Les mots me manquent…

J’essaye en vain depuis quelques jours d’écrire un article pour cette semaine, mais l’inspiration me manque. J’ai d’abord pensé disserter sur ma lecture du moment ou encore palabrer sur le dernier film Netflix que j’ai visionné… Mais ma conscience ne m’autorise pas à mettre en lumière d’aussi légers sujets et passer sous silence l’injustice qui fait rage.

Mais les mots me manquent pour parler de cette actualité brulante qui me tourmente.

Je me dirige alors vers mon jardin pour y puiser apaisement et inspiration.
Ce vent intense et revigorant qui me fouette le visage se met à l’action.
Surgi après la tempête, il fait valser les feuilles dans les airs avant de les plaquer
fougueusement au sol. Ces feuilles mortes et rabougries d’un brun triste dont la seule vue me désole.

Mais les mots me manquent pour parler de cette actualité brulante qui me ronge même dans les songes.

Des hortensias qui se pavanaient il y a encore quelques semaines, il ne reste plus que les bourgeons endormis. Le magnolia, roi de mon jardin, qui trônait avec grâce et élégance au printemps, subit aujourd’hui la disgrâce sans compromis.

Mais les mots me manquent pour parler de cette actualité brulante qui mine et discrimine.

Même l’indétrônable qui pointe haut dans le ciel n’est pas épargné ; ces branchages sont malmenés et manquent de vitalité. Tels ces buis qui symbolisaient, dans l’Antiquité, l’immortalité.

Mais les mots me manquent pour parler de cette actualité brulante que je désapprouve et réprouve.

Le prunier se débat et résiste à ce vent rigoureux. Aujourd’hui stérile, il m’avait offert, il y a plusieurs années, des fruits savoureux.

Étouffé par l’imposant qui l’avoisine, le prunier affaibli manque de ressources pour croitre et n’a plus droit de cité. Et pour cause, l’indétrônable à l’appétit d’ogre, au fond du jardin, lui coupe les vivres et l’électricité.

Sa cime qui perce le ciel empêche la lumière du soleil d’inonder le prunier. Il se gave de tous les nutriments qu’il puise dans le sol sans même s’en soucier.

Il s’agit d’un conifère robuste aux bras longs dont les racines sont difficiles à extirper. Qu’il ne s’en réjouisse guère, un jour ou l’autre, la foudre finira par le frapper.

Malgré tout, le prunier, affaibli et dépérissant, se tient droit. Je me demande d’où lui vient cette force et à qui il la doit.

Le vent se calme et le ciel s’éclaircit. Soudainement, un rayon de soleil illumine le prunier endurci.

Comme une réponse à la question posée, nos invocations finiront par être exaucées.

À tous les opprimés.

L.M.

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