Dès le mois de juin prochain, le cimetière multiconfessionnel de la région bruxelloise pourrait atteindre sa capacité maximale. Cette situation inquiète fortement le Conseil Musulman de Belgique (CMB alors qu’aucune solution alternative n’a été mise en place à ce jour. Le CMB appelle à la mobilisation.
Les parcelles multiconfessionnelles du cimetière d’Evere arriveront à saturation dès le mois de juin prochain. Michael Privot, administrateur du Conseil Musulman de Belgique (CMB), tire la sonnette d’alarme : « Il est minuit moins une. Il est urgent que nos représentants communaux et régionaux prennent leurs responsabilités. Nous appelons les membres de la communauté à se mobiliser et à interpeller leurs élus pour qu’une solution viable soit trouvée.»
Une crise amplifiée par les changements post-Covid
La saturation du cimetière multiconfessionnel est à mettre en lien avec les profonds changements survenus dans les habitudes funéraires des musulmans de Belgique. Avant la pandémie de Covid-19, la majorité des défunts d’origine marocaine ou turque étaient enterrés dans leur pays d’origine. Cependant, la crise sanitaire a bouleversé cette tendance. Avec les restrictions de voyage et les difficultés logistiques engendrées par la pandémie, de nombreuses familles musulmanes ont choisi d’inhumer leurs proches en Belgique. Cette option, qui permet de réduire les coûts et de faciliter le recueillement, semble aujourd’hui s’installer durablement dans les habitudes. Les familles peuvent ainsi rendre plus fréquemment hommage à leurs proches disparus.
Une mobilisation urgente et nécessaire
Le Conseil Musulman de Belgique exhorte la communauté à agir rapidement. « Nous ne pouvons pas attendre que la situation devienne ingérable. Il est essentiel de prévoir de nouveaux espaces d’inhumation pour répondre à l’évolution des besoins de la communauté musulmane. Plusieurs pistes sont évoquées, notamment l’agrandissement des infrastructures existantes ou la création de nouveaux cimetières multiconfessionnels. Mais ces solutions nécessitent un consensus politique et des investissements rapides, autant d’éléments qui manquent pour l’instant », souligne Michael Privot. Sans solution rapide, les musulmans bruxellois n’auront pas d’autres choix d’enterrer leurs défunts en Wallonie où les parcelles sont disponibles, avec des coûts plus élevés en raison de la distance.
H.B.