Crise identitaire. Exil et résilience au pays des cendres

« Qui suis-je ? Mais qui suis-je ? » — se demande-t-elle encore.
1917 – 1920
Dates de la trahison,
Dates de la colonisation,
Par une transaction déloyale,
Entre gouvernances immorales.
Sur la Déclaration Balfour
Renifle les vautours
Lancement du mandat britannique,
Elle n’y voit que manigances cyniques.
Elle découvre les ravages de ces sombres alliances,
Dans l’injustice abyssale et la décadence.

Les accords se sont faits sans les propriétaires,
Pour nourrir la prospérité de leurs adversaires :
Brigands et pillards au pays des oliviers,
Se sustentant de la Palestine et de ses biens privés.
Au milieu du bruit, des ruines et des morts,
Le silence de la honte ronge notre sort.
« Qui suis-je ? »
« Qui suis-je ? » répéta-t-elle.
Dans ce monde de colère,
Dans ce monde de haine.

Peut-être que ces meurtriers n’ont plus d’âme,
Puisqu’ils tuent des enfants et brisent leur flamme.
Les mots lui manquent face aux exilés,
Le silence la consume face aux fusillés.
Le monde regarde ce mouroir sur leur écran,
Pendant que Gaza enterre ses descendants.
Peut-être que le diable a trouvé ses frères,
Dans ces consciences mortes, habillées de lumière.

« Au secours ! » s’écrie-t-elle : « Sauvez la justice ! »
Mais ses mots de détresse s’effacent sans artifice.
Pendant que l’ONU débat loin de l’horreur,
Les explosions des bombes imposent la terreur.
L’odeur de la mort sous les gravats se devine,
La faim assassine et la peur opprime.
Elle pensait vivre un temps d’exception,
Mais ce n’est qu’une nouvelle abomination.

1948, la Nakba s’invite,
Le silence de la honte humilient les complices.
Paix et justice ne sont-ils plus que des mirages,
Perdus dans la poussière de ce vieux carnage ?
Comment tolérer qu’à quelques kilomètres à peine,
Certains rient au soleil, d’autres hurlent leur peine ?
Comment rester sereine dans cet accablant effroi,
Quand le monde chancelle et renie ses propres lois ?

Pendant qu’à Gaza, le ciel s’embrase,
Les survivants au cœur vivant deviennent esclaves
Et même s’ils restent debout avec dignité
Elle cherche inlassablement un sens à cette humanité.

Nous sommes tous témoins, dit-elle, que les cartes ont changé,
Nous sommes tous témoins, dit-elle, de ces crimes orchestrés.
Et même si à présent certaines ethnies s’éteignent,
Les siècles ne cesseront de murmurer ce qu’elles enseignent.
Alors l’Histoire saigne,
Mais la Palestine règne.

Alors elle se confie à son Seigneur pour mieux respirer :
« Qui suis-je ? » murmure-t-elle.
« Qui suis-je dans ce chaos de façade ?
Une ombre lucide, ou une conscience malade ?
J’observe les masques et les faux-semblants,
Les regards fiers et les cœurs absents.
Suis-je ce que je défends, ou ce que j’espère ?
Suis-je une étincelle d’action, ou une ombre éphémère ?
Je ne suis qu’une âme qui médite sur ceux que l’on détruit,
Une voix qui se tient debout au milieu des cris.
Je contemple la résilience de ce peuple de foi,
Je reconnais ma faiblesse et retrouve ma voie.
Ô Toi qui tiens les mondes dans Tes mains infinies,
Je place en Toi ma foi pour ce grand défi.
Tu es notre Garant, notre Éternel Présent,
C’est en Toi que mon espoir demeurera vivant. »

E.F.

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