La propagande est un moyen utilisé pour persuader. Elle fait appel à diverses techniques bien rodées et a pour objectif d’influencer l’opinion des masses. Il peut s’agir d’amener les gens à croire en une idée, à soutenir une cause, ou tout simplement à acheter un produit. Avec la bonne méthode il est possible de créer une adhésion, un mouvement de soutien en faveur d’une position, d’une idéologie ou d’un groupe de personnes. D’orchestrer l’opinion publique et de susciter les comportements qui serviront les intérêts des propagandistes.
On ne peut parler de propagande que lorsque ces techniques sont appliquées à grande échelle, sur des masses de population. Le fait de vouloir convaincre son voisin du bien fondé de notre argumentation n’est pas considéré comme de la propagande.
Comme elle s’adresse au plus grand nombre, il lui faut des canaux de communication efficaces et rapides. Cela peut être la publicité sur divers supports, cela peut être la télévision, la radio, les réseaux sociaux et tous les médias de masse en général.
Les auteurs de la propagande ont évidemment un intérêt à manipuler ainsi la pensée des foules. Il peut s’agir d’asseoir une autorité, d’orienter les enjeux sociaux et politiques, de favoriser certaines entreprises, groupes ou personnes influentes.
Comment ça marche ?
La propagande fait appel aux émotions des gens, et non à leur raison ou leur logique.
Quand un gouvernement par exemple a un intérêt à rentrer en guerre, la propagande va consister à obtenir l’adhésion du peuple pour cette cause, car les peuples sont généralement contre la guerre. On va alors faire en sorte de titiller le sentiment patriotique des gens. A l’aide de grandes phrases et de slogans, on va réveiller chez eux le sentiment de « mère patrie », de « grandeur» et de « victoire ».
On va aussi beaucoup jouer sur la peur en brandissant des dangers exagérés voire totalement inventés. Pour exemple on peut citer les fameuses « armes de destruction massives » prétendument détenues par l’Irak. Il s’agissait en fait d’un énorme mensonge du Président Bush et de son administration. Mais il fut l’alibi de l’entrée en guerre.
On va aussi chercher à diaboliser l’ennemi et à lui attribuer tous les maux, afin de justifier des mesures politiques ou sociétales à venir.
Fréquemment , on va déshumaniser cet adversaire, afin d’enlever toute opposition de l’opinion publique. En 1994, lors du génocide au Rwanda, la Radio des Milles Collines a diffusé nuit et jour des messages de haine contre les Tutsis, qualifiés entre autres de « cafards ». Un million de Tutsis furent massacrés en quelques mois. En effet, qui se soucie des cafards ? On l’a vu plus récemment lorsqu’un ministre israélien qualifia les Palestiniens d’ « animaux humains ».
La propagande n’aime pas la nuance
Sous l’influence d’un tel message omniprésent, les individus peuvent perdre la capacité à penser de manière indépendante. Dans son livre intitulé « Propagande, la formation de l’opinion » , Jacques Ellul dit ceci : « La propagande ne se limite pas à influencer ou à persuader. Elle a le pouvoir de détruire l’individualité et la pensée critique, transformant les individus en simples réceptacles de messages prédéfinis ». Par ailleurs, la propagande n’aime ni les nuances ni la neutralité. Elle sélectionne des faits et déforme des vérités pour créer un récit qui favorise une opinion très tranchée et simpliste : c’est noir ou blanc. La propagande veille aussi à ce que les individus pensent qu’ils sont maîtres de leurs opinions. On peut donc dire que la propagande est une manipulation de la pensée et une anesthésie de toute rationalité et de tout esprit critique.
Dans le domaine du marketing, tout un arsenal de techniques sont déployées afin de susciter le désir d’acheter tel produit. Parmi elles, le « out of stock » ou le fait de mentionner qu’un article est bientôt en rupture de stock afin de pousser le consommateur à vite le commander. Ou encore d’organiser d’interminables files d’attente devant des enseignes branchées, afin que les passants se demandent ce qu’il se passe, et s’il ne sont pas en train de passer à côté d’une affaire intéressante.
La propagande est omniprésente et il est utile de s’informer sur les techniques qu’elle utilise, afin de prendre conscience de ses effets potentiels sur nous. Ne pas accepter l’information pour argent comptant, mais la questionner et chercher à la vérifier. Diversifier les sources de l’information, afin d’éviter le biais de confirmation qui se crée lorsqu’on ne lit qu’un seul type de presse, qu’on n’écoute qu’un seul groupe de médias , qu’on fréquente exclusivement les gens de son groupe social : on est constamment confortés dans nos idées et notre allégeance se renforce.
Se méfier des slogans, des généralisations, de la désignation de boucs émissaires et d’une manière générale, chercher continuellement à garder un esprit critique.
Hayat Belhaj