Élever nos cœurs en ce jour de Arafat

En ce jour béni de Arafat, l’un des plus sacrés du calendrier islamique, les cœurs des croyants battent à l’unisson dans une quête de sens, de miséricorde et de proximité avec leur Créateur. C’est un moment suspendu dans le temps, un appel silencieux à faire pause en soi, à tourner nos pensées vers Celui qui voit l’invisible, entend l’indicible et connaît l’intime.

Arafat n’est pas qu’un mont géographique mais il s’agit avant tout d’un sommet spirituel. Si les pèlerins se tiennent physiquement sur la plaine d’Arafat, enveloppés de prières et de larmes, les musulmans du monde entier peuvent s’y tenir par le cœur, par le jeûne, par l’invocation sincère, par la gratitude, par un retour sur soi et sur son chemin de vie.

Ce jour est un océan de miséricorde. Le Prophète ﷺ a dit :

« Il n’est pas de jour où Allah affranchit plus d’âmes du feu que le jour de Arafat. »
(Hadith authentique – Muslim)

Quelle promesse plus douce pour l’âme fatiguée, pour le cœur coupable, pour l’esprit égaré ? En ce jour, les portes du ciel sont grandes ouvertes. Les prières franchissent les nuages, portées par l’humilité et la sincérité. C’est un moment où rien n’est insignifiant aux yeux de Dieu : pas une larme versée en secret, pas un espoir formulé dans le silence.

Même à distance de La Mecque, chacun peut faire de ce jour un mont Arafat intérieur, une élévation de l’âme. Un retour à l’essentiel. Une réconciliation avec soi-même et avec Dieu. Une invitation à pardonner, à demander pardon, et à marcher avec foi vers ce qui élève.

Que ce jour soit pour chacun d’entre nous un tournant, une lumière dans la nuit, un souffle nouveau. Qu’il ouvre la voie à un changement durable, à une foi renouvelée, à une paix intérieure retrouvée.

H.B.

Hajj 2023 : les inscriptions sont lancées 

Depuis le 4 mai dernier, les musulmans belges peuvent réserver leur forfait pour le hajj 2023 via la plateforme en ligne Nusuk Hajj qui remplace au pied levé Motawif qui avait suscité de nombreuses critiques. Une volonté de repartir sur de nouvelles bases ? Cette année, l’Arabie saoudite a décidé de déléguer l’accompagnement des pèlerins à des guides officiels, parmi les guides retenus : l’agence bruxelloise Tawhid Travel et l’agence anversoise Trekvogel. 

C’est donc via la plateforme en ligne Nusuk Hajj que les candidats européens au pèlerinage peuvent réserver leur forfait. Des forfaits compris, pour la plupart, entre 8000 et 13500 euros. Néanmoins, un nouveau forfait a été mis en ligne durant ces dernières heures au prix de 2655 euros. Un tarif qui ne comprend que les prestations liées à Arafat, Mina et Muzdalifa. Les vols et les hôtels ne sont pas inclus dans ce tarif. Pour ce pack, c’est l’agence Tawhid Travel qui a été choisie pour accompagner les pèlerins qui auront sélectionné ce forfait lors de leur inscription sur Nusuk. Pour ce qui est des autres forfaits, ils comprennent la réservation des billets d’avion, les logements (y compris la restauration) ainsi que la désignation d’un guide touristique qui se chargera des pèlerins tout au long du séjour. Des guides accrédités par les autorités saoudiennes. 

Nusuk Hajj remplace Motawif

Nusuk est la seule plateforme approuvée par le ministère saoudien du Hajj et de la Omra pour l’organisation du Hajj 2023 pour l’Europe, les Etats-Unis et le Canada. Si officiellement, il s’agit de faciliter le hajj pour les pèlerins de ces pays, officieusement, il s’agirait pour l’Arabie saoudite de mettre la main totalement sur cette manne financière que représente le hajj qui rapporte chaque année des milliards d’euros au royaume. L’Arabie saoudite tente donc de diversifier ses revenus puisque les entrées liées au pétrole ne sont pas suffisantes. 

Nusuk Hajj propose des forfaits compris, pour la plupart, entre 8000 et 13500 euros.

Des guides rémunérés par la plateforme

Le forfait comprend également la rémunération des guides reconnus par Nusuk. Une rémunération assez importante selon le professeur Shaqeel Siddiq qui a publié une vidéo en ligne sur le sujet. « Ils proposent de payer les guides généreusement afin qu’ils s’occupent de la gestion d’un groupe de minimum 45 pèlerins. Les autorités saoudiennes ont constaté que l’an dernier l’organisation du hajj sans les agences de voyage a été très compliquée, ils se sont tirés une balle dans le pied. Ils devaient gérer les Européens individuellement, ce qui a été très difficile. Ils ont regretté amèrement et ont donc décidé de changer leur stratégie. » 

Premières inscriptions et premières polémiques

En France, plusieurs ont dénoncé les agissements de certaines agences de voyage qui demandent aux pèlerins de payer un acompte compris entre 500 et 1000 euros pour les frais d’accompagnement des pèlerins. Or les guides sont déjà rémunérés par la plateforme Nusuk. Beaucoup y voient de l’abus voire de la tromperie et n’ont pas hésité à le dénoncer, c’est le cas du site al kanz.org : «  Faudrait-il payer aussi en plus les hôtels qui, comme les guides, sont déjà inclus dans le forfait ? » questionne le fondateur du site. 

En 2022, la Mecque a ouvert ses portes à près de 900 000 pèlerins, une baisse de 64 % comparée à 2019, dernière année avant la fermeture des frontières en raison de la pandémie de covid. Outre les quotas imposés par le royaume saoudien, le lancement de la plateforme en ligne Motawif a découragé de nombreux pèlerins à tenter l’expérience qui semblait plus que risquée.