Quand les mots s’arrêtent, l’art commence

Si l’être humain est un « être de raison », l’Histoire nous montre cruellement que la raison seule ne suffit pas à arrêter la violence. Quand les mots ne suffisent plus, l’art prend le relais. Car il ne s’adresse pas seulement à l’intellect, mais à ce qui nous relie en tant qu’humain : notre pureté, notre nature humaine. Autrement dit, l’art, comme outil de sensibilisation, utilise un langage qui précède la parole et la logique. Il s’adresse à l’enfant qui est encore en nous et à « l’animal social » que nous sommes. En nous faisant ressentir la vulnérabilité absolue, il nous rappelle que, dépouillés de nos titres, de nos opinions et de nos richesses, nous ne sommes que des êtres de lien, dont la survie dépend de la compassion des autres…

Le film-documentaire La voix d’Hind Rajab de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, retrace les derniers instants de vie de Hind, fillette palestinienne de 6 ans, bloquée dans une voiture sous les tirs israéliens ; et qui implore les secouristes du Croissant-Rouge de venir la chercher. Le film ne se contente pas de retracer un fait divers tragique, mais il s’élève en un véritable traité d’humanité face à l’horreur enragée. 

La raison explique, l’image implique 

Au-delà du triomphe cinématographique, La voix de Hind Rajab, en transformant le dernier souffle d’une enfant en un cri universel, nous rappelle que la fonction première de l’art, dans ses heures les plus sombres, restaure la dignité là où elle a été bafouée.

Les mots comme « tragédie », « massacre », « génocide » finissent par s’user. A force, ils deviennent des concepts abstraits, sans substance. Le film brise cette anesthésie. Là où le mot « mort » est une donnée chiffrée, l’image et le son de la voix de Hind sont une expérience. Le film ne nous informe pas, il nous fait ressentir ! Là où la raison traite les masses, l’art quant à lui traite de l’individu. Parce que la raison humaine est parfois aveugle à sa propre cruauté ; et celui-ci est fait pour nous forcer le regard, et non pas pour passer à côté. Car il ne s’adresse pas à l’homme qui calcule, mais à l’homme qui ressent, pour lui rappeler que sa raison est vaine si elle perd son cœur. 

Dans les drames humains lors d’un génocide ou d’une guerre, les victimes ne sont que des chiffres froids. Dans le film, on sort de l’anonymat. Ce sont les véritables enregistrements audio de Hind. On redonne une identité et un corps à la tragédie. Derrière, chaque unité statistique se cache une voix, des rêves, des espoirs, et une peur viscérale. La voix de Hind devient la voix collective des sans-voix, forçant le spectateur à sortir de l’indifférence. C’est ainsi que la question de la responsabilité morale interpelle notre conscience collective. Un miroir ! Nous sommes face à un miroir très inconfortable, qui nous renvoi à notre propre questionnement : comment une civilisation moderne peut-elle laisser un enfant implorer sa survie sans intervenir ? Pourquoi, après tant de lanceurs d’alerte, les opinions n’arrivent plus à se mobiliser et à faire pression sur les gouvernements pour stopper cette escalade inhumaine ?  

L’empathie seul ne suffit pas. Elle doit être accompagné d’une exigence de justice, loin des grands discours humanistes. Ainsi, en immortalisant les derniers instants de Hind, le film transforme un événement éphémère en une mémoire universelle impérissable. L’art, une arme contre l’oubli ! La vérité, une fois mise en lumière par l’art, devient impossible à nier. C’est la victoire du récit humain sur le silence imposé par la violence. 

Si le film a reçu des ovations historiques dans les festivals du monde, il nous rappelle avec humilité que la reconnaissance artistique n’a de sens que si elle éveille les consciences et appelle à une action concrète. L’espoir est porté par le courage de Hind et la détermination de l’équipe du Croissant Rouge. Un espoir combatif qui refuse la fatalité ! Un appel vibrant à protéger la part la plus fragile de notre humanité !

Le silence, un personnage à part entière

Là où les médias cherchent le choc et le bruit, le silence est utilisé pour s’extraire du flux incessant des informations télévisés et numériques, afin d’imposer une pause. Pas de consommation rapide de la tragédie ! Ce rythme lent, rend à Hind son statut d’être humain unique, et non plus une archive statistique. En filmant des paysages ou des objets dans un silence total, la réalisatrice matérialise le vide laissé par la fillette. Ainsi, ce silence devient la « voix » de ce qui a été effacé, brisé à jamais ; où l’irréparable a été franchi. Nous sommes devenu les témoins de l’existence de Hind : le silence comme une présence de l’absente.

Remarquons également que celui-ci après un cri ou un bruit violent permet au spectateur de réaliser l’ampleur du drame[1]. A l’image d’une caisse de résonance, le cerveau rejoue la scène et le message vocal de Hind tourne en boucle dans l’esprit. Ce n’est pas un silence passif, mais actif qui prolonge l’existence de la voix disparue.

Tout au long du film, notre attention devient extrême, au point qu’on se met à traquer le moindre souffle, le moindre craquement dans les enregistrements téléphoniques. Nos oreilles deviennent des sonar à la recherche d’une trace de vie. Nous sommes suspendu à sa voix avec force. Et cette douloureuse intimité avec Hind nous renvoi à notre propre impuissance face à l’impensable. 

Le contraste entre les cris de détresse au téléphone, la voix brisée des secouristes et les long silences de la mise en scène crée une œuvre qui ne laisse aucun échappatoire au spectateur. Cet absence de son symbolise la tragédie. La posture du spectateur se limite alors à absorber l’horreur de ce qu’il vient d’entendre, transformant l’écoute en un acte de témoignage forcé. En coupant le son, la cinéaste appuie sur l’impuissance du langage face à l’horreur. Ce qui est arrivé à la fillette est si atroce que seul le mutisme de la caméra peut en rendre compte sans trahir.

L’aspect cinématographique, à travers l’usage du silence, apporte au film une atmosphère pesante, lourde, comme une preuve à charge. A l’image de l’indifférence mondiale, la réalisatrice crée une tension insupportable qui suggère que se taire, c’est laisser le crime se commettre. Il souligne l’inaction et le vide laissé par ceux qui auraient dû intervenir.

Cependant, dans d’autres séquences, le silence change de nature pour incarner le respect et la pudeur. Ce dépouillement volontaire refuse de manipuler le spectateur par des artifices émotionnels. En choisissant de ne pas saturer l’espace par une musique mélodramatique, la réalisatrice protège la dignité de Hind. L’image, captée dans sa nudité, se suffit à elle-même. Elle devient un espace de recueillement où le mutisme n’est plus une absence de voix, mais un hommage au sacré de la vie brisée.   

Et, pour finir, le film utilise le silence pour dilater le temps. Alors que l’actualité défile, il fige l’instant du drame, nous obligeant à rester dans la voiture avec elle, à ne pas passer à autre chose, comme si on ne voulait pas partir.

Pour conclure, La voix de Hind Rajab s’inscrit comme une œuvre cinématographique poignante qui transcende le simple récit réel, d’un fait divers. Nous sommes en immersion totale aux cotés de Hind et des autres personnages du fim. C’est à travers une mise en scène très intimiste, un montage épuré, des silences pesants et un rythme volontairement lent, ponctué d’arrêts sur image, que le film parvient à transformer la tragédie en symbole universel. 

En dépassant le stade du simple divertissement, l’art remplit ici sa fonction essentielle : il pénètre notre monde intérieur, atteint le cœur du spectateur et le confronte à l’inexprimable. Ce film engagé restaure la dignité humaine tout en rendant un hommage vibrant à la persévérance face à l’oppression. 

Comme un écho douloureux, « La voix de Hind, c’est Gaza qui appelle à l’aide.»[2]

Najoua


[1] Tiré d’un article du site www.lafilm.edu « Chut…comment le silence au cinéma est l’arme secrète derrières des scènes inoubliables ».

[2] Phrase de Kaouther ben Hania, lors de son interview du 26 novembre 2025 dans le magazine Amnesty International. www.amnesty.fr/actualites/la-voix-de-hind-rajab-cest-gaza-qui-appelle-a-l-aide-entretien-avec-kaouther-ben-hania

Jamais sans mes fils, le combat d’une mère pour revoir ses enfants

Le 20 juillet 2017… c’est la dernière fois que Naziha Mahmoudi voit ses enfants Nohe et Ibrahim, date à laquelle elle les envoie en vacances à Dubaï chez leur père. Un voyage sans retour, leur père décidera de ne jamais les laisser rentrer. 1695 jours… soit quatre ans et demi de souffrance, de larmes, de combat pour que justice lui soit rendue ainsi qu’à ses enfants.

Naziha Mahmoudi n’a que 19 ans lorsqu’elle rencontre celui qui deviendra bien plus tard son mari, Youssef. « A cette époque-là, je ne me voyais pas me marier aussi jeune, donc nos chemins se sont séparés. Quatre ans plus tard, nous sommes amenés à nous recroiser lors d’évènements associatifs et nous nous marions à la fin de l’année 2005. L’année suivante, il ouvre un restaurant et il fait la connaissance d’un chef qui lui parle de Dubaï. » Très vite, Youssef désire tenter l’aventure dans ce nouvel eldorado, mais de manière assez précipitée. « A ce moment-là, je n’ai absolument pas l’envie de partir m’exiler à l’étranger. Je suis en fin de grossesse de mon premier fils, Nohe. Un an auparavant, j’avais fait une fausse couche qui a été assez éprouvante psychologiquement et je vivais cette nouvelle grossesse dans l’angoisse la plus totale. Mon fils naît finalement en bonne santé le 11 février 2009. En mai, Youssef décide de partir à Dubaï pour 20 jours, mais il ne reviendra finalement jamais… mon fils est alors âgé de 3 mois, et il est hospitalisé. Donc la dernière chose dont j’ai envie à ce moment-là, c’est de tenter l’aventure à l’étranger. Il souffre du syndrome d’apnées obstructives du nourrisson et de reflux. Chaque jour, j’ai la peur au ventre qu’il parte d’une mort subite du nourrisson, il restera sous monitoring jusqu’à ses 6 mois. Mes débuts d’expatriée sont donc ponctués d’allers-retours entre Bruxelles et Dubaï. Lorsque je reviens à Bruxelles, j’entends parler de dettes qu’il aurait laissées derrière lui, notamment plusieurs fournisseurs de son restaurant, je comprends très vite les raisons de son insistance pour partir à Dubaï, son départ était une sorte de fuite. »

La dernière fois que leur mère les voit, Nohe et Ibrahim sont âgés de 8 et 6 ans

Une nouvelle vie démarre

Quelques mois plus tard et à contrecœur, Naziha le rejoint pour de bon. « C’était véritablement une déchirure pour moi, cela m’a été imposé. Vivre à Dubaï n’était clairement pas mon choix… Il est parti pour un court séjour mais il n’est pas revenu,  j’ai dû gérer un appartement seule, régler toutes les démarches avant de pouvoir quitter la Belgique définitivement. J’ai laissé derrière moi mes parents âgés et ma maman avec beaucoup de problèmes de santé, ainsi que toute ma famille et mes amies, tous mes repères. Une fois sur place, la solitude rythmait mon quotidien. Je sortais très peu et passais mes journées à m’occuper de mon bébé. Cela a duré au moins deux, trois années, avant de pouvoir m’habituer à cette nouvelle vie. Youssef passe lui énormément de temps à lancer ses affaires, je le vois de moins en moins au point de ne plus le croiser que deux à trois heures dans la semaine… mes 3 dernières années à Dubaï, il quitte carrément le domicile conjugal et dort « au bureau », d’après ses dires. »

Tant bien que mal, Naziha se concentre sur l’éducation de ses enfants sur qui elle reporte toute son attention et son énergie. Son deuxième fils Ibrahim naît le 25 juillet 2011. « Il a refusé que j’accouche à Bruxelles, je donne donc naissance à Ibrahim à Dubaï seule, sans ma famille, heureusement ma belle-mère viendra m’épauler pendant un mois. »

En décembre 2016, Youssef lui fait part de son envie de partir « quelques jours » au Maroc. « C’est comme si le même scénario recommençait : il me dit qu’il part pour 20 jours qui se transformeront en 6 mois… Je me retrouve seule à Dubaï à devoir tout gérer et je me sens dans une totale insécurité parce que j’apprends qu’on le recherche de nouveau pour une histoire de dettes. J’ai très peur des représailles sur mes enfants ou moi, je me sens complètement livrée à moi-même. Parallèlement, je n’ai que très peu de nouvelles de lui, il m’appelle à raison d’une fois par mois et je ne comprends absolument pas ce qui se passe. Au bout de 4 mois, en avril 2017, il désire revoir ses enfants, je le rejoins donc au Maroc 2 semaines, et je me rends compte qu’il loge dans un hôtel 5 étoiles et qu’il ne se prive de rien, les vacances sont magnifiques… et il fait comprendre aux enfants que la vie au Maroc est superbe, mais je m’oppose à cette idée ; une fois mais pas deux. Je ne veux pas qu’il laisse des gens lésés derrière lui dans chaque pays où il met les pieds et à chaque fois fuir ses responsabilités. » Naziha rentre à Dubaï, les enfants reprennent le chemin de l’école mais elle reste sans nouvelles de Youssef pendant plus d’un mois. Il finira par rentrer à Dubaï mi-mai, sans prévenir, soit au bout de 6 longs mois d’absence. « Et là, la coupe est pleine, j’ai vécu cette longue absence sans aucune explication de sa part, j’entends qu’il a de gros problèmes avec plusieurs personnes, notamment ses employés, on ne partage plus aucun principe, ni valeur et je parle de divorce. A ce moment-là, il comprend ma position et propose qu’on fasse cela à l’amiable. Nous nous projetons pour la suite et parlons même d’inscrire les enfants à l’Ecole Européenne de Bruxelles. Il décide de partir pour l’Arabie Saoudite, et moi je rentre à Bruxelles avec mes enfants. Il me donne le numéro d’une avocate pour la procédure de divorce à l’amiable, mais dans mon malheur, ce sont les vacances judiciaires, je n’ai donc aucun rendez-vous avec cette avocate avant le mois de septembre. Il insiste en me demandant de lui envoyer les enfants pendant un mois, du 20 juillet au 28 août 2017. Il m’envoie déjà un colis à Bruxelles avec des cadeaux et vêtements qu’ils devront porter le jour de l’Aïd à Bruxelles qui était prévu cette année-là le 1er septembre. Il y a également dans le colis l’acte de naissance d’Ibrahim pour que je puisse faire toutes mes démarches administratives à Bruxelles. Il me rassure sur plusieurs points et finalement, j’accepte, car pour moi, même si un couple décide de divorcer, aucun des parents n’a le droit de priver l’autre de voir ses enfants. »


Depuis 8 mois, Naziha est sans nouvelles de ses deux fils

Un départ sans retour

Naziha n’est pas totalement rassurée, elle ne préfère pas les envoyer tant qu’aucun cadre juridique n’est défini mais le père de ses enfants lui promet qu’ils seront de retour très vite, un billet d’avion aller/retour est même réservé. « Le 20 juillet 2017, ils prennent donc le vol et ce sera la dernière fois que je les verrai. Ibrahim, mon petit dernier, a fait une crise de larmes à l’aéroport et refusait de partir. Mais n’ayant qu’une parole, j’ai dû le laisser partir dans cet état, en respectant ma promesse vis-à-vis de leur père. Au début, je les ai au téléphone tous les jours. Leur père m’envoie même des photos des enfants avec des manteaux, des bonnets parce qu’il désire leur acheter, tout ce qu’il faut pour leur prochain hiver en Belgique, afin de m’alléger les frais… Il me promet qu’il fera tout pour qu’on soit bien. Que même si nous n’avons pas réussi notre mariage, il fera tout pour que nos enfants soient heureux, qu’on le fera ensemble main dans la main, afin qu’ils soient préservés psychologiquement… mais c’était un leurre, il souhaitait m’amadouer pour que je ne me doute pas un seul instant de ce qu’il tramait. A quelques jours de leur retour, il prétexte que les enfants doivent subir une opération des dents pour repousser de deux jours la date du retour. J’accepte parce que deux jours, cela me semble raisonnable. Mais la veille de l’opération, je n’arrive pas à les joindre. Le jour J, non plus. Sans nouvelles, j’appelle le cabinet dentaire à Dubaï qui m’informe que les enfants ont été reçus en consultation mais qu’aucune opération n’est prévue… A ce moment-là, je comprends que je ne les reverrai plus et j’ai le sentiment de tomber du haut d’un immeuble… c’est le trou noir, la violence du choc est terrible, c’est comme si on m’arrachait le cœur… »

Le début d’un long combat

Très vite, Naziha porte plainte pour enlèvement d’enfants. Un premier jugement statue en sa faveur et lui donne la garde exclusive et l’hébergement des enfants en Belgique. « Après l’annonce du verdict belge, de son côté, il saisit aussi les tribunaux émiratis en prétextant un  abandon d’enfants et obtient lui aussi la garde et la répudiation, sans qu’aucun droit à la défense ne m’ait été octroyé. Mon avocate et moi n’apprendront cela que bien plus tard, aucun recours en appel n’a donc pu être introduit. Mais internationalement, c’est le jugement de la première juridiction saisie qui compte, c’est donc le jugement en ma faveur qui prime. Malheureusement, Dubaï n’a pas ratifié la Convention de La Haye, qui aurait permis très vite le retour des enfants. De plus, les juridictions émiraties n’ont fait aucune enquête sociale pour vérifier ses dires et voir si j’étais ou non encore sur le territoire et ont donc supposé que je refusais de me rendre à la convocation. Très vite, il demande aussi une interdiction de sortie du territoire des enfants sans son autorisation et celle-ci lui est accordée. » Aujourd’hui, quatre ans et demi plus tard et après de nombreuses audiences, dont les jugements sont tous en sa faveur, Naziha n’a toujours pas pu revoir ses enfants. Quatre ans et demi sans voir leur visage, sans les toucher, sans les voir grandir… « Près de 20 audiences qui le condamnent toutes. Un mandat d’arrêt international a été émis le 11/09/2018. Il a, à chaque fois, fait appel des décisions de justice qui rallonge la procédure. Aujourd’hui, la dernière étape, c’est la Chambre des Mises en Accusations qui décidera ou non du renvoi de l’affaire en correctionnel. Si c’est le cas et qu’il est déclaré coupable, il risque une lourde peine de prison et Dubaï devra alors appliquer le jugement belge. »

Cette année 2022 est la dernière que je veux passer sans eux, cela n’a que trop duré, leur absence est chaque jour plus insupportable

Naziha Mahmoudi

La dernière année sans eux

Mais l’audience a été reportée trois fois déjà… « C’est très dur physiquement et émotionnellement, ce sont à chaque fois des déceptions qu’il faut surmonter. Mais cette année, j’ai décidé de médiatiser mon histoire pour peut-être essayer de débloquer la situation, pour qu’on puisse m’indiquer des personnes clés qui pourraient m’aider à me défendre à Dubaï et à faire au moins valoir mon droit de visite là-bas, avant d’autres étapes. Cette année 2022 sera aussi la dernière année que je veux passer sans voir mes enfants, leur absence n’a que trop duré, elle devient chaque jour de plus en plus insupportable et il faut que cela cesse. Mon seul souhait est qu’ils ne soient pas trop impactés psychologiquement, que mon absence et toutes les conséquences qui en ont découlé ne les affecteront pas plus tard dans leur vie d’adulte. » Nohe et Ibrahim sont aujourd’hui âgés respectivement de 13 ans et 11 ans. « Ils ont besoin de leur maman.  Je les ai quittés enfant, aujourd’hui ils entrent dans l’adolescence… D’avoir perdu définitivement autant de moments précieux de leur vie m’est insupportable, mais je garde espoir que cette année sera l’année des retrouvailles !»

H.B.