi goûteront à ton essence en lisant le Livre sacré que tu as vu descendre, au cœur de la région du Hadjaz. Béni sois notre bien-aimé prophète, Muhammad ibn Abdallah ibn Abd al-Muttalib ibn Hashim (sws) qui a sacrifié sa vie pour nous préserver du mal.

Ces derniers jours, ton nom « Ramadhan » résonne dans ma communauté. Joie, admiration, nostalgie… Tu es une vague d’émotions, une ascension spirituelle, un défi d’amour, de générosité et de dépassement de soi. Tes heures filent, témoins de nos efforts et de nos remises en question. Entre l’aube et le crépuscule, tu offres à chacun un miroir où se reflète l’âme en quête de son Seigneur.

Ramadhan, que ton passage nous transforme et fasse de nous des êtres de lumière, prêts à accueillir l’infini amour du Très-Haut. Ton arrivée m’enveloppe d’une paix indicible, teintée d’une mélancolie douce et profonde.

C’est étrange… Aujourd’hui, mes pensées s’élèvent vers mes proches disparus et ces âmes chères qui ont quitté ce monde : notre bien-aimé prophète, ses compagnons, nos prédécesseurs qui ont combattu au nom de l’islam, mon père, mon frère, mes aïeux, mes sœurs et frères en Islam. Leur absence est une présence subtile, un écho dans le silence, une empreinte gravée au creux de mon cœur. Je me dis qu’ils ne sont pas partis… qu’ils ont simplement changé de demeure. Leurs paroles résonnent encore en moi, certains de leurs gestes se perpétuent à travers mes actes. Sans eux, sans leur amour et leur sagesse, je ne serais sans doute pas celle qui écrit ces mots aujourd’hui. Je me dis que j’ai une opportunité immense, bien au-delà de ce que mon esprit peut saisir, de pouvoir te rencontrer une année de plus, ya Ramadhan. Quelle bénédiction infinie, quelle chance inouïe ! Que dire de plus, sinon : « Al hamdouliLah ! »

Tu ravives en moi la certitude que rien ne se perd et que chaque graine semée dans le bien porte ses fruits au-delà du temps. Nos aînés ont transmis des flammèches de lumière qui continuent d’illuminer nos cœurs. Que ce soit une lettre du Coran ou une histoire enseignée, un conseil murmuré, un sourire offert, tout demeure inscrit, conservé précieusement par le Tout Miséricordieux.

Quelle douce espérance que de savoir qu’au jour du Jugement, ces âmes bien-aimées récolteront les fruits de ce qu’elles ont planté. Qu’Allah, dans Son infinie bonté, nous accorde Sa clémence et fasse de nos prières un baume pour notre éternité. Car si la séparation est une épreuve, la promesse de se retrouver au-delà des étoiles est une consolation ineffable.

Ramadhan, rappel que tout est passage sauf l’Amour du Très-Haut…
Toi qu’Allah a sublimé par Ses bienfaits, je t’accueille avec humilité et ferveur. Si Dieu me le permet, je vivrai chacune de tes heures comme une opportunité d’élévation.

Sois mon hôte, installe-toi dans ma demeure, éclaire mes nuits durant la récitation des paroles sacrées et mes jours de ta patience. Ensemble, faisons de chaque instant une aumône, de chaque silence une invocation, de chaque lecture du Coran un voyage vers l’infini.

Que mes lèvres s’abreuvent des versets du Très Haut, que mon cœur se nourrisse de Sa sagesse, que mes pas se dirigent vers ce qui L’agrée. Sois ce miroir où je contemple l’âme que je veux devenir, ce vent qui éparpille mes fautes et ce feu qui ravive ma foi.

Bienvenu à toi Ramadhan, bienvenu dans le cheminement de ma foi, noble invité du Très-Haut.

F.E.

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