« On ne peut pas changer les gens, on peut juste leur montrer un chemin puis leur donner envie de l’emprunter »

Cette phrase est extraite du roman de Laurent Gounelle: « Les Dieux voyagent toujours incognito ». Ce roman s’inscrit dans la mouvance du développement personnel dont l’auteur nous livre les secrets à travers une aventure hors du commun, celle d’Alan Grenmor. Ce jeune personnage, qui pense avoir raté sa vie, décide d’en finir avec son existence et s’apprête à sauter de la Tour Eiffel lorsqu’un inconnu le convainc de faire marche arrière. Il lui propose un pacte : lui sauver la vie en échange de son engagement à faire tout ce qu’il lui demandera.

Ce roman bien ficelé nous tient en haleine et explore avec finesse les tréfonds de l’âme humaine. Il met en évidence deux personnalités diamétralement opposées : Alan, jeune homme manquant cruellement de confiance en lui et spectateur de sa vie face à Igor, personnage charismatique et haut en couleurs.

Ce « petit traité de psychologie » où s’entremêlent introspection, affirmation de soi et relations sociales, fera le bonheur de ceux et celles qui ont un sens aigu des rapports humains.

Toutefois, une réflexion sous-jacente est à mener quant à la toute-puissance des théories du développement personnel qui abondent dans le paysage littéraire et médiatique ces dernières années. Le culte de la performance tant prônée par cette idéologie ne se fait-il pas parfois au détriment de l’Autre ? S’affirmer, dépasser ses peurs, prendre sa vie en main, améliorer ses compétences pour se sentir mieux professionnellement et personnellement… oui, mais à quel prix ? Qu’en est-il de ces techniques de management qui ne sont rien d’autre que des techniques de manipulation qui visent à obtenir quelque chose de son prochain ?  Reste au lecteur le choix de cueillir les plus belles fleurs du développement personnel…

Parsemés de réflexions philosophiques, les livres de Laurent Gounelle ont cette particularité de laisser le lecteur songeur et comme je l’ai déjà dit, de dessiner un sourire délicat au coin des lèvres une fois la dernière page tournée…

L.M.