Résilience, la force de rebondir 

Dans la chaîne du Haut Atlas, le Maroc a connu un évènement malheureux. Plus de 3000 morts et plus de 5000 blessés sont les chiffres des victimes de la catastrophe. Un séisme ressenti dans la nuit du 8 septembre à 23h11 heure locale, avec des fréquences sismiques allant de 6,8 à 7,2 sur l’échelle de Richter dans la province d’Al Haouz, à quelques kilomètres au sud-ouest de Marrakech. D’innombrables maisons de villages s’effondrent en enterrant vivant ceux qui s’y trouvaient. Certains des habitants complètement abasourdis face à cette désolation, nous ont donné une grande leçon de vie.

A des milliers de kilomètres de là, Gaza se retrouve, une nouvelle fois, sous les bombes israéliennes, entraînant un lourd bilan en termes de vies humaines et de dommages matériels. Des images dans tous les médias parlent d’elles-mêmes et nous font découvrir ces bouts de vies, brisées, meurtries par ce massacre continue devant le silence assourdissant de la communauté internationale. Et pourtant, devant cette ampleur de désastre, se révèle une force « oubliée ». Dans le flot d’informations médiatiques, les êtres humains font face à cette tragédie et font preuve de beaucoup de courage et de résilience. Comment surmonter cette épreuve ? Comment se reconstruire après un évènement traumatisant ? 

Un séisme ressenti dans la nuit du 8 septembre à 23h11 heure locale, avec des fréquences sismiques allant de 6,8 à 7,2 sur l’échelle de Richter dans la province d’Al Haouz, à quelques kilomètres au sud-ouest de Marrakech.

Apprendre à encaisser, se relever après le pire, à gérer « l’impensable », à aller de l’avant tout en acceptant ce qui c’est produit : c’est ce qu’on appelle être dans un processus de résilience. 

A l’origine, la résilience est une caractéristique qui indique la résistance aux chocs d’un matériau. C’est dans les années 1950, que des psychologues américains s’intéressent à ce concept en étudiant la façon dont les enfants se reconstruisent après une enfance difficile.

En France, c’est le neuropsychiatre Boris Cyrulnik[1] qui popularise ce concept. Il la définit ainsi : « c’est la reprise d’un nouveau développement après une agonie psychique traumatique »[2]. En clair, c’est la capacité de trouver la force en soi pour rebondir après un revers, un choc, une épreuve ou un traumatisme. Car les expériences effrayantes font exploser nos défenses et repères.

Boris Cyrulnik[3] nous explique , à travers ses nombreux ouvrages sur ce processus de résilience, que lorsque les gens font face à des situations auxquelles il n’y a pas d’alternative, ils font preuve, habituellement, de beaucoup de courage.

La résilience n’est pas une aptitude unique. C’est un ensemble de compétences et de mécanismes d’adaptation. C’est comme si nous possédions des ressources de forces invisibles que nous n’utilisons jamais. Nous ne savons même pas que nous les possédons, car nous n’en avons pas besoin. C’est seulement une sorte « d’immunité » de notre système qui lorsqu’elle est sollicitée, nos ressources intérieures remontent à la surface. Il est vrai, précise-t-il que face à un traumatisme, tous ne déclenche pas un processus de résilience. En effet, Boris Cyrulnik explique que ce qui traumatise c’est la signification qu’on attribue à l’évènement ou le regard qu’on lui porte. Étant un processus dynamique et d’adaptation, il existe plusieurs formes de résilience. Il est compliqué de savoir quels sont les facteurs qui déclenchent la résilience car il y a des facteurs biologiques, psychologiques, sociaux et culturels qui interviennent.

Nous ne sommes pas tous égaux face à ce processus. Avoir la faculté de s’adapter aux événements, continuer à aller de l’avant malgré l’épreuve sont le fruit de 2 clés de la résilience : le sens et le soutien.

– Le sens. C’est-à-dire notre compréhension de la situation, l’histoire qu’on se raconte. Le sens est le moyen par lequel nous, les humains, pouvons transformer nos mémoires. Dans un cerveau sain qui évolue, les souvenirs se transforment de manière à percevoir autrement ce qui s’est passé. Cela ne veut pas dire qu’on l’aura détourné, mais plutôt la signification de l’évènement aura simplement évolué.

– Le soutien. C’est-à-dire la capacité à faire face à son souvenir traumatique (et non à l’occulter) en créant une connexion à un autre qui est bienveillant. Lors d’une épreuve difficile, il est donc important de s’entourer de personnes bienveillantes. Cependant, le cerveau d’une personne isolée fonctionne différemment : il interprète tout avec une saveur de malheur. En bref, pour nous développer, nous avons besoin des autres.

La façon dont nous définissons le courage est subjective. Depuis ces moments terribles que le Maroc a vécu, la majorité des villageois ont fait preuve d’une force incroyable. La même force incroyable dont font preuve les Palestiniens depuis des décennies et qui continuent d’être animés par cette même passion pour la vie et leur terre. Les images sont insoutenables et l’émotion est vive comme celle de ce vieil homme de 7O ans qui a enterré 27 membres de sa famille et qui, cependant, réussit à se lever tous les matins, à se montrer reconnaissant envers Dieu, respectueux envers les autres, et à trouver des choses à apprécier même si la journée dans le campement provisoire où il est installé, peut s’avérer très difficile. Il est la représentation de ce qui définit la résilience, à l’image de notre prophète Mohammad ( Paix et salutations sur lui).

Najoua

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