La solidarité, l’ADN de l’être humain

Humanité, neutralité, impartialité, autonomie sont les 4 principes fondamentaux de l’action humanitaire. Ces valeurs internationales répondent aux souffrances humaines partout où elles se manifestent, en prêtant une attention particulière aux populations les plus vulnérables. Ainsi, l’aide humanitaire ne favorise aucun camp lors de conflits armés. Elle doit être octroyée sur la seule base des besoins, sans aucune discrimination culturelle, religieuse ou ethnique. De plus, leurs finalités doivent être détachées des objectifs économiques, militaires ou autres. En effet, aucune influence politique, stratégique n’entache leurs actions. Ce besoin d’agir face à une multiplication de crises humanitaires, sanitaires fait partie de notre conscience en tant qu’être humain. Alors, l’action humanitaire est-elle la solution à tous les problèmes du monde ? L’humanitaire, nouvel acteur politique de son temps ?

Objectif : la dignité humaine

Guerres, exodes, catastrophes climatiques, famines sont observées depuis plusieurs années. Le monde actuel vit une transition dans le sens large du terme : énergétique, écologique, numérique, financière, démographique ( vagues de réfugiés économiques, climatiques, politiques). Et l’humanitaire vit dans cette complexité géopolitique à laquelle il faut répondre aux besoins, en s’adaptant aux contraintes des pays d’intervention. À travers le monde, les communautés religieuses et associatives s’empressent d’aider les plus démunis et ceux qui sont en détresse financière : une forme d’altruisme qui élève notre humanité. La multiplication des associations et des ONG est une preuve évidente du besoin d’aide dans le monde car il reste tant à accomplir. L’Homme est donc, source d’action et de soutien aux pauvres et aux faibles. Quelques fois, les actions de solidarité sont fortement limitées sur le plan géopolitique (les astreintes naturelles et climatiques, les embargos, les contraintes volontaires de l’acheminement de l’aide par des barrages militaires et par une politique « génocidaire »). En effet, cette dimension politique freine l’action humanitaire ; ce qui rend complexe leurs champs d’action. Sur le terrain, les acteurs humanitaires sont en première ligne ; c’est pourquoi ils aspirent et militent pour une forme d’immunité politique afin de ne plus être impactés par les conflits et contraintes gouvernementales. Leur démarche est une forme de politique, mais humanitaire car ils n’ont aucunement une approche d’appartenir à un parti. « Les acteurs humanitaires ont bien une responsabilité sociale et politique, celle d’alerter sur des situations de crise et de confronter les autorités politiques à leurs responsabilités vis-à-vis des populations les plus vulnérables. » Mais pour cela, il faut des partenaires convaincus et responsables. De plus, ce sont les États qui sont juridiquement garants de la sauvegarde de toutes les ressources caritatives (humaines, logistiques) sur le terrain d’intervention.

Gaza, séisme humanitaire

Veiller à acheminer jusqu’aux populations affectées par les crises, les aides nécessaires et prioritaires, souvent dans un environnement politique et sécuritaire complexe, est une tradition universelle à tout organisme. Cependant, en Palestine, le ton change et la situation reflète l’impuissance d’intervention sur le terrain. Pourtant les besoins là-bas dépassent l’entendement. En effet, les contraintes logistiques d’aide sur place prennent une tournure inhumaine concernant la bande de Gaza. Plus d’un mois après la décision de la Cour Internationale de Justice (CIJ), Israël ne permet pas l’entrée d’une aide suffisante dans la ville et ne s’est pas conformé aux ordonnances de mesures minimales, à savoir l’aide humanitaire vitale et les services élémentaires d’assistance aux populations sensibles. « L’ampleur et la gravité de la catastrophe humanitaire causée par les bombardements incessants, les destructions et le siège étouffant mis en place par Israël, exposent plus de 2 millions de Palestiniens de Gaza à des préjudices irréparables. » Les images de cette catastrophe humanitaire nous parviennent des réseaux numériques. Des scènes de chaos où les convois terrestres ont été attaqués par les forces israéliennes et pillés par des civils palestiniens désespérés. C’est pourquoi, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) décide d’envoyer l’aide par voie aérienne. Initialement utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale pour ravitailler les troupes isolées sur le terrain, les parachutages sont devenus un outil apprêté pour l’acheminement de l’aide. Ils ont été servis pour la première fois par les Nations Unies (ONU) en 1977. Cependant, ils sont considérés comme le « dernier recours » lorsque les options efficaces échouent.
Entrer à Gaza, c’est entrer dans une zone de guerre dans laquelle les bombardements et les tirs sont incessants. Les humanitaires exposent leurs vies pour mener à bien leur mission afin de livrer l’aide vitale à la population, et sont impactés par les atrocités des offensives. Leur posture est un défi de détermination et de courage.

L’humanitaire est interpellé dans sa conscience, dans son éthique et dans ces valeurs (citées en début d’article) face à Gaza. D’abord, par une situation qui continue de se nécroser humainement sur le terrain et surtout par l’échec cuisant de l’international (ONG, ONU, CIJ, PAM, OXFAM, AMNESTY INTERNATIONAL, UNICEF, …). « Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître et c’est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres. »

Najoua

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