Ah, le mythe tenace d’un islam oppressant pour les femmes… Alors qu’en réalité, l’islam, dès ses origines, les a élevées au rang de figures essentielles dans la société. Conseillères, cheffes d’armée, gardiennes de savoirs et enseignantes : les femmes musulmanes des premiers siècles ont marqué l’Histoire bien au-delà de ce que l’on ose parfois imaginer. Petit voyage dans un passé glorieux qui ferait pâlir de jalousie bien des “modernes”.
Khadija : entrepreneuse, stratège et conseillère de génie
On commence par Khadija bint Khuwaylid, première épouse du prophète Mohamed ﷺ. Pas une femme ordinaire, mais une entrepreneuse prospère à la tête d’une caravane commerciale. Imaginez une “CEO” avant l’heure, mais sans le parachute doré.
Khadija n’a pas seulement financé la mission prophétique avec ses richesses. Elle a été la première croyante et, surtout, une conseillère avisée pour son époux. Lorsque le prophète Mohamed ﷺ, bouleversé par la première révélation, rentra tremblant à la maison, c’est Khadija qui l’apaisa, analysa la situation et l’encouragea à poursuivre sa mission. Pas mal pour quelqu’un qui, selon certains clichés, serait “soumise”.
« On a douze siècles d’avance, ça va aller mais merci pour votre sollicitude. »
Aïcha : érudite, médecin et cheffe d’armée
Aïcha bint Abu Bakr, l’une des épouses du Prophète, est une autre figure incontournable. À la fois politicienne, enseignante et pionnière en médecine, son influence s’étendait sur plusieurs générations.
La médecine prophétique
Réputée comme l’une des plus grandes expertes de la médecine prophétique, Aïcha maîtrisait l’art des traitements naturels et des remèdes. Les compagnons du prophète Mohamed ﷺ la surnommaient d’ailleurs “la meilleure des médecins”, et pas pour la flatter. Ses connaissances n’étaient pas théoriques : elle soignait, diagnostiquait et transmettait son savoir avec une précision remarquable.
Cheffe d’armée et politicienne
Si vous pensez que les femmes en politique, c’est une nouveauté, revoyez vos classiques. Aïcha a dirigé une armée lors de la célèbre bataille du Chameau. Stratège, éloquente et charismatique, elle a marqué son temps comme une cheffe politique redoutable.
Enseignante et érudite
Avec pas moins de 2 210 hadiths rapportés et une expertise reconnue en théologie, jurisprudence et exégèse, Aïcha était aussi une enseignante respectée. Des hommes et des femmes venaient de loin pour étudier auprès d’elle. Et pendant ce temps-là, en Europe ? Les femmes étaient toujours interdites d’université…
Hafsa : gardienne de la parole divine
Hafsa bint Umar, fille du deuxième calife Omar et épouse du Prophète, n’a pas eu qu’un rôle symbolique dans l’histoire de l’islam. Sa plus grande mission ? Devenir la gardienne du Coran.
Après la compilation du texte sacré sous Abu Bakr, c’est Hafsa qui fut choisie pour conserver la version originale du manuscrit. Pourquoi elle ? Parce qu’elle était reconnue pour sa piété, son intelligence et sa fiabilité. Plus tard, cette copie servira de base pour la standardisation du Coran sous le califat d’Othman. En résumé : sans Hafsa, pas de Coran tel qu’on le connaît aujourd’hui.
Hafsa incarne aussi la confiance et le respect que l’islam accorde aux femmes compétentes. Gardienne de la parole divine : il faut avouer que ça claque comme titre de poste.
Nussaiba bint Ka’ab, une soldate résiliente
Nussaiba bint Ka’ab, aussi connue sous le nom d’Umm ‘Ammarah, est une figure emblématique de l’histoire islamique, reconnue pour son courage exceptionnel et sa foi inébranlable. Elle participa à plusieurs batailles majeures, dont Uhud, Hunayn et Yamamah. Lors de la bataille de Yamamah, elle subit de nombreuses blessures, y compris la perte de son bras, tout en poursuivant son vœu de se venger de Musaylima l’Imposteur, qui avait torturé et tué son fils, Habib. Avec son fils Abdullah, elle joua un rôle dans la mise à mort de Musaylima.
Après cette bataille, Nussaiba retourna à Médine, où elle vécut ses dernières années. Elle est décédée durant le califat de Umar ibn al-Khattab, qui la tenait en haute estime pour ses sacrifices et son dévouement. Il veilla à ce qu’elle soit honorée et qu’elle reçoive des récompenses à la hauteur de ses actions héroïques.
Nussaiba reste un exemple éclatant de foi, de bravoure et de dévouement, et son histoire continue d’inspirer les générations musulmanes comme symbole de justice et de résilience
Elle est citée pour ses contributions dans les cercles de savoir et pour son courage dans des missions diplomatiques et sociales.
Les droits économiques et sociaux : quand l’islam devance son temps
On parle souvent de l’émancipation économique comme d’une lutte récente. Sauf que, sous le califat d’Omar ibn al-Khattab, on avait déjà tout compris :
- Prime de naissance pour chaque nouveau-né.
- Allocation d’allaitement, versée aux mères pour soutenir l’éducation des nourrissons.
- Allocations familiales, bien avant que l’Europe n’y pense au XXᵉ siècle.
Cerise sur le gâteau : dans l’islam, la femme conserve intégralement ses biens et ses revenus. Elle n’a aucune obligation financière envers sa famille, contrairement au mari qui doit tout assurer. Même les dépenses pour les enfants sont sa responsabilité. Madame peut choisir de travailler, mais elle n’est pas obligée. Alors, c’est qui le progressiste ici ?
Comparaison avec l’Occident : une avancée de plusieurs siècles
Pendant que le monde musulman valorisait déjà les contributions des femmes, l’Occident avait encore du mal à se décider :
- Éducation : Les filles en Occident n’ont eu accès à l’école qu’à partir du XIXᵉ siècle. Dans l’islam, hommes et femmes avaient l’obligation d’apprendre dès le VIIᵉ.
- Vote et politique : Les musulmanes participaient activement à la vie publique dès les débuts de l’islam. En France, les femmes n’ont obtenu le droit de vote qu’en… 1944.
- Protection sociale : Les allocations familiales ? Inventées sous Omar ibn al-Khattab, pendant que l’Europe se demandait encore si les enfants n’étaient pas juste une “main-d’œuvre miniature”.
Une vision intemporelle : quand modernité rime avec tradition
L’histoire de l’islam regorge de figures féminines puissantes et inspirantes :
- Khadija, stratège et conseillère d’exception.
- Aïcha, cheffe d’armée, médecin et érudite.
- Hafsa, gardienne de la parole divine et femme de confiance.
- Fatima al-Fihriya, fondatrice de la plus ancienne université au monde au Maroc à Fes.
L’islam n’a pas attendu les révolutions féministes du 20ᵉ siècle pour garantir aux femmes un rôle central dans la société. “Iqra” (Lis), le tout premier mot révélé au prophète Mohamed ﷺ, n’est pas une simple directive. C’est une révolution intellectuelle, une invitation à explorer, comprendre et transmettre le savoir. Ce verset souligne l’obligation sacrée pour chaque musulman d’être un ambassadeur de la connaissance. Non seulement cela impose d’avoir une bibliothèque bien fournie — et surtout dépoussiérée —, mais aussi de partager ce savoir pour éclairer le monde.
Le prophète Mohamed ﷺ a d’ailleurs déclaré :
« La quête de la connaissance est une obligation pour tout musulman. » (Sunan Ibn Majah, Hadith 224).
Dans cette quête du savoir, le musulman ne peut jamais être dans l’inertie. La connaissance ne peut être thésaurisée. ll ne se contente pas de consommer le savoir : il le propage. Le croyant l’acquiert ou le transmet.
Dans un monde où les informations circulent à une vitesse vertigineuse, il se doit de trier, comprendre et incarner les principes qu’il apprend. L’exemple des premières figures féminines de l’islam et la place centrale de la connaissance dans cette civilisation devraient inspirer chaque génération à devenir des phares de lumière dans un océan d’ignorance.
Mesdames, lorsque vous entendrez, l’islam est en retard, redressez vos épaules, relevez le menton, souriez avec dignité et rappelez-vous ces femmes incroyables.
« On a douze siècles d’avance, ça va aller mais merci pour votre sollicitude. »
Alors, la prochaine fois que vous ouvrirez un livre, souvenez-vous : vous suivez l’ordre divin d’Iqra”. Et avec chaque mot lu, vous contribuez à faire revivre l’héritage intellectuel glorieux de l’islam. “Iqra”, et que la lumière de votre savoir illumine le monde.
Nelm