Les écoles juridiques en Islam : cultiver la pensée critique et la tolérance intellectuelle

L’islam, religion dynamique et complexe, est dotée de principes et de méthodologies pour interpréter et appliquer ses enseignements dans la vie quotidienne. Au cœur de cette dynamique se trouvent les écoles juridiques, également connues sous le nom de « madhhab ». 

Ces écoles, au nombre de quatre, ont émergé pour répondre aux défis posés par l’éloignement temporel de l’époque du Prophète Muhammad, que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui (PBDL). Aujourd’hui, elles continuent à guider les musulmans dans leur pratique religieuse. 

L’émergence des écoles Juridiques 

À mesure que l’époque du Prophète s’éloignait, la nécessité de répondre à des questions complexes devenait de plus en plus pressante. Avec la disparition des proches du Prophète (PBDL), la compréhension directe des enseignements de l’islam devenait plus difficile. C’est ainsi qu’est née la science du fiqh, l’interprétation juridique de la loi islamique. 

Les juristes spécialisés dans cette science ont formé des écoles juridiques pour systématiser les interprétations et fournir des réponses aux questions juridiques en évolution.

Principes des écoles juridiques

Les écoles juridiques se fondent sur deux sources principales : le Coran et la Sunna (les enseignements et pratiques du Prophète Muhammad (PBDL).

Ces sources fournissent des directives claires ainsi que des textes sujets à interprétation. 

Les juristes (oulémas) distinguent entre les textes indiscutables (qat‘î) et ceux sujets à interprétation (zannî), nécessitant une analyse minutieuse pour en extraire les jugements appropriés. Pour parvenir à ces jugements, les juristes utilisent différentes méthodologies, telles que l’ijtihâd (effort d’interprétation) et le qiyâs (analogie). Chaque école a ses propres principes et méthodologies, mais toutes sont ancrées dans les textes authentiques du Coran et de la Sunna.

Les quatre grandes écoles 

Les quatre principales écoles juridiques sont : hanafite, malikite, shaféite et hanbalite, fondées respectivement par Abu Hanifa, Malik ibn Anas, Al-Shafi’i et Ahmad ibn Hanbal.

Bien qu’il existe d’autres écoles moins répandues, ces quatre ont résisté à l’épreuve du temps et sont largement suivies par la majorité des musulmans sunnites.

Choix de l’école juridique 

Chaque musulman est encouragé à connaître la règle de la charia avant d’entreprendre une action. Tant que la règle est issue d’une des quatre écoles ou est soutenue par des savants reconnus, chacun est libre de suivre l’école ou la règle de son choix, sous certaines conditions. Il est essentiel de ne pas causer de division parmi les musulmans, de comprendre précisément la règle et de ne pas choisir en fonction des désirs personnels.

Opportunité d’avoir un esprit critique 

Le fait d’avoir ces quatre écoles juridiques offre une opportunité précieuse d’exercer un esprit critique et de favoriser la diversité d’opinions au sein de la communauté musulmane.

Il est primordial de respecter les différents avis et de reconnaître que l’émission d’un seul avis peut être une forme de manipulation de l’esprit, limitant ainsi l’ouverture à d’autres perspectives.

En conclusion, les écoles juridiques en Islam fournissent un cadre précieux pour l’interprétation et l’application de la loi islamique dans divers contextes. Bien que chacune ait ses propres spécificités, toutes sont ancrées dans les textes sacrés du Coran et de la Sunna. Choisir une école juridique nécessite une compréhension approfondie des principes et des conditions énoncées, mais pour la majorité des musulmans, suivre l’école dominante dans leur région peut être la solution la plus pratique. En fin de compte, la recherche de la vérité et la pratique de la religion dans le respect des principes établis par les érudits sont essentielles pour une vie musulmane épanouie.

Dis: « Si la mer était une encre [pour écrire] les paroles de mon Seigneur, certes la mer s’épuiserait avant que ne soient épuisées les paroles de mon Seigneur, quand même Nous lui apporterions son équivalent comme renfort. » (sourate la caverne v.109)

Hana Elakrouchi