Petit bout de vie

Comme vous, j’ai traversé les saisons de l’insouciance, de l’ignorance, et parfois de la maladresse. Ces âges flous de la vie où l’on avance sans trop savoir, où les certitudes sont des mirages, et l’instant présent une vérité suffisante.

Comme vous, à mesure du temps qui passe, l’expérience a augmenté, la réforme intérieure s’est dessinée et la sagesse tente jour après jour de s’installer.

Il m’arrive alors de m’arrêter, de contempler le chemin parcouru. Je revois cette adolescente insouciante, chantant à tue-tête les refrains du moment, sans toujours saisir le poids des mots qu’elle répétait. À cette époque, les mélodies me touchaient plus que les messages, le rythme dominait le sens. Et pourtant… cette légèreté était peut-être nécessaire. L’ignorance m’a sans doute fait perdre un temps précieux (wa – l -‘asr, inna al-insana la fi khousr) mais elle fut aussi le terreau du changement.

Aujourd’hui, les mots résonnent autrement, avec une gravité nouvelle. Ils ne parlent plus seulement de rébellion personnelle, mais d’une résistance plus douloureuse, celle du peuple meurtri à Gaza et celle de toutes les consciences éveillées.

Paroles
“Si on t’organise une vie bien dirigée
Où tu t’oublieras vite
Si on te fait danser sur une musique sans âme
Comme un amour qu’on quitte
Si tu réalises que la vie n’est pas là
Que le matin tu te lèves
Sans savoir où tu vas…”

Résiste
Prouve que tu existes
Cherche ton bonheur partout, va,
Refuse ce monde égoïste
Résiste
Suis ton cœur qui insiste
Ce monde n’est pas le tien, viens,
Bats-toi, signe et persiste.”

Je médite sur le monde, sur nos vies bien calibrées et sur notre résistance face l’injustice et les atrocités que vivent les opprimés.
Je médite sur mes actions et sur l’impact de ma voix dans l’humanisation.
Je médite sur ma voie dans ce parcours de vie qu’Allahazzawajel a décrété.
Je médite sur la force de ma foi dans cette épreuve.
Je médite…

E. F.

Laisser un commentaire