La plus noble conquête de l’homme

« La plus noble conquête de l’homme » désigne le cheval. Il est, de tous les animaux, celui qui a sans doute le plus influencé l’histoire et les progrès de l’humanité.

Dès l’Antiquité, le cheval a été domestiqué par l’homme qui l’utilise dans de nombreuses activités : agriculture, transport, nourriture, guerre et sport. La domestication du cheval a permis le développement du commerce et la naissance de civilisations sur de grandes étendues. Un vaste vocabulaire spécialisé s’est développé pour décrire les concepts liés au cheval : leurs races, leurs comportements, leurs morphologies, leurs locomotions et leurs élevages. Des métiers sont liés à leurs entretiens, à leurs commerces et à leurs activités sportives. C’est à travers les arts islamiques, que nous découvrons cette passion du cheval équestre.

La petite histoire du cheval en Arabie

Les tribus désertiques de la péninsule arabique, les Bédouins ont élevé une race de cheval particulière : le pur-sang arabe. Cette race a accompagné l’expansion de l’Islam et a gagné d’autres régions à l’occasion de guerres et d’échanges commerciaux. Dans ces conditions désertiques difficiles, le cheval arabe a évolué avec sa grande capacité pulmonaire et son incroyable endurance.

Pur-sang arabe domestiqué par les bédouins préislamiques[2]

Le climat rigoureux a obligé les nomades à partager la nourriture et l’eau, et parfois même leurs tentes avec leurs chevaux. Ainsi, ils ont développé une affinité étroite avec l’animal.

Au fil des siècles, les tribus bédouines ont maintenu avec zèle la pureté de la race. En raison de leurs ressources limitées, les pratiques d’élevage étaient extrêmement sélectives. De telles pratiques, qui ont finalement aidé le cheval à devenir une possession prisée dans le monde entier, ont conduit à la belle race athlétique que nous connaissons aujourd’hui, qui est marquée par un profil en courbes distinctif : de grands yeux lustrés et larges sur un front large, des petites oreilles courbées et des grandes narines.

En arabe, le terme « Furûsiyya » désigne les disciplines scientifiques et techniques se rapportant au cheval dans son sens général. Forgé dès la seconde moitié du VIIIème siècle sous le règne des califes abbassides, ce vocable recouvre l’équitation et le dressage, l’hippologie, l’art vétérinaire, la technologie militaire, la formation du cavalier et du fantassin, la chasse et les sports d’adresse. A ces pratiques s’ajoute un code de vertus chevaleresques. Cet ensemble témoigne de la passion que les Arabes nourrissent pour le cheval depuis l’Antiquité.

« L’air du Paradis est celui qui souffle entre les oreilles d’un cheval. » d’après une sagesse arabe.

De plus on retrouve des représentations de chevaux et de cavaliers qui foisonnent dans les manuscrits et les miniatures, mais aussi sur les céramiques, les métaux, les textiles. Ces figurations, dans lesquelles le harnachement du cheval et l’équipement du cavalier sont détaillés avec soin, transcrivent une réalité qui dépasse la nécessité fonctionnelle pour faire de ces éléments des chefs d’œuvres de l’art décoratif. Les essais et les commentaires d’œuvres rédigés par des historiens, des historiens de l’art, des conservateurs de musées et de bibliothèques apportent un éclairage nouveau et riche sur la relation de l’homme avec sa « plus belle conquête ».

Manuscrit d’hippiatrie arabe daté de 1670, vraisemblablement d’origine égyptienne, détaillant les noms des parties du corps du cheval[3]

De nos jours, le cheval est utilisé principalement pour le loisir et le sport (sauf dans certaines régions du monde où son utilisation est restée la même : pour l’agriculture et le transport. Mais, de nouvelles utilisations ont vu le jour en Europe ces dernières années : la police à cheval, le ramassage de bois (débardage) et l’équithérapie.

L’éveil relationnel par le cheval

Ambre Guerbouz[1] est une jeune femme qui a, dès son plus jeune âge, eu une grande histoire d’amour avec le cheval. Ses parents ont pu l’inscrire en poney club, et ainsi assouvir sa passion. Mais, cela ne s’est pas passé comme elle l’espérait :

« Au poney club, ça ne sait pas bien passé parce que j’arrivais et le cheval était déjà tout prêt, sellé, brossé. C’était vraiment une « usine à poney ». La séance se déroulait ainsi : on monte, on descend et on rentre. Ce n’était pas du tout ce que je recherchais, le relationnel avec le cheval n’existait pas. »

Après cette expérience difficile, Ambre s’inscrit dans une ASBL à Virginal en tant que bénévole et développe son approche relationnelle avec les chevaux en s’occupant d’eux, en les nourrissant, en les brossant. Parallèlement, elle obtient tous ces diplômes (diplômée d’une école d’équitation belge).

Son désir d’avoir son propre cheval grandissait sans cesse. Et finalement, avec beaucoup de patience, Ambre est l’heureuse propriétaire d’une jument appelée India depuis 8 ans.

Le projet de Ambre est d’ouvrir le monde équestre à la communauté musulmane, notamment aux femmes. En effet, le monde autour du cheval est un monde fermé et trop rigide dans ses codes vestimentaires et ses préjugés (ouvert seulement aux initiés). D’ailleurs sa conversion à l’Islam lui a valu quelques résistances face aux autres cavaliers et propriétaires qui considéraient qu’elle n’avait pas sa place dans ce monde.

Pour commencer, Ambre ouvre un groupe sur le réseau Facebook pour mettre en place son projet et ainsi se faire connaitre auprès de la communauté. Elle ne fut pas surprise de constater que la communauté musulmane a peu répondu à l’offre. Quelques curieux ou des séances pour les enfants seulement ; et peu de femmes pour elle-même. 

Répondant à leurs inquiétudes, Ambre démystifie la pratique du cheval. En effet, monter sur le cheval n’est pas une priorité, et reste à évaluer en fonction de l’avancement des cours. Ce qui est différent si le but est de faire de l’équitation sportive. Mais, c’est plutôt de la mise en confiance qu’elle travaille, et India, sa jument est docile : sa douceur, sa sensibilité est un atout pour ce genre d’exercices.

De plus, l’environnement est loin des habitats, la piste se trouve dans une nature agréable, et les codes vestimentaires ne doivent pas être un frein pour l’équicoaching. Ambre, elle-même, arrive avec sa longue robe ou un long pull et son voile.

Ambre a conscience de cette grande difficulté et espère que la communauté féminine s’ouvrira à cette approche originale pour prendre confiance et ainsi développer le potentiel en elle.

Travailler sur sa peur de l’échec, sur le regard qu’on porte à soi, sur la gestion des émotions, sur le jugement des autres, sur cette tendance à remettre les projets à demain, sur le fait de ne pas s’autoriser à penser à soi… Une forme « d’éducation positive » dont le thérapeute est un cheval…

Najoua

Pour en savoir plus:

Ambre GUERBOUZ

GSM :0486 37 28 50

                                                                                                                                  Najoua


[1] J’ai interviewé Ambre Guerbouz le mercredi 29 juin 2022.

[2] Image tirée du site Muslim-mine.com

[3]Image tirée du site wikipedia.org : le cheval oriental.

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