Le ciel est gris aujourd’hui, lourd de nuages qui déversent une pluie battante. Les gouttes, comme des messagères, frappent aux vitres, demandant la permission d’entrer. Peut-être cherchent-elles à laver nos âmes, à essuyer le tumulte de nos vies modernes.
Mais nous restons là, pris au piège de nos propres préoccupations, bousculés par les défis de la société : manifestations, oppression, injustice. Ces vents contraires nous entraînent, malgré nous, dans un tourbillon de pensées, épuisant nos corps et alourdissant nos cœurs.
Dans ce chaos, une envie inattendue surgit : celle de fuir. Partir loin, dans un désert immaculé, là où le silence règne, où rien ne presse. Vivre comme un nomade, en harmonie avec le temps, sans quête effrénée de prospérité ni d’accumulation matérielle. Là-bas, il n’y aurait rien à convoiter, rien à prouver.
Juste un désert, témoin de nuits étoilées où les scintillements rappellent l’éternité.
Ces étoiles, elles, ne luttent pas contre l’ordre naturel ; elles brillent, simplement, confiantes dans la course fixée par leur Créateur.
Et si nous étions comme ces étoiles ? Si nous acceptions que tout ce qui arrive est écrit ? Combien de nos peurs et de nos doutes s’évanouiraient si nous reconnaissions que ce qui est décrété par Allah arrivera, inéluctablement, au moment opportun ? Nous nous torturons à vouloir tout contrôler, à poser mille et une questions auxquelles nous n’avons pas toujours de réponses.
Et pourtant, il est des choses qui ne nous appartiennent pas. Certes, la vie est une lutte. Elle nous demande de l’effort, du courage et de la patience.
Mais elle n’exige pas que nous portions seuls le fardeau de l’inconnu.
Le désert, dans son immense silence, nous enseigne une leçon précieuse : celle de l’abandon.
Pas l’abandon de nos responsabilités, mais celui de nos inquiétudes, de notre attachement aux illusions du monde. Tout ce qui est en dehors de notre contrôle, nous devons le remettre entre les mains d’Allah, avec confiance.
Alors, pourquoi continuer à nous soucier outre mesure ? Pourquoi ne pas vivre avec l’humilité d’un nomade, qui marche, jour après jour, sans se soucier de ce que demain lui réserve ? Il avance, non pas parce qu’il sait ce qui l’attend, mais parce qu’il sait qu’il n’est jamais seul.
C’est la foi qui le guide, une lumière intérieure qui éclaire son chemin même dans les ténèbres.
Cette foi, c’est la certitude que son Seigneur est là, qu’Il veille et qu’Il pourvoit à tout.
Elle est l’âme de son voyage, le souffle qui anime ses pas, et la promesse qu’aucune épreuve n’est insurmontable tant qu’il marche en confiance.
Ce texte, posé là, est un souffle, une pause dans le tumulte. Une invitation à nous rappeler que la pluie qui frappe à nos vitres est aussi un rappel divin.
Une miséricorde, une promesse que même au cœur des épreuves, il y a un chemin. Le désert, avec son silence et ses étoiles, vit en chacun de nous, si nous prenons le temps de le trouver.
Et peut-être qu’au lieu de fuir, il suffit simplement de fermer les yeux et de s’abandonner à Celui qui ne nous oublie jamais…
Hana Elakrouchi