Jacquouille : Monseigneur… Où êtes-vous ? Aaaaaah ! C’est vous ?! Vous m’avez fait peur !
Monseigneur Godefroid : Ne crie pas, Jacquouille. Je suis juste là.
Jacquouille allume une petite lampe de poche que lui a offerte Dame Ginette.
Jacquouille : Oooh Monseigneur, comme vous m’avez manqué.
Monseigneur Godefroid : Mais où sommes-nous ?
Jacquouille : Je crois que nous sommes dans un placard à archives.
Monseigneur Godefroid : Un placard à archives ? De qui, de quoi ?
Jacquouille : Regardez, c’est écrit ici :

Monseigneur Godefroid : Mais qu’est-ce que…
Jacquouille : Chut, Messire, veuillez parler moins fort. Je crois que c’est le psychiatre qui vient d’entrer avec son patient.
Le psy : Je vous en prie. Installez-vous sur le divan.
Jacquouille : Mais qui est-ce donc, Messire ?
Monseigneur Godefroid essaye de distinguer, à travers les persiennes de la porte du placard, qui est couché sur le divan.
Monseigneur Godefroid : Par Dieu tout puissant !!
Jacquouille : Qui est-ce ? Laissez-moi jeter un œil à mon tour. Aah, je l’aperçois… Il me fait ressembler à… Oh mon Dieu, c’est… c’est du lourd…
Le psy : Monsieur Méthane Yahou, comment vous sentez-vous depuis le 7 octobre ?
Jacquouille : Monseigneur, si la rédactrice ne se ressaisit pas, c’en est fini de nous… et d’elle surtout ! Mon Dieu, faites qu’elle change de personnage pour ainsi nous permettre de vivre encore d’autres aventures.
Méthane Yahou : Excusez-moi, Docteur. J’ai un appel urgent. Il me faut absolument mettre fin à la séance. Je dois aller larguer des bombes… me réjouir des enfants qui succombent… remplir des tombes…
Le psy : Qu’est-ce que vous dites ?!
Méthane Yahou : Euh… je voulais dire, je m’en vais en trombe délivrer les otages des hécatombes.
Le psy : Aaah… J’ai cru mal comprendre.
Méthane Yahou : Je reviens la semaine prochaine à Paris. Mon secrétaire prendra contact avec vous pour un autre rendez-vous. Pour cette séance, je cède ma place à une personne qui en a bien besoin.
Le psy : Très bien, M. Méthane Yahou. Je vous raccompagne.
Jacquouille : Nous sommes sauvés, Messire. Elle a été raisonnable…
Monseigneur Godefroid : Jacquouille, il nous faut trouver un moyen de sortir d’ici.
Jacquouille : Messire, voyons… Rien ne presse. Attendons de voir qui est le suivant.
Le psy : Entrez Monsieur, je vous en prie. Je suis le Docteur Jean Peuplu. Enchanté.
Le patient : Ah vous aussi, Docteur ?! Moi aussi, j’en peux plus ! Je ne sais plus où donner de la tête ! Nous sommes envahis ! Nous ne sommes plus chez nous ! Ils veulent nous remplacer mais ils ne nous auront pas ! Je me battrai corps et âme pour les en empêcher ! Ils veulent détrôner nos valeurs judéo-chrétiennes au profit des leurs ! Ils veulent éliminer la France, cette grande patrie, héritage de notre ancêtre Napoléon et de De Gaulle. Ils…
Le psy : Très bien. Vous semblez avoir beaucoup de choses à me raconter. Je vais d’abord commencer par remplir votre fiche personnelle si vous le permettez. Prenez place sur le divan. Pouvez-vous m’épeler votre nom, Monsieur ?
Le patient : Attendez-vous au grand remplacement ! C’est ce qu’ils visent !
Le psy : Je crains de ne pas vous saisir Monsieur… Dites-moi, de qui parlez-vous au juste ?
Le patient : Des Sarrasins ! Ils veulent porter l’abaya, la barbe… Nous sommes en danger ! Vous êtes en danger, Docteur !!
Le psy : Vous êtes confus… Vous parlez de nos compatriotes français de confession musulmane ?
Le patient : Compatriotes ?! Non, ce ne sont pas nos compatriotes, Docteur ! Il faut vous ressaisir !
Jacquouille : Mais qu’est-ce que c’est qu’ce binz ?!
Monseigneur Godefroid : Par Dieu tout Puissant ! Il est possédé.
Le patient : La montée de l’antisémitisme est proportionnelle à la montée de l’immigration arabo-musulmane, Docteur.
Le psy : Êtes-vous conscient de la gravité de vos propos, Monsieur ?
Le patient : Les antisémites d’aujourd’hui ne lisent pas Drumont et Maurras mais lisent le Coran.
Le psy : Bernadette, Bernadette, venez vite, je vous prie !
Le patient : Le 7 octobre est un jour tragique. Le Hamas nous a attaqué. Ce sont des terroristes !! Israël est une enclave au Proche-Orient. Une enclave judéo-chrétienne au milieu de pays arabes, une villa au milieu de la jungle, comme le dit l’expression.
Bernadette : Oui, me voici, Docteur
Le patient : Après samedi, il y a le dimanche. On s’en prend d’abord aux Juifs, et ensuite aux Chrétiens, c’est la logique du jihad !
Jacquouille : Mais qu’est-ce qu’il raconte, Messire ?
Monseigneur Godefroid : Je crois qu’il veut se débarrasser des Sarrasins.
Jacquouille : Ah bon mais pourquoi ?
Monseigneur Godefroid : Je l’ignore… Ils n’ont pourtant rien contre les Juifs et les Chrétiens, les Ahl el Kitab, comme ils les nomment. Que du contraire ! Ne te rappelles-tu point qu’ils ont préservé nos églises et nous ont permis de pratiquer notre culte, eux, qui tiennent en haute estime Jésus et Marie ?
Jacquouille : Je ne me rappelle que d’une chose, Messire. Du goût exquis de ce méchoui de Molenbeek aux épices de « la tête du magasin » !
Le psy : Il délire, complètement, Bernadette. Apportez-lui un rail de poudre. Euh… je veux dire un anxiolytique en poudre, plus facile à digérer. Effet immédiat garanti.
Bernadette : Très bien, Docteur.
Le psy : Prenez ceci, Monsieur, ça vous fera du bien. Je pense que nous devrions nous revoir la semaine prochaine. Je vous raccompagne.
Le patient : Merci, Docteur. Au revoir.
Le psy : Bernadette, vous avez le carnet. Je vous dicte :

Le psy : Envoyez la proposition au comité internationale du DMS-5[1]. Dites-leur que je ne suis pas loin de découvrir une nouvelle pathologie à inscrire dans le manuel.
Bernadette : Et avez-vous déjà trouvé un nom à cette pathologie, Docteur ?
Le psy : Oh oui, Bernadette. Je n’ai pas cherché longuement… Il s’est imposé de lui-même : le sem-morisme.
Bernadette : Le sem-morisme ? Quelle en est l’étymologie ?
Le psy : Eh bien, Bernadette, depuis quelques années un nouveau mot a intégré le dictionnaire de la langue française : le seum (ou sem). Il signifie rancœur, sentiment de colère, de frustration et de dégoût. Le terme ‘seum’ vient du mot arabe ‘sèmm’ qui signifie ‘venin’. Autrement dit, quand on a le seum, on a la rage.
De plus, sem peut rappeler l’origine sémite du mot. A ce propos, les Arabes étant sémites, ils peuvent difficilement être antisémites. Mais passons…
Bernadette : Ah…
Le psy : Ne trouvez-vous pas que cela convient au phénomène, Bernadette ?
Bernadette : Au phénomène ? Vous parlez de la pathologie ou de l’individu ?
Le psy : Toujours aussi perspicace, Bernadette. A vous de choisir…
Bernadette : Et la 2e partie du mot alors ?
Le psy : More. J’ai opté pour une touche moderne, anglaise pour noyer la consonnance arabe. Donc sem-more signifierait plus de venin, plus de rancœur.
Jacquouille : Ha, ha, ha…Messire. Le sem-morisme.
Monseigneur Godefroid : Tais-toi, malheureux, tu vas nous faire prendre !
Le psy : Vous avez entendu, Bernadette ?
Bernadette : Oui, ça provenait du placard à archives.
Le psy se dirige alors vers le placard…
A suivre…
L.M.
[1] Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (également désigné par le sigle DSM, abréviation de l’anglais : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) est un ouvrage de référence publié par l’Association américaine de psychiatrie (American Psychiatric Association ou APA) décrivant et classifiant les troubles mentaux.