L’inflation: l’ennemi à abattre

Le taux d’inflation dans la zone euro a battu un nouveau record en mai, à 8,1 % sur un an, a annoncé Eurostat mardi. Ces chiffres sont les plus élevés enregistrés par l’office européen de statistiques depuis le début de la publication de l’indicateur en janvier 1997.  La guerre en Ukraine entraîne avec elle une flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation qui se répercute directement sur le portefeuille des ménages. Décryptage.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, commençons par donner une définition de ce qu’est l’inflation :« L’inflation est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix accompagnée par une baisse des taux. Il s’agit d’un phénomène persistant qui fait entre autres monter l’ensemble des prix, et auquel se superposent des variations sectorielles des prix. » Ces derniers mois, l’inflation s’est constatée au niveau mondial par une hausse généralisée des prix. Les prix des matières premières augmentent mais aussi celui du pétrole. Les marchés boursiers sont baissiers et ont subi une perte de plus de 20% tant au niveau européen qu’américain.

Quel est le contexte ?

La crise Covid a été marquée par une impression massive de la monnaie par les banques centrales mondiales. Cette augmentation de la masse monétaire avait pour but de relancer l’économie mondiale qui était au ralenti voire à l’arrêt suite aux mesures strictes de confinement.  Prenons l’exemple d’un restaurant qui a dû fermer suite aux nombreux lock down.

Leurs charges fixes (loyers, coûts d’électricité, abonnements…) courraient toujours malgré que leurs revenus étaient (presque) nuls. Pour aider ces entreprises, les états ont décidé de leur octroyer des aides financières mensuelles pour éviter que ces sociétés ne ferment.

Les états empruntaient cet « argent » auprès des banques centrales dont l’une des missions est la création de masse monétaire. Ces emprunts se faisaient avec des taux d’intérêts négatifs. Ce qui veut dire qu’au terme de la date fixée du remboursement de l’emprunt, l’état remettra moins que ce qu’il a emprunté.

Mais dès l’amélioration de la situation, les gens ont commencé de nouveau à « dépenser » leur argent en consommant. Pour rester toujours dans notre exemple de restauration, la demande des consommateurs a augmenté, les restaurateurs devaient augmenter leur offre afin de répondre à cette hausse de demande, certains devaient donc engager plus de personnel ce qui a eu une répercussion sur le taux de chômage. En parallèle, les sociétés avaient plus de moyens pour investir (soit dans l’immobilier, soit dans les actions ou dans les obligations)…

En effet, la demande devenant de plus en plus forte, le taux de chômage diminue car les entreprises ont besoin d’engager pour faire face à cette demande croissante, les gens consomment, les investissements augmentent et on rentre dans une spirale telle que l’offre n’arrive pas à combler la demande.

Ainsi, on assiste à une relance économique et les marchés boursiers vont très bien ou même trop bien puisque on voit apparaître des bulles spéculatives.

À ce phénomène s’ajoute la guerre russo-ukrainienne qui a eu pour conséquence d’aggraver la situation et d’augmenter encore plus les prix des matières premières telles que le blé, l’huile ou le pétrole. Le pouvoir d’achat diminue ce qui accentue l’inflation.

Pour freiner cette croissance économique qui accentue le phénomène d’inflation, les théories plaident en faveur de mesures désinflationnistes.

L’économie mondiale est en danger et les banques centrales doivent désormais intervenir et casser cette spirale infernale en augmentant les taux d’intérêt pour désinciter à l’investissement, casser les bulles spéculatives et diminuer la consommation directe des individus.

En fait, elles doivent « réparer » ce qu’elles ont créé. Ceci explique pourquoi Jérôme Pawel, président de la Fed (la réserve fédérale américaine) revoit régulièrement les taux d’intérêt : l’objectif ultime est la désinflation.

Quel est le risque ?

Si l’inflation n’est pas cassée, on risque d’assister à une récession économique, à une baisse de l’euro ce qui est mauvais pour les exportations européennes, à des augmentations de plus en plus folles des matières premières, à des faillites de sociétés, à des faillites des états (car la charge sur leur emprunt devient trop importante et sont déclarés incapables de pouvoir rembourser leur emprunt), à une augmentation trop élevée et trop rapide du chômage, à des grèves de la faim et des manifestations de plus en plus nombreuses.

Les retraites, le salarié et les épargnants subissent totalement l’inflation

Qui sont les plus impactés ?

Les retraités, le salarié (fonctionnaire), la personne qui épargne (soit dans des livrets ou des obligations) sont les personnes qui ont une rente « fixe » et n’ont quasi aucune marge de négociation sur leur revenu. Ils subissent totalement l’inflation.

A contrario, l’indépendant peut revoir ses prix et les faire augmenter. En fait, pour lui, l’inflation est une réelle occasion de renégocier son salaire (s’il travaille en société) ou une occasion pour faire monter ses prix de vente de biens ou services.

Que faut-il donc faire ?

  • Être prudent dans ses investissements sur les marchés boursiers ;
  • Éviter d’acheter des obligations qui sont des dettes des états ;
  • Éliminer ses consommations inutiles ;
  • Rester sur le dollar tant que la BCE n’a pas pris de mesures désinflationnistes ;
  • Rester sur l’or et les matières précieuses ;
  • Éviter de laisser de gros montants (> 100 000€) sur son compte car c’est l’inflation qui se servira en premier.

Nelm

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